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A. Lucannes, Lucanidi : antennes fortement coudées, glabres ou peu velues; labre très-petit ou confondu avec le chaperon; màchoires terminées par un lobe membraneux ou coriace, très-soyeux, en forme de pinceau, sans dents ou n’en offrant qu’une au plus; languette, soit entièrement cachée ou incorporée avec le menton, soit divisée en deux lobes étroits, allongés, soyeux, plus ou moins saillants au delà du menton; éeusson situé entre les élytres. Ges Insectes, qui forment les genres : Sinodendron, Æsalus, Lamprima, Ryssonotus, Lucanus, Platycerus et Syndesus, constituent notre tribu des Lucanipes.
B. Passaues, Passalidi : antennes simplement arquées ou peu coudées et velues; labre toujours découvert, erustacé, transversal; mandibules fortes, très-dentées, mais sans disproportions sexuelles très-remarquables; mâchoires tout à fait cornées, avec deux fortes dents au moins; languette pareillement cornée ou très-dure, située dans une échancrure supérieure du menton, et terminée par trois pointes; abdomen porté sur un pédicule, offrant l’écusson en dessus, et séparé du corselet par un étranglement ou un intervalle notable. On place dans cette division, qui correspond à notre tribu des Passauipes, les genres des Passalus, Paæillus, etc.
VINGT-HUITIÈME FAMILLE PIMÉLIENS. PIMELII. Blanchard, 1845.
Antennes en tout ou en partie grenues, moniliformes, presque de la même grosseur partout où légèrement renflées à leur extrémité, insérées sur les bords latéraux de la tête, et dont le troisième article est généralement allongé; mandibules courtes, bifides où échancrées à leur extrémité; machoires présentant une dent cornée ou onglet au côté interne dans le plus grand nombre des cas, mais parfois remplacé par des poils roides; yeux oblongs, peu saillants; tête non rétrécie en arrière en forme de cou; élytres souvent soudées; aîles proprement dites manquant le plus habituellement; pattes postérieures très-rapprochées des intermédiaires; tarses de cinq articles aux pattes antérieures et intermédiaires, et de quatre seulement aux postérieures : l'avant-dernier article constamment entier; coloration générale ordinairement noire ou cendrée, et sans mélange.
La famille des Piméliens correspond à l’ancien genre Tenebrio, de Linné, et a surtout pour type le groupe des Pimelia de Fabricius; elle répond à la première famille des Hétéromères de Latreille; celle des MÉLasomEs (p2hze, pshavoc, noir; couz, Corps), dont quelques entomologistes ont fait, dans leur manie de rectification orthographique, leurs Melanosomes. Du reste, les limites de la famille des Piméliens ne sont pas tracées d'une manière bien positive : Latreille y comprend trois subdivisions primaires, les Piméliaires, les Blapsites et les Ténébrionites, qui seront pour nous des tribus particulières; Erichson les réunit aux Taxicornes et Hélopiens de Latreille, sous la dénomination commune de Ténébrionides; enfin Dejean, et surtout Solier, dans un travail monographique commencé en 1834 dans les Annales de la Société entomotogique de France, et terminé il y a quelques années à peine dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Turin, ne réunissent ensemble que les Piméliaires et les Blapsides, pour en faire, le premier, ses Mélasomes, et le second ses Collaptérides, et les Ténébrionides constituent une division spéciale. En effet, on doit convenir que, si d’un côté les Mélasomes proprement dits se lient aux Ténébrionites par des caractères importants, ils s’en distinguent aussi par des particularités qui ne sont pas sans valeur, comme on le verra lorsque nous exposerons les caractères des diverses tribus; d’un autre côté, avec un ensemble par
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Fig. 1. — Adelium dilaticornis Fig. 2 — Erymanthus variolatus
li. 3. — Prionotheca coronata
Dig. 4. — Hyphoreon reflezus Fig. 5. — Grathophanes vulveripenns
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faitement homogène, ils offrent aes caractères bien peu tranchés pour être distingués de quelquesunes des familles suivantes, principalement des Diapériens et des Hélopiens. Mais cependant il serait difficile de réunir dans une même division des Insectes qui s'éloignent beaucoup les uns des autres par plusieurs caractères assez importants; ils est à regretter que l’on ne connaisse encore que trèspeu les métamorphoses des espèces de ces diverses familles, car il n'est pas douteux qu’on en recueillerait des renseignements propres à fixer les entomologistes sur la valeur des Piméliens, Diapériens et Hélopiens; les premiers, toutefois, se distinguent des suivants par leurs mâchoires munies d'un onglet; mais c'est une différence prononcée qui n'existe pas dans plusieurs cas, cer l'onglet paraît quelquefois remplacé par de simples épines roides; d’autres caractères, propres aux Piméliens, se trouvent encore, comme nous l'avons dit, dans leur tête, qui n'est jamais rétrécie en arrière en forme de cou, dans leurs antennes moniliformes ou un peu épaisses à l'extrémité, et insérées sous les prolongements latéraux de la tête, dans leurs mandibules courtes, à pointe bifide, dans leurs yeux oblongs, peu saillants, dans leurs élytres presque toujours soudées et ne recouvrant pas les ailes quand elles existent, dans leurs tarses, dont le pénultième article est entier, ete. En outre, mais cela ne peut être un caractère véritablement scientifique, presque toutes les espèces sont d’une couleur noire ou cendrée, et sans mélange (d'où vient leur nom de Mélasomes); mais il y a des exceptions à cette règle, qu'on a crue générale pendant longtemps : un petit nombre d'espèces présentent de légers reflets métalliques, et d’autres, particulièrement plusieurs de celles de l'ile de Fernando-Po, offrent des élytres blanches ou jaunes; on peut dire cependant, sans s'écarter de la vérité, que les Piméliens n'ont pas, même dans les régions tropicales, la brillante parure que l'on remarque chez tant de Colcoptéres, et que leurs teintes sont toujours sombres.
Fig. 113. — Gyriosoma Hopei. Fig. 114. — Sepidium cristatum
L'anatomie intérieure des Piméliens a été faite assez complétement. Suivant M. Léon Dufour (Ann. Soc. ent., première série, tomes IIL et V), l'insertion des vaisseaux biliaires se fait à la face inférieure du cœeum par un seul tronc tubuleux, résultant de la confluence de deux branches fort courtes, composées elles-mêmes de la réunion de trois vaisseaux biliaires. La’ bile est jaune, quelquefois brune ou violette. Le tube alimentaire est long, et sa longueur, dans les Pimélies proprement dites, est triple de celle du corps; l’æsophage est long et débouche dans un jabot lisse ou glabre à l'intérieur, assez développé et formant une poche ovoïde logée dans la poitrine : il est garni à l'intérieur de plissures ou colonnes charnues longitudinales, aboutissant, dans quelques Erodius et Pomelia, du côté du ventrieule chylifique, à une valvule formée de quatre pièces principales, cornées, ovalaires et conniventes; le ventricule chylifique est allongé, flexueux ou replié, le plus souvent hérissé de petites papilles semblables à des points saillants, et se termine par un bourrelet calleux en dedans, et où a lieu la premiére insertion des vaisseaux biliaires. Le jabot est très-apparent dans plusieurs espèces, comme les Pimélies ei les Akis, et existe probablement dans tous les Piméliens. Un appareil salivaire se trouve dans quelques espèces : cet appareil consiste en deux vaisseaux ou tubes flottants, tantôt parfaitement simples, comme dans les Asida, tantôt irrégulièrement rameux, de même que dans les Blups. M. Marcel de Serres, dans ses observations sur les usages des diverses par-
ties du canal intestinal des Insectes, publiées dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle, a aussi étudié avec beaucoup de soin la texture des tuniques du canal alimentaire. Le tissu adipeux est plus abondant dans les Piméliens que dans les autres familles de l'ancienne division des Hétéromères; aussi peuvent-ils, même étant piqués et fixés avec une épingle, vivre près de six mois sans prendre de nourriture, ainsi que les Akis l'ont surtout montré. En terminant ces remarques anatomiques, nous ajouterons, avec Latreille, que ce que M. Léon Dufour nomme ventricule chylifique est pour M. Marcel de Serres l'estomac, et, relativement à d’autres Insectes, le duodénum : ce qu'il appelle intestin grêle doit aussi être considéré comme le cœæcum.
L'histoire des métamorphoses des Piméliens est encore assez peu avancée; cependant l’on connaît bien les larves d’une Akis, du Ténébrion et de plusieurs blaps. Les larves de l’Akis punctata ont été étudiées avec beaucoup de soin par M. Mulsant (Mém. Soc. Lin. de Lyon, 1844); celles de plusieurs Blaps ont été décrites et figurées : pour les B. producta et fatidica, par M. E. Perris (Ann. Soc. ent. de Fr., 1852), et ce dernier aussi par M. Letzner;, pour le B. mortisaga, par MM. Haliday et Westwood, et pour le B. obtusa, par MM. Chapuis et Candèze, qui en donnent une bonne figure; une larve, attribuée à l'Opatrum pygmaæus, a été indiquée par Fischer de Waldheim, dans l’Oryctographie du Gouvernement de Moscou, 1830 ; M. Bouché a parlé de la larve du Crypticus glaber. Entin, Frisch, de Géer, Olivier, Latreille, Posselt, Sturm, Westwood, Chapuis et Candèze ont décrit complétement les transformations du Tenebrio molitor, et M. Westwood à dit quelques mots d’une autre espèce (obscurus) du même genre.
