TRENTE-TROISIÈME FAMILLE
BOSTRICHIENS. BOSTRICHIL. Blanchard, 1845.
Corps généralement cylindrique; tête ordinairement recouverte par le corselet, invisible en haut; menton carré; languette de consistance variable et sans paraglosses; mächoires ciliées, bilobées, en lamelles; antennes composées de neuf à onxe articles, insérées au bord antérieur des yeux, et à trois derniers articles en massue; pronotum et parapleures du corselet confondus ensemble; pattes assez fortes; hanches de celles de devant et du milieu grosses, globuleuses, ovalaires, saillantes, et celles de derrière transversales; jambes à éperons terminaux bien développés : tarses de cinq articles, le premier très-petit et les second et troisième, au contraire, assez grands; abdomen ayant en dessous cinq segments, dont le premier est le plus grand de tous.
Le genre Bostrichus de Geoffroy, établi sur le Dermestes capucinus de Linné, est le type de la petite famille qui nous occupe. Fabricius, assez longtemps après Geoffroy, eut le tort d'appliquer le nom de Bostrichus à certains Scolytes, et il lui substitua celui d’Apate, qui, contre toutes les règles de la nomenclature, fut adopté par tous les entomologistes modernes. Cependant, en bonne zoologie, la dénomination d'Apate aurait dû disparaître de nos Catalogues, ou n'y être placée qu'en synonymie, si, dans ces derniers temps (Ann. de la Soc. ent. de France, deuxième série, t. IT, Bulletin de 1843), M. Guérin-Méneville ne l'avait conservé aussi bien que celle des Bostrichus, en appliquant le nom de Fabricius à des espèces qui diffèrent du type de Geoffroy par des caractères d'assez grande valeur. Le travail de M. Guérin-Méneville, qui ne consiste malheureusement qu’en un simple tableau méthodique, est, avec la revue qu'en a donnée de son côté M. Th. Lacordaire, le seul travail général que nous ayons sur les Coléoptères de cette famille. Quant aux genres, au nombre d’une quinzaine, qui y ont été créés, ils sont dus aux auteurs que nous avons cités et à Herbst, Dejean, Stéphens, et à MM. de Castelnau, Duftschmidt, Guérin-Méneville, Leconte, Mulsant, Lucas, ete.
Les Dostrichus, que Latreille regardait comme n'ayant que quatre articles à tous les tarses, et que conséquemment il rangeait dans sa division des Tétramères, famille des Xylophages, ont réellement cinq articles tarsiens (excepté peut-être chez les Psoas, où il semble n’y en avoir que quatre), mais réellement, le premier d’entre eux est excessivement petit et difficile à apercevoir. Ces Insectes ont les plus grands rapports avec les Anobiens, à côté desquels ils doivent réellement être rangés, si même ils ne doivent pas y être réunis, ainsi que le proposent quelques auteurs. D'un autre côté, ils doivent avoisiner les Cis et les Scolytes, ce qui nous a engagé à les éloigner autant que nous l'avons fait des Anobium et des Ptinus.
Excepté chez les Psoas, le corps de ces Insectes est cylindrique, revêtu de téguments assez solides, et presque constamment glabre en dessus. Le corselet, dans presque tous les cas, recouvre la tête, qu'il surplombe lorsqu'on les regarde en dessus; cette tête est plus ou moins grosse, ovalaire, et a beaucoup d'analogie avec celle de la plupart des Scolytes. Les organes buccaux, principalement les mandibules, sont très-robustes. Les yeux sont médiocres. Les antennes, assez fortes, ont une massue variable en longueur. Les élytres sont ordinairement tronquées à leur extrémité. Les tarses sont médiocrement allongés, comprimés, velus, et le sommet de leur dernier article présente, dans la plupart des espèces, un onychium surmonté de plusieurs soies.
