TRENTE-DEUXIÈME FAMILLE
CURCULIONIENS. CURCULIONIT. Blanchard, 1845.
Corps généralement cylindrique, parfois plus ou moins arrondi; tête prolongée en un rostre souvent très-allongé; parties buccales peu développées; antennes droites ou coudées, terminées en massue dans la majorité des espèces, à articles variant de six à dix; corselet étroit; élytres recouvrant l'abdomen, dures, coriaces; pattes courtes, fortes; tarses en général de quatre articles à toutes les pattes, garnis de poils ou de brosses en dessous.
Les Cureulioniens se distinguent surtout de tous les Coléoptères, et principalement de ceux que l’on a désignés sous le nom de Tétramères par leur tête plus ou moins prolongée en une sorte de bec que Latreille nomme proboscirostrum où museau-trompe, pour qu'il ne soit pas confondu avec le rostre des Hémiptères, qui est organiquement autrement constitué, mais qui, malgré cela, porte généralement la dénomination de rostre dans la plupart des ouvrages des entomologistes. Ce bec ou museau-trompe, qui varie beaucoup de forme et de longueur, et qui est tantôt courbé, tantôt droit, suivant les tribus et les genres, est terminé par la bouche, qui se trouve d’autant plus petite que le premier est plus effilé, et dont toutes les parties, par suite d’une compensation organique, sor* plus ou moins rudimentaires : aussi, de tous les organes dont la bouche se compose, les mandibules, assez fortes, sont seules visibles à l'extérieur, parce qu’elles sont très-saillantes, tandis que les mâchoires et les palpes, très-peu développés, restent cachés dans la cavité buccale. Les antennes sont le plus habituellement en massue, rarement filiformes, tantôt droites, tantôt, et le plus fréquemment, coudées; elles sont toujours insérées sur la trompe, soit près de son extrémité lorsqu'elle est courte, soit vers son milieu ou près de sa base quand elle est allongée; le nombre des articles varie de six à douze; mais il estordinairement de onzeet même de douze en comptant le faux article terminal : quant à la grandeur relative de ces articles, on n’en peut rien dire de général, car ils présentent des différences considérables, et qui, comme nous le verrons, deviennent génériques. Le corselet est généralement plus étroit et beaucoup plus court que les élytres, qui, elles-mêmes, sont proportionnellement très-développées, ainsi que l'abdomen qu’elles recouvrent souvent; cependant chez les Brenthes, la tête, le corselet et les élytres, très-prolongés, sont d’égale longueur. Les ailes proprement dites existent ou peuvent manquer. Les pattes sont ordinairement très-robustes et assez courtes. Les tarses, habituellement tétramères, et à avant-dernier article profondément bilobé dans la plupart des espèces, sont garnis en dessous de brosses ou de poils.
Ces Insectes ont, dans l'immense Majorité des cas, une forme trapue; mais ils présentent parfois un faciès très-différent, depuis les espèces qui sont presque linéaires ou trés-allongées, comme les Brenthes et les Lixes, jusqu'à celles qui sont ovoïdes ou globuleuses, de même que les Ceuthorhynques et Pachyrhynques. Tous, ou presque tous, sont organisés plutôt pour grimper etse cramponner aux corps sur lesquels ils se trouvent que pour marcher sur une surface plane : aussi leur démarche est-elle très-lente; et, comme ils ne peuvent échapper que difficilement au danger par la fuite, étant pour la plupart dépourvus d'ailes ou en faisant très-peu usage lorsqu'ils en ont, la nature prévoyante, leur a donné, pour les protéger contre leurs ennemis, des téguments extrêmement durs, surtout dans les espèces aptères, et ces téguments sont assez développés pour couvrir l'abdomen, qui a presque toujours un grand développement. Un genre, celui des Orchestes, présente des habitudes bien différentes de celles de la majorité des Curculioniens, et, de même que les Altises, est disposé de manière à pouvoir sauter : quelques autres particularités, sous ce point de vue, se remarquent encore, et nous y reviendrogs en donnant l’histoire des genres. Sous le rapport de la variété
Fig. 4 — Larinus longirostris
Fig. 3. — Brenthus Femminchii
Fix. 4. — Cleonus ovatus
COLÉUPTÈRES. 903
et de l'éclat des couleurs, cette famille offre autant de différences que la plupart de celles qui précèdent : en effet, si beaucoup d'espèces ont des teintes assez sombres, grises, brunâtres ou noirûtres, d'autres sont parées de couleurs vives, tantôt uniformes et tantôt relevées par des dessins plus foncés : dans le magnifique genre Entimus, presque toutes les espèces sont couvertes d’écailles d’or sur un fond vert, ou d'écailles d'argent sur un fond d'azur. Une poussière écailleuse particulière recouvre les diverses parties du corps de la plupart des espèces : et cette poussière, qui, pendant la vie de l'animal, peut se reproduire après avoir été enlevée, a donné lieu à des observations de divers naturalistes, et peut être comparée au velouté que l’on remarque sur les fruits. Le corps peut être glabre ou couvert de poils. La taille varie extrêmement dans la longue série des espèces : et, ici plus qu'ailleurs peut-être, on peut trouver la réunion des extrêmes sous ce rapport, depuis la gigantesque Calandra heros, qui a plus de 0,08 de longueur, jusqu’à l'Apion fuluipes, et presque toutes les espèces du même genre, qui atteint à peine une grandeur de 0,002.
Tous les Curculioniens sont exclusivement phytophages; on les trouve sur les fleurs et sur les feuilles, et parfois, à leur état parfait, ils sont nuisibles aux végétaux, mais c’est principalement à leur état de larves qu’ils leur font beaucoup de mal. Dans quelques cas assez rares, on en rencontre à terre, au pied des arbres, et plus rarement encore sous les pierres Tous les climats leur sont bons, aussi bien ceux du Nord que ceux du Midi, et d'après cela, on concoit que l'on en prend dans toutes les contrées du globe. Avons-nous besoin d'ajouter, ce qui est une règle générale pour presque tous les Insectes, que ce sont principalement les contrées méridionales qui fournissent les plus grandes et les plus belles espèces? Toutefois nos pays tempérés en offrent sinon de remarquables par leur système de coloration, du moins d’assez grande taille. Souvent isolés, on les voit souvent aussi en troupes nombreuses, et plusieurs fois on a signalé, aux environs de Paris, le minime Apion pisi, qui, malgré son nom, semble polyphage, en quantité tellement prodigieuse qu'on aurait pu en remplir des litres en fort peu de temps.
