‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 57 sur 62 · SIXIEME FAMILLE · texte numérisé non relu

SIXIEME FAMILLE

CENTROPODINES.

Le caractère principal des Centropodinés est d'avoir, en général, les plumes de la tête et de toute, la moitié antérieure du corps, en dessous comme en dessus, d'une nature rude comme du crin. Ce qui tient à l'élargissement inaccoutumé du rachis ou de la tige de chaque plume de cette partie, laquelle est plate, luisante, prenant d'autant plus de corps et de dureté qu'elle arrive vers la pointe, et conserve sa portion apicale dénuée de barbules, et paraissant dès lors plus longue que la plume £8- ss

elle-même. Il est évident qu'un caractère de ptilose aussi singulier a sa cause dans certaines des habitudes de l'Oiseau qui ont encore échappé à l'œil des observateurs. Quelques traces de ce caractère se retrouvent bien cependant chez une autre famille de Cuculidés, mais à un degré si faible qu'il devient à peine sensible.

Du reste: les Centropodinés on le bec fort, de la longueur de la tête; la paupière supérieure ciliée; les narines étroites et prolongées; les ailes courtes et arrondies; les tarses plus longs que le doigt externe antérieur, forts, robustes et dénués de plumes, et, le plus souvent, l'angle du pouce droit et allongé comme celui des Alouettes et des Jacanas.

Jusqu'en 1840, cette famille était constamment restée à l'état de genre, ballotté d'une famille à une autre depuis le moment où Le Vaillant en avait distingué les espèces, à l'exception d'une, qu'il ne connaissait pas encore sous le nom de Coucals, des autres Coucous. A cette époque, M. G. R. Gray avait eu l'heureuse idée, qu'il abandonna bientôt en 1845, d'élever ce genre si curieux au rang de famille. Ce n'est que depuis peu, et en 1850, que, grâce à M. Cli. Ronaparte, ce genre a reconquis définitivement, nous l'espérons, le rang qu'il n'aurait jamais du perdre, et que nous lui conservons.

Mais nous réunissons à cette famille une espèce rangée, par M. Ch. Ronaparte, dans les Phœnicophaeinés avec le genre Malcoha, et dont Lesson avait avec raison fait un genre sous le nom de Taccoîde, qui fera pour nous le second de la famille.

Nos Centropodinés se composeront donc des deux genres suivants :

1° Coucal [Centropus), Illiger;

2° Taccoïde (Taccocoua), Lesson.

1" GENRE. - COUCAL. CENTROPUS. (Illiger.)

Kevrp&î, aiguillon; t.cu:, pieil.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec robuste, de la longueur de la tête, plus haut que large, élevé à la base, très-arqué, et recourbe en voûte, surtout de son milieu à son extrémité, très-comprimé sur les côtés, terminé eu pointe tombant presque perpendiculairement h l'extrémité apicale de la mandibule inférieure, laquelle est presque droite et très-peu concave; les bords mandibulaires entiers.

Narines étroites, obliques et longitudinales, percées, au milieu et h la base du bec, dans une larqc membrane occupant le tiers de la hauteur de la mandibule supérieure, qui est fortement déprimée et concave en celle partie, et engagée dans le rebord des plumes du front.

Ailes courtes, arrondies, concaves, surobtuses; les quatrième, cinquième cl sixième rémiges les plus longues, égales entre elles; la première la plus courte, arrivant au tiers de la longueur de la queue.

Queue longue et arrondie.

Tarses allongés, plus longs que le doigt externe antérieur, forts, robustes, nus, garnis de trèslarges scutclles minces; deux doigts, en avant, soudés a la base jusqu'à la première articulation; deux postérieurs libres; l'externe de ces derniers versatile; ongle du pouce plus long que ce doiql lui-même, presque droit, subulé et très-aigu; les autres proportionnés, arqués et aigus.

Les espèces qui composent ce genre, dit Vieillot, étaient restées confondues avec les autres Coucous jusqu'au moment où Le Vaillant les a distraites pour en faire une division particulière sous le nom de Coucal, composé de l'élision partielle des deux mots Coucou et Alouette.

On en compte vingt espèces de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie. Type : le Coucal Ménébiki (Centropus Menebiki), Lesson et Garnot.

Les mœurs d'une espèce, le Coucal Ilouhou (Cuculus [Centropus] Sencgalensis), Linné, donneront une idée suffisante de celles du genre.

