Cleogonus Fairmairet
Fig.
Fig. #. — Cleonus guitatus Fig. D. — Chelus flavo-fascialus
Au moins trois cents espèces entrent dans cette tribu, et sont réparties dans toutes les parties du globe; mais comme elles sont généralement très-petites, à téguments très-durs, et peu remarquables par leurs couleurs, on les a peu étudiées jusqu'ici, et l'on ne connaît guëre que celles d'Europe, que l'on est même loin d’avoir toutes observées, ainsi que le montrent les remarques des entomologistes modernes, et surtout celles de M. Wencker, qui s'en occupe spécialement. Quoique à l'état parfait la distinction spécilique soit difficile, parce que les formes typiques sont toujours bien conservées et souvent semblables, cependant à l’état de larve on observe dans les mœurs des différences assez tranchées. Les unes vivent dans les graines des plantes, surtout dans les légumineuses, comme l'Apion cracceæ, y subissent leurs transformations vers la fin de l’été ou en automne, et, dans certains cas, y passent même l'hiver, et par cela nous sont assez nuisibles. D’autres, et beaucoup d'espèces sont probablement dans ce cas, se rencontrent sur les trèfles; l’Apion apricans vit, à l’état de larve, à la base du calice des fleurons du trèfle commun, ronge la graine qui se trouve à cet endroit, et, quand elle est parvenue à son développement complet, perfore le légume et va se changer en nymphe entre les divers fleurons des capitules. Une espèce (ulicicola, Perris) se rencontre à l'état de larve dans les galles de l’ajone nain, y passe l'hiver et y subit toutes ses transformations. Enfin certaines larves creusent des galeries sinueuses dans la moelle de diverses plantes, y construisent une coque grossière formée de petits débris assemblés sans ordre, et n’en sortent qu’à l’état parfait. Ces petites larves, qui sont blanchâtres, et qui n'offrent rien de bien particulier, nourrissent plusieurs parasites; c’est ainsi que l'on a signalé l'Eulophus ulicis comme vivant sur la larve de l’Apion ulicicola, et que l’on a découvert les Calyptus macrocephalus et Pteromalus pione, se nourrissant des larves de lApion apricans. Les larves que l’on a étudiées jusqu'ici sont celles de l’Apion cracceæ, que de Géer a vu dans les graines de la Vicia cracca; de VA. radiolus, qui, selon Bouché, vit dans les rameaux et les tiges des malvacées, mais que MM. Chapuis et Candèze ont trouvée dans les tiges de la tanaisie, et M. Westwood dans celles du houx; de l’ulicicola, découverte par M. Ed. Perris dans les galles de l'Ulex nanus; de l'A. ulicis, prise par M. le colonel Goureau dans les graines de l’ajone commun; de l'A. apricans, étudiées par MM. Mulsant et Guérin-Méneville, et trouvées dans les graines du Trifolium pratense; de l'A. Sayi, signalées par M. Harris dans les graines de l'indigotier sauvage; de VA. flavipes, constatées par M. Westwood dans les trèfles hollandais et blancs; et de l’A. flavifemoratus, prise également par M. Westwood dans les graines d'un Trifolium, le trèfle pourpré.
Peu de groupes génériques entrent dans cette division, et le seul qui soit bien connu de tous les entomologistes est celui des APIONS, Apion, Herbst, à antennes médiocres, insérées au milieu ou vers la base du rostre, de onxe articles : les trois derniers formant une massue ovale, pointue; rostre souvent droit, filiforme, arqué; tête allongée en arrière; corselet oblong, conique ou à peu près cylindrique; élyvres ovalaires, pointues. Ce genre, très-nombreux en espèces, car l'on en a déerit plus de deux cents, a surtout été étudié par Germar et Kirby : Linné en rangeait les espèces avec ses Curculio; Fabricius et Paykubl avec les Attelabus; Herbst en fit ses Apion, et fut suivi en cela par la plupart des entomologistes, tandis que Billberg en fit un genre Apius, et M. GC. Duméril son groupe des Oxystoma. Ce sont des Insectes constamment de petite taille, remarquables par leur rostre allongé, de coloration habituellement blanche ou verdâtre et plus rarement rougetre ou noire, et qui se tiennent sur les fleurs, où ils sont assez abondants, principalement dans nos pays. La plupart des espèces sont européennes, mais l’on en a signalé aussi en Asie, en Afrique, et surtout dans presque toute l'Amérique, et il est probable qu'on en rencontrera dans les diverses contrées du globe lorsqu'on les recherchera avec soin; déjà on en a découvert plusieurs à la Nouvelle-Hollande, et l'on en à fait les types de quelques petits groupes spéciaux. Parmi nos espèces parisiennes, qui atteignent et dépassent rarement 0%,002 de longueur, nous indiquerons les Apion Pomonæ, Fabr., à corps noir; corselet conique, ponctué, canaliculé à sa partie postérieure; élytres ovales, bossues, de couleur bleue, ponctuées et sillonnées; apricans, GyIl., à corps noir, glabre; cuisses et jambes antérieures roussâtres; corselet oblong, très-finement ponctué; élytres ovales, ponctuées, sillonnées; rostre assez long, peu arqué; æstivum, Gyll., à corps noir, brillant; antennes noires; corselet cylindrique, trèsponctué; élytres larges, ovales, sillonnées, ponctuées; frumentarium, Linné, à corps d'un rouge pâle; veux noirs; rostre court, arqué, glabre; élytres crénelées, striées; pattes pèles.
Des genres voisins de celui-ci sont ceux des : Euennus, Kirby (Eurhynchus, Schœnh.), à antennes presque moniliformes : cinq espèces d'Australie. =— Myrmacrcerus, Chevr., caractérisé par la lon-
queur relative des articles antennaires, et ne comprenant que le M. formicarius, éealemient de la Nouvelle-Hollande.-— Arorma, Boisd., une espèce de l’île de Waïgion, —Prezorracuerus, Schænh., à antennes assez gréles : quelques espèces de l'Afrique australe et de l'Amérique méridionale.
Deux autres genres, que Schœnherr regarde comme assez distinets pour en former une tribu particulière caractérisée par ses antennes de douxe articles, en massue; par son rostre droit où un peu courbé, cylindrique, à serobs distinct, et par son corps convexe, sont ceux des : Gyrerrus, Schænh., quelquefois réuni aux Apions, et renfermant deux espèces de Madagascar, et Tanaos, Schænh., comprenant quelques espèces de l'Afrique australe et des Indes orientales.
M.É. Blanchard place encore après les Apionides, et comme simples groupes de ses Attélabides, des genres que nous avons rangés dans les familles précédentes, ce sont: 1° les Mvcrérires, genres : Mycterus, Salpinqus et Rhinosimus, et 2° ses Ruvsonrres, genre Rhysodes.
8e tribu, Rawpmines, à antennes épaissies, de onxe ou douxe articles; yeux presque réunis sur le front; rostre allongé, infléchi; pieds postérieurs disposés pour le saut.
Les Insectes qui entrent dans cette division sont excessivement peu nombreux spécifiquement, particuliers à l’Europe et à l'Amérique, et surtout remarquables en ee que, par la conformation de leurs pattes de derrière, ils peuvent sauter à la manière des Orchestes, avec lesquels quelques-uns ont parfois été confondus. On n'y range que deux genres : 1° RHAMPHUS, Clairv., à antennes gréles, courtes, de onxe articles : trois espèces européennes, dont la plus connue est le R. æneus, Dej., du midi de la France, et 2° TACHYGONUS, Schœænh., à antennes très-courtes, presque qréles, de douxe articles : quelques espèces américaines, de Philadelphie, du Mexique et de l'intérieur du Brésil.
9 tribu, Brenrmies, à antennes sans massue, de onze articles; rostre droit; col distinct; abdomen à premier et second segments très-longs, presque réunis, troisième et quatrième très-courts, dernier encore plus petit, semi-circulaire; corps dur, subeylindrique, allongé.
Cette tribu est assez riche en espèces, qui habitent pour la plupart les régions méridionales du globe, particulièrement l'Amérique du Sud er les Indes orientales : peu de représentants se trouvent en Europe. Ce sont des Insectes en général d'assez grande taille, car quelques-uns peuvent atteindre à une longueur de 0%,08 ou 0,10, et les plus petits sont encore de grandeur moyenne. Ils sont très-remarquables par leur grand allongement et leur forme cylindrique. Harris (Insect. of Massack, 1841) a décrit, comme appartenant à cette tribu, la larve d'une espèce, celle de l'Arrhenodes seytentrionis, Herbst, et, quoiqu'il ne soit pas certain que cette larve se rapporte réellement à un Brenthide, nous n’en transerivons pas moins ce qu'il en rapporte, ne serait-ce que pour appeler l’attentien sur ce point important. Cette larve, à son âge adulte, a près de 0,03 de longueur sur une épaisseur de 0%,02; elle est presque cylindrique, un peu aplatie en dessous et blanche, à l’exception du dernier segment qui est corné, d'un brun obseur, obliquement excavé en arrière et denté sur son bord; les segments thoraciques sont munis de pattes, et l'anus sert à la progression.
Cette tribu, formée avec l’ancien genre Brenthus des auteurs, comprend, selon Schænherr, une vingtaine de coupes génériques, et toutes les espèces qui y entrent ont, selon M. Chevrolat, cinq articles aux tarses, mais l’article basal est tellement petit qu'il est à peine visible, ce qui les a fait passer jusqu'ici pour être tétramères.
Le genre typique est celui des BRENTHES, Brenthus, Illiger, Fabr., que l’on caractérise aujourd'hui ainsi: antennes médiocres, un peu épaissies en dehors dans quelques espèces, à articles très-courts, tantôt presque coniques et tronqués à la base, tantôt finement cylindriques, les trois derniers formant une massue peu épaisse; tête presque toujours allongée, mais pouvant étre linéaire où un peu conique; col en forme de bulbe; rostre droit : dans les mâles très-long, et dans les femelles plus court; corselet ovalaire, allongé, très-souvent canaliculé; abdomen long; écusson non distinct; élytres allongées, linéaires, atténuées dans quelques cas ou parfois avec un appendice; pattes plus où moins longues. Ce genre, jadis très-nombreux en espèces, n’en renfermerait plus que trente-deux, selon l'auteur du Genera et Species Curculionidum; aucune de ces espèces, toutes de taille moyenne et parfois grande, ne se rencontre en Europe; elles sont propres aux parties chaudes des deux hémisphères, et abondent surtout dans l'Amérique méridionale, à Java, à la Nouvelle-
Zélande, ete.; on les trouve sous les écorces des arbres, où elles se réunissent en familles très-nombreuses. L'espèce la plus commune dans les collections, et qui provient du Brésil et de Cayenne, est le Brenthus anchorago, Fabr., à taille assez variable; corps noir, brillant, glabre; corselet profondément canalieulé à sa partie postérieure; élytres légèrement ponctuées et striées, avec les stries près de la suture, profondes, à peine ponctuées, et ornées de deux bandes d’un jaune roussâtre : la postérieure rompue intérieurement et l'antérieure raccourcie sur le côté.
Les autres genres que nous ne pouvons que citer, et qui se distinguent en général par les particularités secondaires tirées des antennes, des pattes, de la forme du corps, etc., sont les suivants : ArrnÉNones, Stéven, à antennes très-courtes où médiocres, avec les articles de la base presque coniques et les autres subcylindriques : une quarantaine d'espèces à peu près des mêmes pays que les Brenthes, mais surtout de l'Amérique du Sud, et dont le type est le B. dispar, Fabr. — Amonruoce- PHALus, Schœænh., à antennes très-courtes, moniliformes, avec le dernier article presque pyriforme, acuminé; tête avec une fossette profonde dans les deux sexes, rayée par une impression : ne renfermant qu'une petite espèce propre à l'Italie, et que l'on a retrouvée en Nubie, le B. coronatus, Germ. (B. italicus, Guérin). — Cérogares, Schænh., à antennes médiocres, presque gréles, un peu poilues, avec les articles basilaires souvent coniques, et les derniers arrondis : trois espèces des Indes orientales, du midi de l'Afrique et de Mexico. — Tracnézizus, Chevr., à antennes très-courtes, très-épaisses, avec les articles lenticulaires, les trois derniers les plus grands de tous : une quinzaine d'espèces de l'Amérique du Sud et des Indes. — Hreruesocerus, Schœnh., à antennes trèsgrandes, gréles, filiformes, pubescentes, insérées près du milieu du rostre : deux espèces brésiliennes, — Ruapairuyncuus, Chevr., à antennes très-lonques, filiformes, insérées non loin de la base du rostre : quelques espèces de l'Amérique méridionale et insulaire. — Becornenus, Schœnh., à antennes presque filiformes : un petit nombre d'espèces de la Jamaïque et de Saint-Domingue. 2 Br- LORHYNCHUS, Latr. (Nemorhimus, Schænh., olim), ne différant du précédent que par l'insertion des antennes variable suivant les sexes : une espèce (curvidens, Fabr.), du Brésil. — Drurus, Dej., une espèce (furcillatus, Ghevr.) de Java. — Groceruauus, Schœænh. (Hormocerus, Sch., olim), à antennes courtes, moniliformes, allant à peine en grossissant, insérées vers le milieu du rostre dans les mûles et à la base dans les femelles : dix espèces de Java, de l’île de France, de Madagascar: type, B. caudatus, Latr., de l’île de France et de Bourbon. — CEpnaLogarus, Schænh., à antennes trèscourtes, poilues, avec les articles basilaires obconiques, et les derniers turbinés, très-épaissis dans les mûles : ne comprenant que le C. macrocephalus, Dej., de la Nouvelle-Grenade. — Ravrirracue- Lus, Chevr., à antennes trés-courtes, presque gréles, avec les articles des mûles à peu près ovalaires, et ceux des femelles arrondis : une espèce (brevicornis) de Madagascar. — Eurracueces, Latr., à antennes très-lonques, gréles, à insertion variable suivant les sexes : une seule et grande espèce de l'ile de Java, l'E. Temminckit, Latr., que nous figurons. — CLæoneres, Schœnh., à antennes moyennes, fortes, épaissies vers l'extrémité, insérées au milieu du rostre dans les mâles, et vers la base dans les femelles : trois espèces de l'Amérique méridionale. — Puacecerus, Schænh., à antennes courtes, épaisses, avec les articles lenticulaires, le dernier ovalaire, acuminé, insérées à peu près vers le milieu du rostre : une espèce (olivaceus) de Madagascar. — Teramocerus, Schænh. (Nemocephalus, Dej.), à antennes très longues, grèles, filiformes, avec les articles basilaires épais, les trois derniers les plus longs, cylindriques : une quinzaine d'espèces du Brésil et des îles Philippines, assez semblables à celles du genre Brenthus, mais à forme encore plus grêle. — Iscuxomerus, Schœnh., genre ne comprenant que l’I. linearis, de Madagascar. — Tapuroperes, Schœnh., à antennes assez courtes, grossissant légèrement vers l'extrémité; pattes courtes; cuisses renflées; jambes comprimées : trois espèces de l’Amérique du Sud (type, brevipes, Schænh.). — Cazonromus, Guérin, à antennes assex courtes, avec les trois derniers articles formant une mussue aplatie; rostre très-court; cuisses courtes, renflées à l'extrémité; jambes postérieures aussi longues que le corps, unidentées extérieurement : une seule espèce, C. Mellyi, des Indes orientales, surtout trèsremarquable par l'extrême longueur de ses pattes de derrière, près de quatre fois plus longues que les autres. — Leproraynouus, Guérin, une seule espèce (angustatus) de la Nouvelle-Guinée.
On peut placer intermédiairement entre les Brenthides et les deux dernières tribus des Orthocères, quelques genres assez peu connus, dont Schœnherr forme des divisions spéciales.
Tels sont: 1° ses Oxvconvxines, à antennes courtes, droites, de neuf articles avant la massue, et
celle-ci, presque spongieuse, composée de trois articles non distincts; rostre allongé, cylindrique, presque droit; élytres, brièvement ovalaires, couvrant l'abdomen; tarses de cinq articles peu distincts : un seul genre, celui des OXYCORYNUS, Chev., ne renfermant que deux espèces brésiliennes; 20 ses ANTHIARHINIDES, Comprenant une dizaine d'espèces de la Cafrerie et du cap de Bonne-Espérance, et qui sont rangées dans les deux genres ANTHIARHINUS et PLATYMERUS, Schænh., et 3° ses Cycanes, à antennes moniliformes, de dix articles, les neuf premiers très-courts, et le dernier, au contraire, très-grand, formant une mussue épaisse, allongée; tarses de quatre articles apparents : le seul genre CYLAS, Latr., une dizaine d'espèces des Indes orientales, de Java, du Sénégal, etc.
FAN Fig. 195. — Amorphocephalus (Brenthus) coronatus. Fig. 196, — Cylas longicollis.
10° tribu, UrocéRies, à antennes courtes, épaisses, squameuses où poilues, avec la massue petite; rostre droit; corps large ou presque cylindrique, parfois aptère, obtus en arrière, rétréci sensiblement en avant. fs
Cette tribu ne renferme guère jusqu'ici qu’une vingtaine d'espèces, dont la forme, assez peu différente de celle des Brenthes, chez quelques-unes, tend à se rapprocher beaucoup de celle des 3rachycères dans quelques autres. On n’y range que deux genres : 4° ULOCERUS, Dalm. (Cladione, Latr.), à antennes courtes, épaisses, très-dilatées à partir du troisième article : les derniers formant une massue allongée; corps très-allongé; pattes longues, fortes : quatre espèces, toutes particulières au Brésil, et dont le type est l’U. lacertosus, Dalm.; et 2° EPISUS, Billb., à antennes avancées, courtes, insérées à l'extrémité du rostre; massue petite, étroite, formée des huitième et neuvième articles; corps épais, rugueut, inégal, aptère; pattes courtes, fortes : une vingtaine d’espèces, toutes propres à l'Afrique méridionale, et dont le type est l'E. rostratus, Fabr.
11e tribu, Oxyruyncipes, à antennes courtes, avancées, épaisses : massue forte, spongieuse à la base, composée d'articles peu distincts; rostre allongé, filiforme, arqué; corps oblong, allongé, dur; pattes gréles, antérieures plus allongées que les autres.
Cette tribu ne renferme qu’un très-petit nombre d'espèces, propres aux iles de Java, Sumatra et Bornéo, placées dans le seul genre OXYRHYNCHUS, Schænbh., et ayant pour type la Calandra discors, Fabr., grande espèce javanaise.
2e division, GonarocÈres, Gonatoceri, Latr., Schœnh. Cette grande division, qui renferme tous les Cureculioniens qu'il nous reste à étudier, et qui comprend par conséquen plus des trois quarts des espèces de la famille entière, a pour caractères : antennes coudées, à premier article (le scapus des auteurs) très-long, très-souvent inséré sur les côtés du rostre. Gette particularité est des plus remarquables, mais nous devons dire que chez quelques espèces elle est encore assez peu distincte, à ce point que les Brachycérides ont, pour quelques auteurs, été placés parmi les Orthocères. Nous ne pouvons rien ajouter de général sur ces Insectes, car leurs formes et leurs mœurs varient beaucoup; c'est donc dans l'histoire de chaque subdivision particulière qu'on trouvera les détails que nous croyons devoir faire connaître. Le nombre de ces subdivisions est assez considérable, et nous les indiquerons sous la dénomination de tribus.
1e section (Curculionides, Blanch.), comprenant de nombreuses espèces, chez lesquelles les antennes sont insérées vers l'extrémité du rostre, avec le premier article long, soudées après ce pre-
COLÉOPTÈRES. 22) Uyi
muer article, et dont le rostre est court, peu arqué; dix tribus, celles des : Brachycérides, Curculionides ou Entimides, Pachyrhynchides, Polydrusides où Brachydérides, Cléonides, Hylobides, Byrsopsides, Phyclobides, Cyclomides et Otiorhynch:
4% tribu, Bracaycéripes, à antennes courtes, [o'tes, peu ou pas coudées, de neuf articles : massu petite, presque solide, spongieuse à la base, formés “isiblement des deux deniers articles antennaires, mais pouvant probablement en comprerdre davantage; rostre très-souvent court, infléclu, droit dans quelques cas, épais; corps court, ovalaire, arrondi, dur, aptère.
Ces Cureulioniens, dont on connaît plus de deux cents espèces, sont généralement de taille moyenne, de couleur grisâtre ou noirâtre, et sont surtout répandus dans les diverses parties de l'Afrique, quoique quelques-uns se rencontrent aussi sur le périple de la Méditerranée en Europe. Tous recherchent les endroits les plus chauds, principalement les sables des bords de la mer. Leurs mœurs sont très-peu connues, et les larves d'aucun d’entre eux n'ont été décrites. Trois genres seulement entrent dans cette tribu.
Genre principal, BRACHYCÈRE, Brachycerus, Fabr., à antennes arquées, insérées sur le milieu du rostre dans un canal arqué : massue petite, solide, obtuse, presque pointue à l'extrémité; rostre épais, penché; yeux oblongs; corps ovaluire, épais, très-convexe, souvent rugueux et tuberculeux; pattes fortes, peu allongées; tarses forts, à dernier article allongé, muni de deux crochets. Schœænherr indique cent soixante-treize espèces de ce genre, surtout propres au cap de Bonne-Espérance, à la Cafrerie, à diverses contrées australes, moyennes et septentrionales de l'Afrique, à l'ile de Madagasear, ete , et dont quelques-unes, mais plus petites que les autres, se rencontrent dans le midi de la France : tel est, parmi ces dernières, le Brachycerus Algirus, à corps court, noir, couvert d’une poussière cendrée et de soies brunes; à rostre sillonné; tête déprimée, avec les sourcils peu élevés; corselet épineux sur les côtés, très-sillonné et tuberculé; élytres ayant chacune une triple série de tubercule soyeux : des bords de la Méditerranée. Les Brachycères, privés d'ailes, marchent avee une grande agilité, surtout sous l’action des rayons solaires de la zone torride.
Les deux autres genres sont ceux des : Proromanris, Schœnh., à antennes très-courtes, fortes, un peu arquées, épais : le dernier article très-court : massue un peu solide, à base obliquement tronquée : une espèce (Dregei) du cap de Bonne-Espérance, — Microcenus, Gyllh., à antennes courtes, un per arquées, avec le premier article court, presque conique; funicule à articles transversaux; massue petite, pointue, de quatre articles, ete., une dizaine d'espèces, principalement du cap de Bonne- Espérance, et dont le type est le Br'achycerus retusus, Fabr.
2 tribu, Cureurronipes ou Exrnupes, à rostre très-court, infléchi, épais, parfois difforme.
Cette tribu ne comprend qu’une dizaine de genres, tous, à l’exception d’un seul, peu nombreux en espèces. Ce sont des Insectes de taille moyenne ou assez grande, presque toujours parés de brillantes couleurs, et parfois même de belles teintes métalliques. On n’en connaît pas en Europe; l'Amérique méridionale est surtout riche en espèces, et d’autres sont propres à l'Afrique, à l'Asie et à l'Océanie. Leurs mœurs et leurs métamorphoses sont inconnues. Schænberr leur applique le nom d'Entimides, tiré du nom du genre principal, celui des Entimus; mais, à l'exemple de M. É. Blanchard, nous croyons préférable de les indiquer sous la dénomination de Curculionides, parce que, ne voulant pas faire disparaître de la science le nom linnéen de Curculio, nous nous en servons, comme Fabricius, Olivier, Latreille, ete., à la place de celui d’'Entimus de Germar et de Schænherr.
A. Espèces à corps ailé, scutellé; jambes dans la plupart proéminentes latéralement, acuminées, obtusément anguleuses dans quelques-unes.
Le genre typique est celui des CURCULIO, Linné, Latr., Blanch., où ENTIMUS, Germ., Schœnh., à antennes médiocres, assex fortes, manifestement coudées, avec les premiers articles du funicule un peu plus longs que les précédents, obconiques : massue allongée, légèrement conique; rostre court, épais, anquleux, un peu épaisse à la base; yeux souvent arrondis, parfois proéminents; corselel oblong, beaucoup plus étroit que les élytres, canaliculé en dessus; élytres amples, presque trianqulaires; pattes fortes, assez longues, avec les cuisses renflées au milieu, et les jambes droites, inermes, seulementun peu dilatées à l'extrémité; corps oblong, ovalaire, épais. atténué en arrière,
ailé. Pour Linné, le genre Curculio renfermait presque toutes les espèces de la famille que nous passons en revue; aussi a-t-il dû être très-considérablement restreint, et, tel que nous venons de le caractériser, il ne comprend plus que cinq espèces, toutes de l'Amérique méridionale, et que la plupart des entomologistes indiquent sous la dénomination d'Entimus. Ges Insectes, tous magnifiques par l’éclat de leurs couleurs, dans lesquelles l'or et l'argent jouent un grand rôle et sont mélangés à des teintes éclatantes blanches, vertes ou bleues, sont les C. splendidus, Fabr.; imperialis, Fabr.; nobilis, Oliv.; granulatus, Linné, et dives, Oliv. : le plus commun de tous, qui habite le Brésil, où il est abondant, et l'imperialis, à corps ovalaire, convexe, noir; à corselet ayant une ligne dorsale imprimée d’un vert argenté et les côtés un peu rugueux, couvert d’écailles d’un vert doré; élytres régulièrement ponctuées et striées, les points couverts d’écailles d’un vert doré, avec les intervalles étroits, dénudés On réunit souvent à ce genre plusieurs espèces placées avec les Cyphus.
