‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 113 sur 129 · ER IT · texte numérisé non relu

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gme GENRE. — STÉNORHYNQUE. STENORHYNCHUS. Fr. Cuvier, 1826. Dictionnaire des Sciences naturelles, t XXXIX.

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5, élroit; 2%Y405, museau

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Système dentaire : incisives, ;; canines, —: molares, = : en totalité, trente-deux dents. Ces dents sont composées à leur partie moyenne d'un long tubercule arrondi, cylindrique, recourbé en arrière, el séparé de deux autres tubercules un pen plus petits, lun antérieur et l'autre postérieur, par une profonde échancrure.

Tête, comparativement à celle des Calocéphales, tout en museau, c'est-à-dire très-allongée et très-effilée vers son extrémité, d'où « été tiré le nom du genre.

Pieds terminés par des ongles petits, surtout postérieurement.

Ce genre correspond à celui des Leptonyæ (227702, grêle; av£, ongle) de M. Gray (Wag. nat. History n. 1, t. 1, 1837), et à la division des Stenorhyncina du même auteur.

C’est, comme on vient de le voir, principalement la disposition du système dentaire qui a servi à caractériser ce genre; en effet, c'est dans ces animaux que les molaires ne sont pas simples et sont chacune divisées comme en plusieurs petits tubes distincts : aussi croyons-nous devoir rapporter à ce sujet ce qu'en dit Fr. Cuvier : « À la mâchoire supérieure, la première incisive est plus petite que la seconde, et toutes deux ont les formes de la canine; celle-ci, qu'un léger intervalle vide sépare des incisives, est très-forte, arrondie en dehors aux deux crêtes, lune au côté interne, l’autre au côté postérieur. Les mâchelières sont toutes de même geandeur et de même forme; leur partie moyenne se compose d’un long tubereule arrondi, cylindrique, séparé des parties latérales par deux profondes échancrures qui produisent, en avant et en arrière de ce tubercule moyen, un autre tubercule un peu plus petit, mais de la même forme à la mâchoire inférieure; les incisives, les canines et les molaires sont semblables à celles de la supérieure en tous points. Dans leurs positions réciproques, ces dents sont absolument ce que nous les avons vues dans les systèmes précédents (celui des Calocephalus); seulement les incisives sont elles-mêmes alternes, et les deux moyennes contiguës de la mâchoire inférieure se logent dans le vide qui sépare les deux analogues de la mächoire opposee. Ces dents nous ont été offertes par la tête du Phoque nommé leptonyæ par De Blainville; les mâchelières semblent nous montrer celles du Phoque commun développées au dernier degré; toutes les échancrures de leurs tranchants sont profondes et produisent de longues pointes. »

Fr. Cuvier ne rangeait dans le genre Sténorhynque qu'une seule espèce; une seconde espèce y a été placée par Lesson, et l’on doit aujourd'hui ÿ en mettre également une troisième espèce provenant des mers polaires australes, et rapportée par MM. Hombron et Jacquinot. Ces Phocidés sont tous propres aux mers polaires.

1. STÉNORHYNQUE A PETITS ONGLES. STENORHYNCHUS LEPTONYX. Fr. Cuvier.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Pelage d'un gris noirätre en dessus, passant au jaunâtre sur les côtés, à cause des petites taches qui S'y trouvent; flancs, dessous du corps, pieds et dessus des yeux d’un jaune gris päle; moustaches simples, courtes; ongles de derrière très-courts. Longueur totale variant ETS DATE

Cette espèce, qui n'est pas jusqu'ici connue d'une manière complète, a été décrite pour la première fois par De Blainville, d'après une tête osseuse qu'il avait été à même d'oberver, en 1820, dans le musée d'Hauville, à Ingouville, près du Havre, et qui aujourd’hui fait partie de la galerie du Muséum, et à laquelle il a appliqué la dénomination de Phoca leptonyæ, qui rappelle la petitesse des ongles.

M. Everard Home a fait représenter dans les Transactions of the Society royal of London, 1822, une tête de ce Phoque; et c'est probablement pour cela que Lesson a appliqué à cet animal la dénomination de Puoove pe Hour, Phoca Homei. Enfin, il y a uue dizaine d'années, MM. Hombron et Jacquinot ont rapporté de leur voyage au pôle sud le squelette complet d'un individu de cette

espèce

Fig. 192, — Sténorhvnque à pelits ongles.

Ce Sténorhynque provient des mers des îles Malouines et de la Nouvelle-Géorgie : on le réunit quelquefois, ainsi que nous le dirons, avec Pespèce suivante.

