‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 24 sur 35 · CINCLE A VENTRE NOIR. CINCLUS MELANOGASTER. (Brehm · texte numérisé non relu

CINCLE A VENTRE NOIR. CINCLUS MELANOGASTER. (Brehm

En dessus, d’un bruu enfumé, plus foncé sur la tête; en dessous, menton, gorge et poitrine, blanes; abdomen noir. |

Considérée pendant longtemps comme variété locale ou accidentelle du Cinele plongeur, cette espèce paraît définitivement admise.

Taille du précédent.

Habite l'Europe occidentale.

Fix 241. — Cincle plongeur (Femelle)

LA

DÉODACTYLES DENTIROSTRES.

Le sous-ordre des Dentirosires de Guvier, que nous conservons, ainsi que l'ont fait les auteurs, à l'exception de M. Ch. Bonaparte, comme jalon mnémonique, et non comme coupe scientifique, à cause des nombreuses exceptions que l’étude des mœurs des Oiseaux qui le composent à apportées aux principes superficiels sur lesquels, de même que toutes les autres coupes, il a été fondé, se divisera, pour nous, comme s'est divisé le sous-ordre des Ténuirostres, en :

4° Dentirostres marcheurs; 2° Dentirostres suspenseurs; 3° Dentirostres percheurs.

Preuuex Coupe. = (Meutiostres Marcheuts.

Le

Ils se composent de deux tribus :

1° Formicaridés; 2° Turdidés.

Tout en adoptant eette division, nous ne nions pas qu'elle eût pu tout aussi bien commencer par les Alaudidés, qui, sans être aussi Becfins, sont peut-être beaucoup plus Dentirostres, par l'ensemble de leurs caractères zoologiques, que Ténuirostres.

Mais c'est la conséquence presque inévitable en toute classification, que le dernier degré d'une échelle n'ait pas beaucoup plus raison d'occuper sa place que d’être le premier degré de l'échelle suivante, parce que les genres qui forment ces degrés sont nécessairement des genres de transition d’une coupe à une autre.

PREMIÈRE TRIBU. — FORMICARIDÉS.

Nous donnons à cette tribu le nom qui représente le mieux à l'esprit les habitudes générales des diverses familles qui la composent, quels que soient les errements que l’on ait suivis jusqu'à présent pour leur répartition méthodique dans toute la série ornithologique. Or, comme les Ciseaux que de tout temps l’on est convenu d'appeler Fourmiliers (Formicarius et Formicivora) dominent dans cette tribu, et s'assimilent les Oiseaux des autres familles entrant dans sa constitution, et par l'ensemble de leurs mœurs, et par celui de leurs principaux caractères zoologiques, il était tout naturel d'imposer à la tribu un nom qui rappelât ces-rapports. C'est done à celui de Formicaridés que

nous nous sommes fixé. On est en effet aujourd’hui d'accord pour ne reconnaître comme vrais Fourmiliers que ceux de ces Oiseaux à long tarse, à ailes et queue courtes, toutes conditions qui se retrouvent dans nos Formicaridés.

Cette tribu toute nouvelle renferme les quatre familles suivantes :

1° Atélornithinés; 9° Pittinés;

3° Formicarinés; 4° Mégalonyeinés.

Dans les terres basses, humides et mal penplées du continent de l'Amérique méridionale, les Reptiles et les Insectes semblent dominer, par le nombre, sur toutes les autres espèces vivantes. Il y à dans la Guyane et au Brésil des Fourmis en si grand nombre, que, pour en avoir une idée, il faut se figurer des aires de quelques toises de largeur sur plusieurs pieds de hauteur; et ces monceaux immenses accumulés par les Fourmis sont aussi remplis, aussi peuplés, que nos petites fourmilières. dont les plus grandes n’ont que deux ou trois pieds de diamètre, en sorte qu'une seule de ces fourmilières d'Amérique peut équivaloir à deux ou trois cents de nos fourmilières d'Europe, et non-seulement ces magasins, ces nids formés par ces Insectes en Amérique, excèdent prodigieusement ceux d'Europe par la grandeur, mais ils les excèdent encore de beaucoup par le nombre. Il y a cent fois plus de fourmilières dans les terres désertes de la Guyane que dans aucune contrée de notre continent; et, comme il &t dans l'ordre de la nature que les unes de ces productions servent à la subsistance des autres, on trouve dans ce même climat des Quadrupèdes et des Oiseaux qui semblent être faits exprès pour se nourrir de Fourmis. (Burron.)

