‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 14 sur 42 · C5 PL · texte numérisé non relu

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de l'Allemagne; Pleurophorus, espèce unique, P. cæsus, Panz., de toute l'Europe; Haute, type unique, D. sabuleti, Panz., des parties froides de l’Europe, et Psainmodius, renfermant la plupart des espèces, et surtout les P. sulcicollis et porcicollis, iger, de la France; ces Insectes, de petite taille et noiràtres, vivent dans le sable ou sous les pierres, voltigent quelquefois en grand nombre le soir à la manière des Aphodies, et sont propres à l’Europe, au nord de l'Afrique et à l'Amérique septentrionale. — Chætopisthes, Westw., une espèce (fulvus), en entier de couleur fauve et originaire de l’Hindoustan central. — Corythoderus, Klug, une espèce (loripes) habitant le Dongola.

Enfin deux derniers genres, placés par Latreille parmi les Arénicoles ou Trogides, mais qui, comme l’a montré M. Th. Lacordaire, semblent plutôt appartenir aux Aphodides, sont les suivants : — 1° ÆGIALIA, Latr. (Gen. Crust. et Ins.), ayant presque tous les caractères des Psammodies, mais à chaperon ne cachant pas entièrement toutes les parties de la bouche ; à mandibules et lobe infcrieur des mächoires cornés; à corselet et élytres n'offrant pas de traces de sillons, ete.; un peu plus grand que les genres précédents, se trouvant dans le sable, ayant pour type l'A. arenaria, labr., commun dans l’Europe méridionale, remarquable par sa forme courte et ventrue, et habitant particulièrement sur les bords de la mer, et comprenant, en outre, quelques autres petites espèces d'Europe et de l'Amérique du Nord, à forme allongée et cylindrique. -— 2° CIHRON, Mac Leay, groupe différant assez notablement du précédent par des caractères importants, mais cependant ne pouvant être séparés des Aphodides, dont Mac Leay et Dalman les avaient considérablement éloignés en les rangeant parmi les Lucanides, auprès des Sinodendron, dans lesquels l'abricius les plaçait; ce sont des Insectes de taille grande comparativement à celle des Aphodius, et à forme très-allongée et cylindrique; leurs espèces sont originaires des parties chaudes de l’ancien continent; type, C. digitatum, Kabr., très-répandue dans des pays éloignés les uns des autres, en Sicile, au Sénégal, en Égypte, dans les Indes orientales, ete.

& tribu, Hveauines ou Onruxies : éte non dilatée, et, par suite, les organes buccaux n'étant pas inférieurs; languette membraneuse, souvent bifide; mächoires à lobes variables : l’interne corné ou denté; mandibules et labre cornés, non recouverts par le chaperon, qui est légèrement élargi et recouvre la base des antennes : celle-ci de dix articles, à massue courte, épaisse; hanches intermédiaires obliques, contiqués,; parapleures métathoraciques simples; abdomen ayant six segments, tous légèrement mobiles.

Les Insectes de cette tribu, assez peu nombreux en espèces, répandus cependant dans toutes les parties du monde, sauf l'Australie, sont très-voisins des Aphodides, auxquels on les réunit parfois, et s'en distinguent surtout par leur faciès et par le nombre de leurs articles antennaires. Les métamorphoses d'aucune espèce ne sont connues. Leurs habitudes sont loin d'avoir été complétement observées : on sait seulement que les espèces d'Europe se rencontrent dans les lieux sablonneux, dans les détritus végétaux, et qu’on les prend parfois au vol à la nuit tombante. On n’y range que cinq genres assez rares dans les collections.

Le genre principal est celui des HYBALUS, Dej. (Brullé, Hist. nat. des Ins. Col., t. Il), que M. Brulié avait mentionné précédemment sous la dénomination de Geobius, qui a due être rejetée comme ayant été employée antérieurement par Dejean pour un genre de Carabiques : ce sont des Insectes d'assez petite taille, d'un noir où d’un brun assez brillant : glabres en dessus; à élytres, surtout dans les femelles, n'étant qu’un peu plus longues que le corselet, et comme ventrues, ce qui leur donne un aspect fort singulier; on n'en décrit que quatre espèces, toutes propres à l'AIgérie, et dont une (H. dorcas, Fabr.) étend son habitat jusque dans le midi de l’Europe, où elle est assez rare. À

