TRENTIÈME FAMILLE
HÉLOPIENS. HELOPII. Blanchard, 1845.
Tête enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; antennes presque filiformes, peu ou pas élargies vers l'extrémité, assez longues; müchoires sans onglet; tarses antérieurs et intermédiaires composés de cinq articles : postérieurs de quatre; corps ailé ou aptère.
Tels sont les seuls caractères qui tendent à faire réunir en une seule famille les Coléoptères qui vont nous occuper; mais nous devons dire que les Insectes qui les présentent se lient d’une manière insensible : 1° avec les deux familles précédentes, les Diapériens et les Piméliens, et 2 avec celle qui suit, les Cantharidiens. Aussi les entomologistes ne sont-ils pas d'accord sur les groupes primaires que l'on doit former parmi ces êtres, et pour nous, si nous avons cru devoir adopter la famille telle que l’a comprise M. É. Blanchard dans son Histoire naturelle des Insectes, de l'éditeur Didot, nous l'avons partagée en diverses tribus que nous empruntons en grande partie à M. Th. Lacordaire, et qui, dans son ouvrage (Genera des Coléoptères, tome V, deuxième partie), forment parois des familles spéciales. ,
On ne peut rien dire de bien général sur les Hélopiens, aussi n’en dirons-nous que quelques mots sous ce point de vue. Leurs formes et leur taille sont assez dissemblables : les uns sont plus ou moins arrondis ou au contraire allongés : ils sont plats ou convexes, et leur grandeur, habituellement moyenne est parfois grande ou petite. Pour la plupart, ils vivent aussi bien à leur état de larve qu’à celui d'Insecte parfait, dans les champignons ou dans les bois décomposés, et beaucoup se trouvent sous les écorces des arbres. Ce n’est plus que rarement qu’ils présentent des teintes sombres ou noirâtres, et le plus habituellement ils offrent des couleurs vives, souvent même d’un métallique très-éclatant A leur état parfait ils fréquentent surtout les fleurs, et volent facilement pendant l’ardeur du soleil. L'Europe n'en renferme qu'un nombre assez restreint d'espèces, mais les pays étrangers, duns les diverses parties du globe, en possèdent une quantité très-considérable. Les genres admis par les auteurs sont aujourd'hui très-nombreux.
Les tribus que nous admettrons, et qui toutes, nous devons l'avouer, ne se rapportent peut-être
pas à la famille que nous étudions actuellement, au nombre de onze, sont celles des : Camarides, Cyphaléides, Hélopides, Hélopinides, Meracanthides, Mégaganthides, Amarygmides, Sténochides, Cistélides, Nilionides et Pythides.
4% tribu, Camarines, antennes qrossissant encore peu à peu vers l'extrémité, le plus souvent élargies et déprimées à partir du sitième ou septième article; métasternum allongé; mésosternum plus où moins horizontal, fourchu ou du moins fortement excavé et recevant en partie la saillie prosternale; yeux transversaux, échancrés; corps ailé.
Les Camarides, que M. Th. Lacordaire nomme Cnodalides, sont des Insectes de taille moyenne ou même grande, à corps arqué en dessus, souvent comme gibbeux, et étant plus ou moins régulière ment naviculaires; quelques-uns toutefois sont allongés, étroits, cylindriques ou cunéiformes. Ils sont tous exotiques et appartiennent aux régions intertropicales du nouveau et surtout de l’ancien continent. Ce sont, pour le plus grand nombre, de très-beaux Insectes ornés de couleurs variées, souvent métalliques. On ne connait pas leurs métamorphoses, et les mœurs du petit nombre d'entre eux qui ont pu être étudiées sont conformes à celles de nos Hélops européens : c’est-à-dire qu’on les rencontre principalement sous les écorces des arbres. Latreille, qui n’en connaissait que deux genres, les placait parmi ses Hélopiens, et Dejean en avait réparti les genres plus nombreux parmi les Taxicornes, Ténébrionites et Hélopiens.
Le genre typique est celui des CAMARIA, Lepell. et Serv., à antennes aussi longues que la tére et le corselet réunis, ayant leurs six derniers articles courts, élargis, et le dernier très-court; corps naviculaire; on en décrit une vingtaine d'espèces surtout de l'Amérique du Sud et aussi de Madagascar, de Java et de l'Himalaya, toutes assez grandes, difficiles à distinguer par leur système de coloration, qui est uniforme, brillant, et ne variant que du vert bronzé au bronzé obscur; la longueur des pattes et la structure des élytres peuvent offrir de bons caractères : comme types nous citerons les Mylabris gibbosa et speciosa, Pallas, du Brésil. — On en rapproche les genres : Terra- PuyLius, Cast. et Brullé (Damatris, Cast.; Hybonotus, Dej.), groupe assez nombreux en espèces, à corps raccourci, bleu ou vert métallique cuivreux, propre à Madagascar, à la côte de Guinée, à l'Australie et aux îles Philippines. — Cawpsra, Lepell. et Serv., qui se distingue surtout des Camaries par ses antennes à six derniers articles en dents de scie, et par ses élytres un peu pointues; deux espèces du Brésil (irrorata, Dalm., et testacea, Lepell. et Serv.), à élytres noires ou testacées, avec plusieurs petites taches. — Brarina, Perty (Ryssochiton, Gray.), à antennes courtes; corps elliptique; élytres terminées en pointe; quelques espèces du Brésil, à livrée non métallique (type, Spixii, Cast.). — Acnorrerox, Perty, un petit nombre d’espèces de couleur métallique, propres à l'Amérique du Sud, et une espèce du Chili, type du genre Anthroplatus, Sol. — Hyrocauis, Dej., Lacord., une rare espèce (Hemicera armata, Cast.), d'un bleu d'acier à reflets cuivreux en dessus, et propre à l'ile de la Réunion.— Trræa, Erichs., quelques espèces d'Australie et de Tasmanie, à forme des Stenochia, et à coloration variant du violet foncé au bleu. — Hrcemona, Cast. (Eucamptus, Dej.; Eusarca, Chevr.), qui ne renferme qu'un grand et magnifique Insecte du Mexique (resplendens), d’un noir cuivreux, avec les élytres ornées de bandes longitudinales alternativement euivreuses et vertes, et qui se rapprochent aussi des Hélopides.
