Tagenia Orientalis. Fig. D. — Psammetichus costalns
lis.
gnathus, Sol.), du Chili. — Auchmobius, une seule espèce (sullævis). — Cryptodius, Leconte, une espèce de la Californie, de même quele groupe précédent.
Dans la cinquième subdivision, formée d'espèces rares dans les collections et propres aux parties australes et occidentales de l'Amérique du Sud, on renferme les genres : Eremæcus, Lacordaire. — Salax, Guérin (Pilioloba, Sol.).— Megalophrys, Waterh. (Peltolobus, Lacord.).— Tribolocara, Sol., et peut-être Trimytis, Leconte.
Dans la sixième subdivision, on ne place que les deux genres : Evaniosomus, Guérin, quatre espèces du Pérou, les unes d'un brun ferrugineux et les autres d'un brun noirätre; et Melaphorus, Guérin (Stenholma, Sol.), une seule espèce péruvienne (Reïchei, Guérin; tentyrioides, Sol.).
9° groupe, Nycréures : à labre très-distinct, échancré; mächoires munies d'un onglet très-saillant; menton large, recouvrant les mächotres; écusson peu ou pas apparent.
Ces Insectes, assez peu nombreux, ont presque toujours une grande taille, et ont des habitudes à peu près semblables à celles des Pimélites, qu'ils semblent représenter dans le nouveau monde. En effet, ils sont exclusivement américains, et paraissent appartenir uniquement à la Patagonie, au Chili, à la république Argentine, à la Bolivie et au Pérou.
Le genre principal est celui des NYCTÉLIES, Nyctelia, Latr., à jambes antérieures munies extérieurement d'une forte dent, dont on connait une quinzaine d'espèces, de graräe taille, plus ou moins élargies, noirâtres, parfois avec des dessins blancs, et exclusivement américaines : la plus anciennement connue est la Zophosis nodosa, Germar, propre au littoral atlantique de la république Argentine. — On doit ranger auprès de ce genre les groupes génériques, tous créés par Solier, des : Epipedonota. — Callyntra. — Cerostema. — Psectroscelis. — Mitrugenius. — Auladera. — Entomodeus. — Un genre, plus distinet que les précédents, et que Solier avait placé à tort parmi les Blapsides, est celui des Gyniosoma, Guérin, à jambes antérieures mutiques extérieurement; labre beaucoup plus large que long, et à corps en général plus étroit que celui des Nyctelia : grands et remarquables Insectes d’un noir assez brillantet glabre, avec des sillons obliques plus ou moins nombreux sur chaque élytre : sillons remplis de poils blancs, courts, couchés : une dizaine d'espèces particulières au Chili.
2e tribu, Bzarsines. Les Insectes de cette tribu ont pour caractéristique principale : corps privé d'ales sous les élytres; palpes maæxillaires à dernier article sécuriforme.
On en connaît un grand nombre d'espèces, dont la taille et la forme varient considérablement, et qui sont répandues sur presque toute la surface du globe. Leurs téguments sont en général noirs, mais i y a quelques différences à cet égard. Partagés en un assez grand nombre de divisions par les auteurs modernes, M. É. Blanchard n'y forme que les quatre groupes primaires des : Cossyphites, Asidites, Blapsites et Pédinites, que nous adopterons, tout en faisant remarquer que le premier groupe semble assez peu naturellement rangé ici, et que sa véritable place serait plutôt
parmi les Ténébrionites, auprès des Uloma.
1% groupe, Cossypuires : à menton assez étroit, laissant à découvert la base des mächoires; bord antérieur de la tête droit; corselet très-large, formant un large rebord couvrant souvent la tête.
Ces Insectes, qui ne font plus partie des Mélasomes de Latreille, mais bien de ses Taxicornes, surtout remarquables par leur aplatissement plus ou moins considérable et par les expansions foliacées du corselet et des élytres, sont de taille moyenne ou même assez petite; ils sont noirs, et parfois ferrugineux; tous sont glabres et se trouvent sous les écorces des arbres ou sous les pierres; on en rencontre des représentants dans le midi de l'Europe et en Afrique, mais leur véritable patrie, au moins pour les plus grandes espèces, semble être l'Australie, la Tasmanie et la Nouvelle-Guinée. M. le marquis de Brême en a donné une excellente monographie iconographique.
On en connaît aujourd'hui une dizaine de groupes génériques, dont les principaux sont les suivants : HELÆUS, Latr., à corselet ayant ses angles antérieurs prolongés de manière à couvrir entièrement la téle : une quinzaine d'espèces, dont le type est l'H. perforatus, et qui, comme les trois genres Saragus, Erichs.; Pterokelæus et Encephalus, de Brême, sont particuliers à la Nouvelle-
Hollande. — CILIBE, Latr., de Brême, à corselet échancré en avant, laissant la tête entièrement dégagée : ne comprenant que trois espèces de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Zélande, et dont on rapproche le genre Nyctoxoilus, Guérin, formé lui-même d'une seule espèce. — COSSYPHUS, Fabr., à corselet arrondi antérieurement, recouvrant totalement la tête : on en connait une quinzaine d'espèces, toutes plus petites que les précédentes, et se trouvant dans le sud de l Europe, dans le nord et le midi de l'Afrique, dans les Indes orientales, etc.; Insectes de taille médiocre, d’une couleur feuille-morte, vivant dans les erevasses du sol, sous les pierres ou même dans les mottes de terre, se réunissant en troupes nombreuses, lents dans leurs mouvements, au point que ceux d’entre eux qui sont exceptionnellement pourvus d'ailes ne s'en servent pas: comme type nous nommerons le C. Hoffmanseggqii, Herbst, qui n’est pas rare en Espagne. — On en a distingué les Endostomus, de Brême, qui ne renferment que le seul E. Senegalensis, Cast.
Fig. 132. — Cassyphus depressus. Fig. 135. — Asida variolosa. Fig. 134. — Blaps fatidica.
2e groupe, Asiires : à menton très-large, cachant la base des mächoires; tête courte, presque toujours déprimée, engagée dans le corselet, au moins jusqu'au bord postérieur des yeux.