Les autres genres sont ceux des : — Orphnus, Mac Leay, Insectes de taille moyenne ressemblant beaucoup à de petits Oryctes, tant pour la forme de leur corps que pour la coloration et la structure des téguments, mais dont ils différent beaucoup par l’organisation de leur bouche, quelques espèces de l'Afrique, de Madagascar et des Indes orientales. — Triodontus, Westw., groupe ne différant guère du précédent, et ne renfermant qu’une seule espèce (ritidulus) propre à Madagascar. — Ægidium, Dej., Westw., quatre espèces américaines, trois de la partie du Sud et une de celle du Nord, de taille moyenne, peu convexes en dessus, oblongs, d’un brun noiràtre. — Ochondæus,

Mes., Lepell. et Serv., genre auquel on réunit le groupe des Codocera, Esehs., ou Stompboa, Fischer de Waldheim, et qui renferme une dizaine d’esvèces de l’ancien et du nouveau continent, rares partout, de petite taille, d’un fauve testacé ou rougeûtre, offrant le faciès des Nitidula, et se prenant ordinairement au vol le soir, quelquefois le jour et accidentellement sous les débris des végétaux : type, l'O. chrysomelinus, Fabr., espèce des parties méridionales de l'Europe, et qui semble cosmopolite, car on l’a signalée également des Indes orientales. — Glacesis, Erichs., Westw., groupe qui se rapporte peut-être aux Trogides, et ne renferme qu'une espèce unique (rufa) découverte en Hongrie.

% tribu, Hysosonnes : languette membraneuse, bilobée; mâchoires à lobes membranvux, inermes; mandibules et labre cornés, non recouverts par le chaperon; antennes de dix articles, à massue de trois, dont le premier est en forme de cupule et emboîte plus ou moins le deuxième; hanches intermédiaires obliques, contiqués; parapleures métathoraciques appendiculées; abdomen ayant six seqments, dont les cinq premiers fortement soudés ensemble.

D'après les caractères que nous venons de donner, on voit que les Insectes de cette tribu, qui sont quelquefois rangés parmi les Trogides, ne diffèrent réellement des Hybalides, dont ils ont les mœurs, que par la forme de la massue antennaire, par la présence des épimères du métathorax, et par la soudure de presque tous les segments abdominaux. Leurs premiers états ne sont pas connus, et l'on ne range dans cette tribu que cinq genres assez rares, propres à l’Europe, à l'Afrique, à quelques parties de l'Asie et à l'Amérique, et dont un seulement était indiqué par Latreille.

Fig. 98. — Hybosorus arator

C'est le genre typique des HYBOSORUS, Mac Leay (Horæ entomologicæ, t. I*'), qui renferme de petits Scarabéiens régulièrement ovales, presque parallèles, très-convexes, à élytres courtes, marquées de dix à vingt stries très-régul'ères et trés-rapprochées, glabres, sauf quelques poils fins et longs en dessous, d’une coloration noire ou d'un fauve brillant; et habitant les sables, à la surface desquels on les rencontre courant avec agilité : on n’en connaît que quatre ou cinq espèces, propres au continent indien et à l’Afrique, et le type est l'H. Iigeri, Reiche, que l’on ne doit pas confondre, comme on l’a fait jusque dans ces derniers temps, avec le Scarabæus arator, Ilig., qui est le type du genre Heteronychus, dans la tribu des Dynastides.

Les autres genres sont ceux des : — Phæochrous, Cast. (Silphodes, Westw.; Acallus et Atimus, Dej.) : quelques espèces un peu plus grandes que celles des Hybosores, à corps plus allongé, moins convexe et moins robuste, de couleur ne variant que du brun noirâtre au rouge brun peu brillant, particulières aux Indes orientales et à l'Afrique, et dont le P. Sumatrensis, Westw., se nourrit de substances animales décomposées. — Cælodes, Westw., de petites espèces de forme courte, ramassée et très-convexe, glabres, brillantes, se trouvant dans l'Amérique méridionale, vivant dans les endroits sablonneux, recherchant les excréments humains à moitié desséchés, fouillant le sol sans s'y enfoncer et volant bien et fréquemment pendant le jour. — Chætodus, Westw., un nombre assez restreint d'espèces voisines de celles du genre précédent et des mêmes pays. — Dicræodon, Erichs., une espèce, de Cayenne, D. basalis, que M. Westwood plaçait dans le genre Chæotode, — Hapalonychus, West. (Trichops, Manh.), différant des genres qui précèdent par sa massue antennaire non lenticulaire, mais oblongue et un peu arquée, à premicr article emboîtant tout à fait le deuxième : espèce typique, H, Waterhousei, de l'ile de Cuba.

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10° tribu, Trocines : corps plus ou moins arrondi; languette souvent membraneuse, de forme vaviable; mächoires à lobes habituellement membraneux, inermes; mandibules et labre cornés, à découvert; antennes de neuf ou dix articles : à massue de trois, en général lamelleuse; hanches intermédiaires courtes, souvent presque globuleuses, transversales où un peu obliques, toujours contiqués; parapleures métathoraciques simples; abdomen plan, ayant cinq segments légèrement mobiles.

