ESS
TROISIÈME FAMILLE. — MÉLITHREPTINÉS.
Les Mélithreptinés ont le bec court, subconique, à arête courbée, très-comprimé sur les côtés, et à pointe aiguë et échancrée; les ailes plus ou moins longues, subobtuses, la quatrième rémige étant généralement la plus longue de toutes; les tarses courts et forts; les doigts plus ou moins longs, les latéraux égaux, le médian le plus long, unis à leur base; les ongles médiocres, comprimés et aigus. M. Gray a composé cette famille des trois genres suivants :
40 Manorhine (Manorhina), Vieillot; 9° Melithreptus, Nieillot; 3° Psophodes, Vigors et Horsfield.
Tous les Oiseaux de cette famille ont les mêmes habitudes que les autres Méliphagidés.
A GENRE. — MANORHINE. MANORHINA. (Vieillot, 1825.)
Macs, mince; gtv, nez ou bec.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec court, comprimé sur les côtés, terminé en pointe, et échancré.
Narines basales, fermées par une peau membraneuse, et en partie engagées dans les plumes veloutées du front.
Ailes subobtuses, à première rémige très courte, la seconde et la troisième un peu plus longues, les quatrième et cinquième égales et les plus longues.
Fig. 54. — Manorhina garrula. Fig. 55. — Manorhina garrula.
Queue médiocre et rectiligne, où fort peu arrondie.
T'arses courts, de la longueur du doigt médian, robustes, et recouverts de larges écailles; doigts courts : les deux latéraux égaux et unis à leur base; le pouce long et fort; ongles longs, courbés et «iqus.
Souvent des nudités autour de l'œil.
Six espèces de l'Australie. Nous citerons le Manorhine à gorge jaune (Manorhina flaviqula,
Gould\, Gray.
Les Manorhines ou Myzantes, quoique se rencontrant le plus souvent sur les arbres, descendent aussi parfois à terre pour y prendre les Insectes, spécialement les jeunes Sauterelles, dont ils sont très-friands. Leur vol est léger; ils ne paraissent pas trop farouches dans les localités peu habitées. Aussi n'est-il pas rare d'en tuer plusieurs sur le même arbre sans que ceux du voisinage songent à s'envoler. Ils se tiennent isolés pendant le jour, et presque toujours sur une branche sèche; de là, ils font entendre un petit ri qui est répété par les autres. Dans l'estomac du plus grand nombre de ceux qui ont été ouverts, se trouvent, mélangés aux Insectes, des débris de fleurs d'eucalyptus et de diverses espèces de wattels, dans lesquelles, on le sait, se réfugient beaucoup de petits Insectes.
Leur nid se trouve le plus souvent sur l'enfourchure d'une branche horizontale, et fréquemment exposé à l’ardeur des rayons solaires et à la pluie : on en voit quelquefois deux ou trois sur le même arbre. Ces nids sont d’un assez grand volume, et assez mal faits; ils se composent de débris de feuilles de casuarina, de petites bûchettes, et l’intérieur est garni de quelques plumes, et même de débris d’écorces molles de métrosidéron. (1. Venneaux, loc. cit.)
Fig. 36. — Manorhiue chanteur
MANORHINE CHANTEUR. MANORHINA GARRULA. (Latham, Gray.)
Front blanc, devenant gris argenté sur la face et une partie des joues, où cette couleur devient noire, avec un reflet argenté; mais elle rejoint là le noir qui recouvre la partie supérieure de la tête: le derrière du cou est d’un gris blanc qui se reproduit sur le devant du cou et sur la poitrine, et toutes les plumes de ces parties sont rayées, transversalement, de gfis plus ou moins foncé. Sur la poitrine, la teinte est plus foncée, et forme comme des écailles; le dos est d’un gris plus foncé, et devient d’une teinte encore plus sombre à mesure qu'elle avance sur le croupion et les couvertures supérieures de la queue; sur le dos, les raies grises sont pâles, et l'on voit sur le centre une légère teinte olivâtre; les ailes et la queue sont grises; une partie des rémiges secondaires est lisérée d’olive clair, les primaires sont noirâtres, légèrement lisérées de blanc vers l'extrémité; les rectrices
sont brunes vers la base, et toutes sont légèrement terminées de blanc; les deux médianes sont fortement teintées de gris, et le blanc est moins pur; l'abdomen et les couvertures inférieures sont d’un blanc pur; une teinte olive s’observe au-dessous du menton, et il y a sur la gorge une ligne étroite noirâtre; le bec est un peu plus court que la tête; il est d’un beau jaune, ainsi que la peau nue qui se trouve derrière les yeux; les tarses sont d'un brun clair ou couleur de chair; les ongles d’un brun fauve; les ailes sont grandes, amples, et les troisième, quatrième, cinquième et sixième rémiges sont les plus longues; la queue est assez longue, et composée de douze rectrices; elle est un peu arrondie.
