‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. EthersChapitre 153 sur 419 · I AI. : C3I111.SH · texte numérisé non relu

I AI. : C3I111.SH

Syn. : Acide isoamylsulfurique.

Préparation. — On mélange parties égales d’alcool amylique et d’acide sulfurique à 66°, en employant les précautions nécessaires pour éviter réchauffement. On abandonne le mélange à lui-même pendant assez longtemps; on l’étend alors d’eau pour séparer l’alcool amylique en excès et on sature la solution acide par du carbonate de baryte ; on filtre pour séparer le précipité et on évapore la liqueur pour faire cristalliser l’amvlsulfale. Celui-ci est ensuile dissous dans l’eau et décomposé par une quantité calculée d’acide sulfurique; la liqueur filtrée est évaporée au bain-marie, puis dans le vide. (Cahours.)

Propriétés. — C’est un liquide sirupeux qui se décompose quand on le distille, môme dans le vide. Il décompose les carbonates avec effervescence.; il dissout le fer et le zinc avec dégagement d’hydrogène. Il forme des sels bien cristallisés analogues aux éthylsulfates.

Amïlsulfates. — Ils se préparent en dissolvant l’oxyde ou le carbonate dans la solution d’acide amylsulfurique, ou bien en décomposant soit l’amylsulfate de calcium par un carbonate soluble, soit l’amylsulfate de baryum par un sulfate soluble.

Ils sont tous très solubles dans l'eau, légèrement solubles dans l’alcool. Ils se décomposent facilement par la chaleur en sulfate et alcool amylique s’ils renferment de l’eau de cristallisation, sinon en amylène, en polymères de l’amylène, en acides sulfureux et carbonique, et en sulfate mélangé de charbon. Chauffés en vase clos, à 250°, avec l’ammoniaque en solution alcoolique, ils donnent du sulfate d’amylamine. (Cahours — Kékulé.)

Voici les principaux :

(CI0H10)SîH(AzHi)C8 - (C10H10)SsHK08 4- 110 - (Cl0Il‘°)S2HNaO8 -4- HO -

(Ci0Hl0)S2IlMgO8 + 2H202 - (C10H10)SaHCaO8 -+- H202 - (C10H10)S2HSrO8 -t- 11*0*

- (C10H10)S2HBa08-f- 11202 (*) - (C10H‘»)S2HZn08-f-H0 - (C">H10)S2HHg08+H302

- (C10H10)S2IlPb08 -+- HO - (C10Hi0)S2HMn08+ 2H20? - (C1°H1°)S2HNi08+H202

- - (C10H10)S2HCo08 + 2H*02 - (C!0H‘°)S2HAg08.

1. L'amylsulfate de baryum se présente sous forme de prismes rliomboïdaux aplatis dont la

ÉTHER ISOAMYLCARBONIQUE

(De l'alcool amylique de fermentation).

t Eq. : (CV)>CTO.

I At. : (C»H«)2CO\

Syn. : Carbonate d’isoamyle.

Préparation. — 1 . On fait réagir le sodium sur l’alcool isoamylique en opérant comme pour l’alcool éthylique ; la réaction doit être terminée à chaud ; le produit distillé est séparé de l’excès d’alcool amylique par des distillations fractionnées. (Bruce.)

2. On décompose l’éther amylchlorocarbonique en l’agitant avec son volume d’eau ; il se décompose en acides chlorhydrique et carbonique et en éther amylcarbonique :

2[(Ci0H10)C2HC104] -+- H202 = (G10H10)2G2H206 + HC1+ C204.

On recueille l’éther amylcarbonique, on le fait digérer sur de l’oxyde de plomb, puis sur du chlorure de calcium fondu, et enfin on le rectifie. (Medlock.)

Propriétés. — Il bouta 225°-226°; densité à 15®,5 = 0,9065 (Bruce). Il bout à 228°, 7 (corr.); densité à 15° = 0,912; indice de réfraction = 1,4153. (Bruno Rœse.)

ÉTHER ISOAMYLÉTHYLCARBONIQUE (De l’alcool amylique de fermentation ).

Form.

Éq. : (C10H10) (C4H4)C2H206.

At. : C5H“.C2H5.C0s.

