CHOUETTE LAPONE. ULULA CINEREA (Cli Bonaparte
La Chouette lapone a la tète très-grande, la face large, toute couverte de longues plumes, d'un gris pur, rayées de bandes brunes; un large cercle de plumes noirâtres encadre la face. Toutes les parties supérieures, les ailes et la queue, sont d'un gris pur, marqué de beaucoup de taches et de nombreux zigzags d'un brun terne; les rémiges et les pennes de la queue portent de larges bandes d'un brun terne et d'un brun plus foncé en zigzag; les parties inférieures sont irrégulièrement marquées de mèches brunes sur un fond blanchâtre; les cuisses, l'abdomen, les couvertures inférieures de la queue et les plumes des tarses et des doigts sont rayés transversalement de zigzags blancs et bruns; le bec est jaune, et presque entièrement caché dans les plumes de la face, et les pieds sont emplumés jusqu'aux ongles.
Fig l'JS. — Chouette laudne.
Cette espèce est la plus grande de toutes les Chouettes connues; elle vit, dit-on, dans les climats les plus septentrionaux de l'Europe, et plus certainement aussi de l'Amérique. On ne connaît rien encore des habitudes de cet Oiseau, dont l'apparition dans les contrées civilisées du nord de I Europe est exlraordinairemcnt rare. (Temminck.)
1,1. uni Dur [If \ irillim- Sln.i- I nijintthi,.
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5"' GENRE. - NYCTALE. NYCTALE. (Brehm.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec petit, à moitié caché dans les plumes du disque, à arête recourbée dès la base jusqu'à la pointe, qui est crochue, comprimé sur les côtes.
Narines petites, transversales, marginales cl de forme oculaire.
Ailes médiocres, arrondies, à troisième et quatrième rémiges les plus lonques.
Queue ussez longue et arrondie.
Tarses courts, de la longueur du doigt médian, recourais de plumes épaisses, de même que les doigts, qui sont emplnmés jusqu'aux ongles; ceux-ci minces, arqués et aigus.
La tête est grosse, le disque facial assez large et presque complet.
Fi». 199. — Nyctale Tenpnmlm.
Fig.SOO. — Nyctale Tensmalm
Ce genre compte six espèces, de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique septentrionale. Nous figurons l'unique espèce d'Europe, la Nyctale funèbre (Strix [Nyctale] funerea. Linné), connue plus communément sous le nom de Chouette de Tengnialm, et qui a CT.'Jl de taille.
Ces espèces se tiennent habituellement dans les bois, principalement dans ceux de sapins, où elles nichent : leur ponte est de deux ou trois œufs; ceux de l'espèce européenne ont 0m,036 de grand diamètre, et 0m,025 de petit diamètre
CHOUETTE TESGJIALM. NYCTAIB TBNGMAim. (Cli. Bonaparte.)
Cette espèce, connue aussi sous le nom de Chevêche a pieds emplnmés, a les parties supérieures d'un roux brun nuancé de noirâtre, avec des taches blanches, comme chez la Chevêche, arrondies à la tète et au cou, moins nombreuses, plus grandes et moins régulières sur le corps; les parties inférieures sont d'un blanc tacheté, longitudinalemenl, de roux-brun; tarses et doigts blancs; face cendrée, nuancée de blanchâtre, avec la collerette brun roussâtre et blanche; ailes pareilles au manteau, tachetées de blanc; les taches des rémiges en raies transversales; queue de même couleur, avec quatre raies transversales blanches, interrompues au centre des plumes; bec nuancé de jaune et de noir; iris jaune brillant.
La femelle est plus forte que le maie; d'un brun grisâtre en dessus, avec, plus de taches blanches à la tête, au cou, sur les seapulaires les plus externes et aux ailes; d'un blanc pur, et plus étendu en dessous, avec des taches longitudinales moins nombreuses et d'un brun roux; une tache nuire entre le bec et l'œil.