Les terres situées sous la zone torride de l'ancien continent connaissent aussi ce fléau destructeur des forêts, des champs et des habitations; et, quoique les Fourmis y soient moins nombreuses en espèces, elles exercent cependant des ravages qui privent souvent l'habitant des campagnes des fruits de son travail, et l'habitant des villes des produits de son industrie. Les énormes monticules élevés par ces Insectes, dont l’industrie est seule comparable à celle des Abeilles, couvriraient en peu d'années de vastes provinces, si la nature n'avait opposé à leur facile reproduction des agents destructeurs sans cesse occupés à leur faire la guerre. L'existence d'animaux mangeurs de Fourmis ne pouvait être douteuse dans les pays tels que l'Inde et les archipels très-étendus du midi de l'Asie; mais on pouvait conjecturer, surtout en envisageant la différence des espèces de Fourmis, que les animaux destructeurs de ces Insectes et de leurs larves appartiendraient à des coupes nouvelles, et qu'on ne retrouverait point des formes parfaitement semblables dans l'organisation de ces êtres, placés sur une terre et dans des iles éloignées de l'Amérique par des océans très-étendus. Le contraire a lieu par rapport aux Oiseaux, et nous savons que les formes différent peu dans les Pangolins, deux espèces de Mammifères qui remplacent dans l'Inde et en Afrique les espèces plus nombreuses des Fourmiliers tamanoirs, propres au nouveau monde.

Les espèces d’Giseaux du genre Myiothera, qui sont dans l'Inde les vrais Formiphages de ces contrées, nous présentent l’organisation normale de celles du nouveau continent; fs sont doués des mêmes caractères qui distinguent les Fourmiliers d'Amérique; tout en eux rappelle les mêmes formes; jusqu'aux petites différences qui distinguent les tribus ou sections, établies d'après la forme du bec, se trouvent indiquées dans ces Oiseaux. (Temmixek, pl. col., texte.)

PREMIÈRE FAMILLE. — ATÉLORNITHINÉS.

Nous formons cette famille de deux petits genres, réums en un seul pendant longtemps, établis pour des Oiseaux assez remarquables de Madagascar, rappelant assez les Brèves au premier aspect. et par leur coloration et par l'allongement de leurs tarses éminemment marcheurs: mais que, jusqu'à ce moment, tous les ornithologistes se sont entendus pour ranger dans les Rolliers. Le caractère spécial de cette famille est une excessive brièveté du pouce et de son ongle relativement aux autres doigts.

Ces deux genres sont :

1° Brachyptérolle (Brachypteracius), De La Fresnaye; 2° Atélornis (Atelornis), Pucheran.

1% GENRE. — BRACHYPTÉROLLE. BRACHYPTERACIAS. (De La Fresuaye.)

Bozyu:, court; mTepoy, aile, ét fa terminaison du mot latin coracias, Rolher, par élision avec 77e26v.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec de la longueur de la tête, élevé à la base, comprimé; mandibule supérieure courbée dans sa longueur, el ne formant pas crochet à son extrémité.

Narines allongées, ouvertes obliquement en fente étroite sous les premières plumes du front, et protégées, ainsi que l'ouverture du bec, par de longs poils roùdes bordant la base de la mandibule SUPDCFICUrC.

Ailes courtes, alteignant le tiers de la longueur de la queue, très-arrondies, surobtuses: les pennes primaires à peine plus longues que les secondaires : la première rémige beaucoup plus courte que la deuxième, qui l'est plus que la troisième : celle-ci égalant à peu près la quatrième et la cinquième.

Queue assez allongée, arrondie à son extrémité, et régulièrement étagée.

Tarses allongés, de lu longueur du doigt médian; le doigt externe presque aussi long que l'intermédiaire, dont il est séparé dès la base, ses quatre phalanges restant libres; ongle du pouce plus court el plus faible que celui du doigt intermédiaire, qui est élargi du côté interne, et formant gouttière en dessous.