Préparation. — On fait réagir soit l’alcool amylique sur l’éther éthylchlorocarbonique, soit l’éther amylchlorocarbonique sur l’alcool éthylique (Bruno Rœse) :

(C10H10)H202+ (C4H4)C2HCI04 = (C10H10)(C*Hi)G2H206 + HCI. (C10H10)C2HC101-t- (C4H4)H202 = (G4H4)(G10H10)C2H206 H- HCl.

densité est de 1,623 à 21“ (Clarke) et qui se dissolvent dans 9,7 parties d'eau à 10». (Balbiano.)

L’amylsulfate de l’alcool actif est environ trois fois plus soluble que celui de l'alcool inactif. Lorsqu’on évapore la solution de l’amylsulfate ordinaire, c’est celui de l’alcool inactif qui se dépose le premier. C’est à l’aide de cette propriété, et au moyen de cristallisations fractionnées plusieurs fois répétées, que Pasteur est parvenu, le premier, à séparer les deux variétés optiques d’alcool amylique.

g92 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Propriétés. — Cet éther bout à 182°, 3 (corr.). Densité à 27°= 0,924. Indice de réfraction = 1,4047.

ÉTHER ISOAMYLCHLOROCARBONIQUE

(De l’alcool amylique de fermentation ).

( Éq. : (CI0H10)C!HC10*.

Form- | At. : CHF.CCIO2.

Préparation. — On l’obtient comme l’éther éthylchlorocarbonique en faisant passer un courant de gaz chlorocarbonique dans l’alcool amylique. (Medlock.) Il paraît aussi se former dans l’action de l’alcool amylique sur l’éther mèthyloxalique perchloré. (Cahours.)

Propriétés. — II bout à 154°, 3. Densité à 15° = 1,032. (Bruno Rœse.)

L’eau le décompose avec formation d’éther amylearbonique neutre. (Medlock).

ÉTHERS AMYLTHIOCARBONIQUES (Pour la classification, voir : Éthers éthylthiocarboniques.)

ÉTHER AMYLDITHIOCARBONIQUE ACIDE

Form.

Éq. : (WIM)CWO!.

At. : C'H'LCHS’O.

Syn. : Acide amylxanthique.

Acide isoamylxanthique (de l'alcool amylique de fermentation).

On ne connaît que quelques-uns de ses sels, ainsi que quelques éthers, qui sont les éthers isoamyldithiocarbonique neutre, méthylisoamyldithiocarbonique et éthylisoamyldithioearbonique.

Préparation. — On mélange du sulfure de carbone et de la potasse fondue dissous tous deux préalablement dans l’alcool amylique; la réaction est immédiate et donne naissance à un grand dégagement de chaleur, le liquide se prend en une bouillie composée d’un liquide jaunâtre et de petites écailles cristallines, d’un jaune citron, grasses au toucher; on sépare celles-ci du liquide qui les imprègne en les comprimant dans du papier buvard. On obtient ainsi le sel de potassium (Balard) ; celui-ci, traité par l’acide chlorhydrique étendu, fournit l’acide isoamylxanthique libre : liquide incolore d’une odeur désagréable. (Erdmann.)

Isoamylxanthates. — Le sel de potassium (G10H1#)C*HKS40* cristallise en feuillets incolores; il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, plus à chaud qu’à froid. Le sel d’ammoniaque possède une formule et des propriétés semblables. Le sel de plomb (C10H11>)G2HPbS102 cristallise en écailles brillantes (Johnson). Le sel de potassium donne dans les sels de cuivre, de manganèse, de plomb, d’argent, des précipités jaunes floconneux; le dernier noircit rapidement à la lumière. (Balard.)

PERSULFURE AMYLDISULFOCARBONIQUE OU BIOXYSULFOCARBONATE D'AMYLE

La formule, la préparation, les propriétés de ce corps sont calquées sur celles du composé éthylique correspondant.

Préparation. — Pour le préparer, on broie de la potasse caustique avec du sulfure de carbone et de l’alcool amylique, on ajoute une petite quantité d’eau et on y projette de l’iode pulvérisé peu à peu, de façon que la température s’élève le moins possible. 11 se sépare une huile jaunâtre, odorante, qu’on lave à l’eau et qu’on dessèche sur du chlorure de calcium fondu. (Desains.)

