Journ. ofthc Chem., [2], t. VIII, p
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2° En soumettant à l’action de la potasse fondante le dichloranthraquinon, le dibromanthraquinon ou l'acide anthraquinon disulfonique (Graebeet Liebermann).
3° Lorsqu’on chauffe avec la potasse le nitroanthraquinon (Meister, Lucius et Brüning).
4“ En attaquant à 140° un mélange de pyrocatéchine et d'anhydride phtalique par l’acide sulfurique (Caro et Baeyer) :
5“ En réduisant l’acide rufigallique ou hcxaoxyanthraquinon par l’eau et l'amalgame de sodium (Widmann).
Pour purifier l’alizarine, on dissout le produit brut dans une lessive étendue de soude en excès, afin de séparer l’anthraquinon, l’anthracène et d’autres impuretés ; on fait passer dans la liqueur un courant d'acide carbonique, ce qui détermine la formation d’un précipité rougeâtre de bicarbonate de soude, d’alizarine et d’alizarate de sodium, tandis que l’isopurpurine reste en dissolution. On lave le précipité à l’eau et on le traite ensuite par l’acide chlorhydrique ou par l'acide sulfurique (Auerbach). Liebermann conseille de répéter ce traitement trois fois; de faire bouillir le précipité avec de l’eau de baryte, pour séparer les dernières traces de purpurine et d’oxyanthraquinon. On décompose finalement la combinaison barytique par un acide et on achève la purification par sublimation ou par cristallisation dans l’alcool.
On peut purifier l’alizarinc retirée de la garance, contenant ordinairement un tiers de son poids de purpurine, en la chauffant pendant 7 heures à 200° avec de l’eau alcalinisée, la purpurine est détruite plus rapidement que l’alizarine, et on purifie cette dernière par deux ou trois cristallisations dans l’alcool (Ilosenstiehl).
L’alizarine est un quinon-phénol, qui joue le rôle d'un acide bibasique faible.
Elle commence à se sublimer au-dessus de 100° en longues aiguilles brillantes, jaunes, avec des reflets rouges. La plupart des dissolvants la fournissent anhydre, en cristaux prismatiques. On admet que lorsqu’elle se présente en paillettes jaunes, semblables à l’or mussif, elle renferme trois molécules d’eau, qu’elle perd à 100°; mais Graebe et Liebermann n’ont pu reproduire cet hydrate. Elle fond à 289-290°. (Claus.)
Elle est peu soluble dans l’eau froide, un peu mieux dans l’eau bouillante, et surtout dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, la ligroïne, l'éther acétique.
D’après Schutzenberger et Plessy, 100 p. d’eau en dissolvent :
A 12°, 1 p. d’alizarine exige 212 p. d’alcool et 160 p. d’éther. Elle se dissout dans les alcalis avec une coloration violette; elle se dissout aussi notablement, surtout à chaud, dans l’esprit de bois, la benzine, les huiles de goudron, le pétrole, l’essence de térébenthine, l’anhydride acétique; l'acide sulfurique concentré la dissout sans modification, même à la température de 200°, l’eau précipitant la
matière colorante intacte. Il en est de même d’une dissolution bouillante d'alun, qui l’abandonne presque en totalité par le refroidissement sous forme de flocons d’un jaune rougeâtre.
Chauffée avec ménagement, l’alizarine émet des vapeurs qui produisenl, dans la partie moyenrfe du spectre, des systèmes de raies sensiblement équidistantes (Gemez) *.
Suivant Grimm, une solution étliérée, très concentrée, ne présente pas de bandes d’absorption, alors que tout le spectre du bleu est absorbé à partir de la division 190 (D=172; E=191 ; F =208; G = 243). Avec une concentration plus faible, on observe une bande à la division 195 et une autre à la division 205. La solution sulfurique présente des bandes peu prononcées aux divisions 165, 181, 203.
L’acide nitrique transforme l’alizarine en acide phtalique. Oxydée par un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, ou par l’acide arsénieux, elle se change en purpurine (de Lalande), tandis que l’acide nitrique fumant engendre de la nitropurpurine (Strecker).
