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munie de suies nombreuses parallèles entre elles, et dont la forme est celle d'un V on d'un chevron, dont la pointe est en avant, stries dont l'usage paraît être de rendre moins glissante cette surface, sur laquelle les aliments sont appuyés, lorsque la mandibule inférieure les divise: celle-ci, courte et même ne joignant quelquefois que la base de la supérieure et ne pouvant fermer le bec entièrement, est arrondie ou proclive, très-légèrement comprimée, un peu tranchante à son bout, qui seul est employé à la division des aliments Ces deux parties du bec, généralement formées d'une corne très-dure et très-épaisse, sont mises en action par des muscles plus nombreux que chez les autres Oiseaux.
Fie. 217 et 218 — Platycercus iplendidu». [Mâle et femelle
Leurs tarses sont en général courts, trapus, à peau écailleuse, de même que les doigts.
Leur tète volumineuse et la forme de leur bec, ainsi qu'on vieni de le voir, les rapprochent éminemment des Rapaces nocturnes, de même que la versatilité si remarquable <J^i doigt externe de ces derniers les lie assez intimement a ce sous-ordre de Grimpeurs.
Les yeux sont placés latéralement et à fleur de tête. Une particularité propre aux Zygodactyles préhenseurs, et rappelée par Desmarest, c'est, dit-il, de pouvoir plus ou moins contracter leur pupille, indépendamment de l'action de la lumière, lorsqu'ils portent leur attention sur quelque objet, lorsqu'ils éprouvent quelque mouvement intérieur subit, tel que la peur ou la colère, ou même quand ils jouent.
Ce sont, à une ou deux exceptions près, des Oiseaux éminemment diurnes.
Leurs ailes sont courtes et dépassent rarement la moitié de leur queue, ce qui n'est qu'une brièveté relative, car leur type de configuration les rapproche assez de celui des ailes des Accipitres; et parmi les Zygodactyles, il en est qui se transportent à de grandes distances, et, qui, une fois élevés dans l'air, s'y soutiennent assez longtemps.
I»ans ces animaux, le sternum, considéré en général, est étroit, allongé, ou beaucoup plus long que large, et convexe dans les deux sens; la fosse sous-clavière est petite, assez profonde; la fosse pectorale est, au contraire, très-grande, puisqu'elle occupe la plus grande partie de chaque portion latérale du sternum et de sa crête, en se prolongeant jusqu'à l'extrémité.
La crête sternale est très-haute; son bord inférieur est légèrement convexe; l'antérieur, concave dans la moitié supérieure seulement, est convexe dans l'autre; son angle est fort arrondi, lô 20
Le bord antérieur du sternum a son apophyse médiane peu saillante, triquètre, transverse, et comme tronquée à son extrémité; les apophyses latérales nulles.
Le bord postérieur, concave ou arrondi, est quelquefois entier; d'autres fois il offre, de chaque côté, un petit trou ovalaire ou une échancrure peu profonde.
Le bord costal est presque droit, ou légèrement excavé; il est presque aussi long que la ligne médiane du sternum; la portion articulaire commence avant la fosse sous-clavière, et finit au delà de la moitié de la longueur totale.
Le nombre des côtes est de six sternales et de deux asternales, l'une antérieure et l'autre postérieure.
La clavicule est courte, représente les deux tiers du sternum environ, mais elle est assez forte ; il y a une petite apophyse au côté externe de sa base.
L'os furculaire est faible, médiocrement ouvert, légèrement concave en avant; ce qui est le contraire de ce qui a lieu dans la plupart des Oiseaux; assez éloignée de toucher au sternum, chaque branche est comprimée d'avant en arrière. Il n'y a pas d'appendice à l'endroit de la symphyse.
Les variations que l'on peut trouver dans le bord postérieur du sternum paraissent le résultat de l'âge. (De Blaihviixe.)
Mais ce qui dislingue par-dessus tout les Oiseaux de ce sous-ordre de celui des Grimpeurs proprement dits, et ce qui leur a valu le nom de Préhenseurs, c'est la manière dont ils se servent de leurs pattes et de leur bec, soit pour manger, soit pour marcher.
Ainsi, veulent-ils attaquer un noyau ou un corps dur analogue, renfermant une pulpe ou une amande, dit M. Gerbes (1), ils se servent très-adroitement d'un de leurs pieds, soit pour faire prendre au corps saisi par le bec une position convenable, surtout lorsque ce corps a un certain volume, soit pour retenir la masse alimentaire pendant qu'ils triturent le fragment qu'ils viennent d'en détacher; alors, posés sur un seul pied , l'autre leur tient lieu de main, ils l'avancent à l'aide du bec, le retirent, le ramènent de nouveau avec une adresse et une facilité admirables, et de manière à ce que l'objet saisi se présente de côté, pour que le bec puisse le déchirer plus facilement Lorsque l'aliment est trop petit, l'un des pieds devenant inutile, les mandibules seules fonctionnent.
Fi™ 219 et 220 — Triclinijlossiis chlorolepidotvs. (Mâle et femelle.)
