PRE
fe
Fig. G5. — Ivyène de l’Albara.
L'os byoïde à son corps large, épais, presque triquètre; ses cornes sont les antérieures courtes et les postérieures assez larges et minces. Le sternum n’est formé que de huit pièces courtes, épaisses,
quadrilatères, à manubrium peu saillant en avant, et à xiphoïde allongé, épais, à bords parallèles. Les côtes sont au nombre de quinze, neuf sternales et six asternales : elles sont, pour la force, intermédiaires à celles des Chats et des Chiens, bien moins grêles que dans ceux-là, moins larges, Imférieurement, que chez ceux-ci; mais, en général, plus fortes, plus arrondies, plus arquées que dans le Loup, plus même que chez Ours.
Fig. 64 — Iyène brune.
Les membres antérieurs sont, en général, plus robustes que les postérieurs. L'omoplate est assez étroite, un peu comme dans le Loup, sans élargissement inférieur de son bord antérieur, à crête peu élevée et avec un simple tubereule coracoïdien. La clavicule est plus rudimentaire que dans les autres genres de Carnassiers : elle est très-petite, très-mince, ovale, un peu plus large à l'extrémité acromiale qu'à l’autre extrémité. L'humérus, surpassant à peine en longueur l'omoplate, est presque en tout semblable à celui du Loup, d’abord par l'absence du canal nerveux du condyle interne et de crête à l’externe, puis par l'existence presque constante d’un trou de non-ossification au-dessus de la surface articulaire, et enfin par la forme générale courte, assez robuste, un peu courbée en f renversé (=). Les os de l'avant-bras ressemblent également à ceux des Canis, mais ils sont plus courbés, plus serrés, plus collés l’un contre l’autre, au point de se souder parfois dans la partie moyenne de leur longueur. Le radius est plus large, plus plat, d'un diamètre plus égal dans toute son étendue. Le cubitus a un olécrane plus épais, moins allongé, beaucoup moins recourbé en dedans, à extrémité coracoïdienne large, arrondie. Dans les os du carpe, qui ont beaucoup d'analogie avec ceux du Loup, le scaphoïde a son apophyse interne plus large, moins saillante; le pisiforme est plus caicanéiforme; le trapézoïde plus petit, et l'unciforme le plus gros de tous, pentagonal supérieurement. Les os di métacarpe ont généralement moins de gracilité que ceux des Canis, et plus de longueur que ceux des Felis; ils sont moins serrés, plus larges, plus droits : le premier est très-court, triangulaire, assez semblable à un os sésamoïide. Les phalanges sont un peu plus grosses, proportionnellement à leur longueur, que celles du Loup, et rappellent en même temps celles des Chats. Les onguéales sont épaisses, obtuses.
Les membres postérieurs sont moins forts que les antérieurs, parce qu'ils sont composés d'os plus crèles. Le bassin est plus court que celui du Chien, plus élargi, et ressemble un peu à celui de l'Ours, mais il s’en distingue par la longueur de l'iléon, dont le bord inférieur est excavé et prolongé en une épine antérieure recourbée en dessous, s'écartant en dehors, et parce qu'il est pourvu, audessus de la cavité cotyloïde, d’un tubereule considérable pour l'insertion du biceps, et, au bord antérieur du pubis, d'une forte éminence iléo-pectinée. Le fémur est un peu plus long que l'humérus, plus robuste, plus quadrilatère, large inférieurement, arqué. Les deux os de la jambe sont plus courts que Le fémur; le tibia, semblable à celui du Loup, a sa crête supérieure peu marquée. Le péroné est courbé et collé contre le tibia. Les os du pied, aussi analogues à ceux des Canis, sont forts. Le calcanéum est cependant plus gros et plus court dans son apophyse; le scaphoïde et le cuboïde sont allongés. Les métatarsiens sont proportionnellement moins longs. Les phalanges plus grèles, plus étroites qu'à la main, et surtout les dernières.