Cette tribu, assez riche en espèces peu remarquables par leur système de coloration généralement sombre, grisätre, mais intéressantes par leur forme et la structure de leurs téguments, est surtout caractérisée par le nombre réduit des segments abdominaux et la disposition des membres. Les pattes de devant ne sont pas destinées à fouiller le sol, et servent uniquement à l’acte de la locomotion; les jambes antérieures ne s'élargissent pas et sont faiblement dentées : les hanches de la même paire, comme celles des intermédiaires, sont très-courtes dans le sens transversal; les élytres recouvrent tout à fait le pygidium. Au reste, ces Insectes diffèrent assez notablement entre eux dans leur faciès général, ce qui est dù à ce que les uns possèdent la faculté de contracter leur corps en boule, tandis que les autres ne l'ont pas. Leurs mœurs sont assez peu connues, surtout pour les espèces exotiques; mais, si l’on pouvait les généraliser d’après les remarques qui ont été faites pour quelques espèces européennes du genre Troæ, on devrait dire que ce sont des Insectes qui fréquentent les sables, qui ne sont pas coprophages, et se nourrissent de débris organiques.

L'histoire, plus où moins complète, des métamorphoses de deux espèces a été donnée. MM. Waterhousse et Westwood se sont occupés de celles du Trox scaber, Linné, ou arenarius, Fabr., commun dans presque toute l'Europe, et MM. Chapuis et Candèze ont décrit la larve du T. Carolinus, Dej., de l'Amérique du Sud. D'une manière générale, on peut dire que ces larves ont des segments divisés à leur partie supérieure en bourrelets transversaux, que les mandibules sont armées d'une dent au côté interne, que les antennes ont trois articles, que les palpes maxillaires en ont également trois, et que toutes les pattes sont semblables et munies d'ongles. La larve du Trox scaber à un corps composé de douze segments d'égale grosseur : les trois premiers portant chacun en dessous une paire de pattes, tous ridés en dessus, moins le prothoracique et le terminal; la tête est ronde, déprimée, à peine plus large que les segments qui la suivent, grossièrement ponctuée à sa partie antérieure; le labre est petit, transversal, muni en devant de très-petits tubercules; les mandibules sont courtes, à une seule dent intérieurement; les mächoires, armées d'épines, ont deux lobes; les antennes n'offrent que trois articles, dont celui de l'extrémité est petit. La larve du Trox Carolinus offre quelques différences avec celle du T. scaber; elle est d’un blanc sale, avec quelques longs poils épars sur le corps et sur la tête, et ses plaques prothoraciques sent d'un noir brunâtre.

Les dix ou douze genres de la tribu des Trogides peuvent, par des caractères importants, être partagés en deux groupes primaires.

A. Espèces à corps non susceptible de se contracter en boule; à antennes de dix articles; à écusson petit; à tarses ciliés ou épineux en dessous.

Le genre typique est celui des TROX (Trox, l'abr., Systema entomologica), ayant pour caractères : corps assez notablement arrondi, ovalaire, ou plus ou moins allongé; tête petite, contractile, inégale; menton transversal; palpes à dernier article ovalaire; mandibules robustes, larges, arquées; labre saillant, incliné; chaperon très-court, triangulaire; antennes à premier article arqué, dilaté, cilié : massue ovalaire, lamelleuse; écusson triangulaire; élytres oblonques ou ovales, convexes; pattes médiocres, à cuisses antérieures très-grosses, jambes de la même paire grèles, élargies à l'extrémité : jambes des quatre paires postérieures à peine élargies au bout, robustes; tarses courts, filiformes, à crochets médiocres ou petits.

Les Insectes de ce genre habitent en général les terrains sablonneux et ont le corps presque constamment couvert de terre ou de poussière. On les trouve quelquefois aux pieds des arbres, vivant de débris de substances végétales, mais ils se nourrissent plus habituellement des parties animales desséchées, et fréquentent les charognes. Ils font entendre une petite stridulation produite par le frottement de l'abdomen contre les élytres. Lorsqu'on les approche, ils inclinent la tête, replient “eurs pattes antérieures, et font les morts jusqu’à ce que le danger soit passé. Chez quelques espèces

les ailes sont incomplétement développées ou peuvent tout à fait manquer : dans d’autres ces organes existent, et leur permettent de voler avec assez de facilité, ce qu'ils ne foni guère qu'à l'approche de la nuit. Leur taille est moyenne, leur coloration sombre, leur forme oblongue ou ovalaire; leurs téguments sont solides, durs, plus ou moins raboteux en dessus; leurs élytres offrent, dans le plus grand nombre des cas, des tubercules disposés en rangees sur des côtes longitudinales garnies de petits fascicules écailleux. Selon Linné, le nom de TouwË était employé par d'anciens auteurs grecs, et son étymologie provenait du verbe rpwys, je ronge.

