PL
pas moins de huit à dix mètres d’élévation. Nous avons vu de ces oiseaux s'y promener verticalement et y butiner dans l'interstice des pierres pendant plus d'un quart d'heure. C’est bien eclte espèce, et non un Syreallane ou un Oæyurus, comme parait le croire à tort M, De La Fresnaye (lievue et Magasin de Zoologie, 1850), que Le Vaillant à figurée et décrite dans son flstoire naturelle des Promérops.
GRIMPEREAU COSTA. CERTHIA COSTÆ. (Bailly
Observations sur les mœurs et les habitudes des Qiscaux de la Savoie. Chambéry, 4847.
Mâle adulte. —Plumes de la tête, du cou, du dos et de la région parotique, variées de blanc jaunâtre, de blanchätre, de roux et de brun foncé, le blanc jaunâtre formant au centre de chaque plume de la tête une tache oblongue, arrondie à son extrémité, circonscrite, sur la plupart des plumes, d'un côté par la teinte rousse, de l'autre par le brun. Cette dernière couleur prédominant à la tête, au cou et à la région parotique, il en résulte que ces parties sont plus foncées que le dos, où le roux et le blanchâtre dominent les plumes de toutes ces parties, offrent en outre dans les points colorés, soit en roux, soit en blanc jaunâtre, un étroit liséré brun destiné à s'user, et dont la disparition contribue à rendre plus clair l'ensemble du plumage.
Groupion et sus-caudales d’un roux jaune clair, avec un trait blanchâtre au centre de quelques plumes, plus grand chez les sujets de l'année et chez les femelles que chez les vieux mâles.
Gorge, devant et côtés du cou, poitrine ventre et flancs d'un blanc pur et lustré, surtout à la gorge et sur la poitrine. Après la mue d'automne, on trouve des individus chez lesquels quelques plumes des flancs et de l'abdomen sont, comme celles des parties supérieures, très-finement lisérées de brun à leur extrémité; mais ce trait ne tarde pas à s’user. Plumes de la région crurale très-faiblement lavées de brunätre à leur extrémité, blanches dans le reste de leur partie visible. Sous-caudales blanches, les plus graudes légèrement roussâtres au centre.
Lorums d'un brun cendré.
Plumes ciliaires et larges sourcils qui prennent naissance aux fosses nasales blancs: ceux-ci se prolongent en arrière, et se confondent avec les taches blanchâtres du dessus du cou et du dos.
Bord externe de l'aile, depuis le phignet jusqu'à l'insertion des pennes digitales, d'un blanc pur.
Rémiges d'un brun gris, avec une tache blanche ou blanchätre à la poiute; les cinq ou six premières pennes lisérées en dehors de gris clair, les suivantes largement bordées de roussâtre dans leur tiers supérieur; toutes, à l'exception des trois ou quatre premières, offrent vers le milieu de leur étendue une tache d'un blanc jauvâtre, placée entre deux autres taches d'un brun noir assez intense. Sur la plupart des rémiges, ces taches occupent les barbes externes et internes; elles ne se montrent qu'aux barbes internes sur les deux premières des pennes qui présentent ces taches.
Couvertures alaires d'un brun noir, tachées à leur pointe, les unes de blanc jaunâtre, les autres de blanc pur.
Rectrices brunes en dessus, d'un brun cendré en dessous, très-légèrement lavées de roussätre, extérieurement frangées de blanchâtre, surtout à l'extrémité, et marquées le long du rachis, des pennes médianes principalement, de sortes de zones plus foncées; mais ces zones sont quelquefois tellement faibles, qu'on a beaucoup de peine à les distinguer, même en faisant tomber obliquement la lumière sur la queue.
Mandibule supérieure d'un brun noir; mandibule inférieure jaunätre à la base, brune à la pointe.
Tarses et pieds d'un gris brun, plus ou moins foncé selon la saison Ongles cendrés, bruns à l'extrémité.
Iris d’un brun clair.
La femelle a le même plumage que le mâle, mais sa taille est sensiblement plus petite.
Proportions des rémiges. Première apparente, mais peu propre au vol, atteignant à peine, ou même n'atteignant pas, le bord inférieur de la tache jaunätre qu'offre la septième penne; deuxième
rémige plus courte que la huitième; quatrième et cinquième égales.
Dimensions. Longueur totale de l'extrémité du bec à celle de la queue. . . . 0",138; — de la queue prise de l'insertion des rectrices médianes. . . 0,064; — devl'ailetfermee ER NO AO CE — DESNATSES: ES OPA RTE ES OS ROC du doigt médian, y compris l’ongle. . . . . . . . 0,013; du pouce, y compris l'ongle. . . . . . . . . . 0",017; = de Honcle dUPOUCE RE 0 000:
C'est de l'obligeance de M. Gerbes, qui possède si à fond l'ornithologie européenne, et qui a fait et fait tous les jours une étude si consciencieuse des Passereaux et surtout des Becs-Fins d'Europe, que nous tenons cette minutieuse description faite sur la comparaison de quatre individus d'âge et de sexe différents qu'il possède.
C'est également à la même communication de M. Gerbes que nous emprunterons les observations qui vont suivre; car il suffit que l'espèce à laquelle se rapportent ces observations, quoique admise récemment par M. Ch. Bonaparte, a été regardée douteuse par lui-méme, ensuite d’une première admission, pour qu'elles aient encore tout leur intérêt.
La Certhia costa, dit cet habile ornithologiste, est elle réellement une espèce distincte de la Certhia faniliaris? L'examen comparatif de ces Oiseaux ne laisse pas le moindre doute à cet égard. Le Grimpereau Natterer ne peut en aucune façon être identifié au Grimpereau familier; il s’en distingue par des caractères très-faciles à saisir et tirés de plusieurs ordres de faits. Je me bornerai à citer les plus saillants.
Certhia costa.
Parties inférieures blanches, à l'exception des régions crurales et des sous-caudales, qui sont d'un blanc légèrement lavé de roux clair.
Flancs du blanc le plus pur.
Penne bâätarde n’atteignant pas le bord de la tache qui se trouve sur la sixième rémige; la deuxième toujours plus courte que la huitième d'un millimètre au moins.
Certhia familiaris.
Parties inférieures d’un blanc roussâtre, à l'exception de la gorge et de la poitrine.
Flancs brun roussätre.
Penne bâtarde dépassant de deux millimètres au moins le bord inférieur de la tacke qu'offre la sixième rémige ; la deuxième plus longue que la huitième d'un millimètre au moins.
La queue et l'aile chez le Certhia costa ont 0",00% ou 0,605 de plus que chez le Certhia familiaris; enfin les ongles du premier sont plus longs, plus robustes: celui du pouce surtout présente une différence plus notable.
Tous ces caractères sont plus que suffisants pour maintenir la distinction des deux espèces.
Les habitudes et le régime du Grimpereau Costa sont absolument les mêmes que celles du Grimpereau familier. Comme lui il est vif, actif et parcourt en tous sens le tronc des arbres avee la plus grande agilité; comme lui on le voit constamment occupé à fureter, à sonder avec son bec les moindres anfractuosités qu'offre l'écorce de l'arbre sur lequelil grimpe pour y découvrir quelque pâture; comme lui enfin sa principale nourriture consiste en Fourmis, en Araignées et en d’autres menus Insectes dont il recherche aussi les œufs et les larves.
Cependant les observations de M. Bailly et de l'abbé Caire, qui a envoyé à M. Gerbes l'individu ei-dessus décrit, sont d'accord en ceci que l'espèce nouvelle se distingue de l'ancienne par un naturel plus méfiant, plus farouche, par un cri d'appel moins aigu, plus doux.
Quant à l'habitat, continue M. Gerbes, le Grimpercau costa ne visite point, comme le Grimpereau familier, les vallées, les bords des rivières, les lisières des bois ou plaines; il habite essentiellement Les forêts de sapins, celles surtout qui sont situées sur le versant nord des montagnes, dans les régions moyennes de nos basses Alpes, où se trouvent en même temps le Casse-Noix, la Chouette Teugmalus et la Mésange boréale. Il vit dans ces régions l'été comme l'hiver, et n’en descend pas,
même lorsque les grandes neiges les envahissent; du moins aucune capture n’est encore venu témoigner de l’émigration de cet Oiseau dans des contrées plus basses.
C’est dans les trous naturels des vieux sapins, ou sous les grandes plaques d'ecorce soulevées et détachées du bois que niche le Grimpereau costa. Des brins de mousse et d'herbe, des cocons d'Araignées, entrent dans la composition de son nid, qui est assez grossièrement construit. La ponte est de cinq à six œufs blancs, piquetés ou tachetés, principalement au gros bout, de brun rougeâtre. Ce qui distingue ces œufs de ceux du Grimpereau familier, c’est que les taches ou les points qu'ils offrent ont ordinairement une teinte moins claire, sont moins nombreuses et moins larges, et que le blanc de la coquille est plus pur.
D'après M. Bailly, le Grimpereau costa n'aurait qu'une couvée par an, et, par extraordinaire, deux, lorsqu'on lui enlève la première, tandis que l'abbé Caire a acquis la certitude que ce Grimpereau fait régulièrement, comme le Familiaris, deux nichées par an, une au commencement de mai, et l’autre à la fin de juin.
Le Cerihia costa a été rencontré par M. Bailly dans les montagnes de la Savoie, près de Chambéry; l'Oiseau transmis à M. Gerbes par l'abbé Caire, et qui vient d'être décrit, se trouve sur celles de nos basses Alpes, dans les environs de Barcelonnette.
On voit que si nous adoptons le nom de Costa, Bailly, pour cette espèce, c’est que nous ne partageons pas l'opinion de M. Ch. Bonaparte sur l'identification de cette espèce avec son N'attereri seulement pressenti par lui, dit-il. Nous nous rapprochons davantage sur ce point de ce que nous sa vons être l'opinion de M. Selys-Longchamps au sujet de ectte assimilation et de ce que nous croyons être la simple et pure vérité.
2% GENRE. — CAULODROME. CAULODROMUS. (G. R. Gray.)