Les femelles pondent en général leurs œufs dans l’intérieur des bois en décomposition plus où moins avancée, et c’est là que naissent et se développent les larves, qui mettent au moins une année avant de parvenir à leur état de nymphes. Ces dernières, qui semblent constituées sur le même plan que celles de la plupart des autres Coléoptères, ne restent pas longtemps sous ce dernier état et donnent bientôt l'Insecte parfait. Quelquefois les métamorphoses ont lieu dans l'intérieur de la terre ou plutôt du sable. Quelques-unes nous sont très-nuisibles, car elles se trouvent dans nos habitations et dans nos magasins, et dévorent plusieurs matières de première nécessité pour l'Homme : c'est ainsi que la larve du Tenebrio molitor se nourrit presque exclusivement de farine et d’autres substances analogues, et que les larves de Blaps se trouvent dans les lieux humides, comme les caves et celliers, et détruisent les bois qui s’y trouvent. D'une manière générale, ces larves sont cylindriques, un peu déprimées, et ressemblent beaucoup à celles des Élatériens, dent elles se distinguent par la conformation des parties de la bouche, et notamment par la soudure du lobe avec la partie basilaire des mâchoires, par leur chaperon et leur lèvre supérieure visibles. Un bon caractère distinet'f se trouve encore dans la forme particulière des appendices anaux servant à la progression. Nous reviendrons plus tard sur plusieurs de ces larves; mais nous devons ajouter qu’elles ressemblent tout à fait à celles des Diapériens et des Helpiens, ce qui a engagé Erichson à réunir ces derniers Insectes aux Piméliens. D’après ce que nous venons de dire, on voit que ces larves ont toujours une gracilité assez grande, et, ce qu'il y a de très-remarquable, c’est que les plus grôles, comme celles des Akis, sont celles aussi qui donneront des Insectes, à l’état parfait, à corps trèscourt et rameux, et presque orbiculaire. Comme type de ces larves, nous croyons devoir donner immédiatement la description complète de l’une d’entre elles, celle du Tenebrio molitor, qui peut être prise pour type, et nous ferons connaître plus tard les différences que l’on remarque dans les autres. Cette larve, qui se nourrit particulièrement de substances farineuses, a une tête arrondie, cornée, convexe à sa partie supérieure, et à bouche dirigée en bas; les antennes sont articulées sur les côtés de la tête, immédiatement au-dessus des mandibules, de quatre articles : le premier court, le deuxième et le troisième plus allongés, le quatrième très-petit et grêle, presque sétacé, tronqué au bout, avec une soie terminale; le chaperon est séparé de la plaque sus-céphalique par un sillon transversal, rétréci à sa partie antérieure; la lèvre supérieure est cornée, arrondie en avant; les mandibules, non saillantes, sont fortes, terminées par une extrémité bifurquée, et très-rapprochées de la lèvre inférieure, formées d’une pièce cardinale dirigée obliquement, d’une pièce basilaire terminée par un lobe inarticulé, triangulaire, cilié sur son bord interne; les palpes maxillaires sont de trois artieles : les deux premiers égaux en grosseur, et le troisième petit, grêle; la lèvre inférieure est composée d'un menton allongé, charnu, de pièces palpigères libres, de deux palpes labiaux biarticulés et d’une petite languette grêle, simple, charnue; les segments thoraciques, peu
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différents entre eux, sont recouverts d’écussons cornés; les pattes sont de médiocre longueur, for
mées d’une hanche conique appliquée contre le corps et dirigée obliquement en dedans, d’un tro
chanter assez gros, bien distinet de la cuisse, d’une cuisse et d’une jambe presque d'égale longueur, et enfin d’un tarse peu développé, simple, crochu; les segments abdominaux, au nombre de neuf, sont partagés en dessus et en dessous par des éeussons cornés ou parcheminés : les supérieurs trèsdéveloppés, et les inférieurs moins larges : ces segments sont plus ou moins allongés, égaux en largeur, ce qui donne à ces larves une forme cylindrique : le segment terminal, diversement conformé, est souvent muni de deux pointes crochues à son extrémité; l'anus fait saillie vers le bas, et est accompagné de deux appendices latéraux servant à la locomotion; les stigmates sont au nombre de neuf paires, dont huit sur les huit premiers segments abdominaux, situées vers l'angle antérieur des éeussons dorsaux : le neuvième est placé sur la partie inférieure du mésothorax, près du bord antérieur.
* La rôle que les Piméliens jouent dans l'ensemble de la création n’a rien de brillant ni qui soit directement ou indirectement utile à l'Homme, et, au contraire, quelques-uns, ainsi que nous l'avons dit, lui sont nuisibles. Leur rôle consiste principalement à peupler les lieux arides et sablonneux, les ruines, les déserts, où, sans eux, la vie animale n’est qu'imparfaitement représentée. Us sont par conséquent aux autres Coléoptères, ainsi que le fait remarquer M. Th. Lacordaire, ce que sont aux végétaux phanérogammes les Cactées et les Ficoïdes : il leur faut, comme à ces dernières, à la fois un sol sec et une température élevée : partout où ces deux conditions existent, les liméliens pullulent. Les contrées où ils abondent surtout sont : l'Afrique dans presque toute son étendue, le grand plateau central de l'Asie, et en Amérique une -immense région dont les Andes forment le centre, et qui s'étend depuis le Chili méridional jusqu’au nord de la Californie. L'Europe, par conséquent, qui n’a ni de grands espaces arides ni une haute température, n’en possède qu'un très-petitnombre, comme quelques Ténébrions, Blaps, Opatres, ete., en dehorsdeses parties les plus méridionales, qui renferment plusieurs des espèces que l’on retrouve dans le nord de l'Afrique, tels sont : des Pimelia, des Akis, ete. Ils sont surtoutahondantssur les bordsde la mer, dans lesterrains imprégnés de sel : les bords de la Méditerranée en fournissent beaucoup. Du reste, le nombre des espèces est assez considérable, et les catalogues des entomologistes en indiquent plus de trois mille. Leur nourriture ordinaire paraît consister en détritus de végétaux ou matières décomposées; il en est qui vivent de débris d'animaux, et quelques-uns même attaquent ces derniers vivants lorsqu'ils ont peu de consistance, tels que les chenilles et autres larves, et d’autres, comme les Akis, vivent de matières excrémentitielles, à la manière des Coprides. Beaucoup d’entre eux se recouvrent pendant la vie d'une efflorescence blanchätre plus ou moins abondante, et qui se reproduit après avoir été enlevée. Comme on pouvait le penser d’après l'inspection de certaines parties de leur organisme, ces [Insectes ont des habitudes nocturnes, évitentsouvent la lumière et recherchent lesendroits obseurs. Presque tous vivent à terre, soit dans le sable, soit sous les pierres, soit dans les cavités des murailles ou du terrain, et souvent aussi dans les lieux bas et sombres des maisons, comme les caves, les écuries, les celliers, etc. Leurs mouvements sont lents, et ils paraissent marcher avec quelque difficulté : mais leur vitalité est plus grande sous l’action d’un soleil brülant que sous la température de nos régions septentrionales.
La place sériale que doivent occuper les Piméliens est assez difficile à déterminer. C'est pour suivre le plus possible la classification de Latreille que nous les laissons auprès des Lucaniens; cependant quelques-uns de leurs genres se rapprochent assez notablement de ceux-ci. Erichson les rapproche des Cissiens et des Bostrichiens, eux-mêmes voisins des Ptinioriens, Clériens et Malachiens. Enfin, M. É. Blanchard dit que ces Loléoptères offrent quelques ressemblances avec les Carabiques, tout en présentant aussi de très-grandes différences, et il ajoute qu’il lui semble évident que les Carabiques n'ont pas d'affinités plus manifestes qu'avec les Piméliens, si ce n’est avec les Dytisciens, auxquels ils sont encore plus étroitement liés. Pour nous, nous ne croyons pas, dans l'état actuel de la science, pouvoir nous prononcer sur ces divers rapprochements.
Linné plaçait tous les Insectes qui nous occupent dans le seul genre Tenebrio. Fabricius fonda les genres Pimelia, Erodius, Sex idium, Eurychora, Akis, Scaurus, Blaps, Platynotus, Opatrum, Pytho, Hypophlœus, ete. Latreill: en créa un beaucoup plus grand nombre. Dejean, dans ses Cataloques, en indiqua aussi beaucoup, mais sans en donner les caractères; et, de leur côté, plusieurs
entomologistes, tels que Eschscholtz, Germar, Klug, Kirby, Herbst, MM. Gray, Fischer de Waldheim, Perty, Mulsant, Guérin-Méneville, Ê. Blanchard, Lucas, ete., en établirent une assez grande quantité, Mais le seul travail monographique à peu près complet que nous ayons sur ces Insectes est dû à M. Solier, qui l’a publié dans les deux ouvrages que nous avons déjà cités, ainsi que dans un autre travail sur les Coléoptères du Chili : tirant ses caractères de particularités quelquefois minutieuses et de peu de valeur, l'auteur que nous venons de nommer crée un très-grand nombre de coupes génériques qu'il range dans plusieurs subdivisions primaires, ainsi que nous aurons occasion de le dire bientôt. Tout récemment (juillet 4859), M. Th. Lacordaire, vient, dans le tome V de son Genera, d'étudier les genres de la famille qui nous occupe et à laquelle, comme Erichson, il donne la dénomination de Ténébrionites.