Fig. 99. — Trox scaber. Fig. 100. — Trox sabulosus.

Les Trox, dont on connait une soixantaine d'espèces, sont répandus sur la plus grande partie du globe; ils sont plus nombreux en Amérique que partout ailleurs, et l'Europe n’en renferme que six à huit espèces. En France, nous possédons les Trox perlatus, Seriba; hispidus, Laichart; sabulosus, Linné, et scaber, Linné, ou arenarius, Fabr., qui se retrouve également dans d’autres provinces européennes. à

Deux espèces, qui par quelques caractères différenciels se distinguent des Tr'ox proprement dits, sont devenues les types de deux genres particuliers, ce sont le : Trox horridus, Fabr., assez commun en Afrique, qui forme le genre Phoberus, Mac Leay, et le Trox suberosus, Fabr., de l'Amérique du Sud, qui a servi à l'établissement du genre Omorgus, Erichson.

Les autres genres du même groupe sont ceux des : Glaresis, Erichs., Westw. — Cryptogenius Westw., une espèce (Miersianus) de Colombie. — Anaides, Westw., une espèce (fusculatus) du même pays que la précédente. — Liparochrus, Erichs., groupe exclusivement australien, et qui jusqu'ici n’est formé que d’un petit nombre d'espèces. — Eremazus, Mulsant, groupe qui se rapporte peut-être aux Aphodides, et a pour type et espèce unique l'E. unistriatus, d'Algérie.

B. Espèces à corps susceptible de se contracter en boule; à antennes de neuf ou dix articles : le premier anguleux ou dentiforme extérieurement; à écusson très-grand; à quatre premiers articles des tarses garnis de poils longs en dessous.

Le genre principal et longtemps unique de ce groupe est celui des Acanthocerus, Mac Leay, formé d'espèces assez petites, répandues en Amérique, depuis les régions les plus boréales jusqu'au Chili, toutes très-contractiles, de telle sorte que pendant la contraction le corps forme une sphère incomplète, qui sont parées de teintes métalliques, et qui se trouvent sous les écorces humides dans le bois en décomposition. — D’autres genres démembrés de celui-ci par Germar sont ceux des : Clæotus, Sphæromorphus et Symarmostes, les deux premiers américains, et le dernier particulier à Madagascar.

4° tribu, Géornurines : corps ovalaire; tête médiocre; languette variable; yeux en général coupés par les joues; mâchoires à lobes le plus ordinairement cornés, avec l'interne denté, mais parfois coriaces et inermes; mandibules et labre cornés, découverts : les premières très-saillantes; antennes de onxe articles, à massue de trois, et de forme variable; corselet très-bien développé; pattes fouisseuses; tarses courts, grèles, munis de crochets peu robustes; jambes antérieures souvent crénelées sur la tranche externe et terminées par deux éperons; hanches intermédiaires plus ou moins obli-

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j COLÉOPTÈRES. 115

ques; élytres recouvrant à peu près complétement le pygidium; parapleures métathoraciques appendiculées; abdomen très-court, à segments tous libres, et au nombre de six.

Le meilleur caractère des Géotrupides se trouve dans le nombre des articles des antennes, car ce sont les seuls Scarabéiens qui offrent cette particularité importante. D'autres caractères de première valeur se rencontrent dans la brièveté de l'abdomen, et, par suite, dansletrès-grand développement du corselet, et dans la force des pattes, qui démontrent que ces Insectes sont essentiellement fouisseurs. Les organes buccaux sont assez variables : chez les uns, ils sont construits sur le plan de ceux des Coprides, et chez les autres, sur celui des Orphnides et de certains Aphodides; mais nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de ces organes. Les différences sexuelles sont encore assez apparentes; en effet, la tête porte très-souvent une corne, un tubercule ou une carène dans les mâles, et cette même disposition se reproduit, à un degré plus prononcé, sur le corselet : un fait qui doit encore être signalé, c’est que, contrairement à ce qui a lieu habituellement dans les autres Coléoptères, les mâles ont souvent une taille supérieure à celle des femelles. Une particularité, indiquée par M. Th. Lacordaire, et que nous devons rapporter parce qu’elle montre, selon nous, le rapport qu'il y a sous ce point de vue entre les Géotrupiens et les Coléoptères de la famille des Lucaniens qui va suivre, se trouve dans les cuisses : celles de devant, dâns les deux genres Geotrupes et Lethrus, offrent une tache soyeuse d’un jaune doré, semblable à celle que l’on remarque chez les Lucanus, et, dans les autres genres, cette tache est remplacée par une ligne de petits poils fins s’étendant dans toute la longueur de la face interne de ces organes, et rappelant tout à fait celle que l’on voit chez les Passalus.