Les Perroquets, sans être des Oiseaux éminemment grimpeurs, ainsi qu'on le dit communément. par suite d'une fausse habitude, n'en sont pas moins les plus mauvais marcheurs de tous les Oi-
'1) Dictionnaire Pittoresque d'Histoire naturelle
seaux, à part quelques familles à tarses un peu plus développés. On ne peut mieux, sous le rapport de cette imperfection, les comparer qu'aux Quadrumanes, ou Singes, comme l'a fait de Blainville. Lorsque les Perroquets marchent à terre, c'est avec une lenteur qui est due au mouvement de balancement de leur corps, occasionné par la brièveté et l'écartement de leurs pattes, dont la base de sustentation est fort large. Il leur arrive alors de poser très-fréquemment à terre la pointe ou le dessus de leur bec, qui leur sert de point d'appui, mouvement exactement analogue à celui que font les Singes eu s'appuvant, quand ils marchent verticalement, sur leurs doigts ou sur le revers de leurs mains antérieures. Quand ils grimpent, le crochet que forme leur bec leur est encore trèsutile, et souvent aussi, quand ils tiennent quelque objet dans ce bec, ils s'appuient sur les branches par le dessous de leur mandibule inférieure. Quand ils descendent, ils se soutiennent sur celle de dessus. (|Ii'.smmu:st.|
h'ig. 221 et 222 — Cacatun Leadbeaten (.Mâle el femelle.]
. Les Psitlacidés, en général, se posent rarement à terre, où ils ont peu d'avantage, à cause de la conformation de leurs pattes; mais ils se perchent sur les arbres, où. ils passent les nuits réunis en grand nombre; au lever de l'aurore, ils poussent tous ensemble des cris aigus et perçants, car les Psitlacidés ont, en général, la voix haute, forte et aigre; ils prennent ensuite leur vol en commun pour chercher les aliments qui leur conviennent, et, vers les neuf à dix heures, quand la chaleur devient forte, ils regagnent les arbres touffus, et passent sur leurs branches, à l'ombre de leur feuillage, les heures de la plus forte chaleur. On en voit qui jouent, se tenant suspendus aux branches par le bec ou par les pieds. Quelques heures avant le coucher du soleil, ils retournent en bandes aux endroits où ils trouvent l'espèce de nourriture qui leur convient le mieux. (Maudiiyt.)
Au total, les Oiseaux de ce sous-ordre varient de forme et de faciès à l'infini; les uns par le dé veloppement de leur tête, l'épaisseur de leur corps, la brièveté de leur cou et de leur queue, ayant l'aspect on ne peut plus lourd et plus disgracieux; les autres, au contraire, par l'allongement de plusieurs de ces diverses parties, surtout des ailes et de la queue, offrant, comme le dit M. Gerbes, un véritable type de (inesse et d'élégance. Ce sont, parmi les Oiseaux privés de reflets métalliques, ceux dont le plumage revêt les plus éclatantes couleurs, qui ne varient, à très-peu d'exceptions près, que du vert au bleu, et du jaune au rouge; mais, en général, si bien et si agréablement distribuées, que, pour exprimer leur incroyable variété, ainsi que le brillant de leurs couleurs, et toute
leur beauté, il faudrait quitter la plume et prendre le pinceau. Et cependant leur système de plumage est le même que celui des Accipitres diurnes, en ce sens que leurs plumes sont rigides et parfaitement distinctes les unes des autres, et que leur peau est recouverte, au-dessous de ces plumes, d'un duvet presque aussi dense que celui de ces derniers Oiseaux.
Lrr-TRE
Fig. 225. — Trichoglossus pustîlus.
Les Psittacidés sont, en général, d'une forme pleine et massive; ils ont la tète grosse; leur bec, quoique très-crochu et beaucoup plus gros que ne l'est celui des Oiseaux de proie, n'est cependant pas propre à entamer et à déchirer; sa pointe est obtuse; les deux mandibules sont mobiles; l'inférieure est beaucoup plus courte que la supérieure, dont la courbure la couvre en partie; elle est évasée, d'une forme, demi-circulaire, tranchante sur les bords, et son articulation est telle qu'elle peut s'avancer et reculer sous la supérieure d'environ deux lignes, suivant le besoin et la volonté de l'Oiseau; leurs jambes sont courtes; leurs doigts gros et longs; les ongles peu courbés, et souvent obtus; leur langue est épaisse, large et arrondie-. (Mauduït.)
Les Zygodactyles préhenseurs, tels que nous les comprenons, ne forment qu'une tribu parfaitement homogène, sous le nom de Psittacidés ou Perroquets.
TRIBU l 'NIQUE. - PSITTACIDES.
Caractères et habitudes du sous ordre.