La Chouette Tengmalm jeune est d'un brun roux en dessus, avec les taches d'un blanc moins pur; blanche en dessous, marquée de taches longitudinales d'un roux assez vif, moins nombreuses au basventre et aux sous-caudales, formant au bas du cou une sorte de demi-collier varié de blanc: face blanchâtre, nuancée de brunâtre à l'extrémité des plumes sétacées, avec le tour des yeux noir; tarses et doigts blanc sale, varié de roussâtre (Degland.)
Fi". 201. — Chouelte Tengmalm.
Cette espèce se trouve dans le nord de l'Europe, quelquefois en Suisse, dans les Vosges, le Dauphiné, et plus rarement en Lorraine; elle se nourrit de petits Mammifères, d'Oiseaux et d'Insectes.
QUATRIÈME FAMILLE. — STRIGINES.
Les Striginés ont la tète arrondie, sans aigrettes, le disque facial très-marqué, complet, presque triangulaire par son rétrécissement au-dessous du menton; la conque auditive évasée, munie d'un large opercule; les jambes grêles, entièrement ou à demi emplumées, les doigts nus.
Pendant longtemps cette famille n'a reposé que sur un genre unique, le genre Effraye [Strix, Linné), lorsque M. Isidore Geoffroy Saint-llilaire établit un deuxième genre pour une espèce de Java, sous le nom de Phodile (Plwdilus), genre toujours maintenu depuis. Nous croyons qu'un troisième genre est encore à établir, dans cette famille, pour des espèces auxquelles on n'a pas assez fait attention et dont le tarse est à demi emplumé, et la queue plus longue : nous donnerons à ce genre nouveau le nom de Slrigijmnliêmipe.
I" GENRE — EFFRAYE. STRIX. (Linné.)
Bec long, droil à la base, comprime latéralement, recourbé li la pointe, qui est crochue, h bords laudibulaires presque droits, il moitié caché dans les plumes du disque.
Narines larges, en partie recouvertes d'une membrane operculaire, à demi cachées pur les plumes ou poils île la Imse du bec. linéaires on longitudinales et parallèles à lu direction de cci organe.
Fig. 202. — Effraye flambée.
Ailes allongées, les deuxième el troisième rémiges les plus grandes.
Queue très-courte et ample.
Tarses beaucoup plus longs que le doigt médian, minces, comprimés, couverts de plumes duveteuses dans tonte leur étendue jusqu'à la naissance des doigts: ceux-ci longs, garnis de poils rares, réticulés et recouverts d'écaillés ou squamelles allant en augmentant jusqu'à l'origine des ongles. qui sont fortement arqués, tranchants, aigus et cannelés inférieurement des deux côtés de leur surface.
Le cercle de plumes sétacées île la face ou disque facial énormément développé, mais fortement cchiinrré dans sa partie supérieure.
Fig. 203. — Effraye flambée
Ce genre renferme dix espèces cosmopolites, dont une seule d'Europe, que nous figurons, l'Effraye flambée (Strix flammea, Linné), de 0ra,56.
Les Effrayes se rapprochent presque toujours des lieux habités, tout en ne se logeant que de la manière la moins accessible. Le plus ordinairement c'est dans les trous de rochers, de murs et de vieilles masures, souvent aussi dans les vieilles tours et les clochers qu'elles se retirent pour pondre, mais sans jamais faire de nids. Celles d'Europe s'emparent fréquemment des trous dont les Martinets font leur retraite, pendant leur séjour dans nos latitudes, et elles en détruisent un grand nombre.
sans que ceux-ci s'éloignent de ce dangereux voisinage. Les Effrayes font leur nourriture d'Oiseaux, mais surtout de petits Rongeurs, tels que Mulots, Loirs et Souris.
Elles pondent de trois à quatre œufs, dont la l'orme s'éloigne de celle si remarquablement globulaire de tous les œufs d'Accipitres nocturnes.
