Gehlen, Journal de Gehlen
3. Thénard, Mémoires de la Société d’Arcueil, t. I, p. 11, 140 et 337. — Annales de chimie,
t. LXI, p. 291, et LXIII, p. 49.
PRÉPARATION. — PROPRIÉTÉS
(Voir l’hydrure d'éthjlène monochloré avec lequel il est identique. Encyclopédie chimiqde, Carbures d’hydrogène, p. 218.)
ÉTHER ÉT1IYLBR0MHYDRIQUE
( Eq. : (C*H‘)HBR.
| Af. : C!H3Bt
Syn. : Bromure d’éthyle. — Hydrure d'éthylène ou éthane monobromé. Il a été découvert par Sérullas.
Il est identique avec l’hydrure d’éthylène monobromé.
(Voir Encyclopédie chimiqde, Carbures d'hiydrogène, p. 222).
ÉTHER ÉTHYLIODHYDRIQUE
Form.
( Eq.: (C*H*)HI.
I At. : C’H*I.
Syn. : lodure d'éthyle. — Hydrure d'éthylène monoiodé.
Il a été découvert par G.-Lussac.
Ilest identique avecl’hydrure d’éthylène monoiodé.
(Voir Encyclopédie chimique, Carbures d'hydrogène, p. 227).
ÉTHER ÉTHYLSULFHYDRIQUE ACIDE
Form.
Eq. : (C*H*)H2S3.
At. : C2H3S.
Syn. : Mercaptan éthylique1.
Il a été découvert par Zeise.
FORMATION
Il se forme :
1° Dans la réaction de l’éther éthylnitrique sur le sulfhydrate d’ammoniaque; 2° Dans la distillation du xanthate de potasse en présence d’un alcali hydraté.
1 • Mercaptan : corpus mercuriura captans vel mercurio aptum, ainsi appelé à cause de l’action énergique à laquelle il donne lieu quand on le met en contact avec l'oxyde de mercure.
PRÉPARATION
Elle est fondée sur une double décomposition entre un sulfhydrate de sulfure et un éther éthylique :
KHS2 4- C4H4(HC1) = C‘IP(H2S2) 4- KC1 BaHS2 4- G*H*(S2 BaO8) = (C*R*)H2S2 + S2Ba20s.
1. On distille un mélange formé de- quantités équivalentes de sulfovinate et de sulfhydrate de sulfure de baryum en solution aqueuse, aussi concentrée que possible : Le contenu du récipient se partage en deux couches : la couche supérieure est séparée, distillée sur une très petite quantité d’oxyde de mercure, pour enlever les produits polysulfurés, puis desséchée sur du chlorure de calcium fondu (Zeise).
2. On sature d’hydrogène sulfuré une solution concentrée de sulfovinate de potassium; on distille et on purifie comme ci-dessus (Yœhler).
C’est une modification du procédé de Liebig qui consistait à saturer d’hydrogène sulfuré une solution alcoolique saturée d’hydrate de potasse, puis à distiller celle-ci avec son volume d’une solution saturée de sulfovinate de chaux (Liebig).
5. On sature d’aeide sulfhydrique une solution alcoolique concentrée de potasse; on place le liquide dans une cornue lubulée; on le sature de vapeurs d’éther éthylchlorhydrique, puis on distille et on purifie comme précédemment (Régnault).
4. 11 est beaucoup plus commode d’employer dans cette préparation l’iodure d’éthyle, qui est liquide. Yoici d’après Baudrimont le procédé le plus avantageux. On sature d’acide sulfhydrique une solution au -î- d’hydrate de potasse dans l’alcool à 90 %• Ou introduit cette solution alcoolique de sulfhydrate de potassium dans une cornue tabulée bien refroidie et on y verse peu à peu par la tubulure 200 grammes d’iodure d’éthyle, eu ayant soin d’attendre, pour faire une nouvelle affusion, que la réaction soit calmée. Enfin on distille au bain d’eau, on lave la couche huileuse avec de l’eau et on achève sa purification comme précédemment (Baudrimont).
Il convient dans cette préparation d’employer le sel de potasse plutôt que celui de soude, qui donne lieu à la formation d’une plus grande quantité d’éther neutre comme réaction secondaire.
