‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 28 sur 35 · LS · texte numérisé non relu

LS

2% GENRE. — CENTRITE. CENTRITES. (Cabanis, 1847)

K:vzet:, aiguillon (à cause de la forme de l’ongle du pouce)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec court, déprimé, triangulaire, à arête droite, infléchi à la pointe, garni de petites soics à la base.

Narines basales, latérales, oblongues, en partie cachées par les plumes du front.

Ailes lonques, acuminéces, les quatre premières rémiges presque égales entre elles, mais la premère très-peu plus courte que les trois suivantes, et la quatrième cependant la plus longue et par conséquent forcément du type obtus.

Queue égale.

Turses grêles, plus longs que le doigt médian; doigts également grèles, les latéraux égaux; ongles à peine courbés, celui du pouce plus long que ce doigt lui-même.

Fig. 505 — Centrites nigra Fig. 506. — Centrites nigra

Ce genre ne repose que sur une seule espèce de l'Amérique méridionale, qui a toujours éé considérée, jusqu'à ces derniers temps, comme une Alouette, même par D’Azara, son inventeur, et rangée tantôt avec les Alouettes, tantôt avec les Pipis et les Bergeronnettes.

La conformation de ses pattes, plutôt que l'ensemble de ses mœurs, a douné lieu à cette confusion. Voici comment s'exprime D'Azara en en donnant la description :

A en juger par ce que j'ai vu, il paraît que cette Alouette arrive, en hiver, au Paraguay, et qu'elle ne quitte pas la province de Buenos-Ayres. Son vol est léger, sa course rapide et ses mouvements sont vifs; elle saisit les Mouches à terre et au vol. Quelquelois elle se pose sur des plantes hautes, mais elle se tient presque toujours à terre, et principalement dans les chemins, les enclos, les grandes cours et les bords des étangs. Elle est moins longue que les autres dans son ensemble parce que sa queue est plus courte, étroite et un peu forte, et que les couvertures sont plus allongées. Son bec est très-faible pour une Alouette; il est peu comprimé sur les côtés et il a une petite échancrure près de sa pointe. Les ailes paraissent plus longues et fermes; enfin, quoique cet Oiseau ait beaucoup de rapports avec les Alouettes, il s'en éloigne aussi. On le trouve seul ou par paires, et en assez grandes troupes. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)

Ainsi, on le voit, tout en rangeant cet Oiseau avec les Alouettes, D'Azara était dans le doute sur cette identification.

M. Gould le premier sortit cette espèce des Pipits pour la rapprocher des Muscicapidés en en faisant un Muscisaxicole. Depuis, le nom de Centrites donné par Cabanis a remplacé celui de Lessoni«, donné précédemment par Swainson, mais qui avait été déjà employé en botanique.

GISEAUX 295

CENTRITES ROUX. CENTRITES RUFA (Gmelin, Cabanis:

Le dos et le reste du dessus du corps sont d'un rouge de carmin; mais les couvertures de la queue sout noires, aussi bien que celles des ailes, dont les bords sont marqués par du roussätre. Le reste du plumage est noir, de même quele bec et les tarses. (D'Azara.)

Longueur totale : 0",135.

Fig. 507. — Centrites roux.

3° GENRE. — SUIRIRI SUZRIRI. (D'Azara.)

Nom guaraim.

Bce assez gros, peu pesant ct fort, droit, sans compression latérale, avec un crochet plus ou moins marqué vers son bout, et des moustaches ou des soies à sa base.

Narines latérales à ouverture circulaire, comme si elles étaient percées avec une tarière, el un peu recouvertes par les plumes du front.

Ailes fortes, subobtuses, à troisième et quatrième rémiges égales, les plus longues.

Queue étroite, coupée carrément, bien fournie de barbes, longue et peu large.

Tarses de la longueur du doigt médian, minces et recouverts de squammelles; doigts grêles, les latéraux égaux, l'externe légèrement soudé à sa base; ongles courbés el aigus, celui du pouce le plus fort.

Fix, 508. — Suiriri climacura. Fig. 309 — Surriri climacura

Dix espèces de l'Amérique méridiona'e. Nous figurons le Suiriri à sourcils blancs. De même que MM. D'Orbigny et De La Fresnaye l'ont fait pour deux espèces qu ils en ont déta-

chées, nous restituons à ce genre, dont Swainson a fait son genre Fluvicola, adopté par les auteurs, celui de Suiriri, donné aux espèces qui le composent par D’Azara, qui doit êire considéré comme le fondateur de cette coupe générique.