Kay): tige; dasucs, course.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec de la longueur de la tête, élargi et déprimé à la base, mince ct légèrement recourbé de la base à la pointe, qui est obtuse et comprimée.
Narines basales, médianes, percées sur le côté par une ouverture large et ovalare.
Ailes courtes, arrondies, ne dépassant pas la naissance de la queue, plus que surobtuses, la sixième rémige seulement étant la plus longue.
Queue très-courte, presque rudimentaire, chacune des rectrices à pointe subaiquë.
Tarses plus courts que le doigt médian, scutellés; doigts longs, grèles, l'externe plus long que l'interne, celui-ci à peine uni au médian par sa base, l'autre soudé jusqu'à la première articulation; le pouce armé d'un ongle qui double sa longueur, recourbé et aigu; les ongles des doigts antérieurs beaucoup plus courts, comprimés et très-recourbés.
Une espèce unique découverte dans le Parjeeling, Asie centrale, par le voyageur auquel elle à été dédiée, M. 3. R. Grace, et décrite par M. G. R. Gray (Proceed. xool. Soc., 1847, p. 6) sous le nom de Caulodromus Grace. Nous en donnons la figure et la description.
CAULODROME DE GRACE. CAULODROMUS GRACEI. (G. R. Gray.)
En entier d'un brun roussâtre; le rachis de chacune des plumes du dessus du corps formant une raie d'un blanc roussätre, et la page interne de chacune d'elles de couleur noire: les couvertures supérieures et inférieures de la queue d'un beau roux; les ailes et la queue lavées de brun; deux raies noires partent de chaque côté du bec : l'une de louverture de la bouche jusqu'à l'œil, l'autre de la base du bec jusqu'au dessous de la joue; la gorge, la poitrine et le milieu du ventre, d'un blanc roussätre, varié de brun roux. ‘
Longueur totale : 0",135.
Fig. 124. — Caulodrome de Grace.
3° GENRE. — SALPORNIS. SALPORNIS. (G. R. Gray, 1847)
Par contraction, 52271Ë, lrompelle; csvts, Oiseau.
CARACTERES GENERIQUES Bec plus long que la tête, élargi à la base, courbé dans toute son étendue, fortement comprimé à partir des narincs.
Narines latérales percées dans un large sillon el sans opercule.
Fig. 195. — Salpornis spilonota. Fig. 196 — Salpornis spilonota.
Ailes très-longues, atteignant presque l'extrémité de la queue, subobtuses, à première rémige très-courte; la seconde presque de la longueur de la troisième et de la quatrième, qui sont équles entre elles et les plus longues «de toutes.
Queue courte, carrée; chacune des rectrices arrondie & son extrémité.
TL'arses plus courts que le doigt médian, scutellés; doigts longs, robustes, les latéraux inégalement soudés par leur base au médian, qui est dépassé en longueur par le pouce et son ongle, qui est long, robuste et courbé.
Une espèce unique, découverte dans l'Asie méridionale et décrite par le major Franklin (Procced. xool. Soc., 1851, p. 121) sous le nom de Certhia spilonota. Nous en donnons la figure et la description
SALPORNIS TACHETÉ. SALPORNIS SPILONOTA. (Franklin, G. R. Gray.)
En dessus d’un brun noir grisâtre, chaque plume tachetée d’un point rond blane, plus large sur le dos, plus petit sur les ailes; ce blanc n’existant au sommet de la tête que sous forme de stries longitudinales; gorge d’un blanc presque pur; ventre blanchätre, fascié de brun noir; queue présentant quatre larges bandes dent quatre brun-noir et trois blanches, la dernière de cette couleur se trouvant orner l’extrémité des rectrices.
Longueur totale. 0 (EEE = Muibec er 0:02):
Fig. 127. — Salporais tacheté
4° GENRE. — TICHODROME. T/CHODROMA. (Illiger.)
Teryos, mur; decuos, course.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus long que la tête, faiblement arqué, grêle, cylindrique; base angulaire à pointe déprimée.
Narines basales nues, percées horizontalement, & moitié fermées par une-membrane voitée.
Ailes longues et assez arrondies, mais surobtuses, à première rémige la plus courte, les deuxième et troisième étagées, les quatrième, cinquième et sixième égales entre elles. les plus longues.
Queue arrondie, à baguettes faibles.
Tarses de la longueur du doigt médian, minces; doigts longs et grèles; l'extérieur soudé à sa base au doigt du milieu, chaque doigt muni d'un ongle long, très-mince et extraordinairement resourbé; celui du pouce du double de dimension des autres.
Fig. 128 — Tichodroma muraria. Fig. 129. — Tichodroma murarim,
Langue fort pointue, plus large à sa base, terminée par deux appendices.
Deux espèces, dont une propre à l'Europe et à l'Asie, le Tichodrome de murailles, dont nous allons donner la description, et l’autre appartenant exclusivement à cette dernière contrée.
Tout ce que le Grimpereau fait sur les arbres, celui-ci le fait sur les murailles et sur les grands rochers coupés à pic; il y loge, il y grimpe, il y chasse, il y pond... M. Kramer a remarqué de ces Oiseaux qui se tenaient dans les cimetières de préférence, et qui pondaient leurs œufs dans des crânes humains. Ils volent en battant des ailes, et, quoiqu’ils soient plus gros que le Grimpereau, ils sont aussi remuants et aussi vifs. Les Mouches, les Fourmis et les Araignées sont leur nourriture ordinaire.
C’est surtout l'hiver que ces Oiseaux paraissent dans les lieux habités; et, si l’on en croit Belon, on les entend voler en l'air de bien loin venant des montagnes pour s'établir contre les tours des villes. Ils vont seuls ou tout au plus deux à deux, comme font la plupart des Oiseaux qui se nourrissent d'Insectes; et, quoique solitaires, ils ne sont ni ennuyés ni tristes, tant il est vrai que la gaieté dépend moins des ressources de la société que de l’organisation intérieure. (De Monrseicranp )
Le Tichodrome se tient contre les pans verticaux des rochers, sur lesquels il se cramponne fortement, sans cependant monter et descendre en grimpant; il s’assujettit seulement le long des fentes et des crevasses des rochers et des murailles de vieux édifices isolés, quelquefois, mais plus rarement, le long du tronc des arbres. Il se nourrit d'Insectes et de larves, et niche dans les fentes des rochers. (Tevxinck, Manuel d'Ornithologie.)
C'est un Oiseau qui vit solitaire sur les montagnes élevées, d'où il ne descend qu'à l'entrée de l'hiver. Il est si peu farouche, qu'on peut l'approcher à la distance de quelques pas sans qu’il montre beaucoup d'inquiétude et même sans qu'il cherche à fuir; seulement, lorsqu'on est trop près de lui, il suspend les actes auxquels il se livre et parait surveiller vos mouvements. Lorsqu'il grimpe, à chaque saut qu'il fait, il agite et déploie légèrement ses ailes; en d’autres termes, il papillonne continuellement. (Deccaxn, Ornithologie européenne.)
Le Tichodrome, dit M. Temminck, mue deux fois dans l'année; les mâles seuls prennent au printemps du noir à la gorge, et cet ornement disparaît le premier avant que les autres plumes tombent; les femelles muent aussi deux fois, mais les couleurs ne changent point, ce qui fait qu'on ne peut distinguer les sexes après le temps des noces et de l’incubation; les jeunes se distinguent des vieux avant leur première mue; mais en hiver on ne voit plus de différences.
TICHODROME DE MURAILLE. TICHODROMA MURALIS. (Brisson.)
Dessus de la tête, croupion et sus-caudales d'un cendré noirâtre, dessus du cou et du corps d'un cendré clair; joue, gorge et devant du cou d'un noir profond; dessous du corps d'un cendré noi-
râtre plus foncé que celui de la tête; sous-caudales terminées de blanc; couvertures alaires et par- Lies supérieures des barbes externes de la plupart des rémiges d’un roux vif, ces dernières d'un brun noir partout ailleurs, avec deux taches blanches sur les barbes internes; queue noire avec les deux rectrices externes terminées largement de blanc et les autres par un peu de cendré; bee, pieds etiris noirs. Male en plumage de noces.
Longueur totale : 0w,17 environ.
Fig 130. — Tichodrome de muraille,
Habite les contrées méridionales de l'Europe. On le trouve assez communément en France, dans les Alpes hautes et basses, dans les Pyrénées, sur les hautes montagnes de la Provence. (DecLan».) Se trouve également en Asie.
pe GENRE. — ÉCHELET. CLIMACTERIS. (Temminck.)
Kaprkrn, degré.
Bec court, faible, très comprimé dans toute sa longueur, peu arqué, en alêne; mandibules égales, pointues.
Narines basales, latérales, couvertes par une membrane nue.
Ailes médiocres, subobtuses; la première rémige courte, la deuxième moins longue que la troisième; celle-ci et la quatrième les plus longues.
Queue large et arrondie.
Pieds robustes; tarses de la longueur du doigt du milieu : celui-ci et le pouce extraordinairement longs; ongles très-grands et courbés, sillonnés sur les côtés, subulés, très-crochus; doigt externe
réuni jusqu'à la seconde articulation, l'interne jusqu'à la première; latéraux très-inégaux. (Tenminck, Man. d'Ornith.)
Fig. 131. — Climacteris leucophwa. Fig. 132. — Climacteris leucophæa.
Langue mince, fendue au bout, légèrement papilleuse sur les côtés.
Six espèces, toutes de l'Australie. Nous figurons le Climacteris erythrops, Gould.