L'organisation intérieure de ces Coléoptères a été donnée avec soin par M. L. Dufour, d'après plusieurs espèces de divers genres; nous renvoyons nos lecteurs au travail que nous venons de citer, et nous ne pourrons dire actuellement que quelques mots sur ce sujet important. Dans les uns, qui portent les noms d’Orthocères, il n’y a pas de vaisseaux biliaires, tandis que chez les autres, c’està-dire des Gonatocères, il y en a deux; le tube alimentaire, toujours très-allongé, comme dans tous les Insectes phytophages, est moins long dans les premiers que dans les seconds; chez ces derniers il y a six vaisseaux biliaires, dont deux plus déliés que les autres, mais cependant cette disuinction n’est pas appréciable chez les Anthribes; enfin les organes génitaux, construits à peu près sur le même type que ceux de la plupart des Coléoptères, présentent aussi des différences notables entre les deux divisions que nous avons nommées.
L'histoire des métamorphoses des Curculioniens est l’une des plus complétement connues de tout l'ordre des Coléoptères. En effet, les larves de ces Insectes, par leurs mœurs intéressantes, et plus encore par les dommages considérables qu’elles causent parfois soit aux récoltes de nos champs et de nos vergers soit aux forêts, ete., ont dû depuis longtemps attirer l'attention des naturalistes. Déjà des auteurs anciens, comme Frisch, Réaumur, de Géer, Meineckens, Hersbt, et plus récemment MM. Latreille, Erichson, Kollar, Ratzeburg, Guérin-Méneville, Westwood, Harris, L. Dufour, Éd. Perris, Chapuis et Candèze, et une foule d’autres entomologistes qu'il serait trop long d'énumérer actuellement, s’en sont occupés, de telle sorte qu'aujourd'hui, ainsi que nous le dirons en donnant nos descriptions, on connaît les larves d'une cinquantaine de genres et d’un nombre trois ou quatre fois plus considérable d'espèces. Les larves des Curculioniens, d'après Erichson (Archives de Wiegman, 1. I, 1842), auquel nous empruntons les détails suivants, ont la plus grande analogie avec celles de la famille des Bostrichiens, et elles ont pour caractéristique : tête arrondie, cornée, à bouche dirigée en bas; ocelles généralement nuls, ou bien en petit nombre de chaque côté; antennes très-courtes, insérées au-dessus d’un petit renflement à la base des mandibules, et semblables à une petite papille terminée par une soie : exceptionnellement on peut y distinguer deux articles; plaque suscéphalique présentant un chaperon nettement séparé, coriacé, transversalement quadrangulaire; lèvre supérieure visible, coriace, formant avec le chaperon l’espace qui sépare les mandibules; celles-ci fortes, dures, souvent obtusément dentées à l’extrémité; mâchoires très-rapprochées de la languette, présentant une pièce cardinale courte, une pièce basilaire munie d’un lobe coudé
vert de soies plus ou moins nombreuses, et un petit palpe maxillaire cylindrique : ce palpe à deux ou trois articles, si l’on compte le petit artiele annulaire que l’on apercoit souvent à la base; lèvre inférieure composée d'un gros menton charnu, à l'extrémité duquel se trouvent des pièces palpigères coudées, portant de très-petits palpes cylindriques biarticulés; segments thoraciques souvent un peu plus développés que les segments abdominaux; pattes tantôt nulles, tantôt représentées par des tubercules saillants et surmontés de soies roides, tantôt plus développées; segments abdominaux au nombre de neuf, habituellement plissés transversalement, diminuant souvent de grandeur vers l'extrémité postérieure; anus non saillant; neuf paires de stigmates, dont les huit premières situées sur les huit premiers segments abdominaux, et la dernière presque constamment placée sur le segment métathoracique. Ces larves sont généralement d'un blane laiteux ou jaunâtre, mais elles peuvent avoir des teintes assez variées : elles sont cylindriques, amincies aux deux extrémités; leur tête est brunâtre, plus coriace que le corps; un fluide visqueux, qui les fait adhérer aux parties végétales dont elles se nourrissent, suinte de leurs mamelons pédigères; les larves changent plusieurs fois de peau avant de se transformer en nymphes, et se filent à ceteffet des coques fabriquées avec art, tantôt de soie à peu près pure, tantôt d’une matière résineuse. Elles ont une analogie assez prononcée avec les larves des Scarabéiens et des Anobiens, surtout par la conformation des diverses parties de la bouche; mais elles se distinguent facilement des unes et des autres par la longueur de leurs antennes et par quelques caractères secondaires. Leur corps est généralement recourbé et recouvert de téguments plus ou moins résistants; cependant dans les larves mineures, telles que celles des Orchestes, le corps est droit, grêle et graduellement rétréei en arrière. Le segment terminal est habituellement simple; mais, dans les Calandres, il est armé d’une pointe cornée; dans les Rhina, il est muni de deux petites pointes obtuses, molles, ete. Nous avons dit que la plupart de ces larves sont privées de pattes; quelques-unes, comme celles de l'Otiorhynchus ater, des Orchestes fagi et quercüs, ete., n'ont que de faibles traces de pattes; d’autres, ainsi que celles du Brachytarsus varius, de l'Hylobius abietis, du Balaninus nucum, etc., possèdent des rudiments plus marqués de membres; enfin il en est de même de celles du Cratoparis lunatus et des Brenthus septentrionis et Anthliarhinus zamiæ, si ces dernières sont bien authentiques, qui auraient de véritables pattes, quoique très-molles et à articles peu distincts; la plupart des larves n’ont pas d'oselles : toutefois il y en aurait chez celles du Rhynchites betubæ et des Cionus.