PROPRIÉTÉS
C’est un liquide incolor'e, très mobile, d’une odeur alliacée très désagréable. Sa densité à 21° = 0,8525 (Liebig). Il bout à 56° (Liebig). Il est très peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther. Il dissout le soufre, l’iode, le phosphore.
Les dérivés chlorés du mercaptan ne sont pas connus avec certitude.
Le mercaptan est décomposé par le brome avec formation de bromure d’éthyle, d’acide bromhydrique et de bromure de soufre
2(C4H4)LPS2 4- 3Brs = 2(C4H4)HBr 4- HBr4-2BrS2.
(Friedel et Ladenburg).
Chauffé à l’ébullition avec l’acide azotique étendu (D= 1,25) il donne l’acide éthylsulfureux isomérique ; avec l’acide azotique fumant, il donne l’éther éthylsulfonique (éther sulfureux isomérique).
Il forme avec l’eau à basse température un hydrate cristallisé ayant pour formule (C4H4)H2S24-18II202, composé fusible et dècomposable à la température ordinaire (Claesson).
Le pentasulfure de phosphore le transforme en sulfophosphates triéthylique et diéthylique, comparables aux composés oxygénés correspondants (Carius)
5[C4I14(HSS2)] 4- 2PS! = 21I2S2 4- (C4H4)5PS5.3HS -h (C4H4)SPSS.3HS.
Sultophosphate Sulfophosphate
triéthylique. diéthylique.
Mercaptides.
Le potassium et le sodium se dissolvent facilement dans le mercaptan, avec dégagement d’hydrogène; lorsqu’on évapore la solution, il se précipite des corps qui ont pour formule C4H3KS2,04HsNaS2 et qui sont comparables aux alcoolates C4H5K02,C4HsNa02 ; cette réaction a fait considérer le mercaptan et ses homologues comme des alcools dont l’oxygène serait remplacé par du soufre. Des combinaisons analogues se produisent quand on fait réagir certains sels sur la solution alcoolique de mercaptan ; ces combinaisons où l’hydrogène est remplacé par une quantité équivalente de métal, portent le nom d’éthylsulfure, sulféthylates ou mercaptides. On en connaît un très grand nombre.
Mercaptide de potassium. C4I1SKS2. — On dissout du potassium dans du mercaptan mélangé d’éther bien exempt d’eau et d’alcool ; le mercaptide de potassium se précipite sous forme de cristaux blancs grenus : ils sont solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool et dans l’éther; ils se décomposent à l’air humide ainsi que leur dissolution, avec formation de carbonate de potasse.
Mercaptide de sodium. C4II5NaSs. — Il se prépare soit comme celui de potassium, soit par double décomposition entre le mercaptan et l’alcoolate de sodium. (Claesson.)
C4H6S2 4 C4H5Na02 == CTFNaS2 4- C4He02.
Il possède les mêmes propriétés que celui de potasse.
Les mercaptides de zinc, de nickel, de cobalt, de cadmium, sont des précipités amorphes solubles dans les acides d’où les alcalis les précipitent. Ils se préparent en mélangeant le mercaptan avec les acétates métalliques correspondants ; ils ont pour formule C4II5(M)Ss. (Claesson.)
Mercaptide d’étain. (C*HsSî)sSn. Huile limpide, distillant dans le vide à 200° sans décomposition ; on l’obtient en faisant réagir le chlorure stannique sur le mercaptan, tous deux étendus de sulfure de carbone; on évapore ce dernier ainsi que l’excès de mercaptan. (Claesson.)
Mercaptide de bismuth. (C*H5S2)5Bi. On l’obtient par l’action directe du mercaptan sur une solution d’azotate de bismuth. Aiguilles jaunes, minces et flexibles, très solubles dans l’alcool, peu solubles dans 1 éther. Il se dissout dans les acides et s’en précipite inaltéré par neutralisation. Il se décompose vers 200° en bismuth et sulfure de bismuth. (Claesson.)
Mercaptide de plomb. ClH5PbS2. On mélange des solutions alcooliques de mercaptan et d’acétate de plomb. Précipité jaune, cristallin, soluble dans un excès d’acétate de plomb. L’azotate de plomb n’est pas précipité par le mercaptan.