Dès le point du jour, dit Le Vaillant, et dans toutes les parties de la forêt, on entend les Houhous commencer leur chant, qu'ils font durer une grande partie de la matinée, qu'ils recommencent le soir une heure ou deux avant le coucher du soleil, et qu'ils continuent très-avant dans la nuit, lors que le temps est calme. Comme tous les Oiseaux chanteurs, les Houhous sont très-faciles à approcher pendant qu'ils chantent : dans tout autre moment, ils sont tellement méfiants, qu'il ne faut pas espérer de les surprendre; mais, comme on est toujours sûr de retrouver tous les jours chaque couple dans le même canton qu'il a adopté, et que c'est aussi toujours sur le même arbre que le mâle se perche pour se mettre à chanter, il ne s'agit que de reconnaître cet arbre, et de se cacher aux environs pour pouvoir le tirer avec la plus grande facilité. Si on est curieux d'avoir la femelle, il ne faut pas manquer de la tirer la première, car du moment qu'elle n'entend plus son mule elle disparait, soit qu'elle quitte le canton, soit qu'elle se tienne sur ses gardes de manière à ne plus permettre au chasseur de la découvrir. Lorsqu'au contraire la femelle est tuée la première, le mâle se montre partout autour des lieux, et on l'entend continuellement l'appeler par des cris perçants : coura-courahow-coura-how, ce qui ne l'empêche pas de chanter comme de coutume matin et soir. En contrefaisant la Couette ou en soufflant sur le tranchant d'une lame ou sur le bord d'une feuille, ce que les oiseleurs appellent frouer, on fait aussi approcher les Houhous; cependant, il faut, dans ce cas, être bien caché, car, dès l'instant qu'ils vous aperçoivent, ils se jettent si impétueusement dans le fourré qu'il devient impossible de les tirer. C'est dans un grand trou, sur la tête d'un arbre ou dans une grosse branche cassée et vermoulue (ce qui ne manque pas dans les forêts de l'Afrique), que le couple fait sa nichée. La femelle pond quatre œufs d'un blanc roux, qu'elle dépose sur des brins de bois dont elle remplit le fond du trou. Le mâle les couve tout aussi bien que la femelle.

Une fois appariés, le mâle et la femelle se quittent rarement; ils se nourrissent principalement de Sauterelles, et mangent aussi les Grillons et les Criquets; ils volent mal, ne peuvent s'élever ni même traverser un espace de quelque étendue; si dans l'intervalle ils ne rencontrent pas un arbrisseau pour se poser, ils sont bientôt obligés de se laisser pour ainsi dire tomber à terre. Ils ne sont pas farouches, et se laissent approcher de très-près; ils ne craignent pas le voisinage de l'homme : modestes par leur plumage, par le ton de leur voix, par la douceur de leurs habitudes, ils s'occupeni à rendre aux hommes des services importants en faisant continuellement la guerre aux Insectes dévastateurs des moissons. (Vieillot, d'après Sonnini.)

Une observation, faite par Le Vaillant sur une autre espèce, le Coucal noirou (Cuculus [Centropus] nigro-rufus), Cuvier, prouve â quel point ces Oiseaux sont exclusivement insectivores, puisqu'ils iraient même rechercher les Insectes jusque sur les charognes.

Je n'ai tué, dit ce voyageur, qu'un mâle et une femelle de l'espèce. Ce couple vint s'abattre sur les débris d'un Buffle que j'avais fait traîner à l'écart pour y attirer les Oiseaux de proie. Caché dans un buisson à portée du cadavre, je vis mes deux Coucals rôder plus d'une demi-heure autour de moi, voltigeant d'arbre en arbre sans oser descendre, quoiqu'ils vissent plus de vingt Corbeaux occupés à dévorer le Buffle. A la fin ils descendirent; mais les Corbeaux, forts de leur nombre, eurent l'audace d'empêcher les Coucals d'approcher. Moi, pendant tout ce temps, immobile dans ma cachette, d'où j'avais bien remarqué que les deux nouveaux hôtes n'étaient pas des Corbeaux d'aucune des espèces du moins que je connusse encore, j'attendais le moment favorable pour tuer d'un seul coup ces deux Oiseaux; ce que j'eus le plaisir de faire dans un moment heureux où ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre pour se défendre ensemble contre les voraces Corbeaux.

Serait-ce qu'au besoin les Coucals se nourriraient aussi de chair? C'est une question que s'est faite Le Vaillant, et à laquelle il répond négativement, n'ayant trouvé que des débris d'Insectes dans l'estomac des Coucals qu'il a tués.

COUCAL HOUHOU. CVCULVS [CEXTllOPUS] SEXEGALEXSIS. (Linné.)

Tout le dessus de la tête, la face jusqu'au bas des joues, le derrière du cou et le haut du dos, d'un noir profond â reflets métalliques bleuâtres; la tige de chacune des plumes de ces parties, épaisse, dure, pointue et brillante, le manteau, les ailes et leurs couvertures, d'un roux-cannelle

uniforme; croupion et couvertures supérieures de la queue d'un noir brunâtre, rayés finement en travers de fauve clair; les rectriees noir brunâtre, uniforme dans leur dernière moitié jusqu'à la pointe, et barré en travers de fines raies d'un fauve clair, plus espacées que celles du croupion; tout le dessous du corps d'un blanc sale, légèrement teinté de fauve; les tiges de chaque plume, depuis le menton jusqu'au milieu du ventre, dures et brillantes comme celles du dessus de la tête; bec et pieds noirs; iris d'un rouge vif. Longueur totale, 0m,59.

