NE
— 'Fraquel Stapazin
2 — Coq de Bruyères
Tarses médiocres; doigts longs, celui du milieu, y compris l'ongle, aussi long que le tarse; l'interne soudé à la base et assez court; l'externe réuni jusqu'à la seconde articulation et seulement de deux lignes plus eourt que celui du milieu; ongles forts, peu courbés, celui du doigt postérieur médiocrement courbé et presque le double de la longueur des autres. (Mévériés, Monographie des Myiothères.)
Trois espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Sclérure à queue aiguë, l'espèce type.
Cet Oiseau, dit M. Ménétriés, en parlant de l'espèce type, dont il avait fait son genre Oxypiga, vit solitaire dans les vieilles caponaires, sautille continuellement à terre et se fourre souvent dans les broussailles; il grimpe aussi sur les vieux troncs d'arbres, où il cherche ces grosses Fourmis frugivores qui abondent dans ces parages; son cri est analogue à celui de notre Moineau (Fringilla domestica); le prince de Neuwied nous apprend que son T'inactor fuseus (nom qu'il a donné à la même espèce) jette les feuilles en l'air, etc., ce que je n'ai pas remarqué.
Dans un trou de Fourmilière termite, je trouvai à deux reprises différentes des œufs roussâtres tachetés de couleur plus foncée; ces œufs restèrent environ quinze jours à éclore, après lesquels en sortit le jeune Oiseau couvert de duvet roussâtre, ayant les pennes des ailes et de la queue développées de six lignes; je fus chaque jour visiter l'endroit. et le troisième jour ces petits avaient disparu. (Monographie des Myiothères.)
IL y a un rapprochement bien curieux à faire entre cet Oiseau et un genre reposant aussi sur une espèce unique d'Australie, l'Orthonyxæ, dont nous parlerons bientôt; tous deux organisés de même, sauf la forme du bec, et tous deux ayant les mêmes habitudes.
Quoique le genre Sclérure ait, ainsi que l'observe M. Ménétriés, quelques rapports avec les Picucules, nous croyons que c'est à tort que M. Ch. Bonaparte l'a rétiré de la famille des Fourmiliers, à laquelle il appartient par ses mœurs, pour le placer parmi ses Passereaux grimpeurs. Si un rapprochement était à faire du Sclérure, ce serait plutôt, nous le répétons, de l'Orthonyx.
SCLÉRURE A QUEUE AIGUË. SCLERURUS CAUDACUTUS. {Vieillot, Swainson.)
Cette espèce a la forme assez ramassée; la queue est peu étagée, composée de pennes larges à bagueltes très-roides et dont l'extrémité est dénuée de barbules; les pennes latérales sont assez singulièrement découpées au bout, la seconde penne latérale n’est déjà pas si obliquement coupée, et la troisième ne diffère pas des suivantes.
Tout le dessus de l'Oiseau est d'un brun roussâtre, à plumes grises à la base; celles de la tête sont faiblement bordées de couleur plus foncée, et celles du dos sont aussi marquées de cette dernière teinte sur leur milieu; le dessous du bec et la gorge sont d'un blanc sale, avec la pointe de chaque plume brune; la poitrine est d’un brun ferrugineux, avec les baguettes des plumes d’une teinte plus claire; tout le reste du dessous est d'un brun à reflets roussâtres; le bas du dos et les couvertures supérieures de la queue sont d’un ferrugineux vif, la queue a la base des plumes latérales d’un brun roussâtre, le reste est d'un noir luisant en dessous; les baguettes des pennes sont d’un noir très-luisant en dessus; iris brun ainsi que le bec, dont la mandibule inférieure est blanchâtre; pattes brunes; ongles d’un brun grisätre.
Longueurntotale "0" 17.
— dela queue. . . . 0,055.
Cette espèce est commune dans la province de Rio-de-Janeiro, surtout dans les vieilles capopaires, près de Sumidorio, à environ quarante lieues de la capitale; on la trouve rarement dans la province de Minas-Geraes. (MÉNÉrRIÉS.)
QUATRIÈME FAMILLE. — MÉGALONYCINÉS.
Nous créons cette famille, qui représente du reste celle des Rhinomydés de M. D'Orbigny, pour des Oiseaux que Swainson, Lesson et M. Gray, malgré l'exemple contraire de MM. Ménétriés et D'Orbigny, ont isolés à tort des Fourmiliers, auxquels ils appartiennent, le premier les comprenant parmi ses Crateropodineæ, et les derniers avec les Menurinæ.
IL est impossible en effet, pour nous servir des termes de M. D'Orbigny, de ne pas reconnaitre les caractères qui rapprochent les Mégalonyx et les Rhinocryptes des Formicarinés; l'ensemble de leurs formes, la brièveté de leurs ailes, la grandeur de leurs tarses et de leurs doigts, en rapport avec leurs habitudes buissonnières et terrestres, les unissent plus intimement encore à cette dernière famille, S'ils paraissent s’en éloigner par le peu de longueur et par la configuration de leur bec, ce ne sera que dans l’ensemble, car nous venons de voir que, chez les Formicarinés, cette partie subit aussi de grandes modifications, se trouvant assez élevée chez les uns, allongée chez les autres; ainsi, le bec un peu plus arqué chez les Mégalonycinés ne doit pas empêcher de les grouper tout auprès.
Lesson, d’après la longueur des ongles des Mégalonyx, rapprochait ces derniers des Mégapodes et des Ménures; mais ceux-ci, les Mégapodes surtout, n'ont pas les ongles semblables; ils les ont longs, déprimés, élargis à leur base, aigus à leur extrémité, semblant destinés à assurer leur marche sur les sables mouvants; tandis que ceux des Mégalonycinés, comprimés plutôt que déprimés et usés à leur extrémité, annoncent des Oiseaux marcheurs, grattant la terre ou vivant sur des terrains rocailleux. Cette différence, ainsi que des mœurs toujours très-distinctes, font penser que tous les rapprochements avec les Mégapodes ne seraient que forcés et peu naturels.
Le caractère le plus essentiel des Oiseaux de cette famille est la forme des narines, toujours recouvertes d’un opercule cartilagineux bombé, de sorte que l'ouverture est au-dessous, comme une fente longitudinale. Leur plumage est lâche et de couleurs sombres, roux et blanchâtre.
Ils sont en général spécialement marcheurs et buissonniers, ne se perchent presque jamais, courent à terre avec vitesse, y grattent, ce que fait aussi le Sclérure à queue aiguë, et volent très-peu; tous relégués dans l'Amérique méridionale, sur les parties situées au sud du trente-quatrième degré de latitude, à l’est et à l’ouest des Andes; ainsi, non-seulement leurs caractères, mais encore leurs mœurs et leur distribution géographique, en font le groupe le plus naturel. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)
Cette famille renferme les genres suivants :
4° Leptonyx (Leptonyx), Swainson:
2e Rhinocrypte, Rhinocrypta;
3° Mégalonyx (Megalonyx), Lesson; 4 Triptorhin, Triptorhinus;
59 Mérulaxe (Merulaxis), Lesson; 6° Scytalope, Scytalopus.
4e GENRE. — LEPTONYX. LEPTONYX. (Swainson, 1821.
Aërres, faible; cv, ongle
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec moins long que la tête, fort, aussi haut que large à la base, comprimé sur les côtés jusqu'à la pointe, qui est échancrée, mais non crochue.
Narines percées en fente longitudinale au-dessous d'un large opercule ovale.
Ailes courtes, concaves, surobtuses, les quatrième, cinquième, sixième et septième rémiges les plus longues.
Queue médiocre. étagée.
T'arses forts, garnis de scutelles; doigts robustes, le médian avec son ongle de la longueur du tarse; ongles recourbés, pointus et comprimés, celui du pouce le plus fort.
CN |} NN 5) EN Fig. 275. — Leptonyæ rubecula. Fig. 274 — Leptonyx rubecuta.
Tête grosse; plumes coccygiennes très-longues et soyeuses.
Deux espèces de l'Amérique méridionale et occidentale. Nous figurons le Leptonyx à col blanc.
Les Leptonyx, dit M. D'Orbigny, qui comprenait sous cette dénomination les Mégalonyx, doivent, par leur distribution géographique, être placés ensemble, car tous sont relégués, surtout sur les parties les plus méridionales du continent américain, à l'est et à l’ouest des Andes, s'avançant à peine vers le nord, encore du côté des montagnes, jusqu'au trente-quatrième degré. Comme on l’a vu aux caractères de la famille, tous sont buissonniers. constamment sur le sol, où ils vivent sédentaires, courant avec vitesse, volant peu. Chaque espèce se cantonne dans une région qui lui est propre. Îls ne cessent en courant de relever la queue verticalement, comme les Troglodytes. (Voy. dans l'Amér. mér.)
C'est cette habitude qui a sans doute engagé M. Gray, qui comprenait les Oiseaux qui nous occupent dans sa famille des Ménurinés, à y comprendre également ce dernier genre.
Nous avons suivi, quant au nom à adopter entre tous pour ce genre, le sentiment que M. D'Grbigay exprimait en ces termes dans son voyage : M. Swainson, dès 1821 (Zool. üll., 9° série, n° 26, pl. exvn), a bien décrit et bien figuré, sous le nom de Leptonyæ, l'espèce la plus commune de ce genre. Nous devons donc nous étonner que, neuf ans après, presque simultanément, en Russie, en France et surtout en Angleterre, patrie du naturaliste qui en a donné la description, on lui ait imposé de nouvelles dénominations génériques; ce qui montre d’abord que les caractères de cet Üiseau sont assez marqués pour avoir frappé tous ces auteurs à la fois, et prouve ensuite que, pour ne pas surcharger la science d'une synonymie tout à fait gratuite, on ne saurait mettre trop de soin à s'assurer si le nouveau groupe qu'on veut former ne l'a pas été déjà. j
Nous sommes même surpris que M Ch. Bonaparte n'ait pas maintenu cette restitution de préfé-
rence au nom de Pteroplochus, créé par Kitilitz en 1830, et adopté depuis par M. Gray seulement,
Fig. 275. — Leptonyx à col blanc,
LEPTONYX RUBÉCULE. LEPTONYX RUBECULA. (Kituitz, D'Orbigny et De La Fresnaye.,
Front et moitié du dessus de la tête, joues, côtés du cou et flancs gris foncé; base du bec, tour des mandibules, jusqu'à l'œil, côté externe de l'œil, menton, gorge, cou et poitrine d’un beau roux vif; tout le dessus du corps brun olivâtre; ailes et queue, ainsi que l’abdomen et la région anale, brun roussâtre; bas de l'estomac et sommet du ventre blancs, rayés transversalement de noir; bec brun; pieds brun pâle.
Longueur totale : 0,164.
De Valdivia, au sud du Chili.
2me GENRE. — RHINOCRYPTE. RHINOCRYPT'A. (G. R. Gray.) Piv, nez, narinc; xzurTtn, fosse.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec médiocre, assez court, comprimé, arrondi et arqué en dessus, légèrement denté près de l'extrémité de la mandibule supérieure; mandibule inférieure droite, non échancrée à son extrémité.
Fig. 276. — Rhinocrypta lanceolata. Fig. 277. — Rhinocrypta lanceolata.
Narines, placées dans une cavité profonde de la base du bec, formant une fente longitudinale, re-
couverte par un opereule ovale fortement convexe. |
Ailes très-courtes, obtuses, La première rémige très-courte, la quatrième la plus longue; toutes n'arrivant qu'à la base de la queue.
