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CORPS GRAS D'ORIGINE ANIMALE

, Huiles de cétacés. — Ce sont des malières grasses liquides que l’on obtient en faisant fondre le lard épais qui se trouve sous la peau des baleines, des cachalots, des dauphins, des phoques, etc.

Les cavités frontales de la baleine et du cachalot renferment une matière grasse, liquide dans l’animal vivant, mais qui se fige à l’air et laisse déposer un corps solide, le blanc de baleine, que baigne une huile analogue à celle •que renferme leur peau. Ces huiles sont plus ou moins brunes et douées d’une ■odeur de poisson. L’huile de baleine est soluble à 75° dans son volume d’alcool ; elle renferme à l’état de glycérides les acides margarique, oléique, dœglique GMHM0\ et divers acides gras odorants. Elle sert à la fabrication des savons mous et à la préparation des cuirs.

L’huile de dauphin est d’un jaune citron et possède une forte odeur de ipoisson. Elle se dissout à 23° dans 0,83 parties d’alcool absolu, et à 75° dans 0,99 parties d’alcool à 81°. Elle donne par saponification des acides oléique, margarique et valérique (Chevreul, — Berthelot). On l’emploie aux mêmes usages que l’huile de baleine.

L’huile de phoque, l’huile de cachalot, sont analogues aux deux précédentes •et servent aux mêmes usages.

Huiles de poisson. — Les huiles de poisson qui servent à la corroierie sont ■obtenues en abandonnant les poissons à la fermentation, et en séparant l’huile •qui vient surnager la pâte semi-rougeâtre, infecte, résultant de la putréfaction.

D’autres huiles sont extraites d’organes spéciaux de certains poissons. La

graisse qui entoure les intestins des esturgeons et des sondres sert à l'alimentation dans quelques parties de la Russie.

Mais l’industrie de ce genre la plus considérable est celle de l’huile que l’on exLrait des foies de la morue ( Gadus cellarius, Gadus morrhuà). La fabrication de cette huile par fermentation est complètement abandonnée. Aujourd’hui on n’emploie plus que l’exsudation provoquée par une élévation modérée de température. Pour cela, les foies sont placés dans des appareils spéciaux à double fond, chauffés par la vapeur à une température de 45° environ, et maintenus â l’abri de l’air. Les huiles sont clarifiées par repos et filtration. Il y a plusieurs sortes d’huile.

Les foies blancs, arrondis, privés de leur vésicule biliaire, fournissent l’huile blanche médicinale ; elle est de couleur pâle et possède une odeur de poisson frais, non nauséabonde.

Les foies grisâtres, allongés, provenant de poissons moins bien développés, fournissent l’huile blonde ordinaire.

Les foies provenant de poissons plus ou moins altérés, ceux qui ne donnent plus d’huile blanche dans les chaudières à double fond, sont chauffés dans des chaudières à un feu plus ou moins ménagé, afin d’obtenir des huiles plus ou moins colorées et odorantes que l’on réserve pour l’éclairage ou la corroierie.

Huile de pieds de bœuf. — On la prépare en faisant bouillir les pieds de bœuf, de cheval, de mouton, dépouillés de toutes leurs parties musculaires et tendineuses, et en séparant l’huile qui vient surnager. Cette huile est sans odeur, rancit très difficilement, et ne se concrète que par les plus grands froids ; aussi est-elle réservée, pour ces motifs, au graissage des machines et des rouages d’horlogerie.

Huile d’œufs. — On épuise le jaune des œufs de poule par l’éther, on évapore la solution éthérée limpide. Cette huile renferme principalement de l’oléine accompagnée de palmitine, de diverses lécithines (Goblev — Eremy), d’un peu de cholestérine et d’une matière colorante.

Beurre de vache. — C’est un corps gras qui, sous forme de globules, se trouve en suspension dans le lait. On le rélire de la crème par l’opération du barattage.

11 fond à 25°-26°. Il renferme 50 parties d’oléine, 08 parties de margarine et 2 parties de butyrine.

Graisse d’homme. — La graisse de l’homme est surtout riche en margarine ; elle renferme cependant assez d’oléine pour être encore fluide vers 15°. Elle est colorée en jaune par une matière qui a l’odeur et la saveur de la bile.

Graisse de cheval. — Elle est fluide à la température ordinaire.

Graisse de bœuf. — Le suif de bœuf fond entre 41° et 50° ; il contient surtout He la stéarine, accompagnée d’oléine et de margarine. On l’emploie pour la

fabrication des chandelles et des bougies. On emploie en parfumerie la graisse retirée de la moelle des os.

Graisse de mouton. — Le suif de mouton fond entre 41° et 52°. Il est composé pour la plus grande partie de stéarine ; il doit son odeur à un glycéride de l’acide liireique. On l’emploie aux mêmes usages que le suif de bœuf.

Graisse de porc ( axonge , saindoux ). — Elle fond entre 45° et 48°; sa densité à 15° est de 0,938. Elle renferme de l’oléine, de la stéarine et de la pal mitine.

Graisse d’oie. — Elle fond entre 24 et 20°. Elle renferme de la butyrine et de la caproïne.

Ces différentes graisses s’obtiennent, en général, en chauffant au bain-marie le tissu cellulaire qui les renferme (tissu adipeux) ; la dilatation brise les cel: Iules et la graisse liquéfiée s’écoule.

§ il

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