Les Bostrichiens sont des Insectes habituellement d’un noir uniforme ou de couleurs sombres, essentiellement xylophages; on en trouve dans toutes les parties du monde, et quelques-uns semblent être cosmopolites; diverses espèces exotiques, d’assez grande taille, doivent faire beaucoup de tort aux arbres qu’elles attaquent. Pour celles d'Europe, comme elles sont beaucoup plus petites, et qu'elles sont loin de multiplier autant que celles des Scolytes, on a peu à se plaindre de leurs ravages. Cependant l’une d’entre elles, le Bostrichus spinosus d'Olivier, dont la larve vit dans l'inté-
rieur des sarments de la vigne, nuit beaucoup aux vignobles, pendant certaines années, dans le midi de l'Europe, et M. Kollar (Deuschrift der Vien. Acad., tome [*'), a donné à ce sujet d’intéressants détails.
Fig. 229, — Bostrichus capucinus. Fig. 250. — Apate Dufourii.
Pu reste, les organes buccaux de ces Coléoptères sont excessivement puissants et très-bien disposés pour détruire les tissus des végétaux les mieux organisés, et même pour perforer des matières plus résistantes, telles que certains métaux. M.Emy (Ann. de la Soc. ent.de France, premiére série, tome II, 1833) avait signalé déjà, d’une manière générale, des parties entières de toitures en plomb, qu'il avait vues à la Rochelle, non-seulement rongées, mais entièrement percées par des larves de Bostriches. J'ai été à même (Revue xoologique, 1844) de donner une observation plus complète sur le même sujet et se rapportant spécialement au Bostrichus (Apate) capucinus, « M. du Boys, de Limoges, disais-je dans l’ouvrage que je viens de citer, m'a remis des clichés typographiques percés en deux endroits et à d’inégales profondeurs, par des Insectes. L'un des trous, assez régulièrement arrondi, d'un diamètre d'environ quatre millimètres, a près de quatorze millimètres de profondeur : il est perpendiculaire; l'Insecte, pour former ce trou, a dû perforer plusieurs doubles du papier qui enveloppait les elichés, puis la première plaque métallique, une feuille du papier paille interposée, deux plaques d’alliage typographique, une nouvelle feuille de papier, et là, rencontrant une dernière plaque métallique, il semble, en quelque sorte, n'avoir pas eu la force de la percer, et il n’a fait que l’attaquer assez légèrement. Le second trou, n'ayant à peu près que dix millimètres de profondeur, est oblique; il ne traverse que l'enveloppe des clichés, la première plaque métallique et la feuille de papier interposée, et vient se terminer sur la seconde plaque, où l’on remarque des traces évidentes d’altération. Les perforations des divers plis du papier qui enveloppait les clichés correspondent parfaitement avec les trous formés dans les plaques métalliques, et forment des espèces de conduits assez semblables à ceux que l’on rencontre si souvent dans le bois. Le canal creusé dans l’intérieur du métal offre un même diamètre dans toute son étendue, et ses bords présentent des traces nombreuses de coups de mandibules des Insectes. Deux Coléoptères, à l’état parfait, ont été trouvés dans les clichés, ce sont des Apate (Bostrichus) capucina, Fabricius. On doit se demander comment ces Insectes ont pu pénétrer dans les clichés. Est-ce à l'état d’insecte parfait ou à l’état de larve? Aucun fait positif ne peut venir résoudre complétement ce problème. Cependant, quant à moi, je pense que c’est l’insecte parfait qui a perforé le métal typographique. Je erois que l’Apate capucina, après avoir véeu à l’état de larve et de nymphe dans quelques morceaux de bois placés dans l'imprimerie où étaient déposés les clichés depuis plus de dix-huit mois, et après s’y être transformé en insecte parfait, a rencontré sur son passage les plaques métalliques, et qu'il ne les a rongées que pour vaincre l'obstacle qui se présentait devant lui. La position de l’Insecte trouvé mort la tête contre le fond du trou, semble