Les Asidites sont de taille moyenne; sauf un petit nombre, qui sont lisses et noirs, tous les autres sont d'un gris de poussière et offrent en dessus une sculpture plus ou moins prononcée; beaucoup sont revêtus d’une pubescence assez épaisse. Propres surtout à l’Europe et à l'Amérique, quoiqu'on en trouve aussi dans d’autres pays, tous, comme nos espèces indigènes, sont lourds, lents dans leurs mouvements, lucifuges, mais fréquentent plutôt les lieux secs et arides que les souterrains et autres endroits analogues; on ne connaît les métamorphoses d'aucune espèce.
Le genre principal est celui des ASIDA, Latr., à antennes de la longueur du corselet, avec les derniers articles aplatis, et l'avant-dernier très-large; pattes de moyenne longueur, à jambes un peu aplaties : on connaît une cinquantaine d’espèces de ce genre, mais elles sont très-difficiles à distinguer par suite de la grande ressemblance de la plupart d’entre elles, et des modifications auxquelles elles sont sujettes sous le rapport de la vestiture et de la structure des téguments. La faune méditerranéenne est surtout riche en espèces, mais l’on en connaît quelques-unes au cap de Bonne- Espérance, en Sibérie, et même dans l'Amérique du Nord : le type est l’Asida grisea, Fabr., long de 0,020 à 0%,095, grisâtre, avec quatre lignes élevées et sinueuses sur les élytres, qui est commun dans toute l'Europe, principalement sur les chemins arénacés, aux pieds des arbres, etc.
On en rapproche les : — Pelecyphorus, Sol., deux espèces du Mexique. — Stenosides, Sol. (Ologlyptus, Lacord.), deux espèces du Mexique et des montagnes Rocheuses. — Philolithus, Lacord., des régions occidentales de l'Amérique du Nord. — Microschatia, Sol., également de l'Amérique septentrionale. — Sfenomorpha (Euschide, Leconte), quelques espèces américaines ayant pour type VE. blapsoides, grande espèce du Mexique. — Cardigenius, Sol., quelques espèces également de YAmérique, mais de la partie méridionale, depuis le Chili jusqu'au Brésil. — Scotinus, Kirby, une douzaine d'espèces, qui, au Brésil, semblent représenter les Asida d'Europe. [
Un autre genre plus distinct est celui des Macmica, Herbst (Platynotus, Fabr.), à antennes plus courtes que le corselet, à dernier article globuleux et les trois derniers formant une petite massue; corselet rebordé; pattes courtes, épaisses, à jambes arrondies : quelques espèces, toutes exclusivement propres au cap de Bonne-Espérance. °
D’autres genres placés dans ce groupe par M. É. Blanchard, mais que M. Th. Lacordaire en éloigne, sont les suivants : Zopuerus, Gray, Cast., à côrps grand, long; antennes très-épaisses, plus courtes que la tête, à trois derniers articles larges, tronqués; pattes très-épaisses, avec les tarses très-cylindriques : quelques espèces répandues en Amérique, depuis les parties occidentales de la Colombie jusqu’à la Californie. — Nosopema, Dej., Sol., à corps long, parallèle, plan; antennes une fois plus longues que la tête; pattes moyennes, avec les turses ciliés : également propres à l'Amérique. — Hererosceuis, Latr. (Anomalipus, Lacord.), groupe assez hétérogène, à pattes fortes, avec les jambes bidentées à l'extérieur, finement crénelées en dedans.
9° groupe, Brapsites : à menton étroit, laissant à découvert la base des mächoires; tête à bord antérieur droit.
Presque tous les Blapsites sont de grande taille, et tous sont d'un noir profond, parfaitement glabres, lucifuges et lents dans leurs mouvements; à l’exception toutefois des Éléodes et des Nyctérines, dont les élytres sont sillonnées ou munies de points enfoncés, disposés en rangées régulières, leurs téguments n’offrent que de fines rugosités pour toute sculpture. Ils sont particulièrement propres à l'hémisphère boréal dans les deux continents; dans l'hémisphère austral, ils sont peu nombreux, et n'existent qu'au Bengale, au Cap, au Chili et au Pérou. Solier y a formé un assez grand nombre de groupes, dont plusieurs peuvent être supprimés, comme le montre M. Th. Lacordaire. Ainsi que nous l'avons déjà dit, l’on connait les larves de plusieurs espèces, qui se rapportent toutes au genre Blaps, et qui ont des habitudes semblables à celles des Akis et des Élénophores. Le dernier segment abdominal de ces larves est ogival ou presque conique, déprimé ou un peu concave, et muni d’une seule épine redressée : son bord postérieur est plus ou moins spinosule et présente d'une à trois rangées de petites épines; le mamelon de sa face inférieure, servant à la progression, est peu apparent, simple et faiblement protractile; la larve est complétement dépourvue de poils.
Genre typique, BLAPS, Fabr., ayant principalement pour caractères distinetifs : corps acuminé postérieurement; antennes assez courtes, à dernier article globuleux; cuisses canaliculées en-dessus; jambes simples, ete. Les Blaps constituent l’un des genres les plus nombreux de toute la famille des Piméliens, et l’on en décrit plus de cent espèces. Mais c’est aussi l’un des genres dont l'étude est le plus difficile par suite de la grande ressemblance qu'ont entre elles beaucoup des espèces : aussi, malgré les bonnes descriptions qui ont été données par un £rand nombre d’entomologistes, malgré le travail monographique que Solier a publié dans les Studi entomologicæ de Baudi, malgré les observations de MM. Hummel, Gebler, Motschoulsky, etc., sur les espèces asiatiques, et de MM. Reiche et de Sauley, sur diverses espèces orientales, etc., ce genre a-t-il encore besoin d’une révision complète.
Ces Insectes sont tous Ea grande taille, d'un noir mat un peu brillant; ils émettent une odeur forte et désagréable qui reste aux doigts longtemps après qu'on les a touchés. Presque tous ont le corselet lisse ou finement pointillé, tandis que leurs élytres sont assez souvent rugueuses ou régulièrement sillonnées. Leur corps est plus ou moins allongé, et en même temps assez épais : leurs formes sont lourdes et peu gracieuses. Quelques légers caractères différencient les femelles des
mâles : ces derniers sont en général plus étroits que les premières, etc. On rapporte que quelques individus de l'espèce humaine ont vomi parfois des larves de Blaps, mais ce sont là des faits trèspeu avérés. Au rapport de Fabricius, les femmes, en Égypte, afin d'engraisser, mangent le Blaps sillonné (Blaps sulcata), qui y est très-commun. On l’emploie aussi, dit-on, contre les douleurs d'oreilles, la morsure des Scorpions, ete. L’Asie est surtout très-riche en espèces; la faune méditerranéenne, tant en Europe qu'en Afrique, vient ensuite et en renferme aussi beaucoup; on en a signalé quelques espèces au Bengale; enfin un seul représentant, le Blaps mortisaga, Fabr., qui porte chez nous les dénominations de Blaps porte-malheur, présage de mort, sorcière de la mort, ete., semble propre à toutes les contrées européennes, n’est pas rare dans les environs de Paris, surtout dans les endroits souterrains, se cache pendant le jour et ne marche que la nuit. C’est un Insecte long de 0%,020, à élytres noires, très-finement ponctuées, presque lisses, et terminées en pointe.
