‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. EthersChapitre 70 sur 419 · Pour l'étymologie, voir aux Généralités · texte numérisé non relu

Pour l'étymologie, voir aux Généralités

L’apparition de ce corps nouveau, doué de propriétés si curieuses, fut accueillie avec un certain enthousiasme et excita l’émulation des chimistes. Bien qu’on sût par Newton qu’on le préparait à l’aide de l’acide sulfurique et de l’alcool, on eut en France beaucoup de peine à trouver le procédé convenable pour en obtenir. On mettait trop d’alcool ou trop d’acide ; on ne savait pas séparer l’éther de l’alcool en excès ou de l’acide sulfureux résultant d’une mauvaise préparation; enfin, on allait jusqu’à additionner le mélange de quelque huile essentielle ou de quelque acide, prenant pour vraies ces paroles de Frobénius : « paratur ex sale volatili urinoso, plantarum phlogisto, aeeto « valde subtili, per summam fermentationem cunctis subtilissime resolutis et « mixtis ; » description trompeuse, faite pour déguiser plutôt que pour dévoiler la connaissance de l’éther, et qui ne suffirait pas pour lui en attribuer la découverte, si nous ne possédions les témoignages de ses contemporains, et si nous ne savions de combien de mystères les savants de cette époque avaient l’habitude d’entourer leurs découvertes.

Ce furent Geoffroy, Duhamel, un duc d’Orléans retiré à l’abbaye Sainte- Geneviève, les deux Rouelle, Bayen, Hellot *, Grosse 2, qui s’en occupèrent en France le plus particulièrement; à l’étranger nous citerons Scheele, Gœttling, Klaproth, etc.

Ce duc d’Orléans dont le nom n’est point parvenu jusqu’à nous, assisté de Bayen et de Rouelle, paraît avoir fabriqué le premier une quantité d’éther un peu considérable pour l’époque (une pinte à la fois). Hellot démontra qu’en supprimant la digestion qui précédait la distillation on améliorait le produit. Mais ce fut Grosse qui approfondit ce sujet avec le plus de sagacité. Il fit une remarque judicieuse et qui dénote pour l’époque une observateur habile ; il fractionna les produits de la distillation, et remarqua que les premiers sentaient l’alcool, puis, que la réaction une fois établie, c’était de l’éther qui distillait, et qu’à la fin la liqueur sentait le soufre allumé ; il conseilla donc de rejeter les premiers et les derniers produits, et de purifier l’éther obtenu au milieu de la distillation en le lavant à l’eau de pluie, et en le rectifiant sur du carbonate de potasse.

Le procédé de préparation de l’éther étant retrouvé, les efforts des savants se tournèrent vers sa purification et les meilleures conditions de rendement. Cadet et surtout Baumé 3 rendirent la marche de l’opération plus méthodique ; Hellot et Pott, avant Grosse, conseillèrent de rectifier sur du carbonate de potasse, Dizé sur du bioxyde de manganèse, Fôurcroy sur de la magnésie, Teickmeyer sur de la chaux; Juncker, Henry et Vallée, avant de rectifier et pour détruire l’huile douce de vin, agitaient le produit brut avec une solution de potasse, Proust4 et Woulf employaient un lait de chaux; Lovitz remarqua que l’éther obtenu par tous ces procédés renfermait encore de l’alcool et de

f. Mémoires de l'Académie des sciences pour 1739.

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