D'autres genres sont ceux des : Ruiçus, Dalm., à pattes longues; jambes antérieures souvent arquées, munies à l'extrémité d'une forte dent : une douzaine d'espèces de l'Amérique du Sud, parées de belles couleurs, quoique souvent uniformes. — Cypraxenus, Schænh., groupe différant peu du précédent, et renfermant également des espèces américaines. — Porvreces, Schœnh. (Polydius, Schœnh., olim), à antennes très-longues, gréles, un peu brisées, avec les articles du funicule obcoaiques, presque égaux : massue allongée, mince, acuminée à la base : deux espèces brésiliennes. — Paæprorus, Schænh., à antennes médiocres, un peu gréles, le premier article épais, atteignant les yeux, premier article du funicule court, très-épais, second plus long, troisième à septième courts, un peu coniques : un petit nombre d'espèces de l'Amérique du Sud.
B. Espèces à corps aptère; écusson très-souvent non visible; jambes un peu arrondies.
Le genre principal est celui des HIPPORHIS, Billb., ou HIPPORHINUS, Schænbh., à antennes trèslongues, un peu grèles, premier article épais, dépassant souvent les yeux : premiers articles du funicule très-longs, les autres, au contraire, très-courts, tous ovalaires : massue oblonque, ovalaire; rostre allongé, plus épais à la base; yeux ovales, déprimés; écusson nul ou très-petit; élytres oblongues, ovaluires, dures, ruqueuses : les espèces de ce genre sont toutes plus ou moins allongée et de teintes souvent noirâtres, avec quelques dessins ayant d’autres nuances; on en connaît beaucoup, car Schœænherr en indique soixante-dix-neuf, presque toutes propres à l'Afrique australe, principalement à la Cafrerie et au cap de Bonne-Espérance, ct dont quelques-unes seulement proviennent de la Nouvelle-Hollande : le type est V'H. sex-vittatus, Fabr., du Cap.
Schœnberr place encore dans la même subdivision ses genres : Srenorarsus, ne renfermant que deux espèces de l'Afrique australe. — AnrsazLus, une espèce (tuberosus) de la Nouvelle-Ilollande. — Evirryxeuvs, une espèce (arqus) du cap de Bonne-Espérance. ”
Fig. 197, — Br'achycerus oculatus. Fig. 198. — Curculio où Entimus Fig. 199.— Pachyrhynchus profanus. splendidus.
3e tribu, PACHYRHYNCHIDES, à rostre très-court, épais, infléchi, très-souvent anguleux, tendant à s’épaissir davantage vers la base.
Cette division renferme une assez grande quantité d'assez jolies espèces répandues dans toutes les parties du monde, mais surtout abondantes à la Nouvelle-Hollande, et, au contraire, rares en Europe, où l'on n’en a guère signalé que de deux groupes génériques. On ne connaît l’histoire des métamorphoses d'aucun d’entre eux. Schænherr y admet une vingtaine de genres.
A. Espèces à écusson très-petit, à peine distinct ou non appréciable.
Le genre qui a donné son nom à la tribu est celui des PACHYRHYNCHUS, Germ., à antennes courtes, fortes : massue ovalaire, formée d'articles peu distincts; rostre court, épais, anguleux; yeux arrondis, un peu conveæes; corselet oblong; écusson excessivement petit, trigone; élytres ovalaires-globuleuses, légèrement convexes : genre nombreux; type, P.moniliferus, Eschs., jolie espèce de Manille, d’un beau vert, avec des points dorés arrangés en séries. — Erichson en a distingué un genre Arocyrrus, chez lequel les antennes sont longues, très-épaisses, à massue allongée-ovalaire, presque solide : quelques espèces assez semblables au Pachyrhynque à collier, et particulières à Manille, aux îles Philippines, à la Nouvelle-Guinée, ete.
Quelques autres genres, plus voisins des Hipporhines de la tribu précédente, sont les suivants : Somaropes, Sch., à antennes médiocres, fortes, avec la massue ovalaire-acuminée : une espèce (misumenus) du Cap. — Cuernus, Dalm., à antennes longues, qréles, avec le premier article formant presque la moitié de leur longueur; pattes antérieures plus grandes que les autres : groupe particulier à la Nouvelle-Hollande. — Poryruranes, Schænh. — Srexocorwnus, Schœnh. — Carascopus, Schœnh., tous les trois du même pays que les Cherrus, et également formés de peu d'espèces. — Opuryasres, Germ., comprenant quatre espèces de l'Amérique du Sud. — Grarnorminus, Schænh., une espèce de l'Amérique boréale, et l’autre de Mexico. — Anacanraus, Say, une seule espèce (pal- Lidus) de l'Amérique du Nord. — Hoonxenus, Schænh., deux espèces de Madagascar. —- Syzycors, Schænh., deux espèces (cyclops et hystrix) de l’île de France.
Enfin un genre européen, mais propre aux contrées les plus voisines de l'Asie, et qui se rapporte à la même division, est celui des PSALIDIUM, Illiger, à antennes médiocres, épaisses : massue ovalaire, quadriarticulée; mandibules saillantes, arquées; pattes fortes, à cuisses renflées et à jambes dilatées à l'extrémité : l'espèce typique est le P. maæillosum, Fabr., qui a un habitat assez étendu, depuis l'Autriche et la Hongrie jusqu’en Perse et dans l’Asie Mineure.
B. Espèces à écusson distinct.
Le genre le plus nombreux est celui des DERACANTHUS, Schænh., à wntennes courtes, fortes : massue ovalaire; rostre court; yeux déprimés; corselet transverse; écusson triangulaire; élytres subovalaires; pieds médiocres, épais : quelques espèces de la Tartarie, de la Mongolie et des bords de la mer Caspienne, et dont la principale est le D. spinifex, Fabr. — Un autre genre du Caucase et de la Turcomanie, est celui des Homazormnus, Schœnh. — Enfin des genres exclusivement propres à la Nouvelle-Hollande, sont ceux des : Prosrowus, Dalm.; Perimacueres, Schœnh.; Ruyscocarrus, Schænh., et Prosacceus, Schœnh.
4 tribu, Pozyorusipes, ou BracuynÉéripes, à rostre plus ou moins long, presque horixontal, de la longueur de la tête.
Les Cureulioniens de cette tribu sont beaucoup plus nombreux en espèces que ceux des tribus précédentes. Leur taille est assez variable, mais presque toujours petite ou moyenne. On les trouve sur les plantes basses, sur les feuilles, et parfois sur ou sous les écorces des arbres. Ils habitent toutes les parties du monde, et ne sont qu’exceptionnellement parés de brillantes couleurs; car presque tous, et surtout ceux de l'Europe, ont des teintes sombres, noires ou grisàtres. L'histoire de leurs métamorphoses est bien peu avancée, et l’on n’a quelques détails, encore bien incomplets, que sur les larves de deux espèces du genre Polydrusus; MM. Kollar et Ratzeburg pensent que les larves du P. oblongus vivent en terre aux dépens des racines de divers végétaux; et M. Bouché, qui a fait connaître la larve du P. cervinus, rapporte qu'il l'a trouvée à l'extrémité des rameaux du chône, entre les jeunes feuilles des bourgeons qu’elle tient rapprochées les unes des autres, et il ajoute qu'au moment de se métamorphoser elle s'enfonce en terre, et paraît au printemps suivant sous forme d'Insecte parfait.
Un des genres principaux de celte division est celui des THYLACITES, Germ., à antennes médiocres,
épasses ou assez gréles, poilues, à premier et second articles du funicule presque coniques, tandis que les autres sont arrondis : massue oblonque-ovalaire, acuminée; rostre très-court, très-large, épais; yeux arrondis, plus où moins proéminents; corselet très-souvent transverse; pas d'écusson; élytres oblongues-ovalaires, convexes; corps peu allongé, arrondi. Ce groupe, jadis très-nombreux en espèces, mais dans lequel on n’en place plus aujourd’hui qu'une douzaine, comprend des Insectes assez petits, grisètres, presque ovalaires, surtout propres au midi de l'Europe, et dont on a retrouvé quelques types dans l'Amérique boréale ainsi qu'au cap de Bonne-Espérance : le type est le T. fritillum, Panz., que l’on prend assez fréquemment dans le midi de la France. — Des genres qui en diffèrent assez peu, et qui, parfois, ne sont considérés que comme de simples sous-genres, sont les suivants : Gneonminus, Schænh., à corps plus court, ete., des diverses parties de l'Europe: type, C. geminatus, Fabr., de France. — Srropuosonus, Billb., à antennes plus longues, plus gréles; rostre moins large : une quarantaine d’espèces des diverses parties de l’Europe, de l'Afrique australe, du Bengale, ete. : type, $. coryli, Fabr., assez commun dans nos environs. — Scraruicus, Schænh., à premier article antennaire court; rostre long; yeux proéminents : une douzaine d'espèces, toutes européennes, sauf une qui est brésilienne: type, S. muricatus, Fabr., de l’Europe moyenne et méridionale. — Praryransus, Schænh., à tarses très-élargis, ete., une espèce (setiger, Meg.) d'Autriche.
Quelques genres, étrangers à l’Europe et un peu plus distincts des Thylacites, sont les suivants : Cazvprops, Schœnh., une espèce (granosus) de l'Afrique australe. — Prosopraroneres, Schœnh., du Cap. — Dermarones, Schœnh.,une douzaine d'espèces, principalementde l’île de Java.— PLarvcores, Dalm., une dizaine d'espèces de l'Afrique australe. — BLosynus, Schænh., quelques espèces du Cap, du Bengale et des Indes orientales. — Mesrorus, Schænh., une espèce (adumbratus) de Mexico. — Macrosryzus, Schœænh., une espèce du Brésil. — Cyrrops, Schænh., une espèce de l'ile de Johanne. — Prorcres, Schænbh., une espèce (hirtipennis) de la Guinée. — Corrcerus, Schænbh., une espèce (setocus) de Mexico. — Herpysricus, Germ., une espèce de l’île de Ténériffe. — Ancrrrus, Schœænh., type unique, alutaceus, Erichs., du Pérou.
Un genre européen, plus distinct des précédents, est celui des BRACHYDERES, Schænbh., à antennes grèles, longues : massue grêle; pattes très-longues, avec les cuisses un peu renflées : une douzaine d'espèces, dont l’habitat est très-étendu, car plusieurs sont propres à l'Europe (type, àrcanus, Linné, que l’on rencontre partout), et d’autres ont été signalées en Arabie, en Chine, ete. — Le genre Prazomius, Schœnh., propre à la Chine, en est voisin.
On en éloigne davantage les Eusomus, Germ., assez grands, blanchâtres ou verdâtres, avec des lignes brunes ou noires, à corps oblong, tronqué à la base et à l'extrémité : une dizaine d’espèces, toutes européennes, et dont la plus connue est l'E. ovulus, Illiger. — Panromonus, Schænh., une espèce du Mexique.
Le genre NAUPACTUS, Meg., placé par les auteurs après les précédents, est très-nombreux en espèces, car on en décrit plus de cent cinquante, presque toutes spéciales à l'Amérique méridionale : ces Insectes ont pour caractères génériques : antennes très-gréles, souvent très-longues, parfois de médiocre longueur, à premier article épais, dépassant les yeux : massue allongée; rostre court, plan en dessus, canaliculé au milieu; yeux arrondis; élytres oblonques ou brièvement ovalaires; pattes antérieures allongées, fortes; corps oblong ou ovaluire, très-souvent ailé, parfois aptère, de médiocre grandeur : comme espèce typique nous citerons le N. longimanus, Fabr., à corps allongé, ovalaire, noir, couvert de petites écailles d’un vert argenté; corselet marqué d’une ligne transversale à sa partie antérieure, et de deux taches postérieurement, couvertes d’écailles dorées; élytres avec une tache latérale et l'extrémité d'un vert argenté plus clair : habite le Brésil. — Les PLecrropHorUs, Schœnh., se distinguent surtout des Naupactes par le deuxième article des antennes de la longueur du troisième; les jambes intermédiaires armées vers leur extrémité d'une longue épine : quelques espèces également américaines. — On en rapproche aussi les genres suivants, des mêmes pays que les précédents, et tous créés par Schœnherr : Panropcanes, Eurymeropus, MEGaLosTyLus, AMPHIDÉRITES, ÉPAGRIUS. — Quant au groupe des Sricmarracnezus, Schœænbh., qui offre aussi quelque analogie avec ceux qui précèdent, il est formé d’une quinzaine d'espèces, toutes propres à la grande île de Madagascar.
On doit placer ici une série assez nombreuse d'espèces. Les unes américaines, et qui constituent plusieurs groupes génériques, tels que ceux des : CYPHIUS, Schænh., à antennes à premier article
COLÉOPTÈRES. 291 un peu renflé; pattes fortes, avec les jambes antérieures arquées, ete. : une trentaine d’espèces, de taille moyenne, avec le corps ovalaire, allongé, presque toutes de l'Amérique méridionale, et dont le type est le C. gibber, Fabr., à corps noir, entièrement couvert d’écailles blanches très-denses : habite communément le Brésil. — Hanropus, Schænh., type, albiceris, Germ., du Brésil. — Prarvous : plus de cinquante espèces, jadis réunies aux Cyphus, propres à l'Amérique du Sud, et dont le P. cultricollis, Germ., est le type. — Oxvoerces, Schænh., groupe peu nombreux : type, crelaceus, Fabr., de la Guadeloupe et de la Martinique. — Æruermus, Chevr., une espèce (aurichalceus) de l’intérieur du Brésil. — Les autres, pour la plupart asiatiques ou africaines, et constituant les genres : Hypoueces, Schænh., de Java, de Timor, des Indes orientales et de la Chine : type, rustieus, Fabr. — Dercopus, Schœnh., une espèce (denticollis) des Indes orientales. — Axæmerus, Schænh., quelques espèces du Sénégal, de la côte de Guinée et de Madagascar. — Armeronyeuvs, Schœnh., deux espèces du Bengale. — Poryczæis, Bohem., des espèces de Cafrerie, de Nubie, de Madagascar et du Bengale.
C’est à côté de ces groupes que vient se ranger un genre presque cosmopolite, mais renfermant surtout beaucoup d'espèces de l'Europe du Nord, des contrées orientales de l'Asie, de l'Amérique septentrionale et de diverses parties de l'Afrique : ce genre est celui des TANYMECUS, Germ., à antennes médiocres, un peu gréles : massue oblonque, ovalaire, acumanée; rostre court, épais; pattes très-longues, à cuisses très-renflées; jambes cylindriques, mutiques; corps oblong, ailé, de moyenne ou de petite grandeur : une soixantaine d’espèces, dont la plus connue est le P. palliatus, Fabr., petit, noir, avec des poils et de petites écailles, ainsi que le dessus de couleur brune, le dessous et les côtés couverts d’écailles d’un gris blanchâtre : habite toute l'Europe.— Viennent ensuite, d’après Schænherr, les genres, tous exotiques, créés par lui, et ne comprenant chacun qu’une seule ou deux espèces, des : Puacepaonus, de la Chine boréale; Paospuerares, de Sumatra; Asryeus, du Bengale; Bracuvaspisres, des Indes orientales; Lissorninus, de Sierra Leone; Prorenomus, de Mongolie, Anripus, des îles américaines, et qui a l’aspect du genre européen suivant: — SITONA, Germ., Latre (Sitones, Schænh.), à antennes très-courtes, un peu ténues, à premier article en massue : celle-ci, mince, ovalaire; rostre court, un peu linéaire; yeux arrondis; élytres oblongues, tronquées à la base, légèrement arrondies à l'extrémité; corps allongé, ailé : on indique plus de soixante-dix espèces de ce groupe, toutes petites, de couleurs sombres, propres à l’Europe, à l'Asie et à l'Amérique boréale : nous en possédons plusieurs dans nos environs, et, parmi elles, nous citerons seulement le Sitona lineatus, Fabr., qui, dans certaines circonstances, est très-nuisible aux pins sauvages. — Des genres exotiques qui se rapprochent un peu des Sitones sont les suivants : Mesacrorcus, Schœnh., deux espèces du Caucase et du mont Taurus. — Sineropacryzus, Schœnh., quelques espèces du Sénégal. — Iscunorracuerus, Schænh., une espèce du Sénégal. — Hanromerus, Schænh., une dizaine d'espèces de l'Amérique du Sud. — Panpezereius, Schænh., de l'Amérique boréale et du Mexique, — Porvpasrus, Klug, une espèce de Cuba (modestus, Dej.) et une (depressifrans, Chevr.) de Vera- Cruz. — Anvroracrus, Schœnh., une espèce (exilis, Klug) de Colombie. — Gecraces, Schœnh., une espèce malgache.— Eucnaruus, Schœnh., deux espèces de Java et de Siam. —Caracuænus, Schœnh., une espèce de Manille. — Euvracocus, Schœnh., quelques espèces brésiliennes ou mexicaines. — Pororuyneuus, Schœnh., ne comprenant que le seul P. labeonis, de Buénos-Ayres. — Eurysaces, Schœænh., une espèce du Brésil. — Promecors, Schænh., une trentaine d'espèces de l'Amérique méridionale. — Exopuruazmus, Schœnh., une dizaine d'espèces du même pays que celles du groupe précédent. — Drarrepes, Schœnh., une vingtaine d'espèces d'assez grande taille, également américaines, et placées pour la plupart dans le genre Pelydrusus par Germar.— Prærones, Schænh., groupe à peine distinct de celui des Diaprepes, assez 5 #breux, des mêmes contrées, et surtout de la Guadeloupe et de la Martinique. — Trorruinus, Scheh., une espèce (affaber) du Brésil. — Eusrazes, Schœnh., joli genre de l'Amérique du Sud, abonJant en espèces, et auquel on doit joindre l’ancien genre Prarvomus de Schænherr. — Porycouus, Schœnh., une espèce brésilienne (lanuginosus, Chevr.). — Prisorus où Lacunorus, Schænh., une trentaine d'espèces de différentes parties de l'Amérique, principalement de la Martinique et de Cuba. — Prarvarisres, Schænb., quelques espèces, toutes propres au Chili. — Eurivia, Cast. (Apolomus, Sch.; Apotomoderes, Mann.), une espèce de Saint-Domingue.—Craropus, Dalm., une trentaine d’espèces des iles de France et de Bourbon, ainsi que des Indes orientales. — Macnoprerus, Bohem., quelques espèces du Brésil. —
Pacuæus, Sch., quelques espèces propres à plusieurs parties de l'Amérique. —Exmvus, Sch., quatre espèces brésiliennes. — Sezerococcus, Sch., une espèce (granulatus) du Brésil. — Eunws, Sch., deux espèces de l'Amérique du Sud. — Gxxors, Dalm., une dizaine d'espèces de la Nouvelle-Iollande. — Gonrrenus, Sch., du même pays que le précédent, et en même nombre pour les espèces. — Diasararanius, Sch., deux espèces du cap de Bonne-Espérance. — Creruaratces, Sch., deux espêces, l’une de Saint-Domingue et l’autre de Cuba. — Harrorus, Sch., deux espèces propres au Brésil. — Leprosomus ou Riraninosomus, Sch., ayant pour tvpe et espèce unique l'acuminatus, Fabr., de la Nouvelle-Zélande. — Porornonus, Sch., du Cap. — Erepsnus, Sch., une espèce du Brésil ; — Georracus, Sch., une seule espèce de l'Himalaya, ete. — Un autre groupe, qui n’est plus rangé dans la même tribu, est celui des Taxsos, Sch., ayant pour type et espèce unique l’Apion sanguineum, Thunb., des Indes orientales.
Enfin nous terminerons la longue énumération des groupes de cette tribu en disant quelques mots de quatre genres essentiellement européens.
Genre CHLOROPHANUS, Dalm., à antennes courtes, derniers articles petits : massue ovalare, pointue; rostre court; yeux petits; corselet oblong; écusson petit; élytres ovalaires; pattes longues, à jambes antérieures courbes, terminées par un crochet; corps ovalaire, oblonq, ailé : Insectes souvent hérissés de poils, et généralement de couleur verte, dont on a décrit une vingtaine d'espèces propres à l’Europe méridionale, à l'Allemagne, à la Hongrie, au Caucase, à la Sibérie, etc., et dont le C. viridis, Linné, commun dans toute la France, et même dans nos environs, est le type. Cette espèce, petite, est noire, avec le dessous et les côtés couverts de petites écailles d’un jaune verdâtre, avec beaucoup moins d'écailles verdàtres en dessus et des poils aplatis, grisätres. Une autre espèce, également parisienne, est le C. inermis, Sch.
Fig. 200. —- Chlorophanus viridis. Fig. 201. — Cyplus illustris. Fig. 202. — Polydrusus micans.
Genre POLYDRUSUS, Germ. (Polydrosus, Sch.), à antennes lonques, gréles, à premier article renflé : massue allongée, ovalaire; rostre court, épars, presque plan en dessus; yeux arrondis; corselet à peu près transversal; écusson petit, arrondi; élytres oblongues, pointues à l'extrémité; pattes presque droites, un peu comprimées : les postérieures légèrement dilatées vers l'extrémité; corps allongé, ailé. Une cinquantaine d'espèces sont actuellement rangées dans ce groupe; elles se trouvent en général dans toutes les parties de l’Europe, aussi bien dans les contrées méridionales que dans les tempérées et dans les septentrionales : un petit nombre d’entre elles ont été signalées en Asie et même en Amérique; toutes sont assez petites, verdàtres ou brunàtres, et se rencontrent sur les plantes basses ainsi que sur les feuilles des arbres, où, parfois, par leur grand nombre, elles font du mal à la végétation. Nous citerons deux espèces de toute l’Europe, et qui ne sont pas rares dans nos environs, ce sont les : P. nudatus, Fabr., à corps allongé, noir, couvert de petites écailles d'un gris argenté; antennes et pattes rousses; élytres avec trois bandes transversales revêtues d’écailles brunes, et micans, Fabr., à corps noir, avec de petites écailles étroites, couleur de feu doré; antennes et pattes rousses; élytres gibbeuses en arrière.
Genre SCYTHROPUS, Sch., groupe que l’on réunit parfois au précédent, dont il se distingue cependant par ses antennes gréles, à premier article conique, et les autres devenant insensiblement
Pig. 1. — Authribus maculatus Fig. 2 Phyllocaris cyanitarsis
Fig. 3. — Archarias longipes
Fig. 4. — Chrypthorhinus striga Fig. 5. — Larinus maculatus
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plus courts; par son rostre très-court, épais; son front large, convexe, et son occiput long. Une seule espèce, le Curculio mustella, Herbst, à corps noir, couvert d'un duvet gris; antennes et pattes d'un brun ferrugineux; élytres brunes, avec des taches blanchâtres : habite l'Allemagne.
Genre MÉTALLITES, Sch., à antennes courtes, épaisses, avec le premier article s'étendant au. dessus des yeux, épais, en massue : celle-ci, oblonque, ovalaire, pointue à l'extrémité; rostre court, cylindrique; yeux petits, arrondis; corselet court, cylindrique; écusson arrondi en arrière; élytres allongées, un peu convexes; pattes à cuisses peu renflées, à jambes arquées et légèrement dilatées à l'extrémité, et à tarses spongieux en dessous; corps allongé, ailé, assex mou. Une dizaine d'espèces, un peu plus petites que les Polydrusus, propres à diverses parties de l’Europe, principalement à la France et à l'Allemagne, et dont le type est le M. ambiquus, Sch., que l'on prend parfois aux environs de Paris. Cet Insecte est assez petit; son corps est oblong, d’un noir brunûtre, avec de petites écailles étroites d'une coloration d’un gris blanchâtre; antennes et pattes jaunâtres; corselet oblong; éeusson court, large, tronqué; élytres distinetement ponetuées et striées.
5° tribu, CLéonines, à rostre penché ou infléchi, très-épais, très-long, cylindrique dans le plus grand nombre des cas, rarement un peu anquleux, très-souvent épaissi vers l'extrémité; sillons antennaires placés sous les yeux.