On doit laisser dans la même division le genre CNODALON, Latr., que l’on range parfois aussi parmi les Diapériens, et qui a surtout pour caractères : corps convexe; corselet dentelé latéralement; antennes fortement élargies depuis le sixième article : le dernier le plus grand de tous; type, C. viride, Latr., d'Haïti, grande espèce d’un beau vert bleuâtre, brillant. — Deux autres genres qui en sont voisins sont ceux des: Cyrrosoma, Perty, renfermant plusieurs espèces répandues depuis les bords de la Plata jusqu'aux Antilles, et surtout abondantes dans la Guyane et la Colombie, et Tuecaceras, Dej., Lacord., une espèce, le Cnodalon nodosum, Gray, de Rio-Janeiro. — Un autre genre qui s’en rapproche encore est celui des Scoræus, Hope, des Indes orientales.
2e tribu, CépnaLéies, ayant les caractères de la tribu précédente, et offrant, en outre, des manditules fendues à leur extrémité, des müchoires munies d'un crochet corné, et un proster num comprimé, souvent caréné en avant des hanches de devant.
Quelques espèces, toutes propres à l'Australie, très-rares dans les collections, ornées de vives couleurs, et dont le type est le genre CEPHALÆUS, Hope, Westw. (Chrysobalus, Boisduval), à antennes de la longueur du corselet, peu robustes, à troisième article plus long que les suivants, quatrième à huitième allongés, presque coniques, neuvième à onxième plus courts et plus larges; quelques magnifiques espèces d’un noir mat, à élytres tantôt vertes à la base et violettes dans le reste de leur étendue, tantôt entièrement violettes. — Les autres genres que nous nous bornerons à nommer sont ceux des : Platyphanes, Prophanes, Chartopteryx (Olistræna, Erichs), Lepispilus (Pachycælia, Dej., Boisd.), et Hemicyclus, tous caractérisés par M. Westwood, et dont le dernier a tout à fait la forme d'une Coccinella.
3° tribu, Hécores, tête ordinairement prolongée en arrière des yeux, arrondie ou trapéziforme en avant; antennes le plus souvent longues, grèles, filiformes ou légèrement déprimées à lewr extrémité, parfois médiocres ou courtes, et grossissant peu à peu, à dernier article presque constamment plus grand que l'avant-dernier; métasternum de longueur variable; mésosternum déclive, faiblement ou non concave, très-rarement horizontal et fourchu; corps ailé ou aptère.
Les Hélopides sont assez difficiles à circonserire en une division particulière, parce que quelquesuns d’entre eux passent, par leurs caractères, aux tribus précédentes ou suivantes. Souvent de petite taille, ce n’est guère qu'exceptionnellement qu'ils sont grands. Leur système de coloration est en général uniforme, noire ou d’un fauve testacé, et ce n’est que dans un petit nombre de cas qu'ils sont métalliques. Ils vivent presque constamment sous les écorces : un genre seulement, celui des Néphodes, se trouve sur les fleurs. Les genres assez nombreux de cette tribu habitent toutes les parties du globe : les exotiques sont surtout propres à l'Amérique, à l'Australie et à la Tasmanie, mais le genre Helops est plus essentiellement européen que les autres.
L'histoire des larves de trois espèces qui se rapportent au genre Helops a été faite; l'A. cœruleus, Fabr., a été étudié sous ce point de vue par MM. Waterhousse, Westwood et Éd. Perris; M. Émile Blanchard a fait connaître les métamorphoses de l'H. lanipes, Fabr., et M. Éd. Perris, celles de l'H. strialus : ces larves ressemblent tellement à celles des Tenebrio, qu'on ne les en distingue guère que par des particularités plutôt spécifiques que génériques; elles sont couvertes de téguments lisses et cornés; leur corps est presque cylindrique, parallèle sur les côtés, hérissé de quelques poils, et sa sculpture est peu marquée, excepté sur l’avant-dernier segment abdominal, qui est plus grand, plus fortement ponetué que les autres et muni de quelques épines variables selon les espèces; le dernier segment est très-court et porte deux crochets cornés, fortement recourbés en haut; dans l'H. striatus, M. Ëd. Perris a constaté deux ocelles qui sont placés de chaque côté de la tête. Ces larves, qui sont jaunâtres et se trouvent sous les mousses qui croissent sur les arbres ou sous les écorces, sont toutes xylophages et se rencontrent dans les vieilles souches décomposées de divers arbres; toutefois, d'après M. Pilate, celles de l'Helops testaceus auraient des habitudes assez différentes, car elles ne vivraient que dans les tiges des chardons qui croissent sur les bords de la mer.