9, STÉNORHYNQUE DE WEDDELEL. STENORHYNOHUS WEDDELLIT. Lesson.

Canacrères spéctriques.— Pelage ras, lustré, d'un gris päle, parsemé d'un grand nombre de taches arrondies, blanchâtres en dessus et jaunâtres en dessous: cou allongé; tête petite, ayant beaucoup de ressemblance avec le précédent et étant à peu près de même taille.

Ce Phoque est le SEA LÉOPARD de Weddell, Pnooue À LoxG cou, Persons, Phoca longicollis, Shaw. I a beaucoup de ressemblance avec le précédent, Stenorhynchus leptonyx, cependant il en diffère, suivant le docteur Jamieson, qui en a examiné Les dépouilles et le système dentaire. La description de Weddell est trop incomplète pour être satisfaisante : les auricules ne sont point apparentes et cependant les formes du corps de l'animal sont entièrement semblables à celles des Otaries, e’est-àdire que le corps est arrondi, épais, et le cou très-long, s’amincissant jusqu'à la tête, qui est petite et à museau proéminent, et c’est d'après cela que Lesson s’est cru autorisé à regarder les Stenorhynchus leptonyx et Wedideïii comme ne formant peut-être qu'une seule espèce, et, en second lieu, comme étant des Otaries à conques auriculaires rudimentaires, et qui ne sont point visibles sur des peaux racornies. Mais, comme cela est loin d’être démontré, nous avons préféré laisser, avec F. Cuvier, ce Sténorhynque parmi les Phoques proprement dits.

Ce Phoque vit sur la glace; mais l'on ne sait rien de ses mœurs. I n'habite que les hautes latitudes des Orcades australes par soixante degrés, et, dit-on, les îles Shetland,

5. STÉNORHYNQUE CARCINOPHAGE, STENORHYNCNUS CARCINOPHAGUS. Hombron et Jacquinot

Canacrères srécrriques. — Molaires subdivisées, comme celles du Stenorynchus leptonyx, en plusieurs tubes particuliers, mais offrant ce caractère spécial, que ces sortes de tubes sont en plus srand nombre.

Cette espèce a été créée par MM. Hombron et Jacquinot; plusieurs parties caractéristiques en ont été figurées dans latlas de leur voyage au pôle sud, mais la description n’en a pas été donnée encore. La publication de la zoologie de cette expédition, d'abord arrêtée par les événements politiques, puis par la mort de Hombron, décédé en 1852, au Sénégal, est reprise aujourd'hui, et M. le docteur Pucheran s'occupe en ce moment de ce qui concerne l’histoire naturelle des Mammifères et des Oiseaux.

Comparé à celui du Stenorhynchus leptonyx, le système dentaire du Stenorhynchus carcinophagus présente des particularités qui rapprochent ces deux espèces, et d’autres qui les éloignent nettement. Ainsi les dents, en général, sont en même nombre dans les deux espèces, et les molaires, dans lune comme dans l’autre, ne sont pas simples, mais comme composées d'une grande partie médiane, et, des deux côtés, de sortes de petits tubes qui y sont accolés : jusque-là, les dents des Stenorhynchus leptonyx et carcinophagus se ressemblent; mais, tandis que les molaires du premier ne sont composées que de trois tubes, un médian assez long et un autre plus petit de chaque côté de celui-ci, celles du second sont formées d'un tube médian également grand, et, pour les deux molaires antérieures, d'un tube en avant et de deux en arrière, et, pour les trois suivantes, d’un tube en avant et de trois en arrière. Ces curieux caractères se retrouvent aussi bien à la mâchoire supérieure qu'à la mächoire inférieure.

Ce Sténorhynque se rencontre communément sur les glaces du pôle sud, et acquiert une assez grande taille.