Longueur totale, 0,265. (J. Verreaux, loc. cit.)
2° GENRE. — MÉLITHREPTE. MELITHREPTUS. (Vieillot.)
M:, miel, Tocpo, je tire.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec assex court et très-aigu, à arêle recourbée, comprimé sur les côtés vers la pointe, qui est finement échancrée.
Narines basales, recouvertes par une membrane.
Ailes médiocres, subobtuses, à première rémige la plus courte : les troisième, quatrième el cinquième les plus longues.
Queue médiocre et échancrée.
Turses de la longueur du doigt médian; doigts courts : les latéraux égaux et unis à la base; le pouce long. et fort; ongles moyens, courbés el aigus.
Fig. 57. — Melithreptus lunulatus. Fig. 38. — Melithreptus lunulatus.
Onze espèces de l'Australie. Nous citerons le Mélithrepte à gorge noire (Melithreptus qularis), Gould.
Les Mélithreptes se voient d'ordinaire sur les pommiers sauvages, quelquefois au nombre de six ou huit ensemble, surtout le M. lunulé, prenant toutes sortes de positions, grimpant aux branches à la manière des Mésanges, et venant le plus souvent becqueter dans les fleurs, y chercher les Insectes qui servent à leur nourriture, et y sucer le suc, qui est assez abondant. Lorsqu'ils sont posés, ils font entendre un ramage assez bruyant, etun cri aigu au moment de s'envoler.
Ils construisent souvent leurs nids sur des espèces de banksias, à près de deux ou trois mètres du sol : ces nids se trouvent soutenus par plusieurs petites branches en forme de fourche; ils sont en majeure partie composés de débris d'eucalyptus assez bien entrelacés : l'intérieur garni de brins plus fins. La forme en est généralement arrondie; l'ouverture large peut avoir près de 0w,080 de diamètre sur 0°,040 ou 0%,045 de profondeur.
On trouve dans leur estomac beaucoup de débris d'Insectes, et surtout beaucoup de GHÉQNES (J. Venneaux, loc. cit.) +
Fie. 4. — Pie-Grièche méridionale
MÉLITHREPTE LUNULÉ. MELITHREPTUS LUNULATUS. (Shaw, Vieillot.)
Tête d’un noir de velours; un demi-cerele blane sur l'occiput, mais n’arrivant pas tout à fait jusqu'à l'œil; ce noir descendant de chaque côté du cou, et formant une ligne étroite qui s'arrête de chaque côté de la poitrine; toutes les parties supérieures d’un vert olive vif, couleur qui règne sur les ailes et la queue; le reste des rémiges et des rectrices d’un noirâtre clair; le haut du menton noir, et tout le reste des parties inférieures d’un blanc pur, prenant une teinte grisätre sur une partie des couvertures inférieures de la queue et de celles des ailes, dont la majeure partie est d’un blanc pur, une petite caroncule au-dessus de l'œil, s'étendant en arrière et formant un demi-cerele, en dessous de la paupière inférieure, d’un rouge orangé vif. Cette même couleur se retrouve dans l'intérieur du bec; la langue est blanchâtre, terminée en pinceau; bec noir; tarses et ongles bruns; les épaules sont d’un gris noirâtre plus ou moins foncé; les rectrices sont terminées un peu en pointe, et celles du milieu sont plus courtes que les autres, ce qui leur donne l'apparence d’être échancrées : la quatrième rémige est la plus longue; l'iris est brun rougeâtre. (J. VerrEaux, loc. cit.)
Fig 59 — Mélithrepte validirostre.
3e GENRE. — PSOPHODE. PSOPHODES. (Vigors et Horsfield.) Wowcz, bruit crépilant CARACTÈRES GÉNERIQUES.
Bec robuste, court, presque droit, comprimé, à arêle peu carénée, un peu arquée, à mu dibules très-entières; bouche qurnie de soies fortes et couchées.
Narines basales, ovalaires, recouvertes de plumes et de soies, et munies d'un opereule membraneux.