Fig. 1486. — Geonemus Geoffroyii. Fig. 187. — Litus acutus. Fig. 188. — Cyphus ochreus
Aux détails que nous venons de donner sur les métamorphoses des Cureulioniens, nous croyons devoir ajouter, d’après l'excellent travail de M. Ed. Perris sur les Insectes du pin (Ann. de la Soc. ent., 1856), quelques autres considérations. Les larves de ces Coléoptères sont tout à fait identiques avec celles des anciens Xylophages, particularité encore confirmée par les Insectes à l'état parfait, ce qui a engagé Erichson à réunir en une seule ces deux familles : chez les uns, comme chez les autres, à l’état de larve, les antennes sont très-peu visibles, les palpes maxillaires et labiaux de deux articles, le menton cordiforme; il n’y a pas de pattes, le corps est courbé en are, et presque toujours couvert d’aspérités dans les espèces qui creusent des galeries, ete. Les différences qu’on peut remarquer entre les diverses larves sont purement spécifiques : et la seule différence que l'on
puisse signaler entre les travaux des larves des Xylophages et des Cureulioniens, e’est que dans les premiers les galeries sont creusées sur un plan déterminé, tandis que dans les seconds elles sont irrégulières et qu'elles suivent indifféremment toutes les directions. Gomme nous l'avons dit, les larves des Cureulioniens vivent exclusivement de matières végétales : les espèces du genre Brachytarsus constituent la seule exception connue jusqu'ici, car ces Insectes déposent leurs œufs dans des Coccus, et c’est dans le corps de ces Hémiptères que se développent leurs larves ovivores. Il n’est pas une seule partie des végétaux qui soit affranchie des atteintes des Curculioniens, et qui ne puisse nourrir une de leurs larves. Les feuilles sont rongées à ciel ouvert par les larves des Coniatus, des Phytonomus, des Cionus, des Phytobius, ou roulées et dévorées dans l'ombre par celles de plusieurs Rhynchites, ou minées entre leurs deux épidermes par celles des Orchestes et du Brachonyæ. Les fleurs servent de berceau aux larves des Anthonomus, qui en dévorent les étamines et les pistils, et arrêtent le développement du bouton, de telle sorte que les pétales continuent à leur servir de protection jusqu'à la naissance des Insectes parfaits; les Apion rugicolle et tubiferum produisent les mêmes résultats sur les Cis{us alycoides etsalvifolius. Une masse incaleulable de fruits devient la proie des larves de cette famille : on peut particulièrement citer des espèces des genres : Bruchus, Apion, Tychius, Sibines, Nanophyes, Larinus, Rhinocyllus, Mononychus, Conotrachelus, Calandra, Balaninus, Gymnetron, qui habituellement ne modifient pas la forme du fruit, mais parfois cependant le forcent à s’atrophier. Les tiges des plantes herbacées nourrissent des larves qui font partie des genres : Apion, Lyxus, Erirhinus, Ceutorhynchus, Mecinus, Cœliodes, Nanophyes; tantôt ces tiges ne manifestent en rien la présence du parasite, tantôt elles se dilatent et se renflent en forme de galles. Les écorces sont sillonnées par les larves des Pissodes, des Hylobius, des Phinthus, des Cleogonus, etc. C’est dans le bois que vivent les larves des Anthribus, des Tropideres, de l'Alticopus, des Camptorhynchus, des Magdalinus, des Anchonus, des Cryptorhynchus, des Acalles, des Rhina, des Mecinus, des Dryophthorus, des Rhyncolus, des Phlæophagus, ete. La moelle constitue la nourriture exclusive des Magdalinus carbonarius, de plusieurs Apion, Lyxus, Gymnetron et Ceutorhynchus. Les racines sont attaquées par diverses larves; celles de certains Baridius y produisent des protubérances, des galles au milieu desquelles elles vivent : les racines sont rongées, dans leur intérieur, par les larves de Leiosomus, de Ceutorhynchus, de Calandra, ou, sur leur surface, par celles des Otiorhynchus. Leur instinct est des plus merveilleux et très-varié.
Toutes les larves de Curculioniens se nourrissent, nous le répétons, de végétaux, dont aucune partie n’est à l’abri de leurs atteintes, et rien de plus intéressant, de plus varié que les rapports établis par la nature entre cette famille et le règne végétal ; elles sont toujours cachées : les unes vivant dans l’intérieur des graines ou des fruits, les autres rongeant le parenchyme des feuilles, qu'elles roulent en cornet pour s’y renfermer; d’autres encore habitent l’intérieur des galles qu’elles ont produites ou l’intérieur des tiges de divers arbres ou de certaines plantes, dont elles mangent la moelle; plusieurs attaquent de préférence les bourgeons, les boutons, les chatons, les fleurs; enfin il en est qui vivent dans les lieux les plus arides, où il est probable qu’elles trouvent à se nourrir de quelques racines. De toutes ces larves, il n’en est pas de plus nuisibles à l'Homme que celles de quelques espèces des genres Bruche et Calandre, désignées, comme toutes les autres de la famille, sous le nom vulgaire de Charançons, qui vivent exclusivement de la semence des céréales et des légumineuses. Nous reviendrons plus tard avec soin sur ce sujet important qu’il importe de connaître. Une seule larve est utile à l'Homme : c’est celle du Charançon palmiste (Calandra palmurum, Fabr.), qui passe pour un mets très-délicat chez les indigènes et même chez les colons de l'Amérique : ce qui a fait dire à certains auteurs que c'était probablement le Cossus dont parle Pline, sans que ces auteurs se soient donné la peine de réfléchir que l'Amérique n'était pas connue des anciens.
La place que la famille des Cureulioniens doit occuper dans l’ordre des Coléoptères varie suivant les auteurs. Mais le plus généralement, et comme nous le faisons, on les range à peu près de la même manière que Latreille, qui en faisait la première division de sa section des Tétramères, qui, eux-mêmes, suivaient immédiatement les Hétéromères. Erichson les met immédiatement entre les Salpingides et les Bostrichides, qui, en effet, ont avec eux les plus grands rapports zoologiques et anatomiques. M. É. Blanchard les range entre les Scoliens et les Bostrichiens, familles démembrées des anciens Xylophages. Les limites de la famille sont assez bien tracées; toutefois la tribu des Hété-
remères rhynchostomes de Latreille, comprenant les genres: Homalirhinus, Rhinosimus, Salpingus, Mycterus, Stenostoma, ete., offre avec elle une assez grande analogie organique, et n’en diffère réellement d'une manière bien manifeste que par le nombre des articles tarsiens.
