‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 29 sur 42 · CE · texte numérisé non relu

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dans les régions froides. Le genre le plus anciennement connu est celui des Monotoma d'Herbst, à côté duquel vient se ranger le groupe des Cerylon, Latreille, et quelques autres subdivisions génériques dues principalement aux zoologistes modernes. Les rapports que les Monotomiens ont avec plusieurs divisions primaires des Coléoptères sont assez complexes; si, d'un côté, ils sont assez voisins des Paussiens, des Scolytiens, des Bostrichiens et des Cucujiens, d’un autre côté, ils ont beaucoup d'affinité avec les Nitidulaires, à côté desquels les place immédiatement Erichson, avec les Cryptophagiens, avec les Dermestiens, avec quelques anciens Hétéromères, et même avec les Érotyliens, si l'on comprend les Ipsides dans cette dernière famille. Ces rapports entre des familles aussi éloignées les unes des autres ne montrent-ils pas que la série linéaire que l'on cherche constamment à établir par les Coléoptères, ainsi que dans les autres branches du règne animal, n’est pas naturelle, et qu'il faudrait peut-être trouver un autre mode de classification? Le genre de vie des Monotomiens n’est pas parfaitement connu : on ne sait s'ils sont exclusivement phytophages, comme les Scolytiens, ou si, comme les Nemosoma, genre longtemps placé parmi les Xylophages, et qu'à l'exemple d'Erichson, nous avons rangé avec les Nitidulaires, la plupart d’entre eux ne se trouvent dans les troncs des arbres que parce qu’ils sont parasites et dévorent les larves des Insectes qui s’y logent. De bonnes observations seraient utiles à faire à ce sujet, et c’est l’un des desiderata de la science. L'histoire de leurs métamorphoses est également à peine ébauchée. M. Nærdlinger (Ent. Zeit. zu Stett., 1848) se borne à dire que la larve du Synchita Juglandis, Fabr., vit dans le charme. La larve du Cerylon histeroides, Fabr., décrite par Erichson (Naturg. der Insect. Deutschl., 1845), est un peu mieux connue : cette larve a beaucoup d’analogie avec celle du Colydium fiiforme, dont nous parlerens bientôt, et s'en distingue seulement par les caractères suivants : le corps est allongé, déprimé, et allant en se rétrécissant un peu à sa partie antérieure; la tête est petite, étroite, assez dirigée en avant; les mandibules ont une extrémité simple, et une petite dent dans le milieu; leurs palpes maxillaires paraissent formés de trois articles, dont le terminal est bien distinct; la languette est courte, échancrée en avant; le corselet est corné en dessus : chacun des deux autres segments thoraciques offre en dessus deux taches cornées : cette larve, qui est très-petite, a été trouvée par Erichson sous l'écorce du pin. C’est probablement à une espèce de la même famille, probablement au genre Cerylon, que l'on doit rapporter la larve que M. Westwood a fait connaitre dans son Introduction à l’Entomologie, 1859, sous la dénomination de Rhyzophagus bipustulatus.

&, 1 K à 7 (D if l/ | ù Fig. 24%. — Myrmechixenus Fig. 245.— Langelandia anophthalma. Fig. 246. — Monotoma unicollis. sublerraneus (Grossi.) (Grossi.) (Grossi.)

Le genre principal de cette famille est celui des MONOTOMA, Herbst, Latr., à corps allonge; iéte triangulaire, légèrement avancée en museau obtus; antennes ayant leurs deux premiers articles plus gros que les suivants et presque égaux : premier un peu plus grand que les autres, et le ditième ou dernier en massue bien marquée, offrant les vestiges d'un ou de deux articles; corselet à peu près de la méme largeur que la tête, et séparé de cette dernière par un étranglement; tarses de quatre aricles. On place dans ce genre un nombre assez restreint d'espèces, principalement propres à l'Europe, et dont le type est le M. picipes, Herbst, long de 0%,001, à corps noir, et qui n'est pas rare

aux environs de Paris sous les écorces des arbres. Les Monotomes se rencontrent dans les fumiers et sous les écorces; ils vivent de détritus végétaux, préférant toutefois ceux qui contiennent des matièresanimalisées : deux espèces (M. conicollis et angusticollis) vivent en société avec des Fourmis.

Les autres genres sont les suivants : Syxeurra, Hellw., à corps allongé, carré, fortement déprimé; tête à prolongement antérieur transverse, sans prolongement antérieur; antennes à deux premiers articles à peu près semblables, et le dernier en massue solide, en forme de bouton, grande; corselet plus large que-long, séparé de la base des élytres par un intervalle sensible : quelques espèces, dont le type est le S. Juglandis (Lyctus), Fabr., long de 0®,002 à 0,005, avec le corps brunûtre et les élytres quelquefois entièrement brunes à la base, quelquefois ornées d'un point d’un jaune testacé : d’une grande partie de l'Europe, et même de nos environs. —CerxLow, Latr., à corps assez long, ovalaire, aplati; tête ayant son extrémité antérieure avancée en forme de triangle obtus; antennes beaucoup plus longues que la tête, à premier article plus gros que le suivant, et dernier en massue en bouton; corselet plus large que long, sans rebords, n'étant pas disjoint d'avec les élytres : on connaît plusieurs espèces européennes de ce genre, et la principale est le C. histeroides (Lyctus), Fabr., long d'à peu près 0,001; à corps noir ou d'un brun marron brillant, et entièrement glabre : habite les environs de Paris. — Myrmecaixenus, Chevrolal, à corps assex long, très-déprimé; antennes de onze articles, un peu plus longues que le corselet, à second article et suivants jusqu'au septième moniliformes, un peu tronqués à l'extrémité : cinq derniers allant en augmentant de grosseur; yeux petits, arrondis, peu saillants; corselet ayant autant de largeur à son sommet que de hauteur; tarses simples, de quatre articles : ce groupe, qui n’a été découvert que dans ces derniers temps, ne renferme que deux espèces propres au climat de Paris : le M. subterraneus, Chevr., très-petit, d’un brun noirätre, vivant dans les fourmilières, et vaporariorum, Guérin, dévorant dans les serres chaudes les détritus des végétaux et peut-être certains Insectes.

