PANTHÈRE. FELIS PARDUS. Linné, Temminck
CaracTÈèRes spéciriques. — Pelage bien fourni, de médiocre longueur; la couleur du fond d'un jaune d’ocre clair, et tout le dessous du corps et de la queue, ainsi que les côtés du ventre, d’un blanc pur; toutes Les taches bien prononcées, très-rapprochées les unes des autres, quoique séparées : les taches en rose qui couvrent les flancs, une partie de l'omoplate et la croupe, composées de trois ou quatre taches noires, formant un cerele imparfait qui ceint une tache jaune d'ocre, absolument de la même teinte que le fond du pelage; le haut du dos, la tête, le cou, les quatre extrémités, la queue et les parties inférieures du corps, couverts de grandes et de petites taches pleines d'un noir profond et de forme ronde ou ovale, les taches pleines du corps n'étant jamais en bandes, et les taches en rose des flancs n'ayant jamais un plus grand diamètre que de 0",27 à 0,52 au plus; quelques bandes noires transversales sur la face interne des jambes et à la partie inférieure, et, vers le bout de la queue, plusieurs grandes taches noires divisées par des cercles blancs très-étroits; oreilles aussi grandes que celles du Léopard, rondes, noires à leur base, et d'un cendré blanchâtre au bout; rangées des moustaches blanches, et prenant leur origine sur des lignes noires disposées transversale-
fois vers les personnes qui paraissaient vers les galeries ; on poussa ensuite les trois Éléphants contre lui, et ils lui donnèrent our à tour de si rudes coups, qu'il fit encore une lois le mort et ne pensa plus qu'à éviler leur rencontre; ils l'eussent tué sans doute, si l’on n'eût fait finir Le combat, »
ment sur les lèvres. Longueur totale des adultes, 1",67, sur laquelle la queue porte 0°,70; hauteur d'environ 0",50.
À cette description, que nous avons presque textuellement copiée de la monographie de M. Temminck, ajoutons avec le naturaliste néerlandais que la taille des Panthères adultes est moindre que celle du Léopard, que la queue est aussi longue que le corps et la tête, avec son extrémité pouvant aboutir à la pointe du museau; que le crâne est en totalité plus long et plus comprimé dans la Panthère que dans le Léopard; la ligne de la face est la même, mais celle du cräne diffère; les arcades zygomatiques sont beaucoup plus écartées dans le premier que dans le second, et la face est plus obtuse dans le Léopard que dans la Panthère; enfin, le frontal est plus large et plus rectangulaire dans ce dernier, mais ses apophyses postorbitaires sont moins fortes.
D'après M. Temminck, et contrairement à l'opinion de G. Cuvier, la Panthère ne se trouve pas en Afrique, mais seulement dans l'Inde; elle est particulièrement commune au Bengale, dans les îles de la Sonde, probablement à Java, à Sumatra, etc. Elle a été souvent confondue avec le Léopard; et très-fréquemment, surtout en France, on a indiqué ces deux animaux indistinetement sous l'un de ces noms où bien sous l’autre : quoi qu'il en soit, il paraît assez certain que ce n’est pas à la Panthère, mais au Léopard, qu'on doit appliquer le nom du Pardalis d'Ælien et des anciens auteurs. Le Felis chalybeata d'Hermann doit être rapporté au Felis pardus, comme n'en étant qu'une simple variété.
La Panthère n'habite que les forêts; elle monte sur les arbres avec une extrême agilité, ce que ne font ni le Lion ni probablement le Tigre, et elle peut ainsi poursuivre les Singes et les autres animaux grimpeurs dont elle se nourrit. Ses yeux sont vifs, continuellement en mouvement; son regard est cruel, effrayant, et ses mœurs sont, assure-t-on, d’une atroce férocité. Elle n'attaque pas l'homme lorsqu'il ne vient pas lui-même l’attaquer; mais, à la moindre provocation, elle entre en fureur, se précipite sur lui avec une grande rapidité, et le déchire avant qu'il ait eu le temps de penser à la possibilité d’une lutte. La nuit, la Panthère vient rôder autour des habitations isolées pour surprendre les animaux domestiques, les Chiens principalement; et, faute de proie vivante, elle se nourrit de matière animale plus ou moins putréfiée, et même de cadavres qu'elle déterre. D'après ce que nous venons de dire, on voit que ses mœurs ne diffèrent pas d’une manière bien notable de celles des autres espèces du même genre.