L'un de nos amis, M. Paul De Saint-Martin, aujourd'hui employé à l'école vétérinaire de Toulouse, et qui faisait partie de l'expédition au pôle sud de l'amiral Dumont D'Urville, vient de nous transmettre, sur cette espèce, les détails suivants, que nous croyons devoir rapporter en entier : «C’est sur les glaces de la banquise des régions polaires méridionales que nous avons pris le Stenorhynchus carcinophaqus, et ce nom lui a été appliqué par Hombron, à cause de la grande quantité de Crustacés trouvée dans son estomac; Crustacés qui presque tous étaient les mêmes que ceux qui servent de nourriture aux Baleines, et qui se trouvent par bancs si grands et si compactes, que l'eau de la mer paraît rouge ou jaune, suivant la coloration de ces Articulés, qui sont de taille excessivement petite. Ce Phoque est long de 2%,30 à 2",60; la tête est assez grosse, toute ronde et ressemblant à la tête d'un Bouledogue à qui on aurait coupé les oreilles an ras de la peau; il n’a pour organe auditif externe qu'un petit trou que l’on ne découvre que difficilement, caché qu'il est par les poils qui sont presque ras. Les mächoires et les dents sont très-fortes, ressemblant beaucoup à celles des Carnassiers, les incisives et les canines étant longues et fortes, et les molaires présentent cinq tubérosités. La forme générale du corps est cylindrique, conique aux deux extrémités. Le poil est court, roide, d'une couleur brunâtre miroitant. Les membres antérieurs sont très-courts, formant une nageoire à cinq doigts représentés par cinq ongles sur la peau, qui est noirâtre : le tout réuni ensemble par la peau et indiqué seulement par quatre sillons. Les membres postérieurs ont la forme d'une nageoire en éventail dont les deux doigts externes sont les plus longs; les deux intermédiaires plus courts et celui du milieu le plus petit de tous : ces membres sont placés à l'extrémité inférieure du corps et séparés seulement par une petite queue longue de 0,09 à 0,19, qui est reliée aux deux membres par la peau, ce qui la rend peu apparente et nous fit prendre, à la première vue, les deux nageoires postérieures pour la queue, ces deux membres étant toujours allongés dans l’axe du Corps.

« Quant aux mœurs de ces animaux, il y a peu de chose à dire de particulier; ils vivent continuellement dans l’eau, ils nagent avec une grande vitesse et viennent de temps à autre sortir la tête hors de l'eau pour respirer, ce qui leur donne l'apparence d'un bon nageur prenant ses ébats. Lorsqu'il fait un peu de soleil, c’est alors qu'ils grimpent sur les glaces, où ils ne parviennent à se hisser qu'après maints pénibles efforts: quand ils y sont, ils se couchent au soleil et ont vraiment l'air de grosses sangsues, ainsi que l’a dit un officier de l'Astrolabe : dans cette position ils se meuvent trèsdifficilement et ne peuvent que soulever leur tête et leur cou en s'appuyant sur leurs membres antérieurs; aussi est-il très-facile de les étourdir en leur frappant sur le nez avec un bon bâton. Quoiqu'ils aient l'air doux et inoffensifs, ils cherchent, lorsqu'on les attaque, à mordre comme ferait un Chien à l’attache, mais il est très-aisé de se mettre à l'abri de leurs morsures; cependant ils cherchent plutôt à fuir qu'à se défendre, et, s'ils trouvent un trou au milieu des glaces, ils plongent rapide-

ment et disparaissent. Les seules parties mangeables sont : le cerveau, qui est aussi bon que celui du Veau, et le foie; encore ce dernier at-il un léger goût d'huile de Poisson, Le reste du corps n'est pas mangeable à cause de Podeur d'huile qui lui est communiquée par la couche de graisse de 0,03 à 0%,06 d'épaisseur qui recouvre tout le corps immediatement au-dessous de la peau. Gette dernière, quoique n'étant pas recherchée par les pêcheurs, parce qu'elle n'a pas de fourrure, ne laisserait pas que de faire, étant bien préparée, un cuir fort et imperméable.

« Une espèce voisine du Stenorhynchus carcinophaqus, que nous avons été à même d'observer dans les mêmes parages, est le Stenorlpnchus leptonyx, qui n'en diffère guère, au premier aspect, que par la couleur de son pelage. qui est d’un gris souris léger, tacheté de petits points noirs, et par ses molaires, qui ont moins de tubercules et ont presque la forme de la moitié supérieure d'une fleur de lis. La taille de ce Phocidé est de 2%,60 à 5°; les membres antérieurs sont un peu plus forts que ceux du Sténorhynque carcinophage, et il en est de même des membres postérieurs. Les mœurs des deux espèces sont les mêmes. »

On à quelquefois regardé comme une espèce fossile de Sténorhynque les debris fossiles décrits par M. Grateloup, sous le nom de Squalodon, provenant de Leognan aux environs de Bordeaux, et dont nous parlerons ailleurs en traitant de l'histoire des Dauphins.

C’est aussi à un animal voisin de ceux-ci, et peut-être plutôt des Calocéphales, que se rapporte le groupe fossile des Pachyodons (5172, épais, cd, dent) de M. I. Van Meyer (Jahrebuch für Min., 1858 )

4e GENRE — PÉLAGE. PELAGIUS. Fr. Cuvier, 1896. Dictionnaire des Sciences naturelles, t. XXXIV.