Queue assez longue et étagée.
T'arses forts et longs; doigts très-robustes, le médian égal en longueur au turse; ongles assez longs et peu arqués.
Une seule espèce du Chili et de la Patagonie, la Rhinocrypte lancéolée, découverte par M. D'Grbigny et décrite pour la première fois, en 1832, par M. [sidore Geoffroy Saint-Hilaire sous le nom générique de Rhinomya, qui, ayant été précédemment employé dans une autre branche, a dù faire place à celui qui précède. Nous en donnons la figure et la deseription.
M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, dans la savante Notice qui accompagnait sa description, et à la suite d’intéressantes considérations sur les rapports de sa Rhinomye, la rapprochait des Geais, avec lesquels il lui trouvait de l’analogie, et indiquait ensuite sa place entre les Mainates et les Martins.
M. D'Orbigny, suivi depuis par presque tous les auteurs, se fondant sur les caractères et les mœurs de cet Oiseau, lui a restitué sa vraie place en le mettant près des Fourmiliers, avec lesquels, selon lui, il a des rapports encore plus immédiats.
Quand on compare les Leptonyx aux Rhinomyes, dit ce voyageur, il est impossible de ne pas reconnaître que ce sont des animaux on ne peut plus voisins, qui ne diffèrent qu'en ce que le bec de la Rhinomye et son ongle du pouce, qui n'est pas arqué, sont un peu plus courts. Nous retrouvons d’ailleurs ce dernier caractère dans les Leptonyx pitioïdes, tandis que toutes les autres parties sont absolument semblables. La brièveté des ailes, la force des tarses, la longueur des doigts, dénotent pour les uns et pour les autres des Giseaux spécialement marcheurs; aussi les Rhinomyes et les Leptonyx ne se perchent-ils presque jamais et mènent-ils, au contraire, absolument le genre de vie des Myiothères, dont tous leurs caractères et leurs mœurs les rapprochent iatimement, ainsi qu'on peut le reconnaitre par la comparaison des formes.
La Rhinocrypte se tient ordinairement dans les haies et les buissons les plus épais; lorsqu'elle en sort, elle s’en éloigne peu et s’y réfugie au moindre bruit Aussi ne l’aperçoit-on que très-rarement, et il est difficile de se la procurer, quoiqu'on l'entende souvent. Lorsqu'elle est sans crainte, elle fait entendre une ou deux fois par minute, tout en marchant ou en sautant dans les buissons, un petit cri modulé que rendent assez bien les syllabes clot-clot. Inquiétée, elle se tait aussitôt, s'enfuit et se cache. Lorsque la tranquillité est rétablie et que son inquiétude a cessé, on la voit avancer la tête entre les branches, regarder de tous côtés et sortir enfin en sautillant; sa buppe est alors redressée et sa queue dirigée presque verticalement, d’où le nom de Gallito ou Petit-Coq, qu'on lui donne quelquefois en Patagonie. Ses mouvements sont en général pleins de grâce et de vivacité, et les mouvements de sa huppe varient et animent sa physionomie.
La Rhinocrypte vole peu ou mal; jamais elle ne s'élève que de quelques pieds au-dessus du sol, et on ne la voit guère franchir par le vol une distance de plus de douze ou quinze pas. Il est rare qu'on l'aperçoive sur les branches un peu élevées des arbres, et c'est presque à terre qu'elle fait son nid. Au contraire, elle saute et court avec beaucoup d’agilité; souvent même on la voit, comme l'Autruche, s’aider de ses ailes pour la marche et s'enfuir rapidement avec une allure qui n'est exactement ni le vol ni la marche, mais qui tient de tous deux.
Cet Oiseau vit isolé, mais il en existe en général dans la même contrée un assez grand nombre d'individus qui semblent s'appeler et se répondre presque à chaque instant. Il se nourrit principalement d'Insectes, d'Araignées, peut-être de petites graines, ce dont nous ne sommes pas bien certain, car il y en avait très-peu dans son estomac. Il niche dans les buissons, presque à terre; son nid est composé de plusieurs couches d'herbes sèches. Nous ne l'avons jamais rencontré loin des rives du Rio-Negro, il aime néanmoins les coteaux arides couverts de buissons et les haies sèches. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)
RHINOCRYPTE LANCEOLÉE. RIHINOCRYPTA LANCEOLATA. [Is Geoffroy Saint-Hilaire, D'Orbigny, Gray.)
Dessus de la tête couvert de lougues plumes effilées, que l'Oiseau tient toujours relevées en huppe.
Le dessus de la tête, la huppe, le dessus du cou brun-roux fauve; chaque plume ayant au milieu
une ligne blanche longitudinale, circonserite de brun foncé; gorge et poitrine gris ardoisé; dos et toutes les parties supérieures olive foncé; milieu du ventre blanc, ses côtés roux vif; queue noirâtre, légèrement olive à sa base et au bord des rectrices; yeux bruns; bec corné; pieds noirs. Longueur totale : 0,22.
Sédentaire sur les rives du Rio-Negro. On ne la trouve point à l'embouchure de cette rivière; elle est rare près du Carmen et devient commune en remontant ce fleuve près de la salina d'Andrez Paz. (D'Onmicxy.)
Sue GENRE. — MÉGALONYX. MEGALONYX. (Lesson, 1830.)
Meyos, peyacs, grand; cuë, ongle.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus court ou aussi long que la tête, droit, conique, robuste; la mandibule supérieure légèrement plus longue que l'inférieure, terminée en pointe obtuse et munie d'une dent sur le côté; l'arète droite à su base, entamant les plumes du front, dilatée vers le milieu, où elle se renfle légèrement pour se courber; la mandibule inférieure droite, mince, à branches séparées par un intervalle membraneux jusqu'au delà du milieu; sa face inférieure légèrement renflée, s'amincissant en pointe aiguë; ses côtés droits, ses bords lisses, mais recouverts par ceux de la supérieure, qui sont arrondis.
Fig. 278. — Megalonyx Tarnu.
Narines amples, ereusées sur les côtés du bec, dont elles occupent la moitié supérieure, masquées à leur base par les plumes soyeuses du front, formant une simple fente très-étroite, très-peu discernable, ouverte sur le bord inférieur d'une plaque voütée, convexe, qui recouvre en entier la fosse nasale.
Fig. 239, — Megalonyx Tarnu.
Ailes très-courtes, n'alleignant pas le croupion, concaves, épaisses, surobtuses, à premicre ré- .
mige très-courte, la deuxième moins lonque que la troisième, celle-ci que la quatrième et la cinquième, les sixième, septième, huitième et neuvième égales, les plus longues; rémiges secondaires aussi larges que les primaires. toutes égales entre elles et seulement un peu plus courtes.
Queue médiocre, pointue, à rectrices faibles, arrondies au sonunet et successivement étagées, c'est-à-dire les latérales les plus courtes.
Tarses puissants, très-gros proportionnellement, un peu plus longs que le doigt médian, recouverts de squanmelles ainsi que les doigts, ceux-ci presque égaux, robustes, l'externe fortement soudé au médian à sa buse; pouce très-robuste; ongles très-grands, très-peu recourbés et presque droits, très-forts, comprimés sur les côtés, convexes en dessus, concaves en dessous, et à pointe usée. (Lessox, Complément de Buffon.)
Deux espèces de l'Amérique méridionale et occidentale. Nous figurons le Mégalonyx de Tarn, dont le capitaine King a fait, en 1830, le type de son genre Aylactes, conservé par MM. Gray et Ch. Bonaparte, et que nous remplaçons par celui de Megalonyx de Lesson, qui lui est antérieur de quelques mois.
M. D'Orbigny nous apprend qu'il a souvent aperçu les Diseaux de ce genre aux environs de Valparaiso et de Valdivia au Chili. Néanmoins, ditl en parlant du Mégalonyx de Tarn, celui-ei parait plus commun vers les régions plus australes de cette République. Il se tient au milieu des ravios, dans les lieux couverts de buissons, y court continuellement à terre avec une grande vivacité, se cache dans les broussailles, reparait un instant après en sautillant, gai, agitant sa tête, tenant sa queue droite et ayant en tout les allures de la Rhinocrypta lanceolata, à l'article de laquelle on peut voir avec plus de détails l'exposé de ses mœurs. Il l'a vu souvent gratter à terre pour chercher les Insectes dont il parait se nourrir exclusivement, car il n’a jamais rencontré de graines dans son estomac.
Fig. 280. — Mégalonyx de Tarn
MÉGALONYX MÉGAPODE. MEGALONYX MEGAPODIUS (King)
Un sourcil blanc surmonte l'œil. Le milieu de la joue est brunätre. Le menton est blanc, et cette couleur s'étend sur les côtés du cou en formant deux épaisses moustaches. Le reste du cou, et devant comme sur les côtés et le haut de la poitrine sont roux ferrugineux. Le ventre, les flancs et les couvertures inférieures de la queue sont rayés de brunâtre, de blanchâtre, par zones égales et souvent en chevron: le dessus de la tête, du cou, le manteau, les ailes et les rectrices sont brun-roux uniforme, passant au roux ferrugineux sur le croupion et les couvertures supérieures de la queue; mais de nombreuses raies blanchâtres traversent le croupion et sont dues à ce que les plumes abondantes de cette partie sont frangées de blane à leur sommet. Bec et tarses noirs.
Longueur totale : 0,255. (Lessox, Complément de Bufjon.)
ho œ
4 GENRE. — TRIPTORHIN. T'RIPTORHINUS. (Cabanis.)
Tarzo:, frolté, usé; otv, nez
Bec droit, sans la moindre courbure, élevé à sa base au-dessus du front, légèrement échancré à la pointe, et de forme pyramidale où quadrangulaire, le dessus étant aplati, avec les côtés perperdiculaires.
Narines recouvertes par une écaille cornée formant bourreler.
Ailes très-courtes, très-arrondies, surobtuses; la première penne très-courte, la seconde, la Lrotsième et la quatrième, également étagées, la cinquième et les suivantes jusqu'à la dixième les plus longues.
Queue de longueur médiocre, très-élagée.
Tarses très-robustes, plus longs que le doigt médian, seutellés; doigts minces et allongés; les ongles antérieurs assez grêles e très-peu «rqués : celui du pouce, très-allongé, à peu près rectilique, conune chez les Alouettes.
Fig. 281. — Triptorhinus orthonyr.
Plumes du capistrum et du front rigides et hérissées.
Deux espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Triptorhin paradoxai.
Ce genre représente la section des Merulaxes galeati de M. De La Fresnaye.
On ne sait rien encore des mœurs des Oiseaux de ce genre; mais l'analogie de leurs caractères zoologiques avec ceux du genre précédent et de celui qui va suivre indique suffisamment la même analogie dans les mœurs et les habitudes, car l'ensemble de ces caractères annonce chez ces espèces. comme chez presque toutes celles de cette famille, une marche facile dans les lieux fourrés et herbus, et, comme le dit M. De La Fresnaye, un odorat probablement très-développé, d’après les précautions de la nature pour en protéger les issues; enfin, un mode de nourriture qui réclamait probablement cette rigidité des plumes du capistrum, soit pour garantir les yeux ou l'ouverture du bec, peut-être de la piqûre de certains Insectes où Fourmis. (Magasin de Zoologie, 1844.)