Linné, qui ne connaissait qu'une centaine d'espèces de Cureulioniens, ne les répartissait que dans ses trois genres Bruchus, Attelabus et Curculio. Fabricius, dans son Entomologia systematica (4779), en décrivait cinq cent quarante et une espèces, et en 1801, dans son Systema Eleutheratorum, il en fit connaître près de huit cents, qu’il distribua en dix genres : les trois linnéens et ceux des: Anthribus, Brachycerus, Brenthus, Lixus et Rhynchænus créés par lui, et Calandru et Cossonus fondés par Clairville. Olivier, dans son Histoire des Coléoptères (1789 à 1808), ajouta seulement les trois coupes génériques nouvelles des Apoderus, Liparus et Macrocephalus, et les espèces qu'il décrit et figure ne sont qu'au nombre de sept cent quatre-vingt-seize. Mais bientôt le nombre des genres et des espèces augmenta considérablement, de sorte que Dejean, dans la dernière édition du Cataloque des Coléoptères de sa collection, en indiqua trois mille six cent quatre-vingt-dix. Mais Schœnbherr, l'entomologiste qui s’est le plus occupé de ces Insectes, et qui y a consacré plus de trente ans de sa vie, dans un premier travail publié en 1826 sous le nom de Cwrculionum dispositio methodicus, n’en indiqua que dix-sept cent vingt et une, tandis que dans son Genera et Species Curculionidum, magnifique monument scientifique en huit gros volumes, partagés chacun en deux parties, dont la publication, commencée en 1833, n'a été terminée qu’en 4845, donna la description de six cent quarante-quatre genres, et décrivit ou signala plus de sept mille espèces. Un grand nombre d'auteurs, qu'il serait beaucoup trop long d’énumérer, se sont occupés des Coléoptères de cette famille; nous nous bornerons à citer Herbst, Illiger, Sturm, Panzer, Gravenhorst, Boheman, Gyllenhal, Fœrœus, Gebler, Dalman et surtout Germar et MM. Chevrolat et Jekel, les deux derniers qui ont publié en France de bons travaux sur ces Insectes. De telle sorte que l’on à aujourd'hui la description de près de dix mille espèces de Cureulioniens, répartis en plus de sept cents genres, et encore les collections en renferment-elles beaucoup d’inédits. On comprend facilement que nous ne pourrons faire connaître tous ces genres dans le court espace qui nous est accordé; mais nous chercherons seulement à indiquer l'état actuel de la science d’après les travaux de Schænherr, nous nous étendrons principalement sur les caractères et les mœurs des groupes génériques principaux, sans négliger pour cela quelques genres remarquables et récemment fondés. Mais avant de passer à la partie purement descriptive, nous devons dire quelques mots, d’une manière générale, de la méthode de Schænbherr.
D’après l'auteur que nous venons de nommer, les Cureulioniens peuvent être caractérisés ainsi : tarses de quatre articles; tête plus ou moins en rostre; bouche terminale; mandibules très-souvent petites, fortes; palpes et autres parties buccales très-peu développées et très-souvent cachées; antennes insérées sur le rostre, très-souvent en massue apicale; corps de la plupart convexe, coriace. Après la trompe, le caractère le plus saillant des Curculioniens se trouve dans les antennes, qui sont tantôt droites, tantôt coudées ou brisées. Schænherr s'en est servi pour partager cette famille en deux ordres, qu'il nomme ORTHOCÈRES (Recticornes, Latr.) et GONATOCÈRES (Fracticornes, Latr.); ensuite il divise chacun de ces ordres : le premier seulement en deux sections, et le second en deux légions, deux phalanges et cinq sections, le tout avant d'arriver aux tribus qui renferment les senres, et que nous nous bornerons à signaler, parce qu’elles portent les noms des principales coupes génériques. Dans le premier ordre, la première section a pour caractère principal : antennes de onze à douxe articles, renfermant les tribus des : Bruchides, Anthribides, Camarotides, Attelabides, Rhinomacérides, Ithycérides, Apionides, Antilarhinides, Rhamphides et Brenthides, et la seconde à antennes de neuf à dix articles : tribus des Cylades, Ulocérides et Oxyrhynchides. Dans le second ordre, la première légion, celle des Bracayruynques, a le rostre plus où moins épais, difforme, peu arqué, et les antennes plus ou moins près de la bouche : première phalange, la fossette antennaure infra-oculaire, courbée ou oblique : première section, à rostre recourbé ou peu avancé, libre : tribus des Brachycérides, Entimides, Pachyrhynchides, Brachydérides, Cléonides et Molytides; deuxième section, à rostre infléchi, caché dans une rainure de la poitrine : tribu des Byrsopsides, et deuxième phalange, à fossette antennaire presque étroite, s'élevant vers le milieu de l'œil : tribus des Phyllobides, Cyclomides et Otiorhynchides, et la seconde légion, celle des Méco- RuyNQuEs, à le rostre cylindrique ou filiforme, plus ou moins allongé, rarement plus court que le
corselet, et les antennes insérées avant ou près le milieu du rostre et non près de la bouche : première section : antennes de onxe ou douxe articles, dont quatre forment souvent la massue : tribus des Erirhinides et Apostamiménides; deuxième section : antennes de neuf ou dix articles, dont cinq forment toujours le funicule : tribu des Cionides; et troisième : antennes de sept, huît, neuf ou dix articles, dont le funicule est formé de quatre, six ou sept articles : tribus des Rhynchophorides, Conodérides, Cossonides et Dryophthorides.
D’après ce que nous venons de dire, on voit que les Cureulioniens sont répartis en trente tribus. Nous ne pouvons discuter la méthode dont nous venons d'exposer la charpente principale, et nous nous bornerons seulement à présenter deux observations. Les caractères des genres semblent reposer en général sur des différences si minimes, que Schœnherr lui-même n’a pu parfois les exprimer qu'en recourant à des diminutifs ou des augmentatifs qu’il est si facile de former en latin, mais qui n'offrent qu'un sens vague ou douteux au lecteur qui veut les traduire dans sa langue : en d’autres termes, nous croyons que beaucoup de genres pourraient être supprimés facilement comme à peu près inutiles. Une autre observation, qui ne touche qu’à la forme, c’est que Schœnherr a eu le tort de donner le nom d'ordres aux deux divisions primaires des Cureulioniens : ce mot étant consacré depuis longtemps en zoologie pour désigner les premiers groupes dont se compose chaque classe du règne animal, il ne doit pas être permis d’en détourner l'application pour indiquer des subdivisions plus secondaires; aussi substituerons-nous à ce nom celui de division. C’est, au reste, comme le font remarquer deux savants entomologistes, le défaut de la plupart des auteurs de monographies, de se faire un vocabulaire à part pour nommer les divisions qui précèdent les genres; de sorte que, grâce à l'indépendance qu'ils se donnent sous ce rapport, il devient impossible de coordonner entre eux leurs travaux partiels, et que la plus grande confusion règne aujourd’hui dans la nomenclature générale de la science.