Habite l'Afrique; l'Egypte, le Sénégal et la Cafrerie.

2""= GENRE. — TACCOIDE. TACCOCOUA. (Lesson.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Dec un peu moins long que la lêle, plus haut que large, très -comprimé sur les côtes, clans toute

sa longueur, à mandibule supérieure lisse cl convexe, recourbée et crochue au bout.

Narines ovalaires, basâtes, rapprochées du bord manilibulairc, et en partie cachées par les plumes

du front, ou, pour mieux dire, par les plumes qui, dépassant le capistrum, envahissent la plus

grande partie de la fosse nasale- Ailes courtes, recouvrant le croupion, surobtuses, à quatrième, cinquième cl sixième rémiges les

plus longues, les secondaires égalant presque les primaires. Queue longue, arrondie et étagée.

Tarses plus longs que le doigt externe antérieur, robustes, scutellés; doigts proportionnellement

courts, les deux antérieurs soudés à leur base; ongles très-petits, épais, un peu courbés et pointus.

Une seule espèce de l'Inde, le Taccoïde Sirke (Cuculus [Taccocoua] Sirlcci), J. Giay.

Ce genre est, ainsi que nous l'avons déjà observe, remarquable par la même rigidité rachydienne des plumes de la portion antérieure du corps et leur conformation exactement identique à celle des Coucals proprement dits. Aussi C. Will. Smith en avait-il fait son Centropus cuculoïdes.

TACCOÏDE SIRKE. TACCOCOUA SIRKEI (J. Gray, Lesson )

Plumage gris cendré en dessus et sur le devant du cou, chaque plume de la partie antérieure du corps, en dessus comme en dessous, et surtout en dessous, à tige noire, dure, élastique et piquante, beaucoup plus encore que dans l'espèce précédente; gorge d'un gris plus pâle; ventre, abdomen et région anale d'un roussâtre ferrugineux; queue longue, étagée; rémiges et rectriees d'un brun cendré uniforme, à légers reflets métalliques bleuâtres et verdàtres : ces dernières, ù l'exception des deux médianes, terminées de blanc; bec rouge, noir au milieu et au bord; tarses olivâtres.

Longueur totale: Um,37.

SEPTIÈME FAMILLE. — CROTOPHAGINÉS.

Les Crolophaginés ont le bec de la longueur de la tète, plus épais que large, à mandibule inférieure droite, la supérieure le plus souvent élevée en demi-cercle à son origine, et cette convexité remarquable s'étend alors sur toute la partie supérieure du bec, jusqu'à peu de distance de son extrémité, qui est crochue; cette convexité comprimée sur les côtés, et formant une espèce d'arête.

Tout le long du sommet de la mandibule supérieure, au-dessus et tout autour s'élèvent de petites plumes effilées, aussi roides que des soies de Cochon, longues de 0m,0l, et qui toutes se dirigent en avant. (De Moktbeillard.)

Ils ont, en outre, les narines basales, ouvertes, le tour de l'œil nu, la langue étroite, un peu aplatie, aeuminée; les ailes courtes, la queue longue.

Cette famille, composée par M. G. II. Gray en 1845, renfermait alors, on l'a vu tout à l'heure, outre le genre Crotopkaga de Linné, tous les genres de la famille précédente, plus le genre Scythrops.

M. Ch. Bonaparte ayant, de ces mêmes genres, constitué sa famille de Phœnicophseinés, a réduit les Crotophagiués à ce seul genre de Crotophaga, que nous maintenons également.

Nous y joignons, avec d'Azara et Vieillot, le genre Guira de Lesson, qu'à cause de certaine analogie de forme du bee on a toujours isolé, en le confondant, tantôt avec les vrais Coucous, tantôt avec le genre Diploptère, malgré l'identité de ses mœurs et de ses habitudes avec celles des Crotophagiués, identité si bien constatée par d'Azara, et que nul témoignage contraire n'est venu depuis détruire.

Ces Oiseaux ont de remarquable la conformation du rachis des plumes dorsales, gutturales et pectorales, qui rappelle tout à fait, surtout chez le Guira, mais à un degré plus faible, le système singulier de plilose de ces parties chez les Coucals, c'est-à-dire la rigidité, l'élasticité, l'aplatissement et l'élargissement, vers la pointe, de la tige de chacune des plumes de ces parties. Pourtant, nous le répétons, ces caractères sont peut-être plus appréciables encore dans le genre. Guira que dans le genre Ani. Cette remarque, du reste, qui a échappé à presque tous les méthodistes, n'avait pourtant pas échappé à d'Azara, qui en parle ainsi : « Les plumes de la tête et du cou sont étroites, « serrées et rudes, parce que leurs tiges sont dégarnies de plumes à leur pointe.»

