Tesia unicolor
Fig. 260. — Tesia unicolor.
Cinq espèces de l'Asie centrale. Nous figurons le Tésia à couronne marron. Les Tésias ne se trouvent qu'au centre des forêts et montagnes de l’fnde. M. Hodgson, qui a créé le genre et en a découvert presque toutes les espèces, dit que ce sont des Oiseaux solitaires et silencieux qui cherchent à terre les Insectes dont ils se nourrissent.
TÉSIA À COURONNE MARRON. TESIA CASTANEO-CORONATA. (Burton.)
Tête et joues couleur marron des plus vives; dessus du corps d'un beau vert foncé uniforme; rémiges et rectrices noires; dessous du corps jaune jonquille; bec couleur de corne brunâtre; pattes d'un brun carminé.
Fig. 262. — Tésia à couronne marron.
TROISIÈME FAMILLE, — FORMICARINES.
Buffon est le premier qui ait bien connu les Fourmiliers et qui en ait donné une idée juste. Avant lui, on les regardait comme des Merles. Ils en ont en effet les caractères; mais, à ne les considérer que par la forme, il eût fallu en faire, dans le genre des Merles, une section, dont les caractères auraient été d’avoir la queue très-courte, et les pieds beaucoup plus longs à proportion que le Merle; ils sont conformés et modelés comme les Brèves, et, quoique ces derniers Oiseaux appartiennent à l’ancien continent, tandis que les Fourmiliers n’habitent que le nouveau, ils doivent, selon les lois suivies jusqu'à présent pour établir les méthodes, être placés dans le même geure (c'est-à-dire dans la même tribu). I n’y a d'autre différence extérieure entre les Brèves et les Fourmiliers, sinon que les premières ont des couleurs très-brillantes, et les Fourmiliers des couleurs sombres. (Maupuyr, Encyclop. méth.)
Plus heureux que Mauduyt, nous pouvons même les comparer relativement aux habitudes, puisque celles des Brèves nous sont connues, et qu'ainsi qu'on vient de le voir ces habitudes sont celles des Fourmiliers.
Les Fourmiliers proprement dits sont des Oiseaux de l'Amérique méridionale, qui ne ressemblent à aucun de ceux d'Europe, mais qui, pour la figure du corps, du bec, des pattes et de la queue, ont beaucoup de ressemblance avec ceux que nous avons appelés Brèves, et que les nomenclateurs avaient mal à propos confondus avec les Merles…
Dans la Guyane française, ainsi que dans tous les pays où l'on n’est pas instruit en histoire natu-
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relle, il suflit d'apercevoir dans un animal un, caractère ou une habitude qui ait de la conformité avec les caractères et les habitudes d'un genre connu pour lui imposer le nom de ce genre; c’est ce qui est arrivé au sujet des Fourmiliers. L'on a remarqué qu'ils ne se perchaient point, ou très-peu, et qu'ils couraient à terre comme les Perdrix; il n’en a pas fallu davantage pour ne plus les distinguer que par la taille, et, sans faire attention aux traits nombreux de dissemblance, on les a nommés, à Cayenne. petites Perdrix.
Mais ces Oiseaux ne sont ni des Perdrix, ni des Merles, ni même des Brèves; ils ont seulement comme ces dernières, pour principaux caractères extérieurs, les jambes longues, la queue et les ailes courtes, l'ongle du doigt postérieur plus long et plus arqué que les antérieurs, le bec droit et allongé, la mandibule supérieure échancrée à son extrémité, qui se courbe à sa jonction avec la mandibule inférieure, qu'elle déborde; mais ils ont de plus ou de moins que les Brèves (car nous ne connaissons pas la forme de la langue de ces Oiseaux) la langue courte et garnie de petits filets cartilagineux et charnus vers sa pointe : les couleurs sont aussi très-différentes..…. (Burron, Histoire naturelle des Oiseaux.)
Si on observe avec un peu d'attention les pieds de la plupart des espèces de Fourmiliers, on reconnait sans peine, à la longueur du doigt antérieur intermédiaire, dépassant de beaucoup les deux latéraux, à la brièveté des ongles antérieurs et au peu de courbure du postérieur, que ces Oiseaux sont essentiellement marcheurs; que leurs pieds, disposés pour la marche et peu propres à la prehension, comme ceux des Oiseaux percheurs, ont la plus grande analogie avec ceux des Alouettes, des Bergeronnettes et des Énicures. (De La Fresnave, Écho du Monde savant, 1856.)