Pour nous, dans l'énumération que nous allons donner des principaux genres, nous ne diviserons les Pimélides qu'en trois tribus spéciales : 4° Prmécines, à corps privé d'ailes sous les élytres, et à palpes ayant le dernier article plus ou moins épais, mais non sécuriforme,; 2° BLarsmes, ‘à corps également privé d'uiles sous les élytres, à palpes maxillaires ayant le dernier article sécuriforme, et 3° Ténéerionines, à corps pourvu d'ailes sous les élytres, et à palpes à dernier article sécuriforme.
Comme nous l'avons déjà dit, les Piméliens commencent la seconde section générale des Coléoptères, les Hétéromères, de Latreille, qui ont pour caractères : cinq articles aux quatre premiers tarses etun de moins aux deux derniers. Ces Insectes, qui se nourrissent tous de substances végétales, et dont les organes génitaux ressemblent assez à ceux des Scarabéiens, sont subdivisés, dans le Règne animal (deuxième édition, t. V, Paris, 1829), en quatre grandes familles, les: MÉLasonEs, Taxiconnes, Srénécvrees et Tracnéuines. Nous reviendrons plus tard sur chacune de ces subdivisions, et nous nous bornerons à répéter actuellement que les Mélasomes correspondent complétement à nos Piméliens.
Toutefois, avant de passer en revue les divers genres de la famille que nous venons de nommer, nous exposerons brièvement la classification des Hétéromères proposée par Solier dans le premier article de sa monographie des Collaptérides (Ann. Soc. ent. de Fr., 1834); nous croyons devoir surtout le faire parce que c’est la plus complète indication que nous ayons, et parce que le système que nous avons adopté ne nous permettra pas toujours de suivre cette méthode; toutefois nous devons ajouter que la classification de M. Th. Lacordaire, à laquelle nous renvoyons, diffère beaucoup de celle de Solier, et qu’elle indique un assez grand nombre de coupes génériques créées dans ces derniers temps.
HÉTÉROMÈRES : cinq articles bien distincts aux quatre premiers tarses, et quatre, également très-distinets, aux deux derniers, ou bien quatre articles bien apparénts, et un petit subnoduleux à la base du dernier, aux quatre tarses antérieurs, et trois articles bien distincts et un quatrième subnoduleux à la base du dernier, aux deux tarses postérieurs.
4e division, SCLÉROPTÉRIDES : crochets des tarses toujours entiers; hanches antérieures orbiculaires non saillantes au-dessous du prosternum, ayant entre elles un intervalle plus ou moins notable.
I. Mandibules très-grandes, très-saillantes, multidentées au côté interne ou tridentées à l’extrémilé.
4 famille, Puréparipes : antennes à premier article aussi long que les trois suivants réunis, terminées par une petite massue de trois articles; languette fortement cornée, rétrécie brusquement en avant des palpes en une longue pointe; lobe externe des mâchoires très-corné, étroit, filiforme, très-saillant; dernier article des tarses ayant en dessus un petit appendice terminé par deux longs poils. — Cette famille, qui ne renferme que les deux genres Phrepates et Trictenoma, se rapproche beaucoup des Lucaniens, et semble les lier aux Piméliens.
I. Mandibules courtes, peu saillantes, simplement bidentées ou tronquées à leur extrémité. ayant, mais rarement, une petite dent peu sensible au côté interne.
2e famille, Cozcarrérines : mâchoires à lobe interne terminé par un crochet corné distinct ou garni de cils nombreux à son côté interne, dont plusieurs plus épais, presque épineux; élytres, dans la grande majorité des cas, soudées entre elles, réunies au tergum du mésothorax, rarement libres, mais alors le menton trilobé antérieurement, et le métasternum très-court, très-resserré entre les hanches intermédiaires et postérieures, et fortement trilobé en arrière. — Cette famille renferme à peu de chose près nos Piméliens, et presque complétement les Piméliaires et Blapsides de Latreille. Elle se subdivise ainsi : A. Brachyglosses : menton presque toujours très-grand, très-large, un peu rétréci à la base, et porté par un pédoncule nul ou peu considérable, soit bilobé, soit bidenté ou échancré : la partie antérieure de ce menton très-souvent échancrée par un sinus étroit et profond le divisant en deux lobes très-larges au sommet; mâchoires à base couverte par le menton ou très-enfoncée dans l’intérieur et peu saillante; languette entièrement cachée ou très-peu saillante, et ne montrant que son extrémité et les deux articles de ses palpes. Par suite des caractères tirés des organes buccaux, des antennes, des hanches et secondairement de la disposition des màchoires, de la tête, du labre, des yeux, ete., Solier y forme deux sections et huit tribus, celles des : Erodites, Tentyrides, Macropodites, Pimélites, Nyctélites, Asidites, Akisites et Adélostomites, dont les dénominations rappellent les genres principaux qui y entrent. B. Phanéroglosses : menton ne couvrant plus la base des màchoires, et laissant toujours un intervalle notable entre les côtés et ceux de l’échancrure progéniale : cet organe, à échancrure large et généralement peu profonde, presque constamment très-manifestement rétréci à la base et articulé sur un pédoncule assez notable, rétréci et tronqué antérieurement dans presque tous; languette habituellement découverte, au moins à son extrémité, et laissant toujours voir les trois articfes des palpes. Par des particularités secondaires, on y établit deux sections et sept tribus : Tagénites, Scaurites, Proasites, Zophérites, Molurites, Blapsites et Pédinites.
5° famille, Convsoprémines : mâchoires à lobe interne souvent terminé par un crochet corné, distinct des cils, mais parfois inerme et cilié simplement à l'extrémité; élytres presque toujours libres, recouvrant le plus souvent des ailes bien développées et propres au vol : quand les élytres sont soudées, de même que dans la famille des Collaptérides, le lobe interne des mâchoires est inerme ou n'a que quelques cils à son extrémité. — Cette famille comprend presque tous les Ténébrionites de Latreille, et, en grande partie, ses Hélopiens et Taxicornes (genres: Diaperis, Cossyphus, ete.).
Fig. 115. — Helops caraoides. Fig. 116. — Eucephalus submaculatus Fig. 4117. — Nictozoilus obesus
9e division et 4° famille, CISTÉLIDES : tête non rétrécie brusquement en manière de col mince; antennes filiformes ou allant en grossissant insensiblement vers leur extrémité; hanches antérieures tantôt orbiculaires et non saillantes ou oblongues et saillantes; tarses à crochets constamment dentelés, — Cette famille, qui correspond à la tribu des Cistélides, de Latreille, renferme des espèces vivant sur les fleurs, et dont les élytres sont moins consistantes que dans les groupes précédents.
% division, EUSCHIONIDES : hanches antérieures longues, saillantes, appliquées l'une contre l'autre, dans le plus grand nombre des cas : oblongues, transverses, couchées et non relevées dans quelques espèces, mais alors les antennes insérées à découvert, et la tête très-penchée et logée dans
une échanerure située au-dessous du tergum du corselet : hanches postérieures rapprochées. presque contiguës, le métasternum plus ou moins au-dessus de l’abdomen; tarses à crochets généralement simples ou profondément divisés en deux et comme doubles, rarement dentelés, mais alors la tête est verticale ou brusquement rétrécie postérieurement en manière de col mince. — Les Insectes de cette division ont des élytres en général molles ou peu consistantes, toujours libres, et se trouvent sur les plantes et principalement sur les fleurs : quelques-uns vivent en parasites.
5° famille, CLyNocépnaLines : tête ordinairement penchée, insérée dans une échancrure du corselet située au-dessous : verticale dans quelques cas, toujours plus étroite que la plus grande largeur du corselet, et jamais rétrécie antérieurement en forme de rostre; tergum du corselet trapézoïde, transverse ou presque carré, ordinairement aussi large que la base des élytres. — Cette famille est formée de deux tribus, et comprend les genres : Serropalpus, Scraptia, Anaspis, Anisotoma, Nilio, Pelecotoma, Mordella, etc.
6° famille, Tracnéuipes : tête en forme de cœur ou de triangle, prolongée et élargie derrière les yeux, et ensuite brusquement rétrécie en forme de col étroit, seule partie entrant dans le corselet, dont le tergum est généralement rectangulaire et presque toujours de la largeur au plus de la tête, et dont, dans le plus grand nombre, la poitrine est beaucoup moins développée que le tergum. — Cette famille, correspondant en partie aux Vésicants, renferme surtout les genres: Horia, Cerocoma, Mylabris, Lytta (Cantharide), Meloe, Sitaris, Anthicus, Pyrochroa, ete.
7° famille, Lepronénies : tête sans rétrécissement brusque à sa partie postérieure; corselet habituellement étroit, rétréci en arrière, quelquefois presque orbiculaire, rarement trapézoïde, et, dans ce cas, la tête est rétrécie antérieurement en forme de rostre. — Cette famille, qui établit le passage aux Cureulionites, renferme plusieurs tribus et des genres peu nombreux, tels que ceux des : Lagria, Pytho, Stenostoma, Salpingus, Rhinosimus, ete.
