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Ann. der Chem, und Pharm., t. CLXXX, p

ÉTIIERS.

PRÉPARATION. — PROPRIÉTÉS

L’ éther dérivé de l’alcool propylique normal se prépare au moyen de l’iodure d’éthyle et du propylate de sodium normal.

Il bout à G8°-70° (Chancel), à 63°-64° (Brühl).

On peut remplacer le propylate de sodium par l’alcool propylique additionné de potasse, mais on observe alors une formation secondaire de propylène.

L’éther dérivé de l’alcool isopropylique se prépare de même.

Il bout à 54°; sa densité est de 0,7447 à 0° (Markownikow) ; chauffé avec de l’acide sulfurique étendu, il se dédouble en alcools éthylique et isopropylique (Eltekow).

ÉTHER ÉTHYLBUTYLIQUE

J Eq. : C4H4(C8H10O2) — C8H8(C4H60s).

m* ( At. : C2H5.C4Hs.O.

Syn. : Oxyde de butyle et d'éthyle.

PRÉPARATION. — PROPRIÉTÉS

On fait réagir l’iodure d’éthyle sur le butylate de sodium à froid.

L’éther dérivé de l’alcool butylique normal bout à 91°, 7. D = 0,7694 à 0® (Lieben et Rossi).

Celui qui dérive de l’alcool isobutylique bout à 78°-80°.D=0,7507 à 15° (Wurtz).

ÉTHER ÉTIIYLAMYL1QUE

1 Eq. : C4H4(C10H1202) — C‘°H10(C4H80*).

*°rm' | At. : GsH5.CsHu.O.

Syn. : Oxyde d'éthyle et d'amyle.

Ether éthyiisoamylîque [de l’alcool amylique de fermentation) .

Préparation. — On fait réagir soit l’éther éthyliodhydrique sur l’amylate de sodium, soit l’éther amyliodhydrique sur l’élhylate de sodium (Williamson). On peut encore traiter par la potasse alcoolique l'éther amylchlorhydrique (Balard) ou amyliodhydrique (Guthrie).

Propriétés. — C’est un liquide possédant une odeur de sauge et bouillant à il2°-1130. Densité à 18° = 0,764. Densité de vapeur= 4,042.

Ether éthylamylique tertiaire (de V éthyldiméthylcarbinol) .

Syn. : Êthylate d'amyl'ene. — Éther éthylpentylique. — Éther du méthylisopropylcarbinol.

On l’obtient, en traitant par tapotasse alcoolique, le bromhydrate d’amylène.

Il bout à 102°-105». L’acide bromhydrique à 100° le transforme en bromure ■d’éthyle et bromhydrate d’amylène, tandis que son isomère, qui bout à 10° plus haut, se transforme dans les mêmes conditions en bromure d’éthyle et bromure •d’amyle (Reboul etTruchot).

ÉTHER ÉTHYLHEXYLIQUE

( Eq. : C4H‘(CiaHliO<!) — C12H12(C*H60!) . m’ ( At. : C2H5.C6H13.0.

Syn. : Oxyde d' éthyle et d’hexyïe.

PRÉPARATION. — PROPRIÉTÉS

On traite le chlorure d’hexyle par la potasse alcoolique.

L 'éther éthylhexylique normal bout à 134“-137» (Lieben et Janecek).

L’éther dérivé du chlorure d’hexyle secondaire, qu’on prépare au moyen des •carbures des huiles de pétrole, bout à 132»-134»; sa densité à 13° est égale à ■0,776 (Reboul et Truchot). Il se dégage dans la réaction qui lui donne naissance une quantité assez considérable d’hexylène.

ÉTHER ÉTHYLHEPTYLIQUE

„ ( Eq. : C4H4(Gi4HI60aj — CliH“(G4H,Os).

( At. : C2H5.C7Hls.O.

Syn. : Oxyde d'éthyle et d’heptyle.

PRÉPARATION — PROPRIÉTÉS

On le prépare comme le précédent.

Celui qui dérive de l’iodure d’heptyle normal bout à 165»; sa densité à 16» est de 0,790 (Cross). (Reboul etTruchot).

Celui qui dérive du méthylhexylcarbinol bout à 177». û. à 16°= 0,791.

ÉTHER ÉT1IYL0CTYLIQUE

1 Eq. : C4H4(C16H1802) — C10II16(C4H6O2). | At. : C2H5.C8H1T.0.

Syn. : Oxyde d’éthyle et d’octyle.