Les Guaranis, dit ce voyageur, nomment Suiriris deux Oiseaux communs, et j’ai généralisé cette dénomination en l’appliquant à la famille entière (au genre) de ces Uiseaux, qui sont nombreux, solitaires ou seulement réunis par paires, d’une physionomie triste et d’un naturel si stupide, qu'ils ne connaissent pas les dangers. Tous ont les ailes fermes et vigoureuses, l'envergure étendue, le vol facile, rapide et par secousses. La bouche est extrèmement lisse et lustrée, la langue aplatie, étroite et un peu grosse. La tête paraît arrondie parce que les plumes dont elle est revêtue en dessus ont un peu de longueur et sont comme entassées sans être pressées les unes sur les autres. Le cou est court, le haut du dos large et le croupion étroit.

Les Suiriris ne se rencontrent point dans les campagnes, etils ne se trouvent que dans les bois, surtout à la lisière et dans les halliers; ils ne s’y cachent point, et ils s’y tiennent assez longtemps tranquilles pour épier les Insectes qui volent à leur portée, et qu'ils saisissent de leur place ou sans beaucoup s'en éloigner; ils les tuent avant de les manger en les frappant contre une branche. Quel: quefois aussi ils guettent les Insectes à terre et ils les tuent et les mangent sans avancer, car ils ne savent pas marcher Je ne connais qu'une seule espèce de cette famille qui ait un chant agréable.

Fig, 510. — Suiriri à sourcils blancs

J'ai observé jusqu'à une douzaine d'individus du Suiriri dominicain (bicolor), tous dans les terrains inondés où ils chassent aux Insectes. Îls ne se montrent pas à découvert, comme ceux des autres espèces, à la cime des plantes et des buissons; ils mettent de la vivacité à les parcourir, et, pour changer de place, ils volent le plus bas qu'ils peuvent. A la fin d'octobre, j'ai eu deux de leurs nids, l'un avec deux œufs et l’autre avec trois petits qui ressemblaient parfaitement aux adultes, ces nids étaient formés de quelques petites racines et de petits rameaux flexibles. (Voyage dans l'Amérique méridionale.) M. D'Orbigny en a trouvé un à la même époque, de cette espèce, placé en vue sur le bord d'un buisson touffu, qu'il décrit ainsi : Il a la forme d'une bourse dont l'entrée est latérale et est couverte, et construit de petites branches de lianes, de foin, de plumes et de chiffons entrelacés à l'extérieur, de duvet à l’intérieur. Son diamètre est de 0",10, sa hauteur de 0,15: ilcontient trois à quatre œufs de 0,015 à 0,020 de diamètre, blancs, avec quelques taches arrondies rougeâtres, placées seulement au gros bout.

On voit, d'après ces derniers détails, que c'est par erreur que D'Azara a dit dans ses généralités que les Suiriris ne savaient pas marcher; peut-être même l'erreur est-elle la faute de son traducteur Sonnini. M. D'Orbigny a du reste confirmé ces détails de mœurs, qui leur ont fait donner par Swainson le nom de Fluvicola. Ces Oiseaux, dit M. D'Orbigny, ne se perchent jamais au sommet des buissons, se tiennent au bord des eaux, courent à terre et se perchent sur les branches basses des fourrés. Nous les avons trouvés dans les régions chaudes, mais souvent à une très-grande élévation des Andes.

SUIRIRI À POITRINE ROUSSE. SUIRIRI RUFIPECTORALIS. (D'Orbigny et De La Fresnaye, 0. Des Murs )

Dessus de la tête noirâtre ardoisé foncé, teinte qui, moins intense, couvre toutes les parties supérieures; menton cendré roux, devant du cou et poitrine roux assez vif, ventre, dessous de la queue et des ailes gris ardoisé, très-clair; un très-large sourcil blanc prend au front et s'étend jusque derrière la tête; les côtés de la tête et les oreilles noirâtres; ailes noires, les grandes tectrices, avec un indice de tache, rousses à leur extrémité; une petite bordure presque imperceptible aux rémiges; queue noirâtre, les deux rectrices extérieures blanches au côté externe.

Bec et pieds noirs, yeux bruns.

Longueur totale : 0,13. (D'Orereny.)

Découverte par ce voyageur aux environs de Salca, province d'Ayupaya, en Bolivia.

Peu marcheuse.

ave GENRE. — PÉPOAZA. PEPOAZA. (D'Azara.)

Mot guarani, üe pepo, aile; aza, rayé, traversé.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus court que la tête, plus large qu'épais, droit, fort, légèrement crochu à sa pointe, un peu renflé et garni à la base de grandes moustaches.