Les genres que l'on rapproche des Blaps sont les suivants : — Tacona, Fisch., renfermant quelques espèces propres aux pays situés à l’est de la mer Caspienne, — Gnaptor, Meg., Sol. (Petrobius,
Brullé), fondé sur une espèce (spicimana, Pallas) de la faune de la Méditerranée, s'étendant assez loin en Asie, et remarquable par sa forme écourtée. — Prosodes, Eschs., dans lequel doivent rentrer les : Peltarium, Fisch., et Nyctipater, Dej., Sol. ; espèces asiatiques. — Dila, Fisch., une grande espèce (lævicollis, Gebler) d'Asie. — Eleodes, Eschs. (Xysta, Eschs.), groupe trés-riche en espèces, toutes de l'Amérique du Nord, où elles remplacent nos Blaps européens et asiatiques. — Nycterinus, Eschs., quelques espèces principalement du Chili. — Leptomorpha, Falderm., une espèce chinoise, qui, au reste, n'entre peut-être pas dans ce groupe primaire.
Un genre, plus distinet que les précédents, est celui des Empapnion, Say, qui renferme surtout deux espèces : muricatum, Say, des montagnes Rocheuses, et concavum, Leconte, du Texas.
M. É. Blanchard range dans le même groupe quelques genres que M. Th. Lacordaire place dans d'autres divisions de l’ancienne section des Hétéromères, ce sont les : — Gonorus, Latr., à corps large; cuisses antérieures dentées; jambes épineuses : une espèce du cap de Bonne-Espérance.— Nycreroeus, Klug, à corps cylindrique, allongé; corselet très-étroit; antennes à derniers articles très-élargis; pattes simples : une espèce de Madagascar. — Misarampus, Latr., à corps épais; corselet sphéroïdal; antennes allongées; pattes simples : quelques espèces du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique (type, Hoffmansegqti, Latr.). — Heziorueus, Guérin, corselet plus étroit que les élytres, convexe, déprimé sur les côtés; antennes très-aplaties depuis le sixième article; pattes simples : de l'Amérique du Sud.— Hecemona, Cast. (Eucamptus, Dej.), à élytres très-convexes; corselet à peu près carré; antennes filiformes; pattes simples : du Mexique, de même que le genre suivant. — Sruxrores, Latr., à corselet très-convexe, beaucoup plus étroit que les élytres; antennes longues, à peu près cylindriques; pattes longues, grèles.— Cnarceonema, Blanch., à corselet très-large, peu convexe, avec les angles saillants; antennes un peu épaissies à l'extrémité; pattes longues, simples, avec les tarses à pénultième article très-prolongé en dedans : une seule espèce de Madagascar. — Lormus, de Brême, à corselet arrondi; antennes à articles céniques : le dernier arrondi; pattes simples : une espèce du cap de Bonne-Espérance. — AcanrnomerA, Latr., à corselet court, légèrement concave; antennes allongées, un peu épaissies au bout; cuisses antérieures armées d'une épine aiguë : quelques espèces africaines et une (caraboides, Germ.), qui habite l'Italie et le sud de l’Autriche. — Acanruopus, Latr., corselet une fois plus large que long; antennes peu allongées; cuisses antérieures munies d’une pointe aiguë : de l'Afrique, etc.
4° groupe, Péninires : à menton petit, laissant la base des mâchoires à découvert; tête à bord antérieur échancré.
Les Pédinites, les derniers des Collaptérides de Solier, qui n’en a pas donné la monographie, sont les plus petits des Piméliens. Ils se trouvent pour la plupart dans les terrains secs et arides, et habitent à peu près toutes les contrées du globe. MM. Mulsant et Rey, qui les nomment Parvilabres, en ont publié, dans les Mémoires de l'Académie et de la Société linnéenne de Lyon, une classification complète dans laquelle ils multiplient peut-être trop les coupes génériques.
On peut, avec M. Th. Lacordaire, partager les Insectes de ce groupe en cinq subdivisions particu- Jières, dont l’une (celle qui comprend les Philax et genres voisins) n'appartient même pas, pour le savant entomologiste de Liége, à la même tribu que les autres groupes de Pédinites.
La première subdivision a pour type le genre PLATYSCELIS, Latr., à corps ovale, convexe; antennes gréles, à derniers articles globuleux; jambes antérieures prolongées en dent obtuse extérieurement : on en connaît quelques espèces répandues depuis l’Asie Mineure jusque dans la Sibérie orientale, et dont une (melus, Fabr.) se trouve, quoique rarement, en Autriche. — Les autres genres sont ceux des : — (Jodescelis, Motsch., qui ne diffère que peu du précédent. —Psectrapus, Sol., une espèce (Oncotus bipartitus) du Cap. — Oncotus, Dej., Blanch., un petit nombre d'espèces de l'Afrique australe. — Ammidium, Erichs., une espèce d’Angola.
La deuxième subdivision a pour genre principal les PLATYNOTUS, Fabr., à menton trilobé en avant; jambes antérieures à peine triangulaires; écusson nul ou à peine distinct, ete. : ce sont les plus grands des Pédinites, et ils sont propres aux Indes orientales. Parmi les autres genres nous citerons les Trigonopus, Muls., Rey, de l'Afrique australe. — Melanopterus, Muls., Rey, également du Cap. — Pseudoblaps, Guérin (Notocorax, Dej.), une dizaine d'espèces des Indes orientales. — Eucolus, Muls., Rey, une espèce de la côte de Coromandel. — Eurynotus, Kirby (Zadenus,
Cast.; Selenepistoma, Dej., Sol.), quelques espèces du Cap. — Lasioderus, une espèce également de l'Afrique australe. — Jsocerus, Latr., une seule espèce de la péninsule ibérique et de Barbarie.