Heñayies, marin

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Système dentaire : Incisives, +; canines, 11; molaires, #5 : en totalité, trente-deux dents. Pncisives supérieures échancrées transversalement à leur extrémité + inférieures simples; canines moyennes n'offrant rien de particulier; molaires épaisses, coniques, n'ayant, en avant el en orrière, que de petites pointes rudimentaires.

Museau élargi, allongé à l'extrémité.

Chanfrein très-arqué.

Le genre Pélage n’est fondé que sur une seule espèce, mais cette espèce est bien connue, et diffère encore plus de celles des genres précédents que ceux-ci ne différent entre eux. La tête, au lieu d'avoir le museau obtus des Calocéphales, on le museau effilé des Sténorhynques, et la ligne presque droite sur laquelle, dans ces deux genres, se présentent les pariétaux, les frontaux et les naseaux, a un museau allongé et élargi à son extrémité, et un chanfrein très-arqué. Les dents sont en même nombre que chez les Sténorhynques, mais leur forme est différente : les incisives supérieures sont échancrées transversalement à leur extrémité, de sorte que les inférieures, qui sont simples, remplissent ces échancrures quand les mâchoires sont fermées; les molaires, coniques et épaisses, n'ont que de petites pointes tout à fait rudimentaires, ce qui les distingue très-facilement de celles des Calocéphales, qui sont très-tranchantes, et de celles des Sténorhynques, dont les tubereules latéraux sont presque aussi développés que le tubereule principal, bien plus mince d'ailleurs que celui des Pelagius. Les organes des sens, ceux du mouvement et ceux de la génération, ne présentent pas des caractères distinctifs très-importants : il parait, toutefois, que les pieds de derrière manquent quelquefois d'ongles, et que ceux de devant ont leurs doigts entièrement engagés dans la membrane qui les réunit, ce qui n'est pas dans le Phoque commun. Les narines, au lieu de former entre elles un angle droit, sont parallèles. L’œil a une pupille allongée, comme celle du Chat domestique. Les moustaches sont unies et non pas formées de nœuds. L'oreille est entièrement dépourvue de conque externe.

La voix consiste en un cri aigu et fort, qui sort du fond du gosier, et ne varie que par le ton. Les mamelles, situées autour du nombril, sont au nombre de quatre. L'espèce unique de ce genre est le :

PÉLAGE MOINE. PELAGIUS MONACHUS. Fr. Cuvier,

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES.— Pelage ras, court, très-serré, entièrement noir en dessus, avec le ventre blanc, gris-jaunätre, moustaches lisses; lorsque l'animal est sec, les parties noires sont beaucoup moins foncées, et les parties blanches plus jaunätres. Longueur totale variant entre 2,50 et 3°,30.

Fig. 125. — Pélage moine.

Cette espèce, vulgairement connue sous la dénomination de More, est le PHoquE À VeNTRE BLANC de Buffon. C’est le Phoca monachus Hermann, et probablement le Phoca bicolor, Shaw, Phoca albiventer, Boddaërt; Phoca leucogaster, Peron. et Phoca Hermanni, Lesson.

On n'a encore trouvé le Moine que dans les mers du midi de l'Europe, surtout dans l'Adriatique, quelquefois, mais plus rarement dans la mer Méditerranée. Il a été particulièrement bien décrit par les naturalistes. Un mäle, apporté à Paris en 1781, a été vu par Buffon; et précédemment, en 1778, le même individu avait été conduit à Strasbourg, où il avait été examiné par Hermann, qui l'a fait connaître avec beaucoup de détails dans les Mémoires des curieux de la nature de Berlin. Depuis. plusieurs autres mâles et une femelle ont été vus dans diverses collections où sur différents points des côtes de la mer Adriatique, et une femelle prise sur Les côtes de la Dalmatie, ayant été amenée à Paris, a été décrite par Fr. Cuvier, et a fourni à ce zoologiste, d'abord les moyens de comparer l'espèce avec celle du Phoque commun, et ensuite ceux d'en former un genre particulier, ainsi que

nous l'avons dit. Au reste, le manque de conque externe aux oreilles éloigne tout à fait Le Moine des espèces comprises dans le groupe des Otaries; là présence d'une crête sur le nez dans les mâles des Ploca proboscidea et cristata, et d’une crinière de poils sur le cou de ceux du Phoca leonina, ne peut permettre de le confondre avec ces animaux; il diffère encore du Phoque à croissant, du Phoque lièvre, du Phoque hérissé, ete., par les couleurs de son pelage, ainsi que par sa taille, qui est plus considérable que celle de ces divers Amphibies.