Narines latérales, percées dans une membrane à petite distance de la base, de forme ovalaire et nues.

Ailes en apparence longues et pointues, mais subobtuses, la troisième rémige en réalité la plu: lonque, les deux premières échancrées sur leur plus grand côté; les couvertures inférieures longue: et nombreuses. LE

Queue longue, large, égale; les tiges des rectrices inclinées en dehors, et leurs barbes extérieure: se prolongeant à mesure qu'elles approchent de la pointe.

Tarses de la longueur du doigt médian, forts et recouverts de squammelles; doigts allongés, les latéraux égaux et unis à la base, le pouce de la longueur de ces derniers; ongles longs, comprimés, médiocrement courbés et aigus, celui du pouce le plus long et le plus fort

Fig. 511, — Pepoaza nengeta. Fig. 512 — Pepoaza nengeta

Neuf espèces de l'Amérique méridionale. Nous figurons le Pépoaza dominicain.

A l'instar de MM. D'Orbigny et De La Fresnaye, nous restituons à D’Azara l'honneur de la création du nom générique Pepoaza, dont le nom de T'ænioptera de M. Ch. Bonaparte, adopté par les axteurs anglais, n’est que la traduction littérale en grec.

D'Azara avait parfaitement distingué, par suite de leurs habitudes marcheuses, les Oiseaux dont nous nous occupons, en les séparant entièrement des Tyrannus, où les auteurs les ont pendant longtemps placés. En effet, au lieu de vivre comme les Tyrans dans les lieux boisés, ceux-ci se tiennent dans les plaines et se perchent sur les points culminants des plantes et des arbustes, d'où ils descendent à terre pour prendre leur nourriture. Ce sont des Oiseaux percheurs et marcheurs, dont la queue égale est constamment en mouvement, et dont les manières sont vives el pétulantes. Ils appartiennent aux plaines tempérées et chaudes. (D'Onsienx, Voyage dans l'Amérique méridionule.)

Fig. 513. — Pépoaza dominicain.

Pepoaxza signifie aile traversée, et les Guaranis appliquent cette dénomination à tout Oiseau dont les ailes sont traversées par une bande d'une autre couleur quête fond; cependant ils désignent généralement par ce nom la première espèce d'Oiseaux de cette famille (de ce genre). Il est facile de la confondre avec la précédente, parce que les espèces qui la composent ont les mêmes attributs. Néanmoins, en y regardant de près, on remarque quelques caractères qui les distinguent. Les Pépoazas n'ont pas le naturel triste et querelleur; leur vol est plus rapide, bas, horizontal et si aisé, qu'ils semblent n'en faire qu'un jeu; ils ne poursuivent point au vol les Insectes, c'est à terre qu'ils les prennent; ils vont moins dans les campagnes, et, pour l'ordinaire, ils se posent sur les buissons; ils marchent avec légèreté, ce qui ne les empêche pas de se percher sur les grands arbres et de préférence sur ceux qui sont morts. On ne les voit point pénétrer dans les bois ni parcourir les halliers; ils sont sédentaires et rares. Les plumes de leur tête ne se hérissent point, de même que celles qui couvrent le corps en dessus; elles sont décomposées, soyeuses et douces au toucher; leur aile est beaucoup plus longue et ferme; et, quand ils veulent se poser, ils semblent s'amuser en battant des ailes et en déployant toute la vigueur de leurs muscles. Ils ont en outre la queue, la jambe, le tarse et les doigts plus longs, le bec plus étroit et plus fort que les Suiriris. (D'Azara:)

PÉPOAZA VARIÉ. PEPOAZA VARIEGATA. (D'Orbigny et De La Fresnaye.)

Dessus de la tête brun bleuâtre, chaque plume bordée de brun à son extrémité; dessus du corps gris ardoisé, une teinte roussâtre aux sourcils, une tache brune sur l'oreille et à l'angle antérieur de l'œil; gorge roux clair; sur les côtés du cou, le gris se mêle au roux par mouchetures; ventre roux clair, queue brune, les rectrices bordées de blanchâtre; tectrices supérieures de l'aile blanches, avee du gris clair au milieu de chaque plume; petites tectrices entièrement noires, les six premières rémiges noires, les deux suivantes noires au bord externe, roux foucé sur l'interue, les buit qu:

suivent entièrement roux-marron vif, les trois dernières presque brunes; toutes, excepté les quatre

rémiges primaires, terminées de blane.

Bec et pieds noirs, yeux bistrés.