appuyer mon opinion. En outre, on a recueilli avec beaucoup de soin les Insectes trouvés dans les clichés; si on y avait rencontré des dépouilles de larves et de nymphes, pourquoi ne les aurait-on pas également conservées ? Un grand nombre d'Insectes, particulièrement des Coléoptères Xylophages et Capricornes, peuvent percer le bois aussi bien à l’état de larve qu’à celui d’Insecte parfait; pourquoi, dans certaines circonstances, ne pourraient-ils pas attaquer le plomb sous ces deux états? Pourquoi les larves, ainsi qu'on l'admet en général, auraient-elles seules cette propriété? Enfin l'expérience suivante vient prouver qu'évidemment des Insectes à l’état parfait peuvent perforer des plaques métalliques. On à pris trois creusels de plomb assez minces, un Callidium sanguineum. Fabricius, à l’état d'insecte parfait, a été
placé dans le premier creuset, puis par-dessus on a mis un second creuset dans lequel 1l y avait également un Callidium sanguineum; enfin un troisième creuset a été placé encore en dessus. Quelques jours après celte opération, on a séparé les creusets les uns des autres, et on a vu que le creuset intermédiaire offrait un trou arrondi, par où l’un des Insectes était sorti pour aller rejoindre l’autre; le trou qui a été formé par le Callidium sanquineum est irrégulièrement arrondi, d'un diamètre d'environ six millimètres. »
Si nous voulions aller plus loin, nous pourrions, comme nous l’avons fait ailleurs, citer plusieurs faits d’Insectes perforant des plaques métalliques. Audouin a présenté, en 1833, à la Société entomologique de France (Bulletin, première série, tome I[, 1833), une plaque de plomb provenant d’une couverture de bâtiment, et sur laquelle des larves; disait-il, de Callidium avaient creusé assez profondément de nombreuses sinuosités; les larves, après avoir percé le bois de la couverture d’un loit, avaient rencontré le plomb et elles l'avaient rongé; il semblait, dit l’auteur, qu'elles s'étaient logées dans le métal, de même qu’elles le font habituellement dans l’intérieur du bois afin de s'y fabriquer une retraite pour le moment de leurs métamorphoses : opinion que nous ne pouvons admettre, car nous pensons que ce n’était qu'accidentellement que ces Insectes avaient perforé le métal. M. Westwood indique, d’après M. Stéphens (Introd.tothe modern class. of Insects, 1.1, 1839), une observation relative à des Callidies, l'Hylotrupes bajulus, Fabricius, qui ont attaqué des plaques métalliques; les larves de ces Coléoptères, d’après l’auteur anglais, auraient vécu dans de vieux poteaux qu'elles auraient perforés dans toutes les directions, malgré les plaques de plomb qui les recouvraient. M. le marquis de Brême (Ann. Soc. ent., Bull., deuxième série, tome II, 1844),a montré plusieurs cartouches de soldats perforées vers l’une de leurs extrémités par des Insectes, dont on n’a pu malheureusement connaître l'espèce; on sait que la balle oceupe l'extrémité de la cartouche, et c’est à cet endroit que les trois enveloppes de papier avaient été perforées, et que la balle elle-même avait été rongée à une profondeur de quatre à cinq millimètres; les cartouches dont il est question provenaient de l'arsenal de Turin, où elles étaient placées dans des barils construits en bois de Mélèze; comme on a remarqué que le bois d’un des barils avait été attaqué d'une manière très-manifeste, il parait probable que les Insectes ou les larves, après avoir percé le baril, auraient rongé les enveloppes des cartouches, et enfin les balles elles-mêmes. M. le docteur Piccioni (Ann. Soc. ent., Bull., deuxième série, tome II, 184%) indique des Cetonia cardui, qui, pour pénétrer dans des ruches, auraient fortement agrandi des trous percés dns des lames de zinc, tous destinés au passage des Abeilles, et qui n'auraient pas permis le passage d’Insectes plus gros que ces Apiens; mais cela est loin d’être démontré