Propriétés. — Ce corps bout à 187°, mais en se décomposant. Parmi les produits de sa décomposition figure l’éther amyldithiocarbonique. Traité par l’ammoniaque, il donne de l’amylxanthate d’ammoniaque, du soufre et de la xanthamylamide, corps analogue à la xanlhogénamide (Desains, Johnson) :

C24H2204S8 -+- 2AzH5 = (C10H10)C2H(AzH4)S402 -t- C12Hl3Az02S2 + S2

Persulfure amyl- Amylxanthate d’ammo- Xanthamyl-

disulfocarbonique. iliaque. amide.

ÉTHER AMYLDITHIOCARBONIQUE NEUTRE

Form.

( Éq. : (C10H10)2C2H2S402.

( At. : (C5H11)2CS,0.

Syn. : Éther amylxanthoamylique, — Amylxanthate d’amyle.

Ether isoamyldithiocarbonique neutre (de l'alcool amylique de fermentation). — Il se forme dans la distillation sèche du persulfure amyldisulfocarbonique ou bioxysulfocarbonate d’amyle de Desains.

Ether isoamyldithioearbonique neutre isomérique (carbonyle disulfodiamylé).

On le prépare en mélangeant deux volumes d’acide sulfurique ordinaire avec un volume d’éther amylsulfocyanique; il se dégage de l’acide carbonique, on chauffe au bain-marie jusqu’à ce qu’il se dégage de l’acide sulfureux. Le liquide visqueux est distillé avec de l’eau ; on recueille dans le récipient une

matière huileuse qui est un isomère de l'éther amyldithiocarbonique ; cet isomère bout à 281°. (Smitt et Glutz.)

Ether méthylisoamyldithiocarbonique (C2H2)(C10H10)C2H2S402.

Ether éthylisoamyldithïocarbomque (C4H4)(C10H10)C2H2S402.

Ces deux éthers s’obtiennent en distillant l’amylxanthate de potassium avec le méthylsulfate ou l’éthyfsulfate de potassium. (Johnson.)

ÉTHER AMYLTRITHjOCARBONIQUE

( Éq. : (C10H10)2C!H2S6.

( At. : (C5H11)2CS

Syn. : Sulfocarbonate d’amyle.

Ether isaainyltrithioearbonique (de l'alcool amylique de fermentation).

Préparation. — On distille du sulfocarbonate de sodium avec de l’iodure isoamylique. (Husemann.)

Propriétés. — G' est un liquide jaunâtre, de consistance huileuse, d’odeur insupportable. 11 bout à 245°-248°. Densité == 0,877. (Husemann.)

ÉTHERS AMYLPHOSPHOREUX

Il en existe trois, préparés au moyen de l’alcool isoamylique ou alcool amylique de fermentation, qui sont : 1° l'acide amylphosphoreux monobasique et monoalcoolique ; 2° l’éther diamylphosphoreux monoalcoolique ; 3° l’éther triamylphosphoreux formé aux dépens des deux fonctions acides et de la fonction alcoolique de l’acide phosphoreux. La théorie de ces combinaisons a été exposée à propos des éthers éthylphosphoreux.

ACIDE ISOAMYLPHOSPHOREUX

Form.

Éq. : (C10H10)PH306.

At. : C3Hll.PH203.

Ce corps se forme lorsqu'on fait réagir le trichlorure de phosphore sur l’alcool amylique en présence de l’eau :

2Ci0HlsOs -+- PCI3 -+- H202 = (C10H10)PH306 + (CWH‘°)HC1 + 2HC1.

Lorsqu’on emploie l’alcool amylique anhydre, c’est l’éther diisoamylphosphoreux qui prend naissance :

3C10H120* -+- PCI3 = (C10U10)sPH500 ,-h (C10H10)HC1 -+- 2HC1.

Dans la pratique, on réalise simultanément la préparation de ces deux corps.

