‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 13 sur 129 · Æ == RE · texte numérisé non relu

Æ == RE

Fig. 28 — Griffon, variété. (Terrier )

Un des usages les plus anciens que l’on fit des Chiens au moyen âge doit être cité jei : on se servit de ces animanx comme d'auxiliaires des Espagnols dans leurs expéditions militaires du nouveau monde. Christophe Colomb, à sa première affaire avec les Indiens, avait une troupe composée de deux cents fantassins, vingt cavaliers et vingt Limiers. Les Chiens furent ensuite employés dans la eonquête des différentes partiés de la terre ferme, surtout au Mexique et dans la Nouvelle-Grenade,

CARNASSIERS. 45 ainsi que dans tous les points où la résistance des Indiens fut prolongée. Nu reste les Romains s’en sont écalement servis dans leurs guerres des Gaules, et de notre temps on les a employés à la guerre s ge s dans les Antilles.

Fig 99. — Demi- Éparueul.

La vie des Chiens est ordinairement bornée à quatorze ou quinze ans, quoiqu'on en garde quelques-uns jusqu’à vingt ou vingt-cinq. On peut connaitre l’âge de ces animaux en examinant leurs dents, qui, dans la jeunesse, sont blanches, tranchantes et pointues, et qui, à mesure qu'ils vieillissent, deviennent noires, mousses et inégales; on le connaît aussi par le poil, ear il blanchit sur le museau, sur le front et autour des yeux, lorsque ces animaux commencent à se faire vieux. La mort, qui n'arrive habituellement qu'après la vieillesse, est souvent précédée de la décrépitude ou de quelques maladies telles que la gale, les rhumatismes, etc. Quelquefois ces animaux deviennent excessivement gras, c’est ce qui arrive lorsqu'ils ont trop de nourriture et pas assez d'exercice. Dans leur jeune âge, ils sont presque tous tourmentés par un mal qui en emporte un grand nombre : ce mal est connu sous le nom de maladie des Chiens; il paraît tenir, dit-on, à un état particulier des organes cérébraux. Les Chiens sont aussi très-sujets au ténia, mais il est rare qu'ils périssent par cette cause.

Une maladie beaucoup plus cruelle que celles que nous venens d'indiquer, et des plus dangereuses en ce que le Chien la communique malheureusement beaucoup trop souvent à l'homme, est l'hydrophobie ou la rage. On sait que le Chien est à peu près le seul animal chez lequel cette maladie se déclare spontanément. Bien des causes ont été attribuées au développement de la rage : ce sont principalement la chaleur, la privation de boisson, l'excès du froid; puis, selon des expériences assez récentes, on pourrait croire que la principale cause serait une continence absolue ou même seulement prolongée. Malgré les nombreux écrits publiés sur ce sujet, malgré les nombreuses recherches d'hommes qui semblent le plus compétents pour juger ce sujet, c’està dire de médecins et de vétérinaires, on ne sait encore rien de bien positif sur les causes qui produisent cette terrible maladie. Dans cet état de choses, peut-on, ainsi que le font plusieurs auteurs, et spécialement M. Boitard dans le Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, blämer le gouvernement de notre pays des mesures de précaution qu'il a cru devoir prendre à certaine époque de l’année contre les Chiens qui errent en si grand nombre dans nos villes et nos campagnes? Ne pourrait-on pas plutôt lui demander de chercher, par un impôt ou

par tout autre moyen, à diminuer le nombre des Chiens, qui, d’après des statistiques récentes, consomment, dit-on, en France au moins un millième des substances alimentaires qui s'y trouvent, et ne devrait-on pas tout au moins l'engager à maintenir toute l’année les mesures de police qu’il a mises en vigueur et qu'il ne fait guère exécuter que pendant les fortes chaleurs? Nous motivons cette dernière proposition sur ce que des cas de rage ont été signalés non-seulement en été, mais aussi à toutes les autres époques de l’année, surtout en hiver.

Utiles sous plusieurs rapports pendant leur vie, les Chiens le sont encore après leur mort; leur peau est employée à divers usages dans l'industrie. Quant aux peuples des îles de la mer du Sud et de la Nouvelle-Hollande qui s’en nourrissent, on sait qu'ils sont quelquefois en même temps anthropophages, et, en effet, c’est déjà l'être à moitié, dit Bernardin de Saint-Pierre, que de manger des Chiens. .