La troisième subdivision a pour type le genre des PEDINUS, Latr., à corselet plan, plus large que les élytres; antennes grêles, presque filiformes; jambes peu élargies; cuisses renflées : ces Insectes sont de taille moyenne et ne deviennent jamais très-petits; leur couleur. est d’un noir légèrement brillant et pouvant passer au jaune ferrugineux dans quelques espèces. On en décrit, d’après MM. Mulsant et Rey, une vingtaine d'espèces qui ont les bords de la Méditerranée pour centre d'habitat, et qui, de là, s'étendent jusque dans la Mongolie : une espèce, le Pedinus femoralis, Fabr., se rencontre parfois auprès de Paris. M. Mulsant en a démembré les genres Colpotus et Cabirus. — D'autres genres sont ceux des : Isocerus, Ilig., Latr., qui ne renferme que le Tenebrio purpurascens, Herbst, du midi de l’Europe et du nord de l'Afrique. — Heliophilus, Dej., Latr., plus connu sous le nom d’Heliopathes, Dej., Muls., à corselet large; antennes très-moniliformes; jambes antérieures très-élargies à l'extrémité : on en décrit une vingtaine d'espèces particulières à la faune méditerranéenne, et dont une (gibbus, Fabr.) est répandue dans une grande partie de l'Europe et de l’Asie occidentale. — MM. Mulsant et Rey ont séparé de ce genre, avec plus ou moins de raison, les groupes génériques des : Litoborus, Omocrates et Meladerus.
La quatrième subdivision comprend quelques genres, et surtout celui des PHILAX, Meg, Brullé, à corps plan, parallèle; antennes à derniers aacles globuleux; jambes un peu élargies : d'assez nombreuses espèces, petites, noirètres, et principalement propres à l'Europe méridionale et à V’AIgérie; type, P. crenatus, Dej., du midi de la France: — MM. Mulsant et Rey en ont distingué les genres : Micrositus, Platyolus, Hoplarion et Melambius, qui renferment des espèces des mêmes pays que les Philax proprement dits, et qui n’en diffèrent pas très-notablement. — D'autres groupes, qui en sont plus distincts, sont ceux des : Hadrus, Dej., Wallast., quelques espèces propres aux iles de Madère, où elles sont communes et se réunissent en société avec d’autres Insectes sous les pierres, soit au bord de la mer, soit sur les hauteurs.— Trichoton, Hope (Epilasium, Dej.), une seule espèce commune à Cayenne. — Cestrinus, Erichs., deux espèces de Tasmanie.
On range encore dans la même subdivision le genre Denparus, Latr., à corps oblong; antennes très-moniliformes, non épaissies au bout; jambes antérieures à peine élargies, légèrement couchées : du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique, et ayant beaucoup de rapport avec les Philaz.
La cinquième subdivision est surtout formée avec le genre BLAPSINUS, Dej., Latr., à corselet presque carré; antennes épaissies graduellement vers le bout, avec les derniers articles globuleux; tarses antérieurs des mâles dilatés : une vingtaine d'espèces, petites, d'un noir bronzé, propres aux contrées chaudes et tempérées de l'Amérique, et auxquelles on doit joindre les Heteropus, Cast., et peut-être aussi les Pedonœces, Waterh. : ce dernier groupe ne renfermant que deux espèces des îles Gallapagos.
Deux genres plus distincts, et créés par M. Leconte pour des espèces propres à la Californie, ont recu les noms de Conibius et de Notibius.
Hg. 135. — Pedinus gibbosus. Fig. 456. — Opatrum elongatum. Fig. 157. — Crypticus gibbulus.
5° tribu, TÉNÉBRIONIDES, ayant pour principaux caractères : corps pourvu d'ailes sous les élytres; palpes à dernier article sécuriforme.
Cette tribu, qui, il faut l'avouer, est assez peu naturelle, renferme un assez grand nombre d'espèces, quoique moins cependant que les deux tribus précédentes On y renferme actuellement une tinquantaine de genres, dont le plus anciennement connu est celui des Tenebrio, et on en trouve ù Fe 20
des représentants dans presque toutes les contrées du monde. Ce sont des Insectes habituellement noirâtres, de taille grande ou moyenne, et quelquefois, quoique plus rarement, petite. C’est habituellement dans les lieux obscurs qu’on les rencontre, et ils semblent en général fuir la lumière du jour et l’action du soleil.
La disposition zoologique des Insectes de cette tribu est assez difficile à établir; quelques-uns, comme les Opatrum, etce., se rapprochent beaucoup, s'ils ne se confondent pas même, avec les derniers groupes de la tribu précédente, et d’autres se lient si intimement avec divers genres de la famille suivante, celle des Diapériens, que quelques auteurs réunissent les uns aux autres pour en former leur famille des Ténébrioniens. Pour nous, à l'exemple de M. É. Blanchard, nous nous bornerons à les subdiviser en neuf groupes, qui répondent principalement aux genres des : Opatrum, Heterotarsus, Chiroscelis, Tenebrio, Pytho, Epitragus; Monomma, Uloma et Phrenopates.
1er groupe, OrarmiTes, qui ont principalement les antennes à peine élargies vers l'extrémité.
Les Opatrites, qui se distinguent surtout des Pédinites par la simplicité de leurs tarses, sont d’assez petits Insectes, à peu d’exceptions près, noirs ou grisätres, tous épigés, lents dans leurs mouvements, et ne volant qu'à l'approche de la nuit. On en trouve un peu partout, mais l'Europe et l'Afrique en renferment le plus, et l'Amérique le moins. On peut y former sept subdivisions.
4e subdivision : genre typique, OPATRUM, Fabr., à corps plan; antennes courtes, avec les articles très-grenus; jambes antérieures grèles; on en connaît plus de quatre-vingts espèces, toutes assez petites, courtes et convexes ou allongées et déprimées, à sculpture des téguments assez variable, et consistant le plus souvent sur les élytres en côtes granuleuses, entre lesquelles se trouvent des tubercules luisants plus ou moins nombreux. Ces Insectes appartiennent presque exclusivement à l’ancien continent, et surtout à la faune de la Méditerranée; mais l'on en a signalé quelques-uns en Amérique. On peut d’après Solier les partager en deux sections, d’après les modifications que présente le menton : ce sont les Opatrum, dont le type est l'O. sabulosum, commun dans les sablonnières de toute l’Europe, et Gonocephalum, ayant pour type l'O. arenarium, Kabr., du midi
de l'Europe.