Ce voyageur, qui ne connaissait et n'avait observé que deux espèces d'Anis, celui des savanes, qu'il appelait Aimo, et celui des palétuviers, qu'il appelait Anno-Guaxu, leur réunissait une troisième espèce, sous le nom de Pirigua, qui n'est autre que notre Guira-Cantara, et s'exprime, en effet, ainsi, au sujet de ces trois espèces, sous cette rubrique : Caractères communs aux l'iriguas et aux Annos.

Ce sont trois espèces d'Oiseaux, que leur conformation et leurs habitudes rapprochent. Ils sont sédentaires, ils vivent en familles et en bandes de huit à trente individus; ils se tiennent dans les plantations, dans les bosquets, et à la lisière des forêts, sans y pénétrer, ni rechercher les grands arbres; ils sautillent, se réfugient et dorment sur les buissons les plus élevés et les plus fourrés.

Leur queue est longue et formée de huit pennes égales, un peu plus larges vers leurs bouts, presque dégarnies de leurs barbes à leur origine, et toujours un peu étalées en éventail. Les ailes ont dix-neuf pennes faibles, desquelles la première est très-courte et la quatrième la plus longue. La tête est un peu petite, et les plumes qui la couvrent, ainsi que celles d'une partie du cou, sont trèsétroites, luisantes et rudes. L'œil est entoure d'un large espace dénué de plumes, qui s'étend jusqu'au bec; les cils supérieurs sont gros, durs, longs et noirs. Les pieds ont deux doigts devant et deux en arrière. Le cou est un peu court.

Le vol de ces Oiseaux est bas, droit, horizontal et de peu de durée; dans le vol, leurs ailes forment avec leur corps une véritable croix, parce qu'ils les étendent beaucoup et les élèvent un peu plus que le corps.

Le Pirigua et VAnno ne sont point farouches, et ils cherchent leur nourriture de côté et d'autre, sans néanmoins se poser à terre, dans les plantations, les enclos et les bosquets; ils tournent aussi autour des bœufs, dans les pâturages, mais ils ne se posent jamais sur ces animaux. (On verra tout à l'heure que d'Azara a eu tort d'affirmer ce fait, qui peut être vrai pour le Guira, mais que des observations ultérieures sont venues détruire, quant aux Anis.)

L'Anno-Guazu, au contraire, est si défiant, qu'il ne se montre jamais dans les lieux découverts; il se tient toujours dans les cantons et les huiliers les plus fourrés et les plus sombres, où il se nourrit d'Insectes et de Vers.

Le Pirigua et VAnno, qui sont vingt fois plus communs, mangent les Grillons, les Sauterelles, les petits Lézards et les petites Couleuvres.

Quoique ces trois Oiseaux se tiennent en bandes près l'un de l'autre, VAnno et le Pirigua se

serrent tellement les uns contre les antres, sur quelques branches, pour se mettre à l'abri du vent, lorsqu'il fait froid, que l'on peut en tuer un grand nombre d'un seul coup de fusil. Ces deux espèces sont si amies, que leurs troupes se mêlent fréquemment et qu'elles travaillent de concert, comme si elles étaient de la même famille. Ce n'est pas tout: ces mêmes bandes, composées d'espèces différentes, travaillent souvent ensemble à la construction d'un grand nid, où toutes les femelles déposent leurs œufs, les couvent jusqu'à ce qu'ils soient éclos, nourrissent et élèvent les petits, comme s'ils étaient de la même espèce. J'ai vu plusieurs de ces nids, dans lesquels étaient les œufs de ces deux espèces. Cependant il arrive plus ordinairement que chaque troupe de Piriguas et d'Anuos fait un nid assez spacieux pour contenir les œufs de toutes les femelles de la bande. On dit la même chose de VAnno-Guazu, mais je ne l'ai pas vu.

Les Crotophagidés, comme toutes les familles naturelles dont nous nous sommes déjà occupés, sont remarquables par l'homogénéité des caractères que présentent leurs œufs.

Ainsi, dans toutes les espèces, la forme de l'œuf est exactement ovalaire.

La coquille d'un grain très-tin et très-serré, à pores peu sensibles, d'un blanc légèrement bleuâtre dans son épaisseur; le plus ordinairement plus ou moins entièrement recouverte d'une couche sédimenteuse, crayeuse ou demi-calcaire, qui se peut facilement enlever par le frottement ou le grattage; dans tous les cas; mate et sans reflet.

La couleur le plus souvent d'une apparence de blanc de lait pur, nuancé parfois de nuages jaunâtres, qui ne sont qu'accidentels et le résultat du contact de la matière encore fraîche pondue avec des corps étrangers et humides de cette couleur, tels que de la terre on du limon, ou des herbes marécageuses fanées et à l'état de décomposition. Ce blanc de lait pur n'est alors que la couleur de la couche crayeuse accessoire à la matière calcaire de la coquille.