Préparation. — On verse goutte à goutte un volume de trichlorure de phosphore dans un volume d'alcool isoamylique. Le mélange étant effectué et refroidi, on l’étend d’eau glacée de façon à décomposer l’excès de trichlorure de phosphore sans toutefois élever la température du liquide; on agite et on laisse reposer. 11 se’rassemble à la surface une couche huileuse formée d’acide amylphosphoreux et d’éther diamylphosphoreux. On l’agite à plusieurs reprises avec une solution étendue de carbonate de soude pour former un amylphosphite de sodium soluble dans l’eau ; ces eaux de lavages sont réunies, agitées avec de l’éther pour enlever l’éther diamylphosphoreux qui aurait pu être entraîné, enfin acidulées par de l’acide chlorhydrique étendu qui décompose le sel de sodium et met l’acide en liberté ; celui-ci, au bout d’un certain temps, finit par se rassembler au fond du vase, on le lave à l’eau et on le chauffe très légèrement dans le vide au-dessus de substances avides d’eau. (Würtz.)

Propriétés. — C’est un liquide huileux, plus dense que l’eau. Il est soluble dans l’eau, mais l’acide chlorhydrique l’en sépare complètement; cette solution se décompose à la longue en alcool amylique et acide phosphoreux. Il réduit le nitrate d’argent; il décompose les carbonates avec effervescence. Il forme des sels, mais ceux-ci sont amorphes ou gélatineux et de plus fort instables. (Würtz.)

Chlorure de l’acide isoamylphosphoreux

Ce composé (C10H10)PHC1202 est un des produits de l’action du trichlorure de phosphore sur l’alcool isoamylique.

Il bout à 173°; sa densité à 0° est de 1.109. (Menschutkin.)

ÉTHER DIISOAMYLPHOSPHOREUX

( Éq. : (C10H10)sPHs06.

i At. : (OdP^PHO

Syn. : Phosphite diamy tique.

Préparation. — Le liquide huileux obtenu dans la préparation de l’acide amylphosphoreux, après avoir été agité avec une solution de carbonate de soude pour enlever l’acide amylphosphoreux, est lavé à l’eau, puis exposé dans le vide à une température de 90°-100° au-dessus de substances avides d'eau. (Würtz.)

39tj ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Propriétés. — C’est un liquide incolore qui se décompose à la distillation ; sa densité à 19°, 5 est de 0,967. Il s’acidifie promptement à l’air, surtout à l’air humide; sa vapeur chauffée au rouge donne, entre autres produits de décomposition du phosphore hydrogène PH5. Il réduit les sels d’argent. Le chlore l’attaque en donnant des produits qui n’ont pas été étudiés.

Le dosage du phosphore dans ce corps offre de grandes difficultés. On opère sa combustion dans un courant d’oxygène, en employant l’oxyde de cuivre provenant de la décomposition de l’azotate ; on pèse le tube qui a servi au dosage du carbone et de l’hydrogène avant et après la combustion, l’augmentation de poids donne le poids de l’acide phosphorique. (Würtz.)

ÉTHER TRIISOAMYLPHOSPHOREUX

Form (%-:(C10HI0)5PH506.

/ At. : (C5H11)5P03.

Syn. : Phosphite triamylique.

Préparation. — On fait réagir le trichlorure de phosphore sur l’amylate de sodium :

PC13H- 3CwHwNaO* = (C10fl10)5PIl506 -h SNaCl.

Propriétés. — Il distille à 256° dans un courant de vapeur d’ea

Chlorure amylphosphoplatineux

Lorsqu’on ajoute trois molécules d’alcool amylique à une molécule de chlorure phosphoplatineux dissous dans la benzine, on obtient un liquide épais, visqueux, impossible à purifier : en Iraitant ce produit par l’ammoniaque et épuisant par l’eau, on obtient un corps ayant pour formule brute : PH(C10Hu)s08. Pta.AzsH4.HCl. (Risler *.)

ACIDE ISOAMYLPHOSPHORIQUE

Form.

Éq. : (C10Hw)PH30s.

At. : CdF.PIPO1.

Préparation, — On fait un mélange de poids égaux d’alcool amylique de fermentation et d’acide phosphorique sirupeux, que l’on abandonne à lui-même pendant plusieurs jours dans une étuve portée à la température de 50°-60°; on le neutralise alors par du carbonate de potasse, on l’évapore presque à siccité au bain-marie et on épuise le résidu par de l’alcool à 96° qui ne

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