D'après Jules Verreaux, ce sont des Oiseaux assez peu farouches pour se laisser approcher de très-près. On ne les voit que par paire, ou du moins deux ensemble. [ls grimpent dans les bois et sur les arbres à la manière du Grimpereau d'Europe, cherchant les petits Insectes qui servent à leur nourriture, et qu'ils poursuivent parfois et pour peu de temps sur le sol; car ils ne tardent pas à reprendre leurs position favorite en grimpant dans toutes les directions, quelquefois même parmi les branches. On en voit souvent sur les écorces rugueuses des casuarinas, qui semblent leur offrir une récolte plus abondante. Ils fréquentent aussi les pommiers sauvages lorsqu'ils sont en fleurs, ainsi que les eucalyptus; on les y voit alors grimper à l'extrémité des branches et s'y cramponner pour chercher dans l'intérieur de ces fleurs les [Insectes attirés en grand nombre par le suc qu'elles renferment; et même, pour arriver à leur proie avec plus de facilité, les Échelets n'hésitent pas à détruire ces fleurs, ce qui fait qu'il est très-rare qu'on puisse en obtenir de parfaitement intactes pour les herbiers. (Zool. tasm. et austr.)
ÉS
Fig. 155. — Échelet erythrops.
ÉCHELET GRIMPEUR. CLIMACTERIS SCANDENS. (Temminek }
La tête, le cou, le dos et les scapulaires, sont d’un brun teinté de terre d'ombre; mais Îes plumes du dessus de la tête sont écaillées et bordées de gris foncé; le centre des plumes du dos est d'une
Gear d'outremer
couleur plus foncée; les ailes sont brunes, et toutes les rémiges sont traversées par une bande nankin, et l'extrémité est d’un gris cendré : cette couleur teint les plumes les pius rapprochées du corps. Le croupion, la queue et les couvertures supérieures, sont d’un gris ardoisé; mais les rectrices, les deux du milieu exceptées, sont traversées par une large bande noirâtre; les couvertures supérieures sont longues et atteignent la moitié de la longueur des rectrices; le côté de chaque plume est plus foncé; oreilles d'un brun plus clair, avec le centre de chaque plume marqué de blanchätre; la gorge et le devant du cou d'un blanc pur; on remarque de chaque côté de la gorge, au-dessous du méat auditif, une tache couleur d’ocre. Les plumes du ventre sont blanchâtres dans leur milieu, et bordées de couleur isabelle; celles des flancs et des côtés de la poitrine sont blanches au centre, bordées de brun noirâtre. Les couvertures inférieures de la queue sont blanches, tachées de noir et variées de gris. Le bec est brun, avec la base de la mandibule inférieure blanchätre. Tarses et ongles bruns.
Longueur totale, 0",15 à 0",16. (J. Verreaux, Zoo! tasm. et austr.)
TROISIÈME FAMILLE, — SITTINES.
Les Sittinés se distinguent par un bec généralement ondulé, en ce sens que le caractère principal de cet organe réside dans la direction de la ligne dessinée par la commissure mandibulaire, qui, au lieu d’être droite ou infléchie, comme chez la plupart des Oiseaux, se brise au contraire par sou milieu pour se relever ou rebrousser en l'air jusqu'à la pointe, qui ne s’en incline pas moins à son extrémité seulement: caractère rendu saillant surtout par la direction imprimée à la carène de la mandibule inférieure, qui se relève ainsi d’une manière exceptionnelle. Les pattes, chez les Oiseaux de cette famille, ont les plus grands rapports avec ce que nous avons vu dans les deux familles précédentes : ainsi, en général, tarses et doigts grêles; pouce démesurément long, de même que son ongle; ongles recourbés, crochus et aigus; les doigts externe et interne plus ou moins également soudés par la base au doigt médian.
Lesson (Traité d'Ornithol., 1831), sous le nom de Sittées, qu'il donnait à cette famille, la composait des genres :
1° Sittelle (Sitta), Linné;
20 Tataré (T'atare), Lesson;
3° Sittine (Xenops), Illiger;
4° Mniotilte (Mniotilta), Vieillot; d° Synallaxe (Synallaxis), Vieillot.
M. De La Fresnaye (Magasin de Zoologie, 1853), sous le nom de Sittelles, la divise seulement en Sittelles et en Sittines, se bornant à faire dans ces dernières trois subdivisions sous les noms de :
1° Sittines proprement dites; 2° Sittines anabatoïdes:
3° Anabates.
M. G. R. Gray (Genera of Birds, 1844), sous le nom de Sitinæ, y fait entrer cinq genres :
1° Sitta;
2° Stella, Swainson;
9° Acanthisittu, De La Fresnaye: 4° Dromodendron, Gray;
»° Xenops.
Enfin, M. Ch. Bonaparte (Conspect. Avium, 1850), supprimant les deux derniers genres de M. Gray, la compose, avec le même nom de Sütinæ, de cinq genres :
4° Acanthisitta;
90 Sitella;
3° Dendrophila, Swainson; 4° Callisitta, Ch. Bonaparte; 5° Sitta.
C’est à la division du méthodiste anglais que nous nous rallions, en supprimant le genre enops.
Ce sont tous Oiseaux qui grimpent le long des arbres et de leurs branches pour y chercher les larves et les Insectes dont ils se nourrissent.
1% GENRE. — TORCHEPOT. S/TTA. (Linné.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec droit, presque de la longueur de la tête, prismatique, un peu renflé dessus et dessous, fort, cunéiforme; les deux mandibules à peu près égales; la supérieure inclinée jusqu à la pointe, qui est entière; l'intérieure paraissant se relever dans la dernière moitié de sa longueur.
Narines basales, presque rondes, à demi recouvertes par de petites plumes qui naissent de la base du bec, et dont l'alignement est parallèle à son ouverture.
Ailes médiocres, arrivant jusqu'à La pointe de la queue, surobtuses, à penne bâtarde très-courte, les troisième et quatrième égales entre elles, les plus longues.
Queue courte, coupée carrément ou légèrement étagée, à baguettes faibles.
Tarses de la longueur du doigt médian; l'externe uni à celui-ci jusqu'à la moitié de la seconde phalange, et l'interne jusqu'à la première ‘seulement; le premier beaucoup plus allongé que le second; doigts très-longs, le pouce surtout, qui est armé d'un ongle puissant, allongé et crochu.
Fig. 154. — Sittà Europæa. - Fig. 135. — Sitta Europæa.
Langue courte, plate, plus large à sa base, bifide à sa pointe.
Douze espèces de l'Europe, de l'Asie centrale et de l'Amérique septentrionale. Nous citerons les trois espèces propres à l'Europe, et nous en donnons la description.
L'adoption du genre Sitella, Swainson, dont la traduction française, Sittelle, ne pourrait que faire confusion avec le nom généralement donné en français au mot Sitta, nous force d'adopter l'expression triviale, et, comme l’observe Mauduyt, en quelque sorte barbare, de Torchepot, qu'entre tant d'autres on donnait vulgairement à l'espèce d'Europe. Les mœurs bien connues de celles-ci
devant, selon toute probabilité, être celles de tous les Oiseaux de ce genre, nous allons en faire la description.
Cet Oiseau frappe de son bec l'écorce des arbres, et même avec plus d'effort et de bruit que les Pics et les Mésanges. Il conserve cette habitude en cage, dans laquelle il sait fort bien faire une brèche pour s'échapper : il en frappe à tous moments les parois, et à coups réitérés depuis deux ou trois jusqu'à huit ou neuf, il casse ainsi des carreaux de vitres et les glaces de miroirs. De plus, il a beaucoup de l'air et de la contenance des Mésanges (ainsi que l'avaient déjà remarqué Belon et Klein); mais il en diffère par la forme du bee, et des Pics par la forme de la queue, des pieds et de la langue. Il grimpe sur les troncs et les branches comme les Grimpereaux; mais il en diffère par son bec et par l'habitude de casser des noix, et d’autre part il diffère du Casse-Noix par l'habitude de grimper sur les arbres. Enfin, il a dans la queue un mouvement alternatif de haut en bas comme les Lavandières, mais il a des mœurs et des allures entièrement différentes.
La Sittelle ne passe guère d'un pays à l’autre; elle se tient, l'hiver comme l'été, dans celui qui l'a vue naître : seulement, en hiver, elle cherche les bonnes expositions, s'approche des lieux habités, et vient quelquefois jusque dans les vergers et les jardins. D'ailleurs, elle peut se mettre à l'abri dans les mêmes trous où elle fait sa ponte et son petit magasin, et où probablement elle passe toutes les nuits; car, dans l’état de captivité, quoiqu'elle se perche quelquefois sur les bâtons de sa cage, elle cherche des trous pour dormir, et, faute de trous, elle s'arrange dans l’auget où l’on met sa mangeaille. On a aussi remarqué que dans la cage, lorsqu'elle s'accroche, c’est rarement dans la situation qui semble la plus naturelle, c’est-à-dire la tête en haut, mais presque toujours en travers et même la tête en bas : c’est de cette façon qu'elle perce les noïsettes après les avoir solidement fixées dans une fente. On la voit courir sur les arbres dans toutes les directions pour donner la chasse aux Insectes. .
Quoique la Sittelle passe une bonne partie de son temps à grimper, ou, si l'on veut, à ramper sur les arbres, elle a néanmoins les mouvements très-lestes etbeaucoup plus prompts que le Moineau; elle les a aussi plus liants et plus doux, car elle fait moins de bruit en volant. Elle se tient ordinairement dans les bois, où elle mène la vie la plus solitaire; et cependant, lorsqu'elle se trouve renfermée dans une volière avec d’autres Oiseaux, comme Moineaux, Pinsons, etc., elle vit avec eux en fort bonne intelligence.
Au printemps, le mâle a un chant ou cri d'amour : guiric, quiric, qu'il répète souvent; c'est ainsi qu'il rappelle la femelle. Celle-ci se fait rappeler, dit-on, fort longtemps avant de venir; mais enfin elle se rend aux empressements du mäle, et tous deux travaillent à l’arrangement du nid; ils l’établissent dans un trou d'arbre; quelquefois, mais rarement, dit Linné, dans un trou de muraille ou sous un toit, et, s'ils n’en trouvent pas qui leur convienne, ils en font un à coups de hec, pourvu que le bois soit vermoulu; si l’ouverture extérieure de ce trou est trop large, ils la rétrécissent avec de la terre grasse, quelquefois même avec des ordures, qu'ils gâchent et façonnent, dit-on, comme ferait un potier, fortifiant l'ouvrage avec de petites pierres, d'où leur est venu le nom de Pic maçon et celui de Torchepot, nom qui, pour le dire en passant, ne présente pas une idée bien claire de son origine. Ce nom vient du nom bourguignon T'orche-poteux, qui signifie à la lettre Torche-pertuis, et convient assez bien à notre Oiseau, à cause de l'art avec lequel il enduit et resserre l'ouverture du trou où il niche. Ceux qui ne connaissent pas le patois bourguignon auront fait de ce nom celui de Torchepot, qui peut-être ensuite aura donné lieu de comparer l'ouvrage de la Sittelle à celui d'un potier de terre.