Après cet exposé succinet de la classification générale des Hétéromères, exposé que nous avons cru indispensable de donner, nous allons passer à l’indication des genres de la famille spéciale des Piméliens; mais nous devons dire que, d'après l'espace restreint qui nous est accordé, nous ne pourrons donner des détails circonstanciés que pour les groupes les plus importants.
4 tribu, Piéuipes : corps privé d'ailes sous les élytres; tête ronde, à bord antérieur droit; menton échancré; labre assez grand; palpes à dernier article plus ou moins épais, non sécuriforme; corselet transversal; abdomen habituellement très-renflé.
Cette tribu comprend un assez grand nombre d’espèces, toutes généralement de taille grande ou au moins moyenne, et dont la couleur est noire à très-peu d’exceptions près. Ces Insectes habitent les régions chaudes, sablonneuses, arides; ils sont abondants sur tous les bords de la Méditerranée, principalement en Orient : les parties méridionales de l'Afrique ont aussi des représentants de cette tribu, ainsi que les contrées arides de l'Amérique du Sud, comme le Tucuman, le Chili et le Pérou.
Jadis compris dans un petit nombre de genres, on admet aujourd'hui parmi ces Coléoptères beaucoup de groupes génériques spéciaux et même une quantité assez considérable de divisions primaires. Solier y forme les treize tribus des Érodites, Tentyrites, Macropodites, Pimélites, Nyctélites, Akisites, Adélostomites, Tagénites, Scaurites, Proacides et Pédinites, et M. Th. Lacordaire en indique davantage. Pour nous, à l'exemple de M. É. Blanchard, nous n’y formerons que les neuf groupes des Pimélites, Adesmites, Proacites, Érodites, Molurites, Akisites, Scaurites, Tentyrites et Nyctélites, qui répondent aux genres principaux de la tribu, et qui nous semblent devoir suffire.
4* groupe, Piécires, ayant surtout pour caractères : lèvre supérieure sans échancrure sensible; antennes à dernier article très-petit; écusson très-distinct, renfermant beaucoup d'espèces, toutes assez grandes, à faciès lourd et massif, dont les mæurs sont peu connues, les métamorphoses in-
connues, et qui habitent le nord de l’Afrique jusqu’au Sénégal, le littoral de la Méditerranée et une zone qui, partant des bords de cette mer, s'étend jusque dans la Mongolie : c’est en Asie que se trouvent les formes les plus variées.
Le genre typique est celui des PIMÉLIES, Pimelia, Fabricius, qui, pour Linné, était confondu avec celui des Tenebrio. Dans ce genre, les antennes sont de onxe articles, dont le troisième beaucoup plus grand que les suivants; les palpes sont terminés par un article très-peu renflé, parfois un peu sécuriforme; le labre est très-saillant, légèrement échancré en avant et cilié; les mâchoires sont courtes, terminées par deux lobes, dont l'un muni d'un crochet corné; le menton est assez grand, anguleux sur les bords; la tête est arrondie; le corselet est plus ou moins anquleux; V'écusson est ordinairement visible, avec une brusque saillie dans son milieu; les pattes sont habituellement longues. Tels sont les caractères que l’on peut assigner aux Pimelia d'une manière générale, mais, si on restreint le genre, ainsi que l'a fait Solier, il se distingue surtout par ses quatre tibias postérieurs anguleux, et les jambes antérieures notablement triangulaires . Ce sont des Insectes noirâtres, assez grands, à forme courte, arrondis, mais pouvant s’allonger dans quelques cas; ils sont épais et pourvus de pattes assez longues. Ils habitent les terres sablonneuses et salines des contrées méridionales de l’Europe, celles de l'Afrique situées au nord de l'équateur, et la partie occidentale de l'Asie : ils y creusent, au moyen de leurs pattes, des trous plus où moins profonds qui leur servent de retraite. On sait que ce sont des Insectes agiles, malgré leur corps lourd et massif, et qui se montrent pendant le jour à l’ardeur du soleil. Leur nourriture consiste en matières végétales ou animales en décomposition, et parfois même, suivant plusieurs auteurs, en animaux vivants dont l'enveloppe est molle. On ne connaît encore rien de l'histoire de leurs métamorphoses; cependant M. Mulsant a dit quelques mots de larves qu'il suppose appartenir à la Pémelia bipunctata (Polpogenia); mais comme il a étudié ces larves avec celles du Scaurus tristis, ce qu’il en dit peut aussi bien s'appliquer aux unes qu'aux autres. Quoique considérablement restreint, ce genre renferme encore plus de cent espèces : mais il faut faire observer que beaucoup des espèces de Solier sont probablement nominales, car, dans ce groupe, la structure du corps, sur laquelle il s’est surtout basé pour ses caractéristiques spécifiques, varie beaucoup dans la même espèce, suivant les localités qu'elle habite. Ce genre peut être partagé, comme l'indique Solier, en : 4° Pimelia, les plus nombreux de tous : type, P. angulata, Fabr., de la haute Égypte; 2% Camphonota, une dizaine d'espèces : type, P. subglobosa, Linné, de la Russie méridionale; 3° Amblyptera, deux espèces : P. scabrosu, Dej., Sol., de Cadix et de Tanger, et crassipes, Sol.; et # Ecphoroma, deux espèces : hemisphericus, Dup., Sol., du cap de Bonne-Espérance, et capilata, Sol., de PBarbarie.
Solier laissait dans ce groupe typique les Pimelia Arabicu, Sol. (hieroghonticus, Reicne et Sauley), et simplex, Sol., de la Palestine, d'Arabie et d'Égypte; mais Dejean les avait distinguées génériquement sous la dénomination de Melanostola, et M. Reiche a caractérisé, sous le nom de GÉénÉox, ce genre, qui se distingue surtout des Pimelia par la brièveté relative du dernier article des palpes, par l'intégrité des mandibules, la forte saillie du labre, la grosseur de la téte, ete.
Les genres nombreux formés aux dépens des Pimélies sont les suivants : — Prarvorr, Fisch., à yeux orbiculaires, petits : huit ou dix espèces, dont la principale est l'Akis lineata, Fabr., de la Russie méridionale, et-s'étendant jusqu'en Mongolie. — Diesia, Fisch., à yeux transversaux; antennes à dernier article plus grand que l'avant-dernier : quatre espèces, dont la plus anciennement connue est le D. quadridentata, Fisch., Sol., toutes du sud de la Russie, et principalement de l'Asie. — Triconosceus, Sol., à yeux transversaux; antennes à dernier article plus petit que le précédent; deux dernières paires de jambes plus ou moins arrondies; menton non anguleux latéralement, etc. : Solier en indique deux espèces, P. nodosa, Fisch., et deplanata, Zoub., du royaume des Kirguises; mais aujourd'hui on en décrit plusieurs autres espèces asiatiques. — Lasrorora, Sol., à yeux transversaux; antennes à dernier article plus petit que l'avant-dernier; trois premiers articles des quatre tarses postérieurs non sensiblement comprimés; épistome brusquement rétréci; Jambes et antennes comprimées : cinq espèces, parmi lesquelles les deux typiques: l'une de la Russie méridionale (Tenebrio pubescens, Pallas), et l'autre de la Bucharie (P. hirta, Fisch.). — Ocxera, Fisch. (Trachyderma, Latr.), qui se distingue surtout des groupes précédents par ses jambes et ses antennes non comprimées, ses antennes à dixième article allongé, conique, et ses tarses postérieurs gréles : un petit nombre d'espèces répandues depuis le Sénégal jusqu'au nord de
la mer Caspienne, dont Fischer de Waldheim a distingué un genre Brachyscelis, et dont l'espèce la plus connue est la P. hispida, Fabr., assez allongée, très-commune au bord de la Méditerranée en Algérie et en Égypte. — Prionorueca, Sol., ne se distinguant du groupe précédent qu'en ce que les tarses sont épais, et ayant pour type et espèce unique une belle espèce de la haute Égypte, de l'Abyssinie et de la Syrie, la P. coronata, Oliv. — Prerocoma, Sol., différant des groupes qui précèdent par ses antennes à dixième article très-court, transversal : un petit nombre d'espèces asiatiques, de la Russie et de la Sibérie : ayant pour type la P. sarpæ, Fisch. — Turprera, Sol., dans lequel les trois premuers articles des quatre tarses postérieurs non sensiblement comprimés; l'éprstome rétréci en avant d'une manière sensible, et les jambes antérieures non amincies au côté extérieur : quelques espèces africaines, assez voisines de celles du groupe suivant, dont la principale est la P. crinita, Herbst.—Pacuyseeus, Sol., qui a les jambes antérieures amincies au côté externe et les quutre postérieures épaisses, et dont les articles des antennes entre le troisième et le neuvième un peu ovalaires : une douzaine d'espèces d'Europe, d'Asie et d’Afrique, pouvant se subdiviser en Pachyscelis propres et en Phymatriotris : types, P. granulosa, Latr., commun en Grèce; P. guxdricollis, Brullé (G. Brachyscelis, Dej.), de la Morée, ete. — Prerozasia, Sol., ne s’éloignant du groupe précédent que par ses quatre jambes postérieures minces, et par les articles des antænnes compris entre le troisième et le neuvième coniques, allongés : quelques espèces : types, P. squalida, Dej., Sol., et distincta, Sol., du Sénégal. — Ponnomara, Sol., dans lequel surtout les quatre tarses postérieurs sont comprimés, ciliés : une espèce (P. suturalis, Fisch.), de la Russie méridionale, qui doit probablement être réunie à celles du genre Pimelia, comme le propose M. Th. Lacordaire. — Porrocenra, Sol. (Pterolasia, Lacord.), ayant principalement les quatre jambes postérieures notablement anguleuses, et les antérieures presque filiformes : une seule espèce, d’après Solier, propre au Sénégal, et qui, comme son nom l'indique (Pterolasia asidioïdes, Dej.), a quelque ressemblance avec les Asida. On y réunit souvent la Pimelia bipunctata, Fabr. (muricata, Oliv.), longue d’un peu moins de 0,002, à corps un peu globuleux, noir; à corselet avec une impression transversale au milieu; à élytres arrondies, présentant quatre côtes longitudinales, dont les intervalles sont très-granuleux, qui n’est pas rare en France sur les bords de la Méditerrance, et qui se retrouve en Afrique dans les mêmes circonstances.