d’une manière positive. Enfin un fait analogue à ceux que nous venons de citer a été rapporté il y a un an environ à l'Académie des sciences et à la Société entomologique, et a donné lieu à des remarques intéressantes de MM. le maréchal Vaillant, C. Duméril, Guérin-Méneville, de Motschoulsky, etc. Cette fois, il s’agit d'un Hyménoptère, le Sirex ou UrocÈre Jouvenceau (Sireæ juvencus, Linné; Urocerus juvencus, Geoffroy), Insecte trèscommun dans une grande partie de l’Europe, surtout dans le nord, où il fait beaucoup de mal dans les forêts d'arbres résineux, M. le maréchal Vaillant a montré à l’Académie plusieurs paquets de cartouches dont les balles ont été percées très-fortement, et même quelques-unes de part en part, pendant le séjour de nos troupes en Crimée, par le Sirex que nous venons de nommer; M. C. Duméril pense que ce sont les femelles, qui, à leur état parfait, ont perforé les balles de plomb avec leur oviduete, de la même manière qu'elles entament les tiges de Sapins, pour y déposer leurs œufs; M. Guérin-Méneville, au contraire, croit que ce sont les larves qui ont produit ce dégât, et il appuie son 6pinion sur ce que d’un côté l’oviducte des Sirex ne lui semble pas assez consistant pour percer un corps métallique, et que, d’un autre côté, on sait que les larves des espèces de ce genre peuvent perforer des galeries dans un bois très-solide, à l’aide de leurs fortes mandibules. On peut done expliquer facilement l’observation de M. le maréchal Vaillant, en admettant, ce qui est très-possible, que les caisses renfermant les cartouches, et construites en bois de Sapin, contenaient des larves de Sirex, et que ces larves elles-mêmes, ou plutôt les insectes parfaits, ainsi que nous l'avons dit, n’ont attaqué le plomb des cartouches que parce qu'ils l'ont trouvé sur leur chemin, lorsqu'ils cherchaient à se livrer un passage à l'extérieur.
Après cette digression, qui nous a peut-être entrainé trop loin, nous devons revenir à notre sujet.
Les métamorphoses des Bostrichiens sont assez bien connues. M. Ed. Perris, dans son Histoire des
Insectes du pin (Ann. Soc. ent. de Fr., deuxième série, t. VIE, 1850), a surtout décrit, avec de grands détails, la larve du Bostrichus capucinus, Fabr., dont Ratzeburg avait déjà dit quelques mots, et il a indiqué les différences que l’on remarque dans les larves des B. sinuata, Fabr.; sexdentata, Oliv., et Dufourit, Latr., cette dernière, qui avait déjà été étudiée par Klingelhæffer. Enfin Kollar s’est occupé de la larve du B. bispinosus, Oliv., qui fait beaucoup de tort à la vigne dans le Tyrol; et M. H. Lucas (Explor. scient. de l'Algérie, A84T) a cité les larves des B. Francisca, Fabr., qui vivent dans le Cytisus spinosus, et du B. dactyliperda. Ces larves ont beaucoup de rapport avec celles des Anobiens, surtout par leur forme générale, qui est tout à fait semblable; mais en même temps, tout en ayant de l’analogie avec celles des Clériens, surtout par la disposition de leurs tarses, elles ont un organisme tout à fait semblable à celui des Scolytes. Leur corps est moins ridé transversalement que celui des larves d'Anobiens, ce qui rend les segments plus distinets, et les rides s’effacent même tout à fait à la partie postérieure; il n'y a pas de spinules en dessus, et l'on ne voit de poils que sur les trois derniers segments abdominaux. Ce qui caractérise surtout ces larves, c’est la présence d'antennes de quatre articles et l'absence complète d'yeux. Elles vivent constamment dans l’intérieur du bois, et elles se changent en nymphes au milieu des détritus des galeries qu’elles ont creusées, sans se renfermer dans une coque, comme le font celles des Anobiens.
C’est avec cette famille que nous commencerons l'histoire des XYLOPHAGES (Xylophaga) de Latreille, sur lesquels nous devons présenter quelques considérations générales, d’après le Règne antmal (2° édition, tome V, 1829).