Des genres qui s’en rapprochent sont ceux des : Pachypterus, Dej., Lucas, du Sénégal et de l'AIgérie. — Emmalus, Erischs., une espèce (pilosus), d'Angola. — Penthicus, Kald. (Opatroïides,
Brullé), quelques espèces répandues depuis la Grèce et l'Espagne méridionale jusqu'en Turcoménie. + On doit probablement encore mettre dans la même subdivision les : Crypricus, Latr., à corps un peu convexe; antennes gréles, avec les articles légèrement coniques : ayant pour type le C. glaber, Fabr., noirâtre, commun dans presque toute l'Europe, et quelques genres qui s’en éloignent plus ou moins,comme ceux des : Ellipsodes, Wallast., ayant pour type le Sphæridium glabratum, Fabr.., vivant à terre dans les racines des arbres, dans l’île de Madère, et seriscius, Motsch., espèce des Kirguises et de Sibérie, qui ressemble pour la forme à un Catops.—Oparrinus, Latr., à corps plan; corselet large, un peu rebordé; antennes légèrement épaissies vers l'extrémité; jambes simples : espèces américaines. — Epilasimus, Dej., Blanch., du même pays que le groupe précédent.
2° subdivision, ne renfermant que le genre MICROZOUM, Déj., Blanch., à antennes fortement épaissies à partir du sixième anneau; jambes antérieures très-larges, ayant une grande dent extérieurement : deux petites espèces, l’une d’Algérie (lilliputanum, Lucas), et l’autre, tibiale, Fabr., d'un noir mat, pointillé sur toute sa surface en dessus, avec quelques dépressions irrégulières sur les élytres, et qui se trouve dans les sablonnières de toute l'Europe.
3° subdivision, ayant pour type unique le genre LEICHENUM, Dej., Blanch., à antennes terminées en massue, avec les trois derniers articles larges, épais; jambes antérieures très-dentées : cinq ou six espèces couvertes de petites écailles, et particulières à la faune méditerranéenne et à la Polynésie. :
4° subdivision : type, le genre ANTOCERA, Wallast., ayant quelques rapports avec les genres précédents, et ne renfermant que deux espèces : l’une de l'ile de Madère, et l’autre de Sicile. — Le genre Trigonotarsus, Hope, se rapproche probablement de celui des Antocères.
5e subdivision formée avec le genre SCLERON, Hope, à jambes antérieures dilatées, festonnées
ou dentées en dehors, et comprenant quelques petites espèces du périple de la Méditerranée, de diverses parties de l'Afrique et des Indes orientales.
6° subdivision, renfermant quelques genres, dont le principal est celui des STIZOPUS, Erichs., à jambes antérieures dilatées où au moins denticulées en dehors, «vec les éperons de presque toutes
nuls, ete. : deux espèces; type, laticollis, d'Angola. Les autres genres sont ceux des : — Blenosia, Cast. (Blacodes, Dej.), une espèce de l'Afrique australe. — Melanesthes, Fald., Lacord., deux es-
pèces des régions boréales de l’Asie. — Caedius, Dej., Blanch., d'Afrique, de Madagascar, des Indes orientales et d'Australie. — Isopteron, Hope, une espèce australasienne.
7e subdivision, comprenant les plus grands des Opatrites, et ayant pour type le genre GONOPUS, Latr., à jambes antérieures médiocrement larges, dentées en dehors, avec les éperons de toutes grands, robustes : cinq espèces de l’Afrique australe, grandes, robustes, lisses, d’un noir assez brillant, et dont le type est le Blaps tibialis, Fabr. — Un autre genre de la même subdivision est celui des Heteroscelis, Latr. (Anomulipus, Latr.), que Solier plaçait auprès des Asida, et qui renferme quelques grandes espèces propres à l'Afrique australe.
2 groupe, Hérérorarsites, ayant les antennes moniliformes; les tarses antérieurs et intermédiaires ne présentant que quatre articles bien distincts, et les postérieurs trois seulement.
Ce groupe, ne renfermant que le singulier genre des HETEROTARSUS, Latr., qui comprend quelques espèces exotiques, dont le type est l'H. tenebrioides, Guérin. Mais probablement on peut ranger dans la même division les genres : — Phobelius, Dej., des espèces de l'Amérique du Sud. — Phymatodes, Dej., Blanch., formé avec la Lagria tuberculata, Fabr., de Cayenne. — Anædus, Dej., Blanch., de l'Amérique du Nord. — Aspisoma, Dej., de l'Amérique du Sud. — Lyrops, Hope, du Bengale.
8° groupe, CniroscéLires, ayant les antennes à articles globuleux, les deux premiers formant une petite massue sphérique; jambes antérieures élargies, dentées.
Ce groupe, ne comprenant également que le seul genre CHIROSCELIS, Lamarck, ayant pour espèce typque le C. digitatum, Fabr., de la côte de Guinée. On doit, selon toute probabilité, placer à côté des Chiroscelis plusieurs genres propres aux parties chaudes de l'Afrique, depuis la Sénégambie jusqu'à Natal, tels que ceux des : — Odontopus, Metallonotus, Calostega, Prioscelis et Pycnocerus.
4° groupe, Ténéerionires, ayant surtout les antennes épaissies vers l'extrémité.
