‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 13 sur 62 · CATHARTE URURU. CATBAItTES FŒTENS · texte numérisé non relu

CATHARTE URURU. CATBAItTES FŒTENS

Cet oiseau a 0m,65 de longueur; il ne fait pas de nid, dépose ses œufs dans les anfractuosités des rochers. Ses œufs sont de forme ovée, à coquille d'un blanc bleuâtre, tantôt recouverts de points de brun-rouge entremêlés de points lilacés plus nombreux au gros bout, tantôt marqués de rares mouchetures brunes, mais recouverts de larges taches violacées, et, dans ce cas, la coquille emprunte une espèce d'aspect carminé : leurs dimensions sont, pour le grand diamètre, deOm,070, et varient, pour le petit diamètre, de 0m,043 à 0m,045.

Ceux du Catharte Aura ont les plus grands rapports de forme et de couleur: ainsi ils sont également de forme ovée, mais bien plus allongée, de couleur blanc bleuâtre avec des taches arrondies clair-semées et plus nombreuses au gros bout d'un brun de Sienne; grand diamètre, 0m,077; petit diamètre de 0m,O48 à 0m,050.

5"' GENRE. - NÉOPHRON ou PERCNOPTÈRE. NEOPHRON. (Savigny.)

CARACTERES GENERIQUES.

Bec long, grêle, muni d'une cire dans les deux tiers de sa longueur; comprimé sur tes côtés, à arête plus renflée que dans le genre Catharte; la partie apicale cornée, relativement pliis longue et moins brusquement recourbée.

Narines percées dans le milieu de la cire, longitudinales et ouvertes.

Fig; 41). — Néophron peicnoptère

Fig 41. — Néophron percnoplcrc

Ailes longues, subobtuses, ta troisième rémige seule la plus longue.

Queue médiocre, en forme de coin.

Jambes emplumces jusqu'au genou, tarse de la longueur du doigt médian, recouvert d'écaillés réticulées; doigts longs et minces, les latéraux égaux entre eux, l'interne robuste cl recouvert de fortes écailles jusqu'au bout, l'interne n'en ayant que dans la dernière moitié de sa longueur, et le médian que trois près de l'ongle; le pouce aussi long et aussi fort que l'interne; les ongles médiocres, forts et assez- recourbés, surtout celui de ce dernier.

Devant de la tète, joues et gorge nus et sans plumes.

Composé île deux espèces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique méridionale.

NÉOl'IIRON PERCNOITÈRE NEOPI11WN PERCNOPTEItUS. (Savigny.)

Ce genre est représenté en Europe et en France parle Percnoptère des anciens, Neophron percnopterus (Savigny), appelé aussi Poule de Pharaon par les Européens du Levant et en Egypte. Cet Oiseau est assez commun et sédentaire dans quelques parties du midi de la France, principalement dans les enviions d'Arles et de Nîmes.

Sa taille estOra,70à 0m.80. Il niche dans les rochers et pond de trois à quatre œufs de forme ovalaire à coquille, à fond blanc, recouverte le plus souvent de nombreuses taches ou mouchetures brun-rouge, cachant une partie du blanc de la coquille, et entremêlées de quelques taches d'un gris lilas ou violacé; quelquefois d'un blanc pur piqueté seulement de légères mouchetures d'un brun jaunâtre; grand diamètre de 0m,066 à 0m,070; petit diamètre de 0m,051 à 0m,055.

Fig. 42. — Néopliron percnoptère.

Connu encore sous les noms de petit Vautour, de Vautour de Norwège, d'Alimoche, etc., cet Oiseau a le plumage blanc; la peau nue de la gorge est safranée; les plumes de la tête et du derrière du cou sont longues, étroites, pointues, désunies et très-effilées ; le bec est gris de plomb ; les tarses sont jaunes, et les ongles noirs. La queue étagée est arrondie.

lins.- LSIanchet. Poliornu livenler

La femelle et les jeunes ont le plumage brunâtre, macule de roussâtre, et la peau de la gorge est livide.