4" division, Orruocères, Orthoceri, Schœnh., à antennes droites, non coudées après le premier article, avec le premier article, qui porte le nom de scapus, peu allongé.
Cette division, assez nombreuse en genres et en espèces, beaucoup moins cependant que celle des Gonatocères, est subdivisée en deux sections.
1% section (Bruchides, Blanch.), comprenant les espèces chez lesquelles les antennes ont on2€ articles : le premier court, coudées après ce premier article ; rostre court, large; deux tribus, celles des : Bruchides ou Anthribides.
4" tribu, Brucnmes, à rostre large; antennes un peu épaisses, en scie ou pectinées, à massue petile, de onxe articles; taÿses distinctement quadriarticulés, à avant-dernier article bilobé.
On ne place dans cette tribu qu'un petit nombre de genres, dont le principal, celui des Bruchus, est très-nombreux en espèces, toujours de petite taille, propres à toutes les parties du monde, où elles sont plus ou moins répandues individuellement. Ces espèces sont très-nuisibles, dans leur premier état, aux graines de plusieurs plantes légumineuses : dans les régions tropicales, les Gleditxia, les Mimosa, les Acacia, les fruits de quelques palmiers, les dattiers, ete., et dans nos climats, les fèves, les lentilles, les haricots, et surtout les pois, sont exposés à leurs ravages. Elles apparaissent, à l'état parfait, lors de la floraison de ces végétaux, et les femelles déposent leurs œufs, ordinairement isolés, dans les graines encore tendres : ces œufs éelosent, et malgré cela, les graines croissent avec leurs habitants, qui mangent la matière farineuse et épargnent le germe qu'elles renferment. Les larves séjournent un temps variable, selon la chaleur de la saison, dans ces coques naturelles, et, quand l'époque de la première métamorphose arrive, elles se creusent dans la substance féculente qui les environne, une galerie jusqu'à la membrane externe de la graine. La larve est blanchâtre, petite, et présente les caractères généraux de celles de la famille. La transformation en nymphe a lieu peu de jours après que la larve est arrivée à toute sa croissance, et l'Insecte parfait ne tarde pas à se former. Si la saison est avancée, il reste dans sa ioge jusqu'au printemps suivant; et, dans le cas contraire, il lui suffit, pour paraître au jour, de ronger la mince pellicule qui ferme à l’intérieur la galerie creusée par la larve. Les espèces de Bruchus, dont les métamorphoses ou les
larves au moins sont connues, sont celles des pisi, qu'ont décrit Kalm, de Géer, Kirby et Spence, Harris, Westwood; Faldermanni, Mann., dont s'est occupé Mannerheim; pectinicornis, Linné, étudié par Kirby et Spence; ruficornis, Germ., vu par Germar et M. Westwood; curvipes, Latr., signalé par Latreille, et pandani, Blanch., décrit par M. É. Blanchard.
Le genre typique est celui des BRUCHUS, Linné, ayant pour caractères : antennes insérées au bord interne des yeux, allant sensiblement en grossissant; mandibules simples, cornées; mächoires avancées, membraneuses, bifides, ciliées; palpes maæxillaires un peu plus longs que les labiaux, filiformes; corps court, ovalaire; tête petite; rostre court; pattes postérieures plus grandes que les autres. Ces Insectes sont de petite taille, vivent sur les plantes dont les larves dévorent les graines, et se trouvent sur toute la surface du globe : beaucoup habitent l’Europe. Quoiqu'’on en ait décrit deux cent cinquante espèces au moins, on en découvre encore chaque jour. On a cherché à y former plusieurs subdivisions, qui sont même regardées comme des genres par quelques auteurs, tels sont les Bruchus, Schœnh., à cuisses postérieures peu renflées, armées inférieurement d'une dent unique, et à jambes droites, avec une épine à l'extrémité, les plus nombreux de tous, et dont le type est le B. pisi, Linné, noir, couvert d’une pubescence grise, épaisse, très-commun dans toute l'Europe; Pachymerus, Latr., à cuisses postérieures très-renflées, avec plusieurs dentelures à l'extrénuilé; à jambes presque cylindriques, les postérèeures très-arquées; antennes très-lonques, en scie; corps court : type, B. brasiliensis, Thunb., brun, couvert d’une pubescence jaune variée d’un brun obseur, abondant dans l'Amérique méridionale; Caryoborus, Schœnh. (Curyedon, Stéven.), à cuisses postérieures très-renflées, dentées en peigne au bord inférieur; jambes cylindriques : postérieures arquées; antennnes longues, dentées, à articles égaux; corps en ovale allongé : type, B. bactris, Linné, noirâtre, avec une pubescence courte, cendrée, de Cayenne.
Les autres genres sont ceux des : SPermopuacus, Stéven., n'ayant surtout pas la tête prolongée en arrière en forme de cou comme les Bruchus, et offrant des lames pectorales : une vingtaine d’espèces de l'Amérique du Sud, de l’Afrique australe, des Indes orientales, Java, la Perse, etc., et ayant pour type le S. titivilitius, Schœnh., du Brésil. — Uronox, Schænh. (Bruchela, Meg.), à antennes courtes, ayant leurs trois derniers articles grands, légèrement perfoliés : dix ou douze très-petites espèces européennes, dont la plus connue, répandue partout, est l’U. rufipes, Latr. — Dra- PHANOPS, à yeux grands, hémisphériques : une espèce (Westermanni, Schænh.), de la Nouvelle- Hollande. — Canrornacus Mac-Leay : une espèce du même pays.
Fig. 189. — Bruchus pisi. Fig. 190. — Tophroderes frenalus. Fig. 191. — Tropidores (Anthribus) (Grossi.) albirostris.
de tribu, Anrumimoes, à rostre souvent large, infléchi, souvent allongé, presque droit; antennes habituellement en massue, de onze articles; élytres ne couvrant pas tout l'abdomen; tarses à quatre articles non distincts.