Cette tribu, moins étendue que la précédente, comprend encore un assez grand nombre d'espèces, propres à toutes les parties du monde, mais surtout à l'Europe, et réparties, selon Schænbherr, en une quarantaine de genres. Ce sont des Curculioniens de taille moyenne, à corps généralement allongé, assez robuste, à rostre long, fort, et que l’on trouve soit à terre, soit sur les plantes, soit sur lestrones d'arbres ou sous leurs écorces. Les métamorphoses des Cléonides sont très-peu connues, quoique les moyens d'étude soient largement placés sous nos mains. C’est encore une lacune à combler. Les larves doivent vivre dans nos bois, et faire du mal à nos arbres.
Fig 205. — Cleonis aibipes. Fig. 20%. — Tanymechus palliatus.
Le genre typique, dont la division tout entière a tiré sa dénomination, est celui des CLEONES, Cleonis, Meg., Dej., ou Cleonus, Sch., Steven, ayant pour caractères : antennes courtes, de grosseur moyenne, à premier article n'atteignant pas les yeux, le premier du funicule conique, un peu plus long que les suivants, ceux de deux à six courts, resserrés, le septième épais, serrés contre la massue : celle-ci oblongue, ovalaire, pointue; rostre court, épais, souvent canaliculé en dessus; yeux oblongs; corselet conique; écusson petit, triangulaire; élytres allongées, arrondies ou pointues à l'extrémité; pattes courtes, à cuisses antérieures un peu renflées et mutiques, avec les tarses élargis; corps oblong, pubescent, dur, de moyenne grandeur, presque toujours ailé, rarement aptère. On connaît plus de deux cents espèces de ce genre, toutes sont propres à l'ancien continent, et surtout répandues dans presque toute l'Europe et dans quelques parties de l'Asie. Ce sont des Insectes à corps allongé, souvent bombé, qui se trouvent habituellement à terre dans les endroits chauds et arides. Parmi nos espèces parisiennes nous indiquerons les C. glaucus, Fabr., à corps noir, couvert d’un duvet gris brunâtre; élytres acuminées, profondément striées et ponctuées; rostre caréné; sulcirostris, Linné, à corps noir, couvert d’un duvet épais, grisâtre, élytres ayant des points, des stries et des bandes obliques sans duvet; rostre offrant trois sillons égaux; cinereus, Fabr., à corps brunâtre; antennes noires, avec l'extrémité de la massue grisätre; corselet lisse, cendré, avec
trois larges bandes brunes; élytres grisètres, avec la suture brune; rostre court, cendré, avec une ligne médiane, peu élevée. — Schœnherr avait créé, sous le nom de Boraynoneres, un genre qui ne diffère du précédent que par ses antennes à troisième article deux fois plus long que le deuxième, et par son corselet impressionné à la base; mais il l’a abandonné dans le supplément de son ouvrage, et en a compris les espèces parmi les Cleonis. — Des genres plus distincts sont ceux des : Pacaycerus, Gyllh., à antennes très-courtes, épaisses, avec les articles deuxième à huitième trèscourts : massue en fuseau; rostre court, épais, anguleux, inégal, impressionné en dessus : quelques espèces européennes (type, scabrosus, Dej., du midi de la France), et d’autres de la Perse, du cap de Bonne-Espérance, ete. — Cunysaropnus, Germ., une magnifique espèce (splendidus, Fabr.) de la Nouvelle-Hollande. — Preconarmnus, Sch., quatre espèces du même pays que le groupe précédent. — Arexpus, Sch., encore des espèces de la Nouvelle-Hollande. — Lopuorus, Sch., des espèces essenüellement du Chili. — Peroces, Sch., du Brésil. — Caramonus, et Terarorus, Seh., du Cap, ete.
Un genre plus intéressant, en ce qu'il renferme des espèces européennes, tout en en possédant d’autres du cap de Bonne Espérance, est celui des GRONOPS, Sch., à antennes courtes, épaisses, avec le premier article renflé à l'extrémité : massue épaisse, presque globuleuse; jambes droites; cuisses un peu renflées : le type est le G. lunatus, Fabr., à corps noir, couvert d’écailles serrées, d’un gris blanchâtre; se trouve dans toute l'Europe, et n’est pas très-rare dans le midi de la France. — Le genre PLasrorocus, Sch., qui a pour espèce unique le P. costatus, de Cafrerie, s’en rapproche considérablement.
Beaucoup d'espèces, toutes américaines, et ayant quelque rapport de forme avec les Cleonis, essentiellement européens, constituent les quatre genres suivants : — Hyesonorus, Germ., à antennes longues, gréles, avec lu massue très-petite; cuisses renflées; jambes cylindriques, crénelées en dedans : une cinquantaine d'espèces assez grandes, de teintes sombres, et à peu près toutes provenant du Brésil. — Lonnors, Sch., à antennes gréles, avec la massue ovoide; cuisses mutiques, peu renflées; jambes presque droites, très-finement crénelées : une vingtaine d'espèces, de l'Amérique méridionale, un peu plus petites que les précédentes, et de couleurs plus brillantes. — Eunyrogus, Sch., groupe également de l'Amérique du Sud, peu nombreux, et parfois réuni au précédent. — Lisrnoneres, Sch., à antennes gréles, avec les articles turbinés; pattes longues; jambes cylindriques, un peu crénelées : plus de vingt espèces, tant de l'Amérique du Sud que de l'Amérique du Nord. — Les Ruyranosonus, Sch., du Cap, ont encore quelque analogie avec les genres précédents.
On rapporte à la même tribu les genres suivants, entièrement européens ou ayant des représenbats dans cette partie du monde. —ALOPHUS, Sch., à antennes moyennes, avec le premier article en masse atteignant les yeux : massue oblonque, ovalaire; rostre long, cylindrique, un peu renflé vers l'extrémité; pattes assez fortes, avec les jambes cylindriques, légèrement épaissies à l'extrémilé : les antérieures sinueuses; corps ovalaire, oblong, aptère : une dizaine d'espèces, principalement de l'Europe septentrionale et de la Sibérie, mais dont les espèces ont été signalées dans l'Amérique boréale et en Egypte; type, À. &riguttatus, Fabr., noir, avec trois taches blanches sur les élytres; de France. — Byrsopaces, Sch., à antennes très-courtes, épaisses; rostre un peu plus long que la tête; corps oblong, ovalaire : une espèce du Kamtschatka (villosus, Fald.).— Liorucæus, Germ., à antennes longues, très-gréles : massue oblonque, acuminée; rostre court, cylindrique; pattes longues, avec les cuisses renflées et les jambes dilatées et tronquées à l'extrémité; corps ovalaire, assez mou, aptère : une douzaine d'espèces toutes européennes; type, L. nubilis, Fabr., noir, couvert d'écailles serrées, grisâtres; élytres ponetuées et striées, marquées de plusieurs taches brunes; se rencontre auprès de Paris. — Barvnorus, Germ. (Merionus, Meg.), à antennes de qrandewr moyenne, assez grèles : massue ovale; rostre court, épais, presque cylindrique; pattes fortes, avec les jambes munies à l'extrémité d'un petit crochet : une dizaine d’espèces, qui se trouvent principalement sous les pierres dans les hautes montagnes de l'Europe; type, B. mercwrialis, Fabr., noir, arrosé de petites écailles d'un brun cuivreux; habite la France et même nos environs : une espèce (granulatus, Say) est indiquée comme de l'Amérique boréale et des Indes. — Troripuorus, Sch., groupe démembré du précédent, à corps subovalaire, convexe, un peu squameux, de médiocre yrandeur, ete. : quelques espèces surtout de l'Allemagne et de la Hongrie; type, globatus, Herbst. — Mixyors, Sch., à antennes courtes, épaisses; écusson nul; pattes fortes, simples; corps petit, ovalaire, allongé : une dizaine d'espèces de diverses parties de l’Europe; espèce principale, M. carinatus,
tm
Linné, noir, couvert d'une poussière grise; élytres striées, ponctuées, avec des lignes élevées, tuberculées; des environs de Paris.
Les autres senres de Cléonides sont tous exotiques, tels sont ceux des: — Eupuorus, Guérin, des espèces de la Nouvelle-Guinée et d'Amboine. — Gronenus, Sch., près de vingt espères des mêmes pays, de l'Amérique, et dont une (ülætabilis, Sch.) proviendrait du midi de la France. — Srranca-
Liopes, Sch., une espèce chilienne. — Lerrors, Sch., une vingtaine d’espêces de la Nouvelle-Hollande, et dont l’une cependant (tuberculifer, Hope) habite Valparaiso. — Pnypnus, Sch., de la
Nouvelle-Hollande. — Limunus, Klug, de Madagascar. — Caropres, Sch., une espèce (obliquesignatus) de la Nouvelle-Zélande. — Cararionus, Sch., du Cachemyr et des Indes. — Aupnipges, Sch., une espèce (nubilis) de Mexico. — Opoxrormnus, Sch., une espèce de la Perse. — Leprnopnorus, Kirby, une espèce remarquable par son habitat très-septentrional (lineaticollis) de l'Amérique boréale par 65° de latitude. — Eugzepnorus, Gay et Solier, quelques espèces du Chili. — Prreerus, Sch., quelques espèces d’Australasie. — Pauscorus, Sch., une espèce de l'Amérique boréale. —Mx- GALOMETIS, Sch. (Colobus, Chevr.), deux espèces du Ghili. — Errcærus, Sch., plus de vingt espèces du Mexique et de l'Amérique boréale. — Ruyrinoruzæus, Sch., de Madagascar. — Rasracres, Sch., une seule espèce (bituberculatus, Fabricius) du Brésil.
6e tribu, Mozvrines, à rostre très-long, couché, un peu arqué, presque cylindrique, légèrement épaissi dans quelques-uns; pieds mutiques ou armés d'un crochet à l'extrémité; corps ailé ou aptère.
Moins nombreux que les Insectes de la tribu des Cléonides, et ayant avec eux assez de rapports, les Molytides renferment encore d'assez abondantes espèces réparties en une vingtaine de genres. Beaucoup d’entre eux habitent l'Europe, et les autres, qui sont plus rares, se rencontrent surtout en Amérique, en Afrique et en Asie; ils se trouvent tantôt à terre, tantôt, et leplus habituellement, sur les arbres. C'est parmi eux que l’on voit plusieurs des ennemis de nos forêts, principalement de celles des pins. Leur taille est assez grande, et leur forme est allongée, plus ou moins ovalaire; leur système de coloration est loin d’être brillant, et n'offre guère que des teintes assez sombres. Les métamorphoses de plusieurs espèces sont connues. MM. Chapuis et Candèze ont fait connaître les larves du Plinthus caliginosus, Vabr., qui vivent dans le pin, et peuvent être prises pour type de toute la division : leur corps est court, légèrement rétréci en arrière, d'un blanc jaunâtre, et parsemé de quelques poils fauves; la tête est grosse, d’un brun rougeätre; le chaperon très-large, peu allongé; la lèvre supérieure fortement ciliée; les mandibules assez fortes, terminées par une extrémité trèslarge, inégale; mâchoires à lobe dépassant légèrement le premier article du palpe: celui-ci biarticulé; palpes labiaux également de deux articles; premier segment thoracique lisse, jaunâtre supérieurement; pas de pattes. Les transformations de l'Hylobius abietis, Fabr., ont été décrites avec beaucoup de soin par MM. Ratzeburg, Kollar, et surtout Ed. Perris, et Harris a dit quelques mots de celles de l'H. pales, Herbst; les Insectes de ce genre, de même que ceux du genre Pissodes, sur lesquels nous insisterons davantage, causent, à l’état de larve, des dommages considérables à nos forêts de Conifères, et ils peuvent, sous ce rapport, être placés sur la même ligne que les Xylophages; les femelles déposent leurs œufs dans les crevasses et les gercures des arbres, de telle sorte que les jeunes larves atteignent facilement les endroits où circulent les sues végétaux : elles se tiennent sous l’écorce qui recouvre le pied de l'arbre, son collet, ou les premières racines; creusent de vastes galeries flexueuses dans la couche corticale aussi bien que dans la couche ligneuse superficielle et baignée de sucs; quand l’époque de la première transformation s'approche, la larve, placée au fond de sa galerie, accumule de petits fragments de fibres pour en fermer l'entrée, et l’Insecte parfait, pour sortir, ronge circulairement l'écorce qui le sépare de l'air extérieur; quant à l’époque de la ponte, elle est variable, mais, pour le plus grand nombre, elle a lieu au printemps, quoique l’on trouve, à diverses époques, en même temps des Insectes parfaits, des larves adultes et d’autres moins avancées dans leur croissance : malgré cela, il est probable que ces Insectes parcourent toutes les phases de leurs métamorphoses dans le courant d’une seule année. Les larves et les mœurs de plusieurs espèces de Phytonomus ont été décrites : du rumicis, Linné, par de Géer, Latreille, MM. Th. Lacordaire et Goureau; plantaginis, Linné, par de Géer; murinus, Fabr., par Heeger; pollux, Gyllh., et arundinis, Fabr., par M. Boie; et viciæ, Gyllh., par le même auteur, et surtout par M. Ed. Perris, auquel nous devons les meilleurs détails sur les premiers états de ces Insectes. Ces larves vivent
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à ciel découvert sur différents végétaux, dont elles dévorent les feuilles : elles sont couvertes, comme celles de plusieurs autres genres, d’une matière visqueuse, formant une couche mince sur leur corps entier : matière excrétée par un mamelon situé à la partie supérieure du segment terminal, et s'étendant de proche en proche par les mouvements de l'animal. Cette substance visqueuse, destinée à protéger la larve pendant sa croissance, lui sert encore pour fabriquer la coque où elle subira ses transformations. La coque, formée d'un réseau à mailles régulières, ressemble à une gaze grossière ou à du tulle : à l’époque de la métamorphose, la larve se fixe sur une feuille ou à l’aisselle d’un pétiole : alors, se recourbant fortement en arrière, elle saisit avec ses mandibules une gouttelette de matière visqueuse, puis, par des mouvements alternatifs de va-et-vient, elle forme un réseau, dont elle rétrécit successivement les mailles par l'addition de nouveaux fils.
Parmi les genres à corps généralement aptère, quoique cela ne doive pas être pris à la lettre, le principal est celui des MOLYTES, Sch., à antennes courtes, épaisses, avec le premier article n'atteignant pas les yeux : massue oblonque, ovale; rostre long, épais, convexe; corselet oblong; élytres ovalaires; pattes longues, à jambes un peu comprimées; corps épais, dur, ovalaire : ce groupe, formé aux dépens des anciens Rhynchænus et Curculio, ne comprend plus qu'un petit nombre d'espèces, toutes européennes, excepté une (funestus, Oliv.) du Cap; le type est le M. coronatus, Latr., noir, brillant, à élytres un peu tachetées de jaune : de France et de nos environs, où il est rare. — Taysigius, Sch., groupe au moins très-voisin du précédent, et propre à l'Europe orientale.— Axiso- Ruxnenus, Seb., qui peut être réuni aux Molytes, et comprend une dizaine d'espèces en général de l’Europe méridionale. — Lerosoma, Kirby, créé avec quelques Molytes, de l'Allemagne et de la Suisse. — Apexius, ayant pour espèce unique le Cryptorhynchus subterraneus, Dalm. (A. scrabipennis, Sch.), des Alpes de la Suisse.
Le genre PLINTHUS, Germ., se distingue davantage des précédents, surtout par ses antennes de lonqueur ordinaire, fortes, avec une massue courte; son rostre allongé, court, légèrement arqué; ses élytres oblonques; ses pattes moyennes, à cuisses souvent dentées; et son corps oblong, ovalaire : une vingtaine d'espèces, de presque toute l'Europe, mais aussi, d'un côté, de l'Amérique boréale, et, d’un autre, de la Perse; type, P. caliginosus, Fabr., entièrement noir, du midi de la lrance. — On doit en rapprocher les genres suivants: Scorasmus, Sch., et Cycivprommnus, Guérin, qui chacun ne renferment qu’une seule espèce particulière à la Nouvelle-Hollande. — Macrorarsus, Sch., un petit nombre d’espèces des bords de la mer Caspienne, des monts Altaïs et de la Mongolie. — Puyrononus, Sch., groupe nombreux, car il renferme plus de cent espèces, qui sont répandues sur toute la terre, quoique plus communes en Europe que partout ailleurs : chez ces Cureulioniens, les antennes sont de grosseur moyenne, assez gréles : massue ovale; le rostre est deux fois plus long que la tête, un peu arqué; le corps est ovalaire ou oblong : ce sont des Insectes de teintes brunâtres, et dont une assez longue série d'espèces habite nos environs; telles sont les : P. dauci, Oliv., qui se trouve sur la carotte sauvage; polygoni, Linné, qui dévore les Polygonées; rumicis, l'abr., qui se nourrit de l'oseille des champs, etc. — Puocas, Stéphens, groupe européen peu nombreux, démembré du précédent, et qui pourrait facilement y rentrer.— Coniarus, Germ., à antennes avec la massue allongée, étroite; le rostre long, droit, cylindrique; les élytres oblonques; les pattes assez fortes; corps allongé : cinq ou six petites et jolies espèces, surtout du midi de la France, et dont le type est le C. tamarisei, Fabr., de la Provence et de l'Algérie, à corps noir, couvert de pelites écailles d’un beau vert, et à élytres ornées de deux espaces cuivrés, de deux taches obliques blanches et de raies étroites noires; Coléoptère qui nous présente une particularité remarquable dans ses mœurs, comme nous le dirons.
Dans les Molytides, à corps manifestement ailé, on range trois genres importants : LEPYRUS, Germ., à antennes courtes, de grosseur moyenne : massue oblongue, ovalaire; rostre allongé, cylindrique; écusson triangulaire; pattes médiocres, mutiques; corps oblong : cinq ou six espèces de l'Europe et de l'Amérique boréale; type, L. colon, Linné, noir, couvert d’écailles cendrées; élytres avec un point blanc au milieu : se trouve aux environs de Paris. — TANYSPHYRUS, Germ., à antennes assez grèles; pattes longues, avec les jambes cylindriques, munies d'une forte épine en dedans, ete. : une seule espèce (lemnæ, Payk.) de la France, de l'Angleterre, de la Suisse et de l'Allemagne. — HYLOBIUS, Germ., à antennes courtes, épaisses; pattes longues, avec les tarses à avant-dernier article bilobé : vingt à vingt-cinq espèces propres à presque toute l'Europe, surtout
dans les régions du Nord, à l'Amérique, tant au nord qu'au midi, et dont on a même signalé une espèce (guttatus, Sch.) à la Nouvelle-Hollande : plusieurs espèces, comme nous l'avons dit, font beaucoup de mal aux plantations d'arbres verts; parfois, sous des conditions atmosphériques partieulières, ces individus s’y multiplient d’une manière très-considérable, et causent la mort d’un grand nombre d'arbres; d'après cela, on comprend que l’Insecte doit suivre l'arbre qui le nourrit, et que dans le Nord, là où poussent si abondamment les Conifères, les Hylobius doivent être beaucoup plus abondants que dans nos pays tempérés, aux environs de Paris principalement, où leur culture est peu pratiquée; cependant l'espèce du pin, l’H. abietis, Fabr., se rencontre partout en Europe; c'est un Insecte de taille moyenne, à corps d’un noir brunâtre, couvert de poils jaunâtres; à corselet resserré à sa partie antérieure; élytres cancellées et striées, avec les intervalles très-rugueux et des taches couvertes de poils jaunâtres; cette espèce semble être remplacée, dans l'Amérique du Nord, par l'H. pales, Herbst; d’autres espèces, comme l’H. pineti, Fabr., attaquent certains Conifères.
Un dernier genre de cette tribu est celui des Cerurus, Sch., qui ne comprend que le C. torridus, Oliv., du Sénégal.
à ar Fig. 205. — Coniatus tamarisci. Fig. 206. — Lepyrus colon. Fig. 207. — Rhytirhinus informis
Te tribu, Bvrsoprsipes, rostre court, recourbé, recu dans une cavité plus où moins profonde de la poitrine; écusson très-petit ou très-souvent non visible; tarses de la plupart étroits, soyeux.
Cette division, qui ne renferme guère qu'une centaine d'espèces surtout propres à l'Afrique australe, mais dont quelques-unes se rencontrent cependant dans diverses autres parties de l'Afrique, dans le midi de l'Europe, au Caucase, en Asie, et même dans les deux Amériques, ne comprend, d'après Schænberr, qu'une dizaine de coupes génériques, qui pourraient même être réduites à un nombre moins considérable. Ce sont des Insectes de taille moyenne, peu brillants, et dont on ne connait pas encore les habitudes ni les métamorphoses.
Le genre typique est celui des BYRSOPS, Sch. (Cryptops, Sch., olim), à antennes courtes, gréles, avec le premier article n'atteignant pas les yeux : massue grande, un peu ovalaire; élytres rudes émoussées à l'extrémité; pattes fortes, avec les cuisses cylindriques, mutiques, et les jambes droites; corps oblong, épais, tuberculeux, aptère : une trentaine d'espèces propres à la Cafrerie et au cap de Bonne-Espérance; type, bucellarius, Sch., noir, couvert entièrement d'écailles brunes, cendrées. — Ssvrnæcus, Sch., groupe des mêmes pays et peu différent du précédent. —Lrrnovus, Germ., qui s'en distingue davantage, et ne comprend qu'une espèce (humeralis, Say) de l'Amérique du Nord. — Euvaces, Sch., à antennes courtes, épaisses : massue peu sensible; corselet large; pattes à cuisses un peu renflées, jambes légèrement arquées : quelques espèces de l'Afrique australe. — Broruets, Stéph., une espèce peu connue (porcatus, Marsham) probablement de l'Afrique méridionale.
On en rapproche des genres qui ont des représentants en Europe, tels que : — RHYTIRHINES, Sch., à antennes assez gréles, avec le premier article en massue, atteignant les yeux; rostre long, épais, anguleux; pattes courtes, fortes; corps oblonq, épais, dur, inégal, un peu arqué : qui, parmi ses vingt et quelques espèces, pour la plupart de la Cafrerie et du cap de Bonne-Espérance, en renferme une d'Égypte (Lefebrei, Sch.), et deux ou trois d'Espagne et du midi de la France (tel est le R. impressicollis, Dej., de Provence). — Perieces, Sch., une espèce (bardus) du Caucase.
Enfin les derniers genres exclusivement exotiques sont les suivants : —Bonsorocæres, Sch., espéce typique (squalidus) de la Perse. — Srarrecenus, Sch., des espèces du Cap.— Hyrocorosus, Sch., une
vinglaine d'espèces propres à l'Afrique australe. —Errrepus, Sch., une seule espèce (squamifer) de l'intérieur du Brésil.
S° tribu, PuyrLoures, à rostre court, presque horixontal, plus ou moins épais; antennes avec le premier article arqué, plus long que la tête; jambes obtusément anguleuses; corps allongé, scutellé, ailé.
Une douzaine de genres, tous assez peu nombreux en espèces, et propres à toutes les parties du monde, excepté à l’Australasie. Ge sont des Curculioniens de taille moyenne, assez peu remarquables par leurs couleurs souvent uniformes et peu foncées; se trouvant sur les feuilles des arbres et sur les plantes basses, et dont les métamorphoses ne sont pas connues. M. Nœrdlinger dit seulement qu'il pense que la larve du Phyllobius oblongus, Linné, forme des paquets de feuilles sur les rameaux du peuplier du Canada.
Le genre typique et le seul européen est celui des PHYLLOBIUS, Sch., formé principalement avec des espèces anciennement réunies aux Polydrusus; ce sont des Insectes à antennes très longues, gréles ou fortes, avec le premier article atteignant presque le corselet, renflé vers l'extrémité : massue oblongue, arrondie ou ovalaire, acuminée; rostre court, presque cylindrique; yeux latéraux, arrondis, proéminents; corselet presque transversal; écusson triangulaire; élytres très-oblongues, arrondies à l'extrémité; cuisses renflées, offrant souvent une dent à l'extrémité; corps allongé, mou, écailleux, ailé. Une soixantaine d'espèces, qui habitent l'Europe, la Sibérie, les Indes orientales, la Chine boréale, ete.; parmi celles de nos environs, nous citerons les Phyllobius pyri, Linné, à corps noir, couvert de petites écailles étroites, d’un vert soyeux; argentatus, Linné, à écailles arrondies, d’un vert argenté; oblongus, Linné, à corps noir, couvert d'un duvet grisätre; betulæ, Fabr., à corps revêtu de petites écailles verdàtres, ete.