Fig. 447. — I ænia pimelia. Fig. 148. — Adelium caraboïdes. Fig. 149. — Helops sulurulis.
On peut former cinq subdivisions parmi les Hélopides, et ces subdivisions sont surtout représentées par les genres : Helops, Penthe, Misolampus, Adelium et Apocrypta.
Genre HELOPS, Fabr., à corps oblong, un peu convexe; corselet presque carré, aussi large que les élytres; antennes ayant leurs six derniers articles plus épais que les précédents, courts, grenus. Ce genre, qui entrait dans les Tenebrio de Geoffroy et de Linné, renfermait jadis un nombre trèsconsidérable d'espèces, et, quoique considérablement restreint dans ces derniers temps, il en comprend encore aujourd’hui plus d'une centaine. Ces espèces ont des formes assez variées, et offrent beaucoup de légères modifications dans divers de leurs organes, ce qui a engagé quelques auteurs a y former encore des groupes distincts, qui ne sont généralement pas adoptés, tels sont les : Cylindrinotus, Faldermann; Anteros et Hipporome, Castelnau; Xanthomus et Nalassus, Mulsant, ete, Les espèces sont pour la plupart de taille moyenne et exceptionnellement petite; leur livrée, presque toujours uniforme, est noire, brune ou ferrugineuse, bronzée, bleue ou violette. Les mâles différent habituellement des femelles par leurs formes plus sveltes, leurs antennes et leur corselet plus allongés, et surtout par leurs tarses antérieurs et intermédiaires plusou moins dilatés. On les trouve exclusivement sous les écorces des arbres. Presque toutes les espèces sont particulières à la faune méditerranéenne, en la prenant dans sa plus large acception; dans l’ancien continent atlantique, leurs limites sont les îles Canaries, et l’on n’en connaît en dehors que deux espéces : l’une des Indes orientales et l’autre de l’Australie; et dans le nouveau continent, il n’en existe que dans l’Amérique septentrionale, et une propre au détroit de Magellan. L'Europe et l’Asié occidentale sont surtout riches en espèces; vient ensuite l'Afrique. L'espèce que nous trouvons le plus communément en Europe est l'Helops caraboides, Linné, qui, comme l'indique son nom, a une forme assez semblable à celle de quelques Carabiques, et qui est entièrement d’une couleur brunâtre bronzée.
On a séparé de ce groupe les genres : — Acanrnopus, Meg; Latr. (Enoplopus, Sol.), qui ne renferme qu'une espèce (dentipes, Panzer) assez répandue en Italie et en Dalmatie, et qui pourrait être regardée comme un Hélops, à forme très-large, et à cuisses antérieures dentées. — Henyrnanes, Fisch., qui comprend une quinzaine d'espèces des régions voisines de la mer Caspienne, où elles semblent remplacer nos Hélops, et qui ont une forme plus cylindrique. — Nepuoves, Dej., Blanch., une seule espèce (velliger, Hoffm.) d’une partie de l'Europe méridionale, se distinguant des Hélops par l'absence de contiquité entre les yeux et les orbites antennaires. — Exronocænus, Sol., groupe ne renfermant qu'une seule espèce, propre à la Syrie, et au moins très-voisine des Helops.
Genre PENTHE, Newm. (Pyrrocis, Cast.; Anorops, Dej.), s'éloignant beaucoup des Hélops par son faciés, à fête petite, engagée jusqu'aux yeux dans le corselet; antennes plus longues que le corselet, fusiformes, avec le premier article gros, allongé, presque conique, le dernier très-petit, le troisième très-long, cylindrique, le quatrième de même forme, plus court, le cinquième aussi long et beaucoup plus gros, et les suivants de forme variable : deux espèces de l'Amérique du Nord, d'un noir brunâtre, revêtues d’une fine pubescence : ce sont les Helops obliquata, Fabr., et funerea, Newm. É
Genre MISOLAMPUS, Latr., à corps glabre; tte verticale au repos; yeux petits, transversaux, fortement entamés et parfois divisés en deux; antennes plus longues que le corselet, grossissant peu à peu; pas d'écusson; pattes courtes : on en connait quelques espèces propres à la péninsule ibérique et à l'Algérie (type, Pimelia gibbula, Herbst), toutes d'un noir profond, et couvertes d'une fine ponctuation très-serrée.
Plusieurs genres sont groupés auprès de celui-ci; tels sont les : Pseudhelops, Guérin, qui ne renferme que le P. tuberculatus, remarquable par son habitat, qui serait les îles Aucklands; Heliofugus, Guérin (Euscratia, Sol.; Helisteres, Hope), du Pérou, du Chili et de Montévidéo; Dinomus, de Brême, une seule espèce du Mexique; Zophius, Dej., de Brème, une espèce (Helops rufopictus, Wiedm.) du cap de Bonne-Espérance; Osdara, Walker, une espèce de Ceylan; et Sphærotus, Kirby, d'assez nombreuses espèces, toutes américaines, et répandues depuis le midi du Brésil jusqu'au Mexique.