Les Xylophages ont une tête terminée presque toujours sans saillie notable, en forme de trompe ou de museau, comme cela a lieu dans les Cureulioniens; leurs antennes sont plus grosses vers leur extrémité, ou perfoliées dans leur base, constamment courtes, de moins de onze articles dans le plus grand nombre, et leurs tarses sont à articles ordinairement entiers, ou dont l’avant-dernier est en forme de cœur chez quelques-uns; et, dans ce dernier cas, les antennes sont toujours en massue, soit solide ou ovoïde, soit divisée en trois feuillets, et les palpes sont petits, coniques. Ces Insectes, en général de taille petite, rarement moyenne, vivent habituellement dans le bois, et c’est là peutêtre la seule particularité qu’ils présentent tous, mais qu'ils partagent aussi avec beaucoup d'espèces d'autres familles. Leurs larves percent le bois et y creusent des sillons en divers sens, et quand elles sont très-abondantes dans les forêts, celles de pins et de sapins particulièrement, elles font périr, en peu d'années, une grande quantité d'arbres et les mettent hors d'état d'être employés dans les arts; quelques autres font beaucoup de tort à l'olivier, et d'autres encore se nourrissent de champignons non comestibles, et, sous ce rapport, ne sont pas nuisibles à l'Homme.
Latreille forme trois sections parmi ces Coléoptères hétérogènes.
1° Ceux dont les antennes, ayant dix articles au plus, tantôt se terminent en une forte massue le plus souvent solide, de trois feuillets allongés dans d’autres, tantôt forment, dès leur base, une massue cylindrique et perfoliée, et dont les palpes sont coniques; les jambes antérieures du plus grand nombre sont dentées et armées d’un fort crochet, et les tarses, dont l'avant-dernier article est souvent en cœur ou bilobé, peuvent se replier sous elles. Genres : Scolytes, Hylurgus, Hylesinus, Camptocerus, Phloiotribus, Tonvicus, Platypus, Paussus, Cerapterus, ete.
2° Ceux dont les antennes n'offrent que dix articles, et dont les palpes, ou les maxillaires au moins, ne vont pas en s’amincissant vers le bout, mais sont de la même grosseur partout, ou dilatés à leur extrémité; les articles de leurs tarses sont toujours entiers. Genres: Bostrichus, Psoa, Cis, Nemosoma, Manotoma, Synchita, Cerylor, Rhyxophaqus, ete.
3° Ceux dont les antennes ont onze articles très-distinets, des palpes filiformes ou plus gros à leur extrémité dans les uns, plus menus au bout dans les autres, et tous les articles des tarses entiers. Genres : Lyctus, Diodesma, Bitoma, Mycetophagus, Colydium, Triphyllus, Meryx, Dasycerus, Latridius, Silvanus, Trogositu, Prostomis, Passandra, etc.
Enfin d'anciens Xylophages, pour Latreille, constituent, dans la deuxième édition du Règne animal, sa famille des PLATYSOMES, renfermant les genres Cucujus, Dendrophagus, Uleoiota, ete., sur lesquels nous reviendrons plus tard.
Les genres des Bosrricutens, dont nous devons actuellement présenter le tableau, sont peu nombreux, et les deux groupes typiques sont les suivants : 1° BOSTRIQUE, Bostrichus, Geoffr., à téte petite, un peu ovalaire, enfoncée jusqu'aux 1 yeux duns le corselet; antennes de dix articles : le premier et le second moins longs que les cinq suivants, celui-ci presque conique; massue assez dentée, lâche ou assez serrée; à corps allongé, presque cylindrique ou un peu déprimé en dessus; on en indique une vingtaine d'espèces, qui semblent répandues sur toute la surface du globe, présentent des couleurs variées, depuis le gris cendré, avec des taches blanches, jusqu'au noir, et en passant par les teintes brunes, rousses, rougeâtres, et qui sont de taille moyenne ou petite; le type est le B. capucinus, Geoffr. (Apate capucina, Fabr.; Dermestes capucinus, Linné), à élytres brun rougeàtre, et à tête noirâtre. 2 APATE, Fabr., Guérin, à tête cylindroïde, allongée; à antennes de dix articles, les deux premiers aussi longs que les cing suivants, celui-ci plus allongé : massue avec les articles transversaux fortement en scie, et à élytres allongées, cylindriques, souvent tronquées et dentées à l'extrémité; à peu près aussi nombreux que le genre précédent, ce groupe renferme les plus grandes espèces de la famille, telles que les Apate terebrans, Pallas (sous la dénomination générique de Ligniperda), où muricata, Fabr., entièrement noire, et signalée en Afrique et en Amérique, et monacha, Oliv., du Sénégal; d’autres espèces (Francisca, Fabr.: ; r'ufiventris, Lucas, ete.) sont de taille moyenne et habitent. principalement l'Europe.
