Voici quelques chiffres donnés par Cloëz
10 grammes d’huile de lin, après 18 mois d’exposition à l’air, pèsent 10^,703.
Huile aérée
Huile récente. au bout de 18 mois.
Composition Composition pour
pour 100 parties. 100 parties. 107 p.,03 Différence.
Carbone . 77,57 67,55 7*2.299 —5,271
Hydrogène . 11,33 9,88 10,574 —0,756
Oxygène . 11,10 22.57 24,157 +13,057
La densité de l’huile de lin à 12° est de 0,959 et à 94° de 0,881 ; elle se dissout dans 40 parties d’alcool froid, dans 5 parties d’alcool bouillant, dans € parties d’éther ; elle se solidifie à — 27°.
Elle doit sa propriété siccative à un acide particulier, l’acide linoléique C5aH!80*.
Huile de marrons d'inde. — On l’extrait des marrons d’Inde (Œsculus hippocastanum) de la façon suivante : Les marrons sont réduits en pulpe et traités par l’eau bouillante additionnée de 1 pour 100 d’acide sulfurique; la fécule est saccharifiéeet se dissout dans l’eau, le parenchyme se dépose et l’huile surnage; cette huile possède une odeur empyreumatique et une saveur amère. On l’emploie en médecine pour l’usage externe.
Huile de médicinieu. — Elle est fournie par les graines du médicinier ou pignon d’Inde ( Jatropha curcas). Densité à 19° =0,91. Point de solidification: — 8°. Elle fournit par saponification de l’acide oléique et un acide gras particulier
fusible à 52°, 5 et qui constitue le g de la masse des acides gras; Bouis lui a donné le nom d’acide isocétique. Cette huile ne sert qu’à faire des savons durs.
Huile de moutarde. — Ou la retire par expression des semences de moutarde blanche ( Sinapis alba) et de moutarde noire ( Brassica nigra). Elle ne sert qu’aux usages industriels.
Beurre de muscade. — Cette substance, également connue sous le nom d’huile concrète ou de baume de muscade, est la matière grasse extraite des semences du muscadier ( Myristica moschata).
Elle est en masses solides, d’une consistance de suif, d’un jaune pâle avec des marbrures rouges; elle possède une odeur forte et suave : son point de fusion est situé vers 40°-50°. Elle renferme de l’oléine, de la myristine et une huile essentielle.
Huile de bavette. — Extraite des semences du chou-navet ( Brassica napus) et du chou rave ( Brassica rapa). Densité à 15° = 0,914 ; point de solidification — 3°, 75.
Huile de noix. — On dessèche les noix (semences du noyer, J uglans regia) pendant deux ou trois mois, puis on concasse leur enveloppe ligneuse et on écrase les amandes séparées de la coque. L’huile ainsi obtenue, ou huile vierge, est réservée aux usages alimentaires. Le tourteau est alors délayé dans l’eau bouillante et exprimé à chaud; on retire ainsi une huile colorée siccative appelée huile tirée au feu; on la réserve pour la peinture fine.
Huiled’œillette. — On la relire par expression des semences du pavot ( Papaver somniferum). lien existe deux qualités, comme pour l’huile de noix. La qualité fine connue sous le nom d'huile blanche, sert aux usages comestibles et à la
falsification de l’huile d’olives : elle est presque incolore, soluble dans 25 parties d’alcool froid et 6 parties d’alcool bouillant; elle se solidifie à — 18°- sa densité à 15° est de 0,925. La deuxième qualité sert à la peinture.
Huile d’olive. — Elle existe dans le fruit et la semence de l’olivier d’Europe (olea Europæa). On broie les olives sans écraser les noyaux et on les exprime; on obtient ainsi l’huile fine ou huile vierge: c’est une huile très fluide, onctueuse, transparente, légèrement colorée en jaune verdâtre par une matière résineuse (viridine); elle possède une saveur agréable dite de fruit; elle se trouble aux environs de 0°; à — 6° elle dépose de la stéarine. La pâte qui résulte de cette première opération est émiettée, délayée avec de l’eau bouillante et pressée de nouveau : les meilleures qualités servent d’huile ordinaire comestible, les qualités inférieures ou huiles lampantes servent à l’éclairage. Enfin on pulvérise les guignons, on les fait bouillir avec de l’eau et on les exprime ; c’est l’huile de ressenee ou huile d’enfer, qui n’est employée que pour les savons.
L’huile d’olive est très souvent falsifiée, et l'on a imaginé un grand nombre de procédés pour découvrir les fraudes. (Voir : Raudrimont. Dictionnaire des Falsifications.)
Huile de palme. — On la retire des fruits de certains palmiers de la côte de Guinée (elæis Guineensis). On désagrégé sa pulpe par une série de manipulations qui consistent à faire fermenter les fruits, à les faire bouillir avec de l’eau, à les écraser, et après en avoir retiré l’amande, à les faire bouillir de nouveau; on recueille l’huile qui vient surnager. Cette huile est solide à la température ordinaire de nos climats, mais elle fond à -4-50°-55°. Elle renferme des acides gras libres (oléique et palmitique). Elle sert uniquement à la fabrication des savons et des bdhgies et à l’extraction de l’acide palmitique.
Huile de ricin (appelée en Angleterre huile de castor, ou huile de palma Christi ) .
On la retire par simple expression des semences du ricin ( ricinus commuais) après les avoir préalablement privées de leur enveloppe corticale. Les divers procédés d’extraction soit par ébullition avec l’eau, soit par épuisement des semences à l’aide de l’alcool ou de l’éther sont aujourd’hui complètement abandonnés : en effet, l’huile de ricin n’est employée qu’en médecine comme purgatif, et l’on a remarqué que ces procédés donnaient une huile beaucoup plus active, probablement parce qu’ils entraînent la dissolution d’un principe drastique qui doit être assez violent, car trois ou quatre, grains de ricin peuvent produire sur l’intestin des effets d’une assez grande énergie : ce principe n'existe pas dans l’huile ou du moins en quantité très faible.
L’huile ainsi obtenue est incolore, transparente, visqueuse, filante, d’un goût à peine sensible et d’une odeur nulle ; elle n’est pas siccative.
L’huile de ricin est une huile très curieuse quant à sa composition chimique; elle a été, de la part de Bouis, l’objet d’une étude approfondie.
Elle se distingue des autres huiles fixes par sa solubilité dans l’alcool absolu en toute proportion. Soumise à la distillation sèche elle fournit entre autres
ÊTIIERS.
produits volatils de l’aldéhyde et de l’acide œnanthylique. L’acide azotique l’oxyde en donnant naissance à de l’acide subérique.
L'acide hvpoazotique la solidifie et la transforme en rieinélaïdine. L’ammoniaque la convertit en ricinolamide, eorps cristallin fusible à 66°. La potasse la saponifie très rapidement à froid. Distillée avec la potasse caustique, elle fournit, entre autres produits de dédoublement, du sébate de potasse et de l’alcool caprylique, avec dégagement d’hydrogène.
Ces réactions sont celles de l’acide ricinolique qu’elle renferme à l’état de glycéride.
(Bouis.)
Huile de sésame. — On la retire par expression, à froid ou à chaud, des semenees du Sesamum orientale. Dans le premier cas, l’huile est employée comme comestible; elle est sans odeur, presque sans saveur; elle se congèle à — 5°; sa densité à 4- 15° est de 0,923. Dans le second cas elle ne sert qu’aux usages industriels.