En général, les Fourmiliers se tiennent en troupes, et se nourrissent de petits Insectes, et principalement de Fourmis, lesquelles pour la plupart sont assez semblables à celles d'Europe. On rencontre presque toujours ces Oiseaux à terre, c’est-à-dire sur les grandes fourmilières, qui commuvément, dans l’intérieur de la Guyane, ont plus de vingt pieds de diamètre. Ces Insectes, par leur multitude presque infinie, sont très-nuisibles aux progrès de la culture, et même à la conservation des denrées dans cette partie de l'Amérique méridionale.
L'on distingue plusieurs espèces dans ces Oiseaux mangeurs de Fourmis; et, quoique différentes entre elles, on les trouve assez souvent réunies dans le même lieu : on voit ensemble ceux des grandes el ceux des petites espèces, et aussi ceux qui ont la queue un peu longue et ceux qui l'ont trèscourte.
Tous ces Oiseaux ont les ailes et la queue fort courtes, ce qui les rend peu propres pour le vol; elles ne leur servent que pour courir et sauter légèrement sur quelques branches peu élevées. On ne les voit jamais voler en plein air : ce n’est pas faute d'agilité, car ils sont très-vifs, et presque toujours en mouvement; mais c’est faute des organes, ou plutôt des iustruments nécessaires à l'exécution du vol, leurs ailes et leur queue étant trop courtes pour pouvoir les soutenir et les diriger dans un vol élevé et continu.
La voix des Fourmiliers est aussi très-singulière : ils font entendre un cri qui varie dans les différentes espèces, mais qui, dans plusieurs, a quelque chose de fort extraordinaire, comme on le verra dans la description de chaque genre.
Les environs des lieux habités ne leur conviennent pas : les Insectes dont ils font leur principale vourriture, détruits ou éloignés par les soins de l'homme, s'y trouvent avec moins d'abondance; aussi ces Oiseaux se tiennent-ils dans les bois épais et éloignés, et jamais dans les savanes ni dans les autres lieux découverts, et encore moins dans ceux qui sont voisins des habitations. (Histoire naturelle des Oiseaux.)
A ces détails de mœurs, qui sont restés longtemps les seuls connus, et qui n'étaient que la reproduction des notes fournies à Buffon par Sonnini de Manoncourt, qui avait observé les Fourmiliers sur les lieux, M. Ménétriés en est venu ajouter de nouveaux qui, en les confirmant, complètent l'histoire de ces Oiseaux en ce qui concerne les Fourmiliers d'Amérique.
Les Fourmiliers que j'ai eu occasion d'observer au Brésil, dit ce voyageur, vivent dans les forêts vierges où dans les caponaires (terrains recouverts d'arbrisseaux qui succèdent aux défrichements des forêts vierges). Ils se nourrissent de Fourmis et autres petits Insectes; il est à remarquer que les Fourmis se rencontrent en énorme quantité dans les caponaires, au moins les espèces frugivores, car elles y trouvent une nourriture abondante.
Les Fourmiliers vivent à terre, et quelques espèces se voient aussi sur les petits buissons; ils sont très-vifs dans leurs mouvements, et sautillent continuellement.
Quelques-uns sont solitaires; mais, pour la plupart, ils vont par couples, et jamais en plus grand nombre que deux ou trois couples à la fois: leur chant varie selon les espèces.
Un fait assez remarquable au Brésil, c'est que presque tous les Oiseaux sont de passage partout où on les rencontre, car, dans les endroits où se fait la ponte, ils n’y restent que le temps nécessaire à l'éducation de leurs petits (quelques espèces pondent deux fois l'année), et les Oiseaux que l’oti pourrait considérer comme sédentaires sont si répaadus, que l'on ne peut décider s'ils sont aussi voyageurs que les autres. Dans un pays où la disette d'aliments ne peut être la cause de semblables émigrations, il faut donc conclure qu'ils changent de lieu, soit parce qu'ils se nourrissent de tel ou tel fruit, de tel ou tel Insecte qui ne vient qu'à certaines époques, soit enfin par des causes inconnues jusqu’à ce jour.
Les ailes courtes des Fourmiliers n’annoncent pas un grand vol chez ces Oiseaux, et par conséquent ne permettent pas de présumer qu'il y ait une émigration dans ces espèces, car, d'ailleurs, les Fourmis abondent pendant toutes les saisons dans ces contrées intertropicales. Du reste, il n°y a pas, Je crois, d'émigration parmi les espèces qui vivent solitaires, ou réunies en si petit nombre, ce qui me fit présumer que ces Oiseaux passent leur vie dans les lieux qui les ont vus naître, aussi eus je dès lors l'espoir de rendre l'histoire de ces Giseaux complète, et d'en étudier la manière de nicher.