Le peu que l'on connait de leurs habitudes par Kitlitz, c'est qu'ils se tiennent dans les buissons épais, sur la lisière des forêts; ils se laissent approcher de très-près; ils se cachent néanmoins suffisamment pour qu'on ait beaucoup de peine à les apercevoir; mais leur voix singulière, s’il faut en juger d’après le Triptorhin paradoxal, qui ressemble un peu au coassement d'une Grenouille, trahit leur retraite.
FRIPTORHIN ORTHONYX. TRIPTORHINUS ORTHONYX. (De La Fresnave, Ch. Bonaparte.)
Noir sur la partie supérieure du corps, et noir mélangé de roux sur l'inférieure; mais chaque plume de ces parties, et toutes les couvertures supérieures des ailes, sont marquées, vers leur extré-
Ad
mité, de taches blanches arrondies plus larges sur le dos, beaucoup plus petites, et teintées de roussätre, sur le cou. Les plumes du front et du capistrum sont très-rigides et hérissées, de couleur cannelle; cette même couleur, mais moins foncée, couvre encore la gorge, les joues, le devant et les côtés du con, le croupion et le bas de l'abdomen. Les plumes de ces deux dernières parties sont très-fournies, allongées et très-läches; les ailes, très-courtes et très-arrondies, sont noirâtres, finement bordées de brun, et la queue, à pennes élargies et molles, est de couleur d'ardoise foncée: pieds de couleur plombée; bec d'un noir brunâtre.
Longueur Lotale. . . ,. . . . Om,90:
— del'ongledupouce. . . (0,02.
Sa paite (l'Oiseau marchant) a 0,075 de long, depuis l'extrémité de l'ongle du pouce Jusqu'à celle de l’ongle du doigt médian, c’est-à-dire qu'elle est hors de toute proportion pour un Oiseau de la taille de celui-ci.
Habite la Colombie. (De La Fresnaye.)
Fig. 989. — Triptorhin paradoxal.
bme GENRE. —— MÉRULAXE. MERULAXIS. (Lesson, 1830.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUE
Bec médiocre, peu épais, à mandibule supérieure convexe, presque droite, à arêle très-marquée seulement entre les narines, à pointe recourbée et très-notablement dilatée; mandibule inférieure peu épaisse, à branches allongées, à pointe mousse, et légèrement renflée en dessous; bords lisses, un peu épais, légèrement arqués; commissure déjetée, ample et rebordée.
Narines percées sous une écaille bombée recouvrant les fosses nasales, qui sont larges, triangulaires, et. en arrière, cachées sous des plumes rigides, étroites, lancéolées, dressées et dirigées en «vante.
Ailes très-courtes, très-concaves, arrondies, surobtuses; {es quatre premières rémiges étagées les plus courtes, les cinquième, sixième, septième et huitième, presque égales, et les plus allongées.
Queue allongée, élagée, à rectrices peu fournies, amincies el molles.
Tarses longs, assez robustes, fortement scutellés; doigts très-longs, l'intermédiaire presque aussi long que le tarse, les deux autres égaux entre eux; l'interne entièrement libre, l'externe soudé à su
base; ongles minces, comprimés, faibles; le pouce plus robuste; son ongle du double de longueur «es autres.
Fix. 983. — Mérularis
Deux espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Mérulaxe noir.
Les mœurs de cette espèce, qui a servi de type au genre de Lesson et à ceux de M. Ménétriés, sous le nom de Malacorhynchus, et de M. Cabanis, sous celui de Saracholinus, adopté par M. Ch. Bonaparte, peuvent donner une idée de celles de l’autre espèce. Voici ce qu'en dit M. Ménétriés.
Elle se tient par paire dans les endroits les plus fourrés des bois vierges, et éloignée de tout autre Oiseau; elle est très-agile dans ses mouvements, et par cela très-difficile à tuer, quoiqu’elle se laisse quelquefois approcher de très-près, je fus souvent des heures entières à la recherche de cet Oiseau, guidé par le son sonore de sa voix, et je n'ai pu le tuer qu'en le tirant plusieurs fois au hasard dans la direction d'où partait son chant. Du reste, cette espèce paraît rare, et je ne la vis que sur la Sierra d'Estrella, près de Rio-de-Janeiro. Elle se nourrit seulement de Fourmis, qu'elle cherche à terre et sur les branches basses; sa chair est molle, blanche, et délicate au goût. Le chant de cet Oiseau, comme de beaucoup d’autres Oiseaux du Brésil, a un son métallique, et on ne peut mieux limiter qu’en frappant deux ou trois fois sur une cloche; ce son se continue ensuite comme un écho. (Monograph. des Myioth.)
Nous ignorons pourquoi M. Ch. Bonaparte, dans son Conspectus, a préféré au nom générique créé par Lesson en 1850, et à celui de Ménétriés, de 1854, celui de Saracholinus de Cabanis (1847), alors que la petite coupe qu'il place sous cette rubrique renferme l'espèce même qui a servi de type à chacune de ces dénominations génériques.
Dans un mémoire inséré dans Contributions of Ornithology, de Jardine (1851); M. De La Fresnaye à proposé de reconstituer le genre Mérulaxe, qu'il conserve en le divisant en quatre sections : galeati, rhinolophi, albiventres et concolores, renfermant en tout dix-sept espèces; dans ce système, notre genre représente sa section des Merulaxes rhinolophi.
MÉRULAXE RHINOLOPHE. MERULAXIS RHINOLOPHUS. (De Wied, De La Fresnaye.)
Cette espèce présente à peu près le port d’une Grive; de la base du bec partent des plumes lonques, effilées, rondes, qui recouvrent les narines, et, ainsi que le remarque M. le prince de Neuwied, ont l'aspect de celles qui ornent le front du Dicolophus cristatus, Niger (le Cariama), caractère qui est du reste celui du genre. (Lesson avait déjà comparé la nature et la disposition de ces plumes à celles des Coucals.)
Tout le dessus de l'Oiseau est d'un brun foncé olivtre; le dos, ainsi que le bord extérieur des ailes, sont roussätres; la queue et le bord interne des ailes sont d'un brun noirâtre; les plumes de la base du bec, les sourcils, les joues, le cou et la poitrine, sont d'un ferrugineux vif : cette couleur se fond en brun olivätre sur les côtés du cou; les plumes de la poitrine sont indépendamment bordées de petits points plus foncés, que l'on remarque à peine sur le cou; tout le reste du dessous du corps est d'un brun foncé, chaque plume étant de plus terminée de ferrugineux, ce qui fait paraitre
OISEAUX. ri ces parties comme ondulées de roussâtre; les petites couvertures inférieures des ailes sont de couleur ferrugineuse; iris d'un brun gris; mandibule supérieure d'un brun foncé, l'inférieure d'un gris rougeâtre clair; pieds d'un brun grisâtre. (MéNÉéTRIÉS.)
LONLUEUT OA 0,215; — de la queue. -: … : . 0,080; — desitarses ON Om 050!
Habite le Brésil, près du Rio-Belmonte.
Fiz. 284 — Mérulaxe noir
6% GENRE. — SCYTALOPE. SCYTALOPUS. (Gould, 1836.)
CARACTÈRES GÉNERIQUES.
Bec plus court que la tête, comprimé, obtus, légèrement incliné.
Narines basales, recouvertes par une membrane.
Ailes concaves, courtes, arrondies, surobtuses; la prenuère rémige très-courte, la troisième, la quatrième, la cinquième et la sixième, égales, les plus longues.
Queue courte. arrondie, à plumes molles, les rectrices externes les plus courtes.
Tarses allongés et robustes, scutellés en devant, réticulés en arrière; pouce long et robuste, à ongle également long; le doigt médian plus long et plus grêle que les latéraux.
Ce genre repose, d'après la monographie complète qu'en a donnée, en 1851, M. De La Fresnaye, sur treize petites espèces de l'Amérique méridionale et australe, ayant le port et les allures des Troglodites, avec lesquels M. Gould les range à tort, ces Oiseaux ayant tous les caractères zoologiques et les mœurs des Mégalonycinés.
Nous figurons le Seytalope à ventre blanc.
Ce genre représente les deux sections auxquelles M. De La Fresnaye a donné le nom de Merulaxes albiventres et concolores.
M. Ménétriés nous apprend que ces Oiseaux courent à terre et voltigent sur les petits buissons.
D’après M. Darwin, ils se tiennent dans les forèts les plus sauvages; ils fréquentent aussi les
grandes plaines herbeuses et couvertes de buissons, telles que celles qui se voient aux iles Malouines. Ce sont, dit ce voyageur, des Oiseaux qui, avec le port des Troglodytes, ont les habitudes des Mégalonyx. Ils marchent constamment la queue relevée.
Fig. 285. — Scytalope à ventre blanc.
SCYTALOPE DES CAVERNES. SCYTALOPUS SPELUNCÆ. (Ménétriés.)
Toute la partie supérieure de l'Oiseau est d'un gris de souris lustré de bleuâtre, cette couleur s'éclaircit sur les côtés du dessous du corps, et devient blanchâtre vers le milieu de la gorge et de la poitrine; les ailes et la queue sont d'un brun nojrâtre; la queue est allongée, à pennes larges et molles; iris brun clair; bec brun, plus clair inférieurement; pieds de couleur de chair. (Méxérnis.)
Ponsueuratotale RP 02129; — de la queue. . . . . 0,055; — AUNLATSE EC RE 0",030.
Trouvé à l'entrée d'une grotte calcaire près de S.-Joào del Rey, dans la province de Minas Géràes.
DEUXIÈME TRIBU. — MÉNURIDÉS.
Les Ménuridés forment une petite tribu renfermant seulement quatre espèces appartenant exelusivement à l'Australie. Ce sont des Passereaux essentiellement organisés pour la marche, et que leurs habitudes comme les nécessités de leur existence retiennent plus volontiers à terre que sur les branches. Aussi ontils le signe caractéristique de cette condition, c’est-à-dire des ongles presque droits et déprimés.
Cette coupe a été établie par M. Ch. Bonaparte, qui n'y a compris qu'une seule famille, celle des Ménurinés; nous y en ajoutons une seconde, celle des Orthonycinés, qui, selon nous, ne saurait en être disjointe
PREMIÈRE FAMILLE. — MÉNURINÉS.
Les Ménurinés, ainsi que nous les comprenons, n’ont certainement pas les caractères assignés en général au groupe d'Oiseaux que l’on est convenu d'appeler improprement Ténuirostres; car, outre que leur bec porte l'échancrure apicale qu'il est dans l'usage de refuser à ces derniers, les rapports intimes qu'offre la conformation de leurs pieds avec ce qui se voit chez les Formicaridés, par l'allongement relatif du tarse et par leurs ongles, surtout avec la dernière famille de cette tribu, les Mégalonycinés, sous le rapport de leur peu de courbure et de leur forme presque rectiligne, en font
de véritables Pentirostres, pour en revenir à la grande division euviérienne aujourd'hui insuffisante. Leurs mœurs humicoles viennent même compléter ces rapports et offrent dans les Ménurinés le lien le plus naturel entre les Mégalonycinés et les Turdidés (cette autre tribu de Passereaux humicoles aussi, mais moins marcheurs et d’une manière moins constante), dont nous allons les faire suivre en commençant par les Myiothérinés.