Genre ADELIUM, Kirby, à élytres ovalaires; corselet cordiforme, échancré en avant; antennes un peu plus lonques que la tête et le corselet réunis, presque filiformes, à articles cylindriques, avec le dernier oblong : on connaît aujourd’hui de vingt à vingt-cinq espèces de ce genre, et toutes sont propres à l'Australie; elles ont un faciès assez analogue à celui de quelques Carabus ou Calosoma, sont de grande taille, et leur coloration passe du bronze obscur au noir euivreux ou bleuôtre : le
type est le Curabus porcatus, Fabr.— On en a séparé les genres Thoracophorus, Hope, qui renferme des espèces ressemblant à des Feronia, et peut-être Tropidopterus, Blanch., une seule espèce.
Des genres qui s’en rapprochent aussi, sont ceux des : — Lena, Meg, Latr., à corselet presque carré, formant un étranglement à sa jonction avec les élytres; antennes plus longues que la tête et le corselet réunis, avec les articles oblongs : neuvième et dixième plus élargis, et le dernier le plus grand de tous : quatre espèces européennes, de couleur sombre, et dont le type est l’Helops pimelia, labr., d'Autriche. — Amrurnora, Eschs., groupe propre à la Californie et au Chili, et dont on connait cinq à six espèces.
Genre APOCRYPTA, Eschs. (Compsomorphus, Sol.), à corps très-finement villeux; tête assez prolongée et faiblement rétrécie; antennes longues, peu robustes, ete. : trois très-petites espèces, deux de Californie et une du Chili, ayant une grande ressemblance avec les Clivina. — Un en rapproche un genre Coxoxorvs, Leconte, également californien, et ne comprenant qu’une petite espèce.
4 tribu, HévopiNipes, à corps aptlère; élytres souvent soudées ou embrassant au moins fortement l'abdomen; tête engagée dans le corselet jusqu'à peu de distance des yeux; antennes longues, \fiiformes, à articles presque coniques : le troisième très-long, cylindrique; métasternum très-court.
Les Insectes de cette tribu, assez anormaux, et que Solier plaçait parmi les Blapsides, sont propres à l'Afrique et à la Syrie, et doivent être nocturnes. Tous, à l'exception des Minantereus, sont de petite taille.
Les genres qu’on y admet, et que nous croyons ne devoir que nommer, sont ceux des : Hecorinus, Sol., une seule espèce (costatus) d'Arabie et de Svrie, ayant l'aspect d’un Ofiorhynchus. — Drosocurus, Erichs. (Pteraulus, Sol.), trois espèces du Cap. — Enxox, Gerstæck., une espèce de la côte de Mozambique. — Minanrereus, Sol., ayant pour type l’Acanthomerus anomalus, Guérin, du Sénégal, et renfermant aussi une autre espèce de Mozambique. — Et peut-être aussi les genres Dresrecopus et Meneperes, Sol., du Cap.
be tribu, MeracaNTHiDES, à corps aptère; élytres embrassant fortement le corps; tête verticale au repos et enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; antennes très-lonques, gréles, filiformes, composées d'articles à peu près coniques, sauf le dernier; corselet contiqu aux élytres; métasternum très-court; mésosternum déclive; prosternum très-court, échancré.
Les Insectes de cette tribu commencent la deuxième grande division, celle des Otidogènes, de la famille des Ténébrionides d’Erichson et de M. Th. Lacordaire. On n'y comprend que deux genres, les MERACANTHA, Kirby (Physocælus, Dej.), jadis placé auprès des Hélops, et ne renfermant qu’une seule espèce (contracta, Pal. Beauv.) des États-Unis d'Amérique, et ACANTHOMERA, Latr. (Psoroades, Dej., Sol.), placé parmi les Mélasomes (Piméliens), comme nous l’avons déjà dit, et renfermant des espèces du cap de Bonne-Espérance. La larve de la Meracantha contracta, d'après M. Haidermann, ressemble beaucoup à celles des Tenebrio, mais ses mandibules sont un peu différentes, et le dernier segment abdominal est obliquement tronqué et concave en dessus.
6° tribu, Mécacanraines, à corps ailé; élytres embrassant faiblement l'abdomen; tête très-engagée dans le corselet; yeux très-grands; antennes de forme variable; pattes longues; mélasternum allongé; mésosternum déclive; prosternum très-court.
Les Mégaganthides sont peu nombreux et exclusivement propres à la côte occidentale de l'Afrique; ils constituent les genres : — MEGAGANTHA, Westw. (Eulimenes, de Brême, collection), une grande espèce (terebrosa), d’un noir mat, ressemblant beaucoup pour la forme générale à un Nyctobates. — Orrocuerrus, Dej. (Hoplonyx, Thoms.), de taille moyenne, également noirâtre. — Goxocxemis, Thoms. (Oplomerus, Dej.), quatre espèces. —Syvopricus, Thoms., une espèce (degener).
7° tribu, Amaryomipes, à corps ailé; tête engagée dans le corselet jusqu'à la moitié des yeux;
ceux-ci plus où moins grands; antennes de forme variable; métasternum allongé; prosternum trèscourt; cuisses antérieures sans dents.