De temps à autre, cette même couche laisse apercevoir, dans ses solutions de continuité naturelles, et au milieu de l'espèce de réseau ou de maillé qu'elle y dessine souvent, et sous forme de points, de losanges et de raies plus ou moins nombreux et plus ou moins larges, la surface même de la coquille et sa véritable couleur d'un beau bleu d'aigue-marine. C'est cette double enveloppe qui a fait dire à quelques observateurs, qui avaient mal examiné ces œufs, qu'ils étaient blancs, avec des points et des raies bleus.

D'autres fois, même, mais rarement, et sur les œufs derniers pondus, la couche crayeuse disparaît totalement, et l'œuf se montre en entier de celte belle couleur.

Il n'est pas inutile de dire quel est l'usage probable de cette couche additionnelle, que nous verrons se reproduire plus tard dans quelques familles des Oiseaux d'eau ou Palmipèdes, mais qui est unique et sans exemple dans l'ordre des Passereaux.

Les Crotophagidés exposés aux inconvénients résultant des climats qu'ils habitent, et où l'évaporation des liquides renfermés dans l'œuf est si active et si prompte, mais ayant de plus à lutter contre l'humidité brûlante des localités qu'ils fréquentent pour couver, telles que les savanes et les forêts de palétuviers, ont subi, dans la structure de la coquille de leurs œufs, une modification particulière qui, ainsi que nous venons de le dire, spéciale à plusieurs familles de Palmipèdes, est exceptionnelle ici dans toutes les familles si nombreuses des Oiseaux non aquatiques. Leur coquille a été revêtue d'une couche crayeuse et sédimenteuse, de même nature que celle qui se trouve sur les œufs de certains genres de Palmipèdes, laquelle, en obstruant, comme dans ceux-ci, les pores de la coquille mate par lesquels s'effectue l'évaporation, et en retardant l'effet destructeur d'une perte trop active de calorique, procure le même avantage que le pouvoir réfléchissant, et n'en a pas les inconvénients; nous disons les inconvénients, car la faculté de réfléchir s'acquérant aux dépens de l'épaisseur et de la solidité de la coquille, il en résulte que cette enveloppe, dans ce cas, devient plus accessible aux atteintes de l'humidité, et plus fragile. Rien n'eût donc été plus nuisible, pour les œufs de Crotophagidés, que d'être pourvus d'une coquille luisante : une coquille mate les préserve beaucoup mieux de cet inconvénient grave, et la couche sédimenteuse dont elle est munie s'oppose à une évaporation abondante que ne manquerait pas d'exciter l'ardeur brûlante de ces climats. L'instinct de ces Oiseaux semble même avoir si bien prévu ces inconvénients, qu'il les porte, quand les femelles, forcées de pourvoir à leur nourriture, sont obligées de s'absenter du nid, et à interrompre l'œuvre de l'incubation, à recouvrir les œufs qu'elles quittent ainsi momentanément de feuilles et d'herbes sèches.

1er GENRE. — ANI. CROTOPHAGA. (Linné.)

Kp&To;, vermine; <f>txfw, je mange.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec de la longueur de la tête ou un peu plus long, très-élevé, beaucoup plus haut que large, trèsarqué, très-comprimé, de manière à finir, au sommet de la mandibule supérieure, par une crête dé])assant le niveau du front, tout li fait lamelleuse et tranchante, largement et profondément sillonnée parallèlement à l'arête supérieure; bords mandibulaires entiers; ceux de la mandibule supérieure emboîtant profondément ceux de la mandibule inférieure; plumes du montant arrivant jusqu'à la moitié de la longueur du bec.

Narines basâtes, oculaires, découvertes, percées au milieu de la hauteur de la mandibule et sur le rebord des plumes du front.

Ailes allongées, surobtuses, recouvrant le tiers de la queue, à quatrième et cinquième rémiges les plus longues.

Queue longue, large et arrondie.

Tarses allongés, de la longueur du doigt externe antérieur, couverts de larges scutelles, doigts longs et grêles, de même que tes ongles, qui sont fort comprimés, arqués et très-aigus: les deux doigts antérieurs sondés jusqu'à la première articulation.

Fig. 390. — Ani major.

Six espèces de l'Amérique tropicale. Type: l'A ni des palétuviers (Crolophaga major), Linné.