Fig. 245. — Brachypteracras leptosomus. Fig. 24%. — Prachypteracias leptosomus

Tour des yeux nu.

Ce genre ne repose que sur une seule espèce de Madagascar, le Brachyptérolle coural. que son auteur, Lesson, avait considérée comme un Rolle, et qu'il fit connaître sous le nom de Rolle coural. L'auteur du genre, M. De La Fresnaye, tout en le distinguant génériquement des Rolles, ne s'est pas beaucoup éloigné de l'opinion de Lesson, puisqu'il l’a considéré comme un Rollier à ailes courtes et à longs tarses, et en faisait en conséquence une sous-division ou sous-genre des olliers proprement dits. C'est dans ces idées que sont restés jusqu'à ce jour les auteurs, notamment MM. Gray, Pucheran et Ch. Bonaparte, qui, tous deux, les ont mis à une très-grande distance des Brèves et des Grallaries, avec lesquelles ils ont pourtant de si grands rapports, que le dernier de ces naturalistes parait décidé à rapprocher les uns des autres et à modifier conséquemment son Conspectus de 1850.

De là le nom adopté par M. De La lresnaye pour caractériser ce genre de Brachypteracias, Rollier ou Rolle à ailes courtes. Si savant cependant que soit le Mémoire qu'il a publié à ce sujet en 1834, il nous est impossible de voir autre chose dans ces Oiseaux que de vrais Marcheurs se rapprochant plus des Brèves que des Rolliers.

On en ignore les mœurs.

BRACHYPTÉROLLE COURAL. BRACHYPTERACIAS LEPTOSOMUS. (Lesson, De La Fresnaye.)

Les plames cet Oiseau sont partout touffues, lâches, garnies en dessous d’un épais duvet brun. Le dessus de la tête est d'un rouge ocreux à teinte métallisée, et violet sur l'occiput. Le sourcil et le devant de l'œil sont blanc pur. Les côtés du cou sont roux, avec des points blancs assez larges. Les plumes du sosier forment un fanon assez pendant, varié de ferrugineux, de blanc, de jaune rouille clair et de rouge brun. Une ceinture blanche, lavée de rouille, entoure la poitrine; les parties inférieures sout émaillées de franges noires, de raies blanches interrompues et de raies rouge ocreux. Les couvertures inférieures sont blanches; le manteau et les grandes couvertures sont rouge brunâtre; le croupion est vert aigue-marine; le milieu des ailes est roux fauve, avec des taches noires, puis blanches; les rémiges sont noir mat, frangé finement de roux; la queue est roux-brun luisant en dessus, et les rectrices latérales sont terminées de noir profond, puis de blanc pur. (Lessox, Zllustration de Zoologie.)

Cet Oiseau vit à Madagascar, où l'a découvert, en 1831, M. Ackermann, alors chirurgien de pre-

mière classe de la marine, et dont nous avons eu occasion déjà de citer les intéressantes observations sur le Coua de Delalande. Longueur totale, 0,35 à 0",36.

Fig. 245 — Brachyptérolle coural

2% GENRE. — ATELORNIS. ATELORNIS. (Pucheran.)

ATehes, imparfait; opvts, Oiseau.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec aussi long que la tête, ayant la forme générale du genre Brachyptérolle, mais moins fort ct plus comprimé.

Narines moins couvertes, plus ouvertes par cela même, el plus ellipsoidales.

Ailes obtuses; la quatrième penne la plus longue, la cinquième l'égalant presque.

Queue médiocre, semi-elliptique.

lig. 246 — Atelornis squammigera

l'arse Lrès-allongé, deux fois plus long que le doigt médian; doigts courts, l'interne plus court que l'externe, et tous deux plus longs par rapport au médian, et très-peu réunis à celui-ci; le

pouce eudimentaire, formant à peine une phalange; tous les ongles excessivement courts et peu infléchis.

Ce genre a été formé, en 1846, par M. le docteur Pucheran, aide naturaliste au Muséum d’Ilistoire naturelle de Paris, aux dépens du genre Brachypteracias; il repose sur deux espèces de Mada gascar. Nous figurons l’Atélornis squammigère, dont nous donnons aussi la description.

