‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 5 sur 62 · PI · texte numérisé non relu

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cœcuro rudimentaire; leur sternum sans échancrure présente aux muselés qui s'y attachent une large surface osseuse et une forte crête.

Ils nielient. selon les familles et les genres, dans les rochers, sur les arbres, au milieu des buissons et même à terre.

Il y a peu de familles d'oiseaux dont on connaisse autant d'espèces ovographiques que celles qui composent le sous-ordre des Rapaces diurnes. Et pourtant il serait difficile d'établir entre elles des catégories qui offrissent des rapports satisfaisants avec le classement méthodique adopté en ornithologie.

Ce qui est remarquable dans les oiseaux de ce sous-genre, c'est, à part la forme de leur œuf, qui ne varie que de la figure ovalaire à la figure ovée, et, dans un ou deux genres, à la ligure ovoïconique, l'unité constante de la couleur, qui, sous des nuances diverses de brun, en décore la coquille constamment d'un blanc légèrement bleuâtre.

Tout ce que, du reste, on peut dire d'une manière générale, c'est que cette couleur, toujours brune, mais variant du brun de bistre, à la terre de Sienne, souvent même à l'ocre rouge, est plus abondante chez les Caracaras, les Bondrées et le plus grand nombre des Faucons, et Test beaucoup moins chez tous les autres genres, dont quelques-uns n'en présentent souvent pas la moindre trace.

Les Hapaces diurnes se subdivisent en trois tribus : Vulturidés, Serpentaridés et Falconidés

PREMIERE TRIBU. — VULTURIDES.

Les Vulturidés ou Vautourins ont pour caractères :

Bec recourbé seulement à l'extrémité, droit à partir de sa base; tête et col nus, tantôt recou verts de membranes charnues ou caroncules plus ou moins développées, tantôt seulement d'un léger duvet, rarement de véritables plumes; ongles faibles, peu crochus ou à pointe mousse; queue courir, le plus souvent dépassée par l'allongement des ailes.

Ils recherchent plus ordinairement les bêtes mortes que celles vivantes : cette habitude, presque constante, leur donne même une odeur infecte. Ils se servent plus du bec que de leurs serres, véritablement réduites à de simples ongles chez la plupart, pour dépecer leur proie, qu'ils déchirent toujours en la maintenant à terre avec leurs pattes.

Il résulte de cette habitude de se nourrir de chairs mortes et en putréfaction, qu'ils accomplissent, au profit de l'homme, une véritable mission providentielle, celle de purger les lieux habités, surtout dans les régions tropicales, des immondices et des matières impures qui, sans.leur secours, rendraient l'air pestilentiel; car, tout en fréquentant, dans leur locomotion aérienne, les zones les plus élevées, ils ne sont nulle part plus abondants ni plus nombreux que dans les pays chauds.

Ils ont des représentants dans l'ancien et le nouveau continent; mais ils n'en ont aucun dans l'Australie.

Ils vivent généralement en troupes et par bandes.

Si les Aigles se nourrissent de proie vivante, attaquent leur victime avec impétuosité, la déchirent et la dévorent toute palpitante, et, confiants par instinct dans leur force, ne paraissent connaître que très-faiblement le sentiment de la crainte, les Vautours, au contraire, ne se nourrissent, que de proie morte; quelques espèces, mais seulement quand elles sont poussées par la faim, attaquent les animaux les plus faibles, et toutes fuient à la moindre apparence de danger. Ces différences de mœurs, associées dans notre esprit aux différences de physionomie qui caractérisent les Oiseaux de ces deux familles, font que les Aigles sont généralement devenus pour nous les emblèmes de la force et du courage, tandis que les Vautours ne nous représentent que la faiblesse et la lâcheté. Les Aigles, il est vrai, sont portés par leur instinct à attaquer les animaux vivants qui pourraient se défendre; mais ils sont tellement supérieurs à ces animaux par leur force, ils courent si peu de dangers dans la lutte, que quelquefois ils peuvent avoir à soutenir, même quand ces dangers existeraient, ils sont si peu capables de les prévoir, ef, s'ils les connaissent, si peu portés à les braver, que

•If. HISTOIRE NATURELLE.

jamais estime ne fut plus injustement acquise que celle que nous leur accordons. Il est également vrai que les Vautours vivent au milieu de tous les autres Oiseaux sans jamais les attaquer; mais c'est par instinct qu'ils le font, parce qu'ils n'ont aucun goût pour la chair vivante, et que c'est de la chair morte surtout qu'il leur faut. Il n'y a donc pas plus de lâcheté au Vautour brun, au Condor, au Lemmergeyer, qui sont des oiseaux de dix à quinze pieds d'envergure, à ne pas attaquer un Merle ou un Lapin, qu'il n'y a de courage à un Aigle royal ou à une Harpie, armés de leur bec crochu et de leurs griffes acérées, à se jeter sur ces animaux. Les uns et les autres obéissent à leur nature. Ils remplissent aveuglément leur destinée; et les sentiments qui les animent ne ressemblent pas plus à ceux que nous éprouvons, lorsque nous bravons ou que nous fuyons un danger dont nous avons apprécié l'étendue, que leurs facultés morales et intellectuelles ne ressemblent aux nôtres. (Fbédébic Cuvieii.)

