C4H*(HC1) + 2KS= 2KG + (C4H4)2(1PS
Éther éthyl- ■ Sulfure Chlorure Éther éthyl-
chlorhydrique. de po- dépotas- sulfhydrique
tassium. sium. neutre.
(C6H4)se4H*08-t-2 CaCl = 2 C«H4(HC1) GCa208.
Etlier~aïïyi^ Chlorure Éther allyl- Oxalate de
oxalique. de chlorhy- chaux.
drique.
calcium.
C4H4(S2HK08) + Ci4HsK04 = C4H4(C14H604) 4- SW
Éthylsulfate de Benzoatede Étlier éthyl- Sulfate de
potassium. potassium. benzoïque. potassium.
C4R4(ïII) + C4H3Ag04 = C4II4(C4H404) -l-Agl^
Éther éthyl- Acétate Éther éthyl- Iodure iodhydrique. d’argent. acétique. d argent.
Gelte dernière méthode (action d’un iodure alcooliqne sur le sel d argent de l’acide à éthérifier) est due à Würtz ; elle est susceptible d’une application générale et a permis de préparer des éthers fort rares avec de faibles quantités des corps générateurs.
Dans ces différents procédés, on mélange les deux corps et on les chauffe ensemble soit en vase clos, soit dans un appareil distillatoire, pour achever par l’application d’une température convenable la réaction commencée à froid; quelquefois, surtout dans la méthode des sels d’argent, la réaction s’effectue complètement à la température ordinaire sans qu’on ait besoin d’employer la chaleur ; souvent même la réaction est si vive que le mélange doit être fait avec des précautions spéciales, soit en refroidissant les corps, soit en diluant l'un d’eux dans l’éther ordinaire.
La réaction terminée, on sépare l’éther formé soit en le chassant par distillation, soit en l’extrayant par un dissolvant approprié que l’on évapore ensuite.
Quelquefois les deux composés, au lieu d’être simplement mélangés et soumis à la distillation sèche, sont préalablement dissous dans l’eau, l’alcool qui doit être éthérifié, l’éther ordinaire ou un autre liquide non susceptible de réagir ; ces dissolvants volatils accompagnent alors l’éther dans le produit de la distillation ; on l’en dèbai’rasse par des méthodes convenables, particulières à chaque éllier.
C’est encore dans les principes de la thermochimie qu’il faut chercher l’explication de ces phénomènes.
Pour qu’une double décomposition soit possible immédiatement, entre composés stables, non dissociés, il faut que la somme totale des diverses réactions chimiques effectuées simultanément soit un dégagement de chaleur. Celte condition est remplie dans les réactions que nous avons citées plus haut, comme elle l’est dans celle qui donne naissance aux éthers mixtes (réaction d’un alcoolate alcalin sur un éther iodhydrique).
En effet, la réaction :
C4H4(HI) + CMPAgO4 = C4H4(C4îl404) -|-AgI
dégage à la température ordinaire H- 36“', 5.
Avec C4H4(HI) et C4H3K04, la chaleur dégagée se réduit à +lcal,7- avec C4H4(HC1) liquide et C4H3K04 à + 4cal,4.
Ces quantités sont toutes positives : aussi la réaction a-t-elle toujours lieu. Mais elle est bien plus rapide et elle s’opère à une température bien plus basse avec les éthers iodhydriques et les sels d’argent qu’avec les autres systèmes, ce qui est conforme à la relation qui existe entre l’accélération des réactions ana
logues et la grandeur des quantités de chaleur qu’elles dégagent. C'est à cela qu’il faut attribuer la supériorité de celte méthode.
Soit encore la double décomposition entre un éthyl-sulfate et le sel d’un acide organique. La réaction :
C4H4(SsIlNa0‘) 4- C4H3Na04 = C*H*(CW) 4- S2Na20« dégage 4- 9e*1, 5. La suivante, où le sulfovinale de baryum remplace celui de sodium
C4ll4(S*HBa()« + C4H3Ba0‘ = C4H4(C4H404) 4- S2BasO* dégage 4- 17cal,0.
Citons encore quelques réactions qui peuvent être considérées soit comme une double décomposition analogue aux précédentes, soit comme le déplacement d'un élément haloïde par un autre dans la molécule d’un éther, et qui s'accomplissent également en vertu du dégagement de chaleur qu’elles provoquent : ainsi la métamorphose de l’éther iodhydrique en éther chlorhydrique
dégage, lorsqu’elle est effectuée sous l’influence :
du chlorure d’argent : C4H4(HI) 4-ÂgCl = C*H‘(IIC1) 4- Agi .
du chlorure de mercure : C‘H4(HI) + HgCl =C*H*(HC1) 4- llgi . 4- 7“', 5
du chlorure cuivreux : ClH4(HI) 4- Cu*Cl=C*H*(llCl) 4- Cu3I . + S-»,4
Ce n'est donc pas la volatilité ou l’insolubilité des produits formés qui détermine le sens de la réaction, mais bien la supériorité thermique du système qui prend naissance et provoque leur formation. (Bertlielot.)