Fig. 118.— Pimelia punctata. Fig. 119.—Ocnera hispida |Pimela trachyderma) Fig.120.— Diesia quatridentalu.
D’autres genres se rapprochent encore des Pimelia : tels sont les Srernones, Fisch. (Copnisia, Dej.), à antennes gréles, avec les deux derniers articles très-petits; à prosternum prolongé en forme de spatule sur le mésosternum et à jambes antérieures simples, ciliées : un grand et bel Insecte (Tenebrio caspicus, Pallas), de la Russie méridionale. — Crvprocnire, Latr., à antennes ayant les neuvième et dixième articles très-gros, le dernier presque imperceptible ; les jambes élargies; prosternum renflé : quelques petites espèces souvent d’une couleur grisètre avec des côtes entre les élytres, et paraissant toutes propres au cap de Bonne-Espérance. — Horarowa, Sol., à prosternum non renflé : type, C. parvula, Dej., du Cap. — Pacuynorezus, Sol., à épistome tronqué : une espèce (albiventris, Sol.), du Cap; ces trois genres parfois réunis aux Praocites. — Triconosceuis, Sol., etc.
Fig. 1 — Jlelœus luberculalus Fig, 2 — Helæus perforatus
Fig 3. — Pachygischænus nager
Fi, 4 — Plerohelæus piceus
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2° groupe, Anesuires : surtout distincts des Pimélites par l’écusson caché, et les pattes postérieures ordinairemént très-lonques. Ces Pimélides, que Solier nommait Macropodites, sont surtout propres aux continents asiatique, africain et américain, mais principalement abondants sur les bords de la mer Caspienne : leurs habitudes sont les mêmes que celles des espèces du groupe précédent.
Genre typique, ADESMIE, Adesmia, Fischer de Waldheim, à labre très-apparent; antennes ayant leurs derniers articles courts, larges; tête à bord antérieur droit; corselet médiocrement large ; pattes postérieures très-lonques. Les Adesmies, anciennement confondues avec les Pimelia, sont des Insectes de taille grande ou moyenne, et qui, par la longueur de leurs pattes, ont un peu l'aspect général des Araignées; les uns sont entièrement lisses (Asdemia, Sol.), et les autres sont garnis de petits piquants écartés et logés dans une espèce de crénelure (Oteroscelis, Sol.). On en décrit de vingt à trente espèces particulières à l'Afrique et à l’Asie, telles sont les : P. ponata, Fabr., du cap de Bonne-Espérance, et pulcherrima, Fisch., de la Perse, ete.
On en rapproche les genres : — Eprpuysa, Dej., Blanch., à corselet très-court; élytres orbiculaires; pattes postérieures à peine plus longues que les autres; tarses courts, à articles élargis : une seule espèce (P. flavicollis, Fabr.), du Cap : ce genre, assez anomal, constitue, pour M. Th Lacordaire, avec le groupe générique des Eprores, J. L. Leconte (qui lui-même ne renferme que la seule Pimelia rotundata, des montagnes Rocheuses), la tribu spéciale des Epiphysides. — Puysosrerna, Sol., à corselet très-court, très-large; cuisses très-épaisses ; pattes de derrière très-longues ; tarses étroits : quelques espèces du Cap. — Macrorona, Sol., à labre saillant; téte non trilobée; yeux étroits; mandibules avec un sillon en dessus : quelques espèces du Sénégal, dont le type est la P. variolosa, Oliv. — Srexocara, Sol., se distinguant du groupe qui précède par ses yeux larges et ses jambes intermédiaires très-longues, ayant principalement pour type la P. longipes, Oliv., du Cap. — Merriopus, Sol., à jambes antérieures et intermédiaires courtes, ne comprenant que le M. Hoffmanseggqii, Sol. (P. rugosa, Hoffm.), du Cap de Bonne-Espérance.
M.E. Blanchard place ici le genre Paysocasrer, Latr., Guérin, qui, pour Solier, est rangé avec quelques autres groupes parmi les Molurites, et dont M. Th. Lacordaire fait sa tribu des Physogastérides. Ce sont des Insectes à labre très-apparent; antennes ayant leurs derniers articles allongés, presque aussi grands que les précédents; corselet médiocrement large; pattes postérieures assez longues, gréles : groupe surtout remarquable par son habitat; car il provient des parties les plus australes de l'Amérique, et se réduit aux P. mendocinus, Latr., du Tucuman, et fomentosus, Guérin, du Chili. — On doit en rapprocher les : Paicorea, Erichs., à yeux gros, arrondis, très-saillants : une espèce, qui a été trouvée en Bolivie à 5,000 mètres d’élévation, le P. picipes, entrant dans le genre Polpocera, Sol. —Enronocuus, Sol., quelques epèces propres au Chili. — Tuycaconeres, Sol., une seule espèce (eumolpoides) petite, ayant l’aspect des Bromius, et découverte en Amérique aux environs de San-Luis de la Punta.
Un genre qui peut rentrer dans ce groupe, quoique M. Th. Lacordaire en fasse le type d'une tribu spéciale, celle des Mégagéniides, est celui des Mecacenws, Solier, à corselet presque aussi long que large; labre caché; tête à bord antérieur bilobé; cuisses peu épaisses; pattes postérieures très-longues, et qui ne comprend qu'une espèce propre aux contrées orientales de l'Afrique, le M. Frioli, Sol., d'assez grande taille, d’un noir mat, et couvert en dessus de petits points enfoncés, peu serrés.
Un dernier groupé, qui doit probablement entrer également dans la même division, est celui des Craniors, J. L. Leconte, qui ne comprend que le C. pubescens, petit, noir, revêtu d'une pubescence cendrée et dense, et qui habite la Californie.
3° groupe, Praocires : à écusson distinct; lèvre supérieure très-échancrée; antennes ayant leur dernier article aussi long que le précédent.
Les Coléoptères de ce groupe, assez peu nombreux en espèces, jusqu'ici au moins, sont en général de taille moyenne, à vestiture et structure des téguments très-variables, quelquefois ornés de couleurs métalliques, et ils habitent l'Amérique méridionale.
Le genre typique est celui des PRAOCIS, Eschs., à corps bombé; corselet à angles plus ou moins arrondis; prosternum non saillant; jambes antérieures élargies, crénelées extérieurement. On connaît au moins une trentaine d'espèces de ce genre : ce sont des Insectes assez petits, variables
142 j HISTOIRE NATURELLE.
sous les rapports de la forme générale, de la structure et de la vestiture des téguments, et même de la couleur, qui est noire, parfois ferrugineuse dans quelques-uns, et d’un bronzé plus ou moins obseur dans le plus grand nombre, et qui semblent confinés au Pérou et au Chili. Les Praocis peuvent être subdivisés, avec Solier, en : 1° Praocis propres, à corps elliptique-ovale, plus ou moins convexe : de nombreuses espèces, dont je type est le P. rufipes, Eschs.; 2° Antrasomus, Guérin (Filotarsus, Sol.), à corps oblong, presque parallèle, peu convexe : quelques espèces, dont le P. Chevrolatit, Guérin, est le type; et 3° Orthogonoderus, Sol., à corps court, large, rétréci en arrière, peu convexe en dessus : des espèces surtout décrites par Solier.
Les autres genres sont les suivants : Carvmmarrorus, Sol., à corselet capuchonné; prosternum formantune mentonnière au devant de la bouche; jambes antérieures élargies et crénelées à l'extérieur : deux espèces des Andes.du Chili : eucullatus, Sol., et ursinus, Sol.; type du genre Arctylus, Sol., généralement supprimé aujourd’hui. — Praresrues, Westw., genre peu distinct de celui des Praocis, et ne renfermant qu’une espèce du détroit de Magellan (P. depressa, Guérin; silphoides, Westw.). — PLarvnocxus, Sol., à corselet transversal, peu convexe, plus large que les élytres : type, dilaticollis, Lacord., très-commun à Mendoza. — Evrecocera, Sol., à corselet transversal, légèremen rébréci et faiblement échancré en avant, foliacé et à peine arrondi sur les côtés, tronqué à la base, avec les angles postérieurs obtus : une espèce (viatica, Lacord.), ayant le faciès d'un Asida, et <e trouvant dans les environs de Buénos-Ayres. — Eurvconvs, Cast. (Aulacus, Gray), à corps hémisphérique; élytres prolongées en une sorte de queue; jambes antérieures épineuses : une espèce, dont le nom, Chilensis, indique la patrie.