Le IVrcnoptère est un des Vautours les plus communs, et se trouve répandu dans un grand nombre de contrées. On le rencontre dans les parties les plus froides de l'Europe comme dans les régions les plus chaudes de l'Afrique et de l'Asie, mais il est beaucoup plus rare cependant dans les pays du Nord, tandis qu'il n'est nulle part plus abondant que dans l'Arabie, l'Egypte et la Grèce; on le trouve en Norwège, en Espagne, en Sardaigne, à Malte, aux îles Canaries et dans l'Inde. Dans le pays des Namaquois, il est, dit-on, peu farouche; il va toujours par paires, et ne se réunit en troupes que pour dévorer les cadavres

TROISIÈME FAMILLE. - GYPAÉTINÉS.

Les Gypaétinés ont la tète et le. cou entièrement emplumés, et la cire entourant la base du bec recouverte de longues soies ou poils qui la cachent tout à fait.

Un seul genre commun à l'Europe, à l'Asie et à l'Afrique.

GENRE. GYPAÈTE. GYPAETUS. (G. R. Gray.)

Graj n'a fait que latiniser li désinence grecque île Gypaelos. nom que lui a, le premier, donna Slorr.

l'ut}', vautour; '-.stc;, aigle.

CARACTERES GE>'EIII(JUES.

Bec robuste, iris-comprimé, à mandibule inférieure garnie d'un faisceau de poils roides et dirigés en tirant eu nuise de barbe.

Narines oculaires, percées obliquement dans la cire et cachées, de même que celle-ci, par des poils semblables, qui recouvrent la base de la mandibule supérieure.

Ailes subobtuses, la troisième rémige la plus longue.

Fig. 43. — Gypaète barbu

Fig. 4i. — Gypaète barbu.

Tarses courts, emplumés, doigts réticulés en partie et garnis au bout de quatre à six écailles; ongles forts et plus crochus que chez ks autres Vnlturidés, surtout celui du pouce.

Queue assez allongée et en forme de coin, chacune des rectrices latérales allant en augmentant de longueur jusqu'aux deux médianes, qui sont les plus longues.

Habite l'Europe (Alpes suisses, Pyrénées et Sardaigne), l'Asie (Altaï, monts Himalaya et Caucase), l'Afrique (Algérie, Abyssinie, cap de Bonne-Espérance).

Les caractères de ce genre l'éloignent, de même que ses habitudes, des Vulturidés, pour le rapprocher des Falconidés; aussi ne doit-il rationnellement figurer qu'à la fin de ceux-ci. Ce ne sont plus des charognes qu'il recherche, il lui faut une proie vivante qu'il puisse poursuivre, attaquer et terrasser.

GYrAbTE BARBU ou LAEMMER-GEYER. GYPAETUS BARBATUS.

Jusqu'à ces derniers temps, on a été unanimement d'accord pour n'en reconnaître qu'une seule espèce variant, selon les diverses localités, en taille et en intensité de couleurs.

Ki<r. 45 — Gypaète barbu.

Depuis peu cependant quelques ornithologistes, le docteur Brehm, MM. Keysserling et Blasius, Rùppell, Gebler, Schlegel, et tout récemment M. Charles Bonaparte, émettent une opinion qui ne tendrait à rien moins qu'à faire de ces diverses variétés quatre espèces, dont:

« La première plus grande, à tarses emplumés, à plumage terne, qui se retrouve parfaitement identique sur les Alpes suisses, au Caucase, en Algérie et jusque sur les monts Himalaya.

« La deuxième, plus petite, à couleurs plus vives, à tarses emplumés, qui vit en Sardaigne et sur les Pyrénées, et que M. Schlegel, qui l'a le premier distinguée, du moins avec quelque assurance, a nommée Gypaète occidental (Ggpaetus occidcntalis) .

« La troisième, bien plus distincte, de l'Afrique méridionale, à tarses nus dans la partie inférieure: c'est le Gypaète à pieds nus (Ggpaetus nudipes) du docteur Brehm (Ggpaetus meridionalis, Keysserling et Blasius).