Les Psittacidés sont monogames; ils vivent et voyagent en troupes plus ou moins nombreuses. Ils possèdent à un suprême degré l'instinct d'imitation de tous les bruits et de tous les sons que lerçoit leur oreille. Mais cet instinct, que par une habitude pour ainsi dire traditionnelle on a appli-
que à toute la tribu et par trop généralisé, n'appartient véritablement qu'à une seule famille, dont nous aurons occasion de parler. Cette facilité, du reste, s'explique par la complication de structure de leur larynx inférieur, qui est garni, de chaque côté, de trois muscles spéciaux, par la mobilité et la force de leur langue, ainsi que parla forme arrondie de la cavité de leur bec.
Une singularité de l'organisation de ces Oiseaux est la poussière blanche et comme farineuse qui recouvre toutes les parties de leur peau, celles qui sont dénudées et a découvert comme celles qui sont garnies et revêtues de plumes. Cette poussière dont l'origine véritable ou l'utilité réelle, quant à l'économie purement animale, paraissent encore inconnues, semble être une production de l'épidémie.
Celle tribu est, parmi les groupes ornilhologiques naturels, une de celles qui ont le plus varié, dans leur composition et leur distribution méthodiques; ce qui tient autant à la multiplicité des espèces qu'au grand nombre de celles qui ont été successivement découvertes, depuis un quart de siècle surtout.
Linné, Frisch, Scopoli, Brisson, comprenaient, sous la dénomination générique de Perroquets, tous les types de ce groupe, si différenciés qu'ils fussent.
Buffon, fidèle a son système de comparaison des produits zoologiques de l'ancien continent à ceux du nouveau, les a divisés, comme il l'avait fait pour les Singes, en Perroquets de l'ancien continent et en Perroquets du nouveau continent, subdivisant sa première section en cinq familles, à savoir, ainsi qu'il le dit lui-même (1) : les Kakatoès, les Perroquets proprement dits, les Loris, les Perruches à longue queue et les Perruches à queue courte; et sa seconde section en six autres familles, à savoir : les Aras, les Amazones, les Cnks, les Papegais, les Perruches à queue longue, et, enfin, les Perruches à queue courte.
l'j.r 2'24 — Perroquet à ilos bleu.
Latham et l.acépède. sans faire acception de leur distribution géographique, en formaient également deux sections, d'après les seules considérations tirées de la forme de la queue, et selon qu'elle Était égale ou élagée.
(i) Histoire naturelle des Oiseaux.
Le Vaillant, imité par G. Cnvier, les divisait en quatre groupes : Aras, Kakatoès, Perroquets et Perruehes, celles-ci subdivisées, par le premier, en Perruches aras, Perruches proprement dites, Perruches à queue en flèche et Perruches à large queue. Seulement, il y ajoutait deux groupes nouveaux, un pour l'Ara à trompe (devenu le genre Microglosse de Geoffroy Saint-Hilaire) et un pour la Perruche à longues jambes ou ingambe, dont llliger faisait plus tard le type de son genre Pezoporus.
llliger n'en formait que deux groupes : Perroquets (Psittacus) et Pézopore (Pczoporus);
Vieillot, trois genres principaux : Perroquets, Aras, qu'il nommait Macrocercus, et Kakatoès.
Kuhl, un de ceux qui ont jeté le plus de jour dans la distribution méthodique des Psittacidés, formait deux groupes des espèces dont il traitait, selon qu'il les avait vues en nature (et il en comptait deux cent neuf!), et selon qu'il ne les avait pas vues ou que leur existence lui paraissait douteuse; puis il partageait le premier de ces groupes en six divisions :
1" Ara {Macrocercus); 2° Perruche (Commis,; 5° Psitlacule (Psitlacula):
4° Perroquet (Psittacus); 5° Kakatoès (Kakatoès);
0° Proboscigère (Probosciger) (ou Ara à trompe, Le Vaillant; Microglosse, Geoffroy Saint-Hilaire);
Et le second groupe, en espèces à longue queue, ou Macrures (Macrurï), et en espèces à queue courle, ou Brachyures (Brachyurï).
Latreille en formait deux groupes renfermant, i'un les genres Ara, Perruche. Pézopore ei Kakatoès; l'autre, un seul genre, pour le Microglosse, qu'il nommait Eurhynque (Eurhynchux) .
Vigors, perfectionnant le beau travail de Kuhl, et aidé des connaissances de Ilorsficlil. y établit cinq familles bien caractérisées et bien distinctes sous les dénominations de :
Psittacinés,
Plyclolophinès ou Kakatoès.
Macrocercinés, Paléorninés, Psittaculinés.
Enfin, Lesson, ne reconnaissant qu'une famille et qu'un genre dans les Psittacidés, les divisait en dix-sept sous-genres :
1" Banksien (Banksianus);
2° Kakatoès ((.acataa), Brisson;
5" Microglosse (Microglossus), Geoffroy Saint-Hilaire;
4° Ara {Macrocercus), Vieillot;
5° Arara (Arara), Spix;
6" Mascarin (Mascarinus);
7° Amazone (Amazona);
8' Nestor (Nestor);
0" Lori (Lorius), Vigors;
10° Perroquet (Psittacus), Linné;
II" Psittacule (Psitlacula), Kuhl;
12° Latham (Lathamus);