M. Gray, se conformant aux idées de G. Cuvier, suivies et appliquées par Lesson, et confirmées aujourd’hui par la connaissance des mœurs de ces Giseaux et de leur‘anatomie, a compris les Méaurinés dans l'ordre des Passereaux, à la fin de ses Ténuirostres, qu'il fait suivre de ses Dentirostres. Seulement il a composé cette famille des genres suivants, dont quelques-uns s’en éloignent considérablement:
1° Ménure (Menura), Davis;
2° Mégalonyx (Hylactes), King;
5° Rhinomye (Rhinocrypta), G. R. Gray:
4° Mérulaxe (Pteroptochos), Kitlitz;
9° Cyphorinus, Cabanis:;
6° T'esia, Hodgson;
7° Oliqura, Rüppell;
8° Rhamphocænus, Vieillot;
9 Troglodytes, Nieillot; 10° Campylorhynchus, Spix.
M. Ch. Bonaparte n'y comprend que le seul genre Menura; nous suivons cet exemple.
GENRE UNIQUE. — MÉNURE. MENURA. (Davis.)
Mur, croissant; c02%, queue
CAPACTÈRES GÉNÉRIQUES.
Bec robuste, plus haut que large, de la longueur de la tête, très-faiblement arqué, à pointe mandibulaire échancrée, la mandibule inférieure un peu plus courte que la supérieure.
Narines percées dans des fosses nasales grandes et prolongées, vers Le milieu du bec, ovales ct couvertes d'une membrane.
Ailes dépassant un peu la naissance de la queue, courtes, concaves, les sixième et neuvième rcmiges égales entre elles, les plus longues.
3 2 où
Queue à pennes très-larges, de différentes formes, les deux externes dessinant celle d'une lire
Fig 285 — Menura superba
Tarses forts et couverts d'écailles, ainsi que les doigts, du double de la longueur du doigt median, celui-ci et les latéraux à peu près égaux, l'externe uni jusqu'à la première articulation, linterne divisé.
Fig. 287. Menura superba
de: 9 J Û : ss de à srectilos: nue toniours r k : <
Peau nue autour des yeux; plumes de la tête érectiles; queue toujours relevée perpendieulairement.
Jusqu'à ces derniers temps, ce genre curieux n’a reposé que sur une seule espèce que nous figurons; il en renferme maintenant une seconde découverte depuis peu et. que M Gould a dédiée au prince Albert.
Le genre Ménure est un de ces exemples si fréquents en ornithologie, qui décèlent l'embarras où
Fig. 1. — Bec-Fin aquatique.
sont quelquefois les auteurs lorsqu'il s'agit d’assigner à un Oiseau sa vraie place; celle du Ménure, Oiseau depuis longtemps connu et beaucoup étudié par les différents auteurs, du moins sous le rapport de ses caractères physiques, ést loin d’être irrévocablement fixée. Ballotté d'ordre en ordre, de famille en famille; placé d'abord parmi les Gallinacés sous le nom de Faisan lyre, ou sous ceux de Faisan des montagnes, Faisan des bois; rangé en second lieu parmi les Passereaux par la plupart des méthodistes, 1l a été reporté ensuite par quelques auteurs à la place qu'on lui avait primitivement assignée. Vieillot, après en avoir fait d'abord un Gallinacé, l'avait classé plus tard entre les Calaos et les Hoazius, à la fin des Passereaux. Guvier et Temminck, d’après la remarque faite par eux de l'existence d'une échancrure à l’extrémité de la mandibule supérieure, ont été conduits à le rapporter à la famille des Passereaux dentirostres et à le rapprocher des Merles. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, sans lui assigner précisément le rang que lui avait marqué Vicillot, le fait voisin des Sasas, et le place dans son sous-ordre des Gallinacés passéripèdes, entre les Mégapodes et les Tinamons. Enfin M.G.R. Gray le range dans sa famille des Certhidés, sous-famille des Troglodytinés (Genses, Dictionnaire universel d'Histoire naturelle); et 3. Verreaux croit pouvoir affirmer qu'il doit être placé dans la famille des Fourmiliers, près des Mégalonyx et des Orthonyx. C'est un sentiment que nous partageons, on le voit complétement.
Vieillot appuyait son système, qui était aussi celui des auteurs anglais à cette époque, des raisons et des comparaisons suivantes :
Le petit Tétras (Tetrao tetrix) et le Faisan sont de tous les Gallinacés ceux avec lesquels cet Oiseau a le plus d’analogie. Il se rapproche du premier par ses pieds privés d'éperons et par la courbure de quelques pennes caudales. Ses rapports avec le dernier consistent dans la forme du corps et la longueur de la queue; mais il diffère des deux par les doigts, les ongles, la disposition des plumes qui sont à la base de la mandibule supérieure, et spécialement du Faisan, par ses tarses sans éperons et par la manière de porter sa queue; car il a la faculté, dont celui-ci est privé, de la relever à volonté; et, quelque extraordinaire que paraisse cette habitude, l'on ne peut guère en douter lorsque l’on remarque que l'extrémité des pennes n'est nullement endommagée, au lieu que celles du Faisan sont toujours usées vers le bout. (Ois. dor.)
Il en arrivait de la sorte à en faire un Gallinacé, mais différent de tous ceux connus par des curactères à lui propres.
Ces raisons sans doute étaient peu concluantes à elles seules; mais alors on ne connaissait pas le genre Gallinacéen mégapode, non plus que le genre Passéréen mégalonyx! Combien plus forte fut alors la tendance qui portait presque tous les naturalistes, sauf Cuvier, à faire du Ménure un Gallinacé, lorsque l’on vit un nouveau genre de cette famille, représenté aujourd'hui par plusieurs espèces, reproduire exactement le même type de pieds et surtout d'ongles, moins la longueur et la gracilité du tarse; et lorsqu'enfin on apprit ce que l’on ne sait que depuis peu de temps, que le Ménure grattait la terre et en jetait en arrière le sable ou les détritus de végétaux qui la recouvrent, à la manière des Gallinacés.
Il y avait, il faut l'avouer, au moins place pour le doute, et l'on comprend que, malgré la mapicre de voir tout instinctive de G. Cuvier, M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire se soit décidé pour faire du Ménure un Gallinacé
Cuvier, avons-nous dit, le rangcait parmi les Passereaux, et voici de quelles considérations et en quels termes il justifiait sa manière de voir :
La taille du Ménure, dit-il, le fait rapporter aux Gallinacés; mais il appartient évidemment à l'ordre des Passereaux, par ses pieds à doigts séparés (excepté la première articulation de l'externe et du moyen), par son bec triangulaire à sa base, allongé, un peu comprimé et échancré vers sa pointe; les narines membraneuses y sont grandes et en partie recouvertes de plumes, comme dans les Geais. On les distingue à la grande queue du mâle, très-remarquable par les trois sortes de plumes qui la composent, savoir : les douze ordinaires très-longues, à barbes effilées et très-écartées; deux de plus au milieu, garnies d’un côté seulement de barbes serrées, et de deux extérieures courbées en S ou comme les branches d’une lyre dont les barbes internes, grandes et serrées, représentent un large ruban, et les externes, très-courtes, ne s’élargissent que vers le bout. La femelle n'a que douze pennes de structure ordinaire. (Règne animal.)
Aujourd'hui, quelle que soit la place que le temps et les découvertes futures de la science réser-
vent au Ménure dans la série, on parait fixé, du moins quant à présent, sur l'ordre ornithologique dans lequel il doit figurer. D'après les récentes observations anatomiques faites par M. Eytan, en Angleterre, et publiées dans Contributions of Ornithology, 1849, la conformation du stermum du Ménure, dont nous donnons le dessin, ne permet pas de le ranger parmi les Gallinacés, et de plus, par la conformation bien démontrée du larynx et des organes vocaux, le Ménure paraît devoir irrévocablement appartenir à l'ordre des Passereaux, ainsi que l'avait pressenti le premier et l'avait même placé G. Cuvier, dont l'opinion avait été maintenue et fortifiée par la découverte du genre américain Mégalonyx, véritable et non contesté Passereau, ainsi qu'on l'a vu plus haut, et dont la conformation des pieds offre le même type de tarses, de doigts et d'ongles, et par conséquent les mêmes indices d’aptitude et de mœurs humicoles que le Ménure.
Vis, 288. — Sternum du Menura superba.
Voici sur les mœurs de ce singulier genre d'Oiseaux les renseignements intéressants et vraiment neufs fournis par J. Verreaux :
Quoique assez abondants sur le continent de l'Australie, les Ménures ne se rencontrent pas dans toutes les localités; on ne les voit jamais dans les environs de Sydney, ils ne fréquentent que certains districts, et encore ne s'y trouvent-ils qu'en petit nombre; ce sont généralement de grands bois entrecoupés de buissons épais qui eroissent dans des ravins pour ainsi dire inaccessibles et quelquefois à peu de distance de la mer. Plus abondants vers le nord que partout ailleurs, on ne les voit jamais dans le sud.
Très-méfiants, les Ménures quittent les grands bois où ils nichent dès que les premiers rayons de l'aurore commencent à paraitre, et vont en des lieux moins touffus chercher leur nourriture; le mâle est généralement suivi de plusieurs femelles, et, en cela, ils ont quelque affinité avec les Gallinacés; ils courent plus qu'ils ne volent, et il est difficile de les suivre, même avec les meilleurs Chiens; ce n'est que lorsqu'ils sont poursuivis de trop près qu'ils s’envolent pour se réfugier d'abord sur les branches les plus basses des arbres, et c'est en sautant de l'une sur l'autre qu'ils atteignent le sommet et se réfugient dans l'endroit le plus touffu, où ils se tiennent cachés jusqu'à ce qu'ils ne voient plus de danger à se montrer.
Du reste, la forme concave de leurs ailes indique bien qu'ils ne sont pas bons voiliers.
Lorsqu'ils sont inquiétés, toute la troupe se disperse, et, dès que le calme renaît, le mâle descend de sa retraite d'un vol léger comparativement à celui que l'on peut remarquer dans d’autres occasions, se met à tourner sur lui-même en grattant le sol, appelle, par des cris répétés, toutes les femelles dispersées; celles-ci ne tardent pas à accourir pour recevoir ses caresses.
Le mâle dresse d'abord sa queue comme ies Paons; cette queue, qu'il penche en avant, recouvre quelquefois l'Oiseau en entier, puis il la balance de droite à gauche, et, dans cet instant, il fait entendre le bruit particulier que l'on remarque quand les Dindons font la roue. Il se dresse ensuite sur les pattes et se met à chanter en imitant à s'y méprendre le chant d'un grand nombre d'espèces d'Oiseaux, principalement celui des Cacatoës, des Calyptorhynques et même de tous ceux qu'il peut entendre, sans en excepter les Pigeons.
Cette faculté d'imitation que le Ménure possède au plus haut point m'a souvent trompé lorsque je me trouvais dans les localités qu'il habitait; il suffisait qu’un Oiseau se trouvât à portée d’être entendu pour qu'il imität immédiatement son chant; et, ce qu'il y a de plus remarquable, c’est que les Oiseaux qui étaient dans les environs, trompés de même que moi par ce ramage, venaient se percher souvent en grand nombre à l’entour de notre chanteur, qui était alors plus facile à approcher. Pendant ce temps, les femelles cherchent les larves dans les détritus qui jonchent le sol en grattant la terre, sans jamais s’écarter du mâle, dont elles semblent rechercher la protection.
Quand ils ne sont pas inquiétés, les Ménures marchent le dos voüté, les ailes et la queue pendantes; ils retournent avec leurs longs doigts armés d'ongles puissants les feuilles sèches qui jonchent le sol en les rejetant de côté; lorsque le terrain est meuble et facile à fouiller, ils forment en grattant et tournant en même temps sur eux-mêmes des trous de cinq à six pouces de profondeur; d’autres fois ils amassent le terreau et en forment de petites buttes sur lesquelles ils aiment à se reposer ou à trépigner pendant des heures entières.