D'autres genres, qui diffèrent assez notablement des précédents pour que M. Th. Lacordaire en ait fait sa tribu des Coniontides, sont ceux des : CœLus, Eschs., à corps bombé, jambes grèles : antérieures munies à l'extrémité de trois épines lamelleuses : postérieures de deux seulement : ayant pour type le C. ciliatus, de la Californie, — Conionnis, Eschs., quelques espèces de l’est des montagnes Rocheuses et de la Californie. — Eusazrus, J. L. Leconte, des espèces assez nombreuses et des mêmes pays que celles du genre qui précède.
M. Th. Lacordaire range encore dans sa division des Coniontides le genre Crypticus, et quelques autres groupes dont nous parlerons bientôt.
1e us \ ÿ
r s lis. 121. — Praocis rufipes. Lig. 122. — Adesmia candidipenuis. Fig. 195. — Erodius gibbus
4° groupe, Énonrres : à machoires très-ciliées, sans onglet apparent; écusson non distinct; pattes postérieures courtes.
Ces Insectes, de taille généralement moyenne, sont plus ou moins arrondis, et exclusivement propres à l’ancien continent. Ils recherchent les lieux sablonneux, sont diurnes et courent avec une assez grande agilité.
Le genre principal est celui des ÉRODIES, Erodius, Fabr., ayant surtout les mandibules bidentées; les antennes épaisses, courtes, avec le dernier article presque imperceptible; yeux supérieurs, petits, déprimés, obliques; les jambes antérieures fortement bidentées : ce sont des Insectes de forme épaisse, massive, quoique très-agiles, à élytres plus ou moins granuleuses, offrant habituellement, outre la carène latérale, une ou deux côtes plus ou moins obtuses, rarement entières, et
COLÉOPTÈRES. 145 dont la grande majorité des espèces habitent le littoral africain de la Méditerranée, et les autres l'Europe australe ct l'Asie. Solier en décrit plus de cinquante espèces, mais beaucoup sont au moins douteuses. Le type, et l'espèce, qui est répandue dans le midi de la France, est l'E. gibbus, la seule qu'a connue Fabricius. — On en a distingué, peut-être à tort, les genres : — Anopesis, à yeux transversaux très-allongés : deux espèces, Cleryi, Sol., d'Algérie, et giganteus, Reiche, de Syrie. —Diononres, à yeux très-étroits, linéaires, déprimés, transversaux : quelques petites espèces, toutes africaines : type, porcatus, Sol., du Sénégal.
D'autres genres, encore rapprochés des Érodies, sont les : Arruropris, Sol., qui, par leur forme, ressemblent aux Byrrhus, et qui n'ont pas les côtes saillantes de la plupart des Erodius : sept à huit espèces de l'Asie et de l'Afrique. —Lerronveuvs, Chevrolat, à antennes ayant leurs deux derniers articles soudés, formant une petite massue oblonque : deux espèces du Sénégal (e»odioides, Chevr., et Mallei, Sol.).— Carocnaruus, Guérin, à mandibules plus longues que la tête, crochues à l'extrémité, et ayant quelque chose de celles des Lucanus; antennes à dernier article petit; jambes antérieures grèles, un peu multidentées : une espèce (Chevrolatii), du cap de Bonne-Espérance.
Enfin le dernier genre, qui se distingue assez des précédents pour que M. Th. Lacordaire en ait fait une tribu particulière, est celui des Zopnosis, qui, parmi un assez grand nombre de particularités distinctives, présente surtout des antennes assez longues, à dernier article ovalaire et des jambes gréles : on en décrit une quarantaine d'espèces, toutes de taille assez petite, noires, parfois avec des reflets bronzés, et qui se rencontrent en Afrique jusqu'au cap de Bonne-Espérance depuis la Méditerranée, en Asie jusque dans la Songarie, et en Europe dans les régions australes : nous citerons comme type le Z. testudinarius.
o° groupe, Morurires : à antennes assez ullongées, peu renflées à l'extrémité; lèvre supérieure entière; écusson très-grand, transversal, occupant la majeure partie du pédoncule du mésothoraæ:; pattes postérieures aussi courtes que les antérieures.
Les Molurites sont des Piméliens assez grands, se distinguant surtout des espèces des groupes précédents par la grandeur de leur écusson, et dont les formes sont assez variées. D'après M. Th. Lacordaire, ils ne sont propres qu'à l'ancien continent, et sont confinés en Afrique et sur le littoral de la Méditerranée, aussi biendans ce continent qu'en Europe.
Le type est le genre MOLURIS, Latr., à corps plus ou moins convexe; corselet globuleux en dessus, écusson coupé carrément en arrière; antennes gréles, au moins aussi longues que la tête et le corselet réunis : tel qu’il est actuellement restreint, et correspondant à la section des Phycodera, Solier, ce groupe ne renferme plus qu'un nombre assez limité d'espèces exclusivement propres à l'Afrique australe, et dont la principale est le P. gibba, Fabr. — Des groupes, qui en ont été récemment distingués et qui n’en sont séparés que par de légers caractères, sont ceux des : — Psammones, Kirby (Phanerentoma, Sol.), auxquels on doit joindre les Hipomelus, Dej., et Oxura, Guérin, comprenant des espèces assez nombreuses, variables sous le rapport de la forme et de la vestiture, et don quelques-unes (unicolor, striatus, etc.) se font remarquer par des bandes longitudinales d'un rouge sanguin sur les élytres, ne sont plus entièrement noires comme quelques autres de l'Afrique australe, et se trouvent aussi jusqu'en Abyssinie et à Sierra Leone. — Sowaricus, Hope, une espèce (Sepidium rugosum, Fabr.) du Cap. — Oxura, Kirby, deux espèces (setosa, Kirby, et vestita, Sol.) également de Cafrerie. — Occoosoma, Westw. (Amatodes, Dej., Sol.), ayant pour type la Pimelia gemmata, Fabr., propre au Sénégal. :
Un genre qui se distingue un peu plus des Molures est celui des Tracuynorus, Latr., à corps allongé, peu convexe; écusson un peu distinct; antennes aussi lonques que la tête et le corselet réunis; yeux assez grands; presque supérieurs : une douzaine d'espèces, de l'Afrique australe, dont la principale est le Sepidium reticulatum, de Géer, et qui sont remarquables par les rugosités que présentent leur corselet et leurs élytres. — On en rapproche les Crinocrantow, Sol., et les TracaæLeuw, Hope, tous deux du midi de l'Afrique.
Une forme assez différente de celle des Moluris pour qu’on en ait fait le type d’une division spéciale est celle qui est représentée par le genre SEPIDIUM, Fabr. Ce sont des Insectes ayant un corselet prolongé en capuchon au-dessus de la tête, et unilobé de chaque côté; des palpes à dernier article court, renflé, et des antennes épaisses et ciliées dans toute leur longueur avec le dernier
article petit : on ne range plus dans ce genre qu'une quinzaine d'espèces d'assez grande taille, à vestiture assez uniforme, et qui habitent le nord de l'Afrique ainsi que le midi de l'Espagne, la Sicile et l'Arabie : l'une des plus remarquables espèces est le S. crestatum, Fabr.; une autre espèce (S. Pradieri, d'Arabie), décrite assez récemment par M. Guérin-Méneville, offrirait cette particularité curieuse, que le mâle, plus petit que la femelle, aurait cinq articles bien distinets à tous les tarses, tandis que l’autre serait parfaitement hétéromère. — Les genres voisins où démembrés des Sépidies sont les suivants : — Cyroneres, Dej. (Cryptogenius, Sol.; Phrynocolos, Lacord.) : quelques espèces de Sénégambie.— Pucicra, Cast., trois ou quatre espèces de l'Afrique australe, dont le type est le P. cristatus, qui ressemble assez à un Cureulionite pour que Fabricius l'ait rangé dans le genre Brachycerus. —Ecnnorus, Dej., Sol., une espèce (spinicollis, Sol.) du Cap. — Vicra, Cast. (Dymonus, Sol.), un petit nembre d'espèces de l'Afrique australe.
Fig. 124. — Moluris striatus. Fig. 125. — Sepidium lomentosurz.
Solier rangeait encore dans la même division, les Physogaster et genres voisins que nous avons laissés parmi les Pimélites, et les groupes des Eutelus et Cylindrostk=yus, du midi de l'Afrique : le premier qui doit peut-être former une division spéciale, et le secona qui se rapproche des Cistéliens. Enfin M. É. Blanchard y rapporte le genre’ Leptodes, Sol., que son habitat américain doit en tenir éloigné: ce genre Leptodes, à corselet globuleux; antennes longues, grèles dans toute leur longueur; pelpes à dernier article cylindrique; cuisses renflées vers l'extrémité, ne comprend que le Sepidium Boisduvalii, Zoubkoff, de Turcoménie, qui est d’un jaune ferrugineux brillant. M. Th. Lacordaire rapproche encore de ce genre les Tapenopsis, Sol., qui ne comprend qu'une seule espèce (costatus), rapporté par Olivier de son voyage en Orient.
6° groupe, Axisires : à labre entier; antennes ayant leur dernier article plus petit où aussi pelit que le précédent; mâchoires munies d'un onglet corné bien distinct; écusson très-apparent.