Tout en considérant le type générique du Brachyptérolle comme bien placé à côté des Rolliers, M. Pucheran, en en séparant ses Atélornis, n’a pu s'empêcher de constater une somme de rapports de ce dernier genre plus grande avec les Brèves qu'avec les Rolliers. C’est à ce sentiment qu'a obéi M. Ch. Bonaparte lorsque, sans séparer non plus des Rolliers ces deux genres, il les a cependant immédiatement fait suivre par les Brèves. Seulement, nous avons poussé la dernière analogie plus loin, en isolant complétement ces deux petits genres des Goraciadés pour les fondre dans les Formicaridés.

On ignore les mœurs des Atélornis

Fig. 247. — Atélornis squammigère

ATÉLORNIS SQUAMMIGÈRE. ATELORNIS SQUAMMIGERA. (De La Fresnaye, Pucheran.)

Grande tache d'un noir fuligineux commençant à un centimètre de la base du bec, et finissant sur l'occiput. Cette tache est de forme presque triangulaire, à base occipitale, à sommet frontal. Les plumes qui la forment, lâches et extensibles, de façon à simuler une espèce de huppe, sont presque en entier noires dans le centre de la tache; elle présentent du roux sur les deux côtés de leur portion rachidienne, et cette teinte sépare le noir de la base d’avec celui du sommet. Sur les côtés, des dispositions semblables sont reproduites; mais, ici, le roux occupe fréquemment l'un ‘des côtés du rachis. C’est qu'entre le bord externe de la tache médiane céphalique et le bord supérieur de l'œil se trouve, longitudinalement étendue, une espèce de sourcil dont toutes les plumes, noires à leur base, offrent de petites bandes transversales de noir et de blanc roussâtre. Le blanc roussätre forme le liséré le plus supérieur, et, dans la partie commissurale du soureil droit et du soureil gauche, en avant de l’œil, les zones rousses sont plus formées.

Du dessous de l'œil part une bande noire qui se prolonge en arrière sur les côtés du cou, et, entre celle de droite et celle de gauche, se trouve un grand espace roux, étendu du côté droit au côté gauche, en dedans du fouet de l'aile. Au-dessus de cette bande noire s’en trouve une seconde, plus rapprochée du sommet de la tête et séparée de la première par un trait formé de plumes présentant la même coloration que le sourcil supérieur de l'œil. À gauche, cette seconde bande est mieux

déterminée qu’à droite; ici, en effet, les plumes qui la composent présentent, près de leur terminaison noire, les taches rousses dont nous avons parlé à propos de la petite huppe céphalique. Ces deux bandes longitudinales, au reste, sont unies par une zone transversale de plumes noires bordant supérieurement le grand espace roux du dessus du cou dont il a été question.

Le dos, les couvertures supérieures du prolongement caudal, sont vert foncé; quelques-unes des plumes présentent à leur extrémité, sur leur face externe, deux petites taches superposées : l'inférieure noire, la supérieure blanche. Cette dernière est quelquefois séparée du vert foncé du reste de la plume par un petit liséré vert-de-gris. Les grandes couvertures de l'aile sont vertes, mais d'un vert plus clair; elles présentent en presque totalité, sur leur bord inférieur, deux petites bandes superposées : l’inférieure noire, la supérieure blanche. La bande est bordée, dans presque tout son contour, d’un liséré vert-de-gris. Au-dessus de ce liséré, se voit, sur le rachis de la plume, une petite tache noire variable en étendue et de forme ordinairement triangulaire. Les six premières pennes de l'aile sont noires en dessus dans la majeure partie de leur étendue, mais brunes seulement à leurs extrémités; elles présentent une bordure de la même couleur sur leur tiers intérieur. A la réunion de leur tiers supérieur avec leur tiers moyen, elles présentent une tache blanche. Les pennes du reste de l'aile sont vert-olive en dehors, brunes en dedans, noires à leur base et en dehors le long . de leur tige. En dessous, Paile est brune, et présente, transversalement, une bande blanche.