Comme on ne peut trop appuyer sur les détails descriptifs des espèces de Phoques, et que faire bien connaitre celles que nous possédons c’est préparer les moyens de distinguer celles que l'on découvrira par la suite, ou celles qui sont imparfaitement observées maintenant, nous croyons utile de tanscrire ce qu'en rapporte A.-G. Desmarest (Dice. d'Hist. nat. de Déterville, 2 édition, et ces détails, que l’on nous pardonnera de donner à peu près en entier à cause de leur intérêt, sont presque exclusivement une traduction abrégée du mémoire d'Hermann sur le Phoque moine.

« Le Phoque moine est plus grand que le Phoque commun; ses poils sont plus fins et dressés en haut, lorsque la peau est sèche; il est tout noir, excepté quelques taches; mais il se distingue du Phoque commun par la forme de la tête et du cou, quant à l'extérieur. Le sommet de la tête est trèsplat, le front peu élevé; la tête, soit que l'animal se dresse en haut, à cou étendu, où qu'il contracte le cou et reste couché tranquille, est toujours plus petite que ce cou. L’occiput n’est pas très-bombe et forme un angle obtus où presque un angle droit avec la nuque, qui va en descendant en ligne droite et plane ; la tête n’a en général aucune autre analogie avec une tête de Veau, que peut-être dans les grandes et vastes narines, qui pourraient avoir quelque ressemblance avec celles de cet animal, lorsqu'elles s'ouvrent. Elle pourrait d’ailleurs être comparée en gros avec la tête d'un Chien, ou plutôt, par la largeur du museau, à celle d’une Loutre: la mâchoire supérieure est bien quatre fois plus grosse que l'inférieure, qu'on distingue à peine si l'animal n'ouvre pas la gueule où s’il ne se dresse pas en haut; la lèvre est épaisse; la mâchoire inférieure est en même temps très-courte, et n'a, jusqu'au pli de la gorge, qu'à peine 0,12. Lorsque l'animal étend avec force le cou, et qu'il se dresse en haut, la mâchoire inférieure ne forme presque pas d'angle avec le cou. Le nez est déprimé, aplati, court et large, ou plutôt il n'existe presque point de nez; son extrémité antérieure est légèrement échancrée; les narines se trouvent dans la surface supérieure du museau, et l'animal les c@tracte et les ferme entièrement dans Peau, et ordinairement aussi hors de l'eau, si bien qu'il ne reste à l'extérieur que deux longues rainures étroites, courbées un peu en demi-lune, et dirigées de manière, l'une vers l'autre, que les ares des courbures se rapprochent plus que la pointe postérieure de la demi-lune. Lorsque le Phoque respire, ses narines s'ouvrent et prennent une forme ovale; on peut alors voir en dedans, comme dans un entonnoir, car elles se rétrécissent à l'intérieur comme cet instrument; en même temps une rainure oblongue, étroite et peu profonde, devient plus sensible entre les narines. Celles-ci s'ouvrent très-souvent avec une forte expiration, où rouflement ou soufflement, et un éternument qui répand ordinairement une morve blanche, écumeuse, ramassée autour des narines.

« Les yeux sont à proportion grands et vifs, un peu oblongs et placés de biais; l'iris est grand et dun brun jaunâtre; le blanc de l'œil est peu apparent; la pupille représente un triangle isocèle renversé, dont la base peut avoir une ligne et les côtés trois lignes ; les veux ne sont ni saillants, ni enfoncés sur la face. On n'observe pas de cils aux paupières, ni à la supérieure, ni à l'inférieure; lorsque les yeux sont entièrement ouverts, on ne voit pas de différence sensible entre leurs deux angles; mais, lorsqu'ils ne se ferment qu'à demi, la peau continuée des paupières, contractée en trois plis, forme un sinus où un enfoncement dans l'angle intérieur. On n’a pas pu observer une membrane clignotante, mais bien une membrane assez épaisse et ridée, sortant de l'angle extérieur, montant peu et pochée toujours de sang, ce qui résultait peut-être des fatigues que Panimal observé a éprouvées pendant son voyage. Les oreilles se trouvent à la même distance des yeux que les narines. Elles ne se font remarquer que par une trés-petite ouverture, à peine grande comme un pois, et ne paraissent pas changer sensiblement de grandeur. On les voit plus distinctement lorsque Fanimal est sec que lorsqu'il est mouillé. [4 a au-dessus de l'angle intérieur de l'œil deux soies, de la longueur environ de deux pouces, et deux autres plus petites; les soies de la moustache sont rangées sur cinq rangs; les supérieures et les inférieures sont plus petites et en moindre nombre que les autres. On en à compté environ vingt-deux des plus considérables; celles du milieu principalement

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