Les os sésamoïdes semblent être en petit nombre; à la main, il y a un petit pisiforme, et un os dans lPaiticulation métacarpo-phalangienne, et des sésamoïdes lenticulaires. Aux membres postérieurs, la rotule est remarquable par sa forme large, assez arrondie; elle est plus mince que dans les Chiens, et un peu moins cependant que dans l'Ours. Il y a des sésamoïdes des gastrocnémiens, et, au pied, on en trouve dans l'articulation tarso-phalangienne, ainsi que dans les muscles extenseurs des doigts.
D'après les remarques de Daubenton et de De Blainville, qui ont été à même de disséquer des Hyènes mâles, il semble qu'il n’y a pas d'os de pénis dans ces animaux, et cela, contrairement à ce qui a lieu chez les Canis et chez les Felis; et ce fait est très-remarquable. Suivant Ét. Geoffroy Saint- Hilaire, l'os pénial serait représenté, chez ces animaux, par un petit os placé dans la cavité cotyloïde, entre l'ischion, le pubis et l’iléon.
On n'a pas pu remarquer de grandes différences individuelles, peut-être parce qu'on n’a été à même d'observer qu'un petit nombre de squelettes; et, pour les différences de sexes, elles ne se voient que dans la taille générale plus petite dans les femelles, ainsi que dans la proportion des os, un peu plus grèles chez celles-ci.
Tous Les détails que nous venons de donner se rapportent à l'Hyène rayée; De Blainville a pu voir des différences ostéologiques assez notables entre cette espèce et l'Hyène tachetée. Ces différences consistent dans les proportions de chacun des os généralement plus robustes et plus grands, plutôt que dans le nombre et même dans la manière dont ils sont assemblés. À la tête, il y a plus de brièveté, plus de largeur, surtout au crâne. La série vertébrale décroit un peu moins rapidement : les vertébres sont plus fortes, plus épaisses; le sacrum en présente une de plus, et la queue cinq de moins. Le sternum est plus robuste. Les membres ont une épaisseur plus grande : aux antérieurs, l'omoplate est plus étroite, lhumérus plus large en haut; aux membres postérieurs, le bassin est aussi plus étroit, le fémur un peu plus long, le tibia plus gros et plus court, le péroné courbé vers son milieu, les os du pied sont légèrement plus gros.
L'odontologie des Hyènes a été étudiée avec soin d’abord par Danbenton, et ensuite par Fr. et G. Cuvier et par De Blainville; ces derniers surtout pour les besoins de la zoologie et de la paléontologie. Le système dentaire de ces animaux se rapproche à beaucoup d’égards de celui des Felis, et, par cela, s'éloigne de celui des Canis. Les dents de l'espèce type, l'Hyène rayée, sont en général très-fortes, très-serrées, très-solidement enracinées, les molaires principalement, occupant, sans intervalle, toute la longueur des mâchoires, de manière souvent à se presser, se déranger, du moins dans les intermédiaires, comme si elles s’imbriquaient latéralement. Il y a trois paires d'incisives, une paire de canines en haut et en bas, comme chez tous les Carnassiers, et de plus cinq paires de molaires en haut et quatre seulement en bas, comme dans quelques espèces de Mustéliens. Supérieurement, les trois incisives sont rangées en are de cercle, bien moins courbé, cependant, que chez les Chiens; elles sont fortes, très-serrées : la première plus petite que la seconde, et l'une et l'autre pourvues d'un talon interne, bilobé à la couronne, et d'une racine longue, comprimée; la troisième, la plus grosse de toutes, est en crochet pointu, un peu caniniforme. La canine qui suit après un intervalle destiné à loger la canine inférieure est encore assez robuste, courte, fortement radiculée : ovale sans autres cannelures ou arêtes que celles qui séparent le tiers interne, plus plat, des deux tiers externes, plus convexe, de la circonférence. Les trois avant-molaires suivent presque immé-