Le contour inférieur de la queue est semi-elliptique, les pennes qui la composent devenant de plus en plus longues à mesure que l’on se rapproche des pennes médianes. La penne externe est, en dessus, de couleur bleue à son tiers supérieur et en dehors : en dedans, cette teinte devient plus verte et bordée de brun. À mesure qu'on se rapproche des pennes centrales, le bleu se retire de plus en plus vers le centre, et est remplacé par du vert; vient ensuite sur toutes une tache rousse à laquelle succède une tache noire, bordée inférieurement par une tache bleu grisonnant, lisérée enfin elle-même de vert olive. Les deux peunes médianes sont dépourvues de la tache noire que portent les autres : la tache bleu grisonnant s'y trouve remplacée par une tache vert olive. En dessous, la tache de la base est brun clair; la tache rousse s'y trouve plus terne; la tache bleue est convertie en gris blanchâtre. Les pennes médianes, en dessous, enfin, diffèrent encore par leur coloration des latérales; elles sont simplement roux terne

Les plumes du thorax et des côtés du cou forment de petites écailles portant dans leur ceatre une tache blanche entièrement cerelée de noir : ce noir est liséré de roux de rouille, bordé inférieurement de brun. Les plumes de la gorge et du milieu du cou ont le blanc de leur centre immédiatement en contact avec le roux de rouille (liséré de noir) de leur partie libre. Les hypocondres offrent des taches transversales roussâtres et noirâtres; le milieu de l'abdomen, l’entre-deux des jambes, sont couleur de rouille. Les couvertures inférieures de la queue sont formées de plumes blanches finement lisérées inférieurement de brun.

Les plumes de la tête et des parties inférieures sont très-décomposées dans cette espèce; la mandibule supérieure est brune dans la majeure partie de son étendue; l’inférieure blanchätre à la base, noire plus en avant, blanchätre à son extrême pointe; au milieu comme sur les côtés. Les ongles sont jaune de corne, ainsi que les tarses; les doigts ont la même teinte, mais plus brune, plus foncée. (Pucueran, Revue zoologique, 1846.)

Longueur totale. . . . . . 0,30; — de la queue. 07:00!

DEUXIÈME FAMILLE, — PITTINÉS.

Cette famille se compose d'Oiseaux ayant le port des Atélornis, à bec assez fort, à tarses allongés, à doigts généralement courts et queue courte; tous signes indicatifs de Passereaux marcheurs et essentiellement chasseurs d’Insectes, et surtout de Fourmis.

Lesson le premier a constitué cette famille, qui, sous le nom de Brèves, est la quatorzième dans son Traité d'Ornithologie; i y faisait entrer trois genres :

1° Grallarie (Grallaria), Vieillot;

2 Brève (Pitta), Vieillot;

3° Myiophage (Myiophaga), Lesson.

M. Ménétriés a proposé de l'établir, sous le nom de Myiophaga, en y groupant les genres

suivants :

40 Piütta;

90 T'imalia, Horsfeld;

3° Brachypteryx, Horsfield;

4° Dasyornis, Horsfield;

D° Myiophonus, Temminck,

6° Eupetes, Temminck;

7° Pteroptochos, Kittlitz.

M. Ch. Bonaparte l'a conservée sous le nom de Pittidæ, en la composant à peu près des mêmes

éléments que les deux naturalistes français, moins le genre Grallaria, puisque sa famille comprend les deux sous-familles :

1° Pitinæ; 2 Miyophonineæ;

dont la première renferme les neuf genres :

1° Brachyurus, Thunberg; 2e Pitta;

3° Cacopitta, Ch. Bonaparte; 4 Brachypteryx, Horsfield; »° Oliqura, Rüppell;

6° T'esiu, Hodgson;

7° Phoepyqa, Hodgson;

80 Microura, Gould;

9 Comaroptera, Sundeval.

Nous adoptons cette composition en en simplifiant les éléments; ainsi nos Pittinés comprennent cinq genres :

1° Pitta;

2° Myiophonus, Temminck; 5° Brachypteryx;

4° Oliqura;

5° Tesia.

1 GENRE. — BRÈVE. PITTA. (Nieillot.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec de la longueur de la tête, épais, robuste, droit. convexe en dessus, comprimé par les côtés. pointu; mandibule supérieure échancrée et inclinée vers le bout: l'inférieure entière, à pointe droite.