Longtemps mes recherches furent infructueuses, et, comme J'avais donné commission aux chasseurs de m'apporter les nids qu'ils rencontreraient dans leurs courses, je leur montrai plusieurs espèces de Fourmiliers, entre autres celles qu'ils appellent Galinha do mato (Poule de bois), la Grallarie roi, en fixant un haut prix à cette découverte; mais ils me répondaient, à mon graud étonnement, que ces Oiseaux ne faisaient point de nids, et déposaient leurs œufs à terre, sans aucun apprêt. Je fis donc de nouvelles recherches, et, plus heureux cette fois, je parvins à m’assurer moimême de ce qui m'avait paru si extraordinaire au premier abord; je rencontrai en effet une espèce de nid, si l’on peut appeler ainsi une place faite à terre, sur des feuilles sèches, où étaient déposés plusieurs œufs; j'eus l'occasion alors d'examiner que ceux-ci étaient couvés alternativement par l'un des sexes, landis que l'autre pourvoyait à sa nourriture. (Wonogr. des Myioth.)
Ce fait si curieux diffère beaucoup de celui rapporté par Buffon sur la foi de Sonnini : « Les Fourmiliers, dit-il, construisent, avec des herbes entrelacées, des nids hémisphériques de deux, trois et quatre pouces de diamètre, selon leur propre grandeur, ils attachent ces nids ou les suspendent par les deux côtés sur des arbrisseaux à deux ou trois pieds au-dessus de terre : les femelles y déposent trois à quatre œufs presque ronds. »
Ce qui donne de l'importance à l'observation de M. Ménétriés, c'est qu'elle se rapporte aux divers geures qu'il a établis dans cette famille, et que l'observation de Sonnini ne se rapporte à aueun, ce qui implique erreur de sa part quant à l'application qu'il en fait aux Fourmiliers.
En relevant cette erreur, M. Ménetriés dit que probablement ce fait n'est applicable qu'aux espèces que Bullon figure, pl. pecvi, fig. 2, et nec, fig. À, ete , qui, ajoute-til, sont des Troglodites, ainsi que cela a lieu pour une partie des espèces de ce dernier genre
Les Fourmiliers, continue ce dernier ornithologiste, pondent plus particulièrement dans les mois d'août et de septembre, immédiatement après la saison des pluies, ce qui varie selon les localités; ils déposent à terre deux ou trois œufs blanchâtres variés agréablement de taches roussätres plus ou moins rapprochées; J'ai trouvé chez quelques espèces jusqu'à quatre et cinq œufs.
Ils couvent leurs œufs environ douze ou quiuze jours, après lesquels le petit accompagne la mère à la recherche de sa nourriture, à peu près comme le font les Gallinacés, et, après l’espace de huit ou dix jours, les jeunes s’éloignent déjà de leurs parents.
Je rencontrai plusieurs espèces en mue dans le mois de novembre.
L'agilité des Fourmiliers les rend très-difficiles à tuer; les bois vierges et les vieilles caponaires, où ils se tiennent habitueilement, sont si fourrés, qu'on ne peut guère les distinguer à plus de dix pas de distance; leur chant est trompeur à suivre, car, soit dans la manière de le moduler, soit par les mouvements fréquents de leur tête, il parait changer de direction à chaque instant.
Leur naturel est très-sauvage, quoique dans les bois ils se laissent approcher d'assez près. Ja
essayé d'en élever en cage plusieurs que j'avais pris dans des filets à Rossignol, mais ce fut toujours en vain, ils se débattaient tellement, que, malgré mes précautions, ils finissaient toujours par se tuer.
Leur squelette m'a présenté aussi quelques différences avec les espèces qui en sont voisines dans le système, et, sous ce rapport, il se rapproche davantage du squelette des Brèves, s’il faut en juger d’après le squelette de la Pitta brachyura, que possède l'Académie de Saint-Pétersbourg.
J'examinai avec soin leur sternum, qui, dans un système artificiel, est plus important qu'on ne l'a eru d'abord, la conformation de cette partie variant beaucoup selon les différentes familles.
