‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 26 sur 35 · SAN · texte numérisé non relu

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Fig. 96%. — Grallaria squamiqera

Toutes les espèces que l'on connait jusqu'à ce jour, dit M. D'Orbiguy, ont été rencontrées à l'est des Andes, et seulement dans les régions chaudes et boisées du Brésil, de la Guyane, de la Bolivie, Nous ne les avons jamais aperçues sur les montagnes un peu élevées (1); mais dans les forêts des plaines, encore dans les plus étendues, le plus souvent humides et chaudes, bien que ces Uiseaux entrent aussi dans les halliers. Seuls dans leur série, ils préfèrent les forêts vierges aux fourrés, quoique leurs mœurs soient tout à fait terrestres. On les voit d'ordinaire parcourir, isolés, l'intérieur des bois, toujours marchant, sautillant avec une rapidité extrême entre les broussailles, se blottissant lorsque quelque objet les épouvante. Ils ne se perchent que très-rarement; ils voyagent d’un lieu à l’autre, parcourant toute l'étendue des contrées qui se trouvent dans les mêmes conditions, sans jamais émigrer, comme beaucoup d’autres Passereaux; d'ailleurs, la brièveté de leurs ailes s'opposerait, en eux, à un vol prolongé. Ils se tiennent de préférence au milieu des lieux sau

(1) Nous verrons tout à l'heure qu'il y a des exceptions,

vages, où ils sont peu troublés dans leur manière de vivre. C’est là principalement qu'ils font entendre, le matin, un chant sonore, répété par l'écho; mais ils se taisent aussitôt qu'ils ont peur. Leur nourriture consiste en Insectes, qu'ils cherchent à terre, entre les feuilles mortes. [ls préfèrent les Fourmis. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)

Ils nichent à terre.

GRALLARIE DE MONTAGNE. GRALLARIA MONTICOLA. (De La Fresnaye.)

Cette Grallarie, qui a les plus grands rapports de coloration avec ses congénères, principalement avec la Grallaria Guatimalensis, Klor. Prévost (Zoologie du voyage de la Vénus), dont elle est aussi voisine pour la taille, est en dessus d'un brun olivâtre uniforme, mais à reflets plutôt grisâtres que verdâtres; les couvertures caudales supérieures, de même que quelques-unes des petites couvertures alaires, sont rousses, striées transversalement de noirâtre; sa gorge est blanchâtre dans son milieu, et sur ses côtés d'un blond vif qui se retrouve vers le milieu du ventre; le lorum et les joues sont d'un blanc jaunâtre grivelé de noir, et les flancs sont d’un brun obscur; le bec est noir, les tarses sont bruns.

Longueur totale : 0,17. (0. Des Murs, /conographie ornithologique.)

Cette espèce, la plus récemment décrite, a été découverte par M. Delattre. Ce voyageur ne l'a trouvée dans les Andes du Pérou, dit M. De La Fresnaye, qu'à une élévation où la température est déjà froide, au-dessus de Pasto. Aux environs de Pasto, elle trouve encore des Fourmis, mais à une lieue de là, en s’élevant, elle y supplée par d’autres Insectes et de petits Vers; son cri est fort comme celui du Rossignol. (Revue zoologique, 1847.)

Fig. 265. — Grallarie roi des fourmiliers.

Que GENRE. — FOURMILIER. FORMICARIUS. (Boddaert )

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec de la longueur de la tête, droit, fort, convexe en dessus, comprimé et crochu à son extrénuté; mandlibule inférieure droite sur la moitié de sa longueur, à partir de sa base.

Narines ovales, percées très en avant des plumes du front, dont elles sont tout à fait détachées, et ouvertes dans une petite fosse.

Ailes et queue conune dans le genre Grallarie; lu queue très-légèrement étagée.

Tarses longs, forts, plus longs que le doigt médian; doigts peu longs, l'intermédiaire réuni, par sa base, à l’externe, les autres séparés.

Ce qui différencie surtout ce genre du genre Grallarie, c’est un large espace nu plus ou moins vivement coloré qui entoure l'œil et se prolonge en arrière; une langue bifide cornée, un peu frangée; les plumes coccygiennes courtes et non touffues.

Quatre espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Fourmilier taché de noir.