Si spécifiquement les Insectes de cette tribu sont moins nombreux que ceux de la précédente, ils renferment plus de genres, puisqu'on en décrit près de quarante. Ges Insectes sont souvent allongés,
et leurs antennes, principalement dans les mäles, sont longues, et leur donnent un peu l'aspect de Cérambyciens. On les trouve partout; mais ils sont plus rares en Europe que les Bruchides, et leur taille est souvent beaucoup plus considérable. L'histoire de leurs métamorphoses a été faite en partie, et pour celle d'un genre a présenté des particularités très-remarquables. En effet, dans l'immense majorité des cas, les larves des Curculioniens se nourrissent de substances végétales, et cependant quelques espèces d’un genre de cette tribu, celui des Brachytarsus, groupe démembré des Anthribus, prennent, au contraire, une nourriture animale. Frisch a dit quelques mots à ce sujet; Latreille, d'après une observation de M. L. Dufour, s’est demandé si le B. scabrasus ne serait pas parasite; Dalman et son frère trouvèrent sur des ormes des Coccus renfermant des larves de l’Anthribus variegatus; M. Vallot, en examinant des rameaux de la Spirea salicifolia, découvrit une foule de petites coques de Coccus de la grosseur d’un pois, dont quelques-unes étaient percées, et dont d’autres contenaient des larves, qui, par la suite, se changérent en nympbes et en Insectes parfaits, et qui étaient l'Anthribus marmoratus. Ratzeburg a donné la description de la larve et de la nymphe du Brachytarsus varius, trouvées en grande quantité dans des Coccus attachés sur un rameau de pin. Enfin, assez récemment, MM. Leunis et Noerdlinger ont aussi publié un mémoire sur le même sujet. Les larves de deux autres espèces de la même tribu ont également été décrites; l’une est celle de l'Alticopus Galoxzüi, Villa, que M. L. Dufour, en 1843, dans les Anrules de la Société entomologique de France, a fait connaître sous le nom de Choragus Sheppardi, qu'il a trouvé dans des tiges mortes et à moitié décomposées de l'aubépine, et qui, à peu de distance de la superficie de la tige, creusait des galeries simples, droites ou à peine couchées, parcourant le liber des grosses branches ou la partie ligneuse des petites; l’autre larve est celle du Cratoparis lunatus, Fabr., qui vient de la Nouvelle-Orléans, et dont les mœurs ne sont pas connues.
Le genre principal est celui des ANTHRIBES, Anthribus, Fabr., à antennes assez qrèles, insérees dans une cavité profonde au-dessus du sinus des yeux, souvent très-lonques, surtout dans les müles; rostre court, large, infléchi; yeux latéraux, proéminents, échancrés en avant; corselet large antérieurement; élytres oblongues, presque cylindriques, souvent à peine convexes. Tels sont les caractères qui doivent être assignés aux espèces peu nombreuses qui restent actuellement, d'après Schænherr, dans le genre Anthribus, jadis très-nombreux en espèces, et aujourd’hui excessivement restreint, et cependant propre à toutes les parties du globe. Ce sont des Insectes de taille moyenne, à corps allongé, antennes longues, qui se rencontrent sur les bois putréfiés ou sur les feuilles des arbres. On y forme deux sous-genres, les Anthribus propres, ayant pour type l'A. albinus, Gyllenh., noire, avec des dessins blancs, qui se trouve dans l'Europe boréale et tempérce, et Phlæobius, Schœnh., qui comprend des espèces de la Guinée, de la Chine et de l'Amérique méridionale.
Les autres genres démembrés des Anthribes ou qui en sont plus où moins voisins, et qui s'en distinguent surtout par des caractères tirés de la longueur et de la forme des antennes et du rostre, de la disposition des yeux et de la forme du corps qui, d'abord allongé, tend de plus en plus à s'arrondir, ete., sont ceux des : Mecocerus, Schœnh., espèce-type (gaxella) de Java. — Xenocenus, Germ., des espèces (saperdoides) également javanaises. — PazxorraGus, Schœnh., huit espèces (heros) de la Guinée. — Deurenocrares, Imhoff, une espèce de la Guinée. — Prycuoneres, Schœnh., du Brésil et des Indes orientales. — Acorvaus, Schœnh., ne comprenant que l'A. sulcirostris, Dej., de Java. — Lirocerus, Schænh., quelques espèces asiatiques. — Corruecerus, Schœænh., deux espèces brésiliennes. — Euramus, Schœnh., une quinzaine d'espèces principalement américaines, mais dont une serait propre à la Nouvelle-Hollande, et une autre (centromaculatus, Dalh.), probablement à la Turquie. — Euconus, Schænh., deux espèces du Brésil. — Iscunocerus, Schænh., des espèces peu nombreuses, dont une de Natal. — Trorineres, Schœnh. (Amblycerus, Thunb), une vingtaine d'espèces surtout américaines et européennes, parmi ces dernières nous citerons l'A. albirostris, Fabr., qui se trouve dans les parties boréales et tempérées, et a été rencontré auprès de Paris, quoique rarement. — Cnaroranis, Dej., une vingtaine d'espèces brésiliennes, de la Nouvelle-Hollande, ete. — Pazxomuvs, Schænh., une espèce (agrestis) du Bengale. — Puæxirion, Schœnh., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Anauores, Schænh. — Gyuxoëxaruus, Sechœænh., un petit nombre d'espèces américaines. — PLarvruinus, Clairv. (Macrocephalus, Oliv.), qui renferme
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le P. latirostris, Fabr., de l'Europe tempérée et boréale, une autre espèce brésilienne, ete. — Srenocerus, Schœænh., des espèces d'Amérique et de Java. — Aræcenus, Schœnh., des espèces en général asiatiques, et particulièrement l'A. Coffeæ, Fabr., qui est devenu en quelque sorte cosmopolite, car on l'a déjà signalé aux Indes orientales, au cap de Bonne-Espérance et dans l'Amérique du Sud, et cela même par suite des mœurs de leurs larves, qui se trouvent dans les semences du Caféier, etc. — A ces groupes on peut joindre encore beaucoup de genres qui se trouvent presque partout, mais principalement dans les Indes orientales, l'Amérique méridionale, ete.; tels sont les : Siator, Mecotarsus, Phlæopemon, Dendropemen, Ecelonerus, Eucorynus, Stenocerus, Enedreytes, Blaberus, Parablops, Caristhes, Corrhecerus, Polycorynus, Caranistes, Sch.; Tophoderes, Lagopeaus, Dej.; Ischnocerus, Uterosomus, Piezocorynus, Chevr.; Alticopus, Nilla, ne comprenant que le seul À. Galoxtii, petite espèce découverte en Lombardie, et signalée depuis en Belgique et en Angleterre, ete.