Chez les T'etrao, et plus encore chez les Tinamus, Cuvier, Temminck; Crypturus, Illiger, le sternum se prolonge jusqu’au bassin, comme pour loger les muscles pectoraux, qui sont extrêmement développés; en cela, les Fourmiliers leur ressemblent un peu, en ce que le sternum, sans être dilaté à ce point, l’est cependant beaucoup plus que celui des Merles, etc.; la clavicule, ou fourchette, est beaucoup plus courbe que chez les Merles, et descend davantage en avant, ce qui fait que le sternum, sans être de beaucoup plus long que celui des Merles, se rapproche bien davantage du bassin; mais, comme nous l'avons déjà vu, ce n’est pas la seule analogie que ces Oiseaux ont avec les Gallinacés : leurs petits, qui accompagnent la mère presque au sortir de l'œuf, puis quelques traits de leur conformation extérieure, tels que leurs ailes et leur queue courtes, leurs longues jambes, etc., leur donnent, au moins pour les espèces de Myioturdus (nos Grallaries), une assez grande ressemblance avec ceux-ci.
Aussi les habitants les nomment-ils Perdiz (Perdrix), ou Galinha do mato (Poule de bois). (Monograph. des Myioth.)
Pendant longtemps, le genre Fourmilier, Myiothera des auteurs, ainsi que ses subdivisions, ont été peu caractérisés par suite des difficultés qu’on rencontre lorsqu'il s’agit d'en fixer les limites, car ces Oiseaux paraissent s’allier par des espèces intermédiaires avec plusieurs autres de leurs congénères. En outre, ce genre a servi de refuge à un grand nombre d'Oiseaux que l’on ne savait où placer, de façon que les naturalistes ne sont point d'accord sur les espèces qui doivent entrer dans ce genre. (d.)
Ainsi, la plus grande confusion régnait pour les Fourmiliers entre Iliger, Cuvier. Vieillot, Lichfenstein, Swainson, Temminck et Lesson.
M. Ménétriés est le premier qui soit venu jeter un grand jour au milieu de cette confusion, trait de lumière que l’on a trop négligé depuis, et dont la science pouvait tirer plus de profit.
Quoiqu'il ne soit pas facile, dit ce monographe, d'établir des divisions dans ce groupe d'Oiseaux, que les formes extérieures semblent éloigner les uns des autres, tandis que les mœurs les rapprochent si intimement, je proposerai de considérer les Fourmiliers comme une famille naturelle, caractérisée par un genre de vie tout particulier à ce groupe d'Oiseaux, et si différent en même temps de celui des Lanidw, Merulidæ, avec lesquels ils ont beaucoup d’affinité par plusieurs de leurs caractères extérieurs.
En conséquence, M. Ménétriés, formant des Fourmiliers une famille, à laquelle il donne le nom de Myiotherinæ, créé par Swainson et Richardson, la compose de six genres :
4° Myioturdus (Grallarie de Vieillot), Boié:
2° Myrmothera, Vieillot;
3° Formicivora, Svainson, dans lequel il comprend les espèces asiatiques, et qu'il subdivise en cinq sections;
4 Leptorhynchus, Ménétriés;
o° Oxypyga, Ménétriés;
6° Conopophaga, Vieillot.
En fixant, ainsi qu'on l’a vu, les doutes qui s'étaient élevés sur les mœurs des diverses coupes projetées ou essayées pour cette famille, M. Ménétriés a beaucoup simplifié le travail à faire, sans doute; mais nous ne partageons pas son avis, quant à la réunion en une seule famille de tous les genres qu'il fait entrer dans le cadre qu'il en a donné; et nous ne considérons comme véritablement Fourmiliers, à l'instar de Buffon, et de l'avis même de M. Ménétriés, que le premier de ses genres, ses Myioturdus, auxquels on en peut joindre deux autres, que nous indiquerons tout à l'heure.
Lesson composait sa famille des Fourmiliers, dans laquelle il faisait entrer les espèces asiatiques, ou Timalies, des cinq genres suivants, dont plusieurs avaient leurs sous-genres :
4° Fourmilier (Myrmothera), Vieillot; 90 Mérulaxe (Merulaxis), Lesson;
3° Gralline;
4° Cincle;
5° Troglodyte (Troglodytes), Cuvier.
Swainson, suivant à peu de chose près les mêmes erreurs, sous le nom de Myiotherinæ, ÿ plaçait les genres :
1° Dasycephala, Swainson: 2% Myiothera, INliger;
5° Drymophila, Swainson; 4 Brachypteryx, Morsfield; o° Myiocincla, Swainson; 6° Pithys, Vieillot;
Te Pitta;
8 Chlorisoma, Swainson; 9° Grallaria;
10° Myiophonus, Temminck; 41° Cinclus.