Les autres genres, tous étrangers à l'Europe, sont les suivants : Myzrocerus, Sch., à antennes longues, gréles, avec le premier article plus long que la tôte; cuisses dentées, en massue : une vingtaine d'espèces de Java, de Pondichéry, de la Nubie, de l'Arabie, ete. (type, isabellinus, Sch., de Java). — Arrocenus, Sch., groupe se rapprochant du précédent, et ne comprenant que l'A. rufipes, mdiqué du Brésil, mais provenant probablement des Indes orientales. — Arurasrus, Sch.,
une espèce ({æniatus, Say) de l'Amérique du Nord. — Evsrvcus, Sch. : type, puber, Latr., de Colombie. — Honmorroruus, Sch., une espèce (awreomixtus) de Saint-Domingue. — Sryriseus, Sch.,
une espèce (armatus, Thunb.) du cap de Bonne-Espérance. — Arnines, Sch., groupe très-voisin des Phyllobies, mais ne présentant pas de sillons antennaïres comme ces derniers; une espèce de Java (postumus), et une autre du Bengale (lanquidus). — Macnors, Kirby, des espèces de l'Amérique boréale. — Cyrucerus, Sch., groupe du Bengale. — Prarvrracuezus, Seh., voisin des Myllocères, et dont l’espèce typique provient de Siam. — Awszvrmnus, Sch., de Tranquebar.
9 tribu, Cycrownes, à rostre court, plus où moins épais, horixontal ou recourbé; antennes avec le premier article droit, moins long que la tête; jambes presque toujours arrondies, parfois obtuses; corps presque arrondi, aptère.
Assez nombreux en espèces, les Gyclomides renferment près de cinquante genres, répandus dans toutes les régions du globe, et ayant beaucoup de représentants en Europe. Ce sont des Insectes de taille moyenne ou petite, leurs couleurs sont souvent assez belles, surtout chez les espèces exotiques. Leurs babitudes sont peu connues, et, comme un grand nombre de Gurculioniens, on les rencontre à l’état parfait au pied des arbres et sur les feuilles; il est probable que leurs larves, non décrites jusqu ici, se nourrissent de racines.
Le genre qui a donné son nom à la division est celui des CYCLOMUS, Sch., à antennes longues, gréles, avec le premier article conique; tarses longs, étroits, et qui ne renferme qu’un nombre assez restreint d'espèces qui habitent le cap de Bonne-Espérance : type simus, Wiedmann.
Une longue série de genres étrangers à l’Europe sont rangés auprès de celui-ci, tels sont les : Auvcrerus, Dalm., à antennes avec le premier article renflé; pattes courtes, avec les tarses étroits, canaliculés en dessous : une soixantaine de belles espèces, toutes propres à la Nouvelle-Hollande, remarquables par leur magnifique coloration, et parmi lesquelles nous ne nommerons que l'A. mirabilis, Boisd.; Mac Leay en a distingué un genre Phalidura.— Roruynoruyneuus, Germ., une espèce
(lascivus), également australasienne. — Occycorracuezus, Sch.. une espèce, l'£remnus rugicollis, Chevr. (0. aciculaticollis, Sch.), du Cap. — Erisomus, Sch., à cuisses renflées; tarses à avant-dernier articie élargi: une douzaine d'espèces des Indes orientales, de Java, du cap de Bonne-Espérance. — ScoræBorus, Sch., une espèce (murinus) de Rio de la Plata. — Cararazus, Sch., formé avec le Lagostomus Madagascariensis, Dej. — Busromus, Sch., des espèces de Cafrerie, — Hanro- Runus, Sch., de l'Afrique australe. — Porracus, Sch., du Cap.
Des genres européens ou des contrées asiatiques voisines de ce continent ainsi que de l'Afrique viennent ensuite dans l’ordre sérial. Ce sont les: TRACHYPHLÆUS, Germ., à antennes courtes, épaisses, avec le premier article très-gros; écusson nul; élytres grandes, ovalaires; corps ovale, aptère, peu convexe : une vingtaine d'espèces pour la plupart européennes, mais dont quelquesunes proviennent du Cap (type, T. scabricusculus, Linné, de France), et dont on doit rapprocher les Porpacus, Sch., du Cap, les Payxeus, Sch., de l'Amérique boréale, et peut-être les Procnus, Sch., plus nombreux, et surtout propres aux régions transcaucasiennes. — Caruormiocerus, Sch., ayant pour type le Trachyphlæus horrens, Fabr., d'Espagne, auquel on doit associer le C. socius, Sch., d'Angleterre. — OMIAS, Sch., à antennes longues, gréles, avec le premier article long, renflé à l'extrémité : massue oblongue, ovale; rostre court; élytres grandes, ovales; pattes assex fortes; corps court, souvent arrondi, aptère : une quarantaine d'espèces surtout propres aux régions septentrionales et orientales de l'Europe; type, 0. seminolum, Fabr., à corps petit, d'un noir bronzé, obseur en dessus, avec un duvet cendré et avec de petites écailles vert doré en dessous : habite la Hongrie et l'Allemagne, mais y est rare, de même que ses congénères; on en rapproche au moins beaucoup les My- Laous, Bohem. (murinus, de Sibérie), et les Sromones, Sch. (quelques espèces de Dalmatie, de Constantinople, ete.). — PERITELLUS, Germ., à antennes longues, avec le premier article cylindrique; rostre assez épais; écusson nul; élytres grandes, ovalaires, convexes; pattes fortes; corps ovalaireécailleux, aptère : une quinzaine d’espèces des diverses parties de l'Europe, de l'Amérique boréale, etc.; type, P. griseus, Oliv., à corps petit, couvert d'écailles brunes, blanches et grises : se trouve en France; en sont voisins les : Laraceres, Sch., du Cap; Losrronus, Sch., une espèce (verecundus) également du Cap; Crapevrerus, Sch., une espèce (lepidopterus) de Cafrerie; Aowvs, Sch., une espèce de la Perse orientale; Purxemmus et Pycroperes, Sch., une vingtaine d'espèces surtout du Cap; Cercoreus, Sch., une espèce de l'Amérique boréale (chrysorhæus), etc.
D'autres genres qui s’éloignent davantage des Omias, pour se rapprocher par la forme des Otiorhynchus, et qui tous sont propres au cap de Bonne-Espérance ou à l'Afrique australe, souvent nombreux en espèces, sont ceux des : Prezoneres, Cosmonmnus, SymrrezonuyNcuus, ELLIMENISTES, Cxeziseus, PHaycoseriNruus, Scogius, Enemnus, Sch., ete. — Un genre, Hoccormus, est propre à l'AIgérie, ete.
Enfin les derniers genres sont particuliers à presque toutes les parties du monde. — LaparocErus, Sch., quelques espèces portugaises ou des îles Ténériffe. — Puoricones, Sch., quelques espèces du Caucase, de la Perse et de la Syrie. —Erprpmaneus, Sch., une espèce (malachiticus) de l'Asie Mineure. — Cuiconeus, Sch., ayant pour type le C. Siculus. — Acanruorracuezus, Sch., une espèce des Indes orientales. — Ervrrunus, Boisduval, deux espèces (Lapeirousei et cinctus) de Vanikoro. — Pyrcors, Sch.,une espèce (inops) des îles Philippines. — Spuæroprerus, Guérin (Isomerinus et Piezomatus, Sch.), des espèces de la Nouvelle-Guinée, des Gélèbes, ete. —Crereuraeres, Sch. (Sphæromus, Sch.), de l'Océanie. — Paroræus, Sch., ne renfermant que le cervicus, de la Nouvelle-Hollande. —Mrenimueres, Sch., du même pays (uniformis) que le précédent.— Psoneses, Guérin, de Taïti et de l'Australie, etc.
406 tribu, OrronayNenmes, à rostre très-court, épais, presque horixontal, renflé à l'extrémité, plan en dessus; corps plus où moins arrondi, ailé ou privé d'ailes; pattes assez fortes, courtes.
Les Otiorhynchides sont assez nombreux en espèces, mais n’ont cependant pas été répartis en une grande quantité de genres, car Schænherr n’en indique que onze. On en trouve partout, mais surtout en Europe; ce sont des Insectes de taille moyenne, à corps souvent arrondi, lourds dans leurs mouvements, se trouvant habituellement à terre, et dont le système de coloration est en général uniforme, noirâtre ou grisâtre. L'histoire de leurs métamorphoses est à peine ébauchée, mais il semble que leurs larves sont rhyzophages : c'est ainsi que celles de l'Otiorhynchus sulcatus, Sch , ont été trou-
vées par M. Bouché dans les racines de diverses plantes, telles que celles des Saxifraga et Trollus, ete., dont eles se nourrissent et que l’entomologiste que nous avons cité a constaté qu’elles passaient l'hiver en terre et qu’elles ne se transformaient en Insecte parfait qu'au printemps : M. Westwood dit également qu'il a pris les mêmes larves au mois de décembre dans les racines d'un Sedum. Enfin M. Ratzeburg rapporte que l'Otiorhynchus ater, Herbst, vit sur les pins dans les ‘ forêts des montagnes, et que sa larve se rencontre en terre et vit probablement aux dépens des racines de ces arbres
Er FR
Fig. 208. — Otiorhynchus ligustrici. Fig. 209. — Lixus vittiger. Fig. 210, — Tylodes plinioides.
Le genre qui renferme presque toutes les espèces de la tribu est celui des OTIORHYNQUES, Otiorhynchus, Seh., auquel on donne, d'après Germar, la dénomination de Pachygaster, et, d'après Latreille, celle de Brachyrhinus. On assigne à ces Insectes les caractères suivants : antennes longues, assez grêles, à premier article dépassant les yeux, les deux premiers articles du funicule longs, coniques : massue ovalaire, pointue; rostre renflé, dilaté à l'extrémité; yeux arrondis; corselet convexe en dessus, arrondi sur les côtés; écusson petit, triangulaire; élytres ovalaires, un peu oblongues, soudées; pattes assex fortes; cuisses renflées; jambes légèrement comprimées, les antérieures crénelées et munies d'une épine à l'extrémité; tarses spongieux en dessous, à deux premiers articles trigones, l’'avant-dernier élargi, bilobé, corps ovalaire, aptère. Ge genre, l’un des plus homogènes de toute la famille des Curculioniens, renferme près de trois cents espèces particulières à soute l'Europe, à la Sibérie, à l'Orient et à l'Afrique septentrionale. Ces espèces sont toutes de taille moyenne, quoique quelques-unes d’entre elles soient assez petites : leurs couleurs sont sombres, uniiormes, souvent semblables, ce qui rend la caractéristique spécifique assez difficile; ils sont lourds, et se trouvent sur le sol, sous les pierres et autres abris, au pied des arbres, ete. Quelques particularités secondaires tirées de la grandeur relative des articles antennaires, de la conformation des jambes, ete., permettent de former quelques subdivisions dans ce genre nombreux. Nous ne citerons que quelques-unes des espèces que l’on rencontre dans les environs de Paris, et qui ne sont pas rares dans toute l'Europe; 0. ligustici, Linné, corps noir, couvert de petites écailles grises; élytres rabotteuses, ponctuées, striées près du bord; sulcatus, Fabr., corps noir; élgtres noires, avec des stries élevées et crénelées et présentant trois lignes alternes noires et jaunes, et des points formés par des poils ferrugineux; ovatus, Linné, à corps court, ovale, noir, couvert d’un léger duvet gris; picipes, Fabr., à corps ovale, brunâtre; pattes d’un brun roussâtre; niger, Fabr., à corps d’un noir brillant, duvetueux, ete.
Les autres genres sont ceux des: Tyconeres, Sch., parfois réuni aux Otiorhynchus, renfermant trois espèces de Styrie et d'Autriche, et une (spinosus, Boisd.) de la Nouvelle-Hollande, et qui, plus complétement étudiée, devra être le type d’une coupe générique particulière. — Enenirges, Sch., groupe formé avec quelques espèces de Cafrerie. — Sirevres, Sch., quatre espèces du cap de Bonne- Espérance. — Acrapuus, Sch., une espèce, le Peritellus bellicus, Say, de l'Amérique du Nord. — CATERGUS, Sch., une espèce du Cap. —Garerecrus, Sch., une espèce (granicollis) de Cafrerie, et une autre (insularis) de Printz, l'une des îles des Indes orientales. — Ecvrronon, Sch., à cuisses renflées, dentées; jambes comprimées, mutiques : de la Hongrie, du mont Taurus et de l'Europe méridionale (inermis). — Nasrus, Sch., une espèce d'Espagne, et une du Caucase. — HypHanrus,
Germ., à suisses renflées, denticulées; jambes antérieures denticulées, courbées, et terminées par une forte pointe : trois espèces propres au Brésil. — Pavroscaruus, Sch., à jambes antérieures prolongées en dedans et vers le milieu en une pointe crochue : une dizaine d'espèces du Bengale, de Siam, des iles Philippines, ete. — Cuzæmus, Sch., quelques espèces de Sibérie et du Caucase.
2 section, Raynenænines, à rostre cylindrique; antennes insérées vers le milieu du rostre, avec le premier article long, soudées après ce premier article : de onxe ou douxe articles, avec la massue de quatre.
11e tribu, Enrmines, à pattes antérieures r'approchées à leur base.
Cette tribu est l’une des plus nombreuses de la famille; elle renferme de douze à quinze cents espêces, qui sont placées dans une centaine de genres. Celles-ci ont le corps assez allongé, parfois presque filiforme, mais le plus habituellement plus ou moins ovalaire : elles sont noires ou assez sombres, mais très-souvent entièrement recouvertes d’une poussière parfois brillante, pouvant se renouveler pendant la vie de l'animal, sur la nature de laquelle on est loin d'être d'accord, et qui semble avoir quelque analogie avec cette substance pulvérulente que l’on remarque sur les fruits bien frais. On rencontre des Érirhinides dans toutes les parties du monde, et ils sont principalement abondants dans nos pays tempérés, où leur taille est médiocre, tandis qu'elle est plus considérable pour les espèces qui habitent les contrées méridionales. C’est au pied des arbres, sous les écorces ou les feuilles des végétaux, sur le sol, ete., qu’on prend habituellement ces Insectes.
Les métamorphoses d'un grand nombre d'espèces d’Erirhinides, se rapportant à une quinzaine de geures, ont été décrites, et nous en dirons quelques mots dans nos articles génériques; car nous ne présenterons actuellement que quelques généralités. La larve du Larinus maurus, observée par MM. Chapuis et Candèze, auxquels nous empruntons ce qui va suivre, larve que nous prendrons pour type de toutes celles de la division, est d’un blanc jaunâtre, avec la tête brune, de forme raceourcie, à extrémité obtuse et assez fortement courbée sur elle-même; comme la plupart des autres, elle habite les fleurs de la famille des Composées, et se trouve particulièrement dans les capitules du Buphthalmum spinosum; la tête est assez grosse, arrondie, parsemée de quelques poils roussâtres, fortement impressionnée dans son milieu; le chaperon et la lèvre supérieure sont étroits, transversalement quadrangulaires; les antennes sont représentées par un tubercule mousse, semblant biarticulé; les mandibules sont fortes, un peu arquées, obtusément bidentées à l’extrémité; les mächoires, à pièce basilaire assez longue, portent un palpe de deux articles presque égaux en longueur; la lèvre inférieure a le menton développé, les pièces palpigères séparées par un profond sillon médian, les palpes labiaux biarticulés et la languette très-courte, grêle; les segments thoraciques sont plus grands que les abdominaux; le corselet ou prothorax plus développé, plus bombé que les autres, recouvert par des téguments d'apparence cornée et portant de chaque côté un gros point enfoncé; les deux autres formant des bourrelets transversaux; les segments abdominaux sont un peu rétrécis dans leur ensemble, avec les postérieurs légèrement déprimés; tous les segments, aussi bien les thoraciques que les abdominaux, sont recouverts de petites soies roides, nombreuses, dirigées en arrière et entremêlées, surtout postérieurement et sur les parties latérales, de longs poils jaunâtres, en dessous les segments sont simples et munis latéralement, de chaque côté, de bourrelets charnus, dont les externes sont les plus marqués; les stigmates sont normaux : la première paire située dans le sillon qui sépare le corselet du segment suivant ou mésothorax, et les autres sur les huit premiers segments abdominaux, au-dessus des tubercules latéraux. — D’après ce que nous venons de dire, on voit que certaines larves d’Erürhinides vivent dans l'intérieur des fleurs; d’autres, en grand nombre, se trouvent dans les tiges de diverses plantes herbacées et en dévorent la moelle; il en est qui se nourrissent des racines des plantes, et enfin, une certaine quantité d’autres, principalement les Pissodes pénètrent sous les écorces et dans l’intérieur même du bois des arbres, surtout des Conifères, et causent aux arbres verts des dommages très-considérables, ainsi que nous aurons occasion de le dire.
* En abordant l’histoire descriptive des genres nombreux de la tribu des Érirhinides, nous devons dire que nous ne nous étendrons que sur les plus connus, et que nous chercherons à grouper auprès d’eux ceux qui le sont moins, et qui, pour la plupart, n’appartiennent pas à l'Europe
Le genre typique est celui des LIXUS, Fabr., à antennes, courtes, gréles; le funicule de sept articles : les deux premiers longs, coniques, les troisième à septième courts, tronqués à l'extrémité, et le septième épais, serré contre la massue; celle-ci obconïque, fusiforme; rostre allongé, épais, eylindrique, habituellement presque droit; mandibules larges, arquées, pectinées intérieurement; très-velues; lèvre cornée, carrée, un peu transversale, entière; menton étroit; palpes très-petits; corselet oblong, conique, bisinué en arrière; écusson petit, triangulaire; élytres allongées, cylindriques, quelquefois terminées en pointes aiguës; pattes qréles; tarses allongés, spongieux en dessous, à œvant-dernier article cordiforme, bilobé; corps allongé, cylindrique, dur, ailé, souvent farineux. Les Lixvus sont des Curculioniens de taille moyenne, de couleurs souvent sombres, et, plus rarement, assez vives, et qui sont remarquables par leur forme allongée, cylindrique dans Ja grande majorité des cas. On en connaît au moins deux cents espèces qui sont répandues en Europe en Asie et en Afrique : on n'en a pas trouvé jusqu ici en Amérique ni en Océanie. À leur état parfait, leurs habitudes ont été peu observées; on les rencontre sur les plantes et aux pieds des arbres : c'est parmi eux que l’on remarque surtout cette efflorescence dont nous avons parlé, et qui couvre presque toutes les parties de leur corps. Leurs transformations sont assez bien connues, et c’est principalement dans les Ombellifères qu’elles ont lieu, quoique cela ne soit pas général, car certaines larves attaquent les Malvacées, et d’autres vivent dans les tiges de la fève de marais et en occasionnent la dessiccation et la perte. Linné, de Géer, Herbst, Latreille, MM. Westwood et,Dieckhoff, ont étudié les larves du Livus paraplecticus, qui se trouvent principalement dans les tiges du Phellandrium aquaticum, et qui ont été constatées dans celles du Sium latifolium; ces larves, qui se comportent à peu près comme toutes celles du genre, dévorent la moelle du Phellandrium, et se tiennent dans les grosses tiges près du collet de la plante, au-dessous du niveau des eaux; elles sont placées la tête en haut, et c'est dans cette position qu'elles subissent leurs métamorphoses; l’Insecte parfait quitte sa retraite en automne, en perçant dans la tige une ouverture ovalaire à un niveau supérieur à celui des eaux. Les larves du L. turbatus, Gyllh., se trouvent, selon M. Guérin- Méneville, dans les tiges de la ciguë, et d’après Eversman, dans celle de l’Angelica archangelica. Rosenbhauer a vu les larves du L. junci, Dabhl., dans une espèce de Beta; M. Dieckhoff a observé les larves du D. bardanæ, Liegl., dans les tiges du Rumeæ hydrolapathum; et celles du fiiformis dans les tiges de divers chardons. Passerini a signalé le L. octolineatus, Oliv., comme nuisible aux choux. M. Schmidt rapporte que la larve du L. gemellatus, Gylh., se trouve dans la Cicutu virosa, et rapporte que sa nymphe est attaquée par une petite Araignée. Enfin M. Ed. Perris a décrit avee soin les transformations du L. angustatus, Fabr.; les femelles percent la tige des Malvacées au moyen de leur rostre, et déposent un œuf dans l’ouverture qu’elles ont pratiquée; les larves éclosent bientôt, et ce qu'il y a de remarquable, c’est que la même tige peut en contenir trois ou quatre, contrairement à ce qui a lieu pour les autres espèces du même groupe.—Comme espèces typiques, nous nous bornerons à indiquer les deux espèces suivantes, qui se trouvent dans une grande partie de l'Europe, et se rencontrent parfois auprès de Paris : Lixus paraplecticus, Fabr., à corps étroit, noir, couvert d'un duvet grisètre, et d’une poussière jaune verdâtre; corselet allongé, un peu canaliculé, trés-légèrement chagriné; élytres ponctuées, striées, terminées par une longue pointe aiguë, déhiscentes; L. miagri, Oliv., à corps noirâtre; tête finement chagrinée, ayant un peu de duvet blanchâtre; corselet fortement ponctué, avec, de chaque côté, une ligne blanche formée par des points très-courts; élytres noires, ayant des points enfoncés rangés en séries longitudinales, et un fin duvet blanchâtre plus serré sur les côtés qu'en dessus; pattes et abdomen également couverts d’un duvet de la même couleur; une autre espèce, qui se rencontre principalement dans le midi de la France, est le L. turbatus, Gyllh., à corps un peu plus large que celui des précédents, noir, couvert d’un duvet cendré; corselet plus court, presque conique, plus ponctué et plus chagriné; élytres ponetuées et striées, à extrémité assez courte, peu pointue, etc. — Deux genres voisins de celui des Lixus, sont ceux des : Pacuozenus, Sch., deux espèces du Brésil, et Bracuypus, Sch., une seule espèce (lixoides), dont on ne connaît pas la patrie. :
Un groupe anciennement confondu avec celui des Lixes, et que Germar réunissait à ses Rhinobatus, et Fabricius à ses Rhynchænus, est le genre LARINUS, Schüppel, à antennes courtes, avec les deux premiers articles longs, coniques; cuisses renflées; corps un peu ovalaire, ailé, souvent tomenteux, plus habituellement couvert d'écailles de grandeur médiocre ou assez grandes : environ
Fig. 1. — Eugnoristes monachus Fig. 2. — Diaprepes amanua
Fig. 3. — Rhinolacus formicarus
Fig. 4 — Mecopus trilineatus
quatre-vingts espèces de l'Europe méridionale, de la Perse, de presque tout l'Orient et de l'Afrique, tant septentrionale qu’australe; ce sont d'assez jolis Insectes, dont MM. Chapuis et Candèze ont indiqué les larves de deux espèces : les Larinus maculosus, Besser, qui vivent dans le réceptacle de l'Echinops ritro et ‘du maurus, Oliv., qui ont été trouvées à Montpellier dans les capitules du Buphthalmum spinosum, et dont nous avons donné la description dans nos généralités sur la tribu : sous leur premier état, ces deux Insectes, ce qui peut probablement s'appliquer à toutes les espèces du genre, vivent dans la partie féculente du réceptacle des fleurs de la famille des Composées; à l’époque de la première transformation, la larve se construit une coque brunâtre, assez résistante, et formée de fibriles végétales agglutinées par le produit d'une sécrétion; on ignore combien de temps durent les deux états de larve et de nymphe, mais on sait que l'Insecte parfait se montre pendant les mois d'août et de septembre. Comme type, nous décrirons brièvement le L. cynaræ, Fabr., à corps oblong, ovalaire, noir, couvert d'un duvet par bouquets de couleurs grise et verdâtre, qui habite toute la France, et se trouve, quoique rarement, auprès de Paris. Nous donnons, pl. XXX, fig. 1,le L. longirostris, et pl. XXIL, fig. 5, le L. maculatus. — On y réunit parfois les ILeonus, Sch., qui renferment une espèce du Caucase (pacatus, Sch.), et quelques autres de l'Amérique méridionale; les Raynocyzzus, Germ., à antennes trés-courtes, épaisses, formées d'articles transversaux, un peu perfoliées, allant en s’épaississant; corps oblong, ailé : quelques espèces, surtout de l’Europe méridionale; le type est le R. latirostris, Latr., sur lequel M. Goureau a donné quelques détails de mœurs : d’après lui, la femelle dépose ses œufs au moment où le calice commun des fleurs du Carduus nutans, sur lequel se trouve ce Curculionien, est ouvert et les fleurons non encore épanouis; la ponte a lieu vers le centre du réceptacle, dans le point où s'élèvent cinq à six cellules séminifères plus dures et de couleur foncée; de là, les jeunes larves pénètrent dans la substance charnue du capiule, et s'y creusent une loge, tout en se nourrissant; quand l’époque de la transformation arrive, la larve ferme sa demeure en dégorgeant une malière noirâtre, dont elle enduit également les parois de sa retraite, et les Insectes parfaits, comme les Larinus, se montrent vers la fin de l'été.