D'après ce que j'ai observé en disséquant un grand nombre d’estomacs, ils se nourrissent plus volontiers de larves que d’Insectes à l’état parfait; ils recherchent surtout avec avidité une espèce de Janneton très-commune et qui reste assez longtemps en larve avant de se métamorphoser. Leur estomac est d’ailleurs très-musculeux.
Il est à remarquer qu'à l’époque de la ponte on ne rencontre les Ménures que par paires.
Je n'ai jamais pu découvrir le nid; à diverses reprises j'ai vu pendant le mois d'octobre, correspondant dans cette hémisphère au mois d'avril de nos climats, dans une localité nommée Rock- Point, des couples isolés porter dans leur bec des débris de végétaux qui semblaient destinés à l'édification de leur nid sans qu'il m'ait été possible de découvrir l'endroit où ils allaient les déposer. Les renseignements que j'ai pu recueillir, tant auprès des colons qu'auprès des naturels, sont tellement disparates, que je n’ai pu à cet égard me former une opinion. Quoi qu'il en soit, j'ai pu les observer occupés à ramasser leurs matériaux: le mâle alors a perdu sa voix, il chemine lentement avec sa femelle, et il est surtout à ce moment très-difficile à approcher, regardant attentivement de tous côtés, car chez lui l'organe de la vue paraît plus développé que l'organe de l’ouiïe.
Ainsi que je l’ai observé dans les forêts de Moreton-Bay, le mâle et les femelles viennent chaque soir percher sur le même arbre; ils choisissent de préférence ordinairement les arbres les plus touffus, comme les pommiers sauvages, à moins que quelque chose ne vienne les inquiéter; ceci n'a lieu que lorsque la saison des amours est passée; car, ainsi que je l'ai dit, pendant cette période on ne rencontre le mâle et la femelle que par paires. Il serait possible que les Oiseaux que j'ai pris pour des femelles ne fussent que des jeunes, ceux-ci portant la livrée des femelles pendant la première année, et, sans doute, aux approches de l'époque de l'accouplement étant renvoyés par les adultes.
Bien que les Ménures soient plus communs dans le district de Moreton-Bay, on en rencontre également dans les ravins humides et sauvages de Woollonyong et d'Ilavara. Je n’en ai jamais vu en Tasmanie. (Revue et Magasin de Zoologie, 1849.)
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MÉNURE SUPERBE. MENURA SUPERBA. (Davis.
Des plumes grises, fines, soyeuses, longues d’environ un pouce, couvrent sa tête et prennent la forme d’une huppe dans les moments où quelques passions agitent l'Oiseau. Celles du corps sont fibreuses, déliées et de la même couleur, mais plus claire sur la poitrine, le ventre, et plus pâle sur le bas-ventre. Le roux domine sur la gorge, les couvertures et les pennes des ailes; il est d’un ton plus vif sur la première partie que sur les autres; la queue a trois sortes de plumes. Des seize qui la composent, douze qui sont d’un gris bleuâtre ont les barbes très-longues, presque nues, éloignées les unes des autres dans toute leur étendue. Ces plumes sont garnies seulement vers leur origine d'un duvet épais. Des quatre autres, deux ne paraissent barbées que d’un côté. Ces barbes sont courtes, serrées, et celles de l'extrémité sont écartées et privées de barbules. Ges pennes sont les plus longues de toutes et se recourbent en arc vers le bout. Les deux dernières ont leur convexité du côté opposé à celle des deux précédentes lorsqu'elles sont relevées; les barbes de ces pennes
sont courtes à l'extérieur, longues à l'intérieur, gris-brun en dessus, blanches en dessous et serrées depuis la tige jusqu’au tiers de leur longueur; ensuite elles sont moins pressées et finissent par se séparer un peu les unes des autres; alors leur couleur se change en brun foncé et brun roussâtre, dont une partie offre la transparence du cristal. Ces deux teintes sont indiquées par seize bandes larges et alternatives. Enfin les plumes sont terminées par un noir velouté frangé de blanc; cuisses couvertes de plumes jusqu'aux genoux; iris noisette; bec et pieds noirs. (Viercror, Oiseaux dorés.)
Longueur totale : 1",03 ou 1",04.
Au premier coup d'œil cette espèce présente dans son ensemble de très-grands rapports avec certains Gallinacés; néanmoins, d'après la singularité et la beauté de sa queue, des naturalistes et des voyageurs anglais l'ont mis au rang des Oiseaux de Paradis. Elle n’a pas, il est vrai, la richesse ni le luxe de leurs plumes; mais, quoique sa robe n'ait pour parure que de simples couleurs, elle peut cependant figurer parmi ces beaux Oiseaux, car à un plumage soyeux celui-ci joint la taille élégante du Faisan, le port et la démarche du Paon; mais ce qui surtout le fait distinguer, c’est la longueur, la forme extraordinaire, l'accord des différentes pennes de sa queue. Les unes sont remarquables par leurs barbes longues, flottantes, décomposées et d'une telle légèreté, qu'elles sont le jouet du souffle le plus léger; d’autres ont une largeur peu ordinaire et la transparence du cristal; les deux intermédiaires ont la tige très-forte et sont très-étroites; toutes ont une longueur d'une belle proportion, et plusieurs décrivent en se relevant des contours agréables. Cet Oiseau semble craindre d’en altérer la fraicheur et d'en détruire l'harmonie; car, dès qu'il se pose à terre, il les porte relevées. (ViriLcor, Oiseaux dorés.)
Il habite la Nouvelle Galles du Sud.
Fig. 280. — Ménure superbe.
“es.
DEUXIÈME FAMILLE. — ORTHONYCINES.
On a été longtemps dans une ignorance, ou plutôt, comme le dit M. De La Fresnaye, dans une erreur complète sur le mode de locomotion et par conséquent d'alimentation des deux espèces d'Oiseaux composant le genre unique sur lequel est fondée cette famille.
M. Temminck, qui le premier a décrit et figuré l'Orthonyx spinicaude, espèce typique du genre, trompé par la forme épineuse de ses rectrices, le regardait comme Oiseau grimpeur et même des plus puissants, vu la prolongation de ses sortes d’épines caudales et de ses ongles. Depuis ors, tous les auteurs ont adopté cette manière de voir, et comme lui l'ont placé près des Certhia. Swainson, dans sa Class. of Birds, le réunissait au Pique-Bœuf dans sa sous-famille des Baphagineæ, faisant partie de sa famille des Certhiadeæe. C'est certainement un des rapprochements les plus incohérents, car c'est réunir un Oiseau dont les doigts courts sont terminés par des ongles tellement arqués et vigoureux qu'ils semblent de vrais crampons, à un autre qui, au contraire, présente des doigts et surtout des ongles démesurément longs pour sa taille, presque droits et horizontaux, des ongles enfin tels qu'en présentent les genres Menura et Megalonyx. Aussi, d'après les observations de J. Verreaux (que nous citerons tout à l'heure), en fait-il entièrement le même usage, c’est-à-dire qu'il s’en sert pour déterrer les Insectes et les larves que recèle le sol humide et léger des forêts, et, ce qui est très-remarquable, de la même manière que le Menura, en tournoyant sur lui-même et rejetant en arrière le terreau ou détritus de végétaux où il creuse des espèces de sillons.
En y réfléchissant, on ne conçoit pas que l’on ait pu regarder comme ongles propres à grimper une forme presque droite et plutôt déprimée que comprimée, telle enfin qu’elle ne se rencontre chez aucun Grimpeur. Chez les Picucules, on remarque parfois que l’ongle du pouce est peu arqué, mais alors tous ceux des doigts antérieurs le sont extrêmement, comme chez les Pics, et, si celui du pouce l’est peu, c’est que chez eux la queue très-roide et épineuse les soutient merveilleusement en arrière. L'Orthonyx, destiné comme le Ménure à parcourir les forêts, à en escalader les troncs renversés et les branches brisées dont leur sol est jonché, mais n'étant pas pourvu comme lui de trèslongues jambes, trouve dans sa queue épineuse un moyen de soutien pour escalader les troncs renversés qui s'opposent à son passage. Il rappelle en cela ce Fourmilier du Brésil à queue épineuse (le Fourmilier à long bec de Cuvier, Batara agripenne, Nieillot), qui, quoique appartenant à une famille de Coureurs, est muni d’une queue épineuse d'Oiseau grimpeur, parce qu’il est destiné à chercher et saisir sur les troncs d'arbres diverses grandes Fourmis qui les parcourent sans cesse en Amérique. Il n’en est pas moins considéré comme Fourmilier, puisqu'il en a les mœurs. L'Orthonyx, qui ne se sert de sa queue qu’accidentellement et passe sa vie à courir sur le sol et à en gratter la surface, doit, à bien plus juste titre, être placé dans une famille de Marcheurs, comme lui habitant la même contrée, les mêmes localités, et présentant la même forme de doigts antérieurs presque égaux en longueur, terminés par des ongles semblables et démesurément longs. C'est donc évidemment avec le Ménure et le Mégalonyx, qui présentent la même forme de pieds et d'ongles, que doit être placé l’Orthonyx. (Revue zoologique, 1847.)
C’est ce qu'a compris le premier M. G. R. Gray, qui, tout en plaçant ses Orthonyx dans ses Certhiadés, ne les y a mis qu’à la fin en faisant une famille à part sous le nom d'Orthonicinæ, qu'il fait suivre immédiatement de ses Menurine.
Et c’est ce que démontrent invinciblement les détails de mœurs donnés par J. Verreaux sur l'Orthonyx en ces termes:
« Voici, dit ce voyageur, sur l'Orthonyx spinicaude, les détails de mœurs qu'il m'a été possible de
recueillir pendant mon séjour dans l'Australie. J'ai reconnu, premièrement, que cette espèce était essentiellement terrestre, et que, comme les Ménures, elle gratte parmi les détritus des végétaux pour y chercher les larves et les Insectes qui servent à sa nourriture; qu'elle le fait en tournoyant sur elle-même et en jetant en arrière ces débris, comme le font les Gallinacés.
« Je dois dire en premier lieu que je n'ai jamais vu cette espèce grimper aux arbres comme on l'avait supposé, et qu'elle ne se sert de sa queue que pour s’aider à franchir les troncs d'arbres renversés qui couvrent la majeure partie de ce vaste pays, et encore n'est-ce que lorsqu'elle chemine lentement et sans crainte; car, lorsqu'elle est frappée, elle poursuit sa course avec beaucoup de vitesse en cherchant un abri dans le fourré le plus épais.
«Il est rare de rencontrer plus d’un couple ensemble, quoiqu'il s'en trouve souvent et presque toujours plusieurs dans la même localité, car il est facile de les reconnaître à leurs cris souvent répétés, surtout matin et soir. Ces cris ne peuvent guère se rendre que par : cri-cri-cri crite. [ls sont entendus d'assez loin, et exprimés par le mâle, dont la voix est sonore. J'ai remarqué assez ordinairement quelques Pitta strepilans en compagnie de cette espèce; mais celle-là, étant des plus méfiantes, semble néanmoins compter entièrement sur la vigilance de sa protectrice, qui, en donnant l'alarme la première, lui fait prendre la fuite aussitôt. Alors on voit cette Brève sauter de branche en branche, et se précipiter dans l’épaisseur d’un fourré qui se compose soit de lianes, de mousses ou de plantes parasites, si communes à ce: pays, et qui couvrent les arbres élevés souvent à plus de deux cents pieds. C’est donc dans ce refuge que la Brève craintive se blottit jusqu'à ce que l'Orthonyx, par ses mouvements et ses cris de confiance, lui ait donné de nouveau le signal de la tranquillité. La Brève redescend aussitôt d'un vol léger et revient partager avec elle le calme et les douceurs de ces solitudes où l'homme passionné pour les observations consciencieuses respire avec tant de bonheur.