Ces Insectes, de forme ovalaire, sont tous, excepté les Phyanisia, propres à l’ancien continent ou à l'Océanie. Les genres sont ceux des: AMARYGMUS, Dalm., on en connaît de nombreuses espèces, surtout particulières à l'Australie, aux archipels indiens et à la Polynésie; la plupart ont une forme globuleuse, et sont ornées de couleurs métalliques, éclatantes, mais d’autres sont plus ou moins allongées et de couleur noire. — Eurezus, Dej., Blanch., ayant pour type l’Helops longipes, Fabr., de la côte occidentale d'Afrique. — Nasronieus, Westw., une belle espèce de la côte de Guinée. — Puyanista, Cast. (Cymathotes, Dej., Blanch.), quelques espèces du Mexique. — Ryewonvs, White, deux espèces de la Nouvelle-Zélande. — PLesiopuraacmus, Motseh., ayant pour type et espèce unique le P. nigro-cyaneus, du Japon : belle espèce d’un noir bleuàtre brillant, ponctuée en dessus, avee les élytres finement striées.
Fig. 150. — Sphærotus cupreus. Fig. 151. — Sfenochia rufipes. Fig. 192. — Amarygmus cuprinus.
8° tribu, Srévocurres, à {éte dégagée du corselet, simplement penchée; yeux grands, distants du corselet; antennes variables; écusson grand; élytres embrassant fortement le corps; pattes longues; mésosternum large, horizontal, concave; corps ailé.
Les Insectes qui forment cette tribu sont de taille moyenne, et propres à l’ancien continent et à l'Amérique, et ne renferment qu'un petit nombre de coupes génériques.
Le groupe typique est celui des STENOCHIA, Kirby, dont le même auteur avait cru devoir disünguer un genre SrroNGyLium, qui n’en diffère réellement pas; mais, de la réunion de ces deux genres, il résulte que tantôt on a adopté pour dénomination l'un de ces noms au lieu de l’autre, et M. Th. Lacordaire préfère celui de Strongylium, et indique la tribu sous le nom de Strongyliidés; pour nous, nous avons pensé que la dénomination de Sfenochia devait prévaloir : 4° parce que c’est celle qui est le plus vulgairement employée, et 2° parce que le nom de Strongylium se rapproche trop de celui de Strongylus, qui sert depuis longtemps à désigner un autre genre de Coléoptères. Les Stenochia ont des antennes gréles, avec tous les articles coniques, à partir du quatrième, et le dernier oblong; corselet transversal, presque cylindrique; leur corps est allongé, ete. Ce sont des Insectes élégants, ornés en général de couleurs métalliques, vertes ou bleues, que relèvent souvent sur les élytres des bandes transversales ou longitudinales d’un jaune bleuâtre; ils abondent dans l'Amérique du Sud, sent moins nombreux dans l'Amérique du Nord, et se rencontrent, quoiqu’en petit nombre, dans l'Afrique australe, les Indes orientales, la Syrie, l'Australie, ete. Quoique l'on n’en ait pas décrit la moitié des espèces connues, on en a fait connaître au moins une einquantaine. C’est un genre qui a besoin d’être étudié monographiquement; certes, on devra en séparer plusieurs groupes spéciaux, et on y réunira aussi quelques genres proposés, tels que ceux des : Særaugodes, Dej.; Gentinabis, Cast., ete. Comme types nous citerons les : S. erythrocephalus, æneus, violaceus, metallicus, viridis, bicolor, Fabricius, ete.
Les autres genres principaux de la même tribu, qui ne différent réellement pas beaucoup pour la plupart des Sténochies, et qui ont besoin également d'une révision générale, sont les suivants : — Pœcirosrueruus, Dej., Blanch., à antennes longues, assex gréles, un peu épaisses vers l'extrémaité, avec les articles presque cylindriques, et le dernier ovalaire; corselet transversal, peu con-
vexe; corps ovale : une vingtaine d'espèces, rangées dans les Erotylus par Fabricius, et dans les Helops par Perty, généralement assez grêles, de couleurs variées, mais non métalliques, se trouvant sur les feuilles dans les bois, et semblant exclusivement propres aux régions intertropicales de V’'Amérique du Sud.— Picyrrus, Dej., Lacord., à antennes ayant les troisième et quatrième articles allongés, presque cylindriques, les quatrième à sixième plus courts, trianguliformes, les septième à ditième transversaux, presque carrés, et le onxième largement arrondi en avant; corselet transversal, plan : deux espèces brésiliennes. — Spaæœniseus, Kirby, à antennes assex longues, fortement élargies vers l'extrémité, et à dernier article arrondi; élytres convexes, presque globuleuses; corps ovale : un assez grand nombre d'espèces répandues en Amérique, depuis le Mexique jusqu'au Brésil méridional, assez semblables à des Erotyles par la forme et la coloration, et ayant pour type le S. erotylcides, Kirby. — Cvrnoxorus, Guérin (Homocyrtus, Dej.), à antennes assez courtes, presque fiiformes, avec leur quatre derniers articles un peu plus larges que les précédents; élytres légèrement dilatées latératement; corps long : une seule, grande et remarquable espèce, le C. dromedarius, Guérin, propré au Chili. — Ornorera, Chevrolat, à antennes très-allongées; yeux très-grands, réniformes : une espèce (serraticornis) du Brésil. — Puymarosoma, Cast., assez semblable aux Stenochiu, et ne comprenant qu’une seule espèce (tuberculatum) de Java. — Pnænveexa, Cast. (Adelphus, Dej.), à antennes ayant la longueur des deux tiers du corps, gréles, avec les articles presque cylindriques, et le dernier plus long et plus gréle que les précédents; téte petite; corselet étroit antérieurement : quelques espèces, ornées de couleurs métalliques, de Madagascar, du Sénégal et du cap de Bonne-Espérance.
