CARACAL. Buffon, FELIS CARACAL. Linné
CaracrÈères sréciriques. — Dessus de la tête, du cou et du dos, d’une couleur fauve teinte de brun, qui s'étend aussi sur les épaules; côtés du cou et du corps, face externe des jambes et des pieds, d'une belle couleur isabelle, excepté le haut de la face externe de lavant-bras et de la cuisse, qui est roussätre; extrémité du museau, tour des yeux, une tache près des coins de la bouche, blancs; une petite bande blanchâtre très-étroite, dirigée d'avant en arrière, située au-dessus de Fœil, de chaque côté du front; oreilles ayant leur face interne blanche, leur face externe noire, leurs bords blancs. et leur bout garni d'un pinceau de grands poils noirs, et analogue à celui du Lynx ordinaire; menton, dessous du cou, face interne des jambes, blanchâtres, avec une teinte de fauve pâle; poitrine d'une couleur fauve terne, avec des taches brunes noirâtres; queue de couleur fauve roussâtre, plus longue que celle du Lynx ordinaire, dont cet animal rappelle la forme générale. Longueur de la tête et du corps, 0,78; de la queue, 0,27.
Cette espèce est le Lynx de Pline et des anciens; Buffon l'a fait connaitre sous le nom de CaracaL Aldrovande sous celui de Lynx armeaix, et vulgairement les voyageurs lui donnent les dénominations de Lynx pe Barranie et de Lynx pu Levanr : c'est le Siagoush des Persans, l'Anak-cl-Ared des Arabes, le Kara-Kalach des Turcs.
Le Caracal habite la Nubie et l'Abyssinie, en Afrique, et, en Asie, on le rencontre dans Finde, eu Perse et en Turquie, d'où il s'étend même en Europe; enfin, on assure qu'on le trouve également au Bengale. Suivant les divers pays qu'il habite, son pelage présente quelques modifications; aussi a-t-on quelquefois cherché à former à ses dépens plusieurs espèces particulières, qui, toutefois, ne paraissent pas devoir être adoptées. Néanmoins, tous les naturalistes s'accordent pour distinguer plusieurs variétés de Caracals, dont trois principalement sont bien caractérisées; ce sont :
A. caracas p'aicer, Bruce. Buffon. Felis earacal Algericus. Lesson.
Ayant pour caractères : point de pinceau an bout des oreilles: poil de couleur roussâtre, avee des
raies longitudinales noires depuis le cou jusqu'à la queue, et des taches séparées sur les flancs, posées dans la même direction; une demi-ceinture noire au-dessus des jambes de devant; une bande de poils rudes sur les quatre jambes, qui s'étend depuis l'extrémité des pieds jusqu'au-dessus du tarse, ce poil étant retroussé en haut, au lieu de se diriger en bas comme le poil de tout le reste du corps. Habite l'Afrique septentrionale.
B. canacaL DE NUBIE. Bruce. Buffon. Felis caracal Nubicus. Lesson
Ayant pour caractères : tête plus ronde que celle du Caracal d'Alger; oreilles noires en dehors, mais semées de poils argentés; point de croix de Mulet, que possèdent la plupart des Caracals d'Alger; poitrine, menton et intérieur des cuisses, marqués de petites taches fauve clair, et non pas brunes noirâtres. Se trouve en Nubie et en Arabie.
C. caracar po BENGALE. Edwards. Buffon. Felis caracal Bengalensis. Lesson.
Offrant les couleurs du pelage analogues à celles des variétés précédentes pour leur disposition; queue dépassant les talons en longueur, et descendant jusqu'à terre, ce qui ne se remarque pas habituellement chez les Lynx, mais chez les Chats proprement dits; pattes longues. Patrie, le Bengale.
Le Caracal paraît être le Lynx des anciens: les Grecs l'avaient consacré à Bacchus, et ils le représentaient souvent attelé au char de ce dieu du paganisme. Pline en raconte, suivant sa coutume, les choses les plus merveilleuses; selon lui, il avait la vue si perçante, qu'il voyait facilement à travers les murailles; son urine se pétrifiait en une pierre précieuse nommée fapis lynearius, qui guérissait une foule de maladies, etc. Il vit de proies proportionnées à sa taille, et suit, dit-on, les grands animaux de la même famille que lui, et surtout les Lions, pour recueillir les débris de leurs repas. Gette sorte de société lui a fait donner le nom de Guide ou de Pourvoyeur du Lion, parce qu'on supposait que ce dernier, dont l'odorat n’est pas très-fin, s'en servait pour éventer de loin le gibier, dont il partageait ensuite avec lui la dépouille. Quoi qu'il en soit, il a les mœurs et les habitudes du Lynx ordinaire; il attaque d'assez grands animaux, tels que des Gazelles, diverses Antilopes, ete.; lorsqu'il s'empare d'une Gazelle, il la saisit à la gorge, l'étrangle, lui suce le sang, et ni ouvre le crâne pour lui manger la cervelle: après quoi il l'abandonne pour en chercher une autre. Du reste, comme le Lynx ordinaire, pris jeune, il s’apprivoise assez bien, sans néanmoins perdre son goût pour la liberté. Buffon rapporte qu'on peut le dresser à la chasse, qu'il aime naturellement, et à laquelle il réussit tès-bien, pourvu qu'on ait l'attention de ne Le jamais lâcher que contre des animaux qui lui soient inférieurs, et qui ne puissent lui résister; autrement, il se rebute et refuse le service dès qu'il y a du danger : on s'en sert, aux Indes, pour prendre les Lièvres, les Lapins, et même les grands Oiseaux, qu'il surprend et saisit avec une ardeur singulière.