5 LÉOPARD. FELIS LEOPARDUS. Linné.
CaRaGTÈRES SPÉCIFIQUES. — Pelage bien fourni, de médiocre longueur, d’un jaunâtre clair sur le dos, plus pâle sur les flancs, et blane au ventre et à la partie inférieure de la queue; toutes les taches très-prononcées, jamais contiguës, et exactement séparées des taches voisines par le fond jaune clair du pelage; taches en rose qui couvrent les flancs, une partie de l’omoplate, la croupe et une portion de la queue, composées de trois ou quatre taches noires, formant un cercle imparfait qui ceint une tache jaune, toujours plus foncée que le fond du pelage; haut du dos, tête, cou, les quatre extrémités et parties inférieures du corps, couverts de grandes et de petites taches pleines, d'un noir profond, et de forme ronde ou ovale; taches pleines du corps n'étant jamais en bandes, et taches en rose des flancs n'ayant jamais un plus grand diamètre que 0,37 à 0",42 au plus; quelques bandes noires transversales sur la face interne du haut des jambes, et près le bout de la queue deux ou trois cercles imparfaits, divisés par des cercles blanes bien plus étroits; oreilles rondes, noires à la base et jaunâtres au bout; rangées des moustaches blanches, prenant leur origine sur des lignes noires, disposées transversalement sur les lèvres. Longueur totale des individus adultes, environ 2°, sur lesquels la queue occupe plus de 0,80; hauteur, environ 0",66.
M. Temminck ajoute à la description que nous venons de donner que la taille des Léopards adultes est moindre que celle de la Lionne, que la queue est seulement de la longueur du corps, avec l’extrémité n'aboutissant qu'aux épaules : la couleur du pelage étant d’un fauve jaunâtre clair, celle de la partie inférieure des taches en rose plus foncé ou d'un jaunätre plus vif que le fond du pelage et
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les nombreuses taches assez distantes; enfin, la queue n'ayant que vingt-deux vertèbres, tandis qu'il y en aurait vingt-huit dans la Panthère.
| Les jeunes individus de cette espèce ont souvent été pris pour des espèces distinctes : leur fourrure est toujours plus longue, d’une nature plus cotonneuse, même un peu crépue; les taches pleines plus où moins contiguës, et les taches en rose moins distinctement marquées, souvent même effacées ou plus claires qu'à Pordinaire; le tout suivant la longueur des poils, constamment en rapport avec l’âge des individus. Toutes les taches de la robe des jeunes sont plus claires, et le fond du pelage un peu plus terne que dans les adultes; et il résulte de cette disposition des taches et de la nature du poil que ces jeunes animaux sont difficiles à rapporter à leur type; toutefois, le jeune Léopard est aisé à reconnaître de la jeune Panthère : la longueur de la queue, en proportion de celle du corps, doit surtout servir à lever tous les doutes à ce sujet.
Fig. 89 — Léopard.
Les couleurs du pelage du Léopard varient quelquefois beaucoup plus, car il semble aujourd'hui démontré que la Panruëre norte (Felis melas, Peron et Lesueur), propre à Java et à Sumatra, n’en est qu'une variété accidentelle, qui semble d'un noir uniforme, mais sur le pelage de laquelle, lorsqu'on la regarde à un certain jour, on peut apercevoir des taches plus noires que le fond du pelage, et à peu près semblables à celles du Léopard. À Java, on a reconnu ce que nous disions, que la Panthère noire n’était qu'une variété noirâtre du Léopard; car l'on trouve assez fréquemment, dans le repaire du Léopard, des jeunes individus, l'un tacheté comme la mère, l'autre noirâtre, et pareil au prétendu Felis melas de certains naturalistes. M. Temminck décrit ainsi une de ces variétés : la robe est teinte de marron, ou couleur baï très-foncé, distribuée par nuances plus ou moins sombres ou noirâtres; cette couleur est répandue sur tout le pelage; le marron pur règne sur les parties inférieures du corps : au museau, aux deux faces des quatre extrémités, et au bout de la queue; un marron noirâtre, très-intense, est répandu sur toutes les parties supérieures du corps et de la queue. ainsi que sur le sommet de la tête et aux oreilles. Les taches distribuées sur cette fourrure sont d’un marron noirâtre aux parties inférieures et sur les quatre extrémités, et d'un noir profond sur le dessus du corps; les taches en rose, et celles dites pleines, sont formées et distribuées de la même manière que sur les peaux ordinaires du Léopard. Les taches du dos et de la queue sont peu distinctes; elles paraissent cependant, et sont bien marquées lorsque les rayons du soleil éclairent cette robe. La Ménagerie du Muséum en a possédé deux individus : lun qui lui avait été rapporté par Peron et Lesueur, et l’autre, qui vit actuellement, et qui provient de Java, d’où elle a été rapportée en 1841, par M. le capitaine Geoffroi.
