TRENTE-SEPTIÈME FAMILLE
MONOTOMIENS. MONOTOMIL. Nobis, 1859.
Corps allongé, déprimé, souvent parallélipipède; tête un peu avancée en manière de museau trian=qulaire, obtus, et rétrécie antérieurement; antennes de dix articles, dont le dernier forme une massue solide disposée en bouton; palpes labiaux et maxillaires très-petits, non saillants, de la même grosseur partout; mandibules peu développées; corselet séparé de la tête par un étranglement en sorte de cou dans lequel la tête peut s'enfoncer postérieurement, ou de la même largeur, et n'en étant distinct que par un très-léger étranglement; pattes assez courtes; tarses en général au nombre de quatre à toutes les pattes, toujours entiers.
Notre famille des Monotomiens correspond au grand genre Monotomu, tel que Latreille l'a admis comme subdivision primaire dans le Règne animul, et à la division des Monotomites de l'Histoire naturelle des Insectes de MM. Castelneau et E. Blanchard, éditée par Duméril. Cette subdivision répond aussi, en partie au moins, aux Colydiens d’Erichson. Nous devons avouer que les Monotomiens constituent une famille incomplétement caractérisée, et, dès lors, assez peu naturelle, et que si plusieurs des genres qu’elle renferme doivent rester placés les uns à côté des autres, plusieurs autres doivent aussi en être éloignés pour être rangés dans des familles très-distinetes. Nous aurions voulu suivre à cet égard la classification d'Erichson; mais cela nous a été impossible, parce que nous avons surtout cherché dans cet ouvrage, comme nous l’avons déjà dit dans d’autres volumes, à respecter, le plus que nous l'avons pu, la méthode de Latreille, si généralement suivie en France, et que, spécialement ici, nous avons groupé les unes à côté des autres les petites familles qui constituaient l’ancienne division des Xylophages. Nous savons l'inconvénient qu'il y a dans le genre de classification que nous avons adopté, mais nous pensons aussi qu'il offre quelque avantage à une époque que nous pourrions dire de transition entre la méthode de Latreille, ou tarsienne, et celle plus naturelle des entomologistes allemands, tirant sa caractéristique de l'ensemble des particularités que présentent les Insectes, méthode qui tend, avec des modifications plus ou moins profondes non encore faites complétement, à être généralement suivie. Parmi les motifs qui nous ont engagé à poursuivre la voie dans laquelle nous étions entré dès le commencément de cet ouvrage, nous dirons seulement aussi que la trop grande multiplicité des familles nous semble un motif de confusion, et que, pour s’y reconnaître dans le chaos qui peut en résulter, pour laisser voir les liens qui unissent ces divisions les unes aux autres, nous avons cru utile de restreindre le nombre de ces groupes primaires, et, au moins, de les réunir de manière à reconstituer généralement les anciennes subdivisions, plus connues vulgairement.
Ceci posé, nous devons revenir à notre famille des Monotomiens.
Ces Insectes sont des Coléoptères de très-petite taille, qui vivent en général sous les écorces des arbres, et que l’on rencontre aussi assez souvent dans les détritus végétaux et animaux, soit en plein air, soit dans les serres, les étables, et même dans les fourmilières. D'après leur petitesse et la difficulté de les rencontrer, on comprend facilement qu'on n’en connaît qu'un nombre assez peu considérable d'espèces, et que c'est principalement en Europe qu'on les a observés, quoiqu'il doive réellement en exister dans toutes les parties du monde, aussi bien dans les régions chaudes que