Le nid étant ainsi arrangé, ceux qui le regardent par dehors n'imagineraient pas qu'il recélàt des Oiseaux. La femelle y pond cinq, six et jusqu'à sept œufs; elle les dépose sur de la poussière de bois, de la mousse, ete.; elle les couve avec beaucoup d'assiduité, et elle y est tellement attachée, qu’elle se laisse arracher les plumes plutôt que de les abandonner. Si l'on fourre une baguette dans son trou, elle s'enflera, elle sifflera comme un Serpent, ou plutôt comme ferait une Mésange en pareil cas; elle ne quitte pas même ses œufs pour aller à la pâture, elle attend que son mâle lui apporte à manger, et ce mâle parait remplir ce devoir avec affection. L'un et l’autre ne vivent pas seulement de Fourmis comme les Pies, mais de Chenilles, de Scarabées, d'Insectes, indépendamment des noix, des noisettes, ete. J'ai nourri une femelle pendant six semaines du chènevis que d’autres Oiseaux laissaient tomber tout cassé. On a remarqué en effet que la Sittelle se jette dans
les chènevières vers le mois de septembre. Aussi la chair de leurs petits, lorsqu'ils sont gras, est-elle un bon manger, et ne sent point la sauvagine comme celle des Pics.
Les petits éclosent au mois de mai, lorsque l'éducation est finie, il est rare que les père et mère recommencent une seconde ponte; mais il se séparent pour vivre seuls pendant l'hiver, chacun de son côté. « Les paysans ont observé, dit Belon, que le mâle bat sa femelle quand il la trouve lorsqu'elle s'est départie de lui, dont ils ont fait un proverbe pour un qui se conduit sagement en ménage, qu'il ressemble au Torchepot.» Mais, quoi qu'ileen soit de la sagesse des maris, je ne crois point que dans ce cas particulier celui-ci ait la moindre intention de battre sa femme; je croirais bien plutôt que cette femelle, qui se fait désirer si longtemps avant la ponte, est la première à se retirer après l'éducation de la famille, et que, lorsque le mâle la rencontre après une absence un peu longue, il l’accueille par des caresses d'autant plus vives, même un peu brusques, et que des gens qui n’y regardent pas de si près auront prises pour de mauvais traitements.
Fig, 136. — Torchepot soyeux.
La Sittelle se tait la plus grande partie de l'année. Son cri ordinaire est : &-ti-ti-t-ti-ti-ti, qu'elle répète en grimpant autour des arbres, et dont elle précipite la mesure de plus en plus. Linné nous apprend, d'après Strom, qu'elle chante aussi pendant la nuit.
Outre ces différents cris et le bruit qu’elle fait en battant l'écorce, la Sittelle sait encore, en mettant son bec dans une fente, produire un autre son très-singulier, comme si elle faisait éclater l’arbre en deux, et si fort, qu'il se fait entendre à plus de cent toises. C’est ce que m'a assuré un vieux garde-chasse : Outre, dit-il, leur togue, toque, toque, contre le bois, ces Oiseaux frottent leur bec contre des branches sèches et creuses, et font un bruit grrrrro qu'on entend de très-loin, et qu'on imaginerait venir d’un Oiseau vingt fois plus gros.
On a observé qu’elle marchait en sautillant, qu’elle dormait la tête sous l’aile, et qu'elle passait la nuit sur le plancher de sa cage, quoiqu'il y eût deux juchoirs où elle pouvait se percher. On dit qu'elle ne va point boire aux fontaines, et par conséquent on ne la prend point à l'abreuvoir. Schwenckfeld rapporte qu’il en a pris souvent en employant le suif pour tout appât, ce qui est un nouveau trait de conformité avec les Mésanges, qui aiment toutes les graisses. (Guéneau DE Monr- BEILLARD.)
Voici ce que rapporte le traducteur de Bechstein au sujet de la familiarité des Torchepots ou Sittelles.
Une dame, grand amateur d'Oiseaux, dont il cite souvent les observations, s’amusait en hiver, et surtout quand la terre était couverte de neige, à jeter trois ou quatre fois par jour, sur la terrasse au bas de sa fenêtre, différentes graines pour nourrir les Oiseaux de son voisinage. Ceux-ci bientôt, accoutumés et attentifs à ces distributions, s’y rendaient en foule à l'instant qu'ils entendaient battre
des mains, signal employé pour les avertir. Elle mettait en particulier sur le rebord même de la fenêtre, et sur une planche entourée de linteaux, du chènevis, et des noix ouvertes pour les petites Mésanges bleues, ses favorites. Deux Sittelles vinrent un jour partager ces repas, et s'en trouvèrent si bien, qu'elles devinrent très-familières, et ne quittèrent pas même, au printemps suivant, pour aller à l'ordinaire vivre et faire leur nid dans les bois. Elles l’établirent dans le creux d'un vieil arbre près de la maison. Dès que les deux seuls petits qu'elles y élevèrent furent en état de voler, elles les amenèrent sur la fenêtre hospitalière qui devait pourvoir à leur entretien, et bientôt après disparurent entièrement. C'était un plaisir de voir ces nouveaux introduits s’accrocher et grimper sur le mur ou les jalousies pendant que leur bienfaitrice plaçait leur nourriture sur la planche arrangée pour la contenir. Ces jolies créatures, ainsi que les Mésanges, la connaissaient si bien, que pendant qu'elle chassait les Moineaux, qui venaient enlever ce qui ne leur était pas destiné, elles ne s’écartaient pas, paraissant juger que ce qui se faisait n’était que pour les défendre et les protéger. Ces Sittelles restèrent ainsi dans les environs de la maison pendant tout l'été, s’écartant peu ou rarement, jusqu'au jour fatal de l'ouverture de la chasse en automne. À peine avait-on entendu quelques coups de fusil, que ces aimables Oiseaux furent perdus, sans qu’on les revit jamais. Il est possible que la frayeur seule les ait chassés si loin, qu'ils n'ont pu retrouver leur asile; ils ne savaient pas qu’en y restant ils y eussent été dans la plus parfaite sûreté.
Si on laisse courir ces Oiseaux dans la chambre, ajoute Bechstein, ils ont, comme les Mésanges, l'habitude de cacher la plus grande partie de ce qu’on leur donne, et de le garder ainsi pour un autre repas; mais leur penchant à percer partout des trous dans le bois les rend incommodes, et l'on préfère, par cette raison, de les tenir en cage.
Les Oiseaux de ce genre, dit Mauduyt, se trouvent dans l'ancien et le nouveau continent; ils y sont même si semblables, qu'ils ne paraissent avoir été que très-peu altérés par la diversité des climats.
Tous nichent dans des trous, principalement dans des trous d'arbres. Leurs œufs, sans exception, sont un peu allongés, blancs, avec de petites taches rougeâtres ou d’un rouge brun, plus nombreuses vers le gros bont, mais disséminées.
TORCHEPOT D'EUROPE. SITTA EUROPÆA. (Linné.)
Parties supérieures d'un cendré bleuâtre très-clair; parties inférieures et joues d'un blanc éclatant et lustré, avec les sous-caudales rousses et terminées de blanc; front, sourcils également blancs; une bande noire s'étend du bec jusque sur les côtés du cou en passant sur le lorum et le méat auditif, rémiges cendrées et lisérées d’une teinte plus claire; rectrices médianes d’un cendré bleuâtre comme le dessus du corps, les latérales noires à la base, puis marquées d'une tache blanche et terminées de cendré clair; bec et pieds bleuâtres.
Taille : 0®,195. (DecLann.)
D'après M. Ch. Bonaparte, nous attribuons cette description au Sitta Europæa de Linné, quoique M. Degland, partageant l’erreur de M. Temminck, en fasse une espèce différente sous le nom de Sitta uralensis, Lichtenstein; cette dernière dénomination étant synonyme de Sita Europæa, Linné, et la Siuta Europæa de M. Degland et des auteurs n'étant que l'espèce que nous allons immédiatement décrire. C’est une des rectifications les plus importantes que la science doive à M. Ch. Bonaparte.
Commune aux parties septentrionales et orientales de l'Europe et de l'Asie.
TORCHEPOT DE MEYER. SITTA CÆSIA. (Wolf et Meyer )
Parties supérieures d'un cendré bleuâtre; parties inférieures d’un roux jaunâtre, avec la gorge blanchâtre, les flancs, les cuisses et les sous-caudales d'un roux marron, et de grandes taches
blanches sur ces dernières; une bande noire s'étend du bee au delà de la région parotique en pas- 03 fs
sant sur les yeux; rémiges brunes; rectrices médianes d’un cendré bleuâtre, les autres noires avec - une tache blanche sur les quatre plus latérales; bec d’un cendré bleuâtre; pieds gris de plomb; iris l'OUX.
Taille : 0,13 environ. (DEGLAND.)
Particulière à l'Europe méridionale et occidentale, se trouve dans presque tous les grands bois de cette région. Elle est commune en France.
TORCHEPOT SYRIAQUE. SITTA SYRIACA (Ehrenberg.)
Parties superieures d’un cendré bleuâtre, à peu près comme chez le Torchepot de Meyer; joues, gorge, devant du cou et poitrine d'un blanc pur; abdomen et sous-caudales roussâtres; flancs de même couleur, mais plus foncés; bande noire s'étendant du bec au dos, en passant sur les yeux et les côtés du cou; rémiges brunes; rectrices également brunes, avec une petite tache roussâtre vers l'extrémité et sur les barbes internes de la plus latérale de chaque côté.
Taille : 0",16. (Decrann.)