Des genres, qui sont plus ou moins voisins de ceux-ci, sont ceux des : — Sinoæylon, Duftschmidt (Trypocladus, Guérin), ayant pour type le Sinodendron muricatum, Fabr., petite espèce répandue dans une grande partie de l’Europe, et, en outre, quelques espèces européennes, indiennes, etc. — Xylopertha, Guérin, groupe comprenant presque exclusivement de petites espèces (type, Apate siauata, Fabr., commun dans toute l’Europe). — Enneodesmus, Mulsant, ne renfermant que le Bostrichus trispinosus, Oliv., décrit comme de Mésopotamie, et retrouvé depuis dans le midi de la France. — Dinoderus, Siéphens, formé pour de petites espèces, les À. substr'iata et elongata, Paykubl, qui ne différent peut-être que de sexe, propre à l’Europe boréale, et ocellaris, Stéph., d'Angleterre. — Rhyxoperta, Stéph., genre ne renfermant que le Sinodendron pusillus, Fabr., petite espèce que Fon rencontre dans les maisons, où il se comporte, au point de vue du régime, comme les Ptinus, qui paraît devenu cosmopolite, quoique sa patrie primitive semble être le nord de l’Europe, et qui ressemble beaucoup à un Cis, surtout par la conformation de ses tarses.
D'autres genres, qui diffèrent plus notablement des Bostrichus, sont les suivants : — Psoa, Herbst, à tête découverte, graduellement rétrécie en arrière; à antennes plus longues que la tête, de dix articles, premier gros, médiocre, obconique, second court, assez épais, troisième à septième courts, presque égaux, huitième à dixième larges, déprimés, formant une massue lâche; et à corps allongé, finement villeux : on n'en indique que trois espèces (Viennensis, Herbst, d’ Autriche; Italica, Dej., d'Italie, et Herbstii, Küster, de l'Italie méridionale), toutes d'assez grande taille, remarquables par leur couleur d’un vert bronzé, avec les élytres d'un rouge de cinabre plus ou moins vif. — Srexo- MERA, Lucas, qui ne diffère du précédent que parce que ses antennes auraient onte articles, et qui comprend uniquement le S. Blanchardii, d'Algérie, d'un noir brunâtre, avec deux taches à la partie antérieure des élytres, la suture et les bords latéraux des mêmes organes fauves. — Exops, Curtis (Polycaon, Cast.), groupe auquel on peut joindre, avec M. Th. Lacordaire, ceux des : Heterartluon, Guérin; Allæocnemis, Leconte, et Melalgqus, Dej., qui n’en sont plus que des subdivisions secondaires : la téte est découverte, allongée, régulièrement convexe ou excavée en dessus; les antennes plus longues que la tête, de onxe articles : le premier gros, conique, le deuxième plus court el presque aussi épais, le troisième petit, les quatrième à huitième graduellement plus courts, et les huitième à onvième formant une massue large; enfin le corps est allongé, plus ou moins vil leux : on en décrit une dizaine d'espèces, toutes américaines, de taille moyenne et de couleur peu
remarquable : le type est l'Exops Chilensis, Cast., Blanch., du Chili. —-Exorioïves, Guérin, groupe
ne se distinguant réellement du précédent que par un article de moins aux antennes, et ayant pour espèce unique l’Æ. carinatus, de Bolivie.