Ce groupe, tel que nous l’admettons avec M. E. Blanchard, renferme plusieurs des tribus indiquées par M. Th. Lacordaire, et comprend un grand nombre d'espèces de formes assez variées et toutes généralement noirâtres. Grâce aux observations de M. Mulsant, on connaît les métamorphoses de deux espèces de ce groupe. La larve de l'Elophorus collaris est d’un jaune pâle, lisse et glabre, sauf sur les côtés de la tête et sur ceux du dernier segment de l'abdomen : ce dernier est en triangle curviligne et dépourvu de toute espèce de saillies et a des bords seulement repliés en dessous; au devant de l'ouverture anale on voit deux courts tubercules hérissés de poils roides, dirigés en dehors; il n’y a ni crochet corné aux mächoires ni traces de stemmates; cette larve, qui a quelque rapport sous le point de vue de ses habitudes avec celles des Blaps, vit dans la terre, sous les matières animales et sous les exeréments, qui lui servent de nourriture, et elle ne fait sortir du sol que la moitié antérieure de son corps quand elle prend ses repas: elle subit ses di-
verses métamorphoses sans quitter sa retraite. La larve de lAks punctata est privée d'yeux, comme la précédente, mais elle en diffère par son corps, d’un blanc jaunatre, hérissé de longs poils roux, clair-semés en dessus, plus fournis sur les côtés, par le crochet corné du lobe interne des màchoires, par le dernier segment de l'abdomen arrondi en arrière, encavé en dessus et muni sur le bord de quatre saillies brunâtres relevées, et en dessous de ce bord par un renflement en forme de bourrelet qui dépasse l’arceau inférieur : ses habitudes sont les mêmes que celles de la larve de l'Elophorus collaris. Ces Insectes se trouvent dans les parties méridionales de l'Europe, dans presque toute l'Afrique, dans diverses contrées de l'Asie, et enfin dans quelques provinces de l’Amérique, surtout au Chili et au Pérou; à leur état parfait, ils sont en général lucifuges, à démarche lente : quelques-uns fréquentent les ruines, les souterrains, et ne sortent habituellement de 1eur retraite qu'à l’entrée de la nuit.
Le genre typique est celui des AKIS, Herbst, qui, tel qu'il était compris il y a une vingtaine d'années, avait pour caractères : antennes à deux premiers articles courts, égaux, troisième trèslong, cylindroide, les deux autres transversaux, et le dernier pointu; palpes à dernier article légèrement arqué, tronqué un peu obliquement à l'extrémité; menton large, cordiforme : labre court, transversal, corné; chaperon échancré en avant; tête forte, enfoncée dans le corselet, qui est large, plan, à bords latéraux larges, relevés; élytres ovalaires; pattes plus où moins fortes, mais qui, considérablement restreint dans ces derniers temps, peut être simplement caractérisé aujourd'hui par ses antennes aussi longues que la tête et le corselet réunis, avec leurs trois derniers articles très-petits; par son menton très-grand, un peu échancré, et par son corselet échancré en avunt et relevé sur les côtés. On en décrit une vingtaine d'espèces, toutes assez grandes, plus ou moins allongées, noirâtres, pour la plupart concentrées autour du bassin de la Méditerranée, mais dont quelques-unes sont propres à l’Asie, où elles s'étendent depuis la mer Caspienne jusqu'au nord de la Chine. L'une de nos espèces assez commune dans le midi de la France est l'Akis punctata, Thunb., noire, avec quelques rides sur les élytres, et une rangée latérale de points élevés.
Fig. 126. — Akis Guryi. Fig. 127. — Cacicus americanus. Fig. 128. — Eurychora ciliata
On en a séparé : 4° les Monica, Dej., Sol., qui comprennent quelques espèces du nord de l'Afrique et du midi de l'Espagne : type, Akis planata, Fabr.; et 2° les Cxrxogeata, Solier, qui ne renferment que le Tenebrio auritus, Pallas, très-abondamment répandu sur les bords occidental et méridional de la mer Caspienne.
Parmi les autres genres qui peuvent former des subdivisions particulières, nous eiterons surtout :
Le genre ELOPHORUS, Meg., Latr., à antennes plus longues que la tête et le corselet réunis; menton grand, légèrement échancré, offrant une double gibbosité dans son milieu; corselet étroit, arrondi; pattes très-longues. Ce groupe, très-remarquable par la grande dimension qu'acquièrent les pattes, est exclusivement formé d'une seule espèce, l'Elophorus collaris, Linné, qui est de
grande taille, d’un noir profond, peu brillant et lisse partout, qui semble répandu tout autour du littoral européen et africain de la Méditerranée, et dont, en France, l'extrême limite de l'habitat est Nimes. — En Amérique, principalement dans les environs de San-Luis de la Punta, une espèce, que M. Th. Lacordaire avait nommée E. americanus, représente les Élophores d'Europe, et constitue le genre Cacicus, Sol., qui se distingue surtout par son menton très-large, creusé au milieu et relevé en crête, et par son corselet arrondi, très-convexe.
Le genre EURYCHORA, Fabr., à antennes épaisses dans toute leur longueur, semblant n'avoir que dix articles, car le dernier est presque imperceptible; à menton large, très-échancré, relevé sur les côtés. Ces Insectes, de taille moyenne, sont surtout curieux par la forme évasée de leur corselet, noirâtres, couverts d’une efflorescence ressemblant à des fils de toile d’Araignée, se trouvent en Afrique et en Orient. On en décrit une dizaine d'espèces, dont l'E. ciliata, Thunb., est le type. — Solier en a distingué le groupe des Pogonobasis, qui se trouve dans le midi de l’Afrique, M. Westwood en a rapproché le groupe des Steira, qui ne renferme qu'une seule espèce (costata) particulière au cap de Bonne-Espérance, et très-rare dans les collections, et Erichson, celui des Psaryphis (Urda, Buquet) : une seule espèce (nana, Erichs.), également du Cap.
Le genre ADELOSTOMA, Duponchel (Polyscopus, “Yaltl.), à antennes n'ayant que dix articles distincts, le dixième très-grand, tronqué, et le onsième et dernier caché dans le précédent; menton large; corselet à peu près carré : quelques espèces propres aux parties les plus australes de la faune méditerranéenne et à l’Afrique, où ils s'étendent jusqu'à la côte de Guinée inclusivement : le type est l’A. sulcatum, Duponch. — M. Th. Lacordaire en rapproche un genre Dacoderus, Leconte, formé avec une espèce unique (striaticeps) particulière à la Californie.
Le genre TAGENIA, Latr., dont la dénomination devrait être changée en celle de STENOSIS, qui avait été appliquée au même groupe par Herbst deux ans auparavant, se fait remarquer par son corps long, étroit; ses antennes épaisses, grenues, plus courtes que la téte et le corselet réunis, à dernier article court, tronqué; menton étroit, échancré. Ges Coléoptères, assez petits, car ils ne dépassent pas 0,008 à 0,009 de longueur, se distinguent aisément par leur forme généralement allongée, et par l'absence complète de côtes saillantes sur le corselet et les élytres, où elles sont remplacées par des séries de petits points. On en connaît de vingt à trente espèces, propres au bassin de la Méditerranée ou de l’est de la mer Caspienne : la Provence, où se trouve le filiformis, Latr. (angustata, Herbst), paraît être l'extrême limite au Nord du genre. — M. Th. Lacordaire en rapproche les genres suivants que nous nous bornerons à citer : Aræoschizus, Leconte : une espèce (costipennis) de la Californie. — Microtelus, Sol., ne renfermant que le M. asiaticus, de la Syrie, de la Perse et de l'Arabie. — Grammicus, Waterh. : une seule espèce (chilensis), qui n'est pas rare au Chili, principalement auprès de Valparaiso. — Pleurophorus, Sol. (Discopleurus, Lacord.) : une très-petite espèce chilienne (quadricollis). — Hexagonochilus, Solier : également une seule espèce particulière au même pays que les précédents. — Apicephalus, Motsch. : une petite espèce rougeâtre, propre à la Géorgie russe, — Oogaster, Faldermann : groupe qui n'est peut-être pas ici à sa véritable place et renferme une espèce (Menetriesii) particulière au Caucase ainsi qu'aux contrées VOISINES.
Le genre SCOTOBIUS, Germar, à antennes courtes, grenues, à peine élargies vers l'extrémité; menton très-petit, sans échancrure, laissant les mâchoires à découvert; corselet large, rebordé sur les côtés : ce groupe comprend une vingtaine d'espèces assez grandes, presque toutes noires, et offrant des côtes régulières, plus rarement des rugosités, et répandues en Amérique depuis le Pérou jusqu'en Patagonie : le type est le S. pilularius, Germ.; le genre Gonogenius, Sol., doit être réuni à ce groupe, et les Emalodera, Blanch., qui ne renferment que deux espèces (crenicosta, Blanch., et obesa, Guérin) de l'Amérique du Sud, ne sont que des Scotobius, à élytres plus courtes, plus ovalaires, et à cuisses antérieures munies en dessous d’une assez forte dent.
Le genre PSAMMETICUS, Latr., à corselet un peu en cœur; menton large; antennes épaisses, avec le dernier article très-court, aussi étroit que les précédents; on en connaît trois espèces, d’un noir profond et mat, propres au Chili et au Pérou. — Des groupes, qui en sont plus ou moins voisins, sont ceux des : Leptynoderes, Sol., dont une espèce (Scotobius varicosus, Germ.) est très-commune à Buénos-Ayres et à Montévidéo. — Diatobus, Sol., du Chili, etc.