Longueur totale : 0",95. (D'Onwicny.)

Découverte par ce voyageur à la baie de San-Blas, en Patagonie.

de GENRE. — CLIGNOT. LICHENOPS. (Commerson.)

Azyv, lichen; 6%, figure, aspect

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec allongé, triangulaire, assex robuste, un peu déprimé, arrondi en dessus, comprimé vers la pointe, qui est effilée et légèrement échancrée, garni de soies fines à sa base.

Narines basales, ouvertes et arrondies.

Ailes longues et arrondies, surobtuses, les quatrième et cinquième rémiges égales les plus lonques, n'atteignant que la moitié de la queue.

Queue moyenne, deltoïdale, légèrement échancrée au nulieu.

T'arses allongés et grêles, un peu plus longs que le doigt médian, et recouverts de squammelles: doigts effilés, les latéraux égaux; ongles longs. minces et légèrement courbés, celui du pouce le plus grand.

D —— ))) CA == == !)) 5 D ANS | N ? EN Fig. 314. — Lichenops perspicillata. Fig. 515 — Lichenops perspicillata

Une rosette découpée en crête de Coq, libre autour des yeux, de nature membraneuse; langue membraneuse, taillée en flèche à double pointe.

Cette singulière membrane qui fait cercle à l'entour n'est apparemment que la peau même de la paupière nue et plus étendue qu’à l'ordinaire, et par conséquent assez ample pour former plusieurs plis; c’est du moins l’idée que nons en donne Commerson lorsqu'il la compare à du lichen ridé, et qu'il dit que les deux portious de cette membrane frangée par les bords se rejoignent quand l'Oiseau ferme les yeux; on doit de plus remarquer dans l'œil de cet Üiseau la membrane elignotante qui part de l'angle intérieur. (DE MonrseizrarD.)

Une seule espèce du Chili et de la Patagonie, dont nous donnons la figure et la description.

Connue, dit M. D'Orbigny, depuis Commerson, et remarquable par ses paupières en crêtes, cette espèce avait néanmoins motivé deux espèces basées sur les variétés de sexe, erreur dans laquelle il était facile de tomber en raison de la dissemblance totale qui existe du mâle à la femelle. Nous avons reconnu qu'elle est sujette à des migrations anpuelles. L'hiver (en mai et juin) elle s'avance à Corrientes, et dans les provinces de Chiquitos et de Moxos, en Bolivia, jusqu'au 14° de latitude, tandis qu'au printemps (en septembre et octobre) elle se dirige vers le sud et niche en très-grand nombre près de l'embouchure de la Plata à Montevideo et Buenos Ayres, et va même en petit nombre jusqu’au Rio-Negro, en Patagonie, au 44°; ainsi son centre d'habitation, le lieu où elle niche de préférence, serait du 30° au 35° sud. On la voit toujours dans les lieux humides qui avoisinent les marais, où il y a de grandes herbes et de petits buissons. Là, toujours perchée sur le point culminant, elle y reste quelquefois immobile; mais le plus souvent y bat des ailes, fait le balancier

avec sa queue et relève les plumes de la tête en forme de huppe, dilatant et épanouissant plus ou moins, suivant qu’elle est tranquille ou inquiète, la rosette qui entoure ses yeux. Passe-t-il un Insecte à sa portée, elle s’envole pour le poursuivre et descend même quelquefois à terre pour le saisir, puis revient à son poste. Son vol est saccadé; le soir elle va se coucher dans les buissons. Dans la saison des amours, le mâle et la femelle se séparent peu; l'un se tient toujours perché non loin du lieu où l’autre couve et le prévient du danger. Nous avons même remarqué que le mâle ne s’envolait que lorsqu'il avait vu se sauver la femelle. Leur nid, placé dans les marais au sommet d’une grande plante ou d’un buisson, est énorme, composé d'herbe fine et de crin, protégé en dehors par des épines; la forme en est arrondie, et il n’a qu'une petite ouverture qui donne entrée dans son intérieur; les œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d’un beau blanc, de forme arrondie et du diamètre de 0",019 à 0,024. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)

Fig. 516. — Clignot à lunettes.