Chauffée avec de l’acide sulfurique fumant, elle donne naissance â un acide sulfoconjugué, très soluble dans l’eau avec une coloration jaune*, soluble dans la potasse avec une belle coloration rouge cerise, donnant avec de la potasse en fusion de l’alizarine, sans mélange de purpurine. (Graebe et Liebermann.)
Lorsqu’on traite une solution sulfurique d’alizarine par de l’azotitc de potassium ou un courant d’acide azoteux, la couleur rouge passe au brun et prend une teinte orange par les alcalis. Une nouvelle addition d’azolite fait varier la couleur au jaune, couleur qui n’est plus modifiée par les alcalis : il se précipite alors de l’anthraquinon par une affusion d’eau, tandis qu’il reste de l’acide anthraquinon sulfonique en dissolution :
2C ,8 H 8 0 8 H- 4AzI10‘+ S I H î 0 8 =4AzH0 8 -f-C i8 Jl 8 0 v -+- C ,8 11 8 0*S S 0 6 -+-IK
En remplaçant l’acide sulfurique par l’acide acétique, on observe également la production de l'anthraquinon.
La coloration jaune que produit la solution sulfurique avec la soude, à un certain moment de la réaction, est l’indice dans la liqueur de la présence du monoxyanthraquinon.
11 est à noter que la purpurine, naturelle ou artificielle, conduit au même résultat final, sans que l’on puisse constater, à un moment quelconque, la présence de l’alizarine. (Wienhaus.)
Fondue avec la potasse caustique, l’alizarine se dédouble en acide benzoïque et protocatéchique. (Liebermann et Dehnst.)
Avec les alcalis, elle forme des sels très solubles dans l’eau, moins facilement dans l’alcool, insolubles dans l’éther. La teinte des solutions aqueuses est d’un beau bleu violacé, alors que la purpurine fournit des solutés pourpres.
On obtient aisément un alizarate de sodium cristallisé en versant une solution alcoolique de soude dans une dissolution également alcoolique d'alizarine, puis additionnant le mélange d'éther : le sel se sépare alors en fines aiguilles, très foncées, presque noires.
1. Compt. rendus, t. LXXIV, p. -H90; et Bull, de la Soc. ch., I. XVJII, p. 175.
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Les bases alcalino-lerreuses et les oxydes métalliques donnent des composés insolubles, diversement colorés en violet, en rouge, en rose, en noir. Ainsi, les laques d'alumine sont rouges ou roses, celles de fer sont violettes, lilas ou noires.
On les prépare par double décomposition ou mieux par combinaison directe.
Le sel de calcium, C s# II 6 Ca s 0 8 -f- H’ 2 0 a , se précipite sous forme d’une masse rouge lorsqu’on traite par le chlorure de calcium une solution ammoniacale d’alizarine.
Le sel de baryum est bleu, tandis que celui de plomb , préparé avec l’acétate neutre, est brun violet. (VVolff, Strecker).
Les carbonates, phosphates, pyrophosphates, borates, silicates, oléates, alcalins, et, en général, les sels qui exercent une réaction alcaline sur le papier de tournesol, dissolvent l’alizarine, surtout à chaud, avec une coloration rouge violacée, en lui cédant une partie de leur base.
L’ammoniaque caustique exerce sur l’alizarine une action remarquable ; au début, la solution est d’un bleu violacé et précipite par l’eau des flocons jaunes d’alizarine. Mais, si l’on abandonne le soluté pendant quelques semaines à l’abri de l’air, ou mieux, si on le chauffe en un vase clos à 100° pendant quelques heures, les acides séparent un précipité d’un violet foncé d 'alizaréine.
Réduite en solution alcaline par le chlorure stanneux, l’alizarine fournit une petite quantité de monoxyanthraquinon et un produit d’addition hydrogéné (Liebermann et Fischer). Au rouge, avec la limaille de zinc, on obtient de l’anthracène.
Chauffée avec de la potasse, de l’éther méthyliodhydrique et de l’esprit de bois, elle engendre un dérivé méthylé qui cristallise en aiguilles à peine solubles dans l’eau, ayant pour formule C s Ii 2 (G ,8 H 8 0 8 ) ; en atomes,