Fig. 101. — Geotrupes stercorarius Fig. 102. — Bolboceras (Odontæus) mobilicornis.

Les Géotrupides sont de taille au moins moyenne et presque toujours assez grande. Ils sont répandus sur toute la surface du globe, assez nombreux spécifiquement, mais restreints à un petit nombre de coupes génériques. Leur coloration n'est habituellement pas très-brillante, quoiqu'il y ait quelques exceptions à cette règle, et que même quelques-unes de nos espèces européennes, tout en ayant des teintes uniformes, soient plus belles que nos Coprides, par suite d’un vernis parfois brillant dont elles sont recouvertes. Leurs mœurs sont assez variées, mais l'on peut dire que la plupart des espèces, surtout celles du genre Géotrupe, sont essentiellement coprophages. En effet, les Géotrupes, que l'on a pu mieux observer que certains autres groupes de la même tribu, en raison de leur existence moins souterraine et moins nocturne que celle d'autres genres de la même division, recherchent les déjections excrémentitielles de l'Homme, des Chevaux et des Ruminants, creusent sous ces matières des trous perpendiculaires ou obliques, dont ils s’éloignent peu pendant le jour, ou à l'ouverture desquels ils se trouvent cramponnés pour satisfaire leur appétit: c'est là aussi qu'ils vont se réfugier en cas de danger; mais, aux approches de la nuit, ils quittent ces lieux retirés pour se mettre à la recherche d’une proie nouvelle ou pour effectuer le rapprochement des sexes. Comme les Hannetons, avant de prendre leur vol, ils donnent à leur abdomen un mouvement de va-et-vient considérable, l’abaissent pour permettre à l'air de pénétrer sous les élytres, entr'ouvrent et referment celles-ci brusquement et à plusieurs reprises pour faire entrer dans leur corps massif une plus grande quantité de fluide aérien, puis se dressant sur leurs pieds de derrière,

ils essayent de prendre leur essor : mais souvent leur premier coup d'air, frappant avec trop de force, les rejette en arrière sur le dos, et ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois. Leur vol est court, lourd, sinueux, et ils ne font guère que raser la terre, ne s’élevant pas beaucoup; l'influence atmosphérique semble agir fortement sur eux, et c’est seulement dans les chaudes soirées qu’on les apercoit en grand nombre. La plupart d’entre eux, au moins tous les Géotrupes, possèdent des organes de stridulation qui consistent, comme l'ont montré Erichson et M. Westring, en une faible saillie striée transversalement et placée au bord postérieur des hanches de la dernière paire de pattes, laquelle, lorsque ces hanches se meuvent, frotte contre le bord postérieur de la cavité cotyloïde, qui est fermé par le bord antérieur du premier segment de l'abdomen. Si l’on s'approche d’eux et qu'on cherche à les prendre, ils se renversent souvent sur le sol avec une immobilité complète, ils étendent leurs pattes avec une roïdeur remarquable, et simulent ainsi l’état de mort. Malgré cela plusieurs Oiseaux leur font une chasse incessante, et l'on cite l’un d’eux, l'Écorcheur ou Lanius celluriæ, Gm., qui les emporte en grand nombre et les embroche aux épines du prupelier pour les retrouver au besoin quand l'appétit se fait sentir. Ils ont encore d’autres ennemis, et sont communément tourmentés par un Acarien, le Gamasus coleopterorum, qui s'attache souvent à eux en grand nombre. Dans d’autres genres, ces habitudes se modifient plus ou moins considérablement. C’est ainsi que les Athyreus se trouvent bien encore dans les substances stercoraires, mais il est probable qu'ils n’en font pas uniquement leur nourriture, et que les Lethrus ont un régime tout à fait végétal.