Habite la Dalmatie, le Levant, la Syrie et en général l'Europe méridionale et l’Asie occidentale.
2%€ GENRE. — SITTELLE. SITTELLA. (Swainson.)
CARACTÈRES GENERIQUES.
Bec de la longueur de la tête, mince, comprimé, plus élevé que large à la base, retroussé dans la dernière moilié et légèrement voté vers la pointe, où il n'existe pas d'échancrure.
Narines basales, latérales, percées dans une membrane, à ouverture linéaire.
Ailes longues, pointues, à penne bätarde, petite, atteignant la longueur de la queue, subaigués; la seconde et la troisième rémiges égales entre elles, les plus longues.
Queue courte et carrée.
T'arses de la longueur du doigt médian, recouverts d'une seule peau entière dans les deux tiers de leur longueur, ne portant de squammelles au nombre de trois que dans le dernier tiers; doigts médiocres, minces, les latéraux presque égaux; l'extérieur soudé au médian jusqu'à la première articulation seulement; le pouce avec son ongle dépassant de beaucoup en longueur ce dernier; ongles courts et peu courbés, à l'exception de celui du pouce.
Fig. 437 — Sittella chrysoptera. Fig. 138. — Sittella chrysoptera.
La langue, nous apprend J. Verreaux, est étroite, assez longue, échancrée au bout et fibreuse.
Huit espèces de l'Australie, de l'Asie méridionale et de l'Océanie, que l'on a longtemps confondues avec le genre Sitta, et dont Swainson a fait deux genres distincts sous les noms de Sivtella et Dendrophila, que nous réunissons en un seul. Nous figurons la Sittelle à pieds jaunes
1 — Pouillot
Fig
— Bec-Fin sifleur.
Fig. 5.
Fauvette de roseaux.
Fi.
roche
Merle de
Fig. 4
Pl
Les Sittelles se trouvent le plus souvent dans les localités où les arbres sont nombreux, et c’est sur le corps de ces derniers qu'on les voit grimper, cherchant parmi les écorces détachées les Insectes qui servent à leur nourriture; il n’est pas rare d’en voir trois ou quatre et quelquefois plus à peu de distance les unes des autres, prenant toutes sortes de positions et même soulevant les faibles écorces avec leur bec. Elles sont si familières, qu'il est facile de les approcher de très-près. Lorsqu’un de ces Oiseaux soulève l'écorce, la langue lui sert, comme aux Méliphages, à retirer les Insectes qui s’y trouvent réfugiés; aussi, de même que chez ces derniers Oiseaux, leur langue est-elle fibreuse. (J. Verreaux, Zool. tasm. et austral. mss.)
Fig. 159 — Sittelle à pieds jaunes
SITTELLE AUX AILES D'OR. SITTELLA CHRYSOPTERA. (Latham, Swainson.y
Tête d’un blanc pur, les oreilles, ainsi que les côtés de la tête, d’un gris cendré devenant de plus en plus clair sur les côtés et le derrière du cou, et se rembrunissant un peu sur le manteau, où les flammèches brunes qui s’aperçoivent sur le derrière du cou sont plus larges et plus foncées. Le bas du croupion et les couvertures supérieures de la queue sont d’un blanc pur, les ailes noires, excepté les plumes les plus rapprochées du corps, qui sont brunes, bordées de gris; rémiges traversées par une large bande rousse qui semble plus étendue en dessous; les rectrices noires, graduellement terminées de blanc, à peine perceptible sur les deux médianes; toute la partie inférieure blanche prenant une teinte grisâtre sur les flancs et l'abdomen; mais l'on voit sur les côtés de la poitrine et des flancs des flammèches étroites, brunes; les cuisses sont d'un noir enfumé; les couvertures inférieures de la queue, qui sont longues, sont variées d’isabelle, de noir et terminées de blanc; les couvertures alaires inférieures sont noires, mais l’on voit une tache blanche en dessous qui prend du rebord de l'aile et sépare le noir des couvertures de celui de la base des rémiges; bec d’un brur clair, rougeâtre vers la base des deux mandibules; paupières d’un jaunâtre pâle; iris d’un blanc rosé; tarses d'un jaune päle; ongles bruns. (J. VERREAUx.)
Longueur totale : 0,12.
De la Nouvelle-Hollande méridionale.
3%e GENRE. — ACANTHISITTE. ACANTHISITTA. (De La Fresnaye, 1842.)
{A cause de ses rapports avec les genres Acanthiza et Sitta.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec très faible, allongé, très aigu, légèrement recourbé en haut dans la dernière moitié de sa lonqueur.
Narines basales, latérales, arrondies.
Fig. 140. — Acanthisitta Chloris Fig. 141. — Acanthisitta Chloris
Ailes courtes, subobtuses; les troisième et quatrième rémiges les plus lonques.
Queue très-courte et arrondie.
Tarses plus courts que le doigt médian, recouverts d'une peau unie et ne présentant quatre squammelles qu'à sa jonction avec les doigts; ceux-ci courts et grêles; le pouce avec son ongle de méme longueur que le médian; ongles minces, aigus et recourbés.
Deux espèces propres à la Nouvelle-Zélande. Nous figurons l'Acanthisitte à longs pieds. Se nourrissent des Insectes et de leurs larves qu'ils trouvent sur les branches en en parcourant la surface à la manière des Sittelles.
Fig. 142 — Acanthisitte à longs pieds
Ce petit genre, dit M. De La Fresnaye, est très-voisin de celui des Sittella, Swainson. Il en diffère néanmoins sous plusieurs points assez importants. Ge sont des ailes courtes et arrondies, tandis
qu'elles sont longues et pointues chez le premier genre; une queue extrêmement courte et grèle; elle est assez étoffée en largeur et coupée carrément chez l’autre; des tarses et des doigts plus longs et plus grêles; un bec plus long et plus délié.
ACANTHISITTE VERDATRE. ACANTHISITTA CHLORIS. (Sparmann, De La Fresnaye.)
A tout le dessus du corps vert-olive avec le front d'un brunâtre enfumé qui se fond insensiblement sur la tête avec la première nuance; les ailes sont noires dans le premier tiers de leur longueur, puis traversées par une bande courbe jaunâtre qui passe au vert de mer sur le second tiers, puis noires. La couleur verte ne règne que sur le bord externe des rémiges, qui sont noires sur tout le reste; les petites couvertures sont du même vert. Les sourcils, le devant et les côtés du cou, le pli de laile en dessous et une ou deux taches à l'extrémité des scapulaires, sont d’un blanc légèrement sali et enfumé, qui prend une teinte jaune clair sur les flancs et l'anus. La queue, excessivement courte et peu étoffée, est noire et terminée de blanc jaunâtre formant une tache externe à la pointe de chaque rectrice.
Longueur totale : 0,08. (Mag. de Zool.. 1842)
4° GENRE. — PYGARRHIQUE. PIGARRHICUS. (Lichtenstem, 1837.)
Tuyn, derrière ou queue; 4291402, corbin ou à crochet
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec de la longueur de la tête ou un peu plus long, à arête de la mandibule supérieure droite, et carène de la mandibule inférieure se relevant, comprimé latéralement en toutes ses parties, dur et à pointe entière.
Narines basales, longitudinales, percées dans une membrane en partie engagée sous les plumes du front.
Ailes médiocres, surobtuses; les troisième, quatrième et cinquième rémiges égales, les plus longues.
Queue médiocre, le rachis de chacune des rectrices les dépassant, en forme d'épines, comme chez les Dendrocolaptinés.
Tarses de la longueur du doigt médian, les doigts longs, les latéraux inégaux entre eux, les internes beaucoup plus courts, les externes unis par la base au médian jusqu'à la première aruculation seulement; ongles longs, aiqus et très-arqués.
Fig. 145. — Pigarrhcus. Fig. 14% — Pigarrhicus
Ce genre ne repose que sur une seule espèce, que, depuis le voyage du Beagle, on a constamment crue nouvelle, et bien à tort. Car nous avons fait voir, dès 1845, dans l'ornithologie du Chili, que
celte espèce avait été découverte et décrite par King, en 1830 (Proceed. zoo. Soc.), comme un Picucule sous le nom de Picolaptus albigularis. Mais c'est à M. Ch. Bonaparte, quoique tombé dans la même erreur que MM. Gould et Gray à l'égard de ce double emploi, que l’on doit la restitution de son vrai nom générique à cette intéressante espèce, décrite également, on le voit, en 1837, par Lichtenstein.
Les mœurs de cette espèce, sur lesquelles on n'a pas de renseignements précis, paraissent être les mêmes que celles des genres précédents.
Nous en donnons la figure et la description.
Elle se trouve au Chili, aux Chiloës et à la Terre-de-Keu. Dès 1838, M. Claude Gay en avait envoyé du Chili au Muséum d'Histoire naturelle un individu qui a servi de type à la description que nous avons faite de cette espèce dans la partie zoologique de l'Histoire du Chili, publiée en 1845 par ce savant voyageur.
PYGARRHIQUE À GORGE BLANCHE. PYGARRHICUS ALBIGULARIS. (King, Lichtenstein.)
Tout le dessus de la tête, le derrière du cou et les épaules d’un brun fuligineux uniforme tournant sur le bas du dos au roussâtre; croupion, bas du ventre et rectrices, d’un beau roux vif, gorge et devant du cou d’un blanc de neige; poitrine et haut du ventre également blancs, mais chaque plume encadrée de brun noir et formant ainsi une écaillure régulière; rémiges noires dans leurs premier et dernier tiers, rousses dans le milieu, les secondaires d’un roux légèrement enfumé avec un miroir noirâtre dans leur milieu, les couvertures alaires frangées de roux; mandibule supérieure couleur de corne grisätre, mandibule inférieure jaune pâle à la pointe, blanchätre à la base, iris brun; pieds plombés.
Longueur totale : 0,16.
Fig. 145, — Pygarrhique à gorge blinche
QUATRIÈME SOUS-ORDRE. — TÉNUIROSTRES PERCHEURS.
HUITIÈME TRIBU. — ANABATIDÉS.