diatement la canine : la première très-petite, avec une seule racine assez longue; la deuxième plus grosse, avec deux racines presque égales, longues, peu divergentes; la troisième plus épaisse que les autres, plus grande, pourvue de deux racines presque verticales. La principale, proportionnellement plus grande que celle des Felis, a sa couronne formée, en dedans, d’un assez large talon, et, en dehors, d’une lame tranchante divisée en trois lobes. L'unique arrière-molaire, la plus petite de toutes, est tout à fait rentrée, et transverse, comme dans les Chats; elle n'a qu'une racine, portant une couronne triquètre, un angle obtus très-peu marqué en arrière, un second arrondi en dedans, et le plus aigu en dehors. Inférieurement, les trois incisives sont disposées plus transversalement, et, en général, plus petites qu'en haut, moins inégales, plus étroitement et plus longuement radiculées : la pre mière est toujours plus petite, la seconde la plus rentrée, la troisième la plus grosse, cunéiforme, avec un petit auricule au bord externe de la couronne. La canine ressemble assez bien à la supérieure, aussi longue qu’elle et à peine plus en crochet, quoique plus déjetée en dehors. Après une barre assez marquée, formée par un bord épais et rentrant, viennent les deux avant-molaires, assez bien de même forme, la postérieure seulement beaucoup plus forte et surtout plus élevée, plus épaisse, à deux racines serrées, presque égales. La principale est plus large, un peu moins haute et moins épaisse que la seconde avant-molaire, au contraire des talons, qui sont bien plus marqués, particulièrement le postérieur. La seule arrière-molaire est assez bien comme son analogue chez les Chats, quoique proportionnellement beaucoup plus petite : elle est moins épaisse, plus tranchante; elle a deux racines, dont l’antérieure est la plus grosse.
Le système dentaire du jeune âge est représenté par la formule : incisives, #; canines, =; molaires, #5; en totalité, vingt-huit dents seulement. La couronne des incisives est tout à fait indivise, même dans le talon des supérieures. Les canines sont plus grêles que dans l'adulte, parce que la racine est plus droite. Les molaires sont bien moins serrées que dans l'adulte; en haut, l’avant-molaire est assez forte, triquètre, à trois racines, et à couronne triangulaire; la principale est légèrement plus compliquée que son analogue dans l'adulte; larrière-molaire est encore plus forte et pius compliquée que dans l'adulte, dont elle diffère beaucoup, surtout par ses trois racines divergentes: en bas, toutes les molaires sont à deux racines : l'avant-molaire plus obliquement triangulaire; la principale, avec les talons plus larges, plus distincts; enfin, l'arrière-molaire ne diffère guère de celle d'adulte que parce que le talon postérieur est beaucoup plus large, au contraire de l'arrêt antérieur des deux racines de cette dent; l’antérieure est également la plus forte, au contraire de ce qui à lieu pour les deux dents antérieures.
Les différences individuelles du système dentaire, ainsi que celles des sexes, sont trop peu importantes pour être notées.
Il n’en est pas de même pour les différences spécifiques qu'on remarque entre l'Ilyène rayée et l'Hyène tachetée, surtout dans les molaires, dents véritablement caractéristiques. En haut, dans cette dernière, les deux premières avant-molaires sont proportionnellement plus petites; la principale offre aussi plus de développement par suite de la largeur plus grande de son talon tranchant; et la tuberculeuse est surtout beaucoup plus petite, quoique également triquètre, presque sigmoïde, ayant la base en arrière, à la couronne. Il y a plus de ressemblance pour les quatre molaires de la mâchoire inférieure; la première est néanmoins proportionnellement moins grande; la seconde est un peu plus élevée; la troisième presque semblable; mais plus oblique par pression en arrière; la dernière, ou carnassière, est assez différente, d'abord parce qu’en totalité elle est proportionnellement plus large, et ensuite parce que le talon postérieur est beaucoup plus petit, au contraire du bourrelet antérieur : il n'y a pas de tubercule interne.
Quant à l'Iyène brune (Hycæna fusca), on ne trouve pas de différences eutre ses dents et celles de l'Hyène rayée, et est une des raisons qui portent De Blainville à les réunir en une seule et même espèce.