Les métamorphoses d’une seule espèce, le Geotrupes stercorarius, Linné, si commun dans toute l'Europe, ont été observées. Frisch (Beschreib. von all. Ins., 1720) a, le premier, donné de bons détails à ce sujet, et Herbst (Naturg. all. bec. Ins., 1789) n’a guère fait que les reproduire; M. Mulsant, de son côté, en 1842, dans son Histoire des Coléoptères de France (Lamellicornes), a étendu considérablement les observations de Frisch, en les complétant: enfin, Erichson (Naturg.der Insekt. Deutschl., 1848), de même que nous croyons devoir le faire ici, n’a fait que reproduire ce qu'en dit le savant entomologiste lyonnais : ( Quand la femelle, dit M. Mulsant, se prépare à sa ponte (ce qui, pour le plus grand nombre, a lieu en automne), elle creuse un trou quelquefois de quinze pouces et même plus de profondeur. On dirait qu’en descendant aussi bas dans le sol elle prévoit que les jours de la larve dont la naissance aura lieu pourraient être menacés par la bêche du jardinier ou par la charrue du laboureur, si elle rapprochait davantage de la terre la demeure qu’elle lui prépare. Ses mandibules cornées, qui lui font à peu près l'office d'un groin de pore, ses pattes (les antérieures surtout), fortes, tranchantes et dentelées, sont les instruments que Jui a donnés la nature pour parvenir à son but. Avec leur aide, l'espèce de puits qu’elle entreprend est bientôt achevé. Il est probable qu’elle y monte et descend plusieurs fois pour percer Ja paroi de cette galerie verticale, et lui donner une dureté analogue à celle du pisé. Ges préparatifs terminés, elle construit dans le fond, et le plus souvent avec de la terre, une sorte de nid ou de coque ovoïde ouverte d’un côté. Dans ce berceau artistement uni par sa paroi interne, elle colle un œuf blanchâtre de la grosseur d'un grain de froment; puis elle entraine et entasse au-dessus de la niche qui a recu son dépôt les matières stercorales placées à sa portée, de manière à en former une espèce de saucisson de trois ou quatre pouces de longueur. On en trouve quelquefois deux, rarement trois sous une même bouse. Le nombre des pontes semble assez limité. L'œuf déposé reste à peine huit jours dans cet état. Il en sort bientôt une larve, analogue, pour la forme, à celle du Hanneton, d'une couleur ardoisée et revêtue d'une peau dont la délicatesse craindrait les moindres injures. Heureusement elle n’en a point à redouter. Elle s’engraisse en s’élevant progressivement dans l'espèce de tuyau rempli d'aliments à sa convenance, et comme celle de divers Coprides, par une exception qui n'avait pas encore été signalée dans l’ordre nombreux des Coléoptères, ne change de peau que pour passer à l'état de nymphe. Quelque temps après a lieu sa dernière métamorphose. Quand la ponte se fait dans le milieu ou vers la fin de l'automne, la transformation en Insecte parfait s’opère au commencement du printemps, ou même quelquefois vers la fin de l'hiver, si le temps est doux. » La larve a pour caractères : corps cylindroïde, courbé en dedans, d'un blanc sale sur une faible partie des premiers segments, et d'un gris bleuâtre ardoisé sur le reste du corps; tête convexe; labre membraneux, trilobé; mandibules fortes, cornées, arquées, à trois dents à l’extrémité, munies au mileu du côté interne d'une dent trifide et d’une autre dent à la base; mâchoires formées de deux

divisions presque cylindriques; palpes : maxillaires de quatre articles : labiawx de deux; antennes de quatre articles, le troisième renflé et obliquement coupé au sommet et le dernier plus grêle; pattes membraneuses, hérissées de poils roïdes, peu nombreux, bilobées à l'extrémité et pourvues d'ongles très-petits.

Cette tribu, qui est un démembrement des Arénicoles de Latreille, ne renferme que six groupes génériques, tous assez bien caractérisés, et dont quelques-uns ont été partagés en genres qui n’ont pas été adoptés par Erichson et par M. Th. Lacordaire

Le genre typique est celui des GÉOTRUPES (Geotrupes, Latreille, Précis des caractères généraux des Insectes), dont la dénomination est tirée des deux mots grecs : 4, terre, et rpurww, je perce, et qui est surtout caractérisé par la massue des antennes lamelleuse. Les caractères spéciaux de ces Insectes sont les suivants : menton transversal, un peu rétréci, très-échancré en avant dans le plus grand nombre des cas; languette membraneuse, très-velue; mâchoires à labres coriaces, barbus, l'externe trigone et très grand; palpes à dernier article presque fusiforme; mandibules saillantes, arrondies en dehors, concaves en dessus; labre saillant, transversal, un peu sinué en avant; tête médiocre; chaperon rhorboïdal, rebordé; antennes robustes, à massue lamelleuse; corselet transversal, légèrement plus large que les élytres, coupé presque carrément à la base, régulièrement cylindrique ou déprimé, et anquleux sur les côtés; écusson petit ou médiocre, triangulaire; élytres ovales, oblongues ou hémisphériques; pattes robustes, à hanches intermédiaires contiqués, à jambes antérieures multidentées, les quatre postérieures quadrangulaires, un peu arquées; éperons de toutes les jambes allongés; tarses gréles, très-courts.