La destinée des Vautours est une des plus importantes qu'il soit donné aux Oiseaux de remplir; ils contribuent puissamment à débarrasser la terre des cadavres qui l'empuanteraient et qui pourraient la rendre inhabitable partout où la main de l'homme ne viendrait pas suppléer la nature.

Un des besoins les plus pressants des sociétés humaines, c'est de se soustraire aux émanations que répandent, en se décomposant, les corps morts des hommes et des animaux, d'éloigner de la vue le triste spectacle de ces êtres sans vie prêts à vicier l'air de leur infecte odeur. Eh bien ! ce besoin ne paraît pas être moins impérieux pour la nature que pour l'espèce humaine; rien n'est plus merveilleux que les moyens qu'elle a mis en usage pour le satisfaire, que la variété de secours qu'elle a su tirer de ses œuvres pour atteindre ce but. que la prévoyance qui dans cette vue l'a dirigée lorsqu'elle les créa. Un animal n'a pas plutôt cessé de vivre qu'à l'instant arrivent de toutes parts des milliers d'autres animaux pour le dévorer, des Insectes de tout ordre, des Oiseaux de tous genres, et enfin des Mammifères de plusieurs espèces; mais, de tous ces animaux, c'est sur les Vautours que la nature semble avoir le plus compté, surtout dans les pays chauds; car, avertis de trèfloin de l'existence d'un cadavre, par leur vue ou par leur odorat, et vivant en troupes, ils arrivent promptement et en grand nombre à la place qu'il occupe. On ne s'étonnera donc pas de la protection que ces animaux ont trouvée chez tons les peuples: ils furent déifiés chez les Égyptiens; plusieurs nations punissent encore leur mort comme un crime, et partout ils vivent familièrement au milieu des hommes, qui leur rendent en bienveillance ce qu'ils en reçoivent en utilité. (Frédéric Cuvier.)

On est dans l'habitude d'attribuer la sphéricité comme caractère ovologique principal commun A tous les Rapaces diurnes. C'est une erreur quant à l'œuf des Vulturinés, dont les caractères généraux sont les suivants :

Forme plus constamment ovalaire, parfois ovée; coquille d'un grain épais, dur et rude au toucher, blanche et légèrement bleuâtre, surtout dans la transparence de son épaisseur, irrégulièrement poreuse, quoique unie, mate et sans reflet; couleur d'un blanc très-légèrement bleuâtre, qui est celui de la matière calcaire même; tantôt unie et sans taches, tantôt clair-semée, surtout au gios bout, de taches de brun de Sienne, généralement dessinées en forme de points plus ou moins arrondis; souvent recouveits irrégulièrement de larges taches de cette couleur.

Cette tribu comprend trois familles :

1" Les Vulturinés;

2° Les Sarcoramphinés;

3° Les Gypaétinés.

Vii.iluur orieoti Otog;/pi auriculans

PREMIÈRE FAMILLE. — VULTURINES.

Les Oiseaux de cette famille ont le bec long, vigoureux, légèrement comprimé sur les côtés, arrondi transversalement dans son milieu, et recourbé seulement à son extrémité; la base du bec enveloppée d'une cire recouvrant la moitié ou les deux tiers de sa longueur; les narines percées latéralement dans cette cire, et généralement découvertes; les ailes allongées, de même que leurs grandes couvertures; les jambes robustes, écaillées sur le devant du tarse, qui est de même longueur que le doigt médian; les deux latéraux beaucoup plus courts et égaux entre eux; le pouce articulé avec le tarse sur le même plan d'insertion que les doigts antérieurs; les ongles faibles; le cou garni, à sa base, d'une espèce de fraise ou collerette composée tantôt de plumes allongées et lancéolées, tantôt seulement d'un épais duvet dans lequel, à l'état de repos, le cou peut rentrer et se replier à volonté jusqu'à la tête exclusivement.

Quatre genres composent cette famille.

1" GENRE. — VAUTOUR. VULTVR. (Linné.)

CARACTERES GENERIQUES.

Bec qros cl fort, droit et élevé h la base, comprimé et aplati sur les côtés, recourbé à la pointe. Narines percées dans la cire, nues et arrondies.

Ailes longues, obtuses, la première rémige la plus courte, les troisième et quatrième les plus longues; les grandes couvertures s' étendant jusqu'aux deux tiers de leur longueur.

Fi;;- 28. — Vautour arrian.

Queue médiocre, et plutôt courte, arrondie: la tige de chacune des rectriecs qui la composent, robuste, et dépassant presque toujours les barbules latérales, en forme de piquants.

Jambes emplumécs jusqu'au genou; tarse plus court que le doigt médian, qui est soudé à sa base, par une membrane, aux latéraux beaucoup plus courts et égaux entre eux; ces derniers reçoit*

verts de quatre à cinq squamelles dans toute leur longueur, le premier n'en portant que quatre à son extrémité; le surplus recouvert irrégulièrement d'écaillés octogones cl rugueuses; ongles légèrement recourbés, robustes et aigus, principalement au doigt interne et au pouce.

Tète couverte d'un rare duvet, l'occiput généralement plus garni, et ce duvet y formant, au sommet, comme une espèce de petite huppe ou crête transversale.

Les espèces de ce genre sont répandues en Europe, en Asie et en Afrique, et se trouvent représentées, dans la première de ces contrées et en France, par le Vautour arrian (Vuliur monachus, Linné).

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