Groupe renfermant les Piméliens qui ont le plus de ressemblance avec les Tenebrio proprement dits. Ce sont des Insectes essentiellement noirâtres, vivant habituellement dans les lieux cachés, sous les écorces, ete., et qui sont répandus presque partout : les uns sont assez grands, et les autres de taille moyenne ou petite. Les métamorphoses de plusieurs Ténébrions sont connues, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, et M. Éd. Perris a décrit la larve du Menephyllus curvipes : nous renvoyons à la description que nous avons donnée dans nos généralités sur la famille. Les genres des Ténébrionites sont ROMPEEUX : aussi les partagerons-nous en plusieurs petites sub- Aion,
Le genre typique de tout le groupe est celui des TÉNÉBRIONS, Tenebrio, Linné, ayant surtout pour caractères : corps parallèle, plan; corselet plus large que long; antennes à derniers articles globuleux. Ce genre, dans lequel les anciens anteurs faisaient entrer un très-grand nombre d'’espèces plus disparates les unes que les autres, est aujourd’hui beaucoup plus homogène et ne renferme plus qu'une vingtaine d'espèces, qui semblent géographiquement limitées à l'Europe, à l'Afrique et à l'Amérique du Nord : celles de nos pays sont généralement de taille moyenne, et, parmi les exotiques, on en connaît d'assez grandes. Ce sont des Coléoptères plus ou moins criblés en dessus de petits points enfoncés, qui tendent à rendre opaque leur couleur, laquelle est presque toujours d’un brun noirâtre, pouvant, chez quelques-uns, passer au ferrugineux. Leurs mœurs sont variées; les uns se rencontrent sous les écorces ou dans les troncs cariés des vieux arbres, les autres se nourrissent principalement de son, de farine, ete., comme nos Tenebrio molitor et obscurus, ou de
substances animales. Comme type nous citerons seulement le T. molitor, qui est long d'environ 0,015, d'un brun noirâtre, avec les élytres fortement striées : la larve, connue vulgairement sous le nom de Ver de farine, est longue, cylindrique, d’un fauve clair, luisant, avec le dernier anneau du corps muni de deux petites pointes : elle vit dans nos boulangeries et dans les magasins de farines, et l’on comprend que d’après cela elle est devenue cosmopolite; elle nous cause de grands dégâts, qui sont loin d’être compensés par le parti qu’en tirent les amateurs d'Oiseaux insectivores, qui en nourrissent les habitants de leurs volières. Cependant cette industrie, surtout dans nos grandes villes, est la base d’un commerce assez considérable. Assez récemment, M. Mulsant a distingué des Tenebrio le genre Menephyllus, qui offre de bons caractères, et dont toutes les espèces de l'Europe australe et orientale et de l'Australie sont plus étroites et plus sveltes, et d’un noir plus brillant que les Ténébrions; le type est notre T. curvipes, Fabr., dont la larve se distingue de celle des Ténébrions par une forme plus courte, plus parallèle, des téguments plus fortement ponctués en dessus, trois ocelles de chaque côté de la tête, les appendices latéraux de l'abdomen lobés à leur extrémité, ete.
Les autres genres de la même subdivision sont ceux des: [earmvs, Truqui, renfermant quatre espèces de grande taille, trois du midi de l’Europe et une de la Californie. — Nycropares, Guérin (Mylaris, Pallas, en partie) : on en décrit près de quarante espèces propres aux contrées chaudes de l’ancien et du nouveau continent; en général ce sont des Insectes d’un noir profond, peu brillant ou mat, souvent recouverts d'une efflorescence fugace, qui leur donne un aspect velouté, et, par exception, quelques-uns d’entre eux sont d’un rouge sanguin ou ornés de couleurs métalliques; presque toujours les élytres sont marquées de sillons, tantôt profonds, tantôt fins et superficiels; quelques espèces, comme les T. gigas, Linné, et maxima, Germar, de l'Amérique du Sud, sont les plus grands des Piméliens : on les rencontre sous les écorces, et, quand on les saisit, elles lancent par l'anus, à plus de 30 centimètres de distance, une liqueur caustique d’une odeur aussi pénétrante que celle des Carabes : les autres espèces sont de taille moyenne. — Amexopuis, Thomson, deux espèces du Gabon, voisines des Nyctabates. — Uris, Fabr., quelques espèces, dont le type est l’Attelabus ceromboides, Linné (T. variolosus, de Géer), grande espèce du nord de l'Europe et de l'Amérique boréale. — Deraspnærus, Thomson, une espèce du Gabon (globicollis), assez rapprochée des Upis. —Tauroceras, Hope (Bucerus, Dej.), ayant pour espece principale le T. cornutus, Fabr., indiqué des environs de Smyrne, mais qui, comme le fait observer M. Th. Lacordaire, est probablement américain. — Zopnoas, Dej., Blanch., de grandes espèces de l'Amérique méridionale, des Antilles et du Mexique. — Zozonnus, Blanch., une seule espèce de la Nouvelle-Zélande.
Fig. 158. — Gonopus tibialis. Fig. 139. — Chiroscelis bifenestralis. Fig. 140. — Upis ceramboules
Dans la deuxième subdivision, on range surtout le groupe des GALCAR, Latr., à corps cylindrique; corselet en carré long; antennes ayant leurs quatre derniers articles très-globuleux : un très-petit nombre d'espèces vivant cachées, et propres à la faune de la Méditerranée, surtout le Calcar procerus, Dej., Muls. — Les autres genres sont ceux des: Boras, Ilerbst, ayart pour type et espèce unique le B. elongatus, Herbst, des régions montagneuses de l’Europe, surtout septen-
Fig. 4. — Pedinus femoralis Fig. 2 — Pimelia globosa
Fig. 3. — Cilibe lævicollis
Fig. 4. — Endostomus Senegalensis Fig. 5. — Pterohelæus parallelus
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COLÉOPTÈRES. 157 trionale. — Boromonruus, Wallast., deux espèces, B. Maderæ, Wallast., des îles de Madère, et tagenoides, Lucas, d'Algérie, qui ne différent peut-être pas. — Brus, Dej., Muls., une petite espèce (Trogosita thoracica, Fabr.), des montagnes du nord de l'Europe. — Srroruacus, Muls., une seule espèce (Solieri) des environs de Marseille.
La troisième subdivision ne renferme que deux genres : NYCTEROPUS et DOLICHODERUS, Klug, Cast., qui ne sont formés qu'avec quelques espèces de Madagascar.
Enfin la dernière subdivision ne comprend que le seul genre GONIADERA, Perty, dans lequel on place une douzaine d'espèces de l'Amérique du Sud, et une espèce particulière à l’île de Java.
5° groupe, Pyrnires, à corps très-aplali; antennes filiformes ou dentées à l'extrémité; menton petit, ne cachant pas la languette.