Ani est le nom que les naturels du Brésil donnent aces Oiseaux, et que tous les ornithologistes français leur ont conservé depuis de Montbeillard. Avant ce naturaliste, les voyageurs français et les nomenclateurs les appelaient Bout de petun ou Bout de tabac, dont l'étymologie toute locale fut, à cette époque, longtemps controversée. Le père du Tertre prétendait que ce nom était donné par les créoles et les nègres aux Anis, parce que leur ramage prononçait : petit bout de petun. Montbeillard, ne trouvant cette explication ni vraie, ni probable, pensait que ce nom ridicule n'avait pu être imaginé que par la ressemblance de leur plumage (qui est, disait-il, d'un noir brunâtre) à la couleur d'une carotte de tabac, interprétation qui n'était guère plus beureuse que la première. Ce n'est que depuis peu, en 1847, et par M. Gosse (1), que l'on a été fixé au sujet de ce singulier surnom. Cet ornithologiste nous apprend, en effet, que les nègres de Haïti (Saint-Domingue) surnomment une des espèces d'Ani, qui y est très-commune, Bout de tabac, à cause de la ressemblance de son bec avec le fourneau d'une pipe. Et nous supposons que cette ressemblance s'applique tout autant à la forme

(1) Brids of lamaica.

de cet organe, ainsi que l'affirme M. Gosse, qu'à sa couleur, qui a les plus grands rapports avec celle d'une terre noirâtre dont on se sert dans cette île pour fabriquer les pipes. Les créoles de Cayenne leur ont donné une dénomination plus appropriée à leur ramage ordinaire, en les appelant Bouilleurs de Canari, ce qui veut dire qu'ils imitent le bruit que fait l'eau bouillante dans une marmite, et c'est, en effet, dit Montbeillard, leur vrai ramage ou gazouillis, très-différent, comme on le voit, de l'expression de la parole que leur suppose le P. du Tertre. On leur a aussi donné le nom d'Oiseau diable, et l'on a même appelé l'une des espèces Diable des savanes, et l'autre Diable dc% palétuviers, parce qu'en effet les uns se tiennent constamment dans les savanes, et les autres fréquentent les bords de la mer et des marais d'eau salée, où croissent les palétuviers. Enfin, les nègres leur donneraient encore les noms de Perroquet noir, à'Amunqoua, etc.

Les Anis forment un des genres d'Oiseaux des plus curieux par l'habitude presque constante où sont les femelles d'un même canton de se réunir pour la confection en commun d'un même nid, dans lequel elles pondent toutes leurs œufs, les couvent, et nourrissent indistinctement les petits qui en naissent.

Voici à ce sujet les détails que renferme une lettre adressée, de Saint-Domingue, par le chevalier Lefebvre-Deshayes à Ruffon, citée par Guéneau de Montbeillard, et dont tous les ouvrages publiés depuis ne sont que la reproduction plus ou moins paraphrasée.

Lorsqu'ils volent, les Anis étendent et élargissent leur queue; mais ils volent moins vite et moins longtemps que les Perroquets... Ils ne peuvent soutenir le vent, et les ouragans font périr beaucoup de ces Oiseaux.

Ils habitent les endroits cultivés, ou ceux qui l'ont été anciennement; on n'en rencontre jamais dans les bois de haute futaie. Ils se nourrissent de diverses espèces de graines et de fruits; ils mangent des grains du pays, tels que le petit mil, le mais, le riz, etc. Dans la disette, ils font la guerre aux Chenilles et à quelques autres Insectes.

Nous ne dirons pas qu'ils aient un chant ou un ramage, c'est plutôt un sifflement ou un piaulement assez simple. Il y a pourtant des occasions où sa façon de s'exprimer est plus variée : elle est toujours aigre et désagréable; elle change suivant les diverses passions qui agitent l'Oiseau. Aperçoit-il quelque chat ou un autre animal capable de nuire, il en avertit aussitôt tous ses semblables par un cri très-distinct, qui est prolongé et répété tant que le péril dure. Son épouvante est surtout remarquable lorsqu'il a des petits, car il ne cesse de s'agiter et de voler autour de son nid.

Ces Oiseaux vivent en société, sans être en aussi grandes bandes que les Étourneaux; ils ne s'éloignent guère les uns des autres, et même, dans le temps qui précède la ponte, on voit plusieurs femelles et mâles travailler ensemble à la construction du nid, et ensuite plusieurs femelles couver ensemble chacune leurs œufs, et y élever leurs petits. Cette bonne intelligence est d'autant plus admirable, que l'amour rompt presque toujours dans les animaux les liens qui les attachaient à d'autres individus de leur espèce. Ils entrent en amour de bonne heure : dès le mois de février les mâles cherchent les femelles avec ardeur; et, dans le mois suivant, le couple amoureux s'occupe de concert à ramasser les matériaux pour la construction du nid. Je dis amoureux, parce que ces Oiseaux paraissent l'être autant que les Moineaux; et, pendant toute la saison que dure leur ardeur, ils sont beaucoup plus vifs et plus gais que clans tout autre temps. Ils nichent sur les arbrisseaux, dans les cafiers, dans les buissons et dans les haies; ils posent leur nid sur l'endroit où la tige se divise eu plusieurs branches. Lorsque les femelles se mettent plusieurs ensemble dans le même nid, la plus pressée de pondre n'attend pas les autres, qui agrandissent le nid pendant qu'elle couve ses œufs. Ces femelles, usent d'une précaution qui n'est point ordinaire aux Oiseaux, c'est de couvrir leurs œufs avec des feuilles et des brins d'herbe à mesure qu'elles pondent. Elles couvrent également leurs œufs pendant l'incubation lorsqu'elles sont obligées de les quitter pour aller chercher' leur nourriture. Les femelles qui couvent dans le même nid ne se chicanent pas comme font les Poules lorsqu'on leur donne un panier commun; elles s'arrangent les unes auprès des autres; quelques-unes cependant, avant de pondre, font, avec des brins d'herbe, une séparation clans le nid, afin de contenir en particulier leurs œufs; et, s'il arrive que les œufs se trouvent mêlés ou réunis ensemble, une seule femelle fait éclore tous les œufs des autres avec les siens; elle les rassemble, les entasse, et les entoure"de feuilles : par ce moyen, la chaleur se répartit dans toute la masse, et ne peut se dissiper. Cependant chaque femelle fait plusieurs œufs par ponte.

