‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. EthersChapitre 250 sur 419 · CORPS GRAS D’ORIGINE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

CORPS GRAS D’ORIGINE VÉGÉTALE

Le» corps gras d'origine végétale sont presque toujours renfermés dans les semences des végétaux, quelquefois dans la partie charnue des fruits, rarement dans la racine ou répandus dans la plante entière.

Huile d’abricotier ( huile de marmotte). — Extraite par expression, des semences du Laurus oleaginosa (Rosacées). On la récolte dans les montagnes du Hauphiné et du Piémont où le tourteau sert à l'engraissement du bétail ; l'huile et le tourteau renferment un peu d’acide cyanhydrique, dont la proportion peut, dans certains cas, devenir assez considérable pour occasionner des accidents.

Huile d’amandes. — Extraite par expression des semences des amandes douces ou amères (Amygdalusvulgaris).

Densité = 0,91 7 à 15°; très soluble dans l’éther, peu soluble dans l’alcool,.

est presque uniquement composée de trioléine.

Huile d’arachide. — On l’extrait par expression des semences d’arachide (Arachir (hypogæa). L’huile faite à froid est presque incolore et peut servir aux usages culinaires. Elle se congèle à — 3° ; exposée longtemps à -4- 3° ; elle laisse déposer une grande quantité de stéarine. L’huile faite à chaud sert à fabriquer les savons.

Elle renferme, à l’état de glvcérides, les acides arachique CioH400\ hypogéique C32Hr,00\ palmitrique et stéarique.

Huile de bassia ( huile d'Illipé ) . — On l’extrait des semences du Bassia lonyifolia et du Bassia latifolia (Sapotacées.) Elle est liquide au-dessus de 22°-25°. On l'emploie à la fabrication du savon et à l’éclairage. On en a extrait un acide gras particulier fusible à od°-5-56°5, l’acide bassique (Hardwick).

Huile de ben ( huile de Behen). On la retire par expression des fruits dTun certain nombre d’espèces d’arbres appartenant au genre Moringa ,t tels que le Moringa nux behen, guïlandina, oleifera, aptera, pterigosperma. Ces huiles se solidifient pendant les froids de l’hiver. Elles renferment de l’acide béni que C“HM0*. (Walter.)

grasses, Voir : Zeilzckrifl fur analytische Chimie (Fresenius), t. XIV, p. 82; t. XVII, p. 320; t. XVIII, 441; t. XXI, p. 447; t. XXII, p. 289 et 456; t. XXIII, p. 261. — J. für pr. Chem. [2J t. XXIV. p. 510. — D. Chem. Gesell t. XVI, p. 1140 et 1315,

V.'ir en outre les traités de technologie spéciaux et les applications de la Chimie organique dans l'Encyclopédie chimique.

Beurre de cacao. — Il estrenfermé dans les semences du Théobromacacao. Pour î’exlraire, on écrase ces semences dans un mortier chauffé, on les expose pendant

quelque temps à la température du Bain-marie avec ^ de leur poids d’eau et

on les exprime entre des plaques chauffées. On purifie la matière grasse en la faisant fondre au bain-marie et en la laissant refroidir en repos, après l'avoir maintenue en fusion de façon à lui faire déposer ses impuretés.

Le beurre de cacao possède une odeur et une saveur agréables. W est blanc, semi-transparent, soluble dans l’éther et dans l’alcool chaud. 11 renferme peu d’oléine et de margarine, mais une telle quantité de stéarine qu’il peut être employé, d’après Speeht et Gœssmann pour l’obtention facile et rapide de l'acide stéarique pur. 11 fond à 30°-33°.

Huile de cameline (par corruption huile de Camomille). Extraite des semences du Camelina sativa ou Sésame d’ Allemagne.

Densité =0,925 à 15°. Elle se congèle à — 18fl. Elle est surtout employée aux usages industriels.

Huile de castor. (Voyez Huile de ricin.)