Viennent ensuite des genres exotiques : Heictpus, Germ., à antennes médiocres, avec les deux premiers articles coniques; cuisses dentelées; jambes munies d'une forte pointe à l'extrémité : groupe très-nombreux, car il renferme près de deux cents espèces, toutes propres à l'Amérique du Sud, assez grandes, parées parfois de jolies couleurs, et à corps oblong, dur, ailé; type, H. lactarus, Germ., du Brésil. — Ceraropus, Sch., qui diffère peu du précédent, et ne comprend qu'une espèce (bisignatus, Ghevr.) de Mexico. — Aczees, Sch., une espèce (cribratus, Dej.) de Bornéo. —
. Euvocruus, Sch., une espèce de Amérique boréale. — Nerpnors, Sch., une espèce du Brésil (calca-
ratus, Chevr.), et une du cap de Bonne-Espérance (guttatus, Oliv.). — SreREMNIUS, ORTHORHINUS, Tranes et Prenoporus, Sch., exclusivement propres à la Nouvelle-Hollande. — Irmeus, Sch., renfer mant aussi une espèce du même pays et une autre brésilienne. — Auaracrus, Sch., de Cayenne. — Aonus, Sch., une espèce (spadiceus) de l'Afrique australe. — Paramecors, Sch., du Bengale et des Indes orientales.
C'est ici que l’on range le genre PISSODES, Germ , à antennes courtes, assex fortes, avec le funicule de sept articles, le premier conique et les autres plus courts, tronqués à l'extrémité, allant en grossissant : massue ovalaire; rostre allongé, arqué, presque cylindrique, gréle; corselet rétréci en avant; écusson arrondi; élytres oblongues, calleuses en arrière, à angles huméraux obtus; pattes fortes; jambes armées à l'extrémité d'un onglet fort; tarses spongieux en dessous, à avant-dernier article bilobé et dernier renflé. Ces Insectes, dont le corps est oblong, dur, ailé, parsemé d’écaille.se trouvent dans toute l'Europe, mais sont surtout communs dans les bois d'arbres verts des partics septentrionales et de la Sibérie. On en décrit une dizaine, dont le type est le P. pini, Linné, à corps d'un roux brunâtre, entièrement recouvert d’écailles pâles, et à élytres ponctuées et striées, avec les points du milieu plus grands, et ornées de deux taches couvertes d’écailles pàles, se trouve dans presque toute la France, et a été pris au bois de Boulogne, près Paris. Plusieurs espèces de Pissodes ont été étudiées sous le point de vue métamorphosique, les larves ont les mêmes mœurs que celles des Hylobius, et vivent sous les écorces de plusieurs espèces d’arbres, notamment de la famille des Conifères; le P. notatus, Herbst, a été étudié sous ce rapport par MM. Ratzeburg, Kollar et Ed. Perris; le P. strobi, Say, par MM. Peck et Harris; le P. piceæ, Illiger, par MM. Heer et Ratzeburg; le P. hercyniæ, Herbst, par M. Ratzeburg, et le P. pini, Linné, par le même auteur, ainsi que par
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M. Goureau. Ces larves font beaucoup de mal aux Conifères, et causent la mort d’un grand nombre de ces arbres; ce que l’on comprend facilement lorsqu'on observe qu’elles sont très-voraces, et qu'elles dévorent pendant près d'un an l'arbre qui leur sert de nourriture. C'est dans les ouvrages de MM. Ratzeburg et Ed. Perris que l’on trouvera de grands détails à ce sujet. — Un genre voisin des Pissodes, et qu'on y réunit parfois, est celui des Taamnopmuus, Sch., ou Macparnus, Germ., à antennes de lonqueur moyenne, arquées, mais non brisées, avec la massue ovalaire, pointue, et à corps allongé, cylindrique, ailé. On décrit une trentaine d'espèces de ce genre, et on les trouve dans toute l'Europe, principalement dans les parties septentrionales asiatiques, ainsi que dans l'Amérique du Nord. Elles ont à peu près les mêmes mœurs que les Pissodes : c'est ainsi que M. Ed. Perris a fait connaître complétement les métamorphoses du T. carbonarius, Fabr., qui vit aux dépens du pin maritime; la femelle pond ses œufs, en mai et en juin, sur les branches: mortes des Conifères ou sur les parties des jeunes arbres morts ou mourants qui ont de un à trois centimêtresde diamètre : elle fait pénétrer son rostre de toute sa longueur dans le bois, puis, introduisant dans le trou son oviducte, elle y fait glisser un œuf; dès sa naissance, la larve pénètre jusqu’à la moelle, et c'est là qu’elle passera sa vie, car elle se nourrit exclusivement de cette partie du végétal; il paraît cependant que cette substance ne lui offre pas de grandes ressources alimentaires, car elle parcourt, avant d'être adulte, le canal médullaire sur une longueur de trente à cinquante centimètres; dès la mi-janvier, et au plus tard à la fin de février, les larves se préparent une loge pour leur métamorphose en nymphe, et se creusent une longue galerie, d’où l'Insecte parfait s'échappe au printemps en percant une mince cloison qui le sépare de l'air extérieur; M. Ratzeburg a dit quelques mots des larves du T. violaceus, Linné, qui se trouvent dans le sapin, dont elles mangent la moelle. Ce T. violaceus, à corps d’un noir bleutre, se trouve dans presque toute l'Europe, et a été signalé auprès de Paris; il en est à peu près de même des T. stygias, Gyllh., et pruni, Linné, qui sont entièrement noirs.
, Schœænherr place entre les genres précédents et celui des Erirhines les groupes qui suivent, tous très-peu nombreux en espèces, et fondés par lui pour la plupart: Corcarus, du Cap.— Cnemmoruorus, de Rio-Janeiro. — Pireornorus, de l'intérieur du Brésil. — Auvares, de l'Amérique méridionale. — Laccornocrus, de Mexico. — Preracanruus, Dej., de l'Amérique méridionale. — Hypsecus, teichenbach, du même pays. — Eurecaus, de Madagascar. — Payropmius, de Manille et de Cafrerie. Le genre Entmunus, Sch., est plus connu, et renferme une soixantaine d'espèces, de taille moyenne ou petite, surtout répandues dans les diverses parties de l’Europe, principalement dans les régions méridionales et septentrionales, et dont on a trouvé quelques représentants dans l’Amérique, au cap de Bonne-Espérance, ete. Ces Insectes ont pour caractères : antennes longues; funicule de sept articles; massue oblonque, ovalaire; rostre allongé, cylindrique, arqué, souvent presque filiforme; corselet rétréci en avant, tronqué aux bords antérieurs et postérieurs, lobé vers les yeux; élytres oblongues, souvent calleuses en arrière, à angles huméraux obtus; pattes de longueur moyenne, à jambes souvent droites : antérieures armées d'une petite épine à l'extrémité; tarses spongieux en dessous; corps oblong, ailé. Ce sont en général d’assez jolis Insectes, remarquables par leur long bee, et dont le corps est oblong, ailé, non écailleux, et que l’on rencontre habituellement aux pieds des arbres. On les subdivise parfois en deux groupes : Erirhinus, à fémurs non dentelés, et Dorytomus, à fémurs dentelés. Comme type, nous nommerons les £. vorax, Fabr.; acridulus, Linné, et scirpi, que l'on prend dans les environs de Paris. Leurs métamorphoses sont très-peu connues; M. Boié dit que la larve de l'E. festucæ, Herbst, vit dans les tiges du Scirpus lacustris, dont elle ronge la moelle, et il est probable que celles des autres espèces se comportent de la même manière. Le genre Gririnius, Sch., est souvent réuni au précédent, et ne s’en distingue que par son corps écailleux; le type est le G. equiseti, Fabr., que l'on rencontre sur la prêle dans presque toute l'Europe. — Des genres exotiques ou indigènes, beaucoup moins connus, sont ceux des : Puyrorrsrs, Dej., et Penesres, Sch., de l'Amérique méridionale. — Hypnoxonis, Sch., qui ne comprend que l'H. alismatis, Marsh., de la Suisse, de l'Allemagne, de la Finlande, de l'Angleterre et de la Sibérie.—Nomones, Sch., quelques espèces de l'Amérique boréale. — Bracuyramus, Germ., deux espèces de l'Amérique septentrionale. — Erxescncz, Meg, des espèces de l'Europe et de la Nouvelle-Hollande. — Liexvones, Sch., ayant pour type le L. enucleator, Panz., de l'Allemagne et de la France, et une espèce du Brésil.— OPnrnazmosonus, Sch , qui ne renferme qu'une espèce, l’Anthobium testaceum,
de l'Amérique méridionale. — Payzcorrox, Sch., de ? Amérique du Sud et des iles voisines de ce continent. — Minyrus, Sch., une espèce de Manille. — Larmipuronus ou Aneca, Sch., une espèce de Java. — Bracnonyx, Sch., qui ne comprend que le seul Rhynchænus indigena, Herbst, commun dans l'Europe boréale, et dont Ratzeburg a étudié les mœurs; la larve est mineuse des feuilles aciculées des Conifères; en examinant, au mois de mai, les nouvelles pousses de ces arbres, et spécialement des pins, on trouve ces feuilles accolées deux à deux par leurs faces internes, roulées en spirale l’une sur l’autre, et renfermées à leur base dans une gaine membraneuse; c’est à la face interne de la base d’une feuille que l'Insecte dépose ses œufs; après l’éclosion, la larve creuse une galerie de quelques millimètres dans le parenchyme, y subit par la suite ses transformations, et l'Insecte parfait sort vers la fin de l'été; on reconnait facilement les feuilles qui recèlent ces larves à l'arrêt qu'a subi leur développement : les deux folioles sont moins longues, restent accolées l’une avec l’autre et ne se séparent pas, comme cela a lieu dans l’état normal. — Branyrarus, Germ., une espèce (Creutxeri, Meg.) de l'Europe intermédiaire. — Permecerrus, Sch., une espèce (scalptus) de l'Himalaya.— Orinocernazus, Chevr., une vingtaine d'espèces du Mexique et de l'Amérique méridionale. — Eroniseus, Sch., quelques espèces du Brésil et de Java. — Toxopnorus ou Toxeurus, Sch., de l'Amérique du Sud. — Racnioves, Sch., une espèce (spinicollis, Hope) de la Nouvelle-Hollande.
L'un des genres principaux de la tribu est celui des ANTHONOMUS, Germ., à antennes longues, gréles : funicule avec les deux premiers articles basilaires longs, les autres courts; massue allongée, étroite; rostre long, gréle, filiforme; corselet conique; écusson un peu oblong, élevé; élytres grandes, oblongues, convexes; pattes grandes; corps ovaluire, convexe, ailé. On décrit une soixantaine d'espèces de ce genre, propre surtout à l'Europe, mais que l’on a signalées également en Amérique et en Asie : toutes sont assez petites, de couleurs sombres, et nuisent, à leurs premiers états, à plusieurs végétaux, et surtout à nos arbres à fruits. L’A. pomorum, Sch., étudié successivement sous ce point de vue par Frisch, Lyonnet, MM. Bouché, Ratzeburg, Kollar et Nœrdlinger, fait quelquefois un tort considérable aux pommiers; ces Insectes hivernent sous les feuilles, sous les écorces, et, dès les premiers jours de chaleur, quittent leurs retraites pour gagner les rameaux des arbres fruitiers; après l’accouplement, la femelle perfore de son rostre un bourgeon encore clos, mais fertile, et y dépose un œuf; ce bourgeon ne tarde pas à s'épanouir, et la jeune larve se trouve dans la fleur, dont elle dévore rapidement les étamines, le pistil et l'ovaire; quand elle est adulte, elle relie le” pétales les uns aux autres et s’en forme ainsi une cellule, où auront lieu les dernières transformations; après un mois environ, l’Insecte parfait est développé. Les larves de plusieurs espèces ont été étudiéesa: celles de l'A. pyri, par M. Kollar; celles des À. druparum, Linné, et incurvus, Oliv., par Ratzeburg; celles de l'A. pedicularius, Linné, par M. Westwood, et celles de l'A. ulmi, par de Géer. En outre, on sait que certains Anthonomus vivent sur divers arbres, tels que l’orme, dont les bourgeons sont rongés par une espèce; sur le Prunus padus et les merisiers, dont les noyaux pierreux servent de retraite et en même temps de nourriture à quelques autres, ete. Comme types, nous citerons les Anthonomus suivants, qui habitent une grande partie de l'Europe et se trouvent souvent dans nos environs : pomorum, Fabr., à corps brunâtre, couvert d’un duvet gris, et à ailes ferrugineuses; druparum, Linné, à corps d’un roux jaunâtre couvert d’un duvet gris; subi, Fabr., à corps et élytres noirâtres, etc.
Entre ce genre et celui des Balaninus, Schænherr range les groupes des : Boranegius, Sch., une espèce (éuberculatus) de Cuba. — Prioxomerus, Sch., une douzaine d'espèces américaines. — Acan- THOMERUS, Sch., une espèce du Cap. — Prionopus, Dalm., une seule espèce. — Grexomerus, Sch., quelques espèces de Cafrerie. — Prisrimenus, Sch., une espèce brésilienne. — AcazLorisrus ou HorLoparocnus, Sch., des espèces de Cafrerie. — Horriroruazes, Sch., une espèce du Cap. —PELEroPus, Sch., quelques espèces de l'Afrique australe, ete. — Mexemacuus, Sch., une espèce du Cap. — Conyssomerus, Sch., ayant pour type le C. capucinus, Bech., d'Allemagne, et une espèce de la Guinée. — Oponromacues, Sch., deux espèces de Port-Natal. — Mecanminus, Sch., deux espèces, dont une du cap de Bonne-Espérance. — Anrzrarminus, Billb., ayant pour type l'A. Zamix, du Cap, dont la larve, selon Thunberg, se trouverait dans le bois du Cycas Caffra.
Le genre BALANINUS, Germ., est nombreux, car il renferme près de cinquante espèces qui habitent l’Europe, l'Amérique, surtout septentrionale, et l'Afrique, principalement dans les parties australes. Les Balaninus ont des antennes longues, gréles, à funicule de sept articles, dont les deux
premiers longs et les autres courts, tous coniques; le rostre est très-long, fiiforme, gréle, arqué; le corselet conique; l'écusson arrondi, élevé; les élytres un peu cordiformes; les pattes fortes, à cuisses renflées, souvent dentelées, et à tarses à deux premiers articles triangulaires, l'avant-dernier dilaté, bilobé; corps ovalaire, court, uilé, écailleux. Ces jolis Insectes, si remarquables par la longueur de leur trompe, vivent, sous leur première forme, tantôt dans les fruits de différents arbres, tantôt dans des excroissances formées sur les feuilles; ils apparaissent aux mois de maiet de juin, s'accouplent et se hâtent de rechercher les lieux propres à y déposer leurs œufs; vers la même époque, la floraison des Amentacés de nos forêts est passée, et déjà les Jeunes fruits commencent à paraître : c’est alors que la ponte des Balaninus a lieu; les grandes espèces de ce genre, dont le B. nucum est le type, perforent la eupule qui revêt la base des noisettes, des glands, ete.; ils sont admirablement servis dans ce but par leur rostre, dont la grande longueur leur permet d'arriver facilement jusqu’à la partie nutritive de ces fruits; l'amande continue à se développer, et, avec elle, la jeune larve éclose qu’elle renferme; en automne, les fruits des Amentacés tombent, et, précisément à la même époque, les larves ont accompli leur croissance complète : après avoir fait une ouverture parfaitement circulaire à l'enveloppe de la graine, elles vont subir en terre leurs métamorphoses; elles paraissent s’enfoncer assez profondément pour résister aux rigueurs de l'hiver, mais on ignore leurs mœurs à partir de ce moment : on sait seulement que l'Insecte parfait ne sort du sol qu'au printemps de l’année suivante. Les petites espèces du même groupe que l’on a observées déterminent sur les feuilles, à l'endroit des nervures, la formation de petites galles, où l’on trouve un œuf, puis bientôt une larve, qui suit dans son développement ultérieur les mêmes phases que le Ver des noisettes, dont nous nous sommes occupé. Swammerdam, Ræsel, de Géer, Herbst, Latreille, MM. Bouché et Ratzeburg ont étudié les transformations du Balaninus nucum, Linné; Ratzeburg celles du B. glaudium, Marsh.; M. Bouché celles du B. sulicornis, Sch., et M. Godard celles du B. cerasorum, GylL., dont la larve vit dans les noyaux des fruits du Prunus spinosa, qu'elle perce aussi d'une ouverture arrondie pour en sortir. — Comme type, nous n’indiquerons que notre B. nucum, qui est assez grand, à corps ovale, noir, recouvert de petites écailles jaunes ou grisätres; à pattes d’un brun ferrugineux; à rostre plus épais à la base, brun, caréné et strié; à funicule des antennes très-velu, avec les derniers articles courts, légèrement gibbeux.
Fig. 211. — Heilipus peplus. Fi. 212, — Balaninus nucum. Fig. 215. — Tychius quisque-punclalus.
Les genres qui suivent dans le grand ouvrage de Schænherr sont les suivants, qui offrent beaucoup d’analogie avec les Balaninus : Loxcuopnorus, Chevr., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Srorevs, Sch., des espèces de la Nouvelle-Hollande. — Cxemoracnus, Sch., une espèce unique (castaneus) de Madagascar. — Amazus, Sch., ne comprenant que l'A. scortillum, Herbst, qui se trouve dans toute l'Europe, et qui a fait longtemps partie du genre Centhorhynchus.
Viennent ensuite plusieurs genres, au moins pour quelques groupes, et ayant de nombreux représentants en Europe. — TYCHIUS, Germ., à antennes courtes, avec le premier article très-épais; rostre assez épais à la base, arqué; jambes comprimées : une cinquantaine d'espèces de l’Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, parfois partagées en Tychius propres, à funicule de sept articles, et Minotrogus, à funicule de six articles : type, T. quinque-punctatus, Linné, très-petit, à
corps noir, revêtu en dessus de petites écailles d’un pourpre doré, et en dessous d’écailles blanches; la ligne du corselet, la suture et quatre taches sur les élytres couvertes d’écailles blanches; antennes et jambes ferrugineuses : commun dans toute la France, et même dans nos environs. — Suicronvx ou Micronyx, Sch. (Ellescus, Dej.), une dizaine d'espèces d'Europe et une de Cafrerie; type, S. cyaneus, Dej. — Paivernus, Seh., une espèce (farinosus, Gebler) de Sibérie. — Ecainocxemos, Sch., une espèce, l’Erirhinus squamosus, Bib., de la Chine.—Srevxes, Sch. (Sibinia, Germ.), groupe parfois réuni à celui des Tychius, mais à funicule de six articles; corps ovalaire, un peu déprimé, ailé : une trentaine de petites espèces de l'Europe, de la Sibérie et de l'Afrique méridionale : type, S.wiscarix, Linné, à corps d'un gris cendré; rostre noir; corselet et élytres variés de gris et de verdâtre; de presque toute l'Europe, et commun auprès de Paris sur les fleurs du Éychnis viscaria. -— DErasomus, Sch., une espèce (candidulus) de la Cafrerie. — Acazvprus, Sch., à antennes gréles, avec le premier article long, assez épais; rostre linéaire : deux espèces, carpini, Herbst, de la Scandinavie et de l'Allemagne, et rufipennis, Sch., trouvée à Paris par M. Chevrolat.— Cononmnus, Seh., du Cap. — Cenremrnus, Chevr., une espèce (comosus) de Cayenne. — Erumenus, Sch., une espèce de la Jamaïque. — Ancaycoruynenus, Klug, quelques espèces brésiliennes. — SpermaLocus, Sch., une espèce (rufus) du Brésil, ayant l’aspeet d'un Phytonomus. — PreraroemiLus, Sch., de Cayenne. — Oxcormnus, Sch., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Baranepmacus, Sch., une espèce (Faldermanni) du Brésil.
Le genre PHYTOBIUS, Schmidt (Hydaticus, Sch., Pachyrhinus, Kirby), est plus connu, et renferme une vingtaine d'espèces propres à toute l'Europe et à l'Amérique du Nord; ce sont des Curculioniens à antennes courtes, grêles, avec la mussue de cinq articles; à cuisses mutiques, et à corps court, ovalaire, convexe, dur, ailé; type, P. notula, Perny, noir, couvert d'écailles blanches en dessous et sur les côtés, presque nu en dessus; élytres noirâtres, avec des taches blanches éparses; pattes jaunâtres; d'une grande partie de la France. M. Ed. Perris a étudié, sur le Polygonum hydropica Linné, les larves de cette espèce. Ces larves vivent en plein air, sur les feuilles des plantes. et sont protégées contre les influences atmosphériques par une légère couche de substance visqueuse, dont un mamelon, situé à l'extrémité du dernier segment, est l'organe excréteur; le même segment porte, au bord antérieur de son arceau dorsal, l'ouverture anale, qui donne issue aux fèces, sous la forme de petites granulations noirâtres, et celles-ci, retenues par la matière gluante, se répandent sur toute la région supérieure du corps. Comme celles des Phytonomus, ces larves se filent une coque parcheminée qui ne présente ni mailles ni lacunes. Pour la construire, la larve se retire dans un pli de la feuille ou contre une grosse nervure, et là, se couchant sur le côté et rapprochant l'extrémité du corps de sa bouche, elle puise avec ses mandibules, à la source de l'humeur visqueuse, une gouttelette, la colle du côté opposé, de manière à former un arceau au-dessus de son corps : elle multiplie ses fils jusqu'à ce qu'il ne reste plus d'ouverture à la coque, et que sa consistance soit devenue assez solide. Les métamorphoses de ces larves s’exécutent assez promptement, et, au bout de huit à dix jours, l’Insecte parfait se fait jour à l'extérieur par une ouverture irrégulière.
Après les Phytobius on place les : Anorrus, Schüppel, une espèce (plantaris, Nœzen) de toute l'Europe. — Tuamenosius, Sch., quatre espèces de l’Afrique australe. — Paxscorus ou SrENOPELNUS, Sch., une espèce (rufinasus, Say) de l'Amérique boréale. — Expzus, Sch., une espèce (castus) de Sierra Leone. — Prazorminus, Sch., une espèce du Brésil. — Srensecuus, Sch., une vingtaine d’espèces de l'Amérique méridionale. — Tyromus, Sch., une dizaine d'espèces du Brésil et du Mexique. — Omoenorus, Sch., une espèce (stomachosus) de Gafrerie. — Rainaria, Kirby, groupe renfermant une douzaine d'espèces, toutes de la Nouvelle-Hollande, et dans lequel on a distingué parfois un genre Pelorhinus. — Oxxors, Dalm., également de l’Australasie.
Les ORCHESTES, [liger, qui viennent ensuite, et qui renferment aujourd'hui une quarantaine de petites espèces répandues exclusivement dans toute l'Europe, ont pour caractères : antennes courtes, gréles, de onxe articles : funicule de six : massue épaisse, oblongue, ovalaire; rostre allongé, épais, presque cylindrique, arqué, fléchi sous le corps; yeux grands, arrondis, rapprochés l'un de l'autre; corselet petit, conique; écusson ponctiforme; élytres oblongues, ovalaires, plus larges que le corselet, obtuses à l'extrémité; pattes fortes; corps ovalaire, ailé. Les premiers états de plusieurs
espèces de ce genre sont connus : les larves de l'O. scutellaris, Oliv., mineuses du Betula alnus, ont été vues par M. Bouché; celles du fagi, Stev., du hètre, par MM. Ratzeburg et Westwood; celtes
de l'alni, Fabr., de l'aune, par de Géer, Herbst et Bertoolini; celles du quercus, Linné, du chêne, par MM. Ratzeburg et Nœrdlinger, et celles de l’ulmi, Linné, par Réaumur et de Géer. C'est vers la fin de l'automne que l’on trouve les feuilles des arbres que nous avons nommés desséchées sur leurs bords dans un espace plus ou moins étendu : ces endroits présentent une teinte jaunâtre ou brunâtre, et l'épiderme de la feuille, soigneusement épargné sur l’une et l’autre face, est partiellement soulevé en forme d’ampoule : c’est là que se trouve la larve, et, quand elle a acquis tout son développement, elle s'y construit une petite coque où elle subit ses dernières transformations; l’Insecte parfait déchire facilement la mince pellicule qui le recouvre, paraît pendant quelques jours sur les feuilles de l'arbre qui l’a vu naitre, et se réfugie ensuite sous la mousse pour échapper aux rigueurs de l'hiver. Beaucoup d'espèces sont propres à notre climat; nous ne citerons que l'O. quercüs, Linné, à corps d’un roux jaunätre, pubescent; yeux et poitrine noirs; élytres ayant un espace postérieur triangulaire couvert d’un duvet gris; cuisses postérieures dentées, en scie. — On rapproche de ce genre les groupes des : Tecanires, Sch., une espèce de Cafrerie. — Cycrorreres, Sch., quelques espèces de Madagascar. — Erassonyx, Sch., du Cap. — Ancnoxus, Sch., groupe américain assez nombreux; les larves d’une espèce (A. cribricollis, des Antilles) ont été observées par M. le docteur Coquerel; les larves vivent dans les petits morceaux de bois que l’on rencontre à terre, y creusent des galeries et s’y transforment.— Sryrazus, Sch., comprenant les Strenes et Orthochæstes, et ne renfermant qu'un petit nombre d'espèces européennes; type, penicillus, Sch., du midi de la France. — Tracnones, Schüppel, un petit nombre d'espèces d'Europe, et une (contractus) de Madagascar.— Qrmus, Sch., une espèce du Cap.—Pacayrrieuus, Sch., une espèce (ursus) de Cafrerie. — Hyrosonus, Sch., deux espèces du même pays que la précédente. — Tanyraynouus, Sch., une vingtaine d'espèces de l'Afrique australe. — Myormnus, Sch., quelques espèces du mont Taurus, de la Hongrie et de la Cafrerie.
