‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 4 sur 62 · PREMIER SOUS -ORDRE. - ACCIPITRES DIURNES · texte numérisé non relu

PREMIER SOUS -ORDRE. - ACCIPITRES DIURNES

Ce qui les distingue, ce sont- les yeux placés sur les côtés de la lête; la base du bec enveloppée d'une membrane appelée cire, au milieu ou à la base de laquelle s'ouvrent les narines; les tarses souvent emplumés jusqu'à l'origine des doigts, mais jamais les doigts; un plumage rigide; les plumes parfaitement distinctes les unes des autres, et à barbules serrées, d'un aspect généralement mat, et de couleur noire, blanche, brune ou plus ou moins ocracée.

Presque tous chassent en plein jour; quelques-uns au crépuscule.

Bulïon présente les Oiseaux de proie diurnes dans l'ordre où il paraît concevoir leurs rapports naturels : les Aigles avant les Vautours, parce qu'ils sont plus généreux, moins bassement cruels; les Vautours ensuite, caractérisés par leur instinct de basse gourmandise et de voracité; puis les Milans, les Buses, les Eperviers, les Autours, oiseaux immondes, ignobles et lâches, comme les précédents; enfin les Faucons, essentiellement nobles dans le sens que Buffon donne à ce mot, c'est-àdire hardis et courageux; cependant il ne dit pas pourquoi il les place à la queue plutôt qu'à la tête de ses Oiseaux de proie diurnes.

Nous ferons remarquer combien ces mots, dont le sens est tout moral, noble, généreux, cruel, etc.. font naître d'idées fausses, lorsqu'on les applique aux animaux. En vain l'on prétexterait qu'ils n'ont été employés et ne doivent être pris que dans un sens figuré, que poétiquement; l'erreur qui en résulte n'en existerait pas moins, et, quoiqu'on en puisse dire, la poésie n'embellit l'erreur qu'aux yeux de ceux qui ne connaissent pas le charme de la vérité. Un sentiment de faveur ou de défaveur est intimement lié en nous à ces mots qui expriment des penchants pour lesquels nous avons de l'estime ou du mépris, et ce sentiment, nous le reportons sur les êtres que ces mots désignent. Or. rien ne serait plus faux que de haïr les Vautours parce qu'ils seraient bassement cruels; que de mépriser les Milans ou les Buses parce qu'on les croirait immondes et lâches; que d'estimer les Aigles et les Faucons parce qu'on jugerait que la noblesse est leur partage! Les uns comme les autres remplissent fatalement, sans liberté, le rôle qui leur a été imposé par la nature; ils travaillent au maintien de l'ordre et de l'harmonie sur notre terre, et cette tâche est assez belle. Au surplus, s'il fallait absolument se prononcer sur la part que ces Oiseaux prennent à l'économie de ce monde, sur l'utilité du rôle qu'ils y jouent, sur les services qu'ils rendent à l'homme, je ne sais si les Aigles et les Faucons l'emporteraient sur les Vautours ou les Buses.

Les ornithologistes modernes n'ont pas suivi Buffon dans leur classification des Oiseaux de proie diurnes. Depuis Linné, la plupart commencent la série par les Vautours, pour ne décrire qu'ensuite les Aigles, les Buses et les Faucons. Nous ne pourrions point indiquer les motifs de la préférence qu'on a accordée à cet ordre sur tout autre; car les Faucons et les Aigles nous paraissent avoir plus de droits à la prééminence que les Vautours: leur organisation est plus développée, et, destinés à vivre de chasse, à poursuivre une proie vivante, qui peut les fuir ou se défendre, ils ont été pourvus d'une intelligence qui semble devoir l'emporter sur celle d'Oiseaux qui, comme les Vautours, vivent de proie morte et ne combattent qu'entre eux. (FaÉDÉmc Cuvier.)

La plus grande taille des Oiseaux de proie diurnes est celle du Condor ou du Vautour brun, et la plus petite celle du Faucon moineau : les premiers ont une envergure de douze à quinze pieds, celle du dernier n'est que de dix pouces; et, entre ces limites, se trouvent tous les intermédiaires. On voit par là que le même système général d'organes est susceptible de tous les degrés de développement; et, dans tous les climats, près des pôles comme sous l'équateur, on rencontre des Oiseaux de proie de grande et de petite espèce.

Les proportions des différentes parties de ces Oiseaux annoncent leur force et leur légèreté. Tous ont le bec crochu propre à déchirer, un estomac simple et membraneux, de courts intestins et un

Vautour occipital, Vuliur occipitalis

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