ILest sans doute extraordinaire de voir les Oiseaux de cette tribu rangés parmi les Ténuirostres, car un grand nombre d'entre eux, de même que les Sittinés ou Sittelles, s'en éloignent quelque peu par le bec, qui n’affecte pas toujours la forme typique propre à cette grande division cuviérienne que nous ne conservons, nous l'avons déjà dit, que comme secours mnémonique dans une science aussi compliquée que l'est l'ornithologie.
Cependant nous n’allons pas aussi loin que M. Gray dans cette voie, et nous nous garderons bien de comprendre les Anabates dans la famille des Certhiadés; car ils s'en éloignent complétement quant à leurs habitudes, puisqu'ils ne grimpent presque jamais. Nous suivrons en cela de préférence le système de M. Ch. Bonaparte en élevant ces Oiseaux au rang de tribu distincte, que nous ne composerons cependant que de deux familles, en retirant les Furnarinés, dont nous formerons une famille distincte.
Nos Anabites renfermeront donc seulement :
1° Anabatinés:
2° Synallaxinés.
Si ces Oiseaux ont un bec excessivement variable quant à sa forme et parfois éloigné de celui des Ténuirostres, ils ont au moins les mêmes caractères que ceux-ci dans la conformation des pattes, dont les doigts sont généralement minces, soudés à leur base, et dont le pouce est le plus développé de tous, et par lui-même et par son ongle, et ils ont parfois le caractère acuminé des rectrices qui
se remarque chez plusieurs familles des Certhiadés, moins cependant la roïdeur et la dureté de ces plumes.
PREMIERE FAMILLE. — ANABATINES.
Ont le bec plus ou moins rectiligne en dessus, plus ou moins retroussé vers la pointe en dessous: le pouce et son ongle toujours très-développés relativement aux autres doigts; la queu> généralement étagée, à rectrices acuminées, presque toujours usées par le frottement et plus ou moins roides et dures à leur pointe.
M. G. R. Gray a confondu cette famille dans celle des Synallaxinés. Nous lui restituons, d’après M. Ch. Bonaparte, son rang de famille. tout en la composant d’une manière différente.
Ainsi ce zoologiste la compose de deux sous-familles : Anabatinæ et Synallazinæ, et, dans la première qui nous oceupe seule en ce moment, il fait entrer les genres suivants :
4° Picerthie (Lochmias), Swainson;
90 Anabate (Anabates), Temminck;
3° Sittine (X'enops), llliger;
4° Oxyramphe (Oxyramphus), Swickland.
Cette famille, exclusivement américaine, comprend pour nous les genres : 1° Pygarrhique (Pygarrhicus), Lichtenstein; 90 Sittine; 3° Anabatoïde (Anabatoides), 6. Des Murs; 4° Anabate; o° Oxyramphe; 6° Limnornis (Limnornis), Gould.
Dans les divers genres de cette famille, comme dans le genre Anabate, les jeunes ont presque toujours (ainsi que le remarque M. Lichtenstein) le bec plus court et plus obtus que les adultes, d'où il résulte, dit M. De La Fresnaye, que chez les Sittines, par exemple, il ne prend sa forme bien rectiligne en dessus et retroussée en dessous que chez Les vieux individus ou parfaitement adultes.
(Mug. de Zool., 1852.)
4e GENRE. — SITTINE. XENOPS. (lliger.)
Eevoc, étrange; wY, visage, face.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec très-comprimé, élevé; la mandibule supérieure rectiligne en dessus, l'inférieure convexe en dessous et comme retroussée à la pointe.
Fig. 146. — Sittine bibande
Narines basales, en partie closes par une membrane
Fig. L. — Arméthyste.
Fig 2. — Pite-Chou de Provence
OISEAUX. l Ailes surobtuses, à troisième et quatrième rémiges les plus longues. Queue allongée, arrondie et étouffée.
Tarses de la longueur du doigt médian; le doigt intermédiaire uni à l'interne à sa base et à l'externe jusqu'à moitié de sa longueur.
Fr Cr
Deux espèces de l'Amérique tropicale. Nous figurons la Sitine bibande (Xenops rutilans), Temminck.
Leur organisation, si voisine de celle des Sittelles, dit M. Gerbes, donne à penser que, Comme ces dernières, elles grimpent sur les arbres, et qu'elles se nourrissent d'Insectes qu'elles cherchent sous leur écorce. (Dict. pittor. d'Hist. nat.)
SITTINE À QUEUE ROUSSE. XENOPS GENIBARBIS. (Illiger.)
Tête et dessus du corps d’un brun fuligineux; une tache blanche en forme de sourcil descendant Jusqu'au méat auditif; rémiges d’un brun noirâtre; les primaires terminées d'un roux clair; les secondaires ornées d'un large miroir de cette couleur et terminées de même; queue noire, à l'exception des quatre latérales, qui sont roux clair dans la dernière moitié de leur longueur; gorge et devant du cou blanc écaillé de brun clair; dessous du corps d'un gris fauve, bec et pieds bruns; le premier jaunâtre à sa base inférieure.
Longueur totale : 0",14 à 0,19.
Du Brésil.
2m GENRE. — ANABATOIDE. ANABATOIDES. (0. Des Murs.)
Bec très-comprimé, comme dans les Sittines proprement dites, mais la mandibule supérieure un peu moins rectiligne à son extrémité, et suivant la courbe rebroussée imprimée par le redressement de la mandibule inférieure.
Narines et ailes comme chez le genre Sitine.
Queue allongée, ou carrée, ou étagée, et, dans ce cas, à pointes des rémiges acuminées et sans roideur.
Fig. 147. — Anabaloides,
Pieds ayant le doigt intermédiaire uni à l'interne et à l'externe par la base seulement, et de manière que leur point d'insertion est vis-à-vis l'un de l'autre; doigts robustes et munis d'ongles puis sants, le pouce particulièremet, qui, avec son ongle, dépasse le tarse en longueur.
oi 19
Quatre espèces de l'Amérique tropicale. Nous figurons l'Anabatoïde brun (Anabatoides fuscus, Vieillot), O. Des Murs.
C’est, nous le répétons, d'après M. De La Fresnaye, et sur les caractères indiqués par lui, que nous maintenons ce genre, dont il a fondé les bases et fourni les éléments, en l’indiquant comme une des subdivisions de ses Sittines, qu'il désignait sous le nom de Sittines anabatoides. Nous ne regrettons qu'une chose, c’est qu'à cette désignation française le savant ornithologiste n'ait pas joint un nom générique latin qui semblait le corollaire obligé de sa caractéristique. Il est vrai qu'il y a vingt ans de cela, et qu'à cette époque chacun songeait plutôt à écrire pour son pays et à nationaliser la science qu’à la populariser.
Fig. 448.— Anabatoïde brun.
ANABATOIDE A SOURCILS ROUX. ANABATOIDES RUFOSUPERCILIATUS. (De La Fresnaÿe, O0. Des Murs )
Cette espèce a tout à fait, mais en plus petit, l’ensemble des formes de la Sittine anabatoïde de M. Temminck (notre Anabatoïde brun); elle est moins forte qu’elle d'un quart environ. Le bee, d'une dimension moins forte, offre aussi une mandibule supérieure dont l'arête est presque rectiligne; cette mandibule est en entier d’une couleur de corne noirâtre; l'inférieure, qui est très bombée en dessous et par conséquent retroussée à la pointe, est également couleur de corne sur les bords et sur le tiers de sa longueur vers la pointe; mais le dessous, vers la base et jusqu'aux deux tiers, est d'un blanc jaunâtre. Les pieds sont couleur de plomb; le pouce est allongé, muni d'un ongle fort: tous les ongles sont blanchâtres. Quant au plumage, tout le dessus de la tête et du corps est d'un brun olivätre uniforme; de chaque narine part une bande d’un roux vif, passant sur l'œil en forme de sourcils et se prolongeant assez loin en arrière vers la nuque, où elle prend une teinte un peu plus claire. L'œil est bordé en dessous de petites plumes en forme de cils de cette même couleur rousse; les plumes décomposées qui recouvrent le méat auditif sont de la couleur du dessus du corps, mais leur disque est d’un roussâtre clair. Les petites plumes des coins de l'ouverture du bec sont aussi d'un blanc roussätre, bordées de noirâtre en forme d'écailles. La gorge, le devant du cou et ses côtés sont d’un blanc lavé de roussâtre, mais les plumes de ces parties ont leur fine pointe légèrement bordée de brun d'une manière plus ou moins apparente, suivant l'âge ou le sexe. La poitrine et tout le dessous sont d'une teinte semblable au dos, mais moins foncée et plus olivâtre, et sont couverts de flammettes d'un blane jaunâtre le long de la tige des plumes. Les ailes sont d'un roux brun, les rémiges ayant leurs barbes internes noirâtres; le pli de l'aile est d’un roux vif, semblable aux sourcils, La queue, qui est étagée, est allongée et étoffée, toutes les rectrices étant fort
élargies sur leur côté intérieur; elles sont toutes terminées en pointe insensiblement acuminée, mais sans roideur et sans que les tiges en dépassent l'extrémité; ce sont les barbes elles-mêmes qui diminuent insensiblement de longueur, au point de ne plus présenter que l'épaisseur d’un fil à l'extrémité de chaque penne, caractère qui se retrouve absolument semblable chez les Synallaxe albane, Temminck et Synallaxe à queue rousse, Vieillot (Dictionnaire); Sphenura mentalis, Lichtenstein (Catalogue). Cette queue est d’un roux cannelle vif, comme celle de la Sittine anabatoide de Temminck.
Elle a 0",17 de longueur. Elle vient du Brésil. (De La Fresxaye, Magasin de Zoologie, 1832.)
3°° GENRE. — ANABATE. ANABATES. (Temminck.)
Avacatns, cavalier, à cause de la longueur de L'ongle postérieur, en forme d'éperon.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec ayant l'arête supérieure un peu courbée dans sa longueur, variant beaucoup en longueur et en grosseur, comprimé, plus haut que large à la base, sans échancrure; la mandibule inférieure plus courte que la supérieure.