Fig. 215. — Cholus fiuavo-fasciatus. Fig. 216. — Orchestes alni.
19 tribu, Arosrasérines, à pieds antérieurs souvent distants à leur base, entre lesquels la portrine est plane ou plus ou moins distinctement canaliculée; antennes de onxe articles.
4e sous-tribu, Cuourres, à poitrine visible entre les pates antérieures, plane, sans canal.
Cette division, moins nombreuse que la tribu précédente, ne renferme qu’une trentaine de genres, surtout abondants dans l'Amérique du Sud, mais répandus presque partout, excepté en Europe : pays qui ne comprend guère que le Derolomus subcostatus, Sch., de la Sardaigne. Ce sont des Insectes de taille moyenne, et souvent parés d'assez brillantes couleurs.
Parmi les genres exclusivement américains, le principal est celui des CHOLUS, Germ., à antennes médiocres, un peu gréles; rostre très-long, grêle, arqué; corselet presque transverse; écusson souvent distinct; élytres presque ovalaires; pattes robustes, surtout les antérieures; cuisses renflées el dentées; jambes un peu courbées; corps robuste, presque rhomboïdal : une trentaine de jolies espèces; type, C. geometricus, Germ., du Brésil. — Les autres groupes, dont plusieurs démembrés du précédent, sont ceux des : Rainasrus, Sch., deux espèces seulement. — PoLxpEeRces, Sch., deux espèces (xonatus, Swed.) de la Guadeloupe, et (adspersus, Hope) de l’île Saint-Vincent.— Liroerus, Sch., fondé sur le Desmasomus longipes, Perty. — Bracuyenems, Sch., une espèce du Brésil. — Dionveuus, Germ., une dizaine d'espèces. — Sezerosomus, Sch., un petit nombre d'espèces. — CazLr-
norus, Sch., deux espèces brésiliennes. — Sorexorus, Sch., quatre espèces. — Ameræmus, Sahl., ou Axenis, Germ., une dizaine d'espèces assez grandes, toutes propres au Brésil, et dont les deux plus communément répandues dans les collections sont les A. Dufreynii, Kirby, et Ynca, Sch. — Nerrarninus, Sch., trois espèces seulement. — Homaronorus, Sch., groupe assez nombreux, et de l'Amérique du Sud. — Penperæus, Sch., fondé sur le granellus, du Brésil. — Tnyperés, Sch., deux espèces. — ParazreLosonus, Sch., formé avec la Calandra planicollis, Fabr.
Les autres genres, propres à toutes les parties du monde, sont les suivants : Axraroromus, Sch., une seule espèce (depressus, Klug) de Madagascar. — Harronvx, Sch., quelques espèces de la Nouvelle-Hollande. — Pycanus, Sch., une espèce (designatus) du cap de Bonne-Espérance. — ALcines, Dalm., à cuisses en massue, dentelées; jambes comprimées, munies d'une pointe à l'extrémité : une cinquantaine d'espèces, assez petites, parfois parées de jolies couleurs, et propres à la Nouvelle- Guinée, à Sumatra et Java, au Bengale, au cap de Bonne-Espérance, au mont Himalaya, au Sénégal, à Sierra Leone, à la Cafrerie, à Madagascar, ete.; comme type nous indiquerons le Rhynchænus bubo, Fabr., du Bengale. — Læmosacous, Sch., des espèces de l'Amérique méridionale et de la Nouvelle- Hollande. — Srroxexrores, Sch., du Mexique et du Brésil. — Nerrus, Sch., quelques espèces de l'intérieur du Brésil. — Manorrerus, une espèce de Cayenne ({alpa, Chevr.) et une du Mexique (cylindricus, Chevr.).— Lrrurcus, Sch., une espèce (irrasus) de l'Australasie, — Lyrerius, Sch., des espèces de Sumatra, des îles Philippines et de l'Amérique méridionale. — Crasrenorus, Sch., une espèce brésilienne. — Nanus, Sch., de Porto-Rico et de Colombie. — Dererowus, Sch., qui, outre une dizaine d'espèces de Barbarie et du Cap, en renferme une d'Europe que nous avons nommée, une du Mexique et une du Brésil. — Lornoneres, Chevr., où Paacerosorus, Sch., une espèce de Madagascar (singularis, Chevr.). — Crveres, Sch., une espèce (binotatus, Klug) du Brésil. — Puxxomerus, Sch., une espèce (Sundervalli) de Sumatra. —Everces, Sch., également une espèce brésilienne. — Isorayenus, Sch., le seul I. pudicus, Sparm., du cap de Bonne-Espérance.
2e sous-tribu, PariiTEs, à poitrine où sans canal ou plus ou moins canaliculée, visible entre les pattes antérieures.
Cette division, qui ne renferme qu'environ deux cents espèces de presque toutes les parties du globe, mais surtout de l'Amérique et de l'Europe, comprend seulement une vingtaine de geures. Quelques espèces européennes du genre Baridius ont été étudiées sous le double point de vue des premiers états et des mœurs, et l’on a vu qu'elles nuisaient à plusieurs de nos cultures, et principalement aux colzas, aux pommes de terre et aux choux. Le B. chloris, Ziegl., d'après Plieniger, dépose ses œufs en automne sur les graines de colza; la larve, au printemps, gagne les racines de la plante, et détermine à leur surface la formation de petites galles de formes variées; lorsque le temps de la métamorphose en nymphe arrive, la larve abandonne l'exeroissance où elle a vécu jusqu'alors, et va en terre se construire, dans les environs, une petite loge pour y subir ses transformations. Le B. trinotatus, selon M. Westwood, paraît nuire aux pommes de terre sous son état de larve. Les B. chlorizans, Müll., ainsi que le dit M. de Chavannes, et les B. picinus, Germ.,et cuprirostris, Fabr., d'après les observations de M. L. Dufour, font du mal aux choux; les larves des deux dernières espèces que nous venons de nommer vivent dans la partie inférieure et dans le collet des vieilles tiges de choux; elles s’y creusent des galeries dans la pulpe de ces végétaux, et y forment de petites loges pour y subir leurs métamorphoses. Enfin, Hammerschmidt a annoncé que la larve du B. cærulescens, Sturm, vit dans les tiges du reseda latea.
Le genre typique est celui des BARIDIUS, Sch., ou BARIS, Germ., à antennes courtes, fortes : funicule de sept articles, à premiers articles allongés, les autres courts, ramassés, allant graduellement en s'élargissant : massue ovale, obtuse; rostre allongé, presque cylindrique, arqué; yeux grands, écartés; corselet bisinué à la base, un peu convexe en dessus; écusson petit, arrondi en arrière; élytres oblonques, un peu convexes en dessus, et légèrement arrondies à l'extrémité; pattes courtes, fortes; jambes ayant une forte épine à l'extrémité; tarses spongieux en dessous, à deux premiers articles souvent triangulaires, le troisième fortement bilobé. Les Baridius, dont on connait aujourd'hui au moins-deux cents espèces, sont propres à l'Europe et aux deux Amériques. Ce sont des Insectes remarquables par leur corps elliptique, presque arrondi, ailé, déprimé en dessus; tous sont de taille assez petite et rarement moyenne; si les espèces des pays froids n’ont que des teintes assez sombres,
4 Eh ds. à d
brunâtres, bleuâtres, verdâtres ou noirûtres, celles des pays chauds ont cette coloration relevée par des taches ou des lignes écarlates, et parfois même sont entièrement de couleurs métalliques, comme quelques belles espèces de l'Amérique du Sud (fulgidus, etc.). Parmi nos espèces, nous nous bornerons à indiquer les Baridius chloris, Fabr., à corps oblong, glabre, verdâtre en dessus, d’un noir bleuâtre en dessous; le corselet est très-court, médiocrement ponctué; les élytres sont simplement striées, avec les intervalles à peine ponetués, sans être élargis près des épaules : habite une grande partie de la France: B. cuprirostris, Fabr., à corps oblong, glabre en dessus, d’un vert bronzé briljant; rostre ponctué, cuivré; corselet presque conique, très-légèrement ponctué; élytres avec des stries dorsales presque lisses et les latérales ponctuées; intervalles plans, sans points; des environs de Paris, ete. — Schœnherr en a distingué les Barvcrrus, une espèce (collaris, du Brésil); les Propus, Seh., une belle espèce (sapphirinus) de la Jamaïque, et les Mecors (Magdalis, Germ.), une espèce (morosus), également brésilienne, que lon y réunit parfois. — On en rapproche les trois genres, peu nombreux et tous de l'Amérique méridionale, des Aposrastmerus, Euroxus et surtout Maparus, Sch., ce dernier le plus important de tous.
Un genre, plus distinet de celui des Baridius, quoique ayant été confondu avec lui, est celui des CENTRINUS, Sch., à antennes moyennes, un peu gréles; rostre souvent très-long; élytres un peu plus larges à la base que le corselet, allant en se rétrécissant vers l'extrémité en triangle oblong; pattes assez fortes, et surtout à corps ovaluire, ailé. Ce groupe, dont on compte environ cent cinquante espèces, qui ont les mêmes mœurs que les Baridius, et sont également nuisibles à plusieurs végétaux, semble presque exclusivement propre à l'Amérique, tant méridionale que septentrionale. Comme type, nous citerons le C. bicuspis, Germ., à corps noir, couvert en dessus d’écailles dorées, très-serrées, et à élytres oblongues, triangulaire; se rencontre communément au Brésil. — On en rapproche, si l'on ne doit même y réunir les : Cycinorocerus, Sch., une dizaine d’espèces de l'Amérique du Sud, Lerroscanus, Klug, une espèce (maculatus) du Brésil; Dacrycocreris, Dej., une espèce (flabellitarsis, Chevr.) de Cayenne; Scamvus, Sch., quelques espèces de l'Amérique méridionale.
Enfin, l’on doit mettre dans le voisinage de ces groupes les genres : Arorowormnus, Sch., deux espèces de Manille et de Pondichéry. — Tracuvmerus, Sch., une espèce (croceoplagiatus) du Brésil. — Puysoxenus, Chevr., une espèce du Mexique, calandroides, dont le nom rappelle l’analogie spécilique. — Tonxenres, Seh., le seul cucallus, du Brésil. — Losonrres, Sch., des espèces de l'Amérique du Sud. — Dionsmerus, Sch., groupe renfermant près de quarante espèces américaines. — Cozronerus, Sch., le seul ebenicus, du Brésil. — Eunnnus, Sch., quelques grandes et superbes espèces de l'Amérique du Sud. -— Cynromox ou Spnaposnus, Sch., des espèces du cap de Bonne-Espérance et de Port-Natal.
Fig. 217. — Camptorhynchus Fig, 218. — Centrinus curvirostris. Fig. 29. — Cryptorhynchus flattuarius. lapathi.
45° tribu, Cnypronuynennes, à rostre recu dans un sillon du thorax, que l'on voit distinctement entre les pattes antérieures; antennes de onxe articles; pattes écartées à la base.
Cette tribu est très-nombreuse en espèces, particulières à toutes les parties du globe, et qui sont réparties, selon M. Schænherr, en plus de quatre-vingts genres, dont plusieurs, tels que ceux des Cryptorhynchus, Tullodes, Ceuthorhynchus, ete., sont très-importants. Ce sont des Insectes dont la coloration et la taille varient considérablement, mais qui se reconnaissent facilement à ce que leur rostre est comme caché, car une fossette assez profonde du corselet lui permet de s’y loger. On connaît
les métamorphoses de quelques espèces de cinq genres différents, et l’on peut dire, d'une manière générale, que les larves vivent dans les bois ou les racines des arbres, et parfois dans les mêmes parties des plantes herbacées. La larve du Cryptorhynchus lapathi, Linné, a été trouvée par Curtis sur les saules, et vit dans le tronc de ces arbres, qu’elle creuse en tous sens de galeries légèrement flexueuses. D’après Curtis et M. Westwood, les larves du Monoychus pseudo-acori, Fabr., se nourrissent des graines de l’Iris pseudo-acorus. Celles du Cleogonus Fairmairei, Gureulionien des Antilles, creusent des galeries sous les écorces des arbres, et attaquent aussi l’aubier, comme l’a montré M. le docteur Coquerel. Les métamorphoses de plusieurs Ceutorhynchus ont été étudiées; les C. contractus, Marsh., et assimilis, Payk., déterminent, ainsi que l'a publié Kirby, la formation de petits tubercules sur les racines du Sinapis arvensis; M. Klingelhæffer rapporte que le C. macula-alba, Herbst, vit à l'état de larve dans les têtes de pavot; enfin M. Guérin-Méneville a publié un bon travail sur le C. sulcicollis, Gyll., dont la larve vit dans les racines du chou, sous le collet, et y détermine la formation de tubercules assez gros : pour se transformer en nymphe, elle sort des racines et se construit en terre une petite coque : l’Insecte parfait ronge le parenchyme des feuilles et va probablement déposer ses œufs à la racine des jeunes choux pour l’année suivante. Enfin deux larves du genre Conotrachelus ont été observées, et sont nuisibles aux arbres à fruits dans l’Amérique du Nord; d'après M. Harris, la larve du C. nenuphur, Herbst, vit dans le fruit des pruniers, des pêchers, des cerisiers, en occasionne la chute, et subit ses transformations en terre; selon M. Peck, la larve du C. argula, Fabr. (Rhynchæœnus cerasi), se rencontre sous l’écorce des rameaux du prunier cultivé, et détermine, à l'endroit où elle se trouve, la formation de petites bosselures, et peut occasionner même la perte de la branche.
L'un des genres principaux, dont la tribu a tiré son nom, est celui des CRYPTORHYNQUES, Cryptorhynchus, Ulig., à antennes courtes, gréles : funicule de sept articles : massue plus ou moins ovalaire; rostre plus ou moins long, arqué; yeux latéraux; corselet souvent transversal, conique, rétréei en avant, souvent lobé antérieurement, avec un sillon au-dessous pour recevoir le rostre; écusson arrondi; élytres ovalaires, convexes, rétrécies en arrière, avec les angles huméraux prononcés; pattes assez longues, fortes; tarses allongés, spongieux en dessous, à deux premiers articles trigones, et l'avant-dernier élargi, bilobé; corps peu allongé, ailé. Ce groupe renferme près de deux cents espèces répandues sur toute la terre, excepté sur les plages méridionales, et qui, toutes ou presque toutes, ont une forme assez robuste et une taille moyenne. Le type est le C. lapathi (Curculio), Linné, à tête variée de noir et de blane, avec le rostre entièrement noir; corselet brun en dessus, avec les côtés blancs, ayant cinq tubercules élevés; élytres rugueuses, variées de brun et de blanc; abdomen entièrement noir; les cuisses bidentées, mélangées de noir et de blane : se trouve dans une grande partie de l'Europe, et n’est pas très-rare auprès de Paris.
On rapproche de ce groupe plusieurs genres exotiques, tels que ceux des : Crarosomus, Sch., geure nombreux, puisqu'il renferme une cinquantaine d’espèces de grande taille, et particulières à l'Amérique du Sud; ce sont de grands et beaux Insectes qui ont été parfois réunis aux Cryptorhynques. — Oncuocceuis, Dej., une espèce (rubiginosus) de Cayenne et du Brésil, de même que les types des deux genres peu connus des Carapyenus et Eprpeporanus, Sch. — Pnoroparus, Sch., une espèce (Stephensi, Hope) de la Nouvelle-Hollande, — Meranuzvus, Sch., deux espèces mexicaines décrites par M. Chevrolat.
Le genre Camprorunus, Sch., plus distinct des précédents, a pour type une espèce, le Ç. statua, Fabr., de l’Europe méridionale, et renferme, en outre, quelques espèces du cap de Bonne-Espérance, de Cafrérie, de Madagascar, des Indes et de la Nouvelle-Hollande.—Viennent ensuite, dans la méthode de Schœænherr, les groupes des: CxamosoLus, Sch., de Java. —Macnowenus, Sch., une dizaine d'espèces des îles et du continent américains. — Cnemareus, Sch., type, le C. cameleon, Fabr., du Brésil. — Eureces, Sch., une espèce de la Nouvelle-Hollande, décrite par M. Hope. — Euvrnyrmnus, Chevr., le seul meditabundus, Fabr., de l'Australasie. — Mecocoryxus, Sch. (Tretus, Chevr.), une espèce du Bengale. — Cæcasrernus, Sch., une cinquantaine d'espèces, pour la plupart propres à l'Amérique du Sud, mais dont quelques-unes ont été signalées dans l'archipel Indien, à la Nouvelle-Hollande, en Cafrérie, ete. — Gyzinroconvaus, Sch., des espèces du Brésil et de Cayenne. — Convneruonus, Sch., type, jaculatorius, du Brésil. — Æpewonus, Sch., une espèce de Madagascar et une du cap de Bonne- Espérance. — Pacayonyx, Sch., une espèce (affaber) du Cap. — Gasrerocerus, Cast., sroupe fondé
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sur le G. depressirostris, Fabr., du midi de la France, mais renfermant aussi une douzaine d’espèces particulières à l'Amérique méridionale. — Cuærecrerorus, Sch., de la Nouvelle-Hollande. — Borruogarnys, Ghev., ayant pour espèce unique le B. laticollis, Reiche, de la Nouvelle-Grenade. — Conyscopus, Sch., type (heæasticus) de Sierra Leone. — Aonxeuvs, Sch., une espèce de la Nouvelle- Hollande. — Anarcis, Sch., l'A. æreus, Dej., de l'Amérique boréale. — Pvenopus, Germ., le seul P. bufo, Say (Gnioperus griseus, Perty), du Brésil.
Dans les autres genres qui vont suivre l’écusson est très-petit, à peine visible ou même nul. — Pseunonus, Sch., une dizaine d'espèces de Cuba, des Antilles et de l'Amérique. — Gnenecæzus, Sch., du Chili. — Mæmacres, Sch., une espèce du Mexique, ete.
Un genre “émembré des Ceutorhynchus ou Falciger, que l'auteur du Genera et Species Curculionidum place ici, est celui des CŒLIODES, Sch., à antennes médiocres, gréles; massue ovalaire, acuminée; rostre allongé; corselet transverse; élytres brièvement ovalaires; pattes médiocres; corps arrondi, comme contracté, convexe en dessus, peu squameux, ailé, très-petit ou médiocre : on indique une quarantaine d'espèces de ce genre, et elles sont propres à tout le globe, mais surtout à l'Europe; tels sont, parmi ces dernières espèces, les €. guttula, KFabr.; fuliginosus, Marsh.; quercüs, Fabr., etc.
D'autres genres sont ceux des: Cocragisius, Sch., de l'Amérique méridionale. — Mononxeuus, Schüppel, qui renferme une dizaine d'espèces de l’Europe, de la Chine et de l'Amérique du Nord : type, le Ceutorhynchus pseudacori, Fabr., de toute l'Europe moyenne. — Marmorapus, Sch., espèce unique, M. Besseri, de Berlin et de la Pologne. < Un genre plus distinct est celui des TYLODES, Sahlberg, à antennes moyennes, gréles : funicule de sept articles, dont les premuiers sont allongés et les autres courts : massue ovalaire; rostre fort, cylindrique, un peu arqué; corselet rétréci en avant, légèrement prolongé, tronqué à la base, avec un long sillon inférieur; élytres longues, ovales, ramassées à la base; corps oblong, ovalaire, diur, rugueux, écailleux, apière, petit. Ce groupe, qui ne renferme que de petits types, est nombreux en espèces, surtout particulières à l'Europe et à l'Amérique, mais dont quelques-unes se rencontrent dans d'autres pays; de nombreuses subdivisions y ont été formées, mais l'on réunit en général les : TsLopes, Sch., à funicule des antennes à hrois ou quatre premiers articles allongés; une vingtaine d'espèces de l'Amérique méridionale, et les Acazces, Sch., à funicule des antennes ayant les deux premiers articles allongés; de soixante-dix à quatre-vingts espèces presque exclusivement européennes, et dont le type est l’Acalles camelus (Rhynchænus), Fabr., très-petit, à corps brunûtre; rostre brun et d’un roux obseur à l'extrémité; antennes à massue ferrugineuse; corselet brun obscur; élytres obscures, striées, et les stries munies de tubereules élevés, aigus : habite l'Allemagne.
D'autres genres qu'on en rapproche sont ceux des : Urosowus, Sch., des grandes îles américaines. — Ruyepuexes, Sch. (Physothorus, Gay et Solier), du Chili. — Tracopus, Sch., de Java. — Sezerorrerus, Sch., deux espèces de Livonie et de Carinthie, au moins voisines sinon identiques avec les Acalles. — Eusceres, Sch., le seul Acalles tripartitus, Moritz (porcellus, Sch.), de Porto-Rico et de Cuba.—Poroprenus, Sch., quatre ou cinq espèces de Van-Diémen er de la Nouvelle- Hollande. — lensones, Sch., une espèce de la Guadeloupe, — Hereropus, Ghevr., une espèce (Africanus) du Sénégal. — Desmipopuorus, Chevr., une dizaine d'espèces du Bengale, de Java, de Ghine et peut-être du Brésil, — Ruayssomarus, Chevr. (Orobitis, Germ,), une vingtaine d'espèces propres à l'Amérique méridionale. — Gnarconernus, Chevr., groupe américain assez nombreux, type, C. ca lidus, Fabr., de Cayenne. — Conorracezus, Latr., auquel on réunit les Cyphorhynchus, Sch., qui renferme plus de cent espèces, dont quelques-unes étaient rangées dans les genres Cryptorhynchus et Rhynchænus par les anciens auteurs; type, C. diaconitus, Germ., de l’île de Cuba. — Mirropnonus, Sch., une seule espèce (Waterhousei) de l’intérieur du Brésil. — PEerinervs, Sch., des espèces de l'Amérique méridionale. — Acenrrus, Chevr., une espèce, le Cryptorhynchus histrio, Fald., du Caucase, de l'Italie et même du midi de la France. — Panrorezxs, Sch., deux espèces brésiliennes. —Euperes, Sch., une espèce (lineicollis, Wiedm.) du cap de Bonne-Espérance. — STRONGYLOPTERUS, Chevr., quelques espèces brésiliennes. — Trapneconvnus, Sch., des espèces de Madagascar. — [ruyrorus, Sch., une douzaine d'espèces du Cap, du Sénégal, de Madagascar et de Java; type, le Colobodes Billbergi, Sch., de ce dernier pays. — Anrurasrenus, Sch., ne renfermant que quelques espèces particulières au Caucase; type, À. fullo, Bæber.
Fig. 1. — Apion ater Fig. 2. — Bruchus pisi
Fig. 3. — Cleogonus trigonalis
Fig # — Opachus quadricollis Fig. 5. — Zygops rubricollis.