9e tribu, Gisréuines, à corps ailé; mächoires découvertes, à lobes lamelliformes, ciliés; corselet non échancré en avant; mandibules avec une saillie interne à la base; yeux latéraux presque toujours échancrés; antennes de onxe articles insérées immédiatement au-devant des yeux, à découvert ou sous de petites orbites en forme d'oreillettes; hanches antérieures globuleuses où un peu transversales; tarses à crochets dentelés, tandis qu'ils sont simples dans les tribus précédentes; abdomen formé de cinq ou six segments, tous distincts, et l'avant-dernier de longueur variable.
Les Cistélides, dont on fait une famille spéciale assez difficile à caractériser, sauf par la particularité tirée de la dentelure des crochets tarsiens, sont en général de taille moyenne ou petite, à téguments assez mous, de même que ceux des Hélopides, et dont le système de coloration n’est habituellement pas brillant, mais, dans le plus grand nombre des cas, uniforme et de teinte brunâtre ou noirâtre, testacé ou verdâtre. À leur état parfait, on en trouve environ la moitié des espèces sous les écorces des arbres ou dans l’intérieur des bois pourris, et l’autre moitié sur les fleurs. Les caractères sexuels résident principalement dans les antennes, qui sont constamment plus longues dansles mäles, etaussi dans les yeux, qui sont plus gros dans le même sexe. L'histoire des métamorphoses d'un assez grand nombre d'espèces européennes a été donnée par plusieurs auteurs;-ce sont, en suivant l'ordre zoologique, celles des : Allecula morio, par M. Mulsant; Hymenorus Doublieri, par M.Mulsant; Cistela (Prionychus) atra, par Kyber, MM. Bouché, Waterhousse et Ed. Perris; Cistela ceramboïdes, par MM. Waterhousse, Westwood et Heeger; Mycetochares linearis, par MM. Bouché et E. Cussac; M. axillaris, par M. Bouché; et M. bipustulata, par M. Waterhousse. Les larves offrent des caractères semblables à ceux des Piméliens; elles sont très-grêles, plus ou moins cylindriques, et présentent leur dernier segment abdominal conique, excavé en dessous, et muni à la base de l'excavation d’une saillie lamelliforme dirigée en arrière, recouvrant plus ou moins l'ouverture anale, et terminée par deux appendices grêles, de forme variable, selon les espèces. Elles ne diffèrent guère spécifiquement que par les proportions relatives de leurs segments thoraciques et l'absence ou la présence, de chaque côté de la tête, d’une tache noire, de nature assez difficile à reconnaître, mais qui semble être un stemmate. Ces larves vivent dans le bois en décomposition, qu'elles percent dans tous les sens. Celle de la Cistela atra est indiquée comme se renfermant, pour se transformer, dans une coque formée de détritus ligneux, qu’elle agglutine à l’aide d'un fluide spécial; les autres se pratiquent uniquement une loge à l'extrémité des galeries qu’elles ont perforées. Les nymphes sont toujours pourvues, sur les côtés de l’abdomen, d'appendices particuliers assez analogues à ceux que l’on remarque chez les nymphes des Piméliens.
COLEOPTÈRES. 171
La plupart des espèces se trouvent en Europe et dans les régions tempérées de l'Asie; quelquesunes cependant proviennent des régions intertropicales de l'Amérique du Sud, de l'Australie, de l'Afrique australe, etc.
Les anciens auteurs ne connaissaient que trois genres de cette tribu, ceux des: Cistela, Allecula et Mycetochares; mais c’est dans ces derniers temps que MM. Solier, de Castelnau, Mulsant et quelques autres, y ont formé un nombre assez considérable de coupes génériques, et que M. Th. Lacordaire y a même créé deux divisions primaires.
La première, caractérisée par : un métasternum très-court; le pronotum et les flancs du corselet confondus ensemble; l'écusson très-grand; les élytres soudées; les tarses munis de lamelles, et le corps aptère, ne renferme que le seul genre CYLINDROTHORUS, Sol., ayant pour espèce unique le C. pilosus, du cap de Bonne-Espérance.
La deuxième, ayant pour caractères : métasternum de grandeur normale; pronotum distinct des flancs du corselet; écusson médiocre, engagé entre les élytres; celles-ci libres; corps ailé, est beaucoup plus riche en espèces, et comprend elle-même plusieurs subdivisions, qui peuvent être représentées par les genres : Cistela, Cteniopus et Lystronychus.