• \ ces trois rares il faudra pcul être en ajouter nue quatrième, le Gypaète de l'Altaï Gypaelus

Allah iix, Gebler ), si tous les individus offrent dans l'Altaï des teintes aussi pâles que le seul indi- \iiin qu'il nous a été donné d'examiner. » (Ch. Bonaparte, Comptes rendus de l'Acad.des Sciences, séance «lu 1 1 mars 1850, tom. 50, p. 272, et Revue et Magns. de toologie, septembre 1850, p. 1 78.)

Nous pensons, quaift à nous, que ces quatre espèces doivent tout au plus se réduire à deux: le Gypaète barbu ( Gypaelus barbalus, Cuvier) et le Gypaète à pieds nus qui se distingue par un bec

pins court et plus renflé à la pointe, et que les autres espèces, jusqu'à plus ample observation, ne doivent être considérées que. comme purement nominales et le résultat de simples variations locales.

Ainsi, il est hors de doute que le Gypaète, nichant sur les rochers à nu, et n'y faisant, pour ainsi dire, pas d'aire ou de nid pour déposer ses œufs, empreint de la poussière de ces rochers ses plumes pectorales et abdominales, qui, par suite, présentent a l'œil une. couleur d'emprunt, surtout quand cette poussière est colorante et ocraeée, ce qui a lieu principalement sur certains plateaux de l'Afrique septentrionale et de lAbyssinie.

La plupart des individus de ces contrées ont en effet le dessous du corps d'un roux ferrugineux très-prononcé; mais, si l'on vient à secouer les plumes de cette partie ou à les laver, on les débarrasse peu à peu de cette matière colorante, qui s'en va en poussière, et on les rend à peu près à un blanc terne, qui est leur couleur véritable. C'est ce que nous avons été souvent à même d'observer.

C'est en cela surtout qu'une remarque de Bruce, relative;'! un de ces individus qu'il avait observé en Abyssinie a plus d'importance qu'elle n'en a l'air, malgré l'exagération et le ton merveilleux dont sont empreints tous les récits de ce voyageur:

il Quand j'allai ramasser ce monstrueux Oiseau (qu'il appelle Aigle d'Or ou Nisser de son nom abyssinien), je ne fus pas peu surpris, dit-il, de trouver mes mains couvertes d'une poudre jaune Je le retournai, et je vis que les plumes de son dos rendaient aussi de la poudre brune, c'est-àdire de la couleur dont elles étaient. Il y avait abondamment de cette poudre; et, pour peu qu'on secouât les plumes, la poudre volait comme si on l'avait jetée avec la houppe d'un coiffeur. Les plumes de la gorge et du ventre étaient d'une belle couleur dorée, et ne paraissaient avoir rien d'extraordinaire en elles : mais les grandes plumes de dessus les ailes et du haut du dos étaient formées en petits tubes; de manière, que, quand on les pressait, il en sortait de la poudre qui se répandait sur la partie la plus fine de la plume, et cette poudre, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, était brune.

« Il est impossible de dire avec certitude pourquoi la nature a pourvu cet Oiseau d'une si grande quantité de poudre. Tout ce qu'on peut faire, c'est de conjecturer qu'elle lui a donné, ainsi qu'aux autres habitants ailés de ces hautes montagnes, comme un moyen nécessaire de résister aux pluies abondantes qui y tombent six mois de l'année. » (Voyage en Nubie et en Abyssinie, traduction française de Castera, tom. 9, p. o!6. Paris, 1791.)

Nous rappelons ce passage aux savants ornithologistes que nous venons de citer.