Ainsi les œufs de celte famille, si distincte de toutes les autres familles d'Accipitres nocturnes, se ressentent de cette différence de formes et de caractères : car les mêmes raisons de différences se retrouvent parfaitement établies dans les caractères ovologiques de cette famille. La forme en est exactement ovée : ceux de l'espèce d'Europe mesurent 0"',0i0 1/2 de grand diamètre, et Un',OÔI de petit diamètre.
CIIOUETTI'; KKFRAYE. STItlX H.AMMIiA. [Uauù]
L'Effraye a les parties supérieures d'un fauve très-clair, variées de lignes grises et brunes en zigzag, et parsemées d'une multitude de petits points blanchâtres; face et gorge blanches ; parties inférieures d'un blanc roussâtre ou d'un blanc éclatant, marqué depetits points brunâtres ou sans la moindre apparence de taches; tarses et doigts couverts d'un duvet très-court, plus rare sur les derniers; iris jaune.
La femelle a les teintes plus claires et mieux prononcées.
Cet Oiseau, très-commun en Europe, en Asie, et dans l'Amérique du Nord, habite les vieilles masures, les tours des églises et les grandes forêts de sapins, et se nourrit de petits Mammifères et d'Insectes. (Tebmikck.)
L'Effraye, qu'on appelle communément la Chouette des clochers, effraye en effet par ses cris acres et lugubres et sa voix entrecoupée, qu'elle fait souvent entendre dans le silence de-la nuit. Elle est pour ainsi dire domestique, et habite au milieu des villes les mieux peuplées. Les tours, les clochers, les toits des églises et des autres bâtiments élevés, lui servent de retraite pendant le jour, et elle en sort à l'heure du crépuscule. Son soufllement, qu'elle réitère sans cesse, ressemble à celui d'un homme qui dort la bouche ouverte; elle pousse aussi, en volant et en se reposant, différents sons aigus, tous si désagréables, que cela, joint à l'idée du voisinage des cimetières et des églises, et encore à l'obscurité de la nuit, inspire de l'horreur et de la crainte aux enfants, aux femmes, et même aux hommes soumis aux mêmes préjugés, et qui croient aux revenants, aux sorciers, etc.; ils regardent l'Effraye comme l'Oiseau funèbre, comme le messager de la mort; ils croient que, quand il se fixe sur une maison, et qu'il y fait retentir une voix différente de ses cris ordinaires, c'est pour appeler quelqu'un au cimetière. (Ruffon.)
Kig. 204.— Cliuueltt; effraye
V™ GENRE. — PHOD1LE. PHODILUS. (I. Geoffroy Saint-Hilaire.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec médiocre, en partie caché par les poils de la base mandibulaire, plus court une dans le genre précédent, à arête recourbée jusqu'à ta pointe, (/ni est crochue et aiguë, comprimé sur les côtés. Narines percées à la base du bec, oculaires.
Ailes arrondies, à quatrième, cinquième et sixième rémiges les plus longues. Queue courte et arrondie.
Fia ■J0."> — ËITraye Calong
Tarses courts, aussi longs que le doigt médian, recourais de plumes duveteuses jusque près de l'origine des doigts : ceux ci nus. sans plumes ni poils, réticulés, et recouverts en dessus, dans toute leur longueur, d'une série d' écailles allant en augmentant de grandeur jusqu'aux ongles, qui sont longs, robustes, fortement recourbés, cannelés en-dessous et acérés.
Le disque facial ne s' élevant que jusqu'à la hauteur de la paupière supérieure ou du sourcil, etpar conséquent de moitié moins développé que celui des Effrayes proprement dites, et qui donne au l'hodile un aspect tout étrange. En outre, l'angle interne de l'œil est garni de poils longs et durs, presque cornés, s' étendant en avant sur toute la longueur du bec, contre lequel ils se resserrent et s'appliquent.
Kic 206. — ËITraye Calons;.
Ce genre a été élabli sur une seule espèce de Java. l'Effraye Calong (Stria; [Plwililus] badin . Horsfield), que nous figurons. Taille O'","^.
HISTOII'.E NATURELLE.