«… [m'a été facile de voir, par le contenu de l'estomac de cette espèce, qu'elle se nourrissait principalement de larves, et surtout de celles de diverses espèces de Blattes qui recherchent les endroits humides et y sont abondantes; celles des Punaises et même des Fourmis. Ce fut en octobre que j'obtins le nid et deux œufs d'Orthonyx, qui faisaient partie d’un de mes envois au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Malheureusement ces deux œufs, qui avaient déjà été couvés à cette époque, furent fracturés, mais pas assez pour qu'on ne pût reconnaitre facilement qu'ils avaient été d'un blane pur et d'une forme arrondie; quant à leur grosseur, elle était, comparativement à celle de l'Oiseau, aussi disproportionnée que celle des Mégapodes, avec lesquels cette espèce a quelques analogies, quoiqu’elle me paraisse en avoir encore davantage avec les Mégalonyx et même les Ménures. Ce que j'ai exprimé à ce sujet servira, je l'espère, à éclairer la science sur la véritable place de cet Oiseau dans l’ordre naturel. Quant au nid, il était en forme de demi-sphère ou de four, si je puis m'exprimer ainsi, d'environ dix-huit pouces de diamètre sur un pied de bauteur, et composé d'une mousse déliée qui est très-abondante sur les arbres, surtout vers leur base; sa forme arrondie en dessus ne laissait apercevoir qu’un trou rond latéral pour l'entrée de ces Oiseaux, dont le mâle et la femelle couvent alternativement, puisqu'à cette époque je trouvai les deux sexes également dépourvus de plumes au ventre. Du reste, j'ai vu sortir du nid, tantôt le mâle et tantôt la femelle. L'intérieur de ce nid était, comme l'extérieur, composé de mousse, et, comme il se trouvait adossé à une roche, sur une pente douce, je remarquai que sa position permettait à l'eau d’en sortir en cas d'orage; le trou, ou l'ouverture, était au ras du sol, à peu près sphérique, se continuait intérieurement en forme de couloir, et ce n'est qu'au fond que se trouvait la place des œufs.
«ILest à observer que l'Orthonyx spinicaude ne se rencontre pas partout sur le vaste continent de l'Australie, et jamais en Tasmanie; qu'elle se trouve par localité, et plus communément vers le nord que vers le sud; qu'elle recherche de préférence les ravins humides et les forêts épaisses. Elle est assez abondante au port Maquarie, et surtout non loin de Moreton-Bay. Mon digne ami Leitchard m'a assuré l'avoir retrouvée, dans son voyage par terre de cette dernière localité, au port Essington. Je ne l'ai jamais rencontrée aux alentours de Sydney. Sa chair est noire et coriace; son estomac musculeux; elle à liris brun-roux; le bec et les tarses noirs dans l’état vivant. » (Revue z0olodique, 1847.)
M. Ch. Bonaparte, lui, n'a fait des Orthonycince qu'une sous-famille, qui, sous le nom d'Orthonychincæ, forme la première de ses Malurideæ.
Ilest certam que, quelle que soit la place que l'on assigne à ce groupe, en le mettant avant ou après celui des Ménurinés, c’est à notre division, à laquelle nous avons donné, parmi nos Ténuirostres, la dénomination de Marcheurs, qu'il appartient, ainsi que l'ont compris MM. G. R. Gray, De La Fresnaye, J. Verreaux et Ch. Bonaparte. Mais nous ne saurions admettre au même bénéfice les Maluridés de ce dernier ornithologiste.
Quoi qu'il en soit, le groupe des Orthonycinæe ne repose que sur un genre unique :
Onguiculé (Orthonyx, Temminck), Lesson
GENRE UNIQUE. — ORTHONYX. ORTHONYX (Temminck.)
Ogloc, droit; 626, ongle
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus court que la tête, épais, à arêe élevée à la base et courbée jusqu'à la pointe, qui est à peine échancrée, comprimé sur les côtés à partir de son milieu, presque aussi haut que large à son point de départ; la mandibule inférieure paralièle dans son inclinaison à celle de la mandibule supérieure, mais se relevant légèrement à la pointe.
Narines basules, percées de part en part dans une large fosse en partie close par une membrane, et recouvertes de soies rares et clair-semées. .
Ailes courtes et arrondies, surobtuses: la quatrième penne presque égale aux einquième ct siæième, qui sont les plus longues.
Queue longue et arrondie; le rachis de chaque rectrice en dépassant les burbes et se prolongeant en forme d’épines élastiques et résistantes.
Tarses robustes, plus longs que le doigt médian, recouverts de larges squammelles sur le devant: doigts de médiocre longueur. forts; le doigt interne presque égal au doigt médian, avec lequel il est soudé à sa base; le pouce long et vigoureux; les ongles longs, épais, légèrement comprimés, aiqus et peu courbés : celui du pouce beaucoup plus long, plus fort et plus courbé.
Fig. 290 — Orthonyæ spimicauda. Fig. 291 —- Orthonyæ spinicauda
Ce genre ne renferme que deux espèces de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Nous figurons l'Orthonyx ochrocéphale
où
er SG
ONGUICULÉ SPINICAUDE. ORTHONYX SPINICAUDA. (Temminck
Mâle. — Sommet de la tête recouvert de plumes formant une petite huppe d’un brun sombre marqué de mècbes noires; nuque et manteau d’un brun plus clair, marqué sur chaque plume d'une grande tache noire placée sur la barbe intérieure; joues d'une teinte grisâtre; plumage du dos et du croupion très-touffu, d'un brun marron, ailes marquées de quatre bandes transversales, dont deux très-larges, d’un noir parfait; les deux autres moitié moins larges, d’un gris terne; gorge et tout le devant du cou, ainsi que tout le milieu de la poitrine et du ventre, d'un blanc pur; queuc d’un brun terne; toutes les pennes à baguettes roides terminées par une pointe garnie de soies rares, qui dépasse la partie barbue des pennes d'environ 0",015; bec noir; pieds et ongles bruns.
Longueur totale, de 0",18 à 0,20.
Depuis la description première de cette espèce par M. Temminck jusqu'aux derniers renseignements recueillis depuis peu par J. Verreaux, on avait cru, sur la foi de l’illustre ornithologiste, que c'était la femelle qui avait le plastron blanc, tandis que c’est le contraire qui a lieu, celle-ci portant un plastron roux que l'on attribuait à tort au mâle.
Fig. 292, — Orthonyx ochrocéphale,
TROISIÈME TRIBU. — TURDIDES.
Nous élevons les Turdidés au rang de tribu parce que nous augmentons les éléments acceptés jusqu'à présent pour leur composition comme famille. Pour nous, en effet, les Turdidés ne renferment que des Oiseaux tout autant marcheurs ou humicoles que percheurs ou sylvicoles, dont le type le plus complet est le genre Merle.
Cette grande tribu, sous le titre de famille, a été diversement composée.
Swainson, qui le premier constitua le groupe des T'urdidæ, en faisait la seconde famille de ses Dentirostres et la subdivisait en cinq sous-familles :
1° Brachypodineæ; 2° Myotherinæ;
5° Merulinæ:
4° Crateropodinwæ; 5° Oriolinæe;
qu'il faisait suivre de sa famille des Sylviadæ, commençant immédiatement par la sous-famille des Saxicoline.
M. De La Fresnaye, suivant ces errements de Swainson, en est arrivé à composer ses Merles, T'urdde, qui font la quatrième famille de ses Passereaux, à peu de chose près des mêmes éléments Ainsi, 1l les divise en sept groupes :
1° Merles buissonniers {Turdidæ dumicolæ);
2° Merles sylvains ou Merles proprement dits (Turdidæ sylvanæ);
3° Merles riverains (T'urdidæ riparice);
4° Merles des roseaux (Turdidæ arundinicolæ), pour le genre Donacobnis;
o° Merles plongeurs (Turdidcæ urinatoriæ), pour le genre Cinclus;
6° Merles marcheurs (Turdidæ ambulatoriæ), pour les Traquets, les Pétrocincles ou Merles de roche;
7° Merles humicoles (Turdidæ humicolæ), pour les genres Grallina, etc
M. G. R. Gray composait ses T'urdidæ de cinq sous-familles :
1° Formicarine:; 2 Turdinæ; 9° Timolineæ; 4° Oriolinæ; o° Picnonotine,
Snfin M. Ch. Bonaparte vient de composer la même famille de la manière suivante :
41° Myophoninæ;
2° Ixodineæ:;
3° T'urdineæ;
4° Calamoherpinæ; »° Sylvie;
6° Accentorineæ,
7° Saxicolinæ;
Nous formons cette tribu des cinq grandes familles suivantes :
1° Thamnophilinés:
2° Agriornithinés; 3° Ixodinés;
4° Turdinés:
5° Saxicolinés.
PREMIÈRE FAMILLE. — THAMNOPHILINÉS.
Cette famille renferme ce qu'on peut appeler les faux Fourmiliers, que nous avons élagués de nos vrais Fourmiliers ou Formicarinés, c’est-à-dire, d'une part les Fourmiliers à bec grêle et à longue queue étagée des auteurs, et de l'autre les Fourmiliers à bec fort ou Bataras, deux groupes qui, pour nous comme pour M. De La Fresnaye, se confondent tellement, qu'ils n'en font qu'un.
M. Ménétriés avait bien saisi les rapports qui lient ces Oiseaux entre eux, en disant que ces Myiothères, qui sont, on l'a vu, des Fourmiliers ou Bataras à bec grêle, tenant des Merles et des Pies- Grièches, devaient être placés entre eux ou près d'eux.
M. De La Fresnaye a mieux précisé leur place.
L'idée qu'on se forme naturellement d’un Fourmilier, dit-il, est celle d’un Oiseau à très-courte queue, à très-longues pattes, à bec droit et assez allongé. Aussi plusieurs d'entre eux, tels que le Roi des Fourmiliers, le Palikour, le grand Beffroi, le Colma, ne quittent presque jamais le sol, et ne font que s'accrocher aux branches basses des buissons. Gr, que remarquons-nous chez la plupart des espèces dites Fourmiliers à queues étagées? Outre cette première dissemblance, qui ne seait d’ailleurs que de peu de valeur, il y en a une autre beaucoup plus importante dans la forme des pattes, dont le tarse et le doigt intermédiaire ne sont point allongés, et dont les ongles, plus forts à proportion, sont plus brusquement courbès que chez les véritables Fourmiliers, caractère indiquant plutôt des Oiseaux percheurs que marcheurs. Qu'on joigne à cela la couleur du plumage particulier à la plupart d’entre eux, le noir ou brun-noir plus on moins varié de taches blanches chez les mâles, et le roux chez les femelles, et on sera frappé sur-le-champ de leurs grands rapports avec les Bataras, leurs compatriotes américains; leur bec est à la vérité moins gros que chez quelques espèces de ceux-ci: mais, dans ce groupe nombreux de Bataras, puur peu que nous en étudions les espèces, nous voyons le bec se modifier insensiblement, et décroitre en grosseur jusquà celle des Fourmiliers à longue queue des auteurs, qui, pour nous, ne sont que des Bataras à bec plus grêle. Tels sont le Grisin de Cayenne, ou Lyiothera superciliaris, Lichtenstein; le Myiothera squamata, du même auteur; les Fourmiliers châtains et à ailes rousses de Temminck.
