CINQUIÈME TRIBU
FÉLIENS. FELII. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.
Molaires alternes, à couronnes tranchantes.
Tuberculeuses nulles où rudimentaires, au contraire des Caniens, chez lesquels il y a au moins deux tuberculeuses en haut et en bas.
Membres plus ou moins allongés, les postérieurs plus développés que les antérieurs, tandis que cela n'a pas lieu chez les Caniens et les Hyéniens.
Marche franchement digitigrade.
Cette tribu des zoologistes modernes correspond au genre Chat (Felis), fondé par Linné en 1735, et a reçu de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire la dénomination de Féliens, tandis que M. Gray lui applique le nom de Felidæ, Lesson celui de Felisineæ, et que De Blainville lui conserve celui de Felis, donné par Linné.
Quelques animaux de cette tribu, tels que le Lion et le Chat ordinaire, ont été indiqués depuis trèslongtemps, et d’autres, en assez grand nombre, n’ont été découverts que dans des temps plus modernes. Les Féliens sont des animaux dont le corps est en général médiocrement allongé, quoique la queue le soit souvent assez, et cela principalement à cause de la brièveté du museau et même de la tête, habituellement large et globuleuse, pourvue d'oreilles arrondies, assez courtes, mais toujours largement ouvertes, ainsi que les yeux, et de moustaches très-longues. Leurs membres sont très-souples dans toutes leurs articulations, et terminés par des paumes et surtout des plantes élevées, ne touchant pas à terre, entièrement velues, et par des doigts courts, cinq en avant, quatre en arrière, armés de griffes rétractiles fort aiguës, décroissantes du premier au dernier. Leurs incisives et leurs canines en même nombre que dans tous les Carnassiers, c’est-à-dire les premières au nombre de six en haut comme en bas, et les secondes de deux seulement; les molaires sont au minimum de nombre, quatre en haut et trois en bas; mais elles sont, au contraire, au maximum de carnivorité par la diminution de la partie tuberculeuse interne, postérieure, et par l'augmentation de la partie tranchante et marginale : dans les Lynæ, au moins à l’âge adulte, il ÿ a deux molaires de moins, parce que la petite molaire antérieure peut manquer. Le pelage est en général très-doux et serré, ordinairement d'un roux fauve, quelquefois uniforme, et le plus souvent grisätre ou roussâtre, tacheté de brun noir, avec des barres ou des traits plus ou moins prononcés sur les membres, à la face et sur la queue, où elles tendent à former des anneaux.
Quant aux parties internes, on peut se borner à dire, d’abord pour le squelette, que la clavicule, toujours osseuse, est cependant rudimentaire, non articulée, et presque sésamoïde; que l'humérus est constamment percé au-dessus du condyle interne, et que les phalanges secondes et troisièmes ont la disposition rétractile la plus prononcée; ensuite, pour l'intestin, que la langue est hérissée de papilles cornées et pointues; qu'il existe un cœæcum assez prononcé entre les deux parties du canal alimentaire; et, enfin, que l'anus est pourvu d’une paire de glandes odoriférantes à sa marge interne : l'organe principal sexuel mâle soutenu par un os rudimentaire, étant hérissé de crochets à son renflement antérieur.
Les mœurs des Féliens ne sont pas moins caractéristiques que leur organisation. Ge sont, en effet, des animaux plus ou moins nocturnes, rusés, hardis, avides de sang, marchant avec précaution, souples et rampants lorsqu'il s’agit d'arriver à portée de la proie, puis, après avoir tendu tous leurs ressorts en les ramassant, les débandant subitement et s'élançant d’un seul bond sur elle, en éta-
lant dessus, pour la retenir, les mains et la gueule, armées de leurs ongles aigus et de leurs dents
acérées.
Fig. 66. — Panthère Fig. 67. — Jaguar.
Fig. 68. — Tigre.