Genre CISTÈLE, Cistela, Fabr., à antennes gréles, un peu amincies à l'extrémité; mandibules bidentées; saillie intercoxale de l'abdomen très-visible; pattes peu larges; tarses sans pelotes. Ces Insectes, jadis rangés parmi les Chrysomela de Linné, et les Mordella de Geoffroy, sont devenus très-nombreux en espèces, aussi en a-t-on placé beaucoup dans des groupes particuliers; et, malgré cela, on en connaît encore aujourd'hui une vingtaine d'espèces, qui sont propres aux régions tempérées de l'hémisphère boréal dans les deux continents. Quelques auteurs ont même été beaucoup plus loin, et pour eux, les espèces européennes seules ont été subdivisées au moins en sept groupes génériques, tels que ceux des : Hymenorus, Muls.; Eryx, Stéphens (Prionychus, Sol.); Hymenalia, Muls.; Cistela, Muls.; Isomiru, Muls., et Gonodera, Muls. Mais, comme les espèces exotiques ne peuvent qu’en très-petite partie rentrer dans ces groupes, et que pour placer les autres, il faudrait eu créer. au moins un nombre aussi considérable, et que, d’un autre côté, leurs caractères distinetifs sont de peu de valeur, des entomologistes célèbres, et principalement M. Th. Lacordaire, ne les ont pas adoptés. Les Cistèles sont de taille moyenne ou petite; leur corps et leurs élytres sont mous et plus ou moins allongé: ou légèrement arrondis; leur livrée, qui n'offre jamais de dessins, est assez variée, brune, noire ou parfois métallique, et chez la plupart d'entre elles les téguments sont revêtus de poils fins, couchés, peu abondants. Presque toutes les espèces sont diurnes, et se rencontrent sur les fleurs; toutefois quelques-unes d’entre elles, telles que les C. ater, Fabr., dont on connait les larves, qui se trouve presque dans toute l’Europe, et est le type du genre Eryx, sont crépusculaires et vivent sous les écorces et dans l'intérieur des vieux bois décomposés, de même que les Helops, avec lesquels elles ont été parfofs confondues. Parmi les espèces européennes, nous nommerons les suivantes : Doublieri et rugicollis, Muls., du midi de la France, type du genre Hymenore; fusca, Ilig. (rufipes, Fabr.), commun dans toute l’Europe, type des Hyménolies; ceramboides, Linné, grande espèce de toute l’Europe, type des Cistèles proprement dites; murina, Linné, espèce très-variable, répandue dans toute l'Europe, et type des Isomires; fuluipes, Fabr., d'Italie, type des Gonodères; et parmi les exotiques, les : C. micans, de Madagascar, type d'un genre Plesia, Klug; melanophthalma, Lucas, d'Algérie; femoralis, Oliv., de l'Amérique du Nord; congrua, Walter, de l’île de Ceylan; pilosula, Guérin, des Moluques; securigera, Mac Leay, d'Australie, ete.
Les genres de la même division, qui se rapprochent plus ou moins des Cistela, sont les suivants : AzcecutA, Fabr., à antennes longues, gréles, filiformes; tarses garnis en dessous de pelotes membraneuses : une trentaine d'espèces assez petites, presque toutes américaines, et dans lesquelles on a parfois distingué un groupe des Dietopsis, Sol.; les deux seules espèces d'Europe sont les : À. aterrüma, Muls., Redt., type du groupe des Upinella, Muls., et morio, Fabr., qui reste parmi les Allécules de M. Mulsant. — Mycerocnares, Latr. (Mycetophila, Gyllenh.), qui se distingue surtout des Cistèles par ses antennes filiformes, à articles coniques, par ses yeux plus saillants, ses formes plus sveltes, ete., et qui renferme de petites espèces d’une teinte brunâtre relevée de bandes et taches plus foncées, se trouvent en Europe et dans l'Amérique septentrionale, et dont on peut prendre pour type notre M. flavipes, Fabr. — Lororona, Sol., parfois subdivisé en Lobopoda et Monoloba, renfermant des espèces exclusivement propres à l'Amérique du Sud. — Bzerusa, Westw., fondé sur une
espèce (costata) américaine. — TanyeniLus, Newm., renfermant quatre espèces australasiennes, — Arracrus, Mac Leay, également d'Australie.
Genre CTENIOPUS, Sol., à antennes filiformes, très-gréles; mandibules simples; tarses sans pelotes : cinq ou six espèces, vivant sur les fleurs, toutes d'Europe, remarquables en ce qu'il entre toujours du jaune dans leur système de coloration, et dont on peut prendre pour type la Cistela sulphurea, Linné, que l'on rencontre presque partout chez nous, surtout sur les chätaigniers à l'époque de leur floraison.
On place dans le même groupe les genres : OmoPazus, à antennes un peu épaissies vers l'extrématé; palpes ayant le dernier article très-sécuriforme; tarses sans pelotes, dont Solier a distingué les Megischia, et Mulsant les Heliotaurus, qui appartiennent à la faune méditerranéenne, et dont le type est l'O. nigripennis, Fabr. — Ponoxra, Muls., très-voisin des Cténiopes, d'Europe et d’Asie.
Genre LYSTRONYCHUS, Latr., à antennes filiformes, grossissant vers l'extrémité, souvent même très-élargies, corselet transversal, convexe en dessus : deux espèces brésiliennes, dont la mieux connue est l’Helops equestris, Fabr., Insecte très-élégant, d un noir bleuätre soyeux, avec une tache jaune citron sur les élytres.
On en distingue les: —- Xysrronia, Sol., deux espèces de l'Amérique du Sud. — Prosrenus, Latr. (Mecocerus, Sol.), de belles espèces de l'Amérique méridionale. — Xysrropus et Crersa, Sol., des mêmes pays que les précédents.
Fig. 155. — Pytho depressus.