Deux autres genres d'Anthribides, qu'il nous reste encore à signaler, sont ceux des : BraënyraRsus, à antennes asses courtes, épaisses; rostre court, fléchi; yeux grands, arrondis; corps arrondi : groupe peu nombreux renfermant de petites espèces européennes et de l'Amérique boréale; nous citerons les B. scabrosus et varius, Fabr., qui se trouvent communément dans nos pays, prineipalement sous les écorces des arbres, et particulièrement des ormes. — Xvunanes, Latr., à antennes épaisses dans toute leur longueur, un peu moniliformes; corps presque cylindrique : quelques espèces de Java et de Sierra Leone, dont la plus anciennement connue est le X. rugosus, Latr., de l'île de Java.
2e section (Attelabides, Blanch.), comprenant les espèces chez lesquelles les antennes ont deonxe à douxe articles, le premier peu allongé, non coudées après ce premier article; rostre long, presque cylindrique; neuf tribus, celles des: Camarotides, Attélabides, Rhinomaccrides, Ithycérides, Apionides, Rhamphides, Brenthides, Ulocérides et Oxyrhynchides. — On pourrait même y joindre quatre autres très-petites tribus de Schœnherr, celles des: Tanaïdes, Oxycorynides, Anthiarhinides et Cylades.
3° tribu, Camaromines, à rostre court, très-large, infléchi; antennes en mussue, de onxe articles; élytres hémisphériques, à bords élargis, couvrant l'abdomen; pieds courts; cuisses antérieures trèsépaisses.
Cette division ne comprend qu'un seul genre, celui des Camarorus, Germ., qui, lui-même, ne renferme qu’un nombre très-restreint d'espèces propres à l'Amérique du Sud, telles que les C. coccinelloides, Klug, et cassidoides, Schænh., qui, comme l’indiquent leurs noms spécifiques, sont arrondies, et ont l'aspect de certains Chrysoméliens.
4° tribu, Arrécamines, à rostre un peu cylindrique, infléchi, souvent filiforme, ou à extrémité dilatée; antennes à premier article allongé, non coudées après ce premier article, de onze ou douze articles; élytres allongées, presque carrées; pygidium nu.
Les Attélabides, au nombre de deux cent cinquante à trois cents, sont de taille moyenne ou petite, et forment une quantité peu considérable de genres. La plupart sont européens, et surtout remarquables par leurs mœurs, principalement sous leurs premiers états. Dès que les bourgeons développent leurs premières feuilles, au printemps, on voit apparaître sur les bouleaux, les peupliers, les vignes, etc., une foule de ces Cureulioniens aux couleurs souvent brillantes et vives; beaucoup d’entre eux déposent leurs œufs sous l'épiderme des feuilles ou uniquement à leur surface, et les y fixent par une matière visqueuse. Puis ils replient ou roulent cette feuille pour former un réduit à l'abri des intempéries atmosphériques aux jeunes larves qui sortiront de leurs œufs. Pour cela, la femelle forme des solutions de ‘continuité, variables selon les espèces, dans le parenchyme de la feuille; rend les nervures plus flexibles par des entaïlles plus ou moins profondes, formées par ses mandibules puissantes, et, par un travail de longue durée, elle construit une retraite pour sa progéniture, et y dispose la nourriture qui lui sera bonne. Cet étui végétal a tantôt la forme d’un cornet, tantôt celle d’un eylindre; habituellement la feuille se dessèche entièrement ou partiellement, et finit par
se détacher du rameau : ce qui cause quelquefois un tort considérable aux végétaux qui se trouvent ainsi privés de leurs principaux organes respiratoires, et ce qui nuit surtout à la vigne sur laquelle vivent plusieurs espèces de cette tribu. Quand la larve est entièrement développée, elle entre en général dans le sol et se change promptement en nymphe, puis en Insecte parfait. Outre cette génération printanière, il en apparait une autre en automne : parmi les individus qui la composent, il en est qui font une nouvelle ponte, et les jeunes larves qui en naissent passent l'hiver en terre, pour se montrer au printemps suivant sous la forme d'Insecte parfait, tandis que d'autres ne s'accouplent pas, et après être restés quelques jours sur les feuilles, vont hiverner sous les écorces, sous les mousses et autres abris. Telles sont en général les phases diverses que subissent ces Insectes sous leurs premières formes; cependant quelques-uns d’entre eux présentent des habitudes un peu différentes. On connait les larves d’au moins trois genres. Celles de l’Apoderus coryli, étudiées par Panzer, Ratzeburg, Westwood et surtout MM. Hubert et Goureau, vivent sur le coudrier et forment, avec les feuilles de cet arbrisseau, un cylindre long d'environ dix millimètres. Les larves de l’Attelabus curculionoïdes entrevues par Latreille et Westwood, mais principalement étudiées par MM. Hubert et Goureau, se tiennent exclusivement sur les feuilles du chêne, dont elles forment un petit cylindre à peine long de quelques millimètres. Les larves des Rhynehites sont mieux connues, ou au moins on a des détails sur sept espèces d’entre eux, les: R. betulæ, qui, d'après MM. Ratzeburg, Hubert et DebeyŸ se rencontrent sur les charmes, les bouleaux et les aunes, dont ils roulent les feuilles en cornet; R. cuprens, dans lequel, comme l’a vu M. Kollar, la femelle dépose ses œufs dans les jeunes fruits des pruniers, et, après la ponte, fait une entaille au support du fruit qui, arrêté dans son développement, finit par tomber avec la jeune larve qui y est éelose, et qui va subir ses transformations pour paraître au printemps suivant; R. conicus, qui, comme l’a montré récemment M. le docteur Boisduval, agit de la même manière que le précédent, mais sur les bourgeons .ou jeunes pousses du poirier; R. alliariæ, l'espèce la plus nuisible aux pépinières et à tous les arbres à fruits dont la femelle, selon M. Kollar, dépose ses œufs dans les bourgeons des rameaux ou des greffes quand ils commencent à développer leurs premières feuilles, et qui, à l’aide de ses mandibules, formant une entaille à la tige du bourgeon, ne le quitte que lorsqu'il est renversé : celui-ci, privé de ses sucs végétaux, se dessèche, tombe, et permet à la larve de subir en terre ses transformations; R. betuleti, étudiée successivement par Rozier, Walckenaër, MM. Kollar, Ratzeburg, Hubert et Noerdlinger, qui est l'espèce la plus nuisible à la vigne, dont elle roule les feuilles et détermine la chute; R. Bacchus, dont la larve est signalée par Aldrovande, et qui, d'après Walckenaër, vivrait sur la vigne et le cerisier, mais dont la femelle, selon les observations de M. Kollar, percerait les jeunes fruits du pommier pour y placer ses œufs : les larves qui sortiraient de ces derniers pénétreraient plus ou moins profondément dans la substance du fruit, détermineraient sa chute, et iraient subir leurs métamorphoses en terre pour apparaître à l'état parfait au printemps suivant; enfin le R. populi roule en cornets les feuilles de différentes espèces de peupliers.