PRÉPARATION. — PROPRIÉTÉS

On le prépare comme les deux précédents.

Il bout à 182°-184°. D-à 17°= 0,794 (Reboul et Truchot).

La formation de ces trois derniers éthers est accompagnée de celle du carbure correspondant à l’iodure alcoolique employé. D’après Reboul et Truchot, ce phénomène se produirait dans la réaction de la potasse alcoolique sur tous les éthers chlorhydriques sans exception. Seulement, tandis qu’avec les premiers termes de la série C2H3C1,C4HSC1.... l’éther mixte serait le produit principal de la réaction et le carbure le produit secondaire, avec les derniers termes, au contraire, la production du carbure deviendrait de plus en plus prédominante à mesure qu’on s’éloigne de l’iodure d’amyle, au point de devenir, quand on arrive aux termes extrêmes CliHlsCl,C16H17Cl,...C20H21Cl..., le produit principal de la réaction, et l’éther le produit secondaire pour ainsi dire.

ÉTHER ÉTHYLCÉTYLIQUE

( Eq. : C4II4(C32H3k02 — C32HS2(C4H60S).

*orm‘ i At. : C2Hs.C16H33.0.

Il est en cristaux fusibles à H- 20° (Becker).

Pour les éthers formés avec les alcools des autres séries, se reporter à ces alcools.

ÉTHER ÉTHYLFLUORHYDRIQUE

Form.

Eq. : (C4H4)HF1.

At. : C2H3F1.

Syn. : Fluorure d'éthyle.

En faisant passer jusqu’à refus un courant d’acide fluorhydrique dans l’alcool absolu bien refroidi, distillant un quart de cette solution et ajoutant de l’eau au produit distillé pour séparer l’éther dissous dans l’alcool, Reinsch1 a obtenu un

l. Journal fiir prackt , Chem., t. XIX, p. 314.

liquide mobile, très volatil, attaquant le verre et possédant une composition qui se rapprochait de celle du fluorure d’éthyle.

Frémy, en soumettant à la distillation, dans un appareil de platine, un mélange de sulfovinate et de fluorhydrate de fluorure de potassium, a obtenu un gaz qui brûlait avec une flamme verte en donnant des produits de combustion qui attaquaient le verre.

D’après Emerson Mac Ivor, ainsi que d’après Frémy, il serait gazeux comme le fluorure de méthyle l.

On a vu plus haut que le fluorure de méthyle n’attaquait pas le verre. Or il n’y a pas de raison pour que le fluorure d’éthyle l’attaque davantage. D’autre part, si, par analogie, le fluorure de méthyle doit être gazeux, le fluorure d’éthyle doit être liquide.

En somme, les éthers fluorhydriques sont fort peu connus et leur étude mérite d’être reprise.

ÉTHER ÉTHYLCHLORHYDRIQUE

Form.

( Eq. : (C4H4)IIC1.

( At. : cmi.

Syn. : Chlorure d'éthyle, hydrure d’éthylène monochloré, éthane ou acétène monochloré.

HISTORIQUE

C’est le plus anciennement connu des éthers composés. Dès le seizième siècle, les alchimistes le préparaient plus ou moins mélangé d’alcool ou de produits chlorés, sous le nom d’esprit de sel vineux, d’esprit de sel dulcifié, d’éther marin. On ne peut cependant pas leur accorder l’honneur de sa découverte, car du temps de Macquer on doutait encore de son existence. Schreder, Trommsdorf, Baumé, Courtanvaux, Ludolff, Westrum, Pelletier, Rouelle, Scheele, Basse de Hameln et beaucoup d’autres chimistes de cette époque tentèrent de le préparer en employant soit les chlorures métalliques, soit l’acide chlorhydrique à l’état dissous ou naissant, mais ils n’obtinrent jamais que des mélanges d’alcool, d’éther ordinaire et d’éther chlorhydrique.

Gehlen2 est réellement le premier, qui, en 1804, parvint à obtenir ce corps pur, reconnut son extrême volatilité et donna ses véritables caractères.

En 1807, Thénard3, sans avoir connaissance des résultats de Gehlen, l’obtint aussi dans un état de pureté parfaite, l’étudia sous ses deux états, liquide et gazeux, et fit de ce corps une étude complète.

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