Narines basales, latérales, oblonques. à moitié fermées par une grande membrane nue ou garnie de quelques poils et plumes rares

Fig. 948. — Pitta affinis.

Ailes variables, généralement courtes, où subaiguës ou surobtuses; dans le premier cas, les trois premières rémiges allongées graduellement et les plus longues de toutes; dans le second cas, la quatrième et la cinquième les plus longues.

Queue très-courte, égale ou arrondie.

Tarses allongés, grêles, largement seutellés, toujours plus longs et souvent du double que le doigt médian; l'interne réuni à celui-ci jusqu'à la première articulation; l'externe également soudé ou totalement libre; ongles antérieurs courts, celui du pouce le plus long et presque toujours égal à ce doigt, tous comprimés et légèrement arqués, celui du pouce moins que les autres.

Fig. 249. — Pitta affinis

Ce genre renferme trente espèces de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. Nous figurons la Brève élégante (Pitta elegans), Temminck.

Ce sont tous Oiseaux aux couleurs vives, éclatantes et tranchées, mais sans reflets métalliques.

Vieillot a formé ce genre pour des espèces que, sous le nom de Brève qui leur a été conservé, Brisson avait rangées parmi les Merles, dont elles se rapprochent, dit Vieillot, beaucoup plus près que des Corbeaux, genre dans lequel Gmelin et Latham les ont classées. Montbeillard les a isolées

d'après les différences de conformation extérieure par lesquelles, dit-il, la nature elle-même les à distinguées. En effet, les Brèves ont la queue beaucoup plus courte que les Merles, le bec beaucoup plus fort et les pieds plus longs. Peut-être trouverait-on encore d’autres différences dans leurs habitudes et dans leurs mœurs, si l’on considérait leur historique, cette partie la plus intéressante de l'ornithologie. (Nouveau Dictionnaire Histoire naturelle.)

La coupe des Brèves vient fournir une preuve nouvelle de cette identité de formes et de genre de vie qui servent à caractériser une petite famille d'Oiseaux insectivores, destructeurs assidus des Termites, qui sont un des fléaux les plus incommodes sous les régions tropicales des deux mondes En effet, les Brèves des archipels de l'Asie diffèrent si peu des Oiseaux de l'Amérique méridionale, connus sous le nom de Roi des Fourmuliers et de Beffroi, espèces dont Vieillot a formé le genre Grallaria, qu'à la rigueur on ne peut indiquer aucun autre caractère que la seule différence de la petite nudité ou de la partie glabre du genou et du bas de la jambe, que les Brèves de l'ancien continent ont couverts de petites plumes; tous les autres caractères pris de la forme du bec, de la longueur et de la structure des pieds, de la coupe des ailes, de leur brièveté et du peu de largeur de la queue, sont presque exactement les mêmes dans les Brèves comme chez les Grallaries. La nourriture et les mœurs de ces Oiseaux nous offrent encore des rapports qui influent sans doute sur toute leur organisation et sur l’ensemble de leur charpente osseuse, que nous n'avons pas été à même d'étudier. (Temminck, pl. color., texte.)

Ces considérations avaient déjà porté G. Cuvier à réunir les Brèves aux Fourmiliers; mais l'idée première de cette réunion est due à Mauduyt, qui l'exprimait ainsi :

Fig. 250 — Brève élégante

Les différences qui ont lieu entre les Merles et les Oiseaux d'Amérique, que M. De Buffon à nommés Fourmiliers, étant les mêmes qui distinguent les Brèves des Merles, il me semble qu'on pourrait regarder les Fourmiliers comme des Brèves d'Amérique, ou les Brèves comme des Fourmiliers de l’ancien continent. Il y a entre ces Oiseaux des rapports qui les rapprochent au moins beaucoup, si l'on ne les réunit pas dans la même section, et il y a lieu de croire que la même disposition dans la forme totale et dans les membres indique du rapport dans les habitudes. {Encyclopédie méthodique, Ornithologie.)