LA
Ailes très-courtes, arrondies, subobtuses; la première rémige courte, les deuxième, troisième et quatrième graduellement plus longues : la cinquième jusqu'à la neuvième inclusivement presque égales, les plus longues.
Fig. 40. — Psophodes crepitans Fig. 44. — Psophodes crepitans
Queue allongée, étagée.
Pieds assez forts, assez allongés; acrotarses scutellés; paratarses nus (Lesson, d'après Vicons et
Honsrtezr, Man. d'Ornithologie, 1828); du reste, les doigts et les ongles comme dans les genres précédents.
Deux seules espèces de l'Australie. Nous citerons le Psophode à gorge noire (Psophodes nigrogularis). Gould.
MM. Vigors et Horsfield, créateurs de ce genre, dont ils avaient observé l'espèce type, que nous décrirons tout à l'heure, le plaçaient parmi les Nectariniidés, parce que son bec n’est pas échancré à la pointe, et aussi d’après ses habitudes d'Oiseau suspenseur. Lesson, trouvant que, par son port et ses formes, le Psophode ressemblait beaucoup aux Pies-Grièches, et surtout aux Gobe-Mouches, le rangea parmi ces derniers, ainsi que l'avait déjà fait Latham. M. Gray, rentrant dans les idées de Vigors et de Horsfeld, l'a rétabli dans les Méliphagidés, place que nous lui conservons également.
M. Gray nous apprend en effet que le Psophode fréquente les fleurs d’eucalyptus, dans lesquelles, comme les autres Méliphagidés, il recherche les Insectes qui lui conviennent.
M. Ch. Bonaparte le met, lui, dans les Maluridés, entre les genres Orthonyx et Sphenostona.
C’est, dit Jules Verreaux, un Oiseau qui se tient le plus souvent dans le fourré : aussi le voit-on toujours en mouvement, volant d'un buisson à un autre, dans l'épaisseur duquel il se plait, visitant chaque branche pour y chercher les Insectes qui servent à sa nourriture. Son cri lui a valu le nom de Coach-Whip (fouet de postillon), en ce qu'il ressemble un peu au claquement d’un fouet. L’estomac d’ur individu que je tuai était rempli de Sauterelles de diverses espèces, d'œufs de ces dernières, et de Phasmas gris, nommé Jack's-Struws par les colons.
Le nid est composé de petites branches entrelacées, et la majeure partie épineuse; il est d’une forme arrondie et très-évasée du haut; mais il est si clair, qu'il laisse voir le jour à travers, et l'extérieur en est très-irrégulier. L'intérieur est mélangé de petites tiges de fougères entremêlées aux autres. Il a environ 0,14 de diamètre dans sa plus grande largeur, et environ 0",0% de profondeur. Le nid se trouve placé dans le buisson même dont il tire les matériaux de sa composition, et se trouve ordinairement à cinquante centimètres du sol, dans l'épaisseur du fourré. (Notes mss. de Zool. tasman. et austral.)
PSOPHODE CRÉPITANT. PSOPHODES CREPITANS. (Latham, Vigors et Horsfield.)
Tête noire, huppée; joues et une partie des côtés du cou d’un blanc pur; milieu de la gorge et poitrine noirs; mais la majeure partie des plumes de la gorge hordées de blanc, et celles du bas de la poitrine d’un blane sale qui devient de plus en plus grisätre sur le ventre et l'abdomen; les flancs olivâtres; toutes les parties supérieures d’un vert olive foncé, y compris les ailes et la queue; rémiges noires, frangées de gris sur une partie des barbes externes; queue noire en dessous, trèsétagée, et les trois plus externes de chaque côté terminées de blane, les plus longues, de gris; bec d’un noir plombé; iris brun; tarses et ongles de cette dernière couleur. Longueur totale, 0,28. Sa forme est gracieuse, surtout lorsque, surpris par quelque chose, il redresse sa huppe. (J. VernEaux, Notes mss. de Zcol. tasman. et austral.)
TROISIÈME TRIBU. — NÉOMORPHIDÉS.