Fig
40° tribu, Pvrnnes, à menton transversal; mächoires à deux lobes; mandibules dentées intérieurement; yeux latéraux, entiers, antennes de médiocre longueur, de onxe articles; corselet plus étroit que les élytres; pattes courtes; abdomen composé 7 cinq segments, tous libres; corps généralement alé.
Cette tribu, qui constitue une famille particulière pour M. Th. Lacordaire, comprend un assez grand nombre de genres, dont deux ont été déjà signalés par nous, et placés avec les Piméliens. Ils sont de taille grande ou petite, allongés ou plus ou moins oblongs, rarement déprimés, et les tégu- : ments de la plupart d'entre eux sont glabres et brillants; ils vivent sous les écorces et se rencontrent parfois sur les trones d'arbres, les fagots, ete. Tous, à l’exception d’une espèce tasmanienne, sont propres à l’Europe et à l'Amérique.
On connaît les larves de trois espèces, celles des : Pytho depr'essus, décrite par de Géer, Latreille, Bouché, MM. Westwood et Erichson; Rhinosimus roboris, indiquée par Erichson, et Agnathus decoratus, qu'ont mentionné récemment MM. Mulsant et Rey. La larve du Pytho depressus présente tous les caractères essentiels de celles des Pyrochroa, mais en diffère surtout par sa tête un peu engagée dars le corselet, et le dernier segment abdominal n'étant pas plus large que le précédent et n'offrant rien de singulier dans sa forme : cette larve est allongée, parallèle, très-déprimée, avec les anneaux du corps arrondis sur les côtés, d’un jaune sale et revêtue de quelques poils redressés, isolés : elle vit, comme les autres, sous les écorces. La larve du Rhinosimus roboris reproduit presque tous les earactères de la précédente, mais elle est plus étroite et un peu plus convexe. Enfin la larve de l’Agnathus decoratus s'éloigne assez des deux précédentes : : elle est légèrement convexe, de couleur testacée, hérissée de poils peu abondants, formant six rangées longitudinales, et a été prise dans de vieilles souches d’aune en compagnie de larves de Rhixotr ogus et de Bostrichus.
On peut y former trois subdivisions :
La première a pour type le genre PYTHO, sur lequel nous ne reviendrons pas, et renferme aussi es deux genres : Crymodes et Priognathus, Leconte, le premier des bords du lac Supérieur, et le second des Etats-Unis d'Amérique.
La deuxième a pour type le genre SALPINGUS, Illig., Gyllenh., à palpes maæillaires à dernier article non sécuriforme; mandibules ne dépassant pas le labre; tête non prolongée en rostre; antennes grossissant peu à peu; corselet coupé carrément; abdomen à dernier segment très-court : une dizaine d'espèces, disséminées en Europe et dans l’Amérique du Nord, variant du noir au ferrugieux brillant, et ayant pour type le Dermestes ater, Panzer, assez commun dans toute l’Europe. — D'autres groupes, qui n’en diffèrent pas très-notablement, sont ceux des : — Lissonewa, Curtis, d'Europe, et une espèce (hybridus, Erichs.) de Tasmanie. — Ruinosimos, Latr., quelques espèces européennes, jadis réunies aux Cureulioniens, et dont le type est le R. roboris (Attelabus), Herbst. — Howaziuinus, Chevrolat, une espèce de Colombie. — Tanvruinus, Mann., une espèce de l'ile Sitka, à tarses pentamères.
La troisième a pour genre unique les Acnaraus, Meg., Laferté, à palpes maxillaires à dernier article sécuriforme; mandibules ne dépassant pas le labre; corselet cuculliforme en avant; hanches intermédiaires sans trochanters; abdomen à dernier segment de longueur normale; corps allongé, svelte : une seule espèce (decorus, Germar), anciennement rangée avec les Nototus, d'Allemagne et de la France centrale, assez grande, noire, avec les épaules et deux bandes transversales en zigzag d’un gris rosé.
41° tribu, Ninonines, à menton allongé; mâchoires à lobes lamelliformes, ciliés; mandibules courtes; tête verticale, engagée jusqu'aux yeux dans le corselet; antennes de onxe articles, moniliformes, à articles un peu globuleux, et le dernier ovoide; corselet court, très-large, engagé dans les élytres, qui sont convexes, très-larges, enveloppant le corps; pattes courtes; abdomen de cing segments bien distincts; corps hémisphérique.
Cette tribu constitue une famille particulière pour M. Th. Lacordaire, et ne renferme que le seul genre NILIO, Latr. Ces Insectes, dont on n’a encore décrit que cinq espèces, qui sont répandues depuis le Mexique jusque dans le Brésil méridional, ressemblent pour la forme à de grosses Coccinelles, avec lesquelles Fabricius les confondait. Ils sont de taille médiocre, et le plus habituellement d'un fauve rougeàtre ou testacé, avec les élytrés sujettes à devenir noires; une pubescence d’aspect lanugineux, tantôt très-courte et uniforme, tantôt disposée en touffes sur les élytres, les revêt en dessus; on les trouve immobiles ou marchant lentement sur les bolets ou les troncs d’arbres, et, lorsqu'on les touche, ils simulent la mort, mais sans se laisser tomber à terre; ils exbalent à un baut degré l’odeur propre aux Insectes bolétopbages. Comme type, nous nous bornerons à nommer la Coccinella villosa, Fabr., commune au Brésil et à Cayenne.