Voici la description détaillée que D'Azara, qui rangeait cette espèce avec ses T'achuris, donne d'un de ces nids :

Pour faire leur nid ils choisissent, dans les grands halliers, l'extrémité d’un jonc ou d’un rameau sec qui s'élève de quelques pieds au-dessus du sol, et ils l'y arrangent de manière qu'un buisson lui serve de voile et de tente, et l'endroit le plus fourré d'abri Ils donnent à ce nid la forme d'un cône dont l'axe a six pouces, et le diamètre extérieur, à la base, neuf et demi; sous cette base est un hémisphère parfait qui forme corps avec le cône et dans la concavité duquel sont déposés les œufs; le cône est solide ou rempli de divers matériaux; au bas d’un de ses côtés est l'ouverture en rond, de quinze lignes de diamètre, et recouverte dans quelques nids par une sorte d'avant-toit. En dehors, le nid est composé de petits rameaux d’écorce mince, attachés avec des fils de caraguata ou d’autres filaments; au dedans est une couche mollette de duvet cotonneux. (Voyage au Paraqguay et dans l'Amérique méridionale.)

Guëéneau De Montheillard en faisait un Traquet. M. Gray l’a mis dans ses Motacillinés.

CLIGNOT A LUNETTES. LICHENOPS PERSPICILLATA. (Commerson, Gmelin.)

Un cercle d'une peau jaunâtre plissée tout autour des yeux de cet Oiseau, et qui semble les garnir de lunettes, est un caractère si singulier, qu’il suffit pour le distinguer. Commerson l'a rencontré sur Ja rivière de la Plata, près de Montevideo, et les noms qu'il lui a donnés sont relatifs à cette conformation singulière de l'extérieur des yeux. Il est de la grandeur du Chardonneret, mais plus épais de corps; sa tête est arrondie et le sommet en est élevé; tout son plumage est d'un beau noir, excepté la tache blanche dans l'aile, qui l'assimile aux Traquets; cette tache s'étend largement par le

milieu des cinq premières pennes, et finit en pointe vers l'extrémité des six, sept et huitième, Dans quelques individus, on voit aussi du blanc aux couvertures inférieures de la queue; dans les autres, elles sont noires comme le reste du plumage. (De Monrseitrann.)

Bec et œil d'un beau jaune; pieds noirs.

Longueur totale : 0",16.

À Buenos-Ayres, on nomme cet Oiseau Pico de Plata (bec d'argent), et à Corrientes Vindita (petite veuve), de sa teinte noire.

6®* GENRE. — MUSCISAXICOLA. MUSCISAXICOLA. (D'Orbigny et De La Fresnaye.)

Muscicapa, Gobe-Mouche; Saæicola, Traquet.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, légèrement déprimé, droit, faiblement recourbé et comprimé jusqu'à la pointe, qui est échancrée; bords mandibulaires droits.

Narines basales, latérales, en partie cachées par les plumes du front.

Ailes allongées, subaiguës, la première penne presque aussi longue que la seconde et la troisième, qui sont égales el dépassent les autres.

Queue médiocre, large et faiblement échancrée.

T'arses beaucoup plus longs que le doigt médian, minces, couverts de squammelles: doigts médiocres, les latéraux presque égaux et faiblement soudés à leur base; le pouce assez court, mais robuste et muni d'un ongle, qui est le plus long de tous, et, de même que les autres, peu courbé.

Fig 317. — Muscisaæicola mentalis. Fig. 318 — Muscisaricola mentalis.

Sept espèces de l'Amérique méridionale, Nous figurons le Muscisaxicole à front roux (Muscisaxicola rufivertex) de D'Orbigny.

Ces Oiseaux, essentiellement insectivores, marchent tout aussi souvent qu'ils volent; et cette habitude seule les a fait comparer par M. D'Orbigny, qui a découvert quatre de ces espèces, aux Traquets, avec lesquels du reste ils ne sauraient être confondus, soit pour leur aspect, soit pour leurs mœurs. Aussi, tout en les nommant ainsi, MM. D'Orbigny et De La Fresnaye ne les séparaient pas de leurs Muscicapidés, dont ils se rapprochent en effet beaucoup plus que des Traquets; tandis que M. Gray les a bien à tort, croyons-nous, placés dans ses Motacillinés, c'est-à-dire avec les Bergeronnettes et les Pipits.

MUSCISAXICOLE DES MALOUINES. MUSCISAXICOLA MACLOVIANA. (Garnot, Lesson Gray. )

La tête est recouverte par une calotte d'un brun roux foncé, et cette teinte s'étend même sur le menton, qui est roux, et sur les joues, où ce roux s’affaiblit en devenant légèrement rougeûtre. Tout le plumage en dessus est d'un cendré brun teinté de roussâtre, passant au brun sur les couvertures supérieures de la queue, Le devant du cou et la poitrine sont d'un gris roussâtre très-clair, qui

passe au gris blanchâtre sur le ventre et les flancs. Les plumes des cuisses sont roussâtres. Les ailes sont presque aussi longues que la queue; elles sont gris cendré, et chaque plume, même les rémiges, est finement lisérée de blanchätre. Les rectrices sont égales, brunes, à barbes internes beaucoup plus longues que les externes, qui sont blanchätres. Le bec et les tarses sont noirs. (LESsON, Loologie de {a Coquille.)