C'est donc, comme le dit M. Ménétriés, entre les Merles et les Pies-Grièches que ces Fourmiliers doivent naturellement occuper leur place; mais ce n’est pas avec les Pies-Grièches proprement dites, c’est avec les Bataras leurs compatriotes qu'ils présentent une véritable affinité, et qu'ils se confordent insensiblement par des espèces intermédiaires. Ces Bataras, par leur bec droit, allongé, courbé seulement à son extrémité; par leurs tarses assez élevés, munis souvent de doigts assez longs et forts; par leurs ailes courtes et arrondies, et de plus par leur habitude de se tenir cachés au pied des buissons et des halliers les plus fourrés, s’éloignent autant des vraies Pies-Grièches qu'ils se rapprochent des Fourmiliers, (Écho du Monde savant, 1836.)
C'est en effet la place que M. De La Fresnaye a assignée aux Tamnophiliués, et au surplus de toute la famille des Fourmiliers, dans son Essai de 1838
Quant à nous, tout en reconnaissant les rapports intimes qui lient les Thamnophilinés aux Turdidés, puisque nous en formons la tête de cette tribu, nous ne saurions les rapprocher autant des Pies-Grièches, et nous restons en cela dans l'ordre d'idées de M. Ch. Bonaparte.
C'est Swainson qui, le premier, fit, des Thamnophiles ou Bataras, une famille sous le nom de Thanmophiline, qu'il composait ainsi :
1° Thammophilus, Vieillot; 9° Malaconotus, Swainson; 5° Prionops, Nieillot;
4° Colluricincla, Vigors.
M. GR. Gray à adopté cette famille, en en modifiant les éléments, et y faisant entrer les genres suivants :
1° L'hamnophilus; 99 Lanmiarius, NVieillot, 3° Vanga, Vieillot:
4° Chaunonotus, Gray;
9° Cracticus. Nicillot.
Sofin, M. Ch. Bonaparte, en faisant une sous-famille de ses Myiotheridæ y compte dix genres
1° Cymbilainus, Gray;
2° Thamnophilus;
3° Dasycephala, Swainson; 4° Dysithamnus, Cabanis:
5° Herpsilochmus, Cabanis; 6° l'ormicivora, Swainson; T° Rhopoterpe, Cabanis;
8° Ellipura, Cabanis,
9° Thamnomanes, Cabanis:
10° Ramphocænus, Vieillot;
en dernier, véritable genre de Troglodytinés. Pour nous, cette famille ne comporte que les quatre genres suivants : 1° Drymopbhile; 2° Formicivore; 9° Dasycéphale; 4° Thamnophile.
1% GENRE. — DRYMOPHILE. DRYMOPITILA. (Swainson, 1824.)
Asvuce, forêt; @taco, j'aime
CARACTÈRES GÉNÉRIQUE
Bec médiocre, sube;lindrique, à commissure droite, et sans soies, faiblement incliné et courbé à la pointe.
Narines latérales, à ouverture arrondie, et percée à la partie antérieure d'un opercule membraneux.
Ailes médiocres, surobtuses; la cinquième rémige la plus longue.
Queue arrondie, plus où moins longue, et plus ou moins étagée.
Tarses grêles, plus longs que le doigt médian, à squammelles latérales entières; les deux doigts
latéraux éguuæ, les plus courts, ainsi que leurs ongles; le pouce robuste et très-long, ainsi que son ongle, qui est de plus du double de longueur des autres, peu courbé.
Fis. 293. — Drymophilu longipes Fig. 294. — Drymoplala loengipes.
Onze espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Drymophile aux longs pieds. Tous ces Oiseaux vivent dans l'épaisseur des forêts vierges, sautillent sur les branches basses et se nourrissent de Fourmis, de Chenilles et de larves; plusieurs nichent à terre sur les feuilles
sèches.
DRYMOPHILE CERGLÉ. DRYMOPHILA LORICATA. (Lachtenstein, Swainson }
Tout le dessus est d’un roux brun, un peu grisâtre sur le front, et ferrugineux sur le croupion; un trait étroit, blanc, se remarque au-dessus de l'œil; le lorum, les côtés de la tête, le dessous du bec et la gorge, sont d’un beau noir luisant; les plumes du cou et de la poitrine sont noires aux trois quarts de leur longueur, et ensuite bordées largement de blanc, ce qui simule des demi-cercles blancs sur un fond noir; le ventre est d’un beau blanc de neige, un peu grisâtre sur les côtés. et d'un roux brunâtre ou olivätre aux cuisses, et roussâtre sur les couvertures inférieures de la queue; les ailes sont d'un brun très-foncé; les grandes pennes sont bordées de roussâtre seulement à leur tiers inférieur, et les pennges secondaires sont largement bordées de cette couleur; le fouet interne de l'aile est blanc; les couvertures des ailes sont d'un noir profond, terminées par une tache blanche coupée carrément vers le haut, ce qui forme à cet endroit deux bandes transversales blanches; iris brun, bec noir; pieds d'un rose violet.
Longueur totale, 0",15.
Cette espèce varie beaucoup selon le sexe et les différents âges. (MÉNÉrRIÉS )
- 9m GENRE. — KFORMICIVORE. FORMICIVORA. (Swainson, 4824.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec assez droit, grêle, assez long, à dos un peu caréné, assez subitement couwrbé à lu pointe, qui est échancrée, un peu déprimé à la base; mandibule inférieure à bords un peu concaves à la base, et se relevant insensiblement jusqu'à la pointe de la mandibule supérieure.
Narines ovoides, ouvertes.
Ailes courtes, arrondies, suvobtuses; le quatrième et la cinquième rémiges les plus longues.
Queue assez courte, élagée.
T'arses assez courts, faibles; doigts courts, l'interne libre, l'externe plus long que celui-ci, el réreni jusqu'au delà de lu première phaïange.
GISEAUX 287
Au sommet de la tête sont des plumes un peu longues, érectiles à la volonté de l’Oiseau. Vingt et une espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Formicivore gris
Sa
Fig. 295. — Formicvora leucophrys. Fig. 296. — Fornucivora leucophrys.
Ges Oiseaux se rencontrent dans les bois vierges et les vieilles caponarres; ils vont à terre, et se tiennent le plus souvent sur les petits buissons, mais jamais plus haut que quatre à cinq pieds; leur chant est peu varié, peu sonore; quelques-uns nichent sur de petites élévations à surface plane, d’autres sur des trones d'arbres. Ils se nourrissent de Fourmis et de petites Chenilles. (Mévérmés.)
Fig. 297. — Formieivore gris
FORMICIVORE DE MÉNÉTRIÉS. FORMICIVORA MENETRIESIT. (D'Orbigny et De La Fresnaye, Cabanis }
Toutes les parties supérieures gris-bleu clair, uniforme; le dessous est aussi de cette teinte, mais un peu moins foncée, surtout sur le derrière; bas de la gorge, haut du cou et le haut de la poitrine, au milieu, noirs; du blanchâtre autour des yeux; épaules blanches; petites tectrices des rémiges noires, terminées de blanc, les grandes grises, terminées de deux taches, lune noire et la dernière blanche; les couvertures inférieures de l'aile gris pâle; rémiges gris-brun, bordées de plus pâle; queue gris-bleu, terminée de plus pâle; bec bleu en dessous, noirâtre en dessus; yeux bruns; pieds bleus. Longueur totale, 0,11.
Habite la Guyane et le Brésil.
5° GENRE. — DASYCÉPHALE. DASYCEPHALA. (Swainson, 1831.)
AzGu:, hérissé: xeo42n, têle
Lu
Bec de la longueur «de la tête, large à la base, cylindrique à sa partie médiane, aigu à la pointe, qui est subitement crochue et échancrée; la mandibule inférieure se relevant insensiblement à son extrénilé.
Narines latérales, à large ouverture oblongue, en partie cachées par les plumes rigides et soyeuses du front et de lu base du bec.
Ailes médiocres, arrondies, subobtuses; la troisième et la quatrième rémiges égales, les plus longues.
Queue médiocre et arrondie.
Tarses allongés, grêles, garnis sur les côtés de petites squammelles ovalaires, de la longueur du doigt médian; doigts et ongles également grêles, l'interne court, l'externe soudé au médian; l'ongle du pouce long, vigoureux et recourbé.
Fix. 298. — Dasycephala cinereu Fig. 299. — Dasycephala cinerea.
Neuf espèces de l'Amérique tropicale. Nous figurons le Dasycéphale thamnophiloïde.
Fig. 500. — Dasycéphale thamnopluloïde.
Les Dasycéphales ont les mœurs et les habitudes des Bataras. [ls nichent dans les buissons. D'Azara rapporte qu'il trouva à la fin d'octobre le nid d'une de ces espèces, le Dasycéphale roux : il conte-
nait deux œufs blancs, légèrement piquetés de rouge. II les laissa éclore, et observa que les petits, dont le plumage ne différait pas de celui des père et mère, volèrent hors du nid le quinzième jour de leur naissance.
DASYGÉDIIALE ROUX. DASYCEPHALA RUFIVENTRIS. (Vieillot, Ch. Bonaparte.)
Une teinte de brun blanchâtre commence aux narines et couvre les côtés et le dessous de la tête, Des raies transversales, blanches et noires, occupent le devant et les côtés du cou, aussi bien qu’une partie de la poitrine, dont le reste est blanchâtre, comme le ventre. Le dessous de laile est d'un blanc roussätre. Les plumes du dessus de la tête ont une couleur de tabac d'Espagne foncée. Le derrière du cou, les couvertures supérieures et les trois dernières pennes de l'aile, aussi bien que la bordure de toutes les pennes, sont mordorés. Le dos est d'un brun mêlé de bleu. Les pennes intermédiaires de la queue sont noirâtres, et les autres noires, avec de petits traits blancs sur leur plus large côté, et une tache de la même couleur à leur extrémité. Le tarse a une teinte plombée. Le bec est noir en dessus, et d’un bleu clair en dessous,
Longueur totale, 0,17.
4% GENRE. — BATARA. THAMNOPIHILUS. (Vieillot, 1S16 )
Oxuvyce, buisson; 2726, j'aime
CARACTÈRES GENÉRIQUES
Bec fort, droit, arrondi en dessus, fortement courbé et denté à son extrémité, comprimé; mandibule inférieure concave en dessous, à sa base, et munie d'une échancrure à son extrémité, dénué «de poils à la base.
Narines ovales, peu éloignées des plumes du front.
Ailes courtes, surobtuses; la première rémige très-courte, la quatrième où cinquième la plus longue. ,
Queue étagée, le plus souvent longue et large, à pennes faibles.
T'arses forts, assez courts; doigts robustes, l'externe et l'intermédiaire faiblement unis à leur base : ce doigt plus long que l'interne.
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Fig. 501. — Thamnophilus meleagris. Fig. 502. — Thamnophilus meleagris
Les plumes coccygiennes longues; la langue ferme, peu grosse, à bords amineis, et divisée en deux parties à son extrémité, où elle devient transparente.