Les Géotrupes sont pour la plupart d'assez grande taille; la forme de leur corps varie beaucoup, car ils peuvent être, suivant les espèces, oblongs ou à peu près cylindriques, ou, au contraire, presque tout à fait hémisphériques, et offrent tous les passages entre ces formes opposées. Leurs téguments peuvent être lisses ou présenter des stries nombreuses. En dessus ils sont glabres, mais en dessous le corps est garni de poils en général courts et assez rares. Leurs couleurs, constamment uniformes, varient depuis le noir profond jusqu'au bleu assez clair, ou violet, ou vert doré ou bronzé, et cela parfois dans la même espèce, ce qui, à une époque où l'on se servait beaucoup plus de la coloration pour caractériser les espèces qu’on ne le fait aujourd’hui, a dù considérablement embrouiller la synonymie spécifique. La plupart des espèces, comme le Geotrupes stercorarius, dont nous avons décrit les mœurs et les métamorphoses, vivent dans les matières exerémentitielles; quelques espèces se trouvent dans les matières organiques en voie de décomposition, et parfois dans certains champignons.

Trois genres ont été formés aux dépens des Geotrupes, et, comme le propuse Erichson, ne doivent probablement être considérés que comme des divisions d'un seul et même groupe naturel. Ce sont : 4° les Typnæus, Leach (Ceratophius, Fisch. Wald., ou Armideus, Liegl.), à corselet muni de une à trois cornes très-développées dans les mâles, et presque rudimentaires dans les femelles, et à second article des antennes tout à fait à découvert lors de la contraction de la massue antennaire; type, notre Geotrupes typhæus, Linné, entièrement d'un noir luisant, que Geoffroy nommait le Phalangiste, qui se trouve plus ou moins rarement dans toute l'Europe, et habite surtout les régions montagneuses méridionales; 2° les Géornures, Latr., à corselet inerme, et à second article des antennes en partie caché lors de la contraction de la massue antennaire; c’est le groupe le plus nombreux, et, parmi les espèces européennes, quatre se rencontrent en France, les : Geotrupes stercorarius, Linné, vulgairement appelé Fouille-merde, variable pour les teintes du corps, et commun partout, hypocrita, Schneïd., noir, à reflets brillants ou verdâtres, un peu plus rare que le précédent; syluaticus, Panz., bleuâtre, que l’on trouve surtout dans les bois soit dans les bouses, soit plus habituellement au pied de diverses substances cryptogamiques, et vernalis, Linné, assez

. petit, convexe, d'un bleu violätre, répandant une odeur musquée assez prononcée, et se trouvant surtout au printemps et en automne, tandis que les autres sont plus estivales; et 3° les Tnorecres, Mulsant, à second article des antennes tout à fait caché lors de la contraction de la massue antennaire, à élytres souvent soudées ensemble, et qui n'ont que des rudiments d'ailes ou en sont même complétement privées; quelques espèces essentiellement hémisphériques, et surtout propres au bassin de la Méditerranée, et dont le type, qui habite nos provinces méridionales, est le Geotruper lævigatus, Fabr., d'un noir peu luisant et entièrement lisse.

D'une manière générale, et en comprenant le genre avec toutes les divisions que nous y avons laissées, on peut dire que les Géotrupes, dont on a décrit cinquante ou soixante espèces, abondent surtout dans les parties tempérées de l’hémisphère boréal, principalement dans l’ancien continent. Les espèces sont moins abondantes dans l'Amérique septentrionale, et dans les parties méridionales du même continent, on n'en a signalé qu'au Chili. Dans les Indes orientales, on n’en trouve que dans l'Himalaya. Enfin, en Afrique, elles semblent confinées auprès des bords de la Méditerranée, et quelques-unes des espèces qu’on y prend se retrouvent aussi dans le sud de l'Europe.