Longueur totale : 0,165.

Des îles Malouines, où l'espèce est rare et a été découverte par Garnot et Lesson.

TROISIÈME FAMILLE. — PICNONOTINÉS.

Nous comprenons parmi les Dentirostres aarcheurs la famille des Pienonotinés, qui sout tout autant marcheurs en effet que buissonniers : ce qui explique que M. De La Fresnaye, après les avoir, en 1833, rangés avec ses Passereaux marcheurs, ait pu, en 1838, les reporter dans la section des Buissonniers de ses Turdidés, en ce sens que si, relativement à la division des l'assereaux, ils peuvent être considérés comme Marcheurs, relativement à certains groupes des Turdidés, ils peuvent bien parfois aussi être considérés comme Puissonniers. Ün ne possède, du reste, presque aueun détail de mœurs sur ces Oiseaux. Tout ce qu'on en sait, c’est que leur nourriture se compose d'insectes, de baies et de fruits. Ce sont tous Oiseaux de l'ancien continent, et appartenant exclusivement à l'Asie, l'Afrique et l'Océanie.

Leur bec est le plus généralement court, muni de barbe ou soies à la base, comprimé et échancré à la pointe; les ailes arrondies; les pieds et les tarses forts et trapus; les ongles courbés et aigus; les plumes du croupion sont généralement fort épaisses.

Cette coupe, créée par M. G. R. Gray, correspond assez exactement aux Brachypoduue de Swainson, qui faisait entrer dans ces derniers les geüres :

1° Micropus, Swainson;

2 Hfypsipetes, Vigors;

5 Brachypus, Swaïuson;

4 Chloropsis, Jardine et Selley; 5° Joara, Horsfeld;

6° Andropadus, Swainson;

7° Hcematornis, Swainson;

$° Tricophorus, Temminck;

9% Phillastrephus, Swainson, 10° Jcteria, Nieillot.

M. G. R. Gray a composé ses Picnonotinæe de ceux-ci, dont cinq, sauf le changement de deux noms, entraient dans la composition de Swainson :

4° Microscelis, Gray, pour Micropus, déjà employé;

2% Crimiger, Temminck, le même que Tricophorus;

3 Andropalus;

4 Pyjenonotus, Kubl, dans lequel se confond le genre Brachypus: b° Hypsipetes;

G° Sibia, Hodgson, le même qu'Alcopus;

7 Phyllastrephus;

M. Ch. Bonaparte, donnant à ce groupe le nom d'Ixodinæ, ajoute à ces genres, qu'il conserve moins l’avant-dernier, les genres suivants :

10 Parisoma, Swainson; 2 Erpornis, Hodgson; 3° Trichostoma, Blyth; 4° Malacopteron; Exton; 5 Alcippe, Blyth; 6° Ixidia, Hodgson; 7° Lole, Blyth; 8° Hemixos, Hodgson:; 9° Setornis, Lesson; 10° Brachypus, Swainson; 11° Zxos, Temminck; 19 Bradornis, Smith.

Nous suivons le système de M. G. R. Gray.

19 GENRE. — ANDROPADE. ANDROPADUS. (Swainson, 1851.)

Avn9, av cs, homme; cr a0cs, compagnon, el non, comme le dit M. Agassiz dans son Nomenclator, de T920, salt !

CARACTÈRES GENÉRIQUES.

Bec plus court que la tête, aussi haut que large, à arète arquée du sommet à la pointe, qui est terminée par quatre petites échancrures, et qurni de soies à la base.

Narines basales, ovalaires et nues.

Ailes surobtuses, les trois premières rémiges régulièrement étagées et espacées, la quatrième un peu plus longue que la troisième, la cinquième presque égale à la quatrième, la plus longue.

Queue médiocre el arrondie.

Tarses courts, de la longucur du doigt médian, recouverts, de même que les doigts, également courts, de squummelles ou écailles ruguvuses; le pouce robuste et long, son ongle le plus fort de tous.

Fig. 519 — Andropadus importunus. Fig. 520. — Andropadus importunus.