Elle habite, dit Horsfîeld (1), les forêts des districts de Puger et de Surakarta, dans l*ile de •lava, où elle est peu connue. Son habitation favorite, loin des demeures et des villages, est toujours dans l'intérieur des forêts les plus touffues, dont elle abandonne rarement l'ombrage protecteur.
Kig. '207 — Effraye Calong Phodilus badiu\
On croit qu'elle préfère à toute autre demeure le repaire du Tigre royal, et le peuple, prétend qu'elle approche impunément de cet animal de la même manière que le Martin-Jalla (Paslor Jalla) se pose sans crainte sur le dus des Buffles.
7>™ GENRE. - STRIGYMNHÉMIPE. STBIGYMNHEMIPUS.
Srpi-jç, Chouette. Effraye; -pp-vo; , nu, r,u.i, demi; ~ou; pied.
CARACTERES GENERIQUES.
Bec fort, crochu, engagé en grande partie dans les plumes du disque.
Narines ovalaires, légèrement cachées par les poils de la base mandibulaire.
Ailes longues, atteignant les trois quarts de la queue.
Queue longue, fourchue ou arrondie.
Tarses très-longs, revêtus de duvet seulement à claire-voie, dans leur première moitié supérieure, et totalement nus et réticulés dans le surplus jusqu'aux doigts qui sont également nus. réli culés et à peine parsemés de quelques poils; ils portent île plus trois fortes squamclles à leur extrémité près des ongles, qui sont forts, crochus et acérés.
I Zool li< s in Java
Ce genre n'est établi que sur deux espèces, l'une du Mexique et des Antilles, le Strigymnhémipe perlé (Strix [Strigunmhemipus] perlata, Lichtenstein), de 0m,39, et le Strigymnhémipe de Java (Sirix [Strigynmheniipus] Javanica, Gmelin).
Les mœurs îles espèces de ce genre sont les mêmes que celles des genres précédents; seulement, et selon les lieux qu'elles fréquentent, ces espèces paraîtraient se nourrir parfois de Crustacés
Fin. 20S. — Sti'iyyiiuihûniipe de Juvj.
IIISTOIhK NATIIItKLLK.
â/mi
l'in. >2(IH petit ||M(. Scôpx.
Fia;. '21(1 — Moyen Duc. Strix olus
Fig. I — Callocéplial à casque, d'après Gould.
Fig. 2. — Plalycerque couleur de feu, d'après Gould.
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DEUXIÈME ORDRE. - GRIMPEURS ou ZYGODACTYLE!
/.;-".:. |iaue: oaxTuXo:, doigt.
Les Grimpeurs ont souvent été rangés au nombre des Passereaux. Linné divisait ceux ci en deux classes, dont une était placée immédiatement à la suite des Accipitres, sous le nom de Pics (l'iac), et l'autre à la lin de toute la série ornilhologique, sous le nom de Passereaux (Passeras). Il mettait les Grimpeurs dans la première classe, et à titre de deuxième sous-classe. Lacepède et Illiger, d'après lui, les plaçaient en tête de tous les Oiseaux; Huméril, Cuvier, Latreille et de Dlaiuville en formaient leur troisième ordre; seulement ce dernier détachait des vrais Grimpeurs les Psittacidés, qu'il mettait avant les Accipitres, et en tête, ce que vient de faire encore tout récemment M. Charles Bonaparte.
Vieillot, nommant les Passereaux Sylvains, faisait des Grimpeurs son deuxième ordre, sous le nom de Zygodactyi.es, division que conservait Lesson, en leur restituant le nom de Grimpeurs. Enfin, H. Temminck, imite par M. G. R. Gray, maintenant la même dénomination, et en faisant son ein-
Fis.'211. — Chalcoptitta rubigiitosa.
quième ordre, les niellait lotit à la fin des Passereaux
Au milieu de la complication de ces nombreux systèmes, le seul qui rentre dans notre manière de voir étant le système de Vieillot, c'est celui que mms suivrons, en conservant à l'ordre la dénomination de Zvgodactïles qu'il lui a donnée le premier