Les cinq groupes qui entrent dans cette tribu sont les suivants :
Genre APOPERE, Apoderus, Oliv., à antennes fortes, de douxe articles, insérées dans une fossette irrégulière, et à quatre derniers articles épaissis, formant une massue. On en a décrit une quarantaine d'espèces, presque toutes exclusivement propres aux contrées chaudes des deux continents, d'assez jolies couleurs, et remarquables par la longueur de leur rostre. Parmi nos espèces européennes, nous nous bornerons à citer l'A. pu noisetier, Apoderus coryli (Attelabus), Linné, long d'à peu près 0,009, à corps noir, glabre, à bord postérieur du corselet et élytres striés, entierement d’une coloration rousse rougeâtre; tête et rostresillonnés, roussàtres; propre à toute l'Europe et commun dans nos environs.
Genre ATTÉLABE, Attelabus, Linné, à antennes très-fortes, insérées dans une fossette profonde, de onze articles, dont les trois derniers, épais, perfoliés, forment une massue; rostre court, élarqi à l'extrémité; les espèces de ce genre, à peu près aussi nombreuses que celles du précédent, sont dispersées au loin dans les contrées du globe lés plus éloignées les unes des autres. Le type est l'A. curcuzionones, Linné, peu rare auprès de Paris, presque entièrement d’un roussàtre général, et à élytres finement ponctuées et striées.
Un genre, placé auprès des Attélabes, est celui des Euors, Schænh., qui ne comprend que l'A. Australasiæ, Hope, de la Nouvelle-Hollande.
Genre RHYNCHITE, Rhynchites, Merbst, à antennes un peu grèles, insérées dans une fossette linéaire, de onxe articles, dont les trois derniers, légèrement perfohiés, forment une massue; rostre tantôt long, filiforme, tantôt court, très-épais, parfois dilaté à l'extrémité. Une soixantaine d'espèces, presque toutes particulières aux contrées tempérées, et surtout à l'Europe, de petite taille, et revêtues de jolies couleurs parfois métalliques. Parmi nos espèces parisiennes, nous nommerons les: R. Bacchus, Linné, à corps doré, un peu velouté; populi, Linné, à corps d’un vert bronzé, brillant, et betuleti, Fabr., à corps d'un vert soyeux en dessus.
Un groupe démembré de celui-ei par Schænherr, est le genre Prerocorus, dans lequel la massue antennaire est grande, un peu comprimée, et qui ne comprend qu'une espèce (ovatus) de la Caroline.
5° tribu, Ramouacérines, à rostre allongé, droit ou infléchi, dilaté à la base dans le plus grand nombre; tête courte, transverse; yeux grands, arrondis, peu proéminents; antennes de onxe où douxe articles, peu ou fortement élargies à l'extrémité; élytres oblonques, un peu linéaires, couvrant l'abdomen.
Quoique peu nombreuses, les espèces de cette division, dont on ne connaît pas les métamorphoses, sont répandues dans des parties du monde très-éloignées les unes des autres, et surtout en Australie, en Amérique et en Europe.
Parmi les einq ou six groupes génériques qu'on y range, le genre principal est celui des RHINO- MACER, Fabr., à antennes longues, insérées au milieu du rostre, de douxe articles, dont les trois derniers, très-épais, forment la massue; rostre dilaté, arrondi à l'extrémité. On n’y range encore que deux espèces, les : R. attelaboides, Fabr., de l'Europe boréale et du midi de la France, et lepluroides, Oliv., d'Allemagne et de France, dont les dénominations spécifiques rappellent les formes générales.
Les autres genres de la même tribu sont ceux des : Dropyruynenus, Germar, ne comprenant que le D. austriacus, Meg., de l'Autriche et de la Saxe.— Evenamprus, Schœnh., quelques espèces de l'Amérique boréale. — Aurxres, Schœnh., ayant pour type l'A. tubicen, de Dalmatie, et renfermant aussi deux autres espèces du nord de l'Europe. — Berys, Schœnh., groupe peu nombreux, exelusivement propre à la Nouvelle-Hollande. — Raiorra, Kirby, Latr., cinq espèces également australasiennes. — Homarocerus, Schœnh., deux espèces brésiliennes.
6° tribu, Iraycéripes, à antennes courtes, épaisses, de douxe articles diminuant graduellement de lonqueur; rostre court, un peu recourbé; élytres ovalaires, oblonques; hanches rectanqulaires; pygidium découvert. e
Cette division ne renferme que le seul genre ITHYGERUS, Dalman, qui lui-même ne comprend que l’ancien Rhynchites curculionoides, Herbst (Cureulio punctulatus, Fabr.), de l'Amérique du Nord.
Fiz. 409. — Rhynchites Bacchus. Fig. 495. — Mhinomacer curculioides. Fis. 10%, — Apion fluvipes.
Tetribu, Arionpes, à antennes épaisses, insérées au milieu où à la base du rostre, de onxe articles; rostre un peu droit, cylindrique ou filiforme; élytres ovalaires, oblonqgues, pointues, couvrant l'abdomen.
Fig. 1. Heilipus loricatus Fig. 2. — Heilipus peplus