Ce genre, encore mal défini, renfermerait, d’après M. Gray, cinquante-quatre espèces, dont M. Ch. Bonaparte n'en reconnaitrait que douze bien authentiques. Toutes les espèces, quel qu'en soit le nombre, sont de l'Amérique méridionale. Nous figurons la Batara à ventre varié.
Les Bataras, dit D'Azara, ne se rencontrent point dans les buissons desséchés ou isolés; er ils ne sortent jamais de leurs retraites, si ce n’est pour quelques instants, et le soir ou le mat'n; alors même ils ne se posent que sur des branches basses, de sorte qu'à peine ils s'élèvent de queiques pieds au-dessus du sol. Ils n’entrent point non plus dans les grands bois, et ils évitent également les campagnes et les lieux découverts. [ls ne se réunissent que par paires, et les Vers qu'ils saisissent sur les buissons ou sur la terre composent uniquement leur subsistance. Ce sont des Oiseaux sédentaires; ils volent peu, et seulement pour passer d’un buisson à un autre. Plusieurs espèces de cette famille ont un même cri, extraordinaire, fort, et elles ne le font entendre que dans la saison des amours, en sorte qu'on ne peut distinguer les espèces par le cri : c'est un fredon, ou une répétition fréquente de la même syllabe ta, du même ton que le Fournier, mais beaucoup plus fort, puisqu'il s'entend à un demi-mille de distance; les Bataras agitent en même temps leurs ailes.
J'ai vu toutes les espèces au Paraguay, et je n’en ai rencontré aucune à la rivière de la Plata; ce qui peut venir de ce que, dans cette dernière contrée, il ÿ a peu de halliers, ou que je ne les ai pas parcourus avee autant de soin que ceux du Paraguay. Du reste, ces Oiseaux ont tous, sur le dos et la poitrine, une quantité extraordinaire de plumes longues, douces et décomposées, de sorte que l'on rencontre sur ces deux parties ua amas renflé de plumes faibles et sans tiges. Celles de la tête ont six à neuf lignes de long, et les Bataras les relèvent en forme de huppe lorsqu'ils sont affectés où qu'ils font entendre leur cri. Du reste, ces Oiseaux ne sont point farouches, et ils se tiennent communément dans les broussailles des cantons cultivés et dans les enclos. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)
Les Bataras, dit à son tour M. D'Orbigny, sont, en Amérique, les représentants de nos Pies- Grièches, avec cette différence importante dans les mœurs qu'au lieu d'être continuellement sur les buissons, ils sont, au contraire, toujours dans l’intérieur, et paraissent rarement en dehors. Ce sont des buissonniers par excellence, qui tous vivent à l’est des Andes; au moins n’en connaissonsnous aucune espèce qui ait été apportée du versant occidental de cette grande chaine. Ils sont circonscrits entre les tropiques, et peu de leurs espèces en sortent; encore restent-elles dans des régions tempérées. Nous ne les avons pas vus passer vers le sud le 32° degré de latitude, ni remonter sur les montagnes au delà de cinq à six mille pieds au-dessus du niveau de la mer. Ils vivent en tous les lieux où se présentent des fourrés épais, soit dans les haies, autour des maisons, soit dans les champs abandonnés, au sein des forêts, ou bien dans ces petits bois peu élevés et chargés d'épines, nommés chaparrales par les Espagnols, et qui caractérisent certaines parties du centre de l'Amérique méridionale. Ils vont habituellement isolés ou par couples; et, des plusfamiliers, s'approchent des lieux habités, toujours en sautillant sur les branches basses des buissons, qu'ils parcourent, en tous sens, afin d'y chercher des Insectes et leurs larves, et des Fourmis; ils descendent très-rarement à terre, et seulement à l'effet d'y saisir une proie, qu'ils vont manger ensuite sur les branches basses des arbustes. Ils nous ont paru sédentaires dans les contrées où ils naissent, mais passant toujours d'un lieu à un autre. Quel voyageur, au sein de ces sites sauvages, si communs en Amérique, n’a été frappé, surtout au printemps, des chansons bruyvantes des Bataras, de ces gammes sonores que les mâles font entendre, surtout au temps des amours? Tout leur corps frémit de bonbeur; leur huppe se relève; ils ouvrent les ailes, et montrent tous les signes du plaisir, tandis que la femelle s'apprête à répondre à leurs transports, mais par des accents moins prononcés. Ces coùversations frappent souvent l'oreille; cependant on cherche en vain qui les produit, les Oiseaux étant presque toujours cachés en des fourrés si épais, que les rayons du soleil y pénètrent à peine. C'est même là qu'ils déposent, à quelques pieds au-dessus de terre, leur nid, formé de büchettes en dehors, et, quelquefois, de crin en dedans; leurs œufs ont beaucoup de rapports avec ceux de nos Pies-Grièches.
Ce sont les Bataras des Guaranis, nom donné par eux à l'espèce la plus commune, et appliqué par D'Azara à toutes les autres. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)
On sait que le plumage d'un grand nombre d'espèces rangées par les auteurs avec les Fourmiliers, dont nous les avons séparés pour leur longue queue étagée, et même de quelques-uns de ces derniers, a un tel rapport avec le plumage de plusieurs espèces de Bataras, qu'il faut une grande habitude et surtout la connaissance approfondie de leurs principaux caractères zoologiques pour les distinguer les uns des autres. Cette difficulté fut la cause, à l'époque où D'Azara rédigeait la
partie ornithologique de la relation de son voyage au Paraguay et dans l'Amérique méridionale, d’une étrange confusion de sa part et d'une attaque, contre Buffon et Sonnini, plus étrange encore, dont il eut tous les torts, et ce dernier, prêchant d'exemple par son goût et sa modération, tous les honneurs Étonné de trouver dans les descriptions faites par ces deux auteurs de leurs Fourmiliers, tels entre autres que le grand Beffroi, le Fourmilier huppé, le petit Beffroi, les rapports les plus frappants de plumage avec plusieurs de ses Bataras, le grand Batara, le Batara noir plombé, le Batara mordoré, avec des indications de caractères zoologiques et de mœurs tout à fait différents de ceux qu'il avait reconnus et observés sur ces derniers, lui qui n'avait rencontré aucun Fourmilier au Paraguay, en conclut ab irato que les Fourmiliers de Buffon n'étaient que ses Bataras, et que, pour en fabriquer une famille distincte, Buffon et Sonnini n'avaient trouvé rien de mieux à faire que d’en mutiler les peaux en écourtant les queues aux Oiseaux, et en altérant à l'aide du pinceau quelques parties des couleurs du plumage. C’est un exemple heureusement rare, en fait de science et de lettres, des fautes et des aberrations dans lesquelles peut être entrainé l'esprit le plus juste, l'homme le plus honnête, par le défaut d'étude. de comparaison, d'examen et de réflexion, quand il s'agit de critiquer et de comparer son œuvre propre à celle des autres. C’est, de toutes les discussions, celle qui demande le plus de calme, d'abstention de prétention où d'amour-propre d'auteur, même lorsqu'on a eu le rare privilége de voyager et d'observer sur les lieux.
Fig 505. — Batara. +
BATARA MACULÉ. THAMNOPHILUS MACULATUS. (D'Orbigny ct De La Fresnaÿc )
Dessus de la tête noir, le reste des parties supérieures gris ardoisé, excepté les plumes du miliea du dos, qui sont blanches à leur base, et marquées d'une tache noire en contact avec le blanc; tectrices supérieures, grandes et petites, noires, terminées de blanc; rémiges brunes, bordées entièrement de gris pâle; couvertures inférieures des ailes, ainsi que la bordure postérieure inférieure des rémigses, blanches, teintées de roux; gorge et côté de la tête gris-bleu pâle, comme nuagé de blanchâtre, cette couleur couvrant la poitrine; ventre et couvertures inférieures de la queue roussàtres; queue longue, étagée; les deux rectrices intermédiaires noirâtres; les autres ont, de plus, l'extrémité terminée de blanc; les deux inférieures ont une seconde tache blanche sur le côté externe de la moitié de leur longueur; veux bruns; bee bleuâtre; pieds bleus.
Longueur totale, 0,16. (D'OnBiexy.)
Cette espèce, qui a be.ucoup de rapport avee le Batara tacheté (Thamnophilus nœevius), a été découverte par M. D Orhigny dans la province de Corrienies (République argentine).
DEUXIÈME FAMILLE. — AGRIORNITHINÉS.
Nous formons cette famille de six genres, que nous démembrons des Tæniopterinæ ou Alectrurinæ des auteurs, entre autres le genre type de cette famille ou sous-famille, à laquelle nous avons restitué le nom générique et local Pepoaza que lui avait donné D’Azara. Ce sont les seuls Oiseaux un peu marcheurs de cette dernière famille qui servent à composer la nôtre. Tous les autres genres rentrent, pour nous, ou dans les Tirans ou dans les Gobe-Mouches, tandis que les nôtres ont en général les habitudes buissonnières et humicoles, le vol court et peu soutenu, et, comme caractère zoologique, le bec arrondi en dessus et sans arête, avec une faible dépression à la base.
Cette coupe, que nous subdivisons, reposait, pour M. Gray, qui en a fait ses Alectrurinæ, sur les genres suivants :
1° Tænioptera, Ch. Bonaparte;
9° Fluvicola, Swainson;
3° Lichenops, Commerson;
4° Arundinicola, D'Orbigny et La Fresnaye; »° Alectrurus, Nieillot;
6° Gubernetes, Such;
7° Copurus, Swickland;
et pour M. Ch. Bonaparte, qui en à fait ses Tæniopterinæ, des mêmes genres, plus ceux-ci :
1° Machetornis, Gray; 2° Ochthacea, Cabanis; 3° Cuipolequs, Poié; 4° Centrites, Cabanis; d° Ochthites, Cabanis; 6° Plyonura, Gould; 7° Agriornis, Gould;
en tout quatorze genres.
Nous restreignons nos Agriornistinés aux genres que voici :
1° Agriornis;
2° Centrite (Centrites\;
9° Suiriri, l'ancien genre Fluvicola;
4° Pépoaza, l'ancien genre T'ænioptera;
»° Clignot (Lichenops);
6° Muscisaxicole (Muscisaæicola), D'Orbigny.
4% GENRE. — AGRIORNIS. AGRIORNIS. (Gould, 1838.)
Ayetcs, sauvage; cevts, Oiseau.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec de la longueur de la tête, droit, robuste, comprimé, brusquement recourbé à la pointe, qui est échancrée; bords mandibulaires intacts; base garnie de longs poils.
Narines basales, latérales, arrondies, à découvert.
Ailes médiocres, subobtuses; la première rémige assez lonque, la troisième et la quatrième égales, les plus longues.
Queue médiocre, carrée.
Tarses de la longueur du doigt médian, robustes, recouverts de fortes squammelles; le pouce plus court que le doigt médian, mais son ongle plus fort, les latéraux égaux et libres à leur base; ongles minces et fortement crochus.
Quatre espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons l'Agriornis aux petites ailes (Agriornis micropterus de Gould).
Ce sont des Oiseaux solitaires, essentiellement insectivores, chassant leur proie autant à terre que dans les airs, et se rejetant parfois sur les jeunes Oiseaux encore au nid.
Fig. 504. — Agriornis aux petites ailes
AGRIORNIS GUTTURAL. AGRIORNIS GUTTURALIS. (Evdoux et Gervais, Gould."
Brun en dessus; flancs et région anale rouge de brique; trois raies longitudinales ponctuées de noir sur les cotés de la gorge, qui est blanchâtre Longueur totale : 0m,28.
Du Chili.