Ainsi que nous l'avons déjà dit, le Chien, ayant suivi l'homme sur tous les points de la terre, a dû comme lui éprouver les influences des divers climats; de plus, soumis à une antique domesticité, il en a subi les conséquences et présente des races très-caractérisées et souvent constantes. Nous allons passer en revue les principales eu suivant le travail de Fr. Cuvier, qui a établi sa classification sur l’ostéologie de la tête, et qui, s’il n’est pas parvenu à un résultat parfait, a, dans le plus grand nombre des cas, pu trouver des caractères assez marqués et assez constants. Dans cette classification que nous suivrons et à laquelle nous joindrons des races et des variétés que n’a pas indiquées Fr. Cuvier, les Chiens sont partagés en trois familles ou races principales, dans lesquelles les nombreuses variétés et sous-variétés viennent prendre place; ces races sont celles des Marins, Epagneuls et Dogues. .

Fig. 30 — Chien de berger d'Amérique,

Are RACE. — MATINS.

CARACTÈRES DISTINCTIFS

Tête plus ou moins allongée, avec les pariétaux tendant à se rapprocher, mais d'une manière presque insensible, en s'élevant au-dessus des temporaux; condyle de la mâchoire inférieure sur la même ligne que les dents molaires supérieures.

4. CHIEN DE LA NOUVELLE-HOLLANDE ou DINGO. CANIS FAMILIARIS AUSTRALIÆ. A.-G. Desmareit.

Taille et proportions du Chien de berger, excepté la tête, qui ressemble entièrement à celle du Mätin. Pelage très-fourni; queue assez touffue; deux sortes de poils. des laineux gris et des soyeux fauves ou blancs; dessus de la tête, du cou, du dos et de la queue d’un fauve foncé; dessous du cou et poitrine plus pâles; museau et face interne des cuisses et des jambes blanchâtres. Longueur du corps, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, 0,50.

Cette variété est pour Fr. Cuvier celle qui se rapproche le plus du type spécifique, c’est pour cela qu'il la place en tête de toutes les autres et qu'il en donne une description des plus complètes.

Le Chien de la Nouvelle-Hollande, qui a été découvert par Peron et Lesueur aux environs du port Jackson, est très-agile; il court avec la queue relevée ou étendue horizontalement, avec la tête haute et les oreilles droites; il est très-vigoureux et rempli de courage; vorace et se jetant sur les volailles ou la viande qu’il trouve à sa disposition, sans que la crainte d’aucun châtiment puisse le retenir; il n’aboie pas, et hurle, dit-on, d’une manière lugubre. Aussi hardi qu'affamé, ce Chien ne craint pas de se jeter quelquefois sur le gros bétail, et lui fait des morsures presque toujours mortelles : quand il surprend un grand Kanguroo, il s’élance sur son dos, s’y cramponne et le déchire; mais, si celui-ci l'aperçoit et se retourne pour le combattre, le Dingo se retire à quelques pas pour recommencer son attaque aussitôt que l’autre veut partir, et finit souvent par le tuer. Ce Chien est le compagnon des sauvages qui, aujourd'hui, sont relégués vers le centre du continent australien.

2. CHIEN DES HIMALAYAS ou WAH. CANIS FAMILIARIS HIMAEAYENSIS. Hogson.

Tête allongée; museau pointu; oreilles droites, pointues; queue touffue; pelage d'un gris cendré sous la gorge, avec deux taches noirâtres sur les oreilles; poils extérieurs bruns, soyeux, et les intérieurs cendrés, laineux.

Se trouve dans les montagnes de l'Himalaya.

5. CHIEN DE SUMATRA. CANIS FAMILIARIS SUMATRENSIS. Hardwich. Museau pointu; yeux obliques; oreilles droites; jambes hautes; queue pendante, très-touffue, plus grosse au milieu qu'à la base; pelage d’un roux ferrugineux, plus clair sur le ventre.

Il a beaucoup d’analogie avec le Chien de la Nouvelle-Hollande, ainsi qu'avec le Quao, et il se trouve dans les forêts de Sumatra.

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