Mercaptide d'or. C*H*ÀuS*. On obtient un précipité possédant cette composition quand on mélange 1 p. de mercaptan dissous dans 10 p. d’alcool avec 1 p. de chlorure d’or dissous dans 20 p. d’alcool. Lorsqu’on emploie le chlorure d’or sec, ou que l’on fait réagir le mercaptan sur l’oxyde d’or, la réaction est tellement violente que le mercaptan s’enflamme quelquefois. La formation de ce corps est accompagnée d’un dégagement de chlore et d’acide chlorhydrique qui obligent à opérer sur des solutions étendues pour éviter les réactions secondaires. (Zeise.)
C4H6S2 -h AuCl5 = C*H5AuS2 + IIC1 + Cl2.
Mercaptide de platine. CTEFPtS2. On mélange des solutions alcoolique^ de chlorure de platine et de mercaptan; celui-ci doit être employé en excès. C’est un précipité amorphe, jaune clair; sa formation est aussi accompagnée d’une mise en liberté de chlore et d’acide chlorhydrique. (Zeise.)
C‘H6S2 -f~ PtCl2 = CHPPtS2 H- HCl + Cl.
Mercaptide de mercure. C4H5llgS2. On met en contact de l’oxyde de mercure avec du mercaptan mis en solution alcoolique ; celle-ci doit être assez étendue afin de modérer la réaction qui est très vive (Liebig). Par refroidissement le mercaptide de mercure se dépose en écailles cristallines, blanches, grasses au toucher, fusibles à 85°-87° (Fitlig), à 76° (Otto) ; il est peu soluble dans l’alcool froid, plus soluble dans l’alcool chaud (1 p. se dissout dans 12 à 1S p. d’alcool à 85 % chaud). Le sulfure de potassium, l’acide sulfhydrique en précipitent du sulfure de mercure. L’acide azotique concentré le transforme en un sel basique d’un acide sulfoné ayant pour formule (C4IP)(S2HHgOe)HgO. (Claesson.)
Mercaptide de phosphore. (C*H5S2)sPh. Il a été obtenu en chauffant à 100°, en tubes scellés, le mercaptan avec le trichlorure de phosphore. C’est une huile
ÉTHEliS.
plus lourde que l’eau, et décomposable par la chaleur, en phosphore et bisulfure d’éthyle.
Mercaptide d'arsenic. (C4lIsS2)sAs. On l’obtient en faisant réagir le trichlorure d’arsenic dissous dans l’éther sur le mercaptan. Huile plus lourde que l'eau et décomposable par la chaleur en arsenic et bisulfure d’éthyle. (Claesson.)
Produits d’addition du mercaptan.
C4HsHgS2HgCl. Cristaux blancs, difficilement solubles dans l’alcool. On les obtient en mélangeant du mercaptan avec une solution alcoolique de sublimé. (Debus.)
C4H6S2SbCl3. Huile décomposable dès 140°, formée par l’union directe du mercaptan et du trichlorure d’antimoine. (Claesson.)
G4H6S2.Ti2Cl4. Cristaux d’un rouge noirâtre. — (C4HeS2)2.Ti2Cl4. Cristaux d’un rouge écarlate, très nettement définis. On obtient ces deux composés par union directe du mercaptan et du chlorure de titane ; on les sépare au moyen de fusions fractionnées successives, (Demarçay.)
ÉTHER ÉTHYLSULFIIYDRIQUE NEUTRE.
Form.
l Eq. : (C4H4)9H2S2 | At. : (C2H5)2S
Syn. : Protosulfure d'éthyle.
Dœbereiner 1 préparait un sulfure neutre d’éthyle plus ou moins impur en dissolvant du sulfure de fer dans l’alcool saturé de gaz chlorhydrique et précipitant le liquide par une grande quantité d’eau. C’est Régnault qui l’a préparé le premier à l’état de pureté et a décrit ses caractères.
FORMATION
Il se forme : 1° dans la distillation sèche du mercaptide de mercure : 2C4HsHgS2 = (C4H4)2H9S2 -+- 2HgS.
(Zeise.)
2° Dans la réaction du zinc-éthyle sur le chlorure de thionyle (Gauche 2.)
PRÉPARATION
1 . On place dans une cornue tubulée une solution saturée de monosulfure de potassium dans l’alcool ; on y fait passer jusqu’à refus un courant de vapeur de chlorure d’éthyle, puis, lorsque celui-ci cesse d’être absorbé, on distille