Ce groupe ne renferme, d'après M. É. Blanchard, que deux genres assez différents des précédents, et surtout remarquables par leur grand aplatissement; mais, comme le dit M. Th. Lacordaire, et ainsi que nous le démontrerons bientôt, le type générique ou le groupe des Pytho, auquel on peut associer quelques genres, n’est peut-être pas ici à sa véritable place, et doit former une tribu ou famille voisine des Hélopiens. Quoi qu'il en soit, le groupe des Pythides de M. É. Blanchard renferme les genres: PYTHO, Fabr., à téte arrondie; antennes presque filiformes, avec le dernier article ovalaire; cuisses mutiques; jambes droites : une assez petite espèce typique, qui habite la Suède et l'Allemagne (P. depressus, Linné). — CATAPIESTUS, Perty (Plateia, de Haan, Cast.), à téte presque carrée; antennes comprimées, légèrement dentées en scie et élargies vers l'extrémité; cuisses antérieures ayant une seule épine; jambes arquées : deux espèces aussi aplaties que les Cucujus, dont elles rappellent le faciès, C. piceus, Perty, commune à Java, et mediocris, Guérin, de Bornéo.
6° groupe, ÉrrrraGites, à corselet sans sillons; antennes dentées à l'extrémité; menton grand, recouvrant en entier la languette.
Ce groupe, l'un des plus difficiles à classer dans une méthode naturelle, comprend un nombre d'espèces assez restreint, partagées aujourd'hui en une dizaine de genres, et qui sont presque toutes américaines. Ce sont des Insectes bruns ou noirâtres, assez allongés, et vivant, les uns sous les écorces, et les autres sur les feuilles; ils sont rarement de grande taille, souvent d’une longueur moyenne et parfois petite.
Le genre typique est celui des EPITRAGUS, Latr., à corps naviculaire; antennes à articles cylindriques jusqu'à l'extrémité : groupe nombreux en espèces, quoiqu’on n’en ait guère décrit jusqu'ici qu'une douzaine, toutes de l'Amérique du Sud (type, E. fuscus, Latr.); à l'exception de l'E. canaliculatus, de l'Amérique du Nord, ce sont des Insectes de taille médiocre, à coloration uniforme, et variant du brun noirätre ou du jaune ferrugineux au bronze brillant : une fine pubescence revêt le corps, et les élytres sont finement chagrinées ou pointillées.
Les autres genres sont ceux des Grosorus, Dej., Blanch. (Deroplatus, Sol.), à ‘corps assez lurge, ovoide; antennes à derniers articles élargis, dentés en scie, et le dernier ovoïde : quelques espèces du nord du Chili, ayant un peu l'aspect des Praocis. — Nycroperus, Guérin, groupe très-voisin du précédent, et renfermant cinq ou six espèces du Chili. — Imarismus, Dej., Blaneh., à corps oblong; antennes à articles cylindriques jusqu'à l'extrémité : quoiqu'on n’en décrive que cinq espèces, on en connaît un nombre beaucoup plus considérable, et elles représentent en Afrique et aux Indes orientales. les Epitragus américains. — Spaænaria, Mann., Ménétries, deux espèces de Turcoménie. — Acaanius, Erichs., une espèce (anthicoides) du Pérou. — Payropmius, Guérin, une espèce de Lima, qui a reçu le nom de helopioides, par suite de sa ressemblance générale avec l'Helops caraboides.— Hyrseuors, Sol., deux espèces du Chili, qui par l'ensemble de leurs caractères semblent se rapprocher des OEdemera.
7e groupe, Moxommites, à corps court, un peu naviculatre; corselet offrant en dessous de profonds sillons semi-circulaires dans lesquels se logent les antennes, celles-cr ayant leurs trois derniers ar-
ticles très-élargis; menton petit.
Ce groupe ne renferme que le seul genre MONOMMA, Klug (Hyporhaqus, Dej.), qui n'est peut-être ici à sa véritable place naturelle, qui a été longtemps ballotté dans des familles différentes, et
dont M. Th. Lacordaire propose de faire une division à placer entre les Pytho et les Cistela. L'aspect général et les caractères des Insectes de ce genre, dont on connaît plusieurs espèces, les lient assez étroitement avec les Epitragus; mais les fossettes du corselet destinées à recevoir les antennes, sont une particularité unique parmi les Hétéromères, et qui semble leur donner quelque affinité avec certains Élatériens et Eucnémiens. Le type est le M. irroratum, Klug, de Madagascar. — On y associe, mais dubitativement, le genre Æcramres, Eschs., Mann. (Elosoma, Mostch.), qui ne renferme qu'une petite espèce de la Californie. <
8° groupe, Urourres, qui ont surtout les antennes un peu perfoliées, et pas de trochanters aux hanches intermédiaires.
Ces Insectes, souvent de petite taille et de couleurs sombres, sont nombreux en espèces, et même en genres, et se trouvent répartis dans toutes les régions du globe. A leur état parfait, ils vivent pour la plupart sous les écorces ou dans les bois pourris, et se nourrissent de toutes sortes de détritus ligneux; quelques-uns recherchent de préférence les céréales réduites en farine; d’autres attaquent indifféremment les substances végétales et animales. Les larves de diverses espèces ont été décrites avec beaucoup de soin par plusieurs auteurs. M. Éd. Perris s’est occupé de celles des Uloma Perroudii, des Hypophlæus ferrugineus et linearis, et des Phtora crenata; M. H. Lucas, de celles de l’Alphitabius Mauritanicus; M..de Motschoulsky, de celles du Gnathocera cornutus, et M. Westwood, de celles du Tribolium ferrugineum; ces larves, sur lesquelles nous reviendrons, ont en général les mêmes mœurs et la même nourriture que les Insectes à l’état parfait, à l'exception de celles des Hypophlæus, qui sont carnassières.
Les genres assez nombreux placés parmi les Ulomites ont été créés en général dans ces derniers temps, et peuvent être partagés en cinq subdivisions.
Dans la première subdivision on range surtout le genre typique ULOMA, Meg., Redt., à corps large, plan; tête souvent cornue dans les mûles; antennes dilatées à partir du sixième article : ces Insectes, de taille moyenne, d'un noir ou d'un ferrugineux brillant, plus ou moins sillonnés sur les élytres, sont très-nombreux en espèces répandues sur tout le globe, et se trouvent principalement sous les écorces des arbres: le type est le Tenebrio culinaris, Linné (ferrugineus, Panz.), qu'on rencontre fréquemment dans toute l’Europe; une autre espèce du midi de la France, l'U. Perroudüi, Muls., est connue sous ses divers états. La larve découverte dans la vermoulure de vieilles souches de pins est linéaire, cylindrique, revêtue de téguments cornés et de couleur rousse, avec deux traits ferrugineux transversaux sur chacun des segments thoraciques et abdominaux. Une espèce brésilienne (diaperoides) constitue le genre Uleda, Cast., et deux autres espèces, l’une de Sicile (gagatina) et l’autre du Sénégal (tarsalis), forment le genre Melasia, Perroud et Muls.; mais ces deux groupes ne sont pas généralement adoptés.