Le genre NYCTOPORIS, Eschs., à corselet un peu rétréci en arrière; menton peu large, presque
carré; antennes légèrement épaissies de la base à l'extrémité, avec les derniers articles égaux, un peu globuleux : quatre assez grandes espèces, toutes propres à la Californie. — Les genres : Aumopxorus, Guérin (Selemna, Sol.), du Pérou et des îles Gallapagos; Euramis, Eschs., une espèce californienne; Epanrivs, J. L. Leconte, une espèce de San-Diégo, en Californie, s’en rapprochent assez.
Enfin trois derniers groupes doivent probablement entrer encore dans le même groupe: les deux premiers, particuliers à la Californie, sont ceux des: Cenrrioprera, Sol., dont le faciès rap pelle celui des Carabiques; et Cerenorus, Leconte; enfin le dernier, propre au Mexique et à d'autres parties de l'Amérique, est le genre CryprocLossa, Sol., auquel M. Th. Lacordaire réunit les Asbolus, Leconte.
7° groupe, Scaurives : à labre entier; antennes ayant leur dernier article plus long que le pénultième ; mächoires très-ciliées, sans onglet bien distinct; menton très-petit, laissant la lèvre et les mächoires à découvert; écusson distinct.
Ce groupe, que quelques auteurs agrandissent considérablement aux dépens du précédent, ne renferme qu’un petit nombre d'espèces, de taille moyenne, noirûtres, et propres à l'Afrique et à l’Europe, principalement au bassin méditerranéen.
Le genre typique est celui des SGAURES, Scaurus, Fabr., à tête assez courte; antennes à dernier article cylindrique, plus long que les deux précédents réunis : ces Insectes sont de taille moyenne ou même assez grande, d’un noir mat, et leurs téguments sont lisses ou finement ponctués; un fait remarquable se présente ici : c'est qu’à l'inverse de ce qui a lieu généralement chez les Coléoptères, les mâles sont plus grands que les femelles, et se reconnaissent, en outre, à leurs pattes de devant plus longues et plus robustes. On en connaît une vingtaine d'espèces, propres au littoral européen et africain de la Méditerranée, et dont plusieurs se trouvent en France, tels sont les Scaurus tristis, Oliv., et striatus, Fabr.
Les deux autres genres du même groupe sont ceux des : Hrnprscrus, Dej., Sol., à tête assez longue : trois espèces, de l'Afrique australe, et Cepmarosrenus, Sol., à tête plus longue que le corselet : deux espèces de la Grèce continentale:
Quelques genres, dont M. Th. Lacordaire fait sa tribu des Cælométopides, peuvent probablement venir se ranger ici. Ges Insectes, au moins de taille moyenne, et à livrée d’un noir profond, sont tous propres à l'Amérique du Nord, excepté les espèces de deux groupes qui sont européens. Ce sont les genres : Polypleurus, Erichs.; Centronopus, Sol.; Cibdelis, Mann.; Cœlocnemis, Sol.; Macrostethus, Wolast., et Cœwlometepus, Mann. : ces deux groupes sont: le premier, de l'ile de Madère, et le second, de l'Europe méridionale.
C'est peut-être aussi ici que doivent rentrer les Eutélides de M. Th. Lacordaire, formés des genres : Eutelus, Sol., du Cap et de Natal; Diceroderes, Sol., du Mexique, et Polposipus, Sol., du Bengale.
8° groupe, TenryriTes : à labre caché; müchoires munies d'un onglet très-saillant; écusson distinct.
Les Tentyrites, parmi lesquels on a formé dans ces derniers temps un très-grand nombre de genres, sont abondants en espèces, de formes très-variées, de taille moyenne, mais dont, dans l'immense majorité des cas, les téguments sont revêtus d’un noir profond, et qui sont glabres et si finement ponctuées qu’elles semblent lisses à l’œil nu. Ces Insectes sont surtout particuliers à l’ancien continent, principalement aux bords de la Méditerranée, car une dizaine d'espèces seulement ont été prises aux Indes orientales et en Afrique au sud de l'équateur : dans le nouveau monde on n’en a rencontré jusqu'ici qu'au Chili et au Pérou. On peut avec M. Th. Lacordaire y former six subdivisions particulières.
Dans la première deux genres, ceux des : Trioropuus, Leconte, et Triexroma, Sol., peu nombreux en espèces, soni exclusivement américains, et les trois autres, c’est-à-dire ceux des : Capwisa, Dej., Lacord., du pays à l’est de la mer Caspienne; Corrosceus, Pej., Sol., des mêmes contrées que le précédent; et Gnaruosia, Fisch., de l'Asie et de la faune méditerranéenne, sont propres à l'ancien continent, et renferment chacun peu d'espèces.
Dans la deuxième subdivision, beaucoup plus riche en espèces et en genres, dont un seul est
américain, on trouve les groupes génériques les plus anciennement connus, tels que ceux des : 4° TENTYRIA, Latr., ayant surtout le corselet plus où moins élargi, arrondi en arrière, formant toujours un étranglement à la base des élytres, et beaucoup d’autres particularités qui le distinguent des coupes génériques qui en ont été démembrées : on en connaît une cinquantaine d'espèces, à livrée d’un noir profond, peu brillant, d’une taille moyenne, dont les élytres sont en général sillonnées et ponctuées, soyeuses ou couvertes de fossettes confluentes, recouvertes d’une légère efflorescence pendant la vie; ce sont des Insectes diurnes, courant avec agilité à l’ardeur du soleil, trèsvoraces, et, à l’occasion, attaquant les larves, les chenilles, ete.; ils sont presque exclusivement confinés autour de la Méditerranée et de la mer Caspienne; et 2° HEGETER, Latr., à corselet assex large, presque plun et carré, avec les angles postérieurs saillants, se joignant intimement aux élytres : Insectes assez petit, d’un noir profond, souvent à reflets satinés, de forme convexe ou plus ou moins ovalaire, dont le centre d'habitat semble être les îles Canaries, où ils multiplient beaucoup, et se réunissent en sociétés nombreuses dans les cavernes et sous les pierres, principalement au bord de la mer : on en connait une douzaine d’espèces, dont le type est le Blaps elongata, Oliv.
Les genres nombreux formés aux dépens des Tentyria ou qui en sont au moins assez voisins, sont les suivants : Anatolica, Eschs., de l'Asie, depuis le.sud de la Sibérie jusqu'à la Russie méridionale. — Prochoma, Sol., une espèce de Bagdad. — Stomion, Waterh., trois espèces des îles Gallapagos. — Alcinoe, Ménétries. une espèce de Turcoménie. — Rhostax, Fisch., deux espèces du bord de la mer Caspienne. — Calytopsis, Sol., espèces de la faune méditerranéenne. — Dichomma, Sol., de la Grèce et de la Syrie. — Pachychile, Eschs., auquel on doit joindre les : Lophoma, Sol., Homala, Eschs., et Acisba, Dej., Zielg., essentiellement d'Afrique, et ayant pour type l'Akis punctata, Fabr.— Microdera, Eschs., de la faune méditerranéenne et aussi de la Sibérie et du Bengale. — Hypsosoma, Ménétr., une espèce de Mongolie. — Axumia, Reiche, une espèce (prolonÿya) d'Abyssinie. — Rytinota, Eschs., de Sibérie. — Mesustema, Eschs. (Comphasida, Sol.), quelques espèces propres à l'Afrique. — Micipsa, Lucas, trois espèces : une d'Algérie (rufitarsis, Lucas), une d'Égypte (Douei, Lucas) et une de Palestine (Philisticus, Reiche et Sauley). — Oxycara, Sol., de l'Afrique. — Melancrus, Dej., Reiche et Sauley, de Syrie. — Platamodes, Ménétries, une petite espèce (dentipes) de Turcoménie. — Lacnogya, Ménétr., fondé également sur une espèce du même pays que celle du genre précédent. — Emmenastus, Motsch., du Kamtschatka et du Sitkna. — Dysmathes, Ménétr., groupe incomplétement connu, et ne renfermant que le M. Sahlbergü, du Sitkna.
Enfin deux derniers genres, plus rapprochés de celui des Hégéter que de celui des Tentyries, sont les : Thalpophila, Sol., ayant pour type et espèce unique l’Akis abbreviata, Kabr., du Sénégal et Gnophota, Eschs., renfermant trois espèces provenant d'Angola.
Fig. 199. — Tentyria punctipennis. Fig. 130. — Nyctelia. Luczotii. Fig, 131. — Hegeler tagenioides.
Dans la troisième subdivision, on ne range que les trois genres : Hyperops, Eschs., quelques petites espèces des Indes orientales et de l'Afrique. — Stenosida, Sol., une espèce (tenuicolis, des Indes orientales), au moins trés-voisine de celle du groupe précédent. — Hylithus, Guérin (Sciaca, Dej.), trois espèces américaines provenant du Tucuman, du Chili et du Pérou.
Dans la quatrième subdivision, il n'y a également qu'un petit nombre de genres, tels que ceux des : Thinobasis, Eschs., trois espèces Sons — Scelosodis, Sol. (Cratopus, Eschs.), une espèce d'Égypte. — Eurymetopon, Eschs., quelques espèces californiennes. — Anthroconus, Sol. (Gymno-
Fig. 2. — Adelostoma rugosa
Fig. 1. — Scaurus rugosus
Fig. 3. — Zopherus Guatemalensis