ÉTHER BUTYLIODHYDRIQUE PRIMAIRE NORMAL
Préparation. — 1 . Il se prépare comme l’éther chlorhydrique correspondant.
2. On obtient un plus grand rendement en faisant réagir l’iode et le phosphore sur l’alcool butylique normal; seulement il faut employer de grandes précautions en ajoutant l’iode et attendre, avant chaque addition de ce corps, que la réaction causée par l’addition précédente soit calmée. (Linnemann.)
Propriétés. — Cet éther bout à 129°, 6, à la pression de 738mm. Sa densité est de 4,643 à 0°, et de 4,60 à 46°. (Linnemann.) Il se prête mieux que les autres éthers halogènes aux doubles décompositions avec les sels d’argent.
ÉTHER IS0BUTYLI0DHYDRIQUE
(de l'alcool butylique de fermentation) .
Préparation. — On le prépare difficilement par l’action de l’iodure de phosphore, c’est-à-dire de l'iode et du phosphore rouge, sur l’alcool isobutylique ; il vaut mieux faire bouillir ce dernier avec 4 fois son volume d’acide iodhydrique concentré (D = 4 ,8) pendant une demi-heure. L’éther est isolé et séparé par distillation fractionnée des iodures secondaire et surtout tertiaire qui prennent simultanément naissance. (Chapman et Smith,)
Propriétés. — Il bout à 120° (corr.). Densité à 0° = 1,64; à 19°,5 = 1,60. (Linnemann.)
Chauffé avec de la potasse alcoolique, il donne peu d’éther éthylbutylique, mais une grande quantité d’isobutylène.
Traité par un courant de chlore sec à basse température, il donne naissance à toute une série de produits de substitution, depuis C8H9C1 jusqu’à C8HSC18. Un seul, le chlorure C8H4C1\ a été isolé : il bout à 140°-148° sous la pression de 40-50mm. (Prunier.)
Chauffé avec du cyanate d’argent, puis additionné de potasse, il fournit non de l’isobutylamine, mais de la triméthylcarbino lamine.
11 sert «'préparer le triméthvlcarbinol, car, sous des influences très diverses, il se transforme dans l’éther iodhydrique de cet alcool. (Chapman et Smith.)
ÉTHER BUTYLIODHYDRIQUE SECONDAIRE
(de l' éthylmélhylcarbinol) .
Formation. I . — On chauffe l’éther chloré avec une solution saturée d’acide iodhydrique, en vase clos, à 140°. (Lieben.)
2. On fait passer un courant de butylène normal dans une solution d’acide iodhydrique saturée à 0°. Le butylène est absorbé avec une grande énergie et il se forme deux couches ; la couche supérieure est recueillie, lavée avec une solution alcaline faible, séchée sur du chlorure de calcium fondu et rectifiée. (Wurtz — De Luynes.)
Préparation. — On le prépare en réduisant l’érythrile par l’acide iodhydrique.
On introduit dans une cornue tubulée, reliée à un appareil de condensation, 30 grammes d’érythrite fondue ; on verse par la tubulure 550 à 400 grammes d’acide iodhydrique fumant (D’= 1,99) et on distille. La couche huileuse qui se dépose au fond du récipient est lavée à la potasse, agitée avec du mercure pour achever de la décolorer, séchée sur du chlorure de calcium fondu, puis rectifiée. Pour réduire la proportion d’acide employé on peut ajouter un peu de phosphore rouge au mélange d’érythrite et d’acide ; sous l’influence de l’iode mis en liberté, il se reforme sans cesse de l’acide iodhydrique ; la conduite de l’opération est même facilitée. (De Luynes.)
Propriétés. — 11 bout à 11 7°-l 1 8° (De Luynes) ; à 119°-120°. (Lieben.) Densité à 0° = 1,632; à 20° = 1,6; à 50°=1,584. Densité de vapeur = 6,597 à 202»; = 6,517 à 241°. Coefficient moyen de dilatation = 0,009988 de 0» à 10°; 0,020316 de 0° à 20°; 0,101249 de 0» à 90°. La lumière le décompose avec mise en liberté d’iode.
Le chlore et le brome donnent naissance au chlorure et au bromure de butylène C8H8C12 et C8H8Brs. La potasse alcoolique l’attaque vivement avec formation d’iodure de potassium et d’isobutylène. (De Luynes.)
Ether butyliodhydrique tertiaire
(du triméthylcarbinol).
Préparation. — 1. On chauffe à 100° le triméthylcarbinol saturé d’acide iodhydrique. (Boutlerow.)
2. On fait absorber par une solution saturée d’acide iodhydrique l’isobutylène qu’on obtient en chauffant l’iodure d’isobutylène avec de la potasse alcoolique ; on chauffe ensuite à 1 00°. Cette préparation est calquée sur celle du chlorure et du bromure tertiaire.
3. Il se forme encore, à l’instar du chlorure et du bromure tertiaire, quand on- chauffe l’iodure isobutylique, soit seul à 230°-240°, soit avec un grand excès d'acide iodhydrique à 100°.
Propriétés. — Il est plus dense que l'eau. Il bout à 98°-99°. Il se décompose partiellement sous l’influence de l’eau en acide iodhydrique et triméthylcarbinol dès la température ordinaire, à 100° la décomposition s’effectue rapidement et en totalité; l’oxyde d’argent humide agit de même. Chauffé avec la potasse alcoolique, l’oxyde d’argent sec, le zinc en poudre, il se dissocie en iode et isobutylène ; l’oxyde de zinc donne lieu dans ces conditions à la formation d’isotributylène. (Markownikoff.)
ÉTHERS BUTYLSULFHYDRIQUES ACIDES
Éq. : (C8H8) HSS*.
At. : C‘H9.HS.
Syn. : Mercaptans butyliques. — Acides butylsidf hydriques.
MERCAPTAN BUTYLIQUE PRIMAIRE NORMAL.
Préparation. — Un fait réagir des solutions alcooliques d’iodure butylique primaire normal et de sulfhydrate de potassium, on distille, on précipite l’éther par affusion d’eau dans le produit distillé; on dessèche et on rectifie. (Grabowski et Saytzeff.)
Propriétés. — Il bout à 970-98°. Densité à 0° = 0,858; à 16° = 0,843. L’acide azotique le transforme en acide butylsulfureux.
MERCAPTAN ISOBUTYLIQUE
(de l’alcool isobutylique ou alcool butylique de fermentation).
Préparation. — On distille ensemble des solutions concentrées de sulfhydrate
de potassium et d’isobutylsulfate de potassium. On dessèche et on rectifie entre 85° et 95°. (Humann.)
Propriétés. — Il bout à 88°. Densité à 11°, 5 = 0,848.
Il donne dans les solutions alcooliques des sels de plomb, de cuivre, de mercure, d’argent, des précipités blanchâtres de mercaptides de ces métaux. Oxydé par l’acide azotique à 1,30 de densité, il fournit de l’acide isobutylsulfureux. (Humann, Mylins.)
MERCAPTAN BUTYLIQÜE SECONDAIRE
Préparation. — Il se prépare comme le précèdent, en employant l’iodure dérivé de l'érythrite. (Reymann.)
Propriétés. — Il bout à 84°-85°. 11 possède une odeur d’assa-fœtida. Densité à 17° = 0,8299. Les mercaptides de mercure, d’argent et de cuivre s’obtiennent par double décomposition comme ceux du mercaptan isobutylique ; celui de mercure est en cristaux fusibles à 189°. (Reymann,)
ÉTHERS BUTYLSULFHYDRIQUES NEUTRES Form.
Syn. : Monosulfures de butyle.