M. Gray comprend le genre Pitt dans sa famille des Fornucarine.

Les Brèves de l’ancien continent, celles notamment qui vivent dans les iles de la Sonde, ont un eri qui imite un coup de sifflet. M. le comte De Bocarmé, ajoute M. Temminck, nous à communiqué que ce cri décèle la présence de la Brève azurin dans les anciennes plantations de caliers et autres endroits couverts de broussailles épaisses, où elle cherche les Lombrics et les Termites que ces lieux sombres fournissent en abondance; elle court très-vite et se bat fréquemment à la manière des

Cailles. On trouve son nid en mars, construit à huit ou dix pieds de terre, d’un amas de feuilles et de vergettes entassées; il contient quatre ou cinq œufs blancs ponctués de brun et de noir, de forme sphérique. (TeMMINcK.)

BRÈVE DE SCHWANER. PITTA SCHWANERI. (Temminck.)

En dessus d’un roux olivâtre, à l'exception d'une large tache noire occupant le milieu de la nuque, chaque œil surmonté d’une bande superciliaire d'un jaune d'or; en dessous, de cette dernière couleur, mais fasciée de noir, à l’exception de l'abdomen, qui est d'un bleu d'azur sans taches.

De Bornéo.

Cette belle espèce, nommée par M. Temminck, vient d'être décrite pour la première fois par M. Ch. Bonaparte, c'est la seconde espèce du genre Pitta de son Conspectus.

20e GENRE. — MYIOPHONE. MYIOPHONUS. (Temminck.)

Mo:z, Mouche; @oveus, lueur

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec fort, dur, comprimé, de la longueur de la tête. dilaté à la base, à arète marquée entamant res plumes du front, se terminant en une pointe échancrée et crochue.

Fig. 251. — Myrophonus Temmuncku

Narines latérales percées dans une membrane à la base du bec, arrondies et légèrement engagées sous les plumes du front.

SQ D { S) Fig. 2592. — Myrophonus Temmanchku.

Ailes médiocres, Surobtuses, la première rémige la plus courte et moitié de longueur & peine de

Fig

Fig

— Gros-Bec Souliet.

— Pie-Grièche écorcheur

la seconde, la quatrième presque égale à lu cinquième, qui, «vec la sixième, sont les plus longues, arrivant au tiers de la queue.

Queue médiocre et arrondie, où carrée.

T'arses allongés, plus longs que le doigt médian, recouveris d'une seule squammelle; doigts longs, les latéraux presque égaux, unis à la base avec le médian, le pouce long et très-robuste ainsi que son ongle, qui est fortement recourbé.

re

Quatre espèces de l'Asie et de l'Océanie. Nous figurons le Myiophone de Horsfield.

Les Myiophones sont confinés dans les régions chaudes de l'ancien continent. Ils habitent les sommités des plus hautes montagnes, depuis quatre mille jusqu'à sept mille pieds au-dessus du niveau de la mer, et ils y vivent solitaires parmi les rochers couverts de ronces qui produisent des baies, et dans les endroits les plus touffus des forêts et montagnes, où on les voit se repaitre aussi d'insectes et de Vers. (Lessox, Compléments de Buffon )

MYIOPHONE A BEC JAUNE. MFIOPHONUS FLAVIROSTRIS. (Horsfield, Ch Bonaparte.)

Un bleu noirâtre distribué par teintes plus ou moins sombres forme la couleur générale du plumage, et il change un peu selon les jours différents dont il est éclairé; il est toujours plus foncé et noirâtre à la tête et à l'abdomen que sur toutes les autres parties, et la teinte est un peu rembrunie à l'extrémité de toutes les rémiges; des taches de couleur d’acier poli ou d'un métallique bleuâtre sont disposées sur toutes les plumes du cou, de la poitrine et des joues; des bordures ou croissants parés de reflets semblables terminent les plumes du dos et les couvertures des ailes; le bee est d’un beau jaune, mais son arête est noire; les pieds sont noirs.

Longueur totale : 0,33.

Geute espèce habite l'ile de Java. (Temminek, pl. color., texte.)

3° GENRE. — BRACHYPTÉRYX. BRACHYPTERYX. (Horsfield.)