M. Boitard, qui, à l'exemple de certains naturalistes, pense que cette variété est bien une espèce distincte, dit qu'elle porte, à Java, le nom d'Arimaou, et il donne à son sujet les détails de mœurs suivants. « L'Arimaou est un animal farouche, indomptable, qui n'habite que les forêts sauvages. Au moyen de ses ongles puissants et crochus, il grimpe avec agilité sur les arbres, poursuivant de branche en branche, jusqu'à leur sommet, les Wouwous et autres Singes dont il se nourrit. Ses yeux sont vifs, inquiets, dans un mouvement continuel; son regard est cruel, effrayant, et ses mœurs sont
Phoque des côtes de France
d'une atroce férocité. Cependant il n’attaque pas l'homme s'il n'en est Ini-même attaqué; mais, à la moindre provocation, il entre en fureur, se précipite sur lui avec la rapidité de la foudre, et le déchire avant qu'il ait eu le temps de penser à la possibilité d'une fuite. Pendant le jour, il reste et dort dans ses halliers; mais, la nuit, il devient un sujet d’effroi pour tous les êtres vivants. Il rôde sflencieusement autour des habitations isolées pour surprendre les animaux domestiques, les Chiens surtout, pour lesquels il a un goût de préférence. »
La synonymie de cette espèce est excessivement embrouillée, ainsi que nous l'avons dit en nous occupant de la Panthère. Suivant M. Temminck, ce serait à elle qu'il faudrait réellement appliquer la dénomination de Pardalis d'Ælien; et G. Cuvier l'aurait confondue avec la véritable Panthère, et l'aurait indiquée sous les noms de Felis pardus et leopardus; enfin, Schreber en aürait fait son Felis varia, et nous ajouterons que Fr. Cuvier l'aurait désignée quelquefois sous la dénomination de Felis palearia, et M. Hamilton Smith sous celui de Felis antiquorwum. Du reste, on est loin d'être d'accord pour savoir à laquelle des deux espèces on doit plus particulièrement laisser le nom de Panthère, et à laquelle on doit plutôt appliquer celui de Léopard; ce n'est même qu'avec doute que nous avons cru devoir adopter l'opinion de M. Temminck à ce sujet. Mais cette inversion de nom n'a aueune importance scientifique tant qu'on ne saura pas positivement quels sont les animaux que les anciens nommaient Léopards et Panthères, ce qui parait extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible à établir.
Les pays habités par cette espèce sont le nord et le midi de l'Afrique, et probablement toute létendue de cette vaste partie du monde; on la rencontre en Algérie, mais elle est beaucoup plus rare que le Lion. En outre, elle a aussi pour patrie l'Inde et les îles de la Sonde, Java et Sumatra. D'après Fischer, on la trouve également en Perse, dans la Souagarie et la Mongolie, jusqu'aux monts Altaï.
Il est célèbre par sa férocité; comme la Panthère, dont il a les mœurs, il grimpe sur les arbres avec une grande agilité. Les nègres le craignent beaucoup, et cependant ils lui font une chasse active pour s'emparer de sa fourrure, qui est très-belle. Les négresses-du Congo recherchent beaucoup ses dents pour s’en faire des colliers.
On sait que la robe de ces animaux est très-recherchée par les marchands de fourrures, et que c’est une branche importante de commerce.