Huile de chanvre ou de chènevis. — Elle provient des graines de chènevis fournies par le chanvre ( Cannabis sativa). Sa densité à 15° est de 0,925. Elle se concrète — à27°-28°. Elle est soluble en toutes proportions dans l’alcool bouillant et dans trois fois son poids d’alcool froid. Elle est très siccative ; aussi est-elle presque exclusivement réservée pour la peinture.

Huile de coco ( beurre de coco). — On fait bouillir avec de l’eau les amandes écrasées des noix de coco (cocos nucifera). Le corps gras est solide au-dessous de -+-18° ou-t-200. 11 renferme à l’état de glycérides les acides lanrique, palmitique, caproïque et caprylique. (Oudemans.)

Huile de coi.za. — On la retire des graines du colza ou brassica campestris qui en renferment jusqu’à 40 pour 100 : celles-ci sont réduites en pâte et placées dans des sacs que l’on expose à la vapeur d’eau bouillante, puis que l’on soumet à une forte pression ; la grande quantité de mucilage entraînée rend son épuration nécessaire. On l’emploie surtout pour l’éclairage et la fabrication des savons mous. Sa densité à 0,15° est de 0,913; elle se congèle vers — 6°. On en a extrait un acide gras fusible 320-350, qui serait, d’après Websky, de l’acide brassique, et d’après Staedler de l’acide érucique.

Huile de coton. — Elle provient des graines du cotonnier (Gossypium usilatissimum). Densité à 15° = 0,930. Elle ne sert que dans l’industrie.

Huile de croton. — Elle se retire par expression, ou bien par épuisement au moyen de l’alcool ou de l’éther, des semences de Tilly (croton tiglium). C’est une huile jaunâtre, qui possède des propriétés rubéfiantes et drastiques des

plus énergiques; aussi a-t-on renoncé à les monder de leur enveloppe testaeée avant de les écraser, à cause des indispositions qu’occasionne cette manipulation.

Elle renferme de l’acide crotonique ; mais ses propriétés sont dues à un principe âcre et assez volatil dont la nature n’est pas connue jusqu’à présent. Elle n’est employée qu’en médecine.

Huile d’épurge. — Extraite des semences d’épurge (Euphorbia latyris). C’est un purgatif des plus violents; elle est d’ailleurs inusitée.

Huile de faine. — On la retire par expression à froid des fruits du hêtre ( Fagus sylvatica) parvenus à maturité.

Elle sert aux usages comestibles ; l’huile obtenue en faisant bouillir les tourteaux avec de l’eau est réservée à l’éclairage.

L’huile de faîne possède une odeur particulière et une saveur légèrement âcre qu’elle perd avec le temps ou par agitation avec l’eau. Densité à 15° — 0,922. Point de solidification; — 17°, 5.

Huile de fusain. — Extraite par expression des graines du fusain (Eonymus Européens). Elle n’est n’est guère usitée qu’en Allemagne, pour les usages industriels.

Huile de laurier. — On l’obtient en réduisant en pâte les drupes de Laurier ( Laurus nobilis) bien desséchés, et en les exprimant entre deux plaques chauffées, après les avoir préalablement exposées à un courant de vapeur d’eau bouillante.

L’huile de Laurier est verte, de consistance butyreuse, grenue. Elle renferme une matière colorante verte, une huile volatile et un glycéride, la laurine.

Huile de lin. — Onia retire des graines du lin cultivé ( Linum usitatissimum ). Celles-ci sont desséchées lentement dans un lieu bien sec, puis soumises à une légère torréfaction qui détruit le mucilage dont leur surface est recouverte, enfin pulvérisées et soumises à la presse. L’huile de lin possède au plus haut degré la propriété siccative *, ce qui la fait employer presque universellement pour la peinture ; on accélère sa dessiccation en lui ajoutant 1 à 2 pour 100 de borate de manganèse.

L’huile de lin cuite est de l’huile de lin qu’on a fait bouillir avec de la litharge ou du bioxyde de manganèse : elle sert dans la fabrication des toiles cirées, des objets dits en gomme élastique.

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