Il est bien vrai que chez plusieurs individus cette couleur brune persiste, et la circonstance que nous avons citée n'expliquerait plus le ton brun de Sienne des plumes occipitales et d'une partie du cou. Mais nous croyons que ce n'est plus alors qu'une question d'âge, et que ce brun disparaît complètement chez les vieux adultes. Un bel individu, rapporté du cap de Bonne-Espérance par MM. Verreaux frères, et qui se voit au Musée de Douai, semble autoriser cette conjecture, car il est presque entièrement blanc en dessous et représente exactement, tant parla couleur de son plumage et par ses tarses emplumés jusqu'aux doigts, le type de l'espèce appelée Gypaète barbu et confinée, par les ornithologistes cités plus haut, dans les Alpes suisses, le Caucase, l'Algérie et les monts Himalaya.

Lt puis les principes de géographie et de. climatologie zoologiques se trouveraient singulièrement compromis et confondus par l'admission de la circonscription de ces espèces encore! douteuses pour nous, telle que l'entendent et la fixent ces savants. Comment, par exemple, expliquer cette différence si bien marquée, selon eux, entre les individus provenant des Alpes suisses, de l'Algérie et de l'Afrique méridionale, et par suite cette conformité de coloration entre ceux-ci et ceux des Alpes suisses ijue nous venons de signaler? car on est au moins forcé de reconnaître que le type attribué aux Alpes suisses se retrouve dans les mêmes conditions et avec les mêmes caractères au cap de Bonne-Espérance.

Quoi qu'il en soit, le Gypaète barbu, en tant qu'Oiseau d'Europe, est le Laëmmer-Geyer des

Allemands, ou Vautour des agneaux. Ses habitudes sont celles des Aigles véritables, ne se nourrissant exclusivement, comme eux, que de proie vivante, et ne se rabattant que poussé par la faim sur les charognes. Sa taille est de 1"',10 à lm,20.

11 niche dans les rochers escarpés et pond de deux à trois œufs, qui ont une forme ovalaire avec un bout plus aigu que l'autre: la coquille d'un beau blanc bleuâtre dans son épaisseur, d'un grain poreux et rude au toucher; de couleur blanc bleuâtre, parsemé de petites taches, les unes en forme de petits points ou mouchetures, les autres en forme d'éclaboussures; les premiers d'un brun-rouge foncé, les autres d'un ton ocracé jaunâtre; grand diamètre, 0"',0'J0; petit diamètre, 0"',074.

DEUXIEME TRIBU. — SERPENTARIDES.

Les Serpentaridés ont le bec recourbé a la pointe; le tour des yeux nu; de longs cils aux paupières; les jambes grêles et longues.

Ils se nourrissent presque exclusivement de Reptiles.

Leur structure particulière et surtout la conformation ostéologique du sternum, privé en quelque sorte de bréchet, ont fait élever au rang supérieur d'une tribu les Serpentaridés, qui ne reposent que sur un seul genre établi lui-même sur un seul type spécifique.

FAMILLE UNIQUE. - SERPENTARINES.

Les Serpentarinés ont le bec fort, recourbé à la pointe; les ailes médiocres, armées de (rois éperons bien prononcés, mais obtus, qui leur servent à étourdir les Reptiles, dont ils font leur unique nourriture ; la queue longue et étagée; les jambes emplumées jusqu'au genou; les tarses et les doigts fortement scutellés jusqu'aux ongles qui sont forts, pouce^nséré un peu au-dessus du plan d'articulation des doigts antérieurs. Les paupières garnies de longs cils.

Un seul genre, de l'Afrique méridionale.

GENRE SERPENTAIRE. - SERPENTARIUS. (Cuvier.)

Mangeur de Serpents.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec robuste, élevé et droit à la base cl recourbé vers la pointe, qui est crochue; a bords comprimes.

avinés basâtes, percées obliquement dans la cire, découvertes. Ailes longues, stibobtuscs, les troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus longues, égales.

Tarses très-allongés, minces, recouverts, sur le devant, d'écaillés dans toute leur longueur; doigts également écaillés, courts; les antérieurs unis entre eux par une membrane; le pouce remarquablement court, et un eu relevé.

Tour des yeux nu; arcade or bit aire saillante.

ni lire replilivorc Strpenttoriur.

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