C’est peut-être dans la même famille, quoique nous ne les y admettions qu'avec beaucoup de doute, que l'on doit ranger les deux genres Bitoma et Lyctus, qui ont aussi beaucoup d'analogie avec les Ips, dont ils faisaient jadis partie, et qui, dès lors, devraient peut-être être placés soit parmi les Nitidulaires, soit parmi les Érotyliens, familles qui, suivant différents entomologistes, renferment les Ipsites: et, en outre, les Bitomes sont peut-être plus rapprochées encore de certains anciens Hétéromères, et les Lyctes des Cissiens, famille dans laquelle nous en avons parlé.

Le genre BITOMA, Herbst, a pour caractéristique : corps long, étroit, presque parallélipipède, déprimé; tête obtuse à sa partie antérieure, presque tronquée transversalement; antennes de on%e articles, un peu plus longues que la tête, plus courtes que le corselet, et moins longues que dans les Monotoma : massue de deux articles; corselet carré, plat, un peu plus étroit que les élytres; celles-ci longues, déprimées; tarses de quatre articles : type, B. crenata, petit, à corps noir, avec les antennes, les élytres, les jambes et les tarses rouges : commun dans toute l’Europe sous les écorces d'arbre; une autre espèce est le B. contracta, Fabr., qui a la même patrie et le même habitat que l'espèce précédente.

Dans le genre LYCTUS, Fabr., le corps est plus étroit, presque linéaire; les antennes de onxe articles, de la longueur du corselet, très-distantes, avec une massue biarticulée; les mandibules sont peu saillantes, quoique en partie découvertes; les palpes filiformes; la tête un peu avancée; les yeux très-qros, proéminents; le corselet long, un peu plus étroit que les élytres; abdomen long; tarses de quatre articles, tous entiers : l'espèce la plus connue est le L. canaliculatus, Fabr., long d'environ 0®003; d’un brun testacé, couvert d’un léger duvet jaunâtre: se trouve assez communément sous les écorces dans nos environs.

Auprès des Bitomes et des Lyctes doit venirse placer un genre des plus singuliers et qui n’a été découvert que dans ces derniers temps: c’est le genre LANGELANDIA, Aubé (Ann. Soc. ent. Fr., 1842), surtout remarquable en ce qu'il est privé de l'organe de la vue et qu'il n’a pas d'ailes sous les élytres. Les caractères des Langelandia sont les suivants : corps allongé, entièrement déprimé; tête déprimée, fortement enfoncée dans le corselet; antennes en massue, assez courtes, composées de onze articles : les deux premiers plus gros que les sept suivants, les deux derniers plus forts que les autres, constituant la massue; épistome coupé carrément; labre très-petit, arrondi, cilié; mandibules robustes, bidentées à l'extrémité; mâchoires membraneuses, mousses, qarnies de cils roides en dedans; palpes : maæillaires de quatre articles, labiaux de trois; menton assez saillant, arrondi;

languette tridentée; pas d'yeux; corselet quadrangulaire; élytres couaées, recouvrant entièrement l'abdomen et l'embrassant sur les côtés; ailes nulles; pattes médiocres; tarses de trois articles : les deux premiers réunis, plus courts que le troisième, qui est terminé par deux crochets égaux. Ge genre vient augmenter le nombre des quelques Coléoptères aveugles, tels que les Claviger, l Anommatus terricola, le Monopsis brunnea et les Anophthulmus; cette anomalie est des plus singulières, mais on peut assez bien s’en rendre compte par le genre de vie des Insectes que nous venons de nommer; en effet, les Clavigers, toujours enfermés dans des galeries souterraines où les Fourmis les retiennent captifs; les Anommates, vivant dans le sol; les Monopsides, dans les endroits les plus sombres des écuries les moins éclairées, oùon les rencontre sousle fumier; les Anophthalmes, que l’on ne trouve que dans les cavernes et grottes souterraines entièrement privées de la lumière du ciel, n'ont pas besoin d'organes de vision, puisque ces organes leur seraient tout à fait inutiles. Il en est de même des Langelandies, qui vivent assez profondément dans la terre, où elles se nourrissent de détritus de végétaux, s’attachant souvent aux piéces de bois posant à terre, qui, par leur propre poids se sont un peu enfoncées dans le sol. et qui tendent à se pourrir. La seule espèce de ce genre est le Langelandia anophthalma, Aubé, long de 0,003 à 0,004, étroit, allongé, près de quatre fois aussi long que large, entièrement d’un brun ferrugineux; il a été découvert à Paris même par Langeland, repris depuis par MