‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 14 sur 62 · VI · texte numérisé non relu

VI

Ce genre est représenté par une seule espèce appelée Messager, de la gravité de son port quand elle marche; Serpentaire, de son habitude de ne manger et de ne chasser que des Reptiles, et principalement des Serpents; et Secrétaire, de la forme qu'offrent les plumes occipitales, qui, parleur

Fig. 46 — Serpentaire reptilivoro.

allongement en arrière, surtout celles de côlé, simulent assez bien la plume que les commis aux écritures, dans les maisons de commerce, ont l'habitude de mettre et de porter derrière l'oreille.

Son plumage est d'un cendré bleuâtre en dessus, et d'un grisâtre presque blanc en dessous; les cuisses sont noires, bordées d'un beau liseré blanc. Ce qui le distingue, c'est une élégante huppe composée de plumes allongées, retombant derrière la nuque, érectiles, roides, de couleur noire terminée par quelques raies transversales blanches, ces plumes sont tantôt, et c'est le cas le plus ordinaire, disposées régulièrement dans toute la largeur de l'occiput; tantôt disposées Iongitudinaletiient, et, alors, elles sont implantées sur chaque côté des pariétaux et de la nuque, de manière que, &' écartant à la volonté de l'animal, à droite et à gauche, elles forment une espèce de double crinière encadrant la partie postérieure du cou jusqu'à près de la moitié de sa longueur. C'est en se fondant sur cette différence de disposition des plumes occipitales que les ornithologistes anglais ont voulu établir trois espèces de Serpentaires, dont une sous le nom i'Oecidenlat. Mais ces légères différences, pour être plus fréquentes chez les individus de la Gambie et de. l'Abyssinie que chez ceux du cap de Bonne-Espérance , ne sauraient être un caractère spécifique suffisant. Aussi M. Ch. Bonaparte les repousse-t-il pour n'en admettre qu'une seule.

Le reste de la description de cet Oiseau ne mérite pas moins d'attention; la cire de son bec est d'un jaune orangé, et la peau du tour des yeux et du lorum d'un beau rouge vermillon. Sa queue est composée de pennes longues, flexibles, et étagées à grand espace; les deux médianes excédant les latérales de la moitié de leur longueur, et retombant presque à terre. Ses jambes sont minces et allongées comme celles des Grues, d'où l'un de ses noms scientifiques, Gypogeranos, [lliger, de py, Vautour, et ^pavo;, Grue.

11 a, en effet, les plus grands rapports de conformation, comme on le voit, avec cette famille. Ajoutons que ses mœurs viennent encore confirmer ce rapprochement. Seulement, muni d'armés plus puissantes par son bec et par ses serres de Bapace, ainsi que par les tubercules osseux de ses ailes, il attaque les plus forts et les plus gros Beptiles. Dans ces sortes de combats, il frappe les

Serpents dont il veut s'emparer de coups d'ailes violemment redoublés pour les étourdir, puis il les saisit avec son bec, les jette en l'air, et, par ce manège souvent répélé, il finit par les réduire à un état de torpei r et d'anéantissement tel, qu'il lui devient alors facile de les déchirer de son bec et de ses ongles, et d'en faire sa nourriture.

Fip] 47. — Serpentaire.

Cet Oiseau, qui ne mesure pas moins de trois pieds de hauteur, marche plus qu'il ne vole; il place, le plus ordinairement, son nid, en forme d'aire, dans les buissons les plus fourrés, quelquefois sur les arbres, et toujours de manière aie rendre difficilement accessible.

Il s'apprivoise aisément, et cette disposition à la domesticité l'a fait introduire, avec quelque succès, dit-on, dans quelques îles (Antilles françaises), où l'on a utilisé les facultés qui dirigent son instinct vers la destruction des Reptiles pour combattre la trop grande multiplication du Serpent tiigonoecphale, l'une des espèces les plus redoutables de ces îles.

Beaucoup de personnes, au cap de Donne-Espérance, dit Le Vaillant, élèvent de ces oiseaux dans leur basse-cour, autant pour y maintenir la paix que pour détruire les Lézards, les Serpents et les Rats, qui souvent s'y introduisent pour dévorer la volaille et les œufs.

Ces essais de domestication du Serpentaire par nos colons américains des Antilles n'ont même eu lieu que d'après ce qui se passe depuis longtemps au cap de Bonne-Espérance, où presque chaque maison a le sien.

Le nid du Serpentaire est plat, comme celui de l'Aigle; il est placé dans un lieu élevé et le plus touffu du canton qu'ils ont choisi pour leur domaine; ce nid est garni, intérieurement, de laine et de plumes; sa dimension est au moins de trois pieds de diamètre; il est arrange dans le milieu d'un buisson, dont ils onl l'art d'écarter si artistement les branches, qu'elles servent de fondement à tout l'édifice; ces mêmes branches, poussant sur les côtés des jets qui montent après plus haut que le nid, forment tout autour une espèce de rempart qui le dérobe à la vue et le met à même de n'être découvert que très-difficilement.

Leur ponte est de deux ou trois œufs.

La forme de l'œuf, chez les Oiseaux, est presque toujours en rapport avec l'ensemble général des formes de l'individu dont il provient. L'œuf du Serpentaire vient confirmer cette proposition; il offre, en effet, les mêmes rapports relatifs, en ovologie, que l'Oiseau lui-même en ornithologie; l'un et l'autre se rapprochant éminemment des Échassiers, quant à la forme, et présentant les mêmes difficultés de classification.

Ainsi, la forme de cet œuf est ovàïdale, et se rapproche beaucoup de la forme ovoïconique, caractère distinctif de l'œuf des Échassiers; sa coquille est assez épaisse, d'un grain serré, d'un blanc bleuâtre dans sa transparence, régulièrement poreuse, mais mate, unie et sans reflet; sa couleur est d'un blanc bleuâtre, en certains endroits tiqueté, en d'autres onde de points et de taches rares d'un ton légèrement brunâtre, souvent vaporeux, quelquefois, d'après .Iules Verreaux, de qui nous en avons reçu plusieurs, et qui est toujours exact dans ses observations, d'un brun plus fortement accusé, parfois sans aucune tache; grand diamètre, 0m,081; petit diamètre, 0'" 059.

Faucon polyzonal. Meïkrax

OISFAUX. 57

TROISIEME TRIBU. - FALCONIDES.

Les Falconidés ont le bec recouvert de cire à la base, comprimé sur les côtés, à arête recourbée d'une manière continue, et plus ou moins brusque depuis la cire jusqu'à la pointe, qui est très-crochue et très-aiguë, à bords mandibulaires ou festonnés ou dentelés; la tête et le cou emplumés; un très-petit nombre seulement avant, exceptionnellement, la face ou la gorge nues; les ailes aiguës, subaiguës ou obtuses; la queue généralement plutôt longue que courte, et assez large; les ongles tres-rétractiles, forts, crochus et acérés, surtout ceux du pouce et du doigt interne; les yeux surmontés d'un rebord ou arcade orbitaire très-saillant.

Ils sont chasseurs et carnassiers, préférant les animaux en vie aux animaux morts et aux charognes, dont plusieurs familles, cependant, font leur nourriture la plus habituelle. Les femelles sont communément plus grosses que les mâles, et cette différence que l'on a dit longtemps, par erreur, varier du quart au tiers, semble expliquer le nom de Tiercelet, qui, au moyen âge, était donné aux mâles de cette tribu. La différence de taille ne se trouve être réellement, ainsi que Ta démontré Schlegel, que d'un huitième et même d'un dixième Un seul cas tout exceptionnel, au dire de M. Ch. Bonaparte*, existerait cependant pour VAstur melanoleucus d'Afrique, dont le mâle serait, en effet, d'un tiers plus petit que la femelle.

Les Falconidés se trouvent dans toutes les parties du globe ; ils viveut isolés et par paires, et se réunissent quelquefois pour émigrer d'une contrée dans une autre et pour chasser.

Lis caractères généraux de l'œuf de cette tribu sont les suivants :

Forme généralement sphérique ou ovalaire, l'un des bouts parfois faiblement moins obtus que l'autre; coquille d'un grain épais et dur. blanche, et légèrement bleuâtre, surtout dans sa transparence, irrégulièrement poreuse, quoique unie, mate et sans reflet; couleur d'un blanc très-légèrement bleuâtre, tantôt uni et sans taches, tantôt clair-semé, tantôt entièrement couvert de taches d'un brun plus ou moins jaunâtre, rougeâtre, verdâtre ou noirâtre, sous forme de points ou de larges nuages, ou marbrures irrégulières, ou même découche uniforme.

Jusqu'à aujourd'hui, les Falconidés ne comprenaient que six familles, que les auteurs avaient toujours admises d'un commun accord, savoir .

1" Les Caracaras ou l'olyboriens;

l2° Les Buses;

5° Les Aigles;

4° Les Faucons;

")" Les Milans;

0° les Autours ou Épervicrs.

lies six fini Iles varient dans l'ordre d'énumération que nous venons de leur donner, selon les idées ou la méthode de chaque ornithologiste.

Tout récemment, M. Ch. Bonaparte vient judicieusement d'augmenter ce nombre, en élevant au rang de famille les Busards ou Circinés, que les uns plaçaient parmi les Autours, et les autres parmi les Buses.

Les Falconidés forment sept familles bien distinctes nommées :

1° Polyborinés; 2° Butéoninés; r>° Aquilinés; A" Falconinés; 5° Milvinés; 6° Accipitrinés; 7" Circinés.

PREMIÈRE FAMILLE. - POLYRORTNES

Les Polyborinés ont le bec comprimé sur les côtés, légèrement crochu vers la pointe; à bords de la mandibule supérieure munis d'un léger feston ; les ailes longues, atteignant presque l'extrémité de la queue; celle-ci égale ou arrondie; les tarses allongés, nus, écussonnés; les doigts médiocres, recouverts d'écaillés dans toute leur longueur, et armés d'ongles robustes et aigus; tantôt la face, tantôt la gorge, nues, mais constamment l'une ou l'autre, et souvent les deux à la fois.

Cette famille, par ses habitudes plus terrestres qu'aériennes, et mieux encore par son genre de nourriture, et surtout par les nudités de la face et de la gorge, fait le passage le plus naturel des Vulturidés aux Falconidés, dont ils ont, du reste, toute l'organisation. Elle renferme quatre genres particuliers à l'Amérique et à l'Afrique méridionales.

POLYROROIDE. POLYBOROIDES. (A.Smith.

Bec court et élevé à la base, comprimé sur les côtés, faiblement recourbé vers la pointe.

Narines placées sur le bord de la cire, ouvertes, et de forme longitudinale.

Ailes longues, subobtuses, a troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus longues, atteignant presque le bout de la queue.

Queue longue, très-large et arrondie.

Tarses grêles, entièrement réticulés; doigts minces, l'externe aussi court que le. pouce, muni d'an très-petit ongle.

Face et tour des yeux nus, sans plumes ni poils.

Fie. 48.

Polyboroïile raye!

Fig 49. — Polyboroïde rayd.

niSKAUX.

Deux espèces : l'une de Madagascar, et dont on ne possède encore qu'un seul individu rapporté par Sonnerat, et déposé au Muséum d'histoire naturelle de Paris; l'autre espèce du cap de Bonne- Espérance, et que beaucoup d'ornithologistes persistent à confondre avec la première en une seule espèce.

11 est étonnant que Lesson, qui, le premier, avait reconnu les rapports de ce genre, auquel il donnait le nom de Gymnogenys (menton nu) ou d'Epervier à joues nues, par son faciès et par la nature et la couleur de son plumage, avec le Serpentaire, l'ait néanmoins relégué entre les Éperviers et les Autours.

MM. G. B. Gray et Ch. Bonaparte sont, depuis peu, les seuls qui l'aient mis à sa véritable place, que nous lui conservons. Faisons observer cependant que le premier de ces naturalistes en fait, avec le Serpentaire, la tète de la série de ses Circinés, qui terminent les Falconidés, tandis que M. Ch. Bonaparte, dont nous partageons les vues, le met, comme nous le faisons, à la tête de cette tribu.

On en iunore les mœurs.

2m8 GENRE. — RANCANCA. IBYCTER. (Vieillot.)

Icuxrr.j, aboyeur, vociferator (de la force et de la dissonance de son cri).

Bec médiocre, mince, droit, convexe et à arête graduellement recourbée jusqu'à la pointe, qui est ■ crochue, à bords comprimés et légèrement festonnés sur la tranche.

Narines latérales, percées dans la cire, qui est plus ou moins poilue, large et arrondie.

Ailes longues, obtuses, la quatrième rémige la plus longue.

Queue allongée, large et arrondie.

Tarses presque aussi longs que le doigt médian, réticulés ou scutellés; doigts allongés, écaillés, l'interne et l'externe robustes et armés d'ongles crochus.

Les lorums [intervalle existant entre le bec et l'angle interne de l'œil), les côtés de la tête et le devant de la gorge nus.

De l'Amérique méridionale. Trois espèces.

Fig. 50. — Rancanca noir.

Fig. 51. — Rancanca noir.

Ces Oiseaux, qui n'ont de leurs congénères que les caractères extérieurs, ont les mœurs des vrais Passereaux; comme ceux-ci ils ne se nourrissent que de fruits, de baies, et parfois de petits Insectes.

M. d'Orbigny, dans ses voyages, a remarqué qu'ils ont l'habitude de suivre les rives des fleuves, et qu'ils se perchent assez volontiers.

5mc GENRE. - MILVAGO. MILVAGO. (Spix.)

Bec médiocre, à arête convexe et graduellement recourbée, à bords comprimés.

Narines découvertes, arrondies, offrant au centre une espèce de tubercule plus ou moins membraneux.

Ailes allongées, subobtuses, les troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue allongée et arrondie.

Tarses de la longueur du doigt médian, emplumés sur un tiers de leur longueur, dans le reste réticulés; les doigts médiocres, écaillés, les latéraux égaux entre eux; ongles forts, très-peu arqués, déprimés et élargis, toujours obtus ou usés à la pointe.

Lorttms couverts de poils.

De l'Amérique méridionale. Trois espèces.

Les Milvagos fréquentent tantôt les pays de montagnes, tantôt ceux de plaines; ils font leur principale nourriture de charognes, de larves et d'insectes, et courent à terre avec la même célérité que les Poules; ne perchent jamais sur les arbres, auxquels ils préfèrent les rochers nus.

Ils n'attaquent aucuns Mammifères ou Oiseaux pour les manger. Mais une de ces espèces particulièrement, le Milvago cliimacliiina , a cet instinct singulier de s'attacher aux bêtes de somme sur lesquelles il aperçoit des plaies ou blessures, et de s'acharner après ces plaies jusqu'à forcer l'animal à se rouler a terre ou à fuir éperdu de douleur, en traînant avec lui l'instrument de son supplice.

Fig. 52. — Milvago chimachiina.

Fig. 53. — Milvago cliim uliim.i.

Hs nichent en général dans les anfractuosités des rochers abruptes, ou sur des arbustes touffus et même des arbres; dans ce cas, le nid est volumineux, composé d'épines et de ronces; ou bien même sur la terre. Leurs œufs sont au nombre de cinq ou six.

Ceux du Milvago chimango rappellent, parla forme, les dimensions et la couleur, ceux de notre Crécerelle ; ils sont de forme ovalaire, presque entièrement couverts de brun-rouge, sur lequel rassortent d'autres rares taches d'un brun-rouge noir, laissant à peine entrevoir le fond blanchâtre de

t'olvbori; 'lu lii'L-sil Polyborus Brasilienais.

la coquille, parfois ils sont d'un fond blanc bleuâtre marqué au gros i)out (|,. larges taches ei dans le reste de petits points d'un brun de bistre: leur grand diamètre varie de 0m,0i0 à 0"',046; leur petit de 0"',031 à 0n',054.

4™ GENRE. — CARACÀRA. POLYBOIWS. (Vieillot.)

n&Xuëofo;, multivorax, mangeant de tout.

Bec droit, épais, allongé, élevé à la base, comprimé sur les côtés, à bords festonnés ou ondulés sur la tranche.

Narines percées obliquement dans la partie supérieure de la cire et elliptiques.

Ailes allongées, subobiuses, la troisième rémige la plus longue.

Queue médiocre large, et légèrement arrondie.

Tarses de la longueur du doigt médian; réticules stir le devant, à doigts médiocres, écaillés, les deux latéraux d'égale longueur; ongles légèrement courbés, ceux du doigt interne et du pouce les plus forts.

La face nue, avec quelques poils; jabot saillant.

Une seule espèce, de l'Amérique méridionale

Vit par paires, a le vol rapide des Aigles; se nourrit de charognes, de Mollusques, d'Insectes, de menus Reptiles, etc.; parfois cependant, attaque les jeunes Agneaux que leurs mères viennent de mettre bas et les jeunes Oiseaux; niche indifféremment à terre, dans les halliers, ou sur les arbres les plus touffus et les plus enlacés de lianes. Le nid se compose, à l'extérieur, de branchages secs et épineux; quelquefois il est tapissé de crins à l'intérieur. Il y dépose deux œufs de forme ovalaire, presque entièrement recouverts de brun-rouge sous forme d'èclaboussures, laissant entrevoir un fond plus clair; d'autres sont couverts des mêmes taches plus sombres, sur un fond d'un violacé rougeâtre; grand diamètre, 0m,065; petit diamètre, 0m,048.

Le Caracara, selon M. d'Orbigny, remplacerait même en Amérique le Secrétaire du cap de Bonne- Espérance, quant à la préférence qu'il donnerait aux Reptiles ophidiens, parmi les Vertébrés.

Fig. 5-4 — Caracara du Brésil.

Fig. 55. — Caracara du Brésil G

• n Jamais, dit ce voyageur, le Caracara ne chasse aux Oiseaux dans la campagne, quoique, dans certaines contrées, il ne puisse voler sans se voir incessamment poursuivi par des troupes de Gobe- Mouches surtout, qui le harcèlent pendant longtemps, sûrs qu'il ne cherchera pas à se défendre; mais plus hardi parmi les Oiseaux domestiques, et vivant quelquefois près d'une couvée de Poulets, on le voit descendre inopinément dans une basse-cour, et enlever dans ses serres, malgré la pauvre mère accourue à la défense de ses poussins, un Poulet qu'il va dépecer au loin. Ce corsaire de la gent volatile accompagne quelquefois le chasseur, sans que ce dernier s'en doute; et, dès que le chasseur a touché un Oiseau, s'il n'est prompt à le relever, plus alerte que lui, le Caracara lui enlève son gibier avec une effronterie sans exemple L'Oiseau blessé par le chasseur est de suite achevé par le Caracara, qui pourtant n'attaquerait jamais le plus petit Oiseau plein de vie. Le voyageur a pu se croire entièrement seul au sein des vastes solitudes... erreur; des hôtes cachés l'y accompagnent. Qu'il suspende sa marche, et soudain il verra plusieurs Caracaras paraître aux environs, se percher sur les arbres voisins, ou attendre à peu de distance les restes de son repas Eux repus, et le voyageur endormi, plus de Caracaras jusqu'au lendemain... mais ils partent avec lui, le suivent toujours sans se montrer, et ne reparaîtront de nouveau qu'a sa halte prochaine. Met-on, enfin, le feu à la campagne, pour renouveler les pâturages, le Caracara, le premier, plane sur ce théâtre de destruction, et vient y saisir au passage tous les pauvres animaux qu'une fuite rapide allait dérober â leur perte. »

Les Caracaras se réunissent souvent pour poursuivre au vol le Catharle urubu. Ils semblent presque toujours deviner le moment où celui-ci vient de se repaître, car, aussitôt qu'il se voit poursuivi par eux, il dégorge immédiatement sa nourriture, dont ceux-ci s'emparent de suite.

Le nom de Caracara a été donné à cette espèce, type du genre, par imitation de son cri le plus habituel, qu'il pousse en renversant sa tète sur son dos, de manière à avoir son bec perpendiculaire pour en faciliter l'émission. Cet Oiseau prend alors la même pose que certains Échassiers, tels que les Cigognes et les Marabous lorsqu'ils font claquer les deux mandibules de leur bec l'une contre l'autre; et, il faut l'avouer, ce cri ne ressemble en rien â ceux des autres Oiseaux de proie.

DEUXIÈME FAMILLE. - BLTÉONLNÉS.

Les Butéoninés ont le bec recourbé dès la base; les ailes presque aussi longues que la queue; les jambes fortes; les tarses plus ou moins emplumés; les doigts robustes, surtout le pouce; l'intervalle entre l'œil et les narines couvert de poils.

Nous comprenons mieux le passage des Polyborinés aux Butéoninés qu'aux Aquilinés, comme l'ont fait Lesson et quelques autres ornithologistes. 11 est évident qu'il n'existe aucun lien de transition entre eux et les derniers, tandis que tout, dans l'organisation et surtout dans les habitudes, les rapproche des premiers. Les Butéoninés, par contre, conduisent aux Aquilinés de la manière la plus naturelle, ainsi qu'on le verra bientôt.

Cette famille ne renferme réellement que deux genres bien tranchés, quoique MM. Kaup et Charles Bonaparte en établissent sept !

1" C.ENRE. — BUSE. BUTEO. (Cuvier.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

lice court, large, courbe dès la base, à arête arrondie, comprimé sur les côtés, h bords mandï-

biliaires festonnés

Buse commune. fiulro euljor»».

l'I. IV.

Narines larges, ouvertes, arrondies, percées au milieu de la cire

Ailes très-longues, obtuses, atteignant presque l'extrémité de la queue.

Queue médiocre, arrondie.

Tarses allongés, robustes, écailles sur le devant dans toute leur longueur, de même que les doigts, et cachés, en partie, par i allongement des plumes du tibia; les doigts antérieurs unis entre eux par une membrane; le pouce aussi long que l'interne; tous deux vigoureux, armés deserres puissantes, crochues et acérées.

L'intervalle entre l'œil et les narines couvert de poils.

Fig. 56. — Buse commune.

Fi". 57. — Buse commune.

Ce genre se compose de vingt-huit espèces réparties dans les diverses contrées du globe, dont une seule, la Buse ordinaire (Buteo vulgaris, Bechstein), appartient à l'Europe et à la France.

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