M. D'Orbigny donne aux Oiseaux de ce genre, dont il fait ses Myiothères, les mêmes mœurs qu'aux Grallaries. Ils se tiennent toujours à terre, en retournant les feuilles pour chercher les Insectes dont ils se nourrissent, y courant avec légèreté, surtout sous les fourrés des champs abandonnés. On a de la peine à les faire s'envoler, et leur vol alors est court et lourd. Leur chant est sonore et se fait répercuter par l'écho des forêts; on l’entend surtout lorsqu'ils changent de place. Ils se posent quelquefois sur les branches basses des buissons.

FOURMILIER À DERRIÈRE ROUX FORMICARIUS ANALIS. (D'Orbigny, De La Fresnaye, Gray.)

Toutes les parties supérieures brun olivâtre, plus foncé sur la tête, passant au roux au croupion; dessous cendré bleuâtre; gorge et devant du cou noirs; milieu du ventre blanchâtre; rémiges noirâtres, bordées de verdâtre; base des rémiges en dessous et couvertures inférieures de l'aile roux clair, tacheté de noirâtre; couvertures inférieures de la queue roux vif, un large espace nu, blanchâtre autour des yeux; yeux roux; pieds violets.

Longueur totale : 0m,19. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)

Découverte par M. D'Orbigny au centre de la République de Bolivia, au milieu des immenses forêts qui séparent Santa-Cruz de-la-Sierra de la province de Chiquitos ou dans celles du pied oriental des Andes, à Yuracarès.

Fig. 266. — Fourmilier taché de noir.

on GENRE. — CONOPOPHAGE. CONOPOPHAGA. (Nieillot.)

KwvwŸ, Puceron; #2ÿw, je mange.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec assez court, avec l'arète fortement marquée; à base dilatée, assex déprimée; pointe assez subitement courbée, échancrée; mandibule inférieure arrondie en dessous, peu courbée. Narines ovoides et ouvertes.

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Ailes courtes, un peu arrondies, la première penne la plus courte, les quatrième et cinquième les plus longues.

Queue très courte, à pennes molles presque égales.

T'arses allongés, anne'és; doigts longs, les latéraux presque égaux entre eux, l'interne libre, mais l'externe réuni jusqu'à la deuxième articulation.

Fig. 267. — Conopophaga aurita. Fig. 268. — Conopophaga aurita.

Les plumes coccygiennes longues et soyeuses.

Ce genre, dans lequel, ainsi que M. Ch. Bonaparte, nous ne comprenons que les Conopophages à queue courte, renferme aujourd’hui onze espèces dont une seule était connue de Buffon, toutes de l'Amérique méridionale.

Nous figurons le Conopophage perspicillé.

Ce geure, malgré l'exemple donné par Buffon, a, depuis lui, constamment eté rangé par les auteurs dans les Gobe-Mouches. M. De La Fresnaye est le premier qui soit revenu au sentiment de Buffon, qu'il a défendu en ces termes : Je suis étonné, dit-il, que la plupart des auteurs aient détache de la famille des Fourmiliers, où Buffon les avait placées, les espèces formant le genre Conopophage de Vieillot, pour les placer avec les Gobe-Mouches; car, d'après l’ensemble de leurs formes, la longueur de leurs tarses et de leurs doigts, la brièveté de leur queue et de leurs ailes, et même leur genre de nourriture, qui consiste en Fourmis selon Buffon et Guvier, ils semblent bien plutôt appartenir à la famille des Fourmiliers qu’à celle des Gobe-Mouches, qui, destinés à saisir leur proie en volant et à peu marcher, par conséquent, ont presque tous les tarses de longueur moyenne, les doigts courts et faibles, et les ailes allongées. (Magasin de Zoologie, 1858.)

M. Ch. Bonaparte a partagé cette opinion, à laquelle nous nous empressons de nous rallier.

Tous les Conopophages connus ont été rencontrés à l’est des Andes et seulement dans les régions intertropicales chaudes; car jamais, dit M. D'Orbigny, nous n’en avons vu à plus de quatre ou cinq mille pieds au-dessus du niveau de la mer, encore dans les bois exposés à l’est ou au nord-est, et continuellement échauffés par les rayons du soleil. Ils vivent tantôt au sein des immenses forêts vierges, tantôt dans les halliers. Nous les avons rencontrés, soit dans les bois les plus chauds et les plus humides, soit dans les bois constamment secs et peu feuillés. [ls voyagent toujours isolés ou deux ou trois ensemble, se tenant tantôt à terre, tantôt sur les branches basses des halliers, ou même se perchant sur les arbres. Beaucoup moins terrestres que les Fourmiliers, ils se perchent aussitôt qu'ils éprouvent des craintes. Ils courent avec agilité à terre et volent peu, car leur vol est bas, lourd et surtout des plus courts; ils se tiennent le plus souvent dans les lieux sauvages, loin des habitations, sifflant là d'une manière assez monotone; 1ls vivent d'Insectes et de leurs larves. M. le prince de Neuwied a rencontré un nid d'une des espèces du genre placé à trois pieds au-dessus du sol et contenant trois œufs ponctués. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)

CONOPOPIHIAGE À TÊTE ROUSSE. CONOPOPHAGA RUFICEPS (De La Fresnaye.)

lest en dessus d'un olive foncé, plus clair en dessous, avee le milieu de la poitrine ct du ventre d'un olive blanchâtre; la tête est d'un brun roux foncé avec la gorge plus pâle; les ailes et la queue,

uoirètres, ont toutes leurs plumes bordées du même brun que la tête. Le bec est noir avec la mandibule inférieure d'un blanc jaunâtre, caractère presque général chez les Conopophages. Les tarses et les doigts, très-allongés, paraissent d'une teinte livide.

Longueur totale. . . . . 0,10; — OU tarse 07027

Il vient de Colombie.

Cette petite espèce de Conopophage ne peut être considérée que comme espèce de transition; car, si son bec un peu élargi la rapproche des Todirostres, la longueur de ses doigts l'en éloigne et la place, ainsi que tout son ensemble, dans les Conopophages; seulement c'est un Conopophage à bec peu dilaté, comme il s’en rencontre déjà quelques-uns s’éloignant plus ou moins des espèces types. (De La Fresxaye, Magasin de Zoologie, 1844.)

Fig 269. — Conopophage perspicillé.

4m GENRE. — PITHYS. PITHYS. (Vieillot.)

Ile: court, ramassé, comme un tonneau

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec-de la longueur de la tête où un peu plus long, droit, grêle, comprimé, à arête vive, à mandibule recourbée à la pointe. ’

Narines arrondies, petites, percées sur le rebord des plumes du front et en partie cachées par celles-ci.

Ailes moyennes, subobtuses, à troisième rémige la plus longue.

Queue courte, rectiligne.

Tarses grèles, scutellés, de la longueur du doigt médian; doigts grèles, l'intermédiaire réuni à l'externe et à l'interne jusqu'à la seconde articulation, qu s'y trouve engagée; le pouce et son ongle très-longs, ce dernier recourbé.

Quatre espèces de l'Amérique méridionale; car nous y réunissons, comme M. De La Fresnaye, le Palikour de Buffon, malgré la nudité du tour de l'œil, qui a pu seule motiver le genre Rhopoterpe qu'en avait fait Cabanÿs. Nous figurons le Pithys à front blanc.

PITIHYS A SOURCILS BLANCS. PITHYS LEUCOPHRYS. (Cabanis )

En entier d'un noir intense luisant; les yeux surmontés d'un large sourcil blanc prenant naissance à la base du bec et descendant jusqu'au méat auditif. Longueur totale : 0,195.

Du Pérou.

Fig. 270. — Pithys,

5me GENRE. — SCLÉRURE. SCLERURUS.

Exn2cs, dur; «52, queue.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec aussi long que la tête, droit, très peu courbé vers la pointe, qui est échancrée, un peu déprimé à sa base, et comprimé sur le reste de la longueur; mandibule inférieure droite, se relevant un peu depuis sa moilié jusqu'à son extrémité, qui est pointue.

Narines basales, latérales, oblongues et presque entièrement ouvertes.

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Fig. 271. — Selerurus caudacutus Fig. 272 — Scierurus caudacutus.

Ailes un peu allongées, peu arrondies, surobtuses, la première penne la plus courte, lu seconde beaucoup plus lonque, et la quatrième et la cinquième les plus longues et à peu près égales.

Queue médiocre, plus ou moins étagée, les pennes larges, à tuyaux roides, et dénuées de bar bules à l'extrématé.

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