Cette tribu, que nous formons aujourd'hui, se compose d'éléments exceptionnels, et qui peuvent paraitre hétérogènes, mais qui, cependant, nous paraissent réunir toutes les conditions d'un groupe aussi naturel que possible. Nous y faisons, en effet, entrer quatre genres reposant chacun sur une espèce unique. Le premier est le Philepitta sericea, de Madagascar; le second le Philesturnus carunculatus, le troisième le Callæas cinerea, et le quatrième le Neomorpha Gouldii, ces derniers de la Nouvelle-Zélande. Ce sont tous Oiseaux porteurs de caroncules à la base ou au-dessous du bee, et que leur conformation anomale a constamment fait ballotter d'un genre et même d’une famille à un autre genre et à une autre famille, depuis leur découverte récente jusqu’à ce jour. Ce qui nous dé:
termine à réunir ces genres aux Méliphagidés, c'est que l'un d'eux, le Philesturnus, d’après les plus nouvelles observations, a la langue en forme de pinceau, caractère qui, à nos yeux, nous l'avons déjà dit, entraîne forcément des habitudes méliphages:; c’est qu'un autre genre, le Philepitta, ou du moins l'Oiseau type de ce genre, a le bec et les pattes conformés de telle manière que nous ne pouvons nous empêcher d’y voir également un Méliphage. Enfin une considération semblable, d’après l'inspection de ces mêmes parties chez le Neomorpha, nous porte à lui attribuer la même organisation et les mêmes habitudes.
Au surplus, si nous prenons l'initiative pour la création de cette famille, nous ne faisons que nous conformer, quant aux rapports qu'elle peut offrir avec les Méliphagidés, à des indications précises déjà faites par Vieillot d’abord, puis par M. le professeur Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.
On peut même dire que M. Ch. Bonaparte vient de faire un premier pas dans cette voie en rapprochant les genres Neomorpha et Creadion (Philesturnus) des Méliphagidés, par suite de la place qu'il assigne à ces genres tout à la fin de ses Corvidés, qui précèdent immédiatement les Méliphagidés.
Quelque parti que l'on prenne, en définitive, pour le classement de ces divers genres, nous croyons qu'on ne peut se dispenser de les grouper dans une même famille, que l’on place cette famille dans les Corvidés, dans les Garrulidés ou dans les Méliphagidés.
FAMILLE UNIQUE. — NEOMORPHINES
Les Néomorphinés ont le bec plus ou moins long et plus ou moins arquê, mais jamais entièrement droit; les tarses et les doigts forts, les ongles robustes, recourbés et aigus; des caroncules à la base du bec, soit en dessus, soit en dessous, et la langue en brosse ou en pinceau et plus ou moins rétractile.
Cette famille se compose de quatre genres :
1° Callæas, Forster:
2° Neomorpha, Gould;
3° Philesturnus, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire; 4° Philepitta, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.
1° GENRE. — GLAUCOPE. CALLÆAS. (Forster.)
Kaas, caroncule.
CAPACTÈRES GÉNÉRIQUES.
Bec court, robuste, arrondi en dessus avec deux petites cannelures latérales, un peu renflé vers le milieu et formant un angle prolongé dans les plumes du front: la mandibule inférieure recourbée, moins longue que la supérieure, sous laquelle elle s’'emboîte.
Narines larges, ovalaires.
Ailes n'attcignant que la base de la queue, surobtuses, les rémiges croissant successivement depuis la première jusqu'à la sixième, qui est la plus longue de toutes.
Queue longue, ample, légèrement aiguë à son milieu, et arrondie ou étagée sur les côtés, les reclrices acuminées par une petite portion excédante du rachis, en un mot, terminées en pointe comme sè on les avait coupées avec des ciseaux.
T'arses longs et robustes, les écailles de leur partie antérieure lisses et ne paraissant point sépa-
Fix, 1. — Bouvreul de Pallas.
Fig. 2 — Hirondelle pourprée
rées; colles des doigts, au contraire, très-marquées sur les articulations surtout; le doigt du milieu dépassant de beaucoup les deux autres, qui sont presque égaux; le postérieur le plus robuste, et son ongle le plus fort de tous et le plus recourbé; tous les ongles cannelés en dedans.
Fig, 45. — Callæas cinerea.
Fig. 44. — Callœus cinerea,
Langue épaisse, cornée, largement échancrée à sa pointe, avec de légères laciniures-caroncules pendant sous la base du bec, épaisses, arrondies. (Quox et Gaiman», zoologie de l’Astrolabe.)
Deux espèces de la Nouvelle-Zélande. Nous figurons l'espèce type, le Glaucope cendré (Callæas cinerea), et nous en donnons la description.
Ce qui frappe le plus dans le squelette du Glaucope, c'est la longueur de ses tarses, la petitesse des bras coïincidant avec le peu de grandeur du sternum et l'exiguité de la fourchette, caractères qui indiquent un Oiseau peu susceptible de voler. Son sternum se rapproche de celui des Pies, mais il est plus petit, plus étroit, et sa carène médiane surtout est beaucoup moins saillante. L'omoplate est aussi plus grèle et plus allongée.