D'autres genres, plus ou moins voisins des Ulomes, sont ceux des: Anrimacus, Gistl (Ceraupns, Perty), une dizaine d’espèces propres à l'Amérique, et répandues depuis le Mexique jusque das le Brésil méridional. — Azpmirogius, Stéph. (Heterophaga, Dej., Redt.), un petit nombre d'espèces dispersées sur tout le globe : deux espèces propres à l'Europe se trouvent sous les pierres, sous les écorces et dans l’intérieur des maisons, où elles se nourrissent de matières farineuses : l’une d'elles, l'A. Mauritanicus, Stéph., doit à ce dernier genre de vie d’avoir été transportée sur toute la surface du globe, et d’être ainsi devenue cosmopolite : sa larve est un peu moins étroite que celle de l'Uloma Perroudii, d'un roux uniforme, finement et irrégulièrement ridée en dessus, avec un fin sillon médian qui, de la tête, s'étend jusqu’à l’avant-dernier segment abdominal inelusivement. — Oocrorus, Lucas, groupe que l’on rapproche parfois des Cr, ypticus, et qui ne renferme qu’une petite espèce d' un brun ferrugineux brillant, trouvée sous les pierres en Algérie, en Sicile et en Espagne. — Carapuroneris, Dej., Lucas, deux espèces d'Algérie, dont le type est le Levaillantii, Lucas. — Urosowa, Cast. (Hypogena, Dej.), un petit nombre d'espèces de l'Amérique méridionale. — Perrobes, Cast. (Oopiectus, Chevr.), ayant pour type une espèce du Sénégal. — Puanerors, Sol., une espèce du Chili. — Cryprors, une espèce de Valparaiso. — Barazius, Leconte, deux espèces de Californie. — Ererus, Muls., Rey, une espèce d'Europe (sulcipennis). — Oricocara, Sol., une espèce unique (ritida) du Chili, que l’on a rangée parfois parmi les Blapsites.
Enfin le dernier genre dont nous ayons à parler, et qui est connu depuis longtemps, est celui
des HYPOPHÆUS, Fabr., à corps étroit, linéaire; antennes perfoliées dans toute leur longueur : ce groupe est médiocrement nombreux, mais répandu au loin dans tout l’ancien et le nouveau continent; les espèces, rappelant par leur forme les Rhizophagus, sont xylophages, se trouvent sous les écorces ou dans les galeries qui ont servi d'asile à leurs larves, et ont une coloration tantôt d'un brun noirâtre ou d'un ferrugineux brillant, tantôt (comme les bicolor et fasciatus, qui ne sont pas rares en Europe) elles sont mi-partie brunâtres et noires. Les larves sont carnassières, et dévorent celles de plusieurs espèces de Tomicus : leur corps est hérissé de poils, et elles présentent quatre ocelles de chaque côté de la tête.
Dans la seconde subdivision on ne place que deux genres, dont le plus connu est celui des TOXI- CUM, Latr., à corps cylindrique; tête bicornue dans les mâles; antennes gréles, avec leur quatre derniers articles fortement élargis : quelques espèces de taille moyenne, d'un noir profond et velouté en dessus, brunâtre et assez brillant en dessous, des Indes orientales et de l’Afrique. — Un autre genre est celui des Anraracras, Stévens, Redt., qui a pour type et espèce unique l’Uloma coranta, Fisch., de l'Europe orientale et méridionale.
La troisième subdivision est exclusivement formée avec le genre ALEGORIA, Cast., chez lequel le corps est très-déprimé, et les antennes courtes, robustes, et ne comprend que l'A. dilatata, commun en Colombie, à Cayenne et dans le nord du Brésil.
La quatrième subdivision renferme quatre genres, tels que ceux des: PHTORA, Dej., Muls., à corps médiocrement allongé; antennes un peu plus lonques que la tête, avec les derniers articles s’élargissant un peu : une seule espèce du midi de la France, surtout dans les régions pyrénéennes, le P. crenata, Fabr., d'un brun marron assez brillant, dont la larve xylophage est très-allongée, grêle, cylindrique, sans stemmates. — TRIBOLIUM, Mac Leay, à antennes à peine plus longues que la tête, avec les trois derniers articles formant une petite massue : un petit nombre d'espèces, dont le type est le T. ferrugineum, Fabr., d’un jaune ferrugineux peu brillant, probablement originaire des Indes orientales, mais qui se trouve aujourd'hui dans toutes les régions du globe, et cela en raison de ses habitudes; car elle dévore la farine, le son, le riz, et presque toutes les substances alimentaires farineuses, et même les collections d'histoire naturelle : la larve a le même genre de vie que celle des Phtora, et se trouve surtout dans la fari#es- Axersivs, Leconte, groupe voisin du précédent, et ne comprenant qu'une espèce propre à la Californie. — Gnarnocerus, Thunb. (Cerandria, Dej., Lucas), quelques espèces de presque partout, et dont le type est la Trogasita maxillosa, Fabr., qui est cosmopolite, et dont la larve est assez courte. "
La cinquième subdivision est uniquement formée avec le genre Pixera, Lacord., qui comprend quatre espèces américaines, et établit le passage des Ulomites au groupe suivant.
9e groupe, Parénararites, à antennes moniliformes, à trois derniers articles plus gros que les précédents; menton ne couvrant pas les mâchoires, presque carré, trilobé en avant; palettes des mächoires très-longues, lancéolées; mandibules dentées, aussi longues que la tête, qui est cornue.
Les Insectes de ce groupe sont des plus remarquables; et s'ils ont quelques caractères des Ulomites, ils en diffèrent aussi beaucoup, et à un tel point, qu'ils ressemblent plus à des Lucaniens qu'à des Piméliens. On n’en connaît que deux genres, qui, eux-mêmes, ne comprennent qu'un nombre excessivement restreint d'espèces, toutes propres à l'Amérique du Sud, ce sont les genres : PHRE- NAPATES, Kirby, et DELOGNATHA, Dej., Lacord.
Fig. 141. — Cyphonotus dromsdereus. Fig. 142, — Sphærolus curviscelis. Fig. 445. — Epitragus fuscus