Marines basales, latérales, percées en fente à la base d’un opercule membraneux arrondi, en partie caché par les plumes du front.
Ailes médiocres, subobtuses, à première rémige beaucoup plus courte que la seconde, et celle-ci que les troisième et quatrième, qui sont les plus longues.
Queue allongée, graduée, à pointe des rémiges plus où moins acuminée.
Tarses de la longueur du doigt médian, recouverts de squammelles; les doigts latéraux égaux entre eux, souclés à leur base; le pouce de la longueur du médian et muni d'un ongle fort et vigoureux, mais moins que dans le genre Anabatoide.
Fig. 149. — Anabales unirufus. Fig. 150. — Anabates unirufus
Langue cornée, émarginée et portant de chaque côté une petite soie, d'après le prince de Neuwied.
Vingt-huit espèces, toutes de l'Amérique méridionale. Nous figurons l'Anabate à bec d'Arada (Anabates aradoides), De La Fresnaye.
Si le genre Anabate, qui se groupe si naturellement avec les Sittines par les Abatoïdes, ne nous offre pas, chez les différentes espèces dont il se compose, cette variété incroyable dans la forme du bec que nous.avons remarquée chez les Picucules, on y observe toutefois des différences très-marquées selon les espèces, tandis que chez toutes les pieds sont absolument conformés de même. Ils sont même, chez tous les Anabates comme chez les Anabatoïdes, d’une teinte bleuâtre couleur de plomb, avec les ongles d'un blane jaunâtre. Nous voyons au contraire, quant à la forme du bec, que chez certaines espèces il est allongé, tendu, droit, comme chez les Pics; chez d’autres il se rap-
proche de la forme d'un bec de Merle, d'un bec de Fauvette, enfin chez l'Anabate aradoïde, il rappelle entièrement le bee du Fourmilier arada (Turdus cantans), L., et du genre Mérulane de Lesson. (De La Fresnave, Mag. de Zool., 1832.)
Fig. 151.— Anabate à bec d'Arada.
Dans la pénurie où se trouve en général la science de détails précis sur les mœurs du plus grand nombre des Oiseaux, nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici ce qui concerne celles des Anabates. La note que nous allons produire est textuellement la reproduction de celle qui nous a été obligeamment transmise par M. le prince de Neuwied, en 1846, au sujet de l’Anabate aux yeux rouges découvert par le savant voyageur, dont nous donnerons ensuite la description.
Ce bel Oiseau, nous dit M. le prince de Neuwied, est pour moi l’un des plus intéressants des immenses forêts du Brésil, parce que les circonstances m'ont permis de bien observer sa manière de vivre. C'est un de ces Oiseaux des grands bois de cette nature imposante que l’on reconnaît de fort loin à sa voix élevée et singulière, qui est composée de plusieurs notes toujours parcillement modulées. Je n'avais pas encore observé cet Oiseau durant tout mon voyage, jusqu’à ce que nous fussions parvenus à l'intérieur des grands bois des rives du Rio de Cachoéra, dans le Serton (désert, pays inhabité) do la comarca dos Iliéos (Ihéos), vers une petite rivière qui porte le nom du Rio do Catulez (prononcez Catolé), où nous passämes quelques jours à chasser, en habitant une cabane à demi pourrie que le hasard nous fit rencontrer. Nous étions frappés, en nous levant de grand matin, de la voix extraordinaire, composée de six notes, d’un Oiseau qui faisait le tour des grands arbres de notre voisinage, dont l’entrelacement de lianes et de plantes grimpantes nous empêchait dans le commencement d'approcher. C'était au mois de janvier, et la paire de ces Oiseaux, qui vivait ainsi à notre portée, nourrissait déjà ses deux petits de la grandeur de leurs père et mère. En observant attentivement leur chant, je finis par découvrir qu'ils avaient leur nid pendu à une corde de liane qui descendait d'un arbre élevé. Ce nid consistait dans un ballon un peu allongé, formé de petits morceaux de bois sec, dans lequel il y avait une petite entrée, et an milieu le logement des Oiseaux. I fut observé avec soin; il était d’ailleurs impossible de parvenir à cette petite habitation ballottée par le vent, et J'ai done dù renoncer à rapporter ce nid intéressant. Pendant tout le jour, ces Oiseaux se répondaient mutuellement dans les bois; ils se séparaicnt et se dispersaient dans Île voisinage. Mais l’on entendait presque toujours ce chant particulier que l’on peut très-bien reproduire par les notes sol, fa, la, sol, fa, la. Vers le soir, nous entendimes ces voix qui s’approchaient, et avant le crépuscule nous apercevions les quatre Oiseaux s’envolant l'un après l’autre d’une petite distance vers le nid flottant où ils entraient de suite pour y passer la nuit. Il était alors aifficile de
les faire sortir, car le jeune Botocoude que j'avais avec moi leur envoyait quelquefois des flèches qui heurtaient le nid sans que ces Oiseaux parussent s’en effrayer.
A l'apparition de l'aurore, on les vit quitter leur demeure nocturne et se disperser dans les bois pour y chercher leur nourriture, qui consiste en Insectes. Ils paraissent fort gais et avoir un attachement réciproque très-vif, leur démarche sur les branches est singulière; ils sautillent très-bas sur les jambes, en portant la queue irrégulièrement fasciculée, quelquefois un peu étalée et à moitié relevée, et on les voit escalader les lianes et le fourré des branches, mais jamais s'y accrocher à la manière des vrais Grimpeurs, des Pics, etc.; ils sautent au contraire de côté et d'autre.
Nous réussimes à tuer le couple adulte et l’un des petits après les avoir observés pendant quelques jours, et ce sont les seuls individus que j'aie pu me procurer au Brésil. Il parait qu'ils pondent deux œufs, comme la plupart des Oiseaux de ces pays chauds. (Voy. Description de mon Voyage au Brésil (édition française), vol. IE. pag. 45, et Beitrage zur Naturg. bras, vol. HE, pars 2. pag. 1175.)
ANABATE AUX YEUX ROUGES. ANABATES ERYTHROPIHTHALMUS. (Pr. Max. de Neuwici.
En dessus d’un brun olivâtre, à reflets roussâtres sur les ailes; le front, le menton et la gorge d'un roux cannelle orangé; les rectrices entièrement rousses, mais d’un ton moins éclatant et plus foncé, avec leurs tiges noires dans leur première moitié à partir de la base; la poitrine, la partie médiane du ventre et la région anale, lavées de roux; les flancs brun olivâtre comme le dos.
Longueur totale : 0,19.
L'iris de l'œil, dit M. le prince de Neuwied, donne l'un des caractères les plus saillants dans cette espèce, car sa couleur est celle du feu, où minium très-vif. Les pieds sont gris-olive sale.
Du Brésil.
4e GENRE. — OXYRHAMPHE. OX YRHAMPHUS. (Strickland.) OË:, aigu; oapvcs, bec.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec court, droit, triangulaire à sa base, très effilé, en alêne à sa pointe. Narines basales, latérales, percées en fente au-dessus d'un operenle membraneux
Fig. 152, — Oxyrhamphus flammiceps. Fig. 153. — Oxyrhamphus flammiceps
Ailes médiocres, subaiguës; la première rémige très-courte, la seconde et la troisième égales entre elles, les plus longues.
Queue médiocre, large et arrondie sur les côtés.
Tarses courts, robustes, écaillés, de la longueur du doigt médian; les latéraux égaux, l'evterne soudé à la base, l'interne divisé; le pouce aussi long que le doigt médian; ongles recourbés et aiqus.
Une seule espèce du Brésil. C'est M. Temminck qui le premier a créé le geure sous le nom de Oxyrhynchus; mais, ce nom ayant été précédemment employé dans une autre branche des sciences naturelles, M..Strickland s’est chargé d'y substituer celui de Oxyrhamphus, qui n'en est que le synonyme.
On en ignore complétement les mœurs. Nous en donnons la figure et la description.
OXYRHAMPHE EN FEU. OXFYRHAMPHUS FLAMMICEPS. (Temminck, Strickland.}
Cet Oiseau est remarquable par une épaisse huppe de plumes effilées, longues, à barbes décomposées et colorées de rouge de feu et de brun. Ses joues, le lorum, les sourcils, le cou et la gorge, sont blanchâtres rayés de verdâtre; les parties supérieures sont d'un vert assez pur, et les inférieures d’un vert blanchâtre, parsemées de taches triangulaires d'un vert olive foncé: le bec et les pieds sont grisätres.
Taille : 0",19 à 0",20.
Iabite le Brésil.
Fig. 154, — Oxyrhamphe en feu.
de GENRE. — LIMNORNIS. LIMNORNIS. (Gould.)
Atuvn, marais; cpvtz, Oiscau.
CARACTERES GENERIQUES.
Bec aussi long ou plus long que la tête, ou presque droit, ou plus généralement légèrement arqué de la base à la pointe, comprimé sur les côtés, à bords entiers. Narines grandes, basales, linéaires ou dérouvertes, ou recouvertes en partie par un opereule.
Fig
EE
— Mésange azurée
— Bruant Crocote
Pl.
Ailes très-courtes, arrondies, surobtuses: Les quatrième, cinquième et sixième rémiges presque égales, les plus longues.
Queue arrondie et étagée, les tiges des rectrices en dépassant parfois les barbes.
T'arses et doigts courts; tarses de la longueur du doigt médian, recouverts de fortes squammelles; le pouce plus court que le médian, robuste et muni d'un ongle vigoureux; les latéraux presque égaux; l'externe soudé à sa base; ongles courts, forts ct courbés.
Fig. 155. — Limnornis rectirostris. Fig. 156. — Limnornis rectirostris
Cinq espèces de l'Amérique méridionale, dont deux de la Plata et trois de Bogota. Nous figurons ; O O
le Limnornis Ccurvirostris.
Ce genre a été créé sur deux espèces découvertes par M. Darwin, qui les a constamment rencon-
trées sur les roseaux bordant les lacs etles marais, où elles ne vivent que d’Insectes. Elles s'y tiennent cramponnées, à la manière des Synallaxes de roseaux et de nos Rousserolles, les escaladant aussi sans se servir de leur queuc.