Ces Oiseaux conslruisent leur nid très-solidement, quoique grossièrement, avec île petites tiges do plantes filamenteuses, des branches de citronnier ou d'autres arbrisseaux : le dedans est seulement lapissé et couvert de feuilles tendres qui se fanent bientôt; c'est sur ce lit de feuilles que sont déposés les œufs. Ces nids sont fort évasés et fort élevés des bords; il y en a dont le diamètre a plu de dix-huit pouces; la grandeur du nid dépend du nombre de femelles qui doivent y pondre. Il serait assez difficile de dire au juste si toutes les femelles qui pondent dans le même nid ont chacune leur mâle; il se peu! faire qu'un seul mâle suffise à plusieurs femelles, et qu'ainsi elles soient en quelque façon obligées de s'entendre lorsqu'il s'agit de construire les nids; alors il ne faudrait plus attribuer leur union à l'amitié, mais au besoin qu'elles ont les unes des autres dans cet ouvrage. Ces œufs sont de la grosseur de ceux de Pigeon; ils sont de couleur d'aigue-marine. Il y a apparence que les femelles font deux ou trois pontes par an; cela dépend de ce qui arrive à la première; quand elle réussit, elles attendent l'arrière-saison avant d'en faire une autre; si la ponte manque, ou si les œufs sont enlevés, mangés par les Couleuvres ou les Rats, elles en font une seconde peu de temps après la première; vers la lin de juillet ou dans le courant d'août, elles commencent la troisième. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en mars, en mai et en août, on trouve des nids de ces Oiseaux.

Au reste, ils sont doux et faciles à apprivoiser; et on prétend qu'en les prenant jeunes on peut leur donner la même éducation qu'aux Perroquets, et leur apprendre à parler, quoiqu'ils aient la langue aplatie et terminée en pointe, au lieu que celle du Perroquet est charnue, épaisse et arrondie.

La même amitié, le même accord, qui ne s'est point démenti pendant le temps de l'incubation, continue après que les petits sont éclos : lorsque les mères ont couvé ensemble, elles donnent successivement à manger à toute la petite famille. Les mâles aident à fournir les aliments. Mais, lorsque les femelles ont couvé séparément, elles élèvent leurs petits à part, cependant sans jalousie et sans colère; elles leur portent la becquée à tour de rôle, et les petits la prennent de toutes les mères. La nourriture qu'elles leur donnent dépend de la saison : tantôt ce sont des Chenilles, des Vers, des Insectes; tantôt des fruits; tantôt des grains, comme le mil, le mais, le riz. l'avoine sauvage, etc. Au bout de quelques semaines, les petits ont acquis assez de force pour essayer leurs ailes; mais ils ne s'aventurent pas au loin : peu de temps après, ils vont se percher, auprès de leurs père et mère, sur les arbrisseaux, et c'est là que les Oiseaux de proie les saisissent pour les emporter.

L'Ani n'est point un Oiseau nuisible : il ne désole point les plantations de riz, comme le Merle; il ne mange pas les amandes du cocotier, comme le Charpentier (le Pic); il ne détruit pas les pièces de mil, comme les Perroquets et les Perruches.

Cet instinct d'association, ajoute Montbeillard, qui serait fort utile à ces Oiseaux dans les climats froids, paraît au moins superflu dans les pays méridionaux, où il n'est pas à craindre que la chaleur du nid ne se conserve pas : cela vient donc uniquement de l'impulsion de leur naturel sociable; car ils sont toujours ensemble, soit en volant, soit en se reposant, et ils se tiennent sur les branches des arbres tout le plus près qu'il leur est possible les uns des autres. Ils ramagent aussi tous ensemble presque à toutes les heures du jour; et leurs moindres troupes sont de huit ou dix, et quelquefois de vingt-cinq ou trente. Ils ont le vol court et peu élevé: aussi se posent-ils plus souvent sur les buissons et dans les halliers que sur les grands arbres. Ils ne sont ni craintifs ni farouches, et ne fuient jamais bien loin. Le bruit des armes â feu ne les épouvante guère; il est aisé d'en tirer plusieurs de suite : mais on ne les recherche pas, parce que leur chair ne peut se manger, et qu'ils ont même une mauvaise odeur lorsqu'ils sont vivants. Ils se nourrissent de graines, et aussi de petits Serpents, Lézards, et autres Reptiles; ils se posent aussi sur les Bœufs et sur les Vaches pour manger les Tiques, les Vers et les Insectes nichés dans le poil de ces animaux. (Mo.ntbeillard.)