Les muscles qui mettent en jeu l'armature de la mâchoire, et ceux qui fixent la tête sur le cou, sont si vigoureux, qu'il est presque impossible de forcer les Hyènes à lâcher ce qu'elles ont saisi en le leur arrachant, et les voyageurs racontent avoir vu certains de ces animaux emporter dans leur gueule des proies énormes sans les laisser toucher le sol. Les violents efforts qu’exigent de pareils mouvements amènent même quelquefois l’ankylose des vertèbres cervicales. Cependant, ce west pas pour s'emparer d'une proie vivante que ces fortes dents, que ces muscles
puissants des deux mâchoires ont été donnés aux Iyènes. mais seulement pour leur permettre de briser avec beaucoup de facilité les os les plus durs. Le diaphragme est très-épais. Les muscles des membres démontrent que l'Hyène est un animal fouisseur beaucoup plus qu'un animal coureur; et expliquent cette particularité organique par suite de laquelle ce Carnassier aime à déterrer les cadavres pour s'en nourrir.
L'anatomie interne d'un individu de ce genre a été faite par Daubenton, et nous extrayons ce qui suit de son travail inséré dans l'Aistoire naturetie générale et particulière de Buffon. « L'épiploon n'allait pas au delà du milieu de l'abdomen. L'estomae était situé à gauche, et le foie se trouvait placé presque en aussi grande partie à gauche qu'à droite. La rate était posée, transversalement, de gauche à droite, derrière l'estomac, sous les intestins grèles. Le duodénum s’étendait jusqu’au bout du rein droit, et se joignait au jéjunum. Le cœcum était dirigé d’arrière en avant jusque dans l'hypocondre droit. Le côlon s'étendait en avant dans le même hypocondre, et se prolongeait en arrière dans l'hypocondre gauche, où il se repliait en dedans avant de se joindre au rectum. L’estomac était gros et court, le pylore fort étroit, et le duodénum avait peu de diamètre. Le jéjunum était un peu plus gros que le duodénum, et l'iléon était aussi plus gros que le jéjunum. Le cœcum se recourbait du côté de l'iléon, et devenait de plus en plus gros depuis son origine. Il en était de même du côlon jusqu'au rectum, qui, au contraire, diminuait de grosseur en approchant de l'anus. Le foie n'avait que trois lobes : le plus grand était divisé en trois parties par deux profondes scissures; il était, en dehors, d’une couleur rouge pâle, et encore plus pâle en dedans de son parenchyme. Le vésicule du fiel avait la forme d'une poire. La rate était fort longue, et à peu près de la même largeur dans toute son étendue; sa couleur était d'un rouge bien moins pâle que celui du foie. Le pancréas avait deux branches. Les reins étaient placés fort en arrière; ils étaient larges, et avaient peu d'enfoncement. Il y avait quatre lobes dans le poumon droit. Le cœur était gros et court. La langue était large dans toute son étendue, et peu épaisse par le bout, hérissée de papilles dans diverses parties. Les bords de l'entrée du larynx étaient courts et épais, l'épiglotte avait moins d'épaisseur à son extrémité que sur les côtés, et l'extrémité était un peu echancrée. Le cerveau avait peu d’anfractuosités; Le cervelet ressemblait à celui de la plupart des autres Carnassiers par sa forme et sa situation. »
Les organes génitaux des Hyènes ressemblent beaucoup à ceux des Chiens, sauf, ainsi que nous l'avons déjà noté, qu'il n’y a pas d'os du pénis. Entre l'anus et la queue, on trouve, chez les mâles et chez les femelles, une petite poche glanduleuse qui sécrète une humeur épaisse et octueuse dont l'odeur est très-fétide. L'existence de cette poche, considérée par les anciens comme une vulve, leur a fait croire que l'Hyène était hermaphrodite, et de là toutes les fables et les traditions superstitieuses dont l'histoire de cet animal est chargée. Elien rapporte à ce sujet mille contes ridicules qui n’avaient de fondements que dans l'imagination ignorante de gens effrayés. Pline, avec son exagération ordinaire, dit que l’'Hyène, hermaphrodite, change de sexe tous les ans; qu'elle rend les Chiens muets par le seul contact de son ombre; qu'elle imite la voix humaine, et appelle même les hommes par leur nom, etc.