LIMNORNIS ROUX. LIMNORNIS UNIRUFUS. (De La Fresnaye.)
Entièrement roux, plus pâle sur le cou, encore plus lavé sur le dos, les ailes, la queue et l’abdomen; les rémiges sont d'un noir enfumé sur leur page interne, et rousses sur leur page externe,
striées transversalement du même noir; les rectrices, tout à fait rousses et molles à leur pointe, sont également striées transversalement de quelques lignes un peu plus foncées, mais à peine visibles; le lorum et le bec sont noirs, les tarses d'un plombé noirâtre et les ongles noirs.
Longueur totale : 0m,175.
DEUXIÈME FAMILLE. — SYNALLAXINES
Cette famille tient de très-près à la précédente, et par la forme étagée de la queue, et par le plumage peu brillant, et par la conformation des pattes; elle s'en distingue par une forme plus constante de bee et par un allongement plus prononcé du bec
M. G. R. Gray composait ses Synallaxine des genres:
1° Synallaxe (Synallaæis), Vieillot; 90 Anumbi (Anumbius), D'Orbigny; 3% Serrirostre (Diglossa), Wagler; 4° Anabates;
5° Oxyrhamphus.
M. Ch. Bonaparte les compose des genres :
1° Tripophaga, Cabanis;
2 Anumbius;
3° Oxyurus, Swainson:
4 Synalluxis;
5° Sylviorthorhynchus, 0. Des Murs.
Nous ne parlerons pas du genre Serrirostre, que nous avons l'envoyé dans les Cærébinés à cause de sa langue filamenteuse et de ses habitudes de Nectarinidé. Nous réduirons cette famille aux trois genres suivants.
40 Synallaxe; 2 Sylviorthorhynque; 3° Anumbi
je" GENRE. — SYNALLAXE. SYNALLAXIS (Vieillot.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus où mous long, grêle, pointu, Lrès-comprimé, inflécha en dessus.
Narines Lasales, oblongues, couvertes d'une petite membrane voùtée ct garnie de plumes à son origine.
Ailes surobtuses; la prenuüère rémige plus courte que la seconde, les troisième, quatrième et cinquième égales, les plus longues.
Queue très-lonque, étagée, à pennes larges, terminées en pointe.
T'arses de la longueur du doigt médian, recouverts de squammelles, doigts médiocres et allongés,
les latéraux presque éqaux, le pouce de même longueur que le médian, muni d'un ongle très-grand, recourbé el aiqu.
Fig. 158. — Synallaxis phryganophila
Trente-trois espèces, toutes de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Synallaxe de Tupinier (Synallaxis spinicauda), Gray.
Les mœurs des Synallaxes varient considérablement. C’est ce qui engagea MM. D'Orbigny et De La Fresnaye à les diviser en Synallaxes arondinicoles, qui ne se rencontrent que parmi les roseaux et parmi les jones des marais, sans qu’ils paraissent jamais se poser sur les buissons, et en Synallaxes buissonniers et marcheurs, qui, au lieu d'entrer au sein des marais et de ne vivre qu'au dessus des eaux, sur les jones, se tiennent sur les buissons et sur les grandes plantes, quelquefois assez près des eaux, mais aussi souvent sur les coteaux les plus arides; c’est parmi ceux-ci que se rencontrent les plus marcheurs du genre. Les espèces de la première section ne se rencontrent qu'au sud
des tropiques, et de là jusqu'au 41° de latitude australe, seulement à l'est des Andes, au sein des
marais des Pampas ou de la Patagonie, et jamais sur les montagnes. Celles de la seconde sont plus répandues que les autres; elles occupent les régions froides, tempérées et chaudes du continent américain, et s'élèvent sur les montagnes jusqu'à quatre mille mètres au-dessus du niveau de la mer.
Fig. 159. — Synallaxe de Tupinier
Toutes, dit D'Azara, sont sédentaires et solitaires, ne fréquentent que les buissons sans pénétrer dans les bois ni se montrer dans les lieux découverts, sautillent sans cesse, enfin se nourrissent d'insectes.
Quelques-unes, d’après M. D'Orbigny, ont les habitudes des Mésanges, se cramponnent comme elles aux branches, et de plus relèvent de temps en temps leur queue dans la direction perpendiculaire.
Elles nichent au milieu des buissons, et leur nid, construit de mousse et de petites racines, est placé au plus épais des halliers
SYNALLAXE FLAMMULE. SYNALLAXIS FLAMMULATUS (Jardine.)
En général de couleur terre d'ombre pâle, chaque plume lancéolée au centre d'un trait jaunâtre et bordée d’une teinte ocracée; ailes rousses avec un trait jaune pâle au milieu des grandes couvertures; les rémiges brun d'ombre ont leur base couleur de Sienne; la queue est étagée, chaque rectrice finissant en pointe aiguë à barbes usées et désunies, et brun d'ombre à l'exception des trois rectrices latérales, qui ont leur page externe couleur de Sienne; le menton est ventre de biche, le front roussâtre et le dessous du corps d’un jaune ocracé pâle flamméché de terre d'ombre. Bec brun; pattes gris bleuâtre; ongles bruns.
Longueur totale : 07,17. :
Cette espèce, découverte dans les Andes de Quito à une élévation de cinq mille mètres au-dessus du niveau de la mer, a été décrite et figurée par M. Jardine dans Contrib. of Ornith., 1850.
2m GENRE. — SYLVIORTHORHYNQUE. SYLVIORTHORHYNCHUS. (0. Des Murs )
Sylvia, Bec-Fin; 62005, droit; puyycs, bec (mot hybride)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec de la même longueur que la tête, parfaitement droit dans toute son étendue, légèrement comprimé sur ses bords, dans sa première moitié, à partir de la base, dont la largeur est égale à la hauteur du bec, qui. par conséquent, est presque quadrangulaire, et cylindrique dans son autre parie jusqu'à la pointe, où les deux mandibules se rejoignent également.
Narines longitudinales placées à la base du bec dans une fente très-étroite pratiquée dans ne pellicule membraneuse où demi-cornée qui les recouvre en partie, légèrement engagées, du reste, sous les plumes veloutées de la base du front.
Ailes courtes, n'aboutissant qu'à l'origine de la queue, et obtuses; la quatrième rémige seule étant la plus longue.
Queue très-étendue en longueur et mume seulement de six rectrices dont les deux latérales fort courtes, les suivantes plus longues et les deux médianes dépassant de beaucoup toutes les autres: rectrices à tige très-forte, très-épaisse à sa base, dépouillée de barbules à sa naissance et dans le premier tiers de sa longueur; barbules n'apparaissant ensuite que comme des poils assez courts, mais s'élargissant el se resserrant en arrivant vers l'extrémité de la tige, mais néammoins complétement privées d'adhérence les unes avec les autres.
Tarses allongés, grêles, recouverts en devant de six plaques on squammelles équidistancées: le doigt interne soudé au médian jusqu'à sa première phalange; le pouce robuste, allongé et muni d'un ongle recourbé, égalant en longueur le pouce lui-même; les ongles des autres doigts courts et comprimes, maus aus.
Les deux rectrices médianes ont cela de particulier, que leur tige est presque carrée à leur naissance, et que, à partir de leur insertion sur le croupion jusqu’à près de 0",03 de ce point, elles demeurent presque tout à fait soudées ensemble, pour ensuite se séparer en dessinant entre elles une courbe ellipsoïdale dans le genre, mais bien en petit, de ce qui se voit chez le Ménure ou Lyre, qui se referme, au lieu de diverger, par le rapprochement de leurs deux extrémités.
Nous avons établi ce genre particulier, et jusqu'à présent spécial au Chili, sur une jolie espèce qu'y a découverte M. CL. Gay, et que ce savant voyageur nous avait confiée pour en joindre la deseripüon à la figure qu'il en a publiée en 1845, dans son grand ouvrage sur le Chili. Nous l'avons figurée nous-même depuis, en 1847, dans notre Jconographie ornithologique, pl. xiv.
M. Gay nous apprend dans ses notes que ces Oiseaux fréquentent les bois et les forêts, mais ceux seulement ou noyés d'eaux ou dans leur voisinage, ce qui les rapprocherait des Synallaxes arondinicoles. Ils sont vifs et légers, se cramponnant avec agilité aux branches les plus souples et les plus flexibles, et marchant ou sautillant presque toujours la queue verticale.
Fig. 160 — Sylviorthorhynque maluroïde
SYLVIORTHORHYNQUE MALUROIDE. SYLVIORTHORHYNCHUS MALUROIDES. (0. Des Murs.)
En dessus, brun olivâtre, le front et la moitié du capistrum roux vif, les rémiges primaires également rousses dans leur bord externe; les secondaires brun-noir; en dessous, d'un fauve clair; gorge et croupion blanchâtres, une espèce de plastron ou collier d'un jaune ocracé à la poitrine; angle interne de l’œil et sourcils blancs; plumes du lorum et des joues comme ciliées, blanchâtres, bordées d'un noir léger; queue composée de six rectrices à tige fort grosse à leur racine, diminuant progressivement jusqu'à son extrémité, mais ferme et assez rigide, quoique souple dans toute sa longueur, munie de barbes rudimentaires seulement dans la grande moitié de leur étendue, à partir de sa base, s’élargissant un peu et légèrement soyeuses, mais sans adhérence aucune à la pointe, et d'un brun un peu roussâtre; les deux rectrices latérales fort courtes, et ayant à peine de 07,03 à 0,04; les suivantes plus longues, ayant 0,08, et les deux médianes dépassant de beaucoup toutes les autres et atteignant 0",14; bec brunâtre à la mandibule supérieure et jaunâtre à celle inférieure; pattes brun clair.
Tout le plumage de ce singulier Oiseau est à plumes décomposées et soyeuses; les ailes, obtuses, en sont d’une faiblesse de conformation extraordinaire; l'extrémité des rémiges tertiaires dessine une pointe assez remarquable.
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