Cet Oiseau aime les bois, ct nous l'avons toujours trouvé perché. Forster semble indiquer le con. traire, ce qui a fait même que dans les dessins on l’a représenté par terre. Il est vrai que la petitesse de ses ailes, la longueur de sa queue et les formes de son squelette, indiquent un Oiseau peu eapable de fournir un long vol. Aussi s'échappe-tl en glissant à travers les branches sans aller bien loin. Son cri est une espèce de gloussement. Il se nourrit de fruits (Quoy et Gxrmanp), auxquels il joint, dit-on, des Insectes. Sa chair est délicate.
M. De La Fresnaye s'en tenant, au sujet de ce genre, aux indications de Cook, qui favouisaient son système de classification, en a fait un Marcheur. « C’est, dit-il, en parlant du Loriot Prince-Régent, auprès des Pirolles de Temminck et du Glaucope cendré que le Prince-Régent doit être placé, selon
moi. Ses pieds sont absolument les mêmes que ceux du Glaucope cendré, cet Oiseau de la Nouvelle- Zélande, remarquable par deux petites caroncules tombantes au coin du bec, comme chez nos Pintades. Or, on sait que les Glaucopes sont des Oiseaux essentiellement marcheurs, et que Cook les avait pris pour des espèces de Poules la premiere fois qu'il les vit à terre, sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. » (Mag. zool., 1833.)
Sans discuter ici le mérite et la justesse de ce rapprochement, auquel les caractères physiologiques et de mœurs que nous avons exposés ci-dessus semblent répondre suffisamment, nous ajouterons que Cuvier rangeait le Glaucope dans ses Conirostres, entre les genres Colion et Pique-Bœufs; que Lesson et M. Gray, d'après lui, en ont fait le type d'une famille dans les Corvidés, l'un sous le nom de Glaucopés, l'autre sous celui de Gallæatinæ; et qu'enfin M. Ch. Bonaparte l’a placé dans sa famille des Garrulideæe.
Nous avons hésité longtemps nous-même à comprendre le Glaucope dans notre famille des Néomorphinés. Mais, en comparant entre eux chacun des quatre genres qui le composent, surtout les trois derniers, il nous a été impossible de ne pas reconnaitre identité parfaite de caractères, quant à la présence de l'appendice caronculaire, à la conformation des pattes, et surtout à celle de la queue, qui est exactement la même chez le Glaucope que chez le Philesturne; les pennes de ce dernier organe, ainsi que le disent d'une manière si expressive Quoy et Gaimard, étant terminées en pointe, comme si on les avait coupées avec des ciscuux.
Fig. 45, — Gliucope cendré.
GLAUCOPE CENDRÉ. CALLÆAS CINEREA. (Forster \
Tout le plumage de cet Oiseau est d'un cendré sombre tirant sur le noir. Les grandes pennes des ailes et de Ja queue sont plus foncées à leur pointe, qui est lisse, tandis que toutes les plumes du corps sont d'un cendré mat, et ont leurs barbules très-écartées. Les plumes du lorum et celles qui recouvrent les narines sont un peu serrées, comme en velours et d’un noir mat. Les caroncules qui
Fix, 1
Fig, 2
— Bec croisé
— Gros Bec
pendent sous le bee sont d’un beau bleu de ciel à la base et d'un rouge vif dans le reste de leur étendue. Le bec est noir; la langue est noire; les pieds et les ongles sont noirs. (Quoy et Garmann.) Longueur totale : 0,41.
C'est le Great wautle bird of New-Zeeland des Anglais.
Que GENRE. — NÉOMORPHE. N£OMORPHA. (Gould, 1836.)
Nec, nouveau, nouvelle; 22:07, forme.
CARACTERES GENERIQUES.
Bec de la longueur de la tête, comprimé sur les côtés, arqué, fort aigu et denticulé à la pointe. Narines percées dans un sillon basal, à moitié ouvertes et en partie cachées par les petites plumes qui se projettent du front.
Fig, 46 — Neomorpha Gouldii.
Ailes lonques et arrondies, surobluses, les rémiges aigmentant successivement à partir de la première jusqu'à la sixième, qui est la plus longue; dépassant fort peu la buse de la quete. Queue longue, ample, arrondie, chaque rectrice acuminée par une faible saillie du rachis.
Se es —