Il est probable que c'est faute d'avoir été témoin de ce fait que d'Azara l'a formellement nié, car il est confirmé par tous les voyageurs, notamment par M. d'Orbigny. Il y a même plus, c'est que la l'orme m extraordinaire du bec de ces Oiseaux ne leur aurait été donnée que pour les mettre plus à même de se livrer â cette chasse d'Insectes parasites.

J'ignorais complètement, dit M. Gosse, dans son Histoire de t'Ani des Savanes, dont les détails sont également applicables à toutes les espèces d'Anis. à quoi pouvait lui servir la forme en lame de couteau de son bec, lorsque, pour m'en instruire, m'êtant adressé a M. Ilill (auteur d'une Orni-

thologie de la Jamaïque), il me fit cette réponse : « Je vous observerai que cette forme de bec lui donne les plus grandes facilités, non-seulement pour chercher les Insectes sur la terre, mais surtout pour trouver et saisir ceux qui se retirent sous le poil des animaux. Je vous dirai même qu'ayant examiné attentivement un tas de bouse de Vache, où des Anis venaient de chercher des larves et des Insectes, je le trouvai aussi finement et aussi régulièrement sillonné que si une petite charrue en miniature y eût passé. »

Un jour, je vis une Vache couchée, sur laquelle étaient quatre ou cinq Anis montés sur son dos, et cherchant avec ardeur les Insectes attachés à sa peau, service qu'elle paraissait recevoir avec plaisir. Ils se perchent tantôt sur le dos des Bœufs, tantôt sur celui des Chevaux, pendant que ceux-ci sont en train de paître; j'en ai vu parfois même s'attacher à la queue de ces animaux, s'y suspendre et y rechercher les Insectes jusque dans la touffe de poils ou de crins qui la termine. Ils fréquentent en général de préférence les endroits où les bestiaux se réunissent en plus grand nombre.

Mais les Insectes parasites ne sont pas l'unique nourriture des Anis, quoiqu'ils en soient le fond essentiel. Ainsi, j'ai vu souvent des petits groupes d'Anis se réunir le soir, et voltiger dans l'air après des Insectes ailés et des Lépidoptères. Leur estomac renferme souvent des Chenilles, des Teignes, des Sauterelles et d'autres Insectes, que j'y ai fort souvent trouvés mélangés avec des baies de cijlharaxylon; et, dans ce cas, toutes les parois de l'estomac étaient recouvertes d'une vive couleur rouge. Les bandes de ces Oiseaux font une énorme destruction des essaims d'Abeilles, qui sont à profusion sur les arbres. C'est probablement en raison de cette chasse, et pour garantir leurs yeux de la piqûre de ces Insectes, que leurs paupières sont garnies de cils ayant la roideur de vraies soies de Sanglier.

Lorsqu'ils sont en train de chasser à la surface de la terre ou dans les herbes, ils ont toujours une ou deux sentinelles de postées, qui, à la moindre apparence de danger, jettent un cri d'alarme, lequel fait partir toute la bande.

leur mode le plus usuel de progression à terre est de sauter; parfois ils marchent en élevant chaque pied l'un après l'autre; souvent même ils courent ainsi très-vite, mais à de courtes distances. Ils aiment à se reposer le matin sur les branches basses, les ailes étendues, restant ainsi pendant assez longtemps dans la plus complète immobilité.

AN1 DE LAS-CASAS. CROTOPHAGA LASCASII (Lesson.)

Cet Ani a les plus grands rapports avec l'Ani des Savanes; mais sa taille est plus grêle, plus mince, et il en diffère aussi par son bec à arête recourbée sans saccade tranchante, garni, sur les deux mandibules, de sillons réguliers profonds; le bec est noir, ainsi que les tarses; son plumage o.st noir mat, avec des reflets bleus, plus sensibles sur le dos, où ils forment des zones arrondies; les plumes du cou sont minces, étroites, pointues; les ailes sont brunes, teintées de roussâtre; les tectrices, au nombre de huit, sont d'un noir pourpré foncé; leurs tiges sont fortes, robustes, luisantes, de même que les rachis de toutes les autres plumes. (Lesson.)

Il a trente-trois centimètres de la pointe du bec à l'extrémité de la queue; celle-ci en a dix-neuf et demi.

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