Les Ilyènes habitent des cavernes, qu'elles quittent la nuit pour aller à la recherche des cadavres et des restes infects abandonnés sur le sol ou enfouis dans le sein de la terre. On les voit quelquefois pénétrer dans les habitations pour y chercher les débris de la table et les parties des animaux qui sont rejetées ; souvent, dans le silence des ténèbres, elles entrent dans les cimetières, y fouillent les tombeaux, et emportent les corps morts qu’elles ont déterrés. Les habitants des pays chauds où elles se trouvent ont su tourner à leur profit les instincts immondes des Hyènes, et se reposent sur elles du soin de débarrasser leurs villes des charognes et des immondices qu'on laisse le soir dans les rues. Pendant la nuit, les Iyènes pénètrent dans l'enceinte des murs, enlèvent avec avidité tous ces débris dont elles se repaissent, et délivrent ainsi l'homme des maladies qu'engendreraient tous ces miasmes infects et pernicieux en se répandant autour de son habitation. L'un de nos collaborateurs nous a assuré avoir été témoin de faits semblables en Algérie : il a vu, la nuit, à Constantine, des Hyènes venir enlever les matières animales qu'on avait laissées dans les rues de la ville. D’après cela, on voit que les Iyènes sont beaucoup moins sanguinaires qu'on s’est plu à le dire, et que le tableau qu'en trace Buffon est un peu outré. En effet, notre savant naturaliste rapporte que : « Cet animal sauvage et solitaire demeure dans les cavernes des montagnes, dans les fentes des rochers où dans des tanières qu’il se creuse lui-même sous terre ; il est d’un naturel féroce, et, quoique pris tout petit,
il ne s’apprivoise pas; il vit de proie comme le Loup, mais il est plus fort et parait plus hardi; il attaque quelquefois les hommes, il se jette sur le bétail, suit de près les troupeaux, et souvent ronge dans la nuit les portes des étables et les clôtures des bergeries; ses yeux brillent dans l'obscurité, et l’on prétend qu'il voit mieux la nuit que le jour. L'Hyène se défend du Lion, ne craint pas la Panthère, attaque l’Once, laquelle ne peut lui résister; lorsque la proie lui manque, elle creuse la terre avec les pieds et eu tire par lambeaux les cadavres des animaux et des hommes. » Plusieurs des faits annoncés dans ce passage ne sont pas exacts: en effet, les Hyènes peuvent rester longtemps en ménagerie et y vivent même très-longtemps; elles ne recherchent pas une proie vivante, à moins que cette dernière, par sa faiblesse, ne leur offre pas de résistance, ou lorsqu'elles sont pressées par le besoin : enfin, elles n’attaquent pas les grandes espèces de carnivores, et semblent bien plutôt devoir fuir devant elles. Du reste, ce sont des animaux nocturnes, peu propres à la course par suite de la disposition de leurs membres de derrière, qui les fait paraître boiteux.
Fig. 65. — Iyène du désert.
Nous avons dit que l’on connaissait des Hyènes vivantes et des Iyènes fossiles; les premières sont toutes propres à l’ancien continent, et il n’en existe pas dans le nouveau; car l’animal auquel on a donné le nom d'Hyène d'Amérique est le Loup rouge, espèce du genre Chien; les secondes se rapportent plutôt à l’Europe, quoiqu'on en ait signalé aussi des débris en Asie et en Amérique.
Les espèces actuellement vivantes sont les :
1. HYÈNE RAYÉE HYFÆNA VULGARIS. G. Cuvier et Et Geoffroy Saint-Hilaire.
CaracrÈREs sPÉCIFIQUES. — Pelage d’un gris jaunâtre, rayé transversalement de brun sur les flancs et sur les pattes. Longueur du corps depuis le bout du museau jusqu'à l’origine de la queue, environ { mètre; de la tête, depuis le bout du museau jusqu'à lPocciput, 0",27; de la queue, 0",18. Hauteur du train de devant aux épaules, 0m,4$.