Trois espèces d'Afrique. Pendant longtemps on n'en a connu qu'une, découverte par Le Vaillant dans ses voyages en Afrique, et nommée par lui Merle importun. Nous en donnons la figure et la description.

Le caractère particulier de ce genre, démembré du grand genre Merle, et sur lequel repose sa création par Swainson, consiste dans la forme de la mandibule supérieure, qui est terminée par quatre petites échancrures au lieu d'une seule, comme chez tous les Dentirostres de Guvier, échancrures qui, ainsi que l'observe M. De La Fresnaye, paraissent terminer autant de petits sillons obliques dans l'intérieur de cette mandibule.

Ce fait, continue l'ornithologiste français, qui avait cru être le premier à l'observer, est d'autant

plus remarquable, que c’est, dans tous les Dentirostres de Cuvier, la seule espèce offrant un bec serriforme : comme dans les Ténuirostres (ainsi que nous l'avons déjà vu), le genre Ramphodon, Lesson, composé d'une seule espèce de Colibri, le Colibri tacheté (Trochilus nœvius), Temmincek, et le genre Soui-Manga (Cinnyris), Guvier, dans les Syndactiles du même auteur, le seul genre Symé (Syma), Lesson, composé d'une seule espèce, et démembré du genre Martin Pécheur (A{cedo), et les genres Calao et Momot, et, enfin, dans les Conivostres (comme nous le verrons plus tard), le seul genre Phytotome, composé aujourd’hui de deux ou trois espèces.

On voit par là que ce caractère de bec serriforme se rencontre fort rarement dans les espèces composant la grande division des Passereaux de Linné, et qu'il a presque toujours donné lieu à la formation de genres particuliers souvent composés d'une seule ou de très-peu d'espèces. (Magasin de Zoologie, 1832.)

Le Vaillant donna le nom d'Amportun à l'espèce typique, parce que, souvent, dans ses excursions aux environs du Cap, cet Oiseau le suivait, voltigeant d'arbre en arbre, et le fatiguant de ses cris continuels, au point, dit-il, de faire prendre la fuite quelquefois à des Oiseaux précieux dont il cherchait à s'approcher pour les tirer.

C'est un Oiseau turbulent, babillard, dont le ramage n'exprime que le mot pit, répété continnellement sur toutes sortes de tons; il en est même à charge au point d'impatienter. Îl est fort curieux de son naturel, et vient toujours se percher sur l'arbre qui se trouve le plus près de l'homme qu'il aperçoit, et qu'il suit ainsi d'arbre en arbre, en répétant toujours son cri pit-pit.

Ces Oiseaux, continue Le Vaillant, par leur acharnement à me poursuivre, m'ont mille fois contrarié quand il m'arrivait de guetter quelque espèce particulière que je désira's me procurer; car, aussitôt que l'un d'eux m'avait aperçu, ne me quittant plus, il était inutile d'attendre plus longtemps l'Oiseau que je cherchais, parce que tous ses mouvements et son eri me décélaient à tous les autres Oiseaux, dont il semblait être en quelque sorte l’espion; et je n'avais d'autre moyen de m'en débarrasser qu'en le tuant. Il m'est arrivé mainte fois, lorsque, retiré dans ma tente, je voulais me mettre à travailler tranquillement, d'être tellement obsédé des cris continuels de ces Oiseaux, qui se rassemblaient plusieurs sur les arbres autour de mon camp, que j'étais obligé, pour m'arracher à leur importunité, de les faire tuer tous

Le mâle et la femelle vivent de compagnie presque toute l'année, et c’est toujours sur le sommet des arbres qu'ils se perchent plus volontiers: de sorte qu'on est souvent très-ennuyé de leur impatientant cri, sans pour cela pouvoir s’en débarrasser par un coup de fusil. [ls construisent leur nid sur les branches des grands arbres; la ponte est de quatre ou cinq œufs tachetés d'olivätre. (Histoire naturelle des Oiseaux l'Afrique).

Edouard Verreaux, qui, pendant un séjour de plusieurs années au Cap, a eu occasion d'en tuer lui-même à une vingtaine de lieues de cette ville, a remarqué effectivement que cet Oiseau était trèscriard, qu'il se réfugiait presque toujours dans l'épaisseur des buissons, ou plutôt des grandes bruyères, dont le canton qu'il habite est couvert, et d'où il fait entendre ses cris très-fréquents; mais il n'a point remarqué qu'il s'attachàt à ses pas en le poursuivant de ses cris répétés avec cette sorte d'acharnement dont parle Le Vaillant. (Magasin de Zoologie, 1852.)