Un genre très-remarquable, offrant quelque analogie avec celui des Géotrupes, mais qui s’en distingue facilement, est celui des LETHRUS, Scopoli, Introd. ad Hist. nat. (Clunipes, Hochenw), surtout distinct de tous ceux de la même tribu par la massue de ses antennes conique, et à premier article emboîtant le second : ce sont des Insectes de taille moyenne ou assez grande, très-convexes, et dont l’arrière-corps égale à peine en grandeur le corselet et la tête réunis, et qui offrent un grand développement; leurs couleurs sont d’un noir profond parfois bronzé; les pattes seules sont ciliées ou velues. Leur régime est essentiellement végétal, comme le montre la disposition de leurs organes buccaux; ils grimpent sur divers végétaux pour en couper les feuilles et les jeunes pousses, qu'ils emportent, en descendant à reculons, dans les trous qu’ils perforent dans le sol, et dans lesquels il y a toujours, dit-on, un mâle et une femelle qui vivent ensemble; le mäle se défend avec courage contre les individus de son sexe qui cherchent parfois à s’y introduire, et la femelle y effectue probablement sa ponte: ce genre est presque exclusivement asiatique, et répandu depuis la Russie méridionale jusque dans le fond de la Sibérie : une espèce cependant, le Lethrus cephalotes, Fabr., étend plus loin son habitat, et se trouve encore dans les parties méridionales de l'empire d'Autriche. — Le L. dispar, de la Russie méridionale, est le type du genre Ceratodirus, Fischer de Waldheim, dans lequel les mâles ont trois cornes mandibulaires, tandis qu'il n’y en a habituellement qu'une ou deux dans les autres espèces.

Les derniers genres sont particulièrement distingués des autres par la massue des antennes grande et lenticulaire. Le plus important de tous, et le seul qui ait des représentants en Europe, est celui des BOLBOCERAS, Kirby (Trans. of the Lin. Soc., t. IL), dont la dénomination (8:28, bulbe, et z:o4, corne) rappelle la particularité que nous venons de signaler, et qui se distingue surtout par son corps presque hémisphérique; ses mandibules terminées l'une en pointe et l'autre par deux dents; par ses mächoires à deux lobes : le supérieur lacimié et l'inférieur formé de deux crochets; par son menton échancré; par ses antennes à deuxième article plus long que le troisième; et par son écusson plus long sur les côtés qu’à la base : les espèces de ce groupe, dont on signale près de cent espèces, sont ovalaires, remarquables par leur tête et leur corselet pourvus de carènes, de cornes ou de saillies plus ou moins prononcées, souvent très-singulières dans les mäles, et qui s'oblitèrent en partie dans les femelles; elles sont répandues sur presque tout le globe, et particulièrement aux Indes orientales et en Australie : c’est dans ce dernier pays que se trouvent les espèces les plus remarquables et par leurs formes et par leur taille : les espèces européennes se rencontrent, mais rarement, sous les excréments à demi desséchés des animaux herbivores et même de l'Homme, mais il semble, par leur conformation, qu’elles doivent être plus essentiellement carnassières; on les prend parfois au vol à l'entrée de la nuit, et, d'après les observations de M. le docteur Aubé, elles seraient essentiellement nocturnes, car il a pu en trouver en assez grande quantité des débris dans l'estomac d'Oiseaux de nuit. Les espèces de la faune française sont les : Bolboceras mobilicornis, Fabr., la moins rare de toutes, qui est presque hémisphérique, d’un noir luisant en dessus; et gallicus, Mulsant, qui a la même forme et la même couleur que la précédente, mais qui se distingue par quelques caractères spéciaux. — Quelques espèces sont devenues les types de genres particuliers qui ne sont pas adoptés par tous les auteurs; tels sont les : Ecepuosromus, Mac Leay, créé

pour une espèce d'Australie (proboscideus, Schrb.), dans laquelle le mäle a le chaperon prolongé en

une sorte de rostre où de trompe, à l'extrémité duquel sont placés les organes buccaux; Eucanruus, Westw. (type, B. Melibœus, de l'Amérique septentrionale), à corps plus convexe que dans les Bolboceras proprement dits, à corselet non concave en avant, et à stries des élytres moins nombreuses; et surtout Ononrzæus, Meg., Klug (Ceratophyus, Fisch. Wald.), renfermant deux espèces, notre B. mobilicornis, et une espèce de l'Amérique du Nord (0. filicornis, Say), dont les yeux sont complétement divisés, ce qui n’a lieu qu'incomplétement dans les Bolboceras types.

Enfin les deux derniers genres sont ceux des : Srexasrinius, Westw., fondé sur une seule espèce (nigricornis), de la Nouvelle-Hollande, qui paraît établir le passage des Bolbocères aux Athyreus, et qui ont les hanches intermédiaires contiguës comme les premiers, et, contrairement à ce qui a lieu dans les derniers, qui ont les mêmes organes, fortement séparés.—Aruvreus, Mac Leay, groupe nombreux en espèces, surtout abondantes en Amérique, mais qui existent aussi dans les Indes orientales et en Afrique: ils sont de taille moyenne ou assez grande, de forme courte et ramassée, très-villeuse en dessous, et à corselet développé au point de former parfois la moitié du corps en affectant des formes singulières, surtout dans les mâles.

Fig 105. — Brachyterinus prosium. Fig. 104. — Diphucephala serrcea. Fig. 105, — Plectris tomentoss

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