C'est la seule espèce de ce genre qui ait été connue des anciens; c’est à elle à qui Linné a appliqué la dénomination de Canis hyœæn«.
Le pelage de cette Hyène, composé de deux sortes de poils, les laineux en petite quantité, et les soyeux seuls apparents au dehors, est d’un gris jaunâtre, rayé transversalement de noir; les bandes noires du dos et de la croupe se dirigent du dos au ventre; elles se courbent et deviennent obliques en se continuant avec les raies des épaules et des cuisses; celles des jambes sont petites, horizontales, interrompues, et entremélées de taches en roses ou de petites taches pleines. La tête porte un poil très-court, roussâtre, varié irrégulièrement de noir; le menton est noirâtre; la gorge est toute noire. Sur le dos s'étend une longue crinière noire, ondée de jaunätre, et qui est continuée sur le cou et sur la queue par des poils plus allongés et plus roides que ceux du reste du corps. Les oreilles sont longues, de forme conique, larges à la base, presque nues, et de couleur brune. Les pattes sont uniformément grisâtres, velues jusqu'au bout des doigts. La queue est de moyenne longueur, et garnie de poils allongés et touffus.
L'Iyène d'Abyssinie et de Nuhie, décrite comme espèce nouvelle par Bruce, sous la dénomination de Canis hyœænomelas, ne diffère en rien d’essentiel de l'Hyène rayée. Ce Mammifère est seulement d'une taille un peu plus forte; sa tête est très-grosse, son museau droit et épais; les poils qui couvrent les côtés de son corps sont peu touffus et aussi longs que ceux de la crinière, d'un brun uniforme dans toute leur longueur, et légèrement teints de grisätre sur quelques parties du corps. Sa tête est couverte de poils courts d'un brun grisätre; sa nuque, les côtés et le devant de son cou, sont de couleur blanchätre; ses pattes sont annelées de lignes brunes et de lignes blanchätres: le dessous de son corps, d'un blanc sale, est taché d'un peu de brun; sa queue est longue et couverte de grands poils bruns en dessus et blanchâtres en dessous.
L'Hyène rayée est difficile à apprivoiser, bien qu'on ait quelquefois réussi à le faire. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire rapporte que celles de la ménagerie du Muséum ne se sont jamais adoucies complétement, et il cite une d'elles qui se rongea tous les doigts des membres postérieurs, qui furent ainsi tout à fait détruits. Cependant, dans les suppléments de son Histoire naturelle, Buffon parle d'une Hyène qu'il vit à la foire Saint-Germain; etil dit qu'elle était très-bien apprivoisée et obéissait aux ordres de son maitre.
Cette espèce se trouve dans l'Inde, la Perse, la Turquie, l'Abyssinie, l'Égypte, la Nubie, la Lybie, la Barbarie et le Sénégal. M. de Christol en a signalé des débris fossiles dans les terrains d’Auvergue de la quatrième époque.
9 IYÈNE BRUNE. HFÆNA BRUNEA. Thunberg
Canacrènes sréciriQues. — Pelage couvert en dessus de longs poils brun grisätre; dessous du corps d'un blanc sale; queue touffue, unicolore. Taille de l'espèce précédente.
L'Iyène brune est très-voisine de l'Hyène rayée, et y est même réunie par la plupart des auteurs, et surtout par De Blainville. C’est à cette espèce que M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire applique le nom d’Aycæna fusca, et c'est probablement à elle que se rapportent les Hycena villosa, H. Smith; Cuvieri, Jardine.
Tout le corps de cette Hyène est couvert de poils longs et pendants d’un brun roux; la tête est garnie de poils courts brun grisâtre; le dessus du dos, les flancs et les cuisses sont ondés; les jambes un peu plus noirâtres; les pattes sont annelées de blanc et de brun; le dessous du corps, la face interne des membres, le corps et le torse, sont d’un blane sale; les poils du corps sont aussi longs que ceux de la crinière; la queue est unicolore, longue et touflue; les oreilles sont allongées, pointues, et presque nues.
La patrie de cette espèce est Le cap de Bonne-Espérance.
Fennec
Te
Grand Danois.