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C'est ici que Schænherr, dans le supplément de son grand ouvrage, place le genre important et principalement européen des BAGOUS, Germ. Ces Curculioniens ont pour caractères : antennes courtes, assex gréles : funicule de sept articles, dont les deux premiers allongés, coniques, et les autres perfoliés, ramassés, allant en s'élargissant vers l'extrémité : massue grande, ovalaire; rostre court, arqué, robuste, cylindrique; corselet à peu près cylindrique, échancré en avant, un peu lobé vers les yeux, ayant en dessous un sillon court; écusson petit, arrondi; élytres oblonques, ovalaires, très-calleuses en arrière, à angles huméraux obtus; pattes longues, pliées : jambes arquées vers l'extrémité, armées au bout d'un onglet pointu : tarses étroits, longs; corps oblong, ovalaire, ailé, souvent écailleux. Ces Insectes, distingués génériquement depuis longtemps, sont assez nombreux, car on en a la description d'une cinquantaine d'espèces; ils sont de taille assez petite, et se rencontrent surtout dans diverses contrées de l'Europe, quoique l’on en trouve également en Asie et dans l'Amérique du Nord; on peut prendre pour type le B. subcarinatus, Sch., petit, à corps noir, varié de petites écailles grises; tarses ferrugineux; corselet caréné, un peu resserré, avec deux lignes noires sur le sommet; élytres ayant un point discoïdal blanc; habite la France, et même les environs de Paris.
Fig. 220. — Tylodes plinioides. Fig. 221. — Bagous binodosus. Fig. 222, — Ceuthorhynchus ser. (Très-grossi.)
D'autres genres exotiques, à une exception près, intermédiaires entre ceux des Bagous et des Ceuthorhynchus, sont les suivants: Zycors, Sch., une trentaine d'espèces de l'Amérique du Sud.— Coprunus, Sch., des espèces encore plus nombreuses et propres aux mêmes pays que celles du groupe précédent. — Prazurus, Sch., à peu près autant d'espèces, aussi de l'Amérique méridionale. — Losors, Timorus et Pixarus, Sch., comprenant chacun une seule espèce propre au Brésil. — Mrcorus, Dalm., une dizaine d'espèces de Java et du Bengale. — Aracnvosas, Boisd. (Arachnopus, Guérin), deux espèces de la Nouvelle-Guinée; les striga, Boisd., et gazella, Oliv. —Croconus, Sch., quelques espèces du Brésil et de Cayenne. — Onogmmis, Germ., le seul, l'O. cyaneus, Linné, petite espèce que l’on a signalée dans presque toute l'Europe intermédiaire et septentrionale,
Les derniers genres de la tribu des Cryptorhynchides ont l’écusson excessivement petit, à peine distinct ou semblant ne pas exister. Ce sont les : Ocranrus, Sch. (Palmotodes, Klug), une vingtaine d'espèces de l'Arabie, de Cafrérie, du Cap, de Port-Natal, etc.—Syuprezopus et LoporracueLus, Sch., renfermant un nombre assez restreint d'espèces propres aux mêmes pays que les précédentes
Le genre CEUTHORHYNCHUS, Schüppel, Germar, Schœænherr, etc., que quelques auteurs, à l'exemple de Megerle, de Sturm, ete., nomment Fauci6er, et que Stéphens appelait Neovus, est trèsnombreux en espèces, car il en renferme près de deux cents, et plusieurs groupes génériques, comme nous le dirons, en ont cependant été séparés. Les caractères des Ceutorhynques sont les suivants: antennes courtes, grèles : funicule de sept articles, dont les premiers, plus longs que les autres, coniques : massue ovalaire, pointue; rostre arqué, long et filiforme, ou court et cylindrique; corselet très-rétréci en avant, ramassé, bisinué en arrière, souvent lobé vers les yeux, muni en dessous d'un canal plus où moins raccourci; écusson très-petit ou presque nul; élytres trianqulaires, arrondies, charnues à l'extrémité, plus courtes que l'abdomen; pattes fortes; cuisses renflées; jambes tronquées au bout; tarses spongieux en dessous, à deux premiers articles trigones, l'avantdernier élargi, bilobé; corps court, rugueux, ovalaire, un peu carré, ailé, écailleux en dessous. Ces Coléoptéres, tous de petite taille et en général de couleur grise ou noirâtre avec des dessins blancs
se trouvent principalement dans les diverses parties de l'Europe, mais quelques-uns ont été pris dans presque toutes les parties du globe : c’est sur les parties vertes des végétaux, ainsi que sur les fleurs, qu’on les rencontre. Dans nos environs, on en à signalé plusieurs, tels que les C. echit, Fabr., à corps noir; corselet et élytres ayant des lignes blanches longitudinales; cuisses dentelées, avec un anneau blanc: commun sur la Vipérine (Echium vulgare); lamii, Fabr., du Lamiuwm album; boraginis, Fabr., dela Bourrache; erysimi, Fabr., de l'Erysimum; quercûs, Linné, du Chêne; didymus, Fabr.; guttula, Fabr., ete. — On en a distingué les : Camwpycirnynenus, Meg. (Rhinoneus, Stéph.; Rhinoncus, Seh.), qui, avec l'aspect des Phythobius, ne se distinguent guère des Ceuthorhynques que par le rostre plus court et plus épais, par les yeux plus proéminents, ete.; une vingtaine d'espèces, surtout européennes, mais dont quelques-unes proviennent de l'Amérique boréale, de l'Afrique septentrionale et australe, de Calcutta, ete.; type, C. granulipennis, Uhevr., petite espèce trouvée auprès de Paris.— Poornaëus, Sch., à corps plus allongé et moins convexe que celui des Ceuthorhynchus : trois espèces d'Europe, dont la plus répandue, qui se prend dans nos environs, est le P. sisymbrii, Fabr.— Tapivorus, Sch., une espèce (sellatus, Fabr.) de Suisse, d'Allemagne et du nord de l'Europe. — Rurrmosomus, Sch., à funicule antennaire seulement de six articles : une espèce (globutus, Herbst) de France, de Suisse et d'Allemagne. — Lypnus, Sch., une espèce (cylindrus, Payk.) de l'Europe intermédiaire et boréale. — Meyswoneres, Sch., une espèce (euglyptus, Dalm.) de Java. — CœLocasrer, Sch., une espèce, (Zimmermanni) de Pensylvanie.
44° tribu, Conornores, à antennes très-longues, gréles : funicule de sept articles : massue presque solide, distinctement biarticulée; rostre recourbé; corselet offrant un canal pour recevoir le rostre.
Cette tribu ne renferme que le seul genre CONOPHORUS, Sch. (Eccoptus, Klug), qui ne comprend lui-même qu'une espèce unique (albidus, Klug), à corps elliptique, ovalaire, noir, brunûtre, couvert d’écailles d’un cendré blanchâtre; rostre, antennes et pattes roussâtres : habite le cap de Ponne-Espérance.
15° tribu, Cronines, à antennes très-courtes, de neuf articles : funicule de cinq articles : massue antennaire de trois ou quatre articles; pattes antérieures rapprochées à la base ou distantes.
Cette tribu, qui n’est formée que de quatre genres, dont le plus important est celui des Cionus, n’est pas très-nombreuse en espèces, toutes assez petites et répandues néanmoins sur presque tout le globe. Quelques-unes d’entre elles sont connues sous leurs premiers états, ainsi que nous le dirons en indiquant les divers groupes; les larves vivent en général dans le parenchyme des feuilles des plantes, dans certaines fleurs, et elles forment parfois leur demeure nymphale dans l'intérieur des fruits des plantes sur lesquelles elles ont vécu, ou y produisent une petite galle.
Genre principal, CIONUS, Clairville, à antennes courtes, grêles : funicule de cinq articles, dont les deux premiers coniques et les autres courts, tronqués à l'extrémité : massue oblonque, ovalaire, avec les articles intimement unis; rostre allongé, cylindrique, arqué; corselet petit, transversal, rétréci en avant, tronqué à la base et au bout; écusson oblong; élytres grandes, convexes, en carré, ailées; pattes courtes; jambes tronquées, mutiques : turses non spongieux en dessous, avec les deux premiers articles triangulaires et le troisième dilaté, bilobé; corps en ovale, presque carré, voûté, ailé. On décrit une trentaine d'espèces de ce genre, et on les a trouvées dans plusieurs parties de l'Europe, en Sibérie et dans l’Afrique méridionale. Ge sont de petits Coléoptères, à forme assez arrondie, et dont la coloration est généralement sombre, mais parfois relevée par des dessins de teintes tranchant beaucoup avec celle du fond. Parmi les espèces répandues dans toute l'Europe, et que l’on trouve communément aux environs de Paris, nous citerons les C. scrophulariæ, Linné, thapsus, Vabr., et blattariæ, Fabr.; la première, la plus commune de toutes, a le rostre long; le corselet blanchâtre; les élytres noires, avec deux taches blanches et quatre lignes élevées, soyeuses, variées de blane et de noir. Les larves de plusieurs espèces ont été observées : celles du Cionus scrophulariæ, Linné, qui vivent principalement sur le Serophulaire, par de Géer, Schæffer, Herbst, Latreille, Huber, MM. Rossier et Ed. Perris; celles du verbasci, Sch., par M. Bouché; celles du thapsus, Fabr., par M. Ed. Perris; celles de l’olens, Fabr., qui- se nourrissent de plusieurs plantes, et même du Bouillon-blane, comme les précédentes, par Goedart et Réaumur; celles de l’ungulatus, Germ., qui vivent sur le Verbascum lychnitis, par M. Ed. Perris, et celles du fraxini, de Géer, par de
Géer lui-même. D'après les entomologistes que nous venons de citer, et principalement selon M. Ed. Perris, ces Insectes, que l'on voit apparaître au printemps, recherchent des plantes diverses, selon les espèces, mais principalement les Verbascum; les larves qui naissent des œufs déposés sur ces végétaux rongent le parenchyme des feuilles et y subissent leurs métamorphoses, quoique néanmoins elles ne soient pas, à proprement parler, des larves mineuses; elles sont recouvertes d'une matière gluante exerétée par un mamelon rétractile situé à la partie supérieure du segment terminal : la mollesse et la mobilité de leurs téguments leur permettent de recouvrir en entier leur corps de cette substance. Celle-ci n’a pas seulement été donnée à la larve pour se maintenir avec facilité sur les feuilles ou se garantir de la pluie et de l'ardeur du soleil, mais encore elle lui sert à fabriquer la coque où elle va subir ses métamorphoses; en effet, quand l’époque de la métamorphose arrive, la larve se fixe sur un point de la feuille où elle a vécu, augmente l'épaisseur de la couche qui la revêt, ct contracte fortement son corps, de manière à gagner en largeur ce que cette couche perd en longueur; la larve demeure immobile jusqu'à ce que cette couche ait acquis assez de consistance, puis elle se détache de cette enveloppe qui la renferme entièrement, et se trouve libre dans sa loge; elle augmente encore l'épaisseur de sa coque au moyen de la même substance, qu'elle saisit à sa source avec ses mandibules, et elle porte ce surcroît de matière aux endroits les plus faibles de sa nouvelle demeure. Après ces travaux, la larve, courbée en arc, demeure immobile dans sa coque membraneuse et transparente jusqu’à sa métamorphose en nymphe : un espace de six à huit jours lui suffit pour se changer en Insecte parfait, et le Cionus, parvenu à son dernier état, détache, avec beaucoup de netteté, un segment sphérique à l’une des extrémités de sa loge et parait au jour. Plusieurs parasites, tels que les Stomostea pallipes, Duf.; Pleromalus larvarum, Spin., et Eurytoma abrotani, Rossi, attaquent les larves de Cionus.
Quelques auteurs rangent auprès des Cionus un genre Creorus, Meg., dont deux espèces européennes (lineariæ, Panz., et affinis), étudiées par M. Hammerschmidt sous le point de vue des métamorphoses, lui ont présenté des larves qui vivent au collet des plantes, où elles déterminent la formation de petites galles de formes irrégulières.
Fig. 223. — Cionus pulverosus. Fig. 22%. — Sphenophorus liralus.
Genre GYMNETRON, Sch., à antennes courtes, gréles : funicule de cinq articles : massue ovale; rostre allongé, cylindrique, plus ou moins arqué, un peu rétréci vers l'extrémité; corselet trés-court, transversal, à angles postérieurs habituellement arrondis, un peu convexes en dessus, parfois canaliculé en dessous; écusson arrondi en arrière; élytres plus où moins planes, presque carrées; jambes médiocrement fortes; corps ovalaire, ailé. Les Gymnetron, que Germar réunissait aux Cionus, et qui leur ressemblent beaucoup par leur forme générale et par leur taille, sont au nombre d'une cinquantaine d'espèces, qui habitent presque toute l’Europe, et se trouvent aussi en Sibérie, en Perse et dans le midi de l’Afrique. Ces Insectes se nourrissent des plantes basses sur lesquelles on les rencontre; comme type, nous nommerons le G. campanulæ, Latr., à corps entièrement noir, avec les élytres striées, obtuses à l'extrémité, commun sur les Campanules dans nos environs; d'autres espèces, également parisiennes, sont les G. beccabungæ, Linné, et teter, Fabr. Ces petits Cureulioniens vivent, à l'état de larve, sur diverses plantes dont ils rongent les fleurs, et ils subissent leurs métamorphoses dans les fruits des mêmes plantes qui sont atrophiés et remplacés par une petite galle, La larve du Gymnetron villosulus, Sch., ronge les fleurs de la Veronica beccabunga, et, selon M. Bouché, détermine la formation de petites galles, où elle subit ses transformations; et, d’ après
M. Loew, elle vivrait aussi dans les fruits; celle du G. verbasci, Sch., ainsi que le fait remarquer M. Ed. Perris, se trouve dans les fruits du Verbascum; enfin la larve du G. campanulæ, Linné, vit dans les fleurs de la Campanula rhomboïdalis, et se transforme en nymphe dans l'ovaire de cette plante, qui est atrophié ettransformé en une petite galle par l’Insecte parasite : cette dernière observation, ja plus complète que nous ayons sur les métamorphoses des Gymnetrons, et qui comprend l'histoire complète de la larve et de la nymphe, est due à M. le docteur Al. Laboulbène, qui a été à même de la faire à la Grande-Chartreuse, lors du congrès provincial de 1858 de la Société entomologique de France (Annales, troisième série, tome VI, page 900, planche XVII).
Genre NANOPHYES, Sch. (Nanodes, Sch., olim), à antennes longues, gréles : funicule de cinq articles : massue grande, oblongue, ovalaire, pointue à l'extrémité; rostre allongé, cylindrique; corselet conique; élytres un peu ovalaires, bossues; pattes longues; corps très-convexe, ovalaire, bossu, rétréci aux deux extrémités, ailé. Une vingtaine d'espèces propres pour la plupart à l'Eu-* rope et au nord ainsi qu'au midi de l'Afrique, anciennement réunies aux Cionus, et dont le type est le N. tamarisci, Dej. L'histoire des mœurs de cette espèce a été faite, d'abord par M. P. Gervais, et plus tard par M. H. Lucas; la larve vit dans l'ovaire du Tamarix, et elle présente ce fait curieux que, renfermée dans le fruit, elle peut le faire sauter à différentes reprises. Cette observation intéressante peut être rapprochée d’une remarque recueillie également par M. H. Lucas, et se rapportant à une petite chenille de Lépidoptère nocturne qui se renferme dans une graine d'Euphorbe exotique, et qui fait faire à cette graine de petits sauts très-appréciables.
Un genre que nous avons déjà signalé, celui des Coxrarus, Germ., est placé ici par quelques auteurs. L'espèce typique, le C. chrysochlora, Lucas, a été étudiée par M. Ed. Perris sous le point de vue des métamorphoses : la larve, noire, avec un liséré jaunâtre latéral, se trouve en France sur le lamarix Gallica, et en Algérie sur le T. Africana; elle ronge les feuilles de ces arbustes, et se construit une coque pour se métamorphoser en nymphe: cette coque, de la grosseur d’un pois, est formée d’un élégant réseau.
Enfin le dernier genre de la tribu que nous étudions est celui des MECINUS, Germ., à antennes courtes : funicule de cinq articles : massue ovalaire, presque solide; rostre court, fort, cylindrique, incliné; corselet cylindrique; élytres allongées; pattes courtes, fortes; corps allongé, cylindrique; ailé. Ce genre comprend une dizaine d’espèces plus grandes que celles des groupes précédents, et particulières surtout à l'Europe méridionale et au nord de l’Afrique. L'espèce typique est le M. collaris, Germ., d’une assez grande partie de l'Europe, surtout dans les contrées septentrionales : Ja larve en a été décrite par MM. Chapuis et Candèze; elle se loge dans les hampes du Plantago maritima, et y forme, au-dessous de l’épi, un renflement fusiforme, assez allongé, dans lequel elle subit ses métamorphoses.
3° section (Calandrides, Blanch.), comprenant d'assez nombreuses espèces de Curculioniens ayant pour caractères : rostre long; antennes de sept à dix wrticles, soudées après le premier : funicule composé d'articles en nombre variant de quatre à sept : massue d'un seul ou de deux articles, spongieuse à l'extrémité, et pouvant se partager, d'après Schœnberr, en quatre tribus, celles des : Camypyloscélides, Calandrides où Rhynchophorides, Cossonides et Dryophthorides.
16° tribu, Campyroscéuines, à antennes médiocres, plus ou moins grêles : funicule de sept articles : massue presque solide, indistinctement articulée; rostre recourbé, mince; pattes antérieures distantes à la base : tibias recourbés.
Cette tribu, qui semble établir le passage des Cionides aux véritables Calandres, ne comprend que quelques Curculioniens exotiques, rares dans les collections, et qui constituent trois genres créés par Schænherr; les deux premiers, propres à la côte australe de l’Afrique, et principalement à la Guinée, sont ceux des CAMPYLOSCÉLUS et AMORBAIUS, et le dernier, exclusivement propre à Madagascar, est celui des EPIPHYLAX.
17e tribu, CaraNDRIDES où RHYNCHOPHORIDES, à antennes médiocres, plus ou moins gréles : funicule ? 9,
habituellement de six articles, mais chez quelques-uns de cinq : massue presque solide, tantôt biarticulée, tantôt indistinctement articulée; rostre recourbé ou droit.
Cette tribu renferme deux cent cinquante à trois cents espèces réparties dans une trentaine de genres, et propres à toutes les parties du monde. Ce sont des Insectes, les Charançons par excellence du vulgaire ou Calandres des anciens naturalistes, dont la taille est excessivement variable, tantôt très-petite, comme dans nos espèces indigènes, tantôt notablement grande, comme chez les espèces particulières aux pays chauds. Les métamorphoses des Calandrides sont connues depuis longtemps, et cela devait être, car l'on sait que la larve de notre Calandre du blé vit dans les graines de la céréale la plus cultivée pour la nourriture de l'Homme, et cause souvent de très-graves dégâts; les larves des espèces exotiques dévorent également les substances farineuses, mais, au lieu de la prendre dans les graines, elles vont la chercher dans l'intérieur de différentes espèces de Palmiers et de Cycadées : nous reviendrons bientôt sur ce sujet intéressant, et nous passons immédiatement à l'indication des différents groupes génériques.
A. Chez les uns les antennes sont insérées vers le milieu du rostre, et les élytres couvrent le pygidium.
Genre principal, RHINA, Oliv., à antennes moyennes : funicule de six articles : massue allongée, cylindrique, compr'imée à l'extrémité, presque solide; rostre très-allongé, avancé, grêle, inégal en dessus; mandibules à trois dents; mâchoires allongées, velues, légèrement membraneuses; palpes maxillaires très-petits, de trois articles, le dernier plus long que les autres, ovalaire où un peu conique; corselet ovalaire; écusson triangulaire; élytres allongées, cylindriques; pattes lonques, principalement les antérieures : cuisses allongées, simples, comprimées : jambes épineuses : tarses allongés, spongieux; corps oblong, presque cylindrique, convexe, «ilé. Les Rhina, par leur forme générale, ont quelque chose des Lixus, et c’est pour cela que Fabricius réunissait à ce groupe les espèces qu'il en connaissait. Ce sont de grands Insectes, généralement noirs, et dont le rostre est fortement prolongé; on en décrit une dizaine d'espèces, surtout propres à l'Amérique méridionale et insulaire, et dont une (Afxelii, Sch.) provient de Sierra Leone en Afrique, et une autre (nigra, Drury) de Madagascar. L'espèce la plus anciennement connue est le R. barbirostris, Fabr., long d'à peu près 02,09; corps noir; rostre velu; corselet légèrement canaliculé, avec des points enfoncés; élytres crénelées, striées; cuisses simples, allongées, aplaties : se trouve communément dans l'Amérique du Sud. M. le docteur Ch. Coquerel a dit quelques mots de la larve du Rhina nigra; il l'a figurée, ainsi que la nymphe (Ann. Soc. ent., 1848, p. 181, pl. VID). Ce Rhina accomplit ses métamorphoses dans le tronc du Vacoua (Vinsonia utilis, Gaudichaud), qui est très-commun à Madagasear, surtout aux environs de Sainte-Marie; la larve ressemble à toutes celles des Curculioniens; elle est apode, très-épaisse et très-ramassée; la tête est petite, orbiculaire, cornée, ainsi que la partie supérieure du premier segment, et, comme ce dernier, d’un brun foncé; le reste du corps est d'un jaune clair; le tronc du Vacoua dans lequel ces larves ont été trouvées en grande abondance était abattu et déjà en décomposition, ce qui, comme le font remarquer MM. Chapuis et Candèze, confirme l’assertion de M. Burmeister, lorsqu'il dit que les Calandrides n’attaquent que les Palmiers maladifs, brisés ou renversés par les vents.
Les autres genres de la même subdivision sont ceux des: Srparus, Sch., le plus anciennement connu, à cuisses légèrement renflées, renfermant une vingtaine d'espèces de l'Amérique méridionale, de la Guinée, des iles de Sumatra, de Java et des Philippines, ete., et dont le type est la Calandra granulata, Fabr., grande espèce noiràtre, à élytres obscures, ponctuées et siriées, et assez commune à Sumatra. — Harpacrenus, Sch., deux espèces brésiliennes. — Srnænocxaraus, Sch. (Orthognathus, Sch., olim), type, S. lividus, du Brésil. — Srromsoscerus, Sch., espèce unique, S. Schuppeli, de Madagascar.
B. Chez les autres les antennes sont insérées vers la base du rostre : le funicule est toujours de six articles, et le pygidium est nu ou non recouvert par les élytres.
Beaucoup d'entre eux sont de grande taille, et propres en général aux pays chauds.
Tel est surtout le genre des RHYNCHOPHORES, Rhynchophorus, Herbst, Sch., à antennes trèscourtes, très-fortes : funicule à premiers articles très-courts et les autres longs : mussue médiocre, transverse, comprimée, sécuriforme; rostre allongé, fort; corselet un peu ovalaire; élytres égale
ment ovalaires, un peu arrondies à l'extrémité, et presque tronquées; pieds très-courts, ciliés, de grandeur à peu près égale; corps elliptique, ovalaire, souvent plan et rarement couvert en dessus, opaque, glabre ou un peu poilu, ailé. Herbst, en 1795, fonda, aux dépens des Curculio de Linné, le genre Rhynchophorus (du grec puyxos, bec; gopos, porteur), et cette dénomination fut adoptée par quelques auteurs; mais Clairville, en 1798, et Fabricius, en 1801, la changèrent en celle de Calandra (nom tiré de la dénomination de Calandre que porte vulgairement l'espèce la plus tristement célèbre, la C. granaria), et ils furent suivis en cela par Olivier, Latreille, Illiger, Germar, Dejean, Sturm, ete., tandis que Thunberg nomma le même groupe Cordyle. Plus tard, le genre
Fig. 225. — Rhynchophorus ou Calandra heros.
Rhynchophorus où Calandra, devenu très-nombreux en espèces présentant des caractères importants différenciels, dut être, à juste raison, partagé en plusieurs groupes génériques; et, outre plusieurs autres genres, NOUS avons aujourd'hui, dans la nomenclature des Curculionites, un genre Rlynchophorus et un genre Calandra. Quant au premier, le seul dont nous devions nous occuper actuellement, nous l'adoptons tel qu'il a été constitué et caractérisé par Schænherr. — Les Rhynchophores sont de grands Coléoptères, à couleurs noires, ou au moins assez sombres, que l’on trouve principalement dans l'Amérique méridionale, dans l'Afrique australe, dans les îles de Java, Sumatra et des Philippines, à la Chine, ete. Le type est le Curculio palmarum, Linné, vulgairement nommé CHARANÇON DES PALMIERS: long de 02,03 à 0,04; à corps entièrement d’un noir velouté; rostre long; corselet plan en dessus, un peu brillant; élytres d’un noir mat, sans taches, courtes, profondément striées : se trouve communément au Brésil et à Cayenne. L'histoire des métamorphoses d cette espèce, ébauchée par Herbst et par Latreille, et plus complétement donnée par mademoiselle Sibylle de Mérian, est assez bien connue aujourd'hui. La larve est très-grosse, d'un blanc sale, et vit dans les troncs des Palmiers, dont elle dévore la matière féculente et qu’elle détériore considérablement : au moment de se transformer en nymphe, elle se forme une coque ovale, avec des filameuts du bois
qu'elle détache à cet effet : cette larve, qui est très-commune à la Guyane, est, dit-on, mangée par les Américains, qui la font préalablement cuire. Une espèce gigantesque, que nous représentons de taille naturelle, est le Rhynchophorus où Calandra heros, dont nous avons préféré donner la figure plutôt que celle d'une de nos espèces indigènes, qui, avec la même forme générale, ont le désavantage d’être excessivement petites.