24405, court; 77e50£, penne.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, presque aussi long que la tête, plus large que haut à la base, infléchi au sommet et comprimé sur les côtés jusqu'à la pointe de la mandibule supérieure, qui dépasse l'inférieure et est légèrement échancrée.

Narines latérales percées dans wie membrane à la base du bec el ouvertes sur le devant.

Ailes assez courtes et arrondies, surobtuses, les cinquième, sixième et septième rémiges presque égales, les plus longues.

Queue courte et arrondie

Tarses plus longs que le doigt médian, recouverts de trois à quatre larges squammelles; doigts longs, les deux latéraux presque égaux et unis à leur base, le pouce long. fort et robuste, de même que son ongle.

Fig. 254. — Brachypteryx montana. Fig. 255. — Brachypteryx montana.

flumes du eroupion épaisses, soyeuses et décomposées.

Huit espèces de l'Océanie, dans lesquelles nous confondons le genre Microura de M. Gould. Nous figurons le Brachyptéryx à joues grises (Brachypteryx poliogenys) de Strickland, l'espèce la plus récemment découverte; leucophrys, Fourmilier de Temminck. Ce sont des Oiseaux qui ne se rencontrent qu'au milieu des forêts ou dans les jongles de Malacca et de Java. ls sautillent fréquemment de brauches en brauches dans les broussailles; on les voit aussi courir à terre à la recherche des Insectes et de leurs larves. Ils ont un eri plaiotif qui n’est pas sans quelque mélodie.

Fig. 256. — Brachypléryx à joues grises

BRACHYPTÉRYX LEUCOPHRYS. BRACHYPTERYX LEUCOPURYS.

Le lorum porte une petite raie blanchâtre; toute la région des joues, une grande partie des côtés du cou, la poitrine et les flancs. sont d'un brun roussâtre, seulement la ligne médiane du ventre et la gorge sont blanches; toutes les parties supérieures, du front au croupion, sont d'un brun foncé olivâtre; la courte quene, à pennes à peu près d'égale longueur, est d'un brun rougeätre très-foncé; le bec et les pieds sont d’un brun foncé.

Longueur totale : 0m,14.

On le trouve à Java. (Temminek, pl. color., texte )

4m GENRE. — OLIGURE. OLIGURA. (Rüppell.)

O?ycs, peu ou petit; Gug%, queue.

Bec médiocre, presque de la longueur de la tête, à sommet faiblement incliné et à côtés comprimés jusqu'à la pointe, qui est entière.

Narines latérales, en partis recouvertes par une membrane à ouverture luulée.

Ailes subobtuses, les troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue très-courte et arrondie.

T'arses un peu plus longs que le doigt médian, scutellés; doigts courts; les latéraux presque égaux et légèrement soudés à la base; le pouce long, fort, muni d'un ongle vigoureux, le plus grand de tous, crochu et comprimé.

Fig 257. — Ohigura nacrurus Fig. 258. — Ohgura micrurus.

Cinq espèces d'Afrique; car nous réunissons à ce genre l'espèce de Becfin à queue courte du docteur Rüppell, et le Comaroptera de Sundeval. Nous donnons la figure et la description de l'Onigure à petite queue.

OLIGURE A PETITE QUEUE. OLIGURA MICRURUS. (Ruppell.)

En dessus d’un brun cendré; base du bec, angle oculaire et couvertures inférieures de la queue

d'un blanc pur; fout le dessous du corps d’un blanc isabelle; bec et pattes d'un brun clair carminé.

Longueur totale : 0",075.

Fig 259. — Oligure à petite queue.

5me GENRE. — TÉSIA. TESIA. (Hodgson.)

Bec un peu plus court que la tête, mince, légèrement courbé à son extrémité et comprimé latéralement jusqu'à la pointe, qui est échancrée.

Narines latérales, basales, recouvertes par un large opercule membraneux.

Ailes courtes et arrondies, surobtuses, les cinquième et sixième rémiges égales entre elles, les plus longues.

Queue très-courte

Farses de la longueur du doigt médian, minces, scutellés; doigts longs et minces, les latéraux

égaux et soudés à la base, le pouce long, robuste, muni d’un ongle fort, recourbé et le plus long de tous.

Fig

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