ANDROPADE IMPORTUN. ANDROPADUS IMPORTUNUS. (Vieillot, Swainson.}

Tout son plumage en dessus est d'un vert olive sombre, uu peu verdâtre sur les barbes extérieures des rémiges et des rectrices; tout le dessous est d’un gris verdâtre sale; le bec et les pieds sont d'un noir brun; l'aile, en dessous, est couleur de soufre pâle. (De La Fresxave, Magasin de Zoologie, 1832.)

Longueur totale, 0,195.

Très-commun en Afrique, le long de la côte de l'est, depuis le Duyven-Ochs jusqu'à la baie Lagoa. Le Vaillant l'a vu plus communément dans les forêts d'Anteniquoi, et ne l'a point aperçu dans l'intérieur des terres ni à la côte ouest. Les frères Verreaux, au contraire, l'ont rencontré à une vingtaine de lieues du Cap, dans l'intérieur du pays.

Qme GENRE. — CRINON. T'RICHOPHORUS \Temminck, 1821.)

OË, totycs, soies; popew, je porte.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec court, fort, en cône allongé, comprimé à la pointe, un peu dilaté où élargi à la base; mandibule supérieure fléchie vers la pointe, qui est un peu échancrée; base du bec garnie de trèsfortes et longues soies.

Narines un peu éloignées de la base du bec, ovoides, ouvertes, point cachées par les soies de la base. Lise

Ailes médiocres, surobtuses; les trois premières rémiges élagées, les quatrième, cinquième et sixième les plus longues.

Queue assez longue et large.

Tarses plus courts que le doigt du milieu; les doigts latéraux inégaux, l'externe uni jusqu'à la seconde articulation, l'interne uni à sa base

Fig. 321. — Trichophorus camceps. Fig, 322. — Trichophorus caniceps.

Quinze espèces de l'Asie et de l'Afrique. Nous donnons la figure et la description de l'espèce typique, qui est la plus remarquable. M. Temminck avait, dans l’origine, donné à ce genre le nom de Criniger (Manuel d'Ornithologie, page 60, 1820); depuis, il l'a changé en celui qui précède, sur ce motif que « cette dénomination, dit-il, avait été jugée vicieuse. » C’est donc sans raison que M. G. R. Gray a cru devoir la maintenir contre le gré même de son auteur.

Ce qu'on connaît des mœurs de ces Oiseaux ressemble tout à fait à ce que l’on sait de nos Merles.

CRINON BARBU. TRICHOPHORUS BARBATUS. (Temminck )

Une réunion ou faisceau de plumes larges, longues, et un peu contournées en avant, garnit le menton et une partie de la gorge; elles forment une sorte de barbe très-ample, et qui peut servir à distinguer cette espèce de ses congénères. Des crins très-longs et forts garnissent le bord de la mandibule supérieure du bec; huit ou dix crins de la même nature prennent naissance à l’occiput et à la région des premières vertèbres cervicales; elles dépassent les plumes de ces parties environ d’un pouce, et forment une espèce de huppe que l’Oiseau peut relever; les deux sexes en sont pourvus.

Les parties supérieures dans le mâle sont, sur le dos, d’un vert glacé de cendré, et légèrement teint de roussâtre sur la queue, dont le bout des pennes est terminé par un croissant jaunâtre trèsétroit. Les plumes du menton, qui forment la barbe, sont d’un beau jaune clair; celles des tempes ont une petite raie jaunâtre le long de la baguette; tout le reste du plumage des parties inférieures est coloré de teintes vertes cendrées; la couleur cendrée domine sur les plumes de la poitrine; elle teint le milieu des plumes, dont les bords sont verdâtres. (Temminek, pl. col., texte.)

Longueur totale, 0",225.

L'espèce a été trouvée à Sierra-Leone, sur la côte occidentale d'Afrique. oÿ 59

5 GENRE. — TURDOIDE. PYCNONOTUS. (Kuhl.)

Tluzxvos, épais; YO7cs, dos.

CARACTÈRES GÉNÉPIQUES.

Bec généralement moins long que la tête, courbé dès’sa base, qui est garnie de quelques fortes soies, comprimé sur les côtés vers la pointe, qui est échancrée.

Narines basales, percées dans une membrane ovalaire, et nues.

Ailes médiocres, arrondies, surobtuses; les quatrième, cinquième et sixième rémiges les plus longues.

Queue médiocre, légèrement arrondie.

Tarses de la longueur du doigt médian, recouverts de squammelles; ongles courbés, celui du doigt médian aussi long et aussi fort que celui du pouce.

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