Les genres voisins de celui-ci, et qui, pour la plupart, comprennent quelques espèces qui y étaient anciennement réunies, sont ceux des : Prorocenus, Sch., quelques gigantesques espèces de Java et des Indes orientales; type, Calandra colossus, Fabr. — Macrocuerrus, de Haan, une espèce (prætor, Sch.) de Java. — Cyrrorracaezus, Sch., trois belles et grandes espèces : C. dux, Sch., de l’Assam; longipes, Fabr., des Indes orientales, et Lar, Erich., de Manille. — Liruornyneuvs, Sch., une su perbe espèce (L. Westermannii, Sch.) du royaume d’Assam près des monts Himalaya. — Onmaio- LAMPUS, Sch., trois espèces du Bengale et de Java, dont le type est l'O. Cuvieri, Sch.— Coxocernazus, Sch., quelques espèces de la Cochinchine, des îles de France, Bourbon et Madagascar : l'espèce la plus anciennement connue est la Calandra limbata, Kabr. — Triconoransus, Guérin, une espèce de la Nouvelle-Hollande (T. calandroides). — Porertopnonus, Sch., une très-grande espèce (niveus, Klug) de Java. — Pnacecorynes, Sch., la seule Calandra Sommeri du cap de Bonne-Espérance, décrite par M. Burmeister, et dont le même auteur a dit quelques mots de la larve. — Euexorisrus, Sch., uneespèce, la Calandra monachus, Oliv., de Madagascar, — Creremocerus, Guérin, une dizaine d'espèces exclusivement orientales et surtout particulières à l’ile de Java; l'espèce type de ce genre (acupunctatus, Chevr.), du Mexique, vit dans la tige ou la racine du Manguey (Agave Cubensis), dont les naturels obtiennent une boisson qui se convertit en boue infecte lorsque cette plante est attaquée par la larve de ce Curculionien. — Scypnopnorus, Sch., un petit nombre d'espèces particulières au Mexique. — Crerrnorus, Sch., deux espèces (Audouini, Sch., et variolosus, Klug) de Madagascar. — Acanrmarninus, Sch., une espèce (Dregei) du cap de Bonne-Espérance. — Axinopnorus, Sch., une grande espèce de la Guinée, le Livus gages, Fabr. — Spnenoconyaus, Sch., ayant pour espèce unique le Curculio quadripunctatus, Weber, de Java et de Sumatra. — Mecarnocrus, Sch. (Belorhynchus, Guérin), trois espèces de Java, de Sumatra et de Sierra Leone, sur la côte d’Afrique; cette dernière est le Rhynchophorus funebris, Iliger. — Brroræus, Sch., type et espèce unique, B. carmelitus, Hoffm., du Brésil.
Beaucoup d’entre eux, de taille moyenne ou petite, répandus sur tout le globé, et semblant établir le passage des grandes Calandrides exotiques à nos petites espèces indigènes, constituent un seul et grand genre.
C'est le groupe générique des SPHÉNOPUORES, Sphenophorus, Sch., à antennes médiocres, très-fortes : furicule à deux premiers articles de la base oblongs et Les autres courts, légèrement arrondis : massue brièvement ovalaire, comprimée, cunéiforme; rostre allongé, assez gréle; corselet oblong; élytres également oblonques, un peu ovalaires, planes en dessus, arrondies à l'extrémité; pieds médiocres, forts, tous à peu près d'égale longueur; corps elliptique, ovalaire, plan en dessus ou légèrement convexe, ailé. Ce genre renferme plus de cent espèces répandues sur tout le globe, et surtout plus abondantes dans les régions chaudes que dans les contrées tempérées ou froides. Plusieurs entraient dans les genres Rhynchophorus ou Calandra des anciens auteurs, et beaucoup aussi n'ont été découvertes que dans ces derniers temps : ce sont des Insectes généralement de taille moyenne et de teintes uniformes peu remarquables. Les métamorphoses de deux espèces propres aux Antilles ont été décrites; M. Guilding s'est occupé de celles du Sphenophorus sacchari, espèce décrite par lui, et M. le docteur Ch. Coquerel (Ann. Soc. ent. de France, 1849, p. 445, pl. XIV) a donné une description complète du Sphenophorus liratus, Sch. D'après le dernier entomologiste que nous venons de nommer, les larves du S. liratus vivent dans l’intérieur du trone du Bananier (Musa paradisiaca) au milieu des fibres où elles creusent de nombreuses galeries; au moment d'accomplir leur dernière transformation, elles construisent, à l’aide de leurs fortes mandibules, des coques très-solides avec les fibres qui les entourent; ces coques présentent à leur intérieur des couches de fibres parallèles placées cireulairement et avec une grande régularité : elles sont de forme ovale, avec une extrémité plus pointue, et c’est en écartant les fibres circulaires de cette dernière, à l'aide de son bec, que l'insecte parfait abandonne sa prison, lorsqu'il s'est dépouillé de l'enveluppe de la nymphe. C'est dans le tronc pourri couché à terre d’un Bananier que ces larves ont été
prises, etil est probable qu'elles ne pénètrent dans l'arbre qu'après sa mort; en effet, M. Ch. Coquerel a cherché plusieurs fois sans succès des larves dans l’intérieur de trones de Bananiers vivants, et il fait observer que si les gaînes des feuilles emboîtées qui forment la tige apparente des Bananiers ne sont attaquées qu'après leur mort, le Sphenophorus liratus, au lieu d’être nuisible, serait un insecte utile, puisqu'il contribuerait à hâter la décomposition des vieilles souches et respecterait les jeunes pousses. Tes espèces européennes sont les Sphenophorus piceus, Pallas, de moyenne taille, entièrement d’un marron plus ou moins noirâtre, qui a été trouvé en France, mais qui est surtout commun en Sibérie et dans le Caucase; abbreviatus, Fabr., de la taille du précédent, et moins rare, entièrement noir, assez commun dans l'Europe moyenne et méridionale, de la Sibérie occidentale et du Caucase; Duponchel pense que la larve de cette espèce vit dans l’intérieur des tiges des roseaux, et il se base pour cela sur ce qu’il a plusieurs fois trouvé l'insecte parfait sur les plantes aquatiques d'une mare qui existait jadis sur les bords de la Seine, à l'extrémité du Champ de Mars, avant la construction du pont d’Iéna; c’est un fait resté inaperçu jusqu'ici, et qu'il serait intéressant de vérifier, aussi avons-nous cru devoir le signaler; parumpunctatus, Sch., du midi de l'Europe; opacus, Sch., d'Italie; mutilatus, Laïch., et meridionalis, Dej., de l'Europe méridionale et moyenne; ardesius, Oliv., du midi de la France, ete. Les espèces américaines, surtout dans la partie septentrionale, sont beaucoup plus nombreuses que les espèces européennes.
Enfin les petites espèces, qui ne sont guère qu'au nombre d’une vingtaine, et néanmoins propres à presque toutes les régions du globe, ne constituent que deux genres, dont l’un renferme prineipalement les Curculioniens nuisibles au blé, au riz et à d’autres substances employées pour lalimentation de l'Homme.
C'est le genre typique des GALANDRES, Calandra, Clairville, Fabr., à antennes très-courtes, assez grèles : funicule avec les deux articles de la base très-longs, coniques, et les autres courts, un peu turbinés : massue oblongue, ovalaire, légèrement acuminée; rostre allongé, gréle, épais à la base, légèrement arqué dans le plus grand nombre des cas; corselèt un peu allongé; élytres oblonques, un peu carrées, arrondies vers l'extrémité et plus courtes que l'abdomen; pieds médiocres, forts; corps oblong, linéaire, très-plan, marqué de sculptures, ailé. Nous avons expliqué plus haut que ce genre a été créé par Herbst sous la dénomination de Rhynchophorus, que Clairville, Fabricius, ete., ont changé ce nom en celui de Calandra, que nous adoptons avec les entomologistes qui, à juste raison, ne veulent pas faire disparaitre de la nomenclature des noms devenus classiques; nous avons dit aussi que ce groupe primitif a été partagé en plusieurs coupes génériques que nous avons nommées, et 1] ne nous reste plus qu'à ajouter que, telle que nous la concevons, la division des Calandres correspond au genre Srropinus de Schænbherr. En effet, le savant auteur du Genera et Species Curculionidum, probablement pour que ses Rhynchophorides ne renferment que des genres dont les dénominations soient tirées du grec, a changé le nom sans signification ou barbare de Calandru en celui de Sitophilus, du grec cos, graine, et oûes, jaime; mais c’est là, comme le fait à juste raison observer Duponchel, une méthode très-vicieuse, de sacrifier ainsi le fond à la forme, car on doit toujours respecter les noms admis dans la science et consacrés par l'usage, comme celui dont il s'agit, et la priorité scientifique doit toujours prévaloir. — Aïnsi compris, le genre Calandra renferme une vingtaine d'espèces qui habitent tout le globe, et principalement les plages méridionales; Schœnherr, outre nos C. granaria et oryxæ, qui se trouvent surtout en Europe et sont devenus cosmopolites, en indique des espèces de l'Amérique, tant méridionale que septentrionale, des îles de France et de Bourbon, des Indes orientales, de Java, de Sumatra, du Bengale, de la Guinée, ete. Ces Insectes, tous petits, de teintes peu remarquables et assez sombres, habitent presque exelusivement dans les graines des végétaux. Tous marchent très-lentement sur le sol et les troncs d'arbres, et se cramponnent fortement aux corps qui les soutiennent,
L'espèce la plus commune en Europe et la plus redoutable pour nous, puisqu'elle attaque en si grand nombre la base de notre nourriture, et qui, par cela même, est aujourd’hui devenue presque cosmopolite, est la Gazanpre pu 81é (Cureulio granarius, Linné; Calandra granaria, Oliv.; Sitophilus granarius, Seh.). C'est un Insecte long d'environ 0,009, à corps étroit, allongé, d’un brun foncé, sans taches; rostre très-long relativement à la grandeur du corps; corselet ponctué, aussi long que les élytres; celles-ci assez courtes, profondément striées et ponctuées : se trouve presque partout, et n'est pas rare aux environs de Paris. Beaucoup d'auteurs, et particulièrement, selon
Fig. 1. — Cercicodera nigri-costis Fig. 2. — Tachygonus horridus.
Fig. 5 — Mycetophagus quadrimaculatus
MM. Chapuis et Candèze, Leuwenhoek, Frisch, de Géer, Herbst, Geoffroy, Latreille, Kirby et Spence,
Keforstein, MM. Westwood, Harris et un grand nombre d’autres, se sont occupés des métamorphoses de ces Curculioniens, et ont fait connaître la larve, qui est petite, blanchâtre, et ressemble beaucoup, en miniature, à celles de la même famille. Cette larve est quelquefois en si grand nombre dans un monceau de blé, qu'elle n’en laisse que le son; et malheureusement, l'on ne s'aperçoit de ces dégâts que lorsqu'il n’est plus temps d'y remédier, attendu qu’elle ne ronge que l'intérieur du grain qui la renferme, et qu’elle y prend tout son accroissement, sans endommager l'enveloppe; de sorte que ce n’est qu'en prenant une poignée de grains qu'on reconnaît à leur légèreté qu’ils sont vides. Les tas de blé, quelque gros qu’ils soient, une fois envahis par la larve de la Calandre du blé, sont bientôt entièrement perdus, à cause de sa prodigieuse fécondité : la femelle pratique obliquement un trou dans un grain de froment et y dépose sur le côté ou sous l'enveloppe un seul œuf, passe à un autre grain et ainsi de suite, et la jeune larve se conduit comme nous l'avons dit, dévore peu à peu toute la substance farineuse, et, quand elle a pris tout son accroissement, se change en nymphe, puis en insecte parfait dans le grain même. L’Insecte en sort alors, s’accouple, et la femelle vient déposer de nouveaux œufs qui se transforment bientôt en larves, qui recommencent le dégät que nous avons signalé. Parmi les divers moyens indiqués par les agronomés pour prévenir ou diminuer les ravages de ces Insectes, nous ne mentionnerons que celui qu'on a reconnu être le plus efficace et en même temps le moins coûteux, renvoyant pour plus de détails aux ouvrages spéciaux. Lorsqu'un tas de blé est infesté par les Calandres, on dresse à côté de ce tas un petit monticule de grains auquel on ne touche plus, tandis qu'on remue le premier assez fréquemment avec une pelle. Les Calandres qui habitent le grand tas, étant inquiétées, l’abandonnent en partie pour se réfugier dans le petit, auquel on ramène, avec un balai, celles qui s’en écartent. On continue cette opération pendant quelques jours, et à des intervalles très-rapprochés, et lorsqu'on juge que le nombre des individus réunis dans le petit tas est assez considérable, on les fait tous périr en jetant sur celui-ci de l'eau bouillante. Ce procédé, qui détruit les insectes parfaits, et non les larves contenues dans les grains, ni même les œufs, qui résisteraient très-probablement à l’action de l’eau bouillante, doit être employé à l’époque des premières chaleurs, avant que la ponte ait lieu; il réussit plus complétement, si l’on substitue au petit tas de blé une quantité égale de grains d'orge, pour lesquels il parait que les Calandres ont une préférence marquée. Le procédé dont nous venons de parler, et qui, pourrions-nous dire, censiste à faire la part du feu. est le meilleur, et cependant il est insuffisant pour remédier au mal. Beaucoup d’autres moyens ont été indiqués et ne valent pas mieux; l’action de la chaleur, dont on a parlé, ne détruit pas le plus habituellement les œufs, et d’autres expédients occasionnent des dépenses plus considérables que le mal ne fait aux eultivateurs. Nous devons donc avouer qu'ici, comme dans plusieurs cas analogues, les moyens préservatifs sont insignifiants, et qu'il faut encore chercher s'il n’en existe réellement pas qui soient à la fois radicaux et exécutables.
Une autre espèce, la Cazanore pu r1z (Curculio oryxæ, Linné; Sitophilus oryxæ, Sch.), qui ressemble assez à celle du blé, et qui se trouve actuellement aussi sur tout le globe, principalement sur les plages méridionales, est, pour les pays où l'on cultive cette Graminée, un aussi grand fléau que la Calandra granaria en Europe, car elle a la même manière de vivre et de se propager; elle attaque aussi les grains de Mil, au Sénégal, selon Olivier, quoiqu'il soit probable qu'il s'agit ici d'une espèce voisine et distincte. Kirby et Spence, ainsi que MM. Kollar et Harris se sont occupés des métamorphoses de cette Calandre du riz.
Parmi les espèces exotiques nous ne citerons que la Calandra linearis, Herbst, des Indes, ane occidentales qu'orientales, qui, d'après la remarque de Duponchel, aurait été quelquelois trouvée dans des caisses de conserve de tamarin : ce qui semblerait annoncer que cet Insecte a une manière de vivre différente de celle des autres.
Un genre, créé par Schænherr, est placé par lui après celui des Calandra, et à la fin des Calandrides : c’est le genre très-peu connu des Carapy6es, qui ne comprend que le seul C. albostriatus, Fabr., de la Guinée.
18e tribu, Cossonives, à antennes courtes : funicule de sept articles : massue où indistinctement articulée ou presque solide, à extrémité presque toujours spongieuse; rostre infléchi; pieds anté-
rieurs distants à la base; élytres couvrant le pygidium; les deux premiers segments de l'abdomen beaucoup plus longs que les autres, joints intimement, mais appréciables.
Les Cureulioniens placés dans cette tribu ne sont guère qu'au nombre d'une centaine, et sont rangés dans dix ou douze genres. On en rencontre dans toutes les parties du monde. Ce sont des Insectes de taille moyenne ou petite, à teintes assez sombres. Leurs mœurs ont été peu étudiées; on sait seulement qu'ils vivent dans les troncs d'arbres, et c’est surtout à cause de ces habitudes qu'on les a parfois, au moins pour quelques-uns, réunis aux anciens Xylophages. Grâce aux travaux de M. Éd. Perris (Insectes du Pin maritime, Ann. Soc. ent. de France, 4856), on connaît aujourd'hui les métamorphoses de plusieurs espèces d'au moins deux genres de cette tribu, et c’est d'après lui que nous allons donner quelques détails à ce sujet. La larve du Rhyncolus porcatus, Müller, ressemble beaucoup à celle du Dryophtorus lymeæylon, et n'en diffère guère que par une petite saillie un peu dentiforme vers le milieu du bord interne des mandibules en dessous : on la trouve pendant toute l'année dans les trones et les souches des vieux Pins morts ou abattus depuis plusieurs mois au moins. La larve du R. strangulatus, Perris, diffère principalement de la précédente par la disposition de ses mandibules, et n'a été rencontrée que dans les troncs de Pins abattus depuis deux ans au moins, et munis ou dépourvus de leurs écorces, et elle aime un bois qui n’a pas de séve etest ramolli par le temps; mais ce qu’elle préfère principalement, ce sont les bois de charpente, pour lesquelselle est un fléau plus redoutable encore que le R. porcatus; l'insecte parfait aime à pondre dans les bois où il a vécu, et, d'après cette habitude, il est très-nuisible. La larve du Merites pallidipennis, Sch., a la physionomie des larves de Rhyncolus, mais s’en distingue par son corps plus plissé en travers, et même marqué sur le dos de petites stries ou rides longitudinales; sa lèvre inférieure n'est pas limitée par une ligne rousse et un peu cornée, décrivant une sorte de cœur, ce qui est rare chez les Curculioniens : elle attaque le Pin maritime, mais elle le fait dans des conditions toutes particulières : il lui faut du bois profondément pénétré de l’eau de mer et souvent baigné par elle, ainsi qu'a pu le constater M. Éd. Perris à la Teste, sur les bords du bas-in d'Arcachon. On trouve là, parmi les masses de Zoctera rejetées par les flots, des souches et des troncs de Pins morts depuis longtemps, qui, après avoir séjourné dans la mer, ont été jetés sur le rivage, et que les marées atteisnent et recouvrent fréquemment; c’est dans ces débris ramollis par l’eau ainsi que par un commencement de décomposition, et ordinairement dépourvus d’écorces, que le Merites aime à pondre, c'est là aussi qu'au mois de juillet on trouve abondamment la larve, la nymphe et l’insecte parfait : il faut dix ou onze mois à la larve pour se métamorphoser entièrement. Après avoir fait connaître ces diverses larves, M. Éd. Perris s’est occupé de celles du Magdalinus carbonarius, Fabr., genre de Cureulionien dont nous avons parlé, et qui vit dans les tiges sèches du Pin maritime.
Parmi les genres de cette tribu, deux sont principalement admis aujourd'hui par tous les auteurs : ce sont les Cossonus et les Rhyncolus.
Genre COSSONE, Cossonus, Clairville, à antennes médiocres, h'ès-fortes, insérées vers la base du rostre : funicule de sept articles, dont les deux de la base plus longs que les autres : massue trèsgrande, arrondie, presque solide; rostre allongé, grêle ou épais; corselet oblong, presque carré, élytres longues, linéaires, tronquées à la base, arrondies à l'extrémité, peu convexes en dessus, couvrant le pygidium; pieds médiocres; corps très-allongé, légèrement linéaire, marqué de sculptures, dur, ailé. Les Cossonus sont de médiocre grandeur et noirâtres : on en trouve dans toutes les parties du globe, et l’on en décrit plus de soixante espèces. Comme type nous citerons le C. linearis, Fabr., à corps très-allongé, très-grêle, noir; rostre long, très-aminei à la base, beaucoup plus épais à l'extrémité; antennes ferrugineuses, corselet oblong, ponctué; élytres striées; pattes brunes : se trouve en France et a été signalé aux environs de Paris. D'autres espèces, comme les C. ferrugineus, Clairv.; cylindricus, Dej., ete., habitent l'Europe; beaucoup proviennent de l'Amérique, comme le corticollis, Fabr.. du Brésil; il en est du cap de Bonne-Espérance (elongatulus, Fabr.), de Java (canaliculatus, Vabr.), ete.
D'autres genres voisins des Cossones, et dont plusieurs des espèces y étaient anciennement réunies, sont ceux des : AmorpnocErus, Sch., quelques espèces exclusivement de Cafrerie.—Ponrueres, Sch., une espèce (Zamiæ) du même pays que les précédentes. — Mesrres, Sch., trois espèces : les M. cunides, Sol., du midi de la France; Tardti, Vigors, d'Angleterre, et pallidipennis, Sch., de France, A'Égypte, etc. — PazæopuaGus, Sch., groupe dans lequel on range une quinzaine d’ espèces euro-
s 5 péennes, africaines et américaines, établissant le passage des Cossonesaux Rhyncoles, et renfermant des espèces jadis rangées dans l’un ou l’autre de ces deux groupes; parmi nos espèces nous citerons les P, lignarius, Marsh., de la Suisse, de la Finlande et de l'Angleterre; spadiæ, Herbst, de l'Autriche, de l'Ilyrie, de l'Italie et du nord de l’Afrique; sculptus, Sch., de la Suisse; nucipes, Chevr., d'Italie, etc.
Genre RHYNCOLES, Rhyncolus, Creutzer, à antennes très-courtes, très-épaisses : funicule de sept articles, le basilaire très-grand, turbiné, et les autres très-courts, un peu perfoliés : massue trèspetite, presque ronde, indistinctement quadriarticulée; rostre chez la plupart très-court, très épais; linéaire; corselet oblong, médiocrement convexe; écusson petit, arrondi; élytres allongées, conveæes, cylindriques; pattes très-courtes; corps petit, allongé, un peu cylindrique, dur, ailé. Le genre Rhyncolus diffère surtout de celui des Cossonus par le premier article du funicule antennaire plus long que les autres, par la massue petite, par le rostre autrement formé, et par le corps plus convexe. Du reste, les espèces qui y entrent, au nombre d'une trentaine, sont également petites, noirâtres, et propres à toutes les parties du monde. Comme type nous citerons le R. chloropus (Hylesinus), Fabr., petit, à corps noir, glabre; antennes courtes, épaisses; pattes d'un roux brunätre; élytres à peine plus larges que la base du corselet, linéaires : se trouve dans les bois morts de toute l'Europe. D'autres espèces européennes sont les : R. cylindricus, Sch., d'Espagne et de Dalmatie; elongatus, Gyllh., d'Allemagne; porcatus, Müller, des Pyrénées; culinaris, Reich, de France et du nord de l'Europe; truncorum, Schüpp., très-répandue partout; reflexus, prise à Paris, etc.
Enfin les derniers genres qui terminent la tribu sont ceux des : Carozerurus, Sch., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Progces, Sch., deux espèces de Madagascar. — Eumycrerus, Sch., une espèce unique (albosquamatus, Ghevr.), d’Anatolie.— Lvmanres, Sch., une espèce (scrobicollis) de l'Amérique boréale. — Microxyogius, Chevr., type, M. Westwoodii, de l’île de Sainte- Hélène.
49 tribu, Davoparaonies, à antennes courtes: funicule de quatre articles : massue ovulaire, s0lide, pubescente à l'extrémité; rostre long, un peu infléchi; pygidium couvert par les élytres.
Cette division ne renferme que le seul genre DRYOPHTHORUS, Schüppel, qui ne comprend luimême que quatre espèces, à corps allongé, entaillé, dur, souvent couvert d’une matière pulvérulente, et dont le type est le D. lymexylon (Liæus), Fabr., très-petit, d’un gris noirâtre, se trouvant en Allemagne, en Suisse, en France, au Caucase, etc.; les trois autres espèces du même groupe sont de l'Amérique boréale, de la Nouvelle-Zélande et de Madagascar. — L'espèce typique, le D. lymexylon, a été étudiée complétement, sous le rapport de ses métamorphoses, par M. Ed. Perris (Ann. Soc. ent. de France, 4856, page 215); la larve, qui ressemble à celle des Hylastes, attaque le bois des vieux arbres, et principalement du pin, du chêne, du peuplier du Canada, etc., et a les mœurs des larves des Xylophages; la nymphe ne présente rien de bien particulier; il n’y à qu’une seule génération annuelle, et la ponte a lieu aux mois de mai et de juin.
Fig. 226, — Cossonus lineuris. Fig. 227. — Diveymerus altus. Fig. 228. — Temnopiulus cerasi