M. Gray, sous le nom de Formicarinæ, y comprit les genres :
1° Eupetes;
2 Dasycephala;
3° Malacopteron, Eyton;
4° Brachypteryx;
5° Hacronus, Jardine et Selby; 6° Sclerurus, Swainson;
7° Formicarius, Boddaert;
8° Formicivora, Swainson;
% Grallaria; 10° Pitta; 11° Philepiuta, Isidore Geoffroy Saint-Ililaire; 12° Myiophonus;
15 Cincle (Hydrobata), Vieillot.
Enfin, M. Ch. Bouaparte, en faisant sa trente-deuxième ou trente-quatrième famille, sous le nom de Myiotherideæe, les a divisés en deux sous-familles :
T'amnophilin«æ, composée des genres :
1° Cymbilaimus, Gray;
2 Thamnophilus, Vieillot; 3° Dasycephala;
4° Dysithamnus, Cabanis; d° Herpsilochmus, Cabanis, 6° Formicivora;
7° Rhopoterpe, Cabanis;
8° Ellipura, Cabanis;
9° T'hamnomanes, Cabanis; 10° Ramplhocænus, Nieillot;
Et Myiotherinæ, composée des genres :
1° Drymophila;
2% Pyriglena, Cabanis; 3° Hypocnemis, Cabanis; 4° Holocnemis, Stickland; 5° Püthys;
6° Conopophaga;
7° Corythopis, Sundeval:
8° Grallaria;
9° Hypsibemon, Cabanis; 10° Chameæza, Nigors;
11° Myiothera;
12° Ptcroptochus:;
13° Rhinocrypta, Gray;
14° Hylactes, King:
15 Triptorhinus, Gabanis:
16° Sarochulinus, Cabanis; 17 Seytalopus, Gould;
18° Sylviaxis, Lesson;
190 Chamuwæa, Gambel.
Ce nombre de genres peut paraître exagéré; mais il faut dire que, depuis le jour où M. Ménétriés a publié sa Monographie des Myiothères ou Fourmiliers, le ombre des espèces à quadruple. Pour nous, les Formicarinés se restreignent aux genres suivants :
1° Grallarie (Grallaria ;
90 Fourmilier (Formicarius), Boddaert; 3° Conopophage (Conopophagu);
4° Pithys;
5° Sclérure {Sclcrurus), Swainson.
Nous renvoyons tous les autres genres à longue queue, jusqu’à présent rangés dans les Formicarinés, avec les Tamnophilinés où Myiothérinés.
A GENRE. — GRALLARIE. GRALLARIA. (Vieillot.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec de la longueur de la tête, droit, garni de petites soies à la base, un peu fort, convexe en dessus, à dos un peu caréné, comprimé par les côtés; mandibule supérieure échancrée et courbée vers le bout : l'inférieure entière.
Narines larges, ouvertes, à demi cachées par les plumes du front.
Ailes courtes et arrondies, surobtuses; la prenuère rémige courte, les quatrième et cinquième les plus lonques de toutes, les secondaires allongées.
Queue très-courte.
T'arses élevés, largement scutellés, du double plus longs que le doigt médian : celui-ci uni à sa base avec les latéraux; ongles antérieurs très-courts et peu courbés : celui du pouce le plus long, mais moitié de longueur de ce doigt, et plus courbé.
artie inférieure de la jambe nue; langue épaisse, courte, bifide à la pointe.
Ce genre, qui, lorsqu'il a été créé, ne contenait qu'une espèce distraite par Vieillot de la famille des Fourmiliers, le Roi des Fourmiliers (T'urdus rex de Gmelin), en renferme aujourd'hui quatorze,
toutes de l'Amérique tropicale. Nous figurons le type de Vieillot, le Roi des Fourmiliers (Gralluvia rex).
Fig 263. — Grallaria squamigeru
La voix des espèces de ce genre est remarquable par sa singularité, et a servi par là à Buffon pour en dénommer plusieurs. Anssi la Grallarie grand Beffroi (Grallaria tinniens) doit son nom au son singulier qu'elle fait entendre le matin et le soir; il est semblable, dit cet auteur, à celui d'une cloche qui sonne l'alarme. Sa voix est si forte, qu'on peut l'entendre à une grande distance, et l'on a peine à s’imaginer qu'elle soit produite par un Oiseau de si petite taille, Ces sons, aussi précipités que ceux d'une cloche sur laquelle on frappe rapidement, se font entendre pendant une heure environ : il semble que ce soit une espèce de rappel comme celui des Perdrix, quoique ce bruit singulier se fasse entendre en toutes saisons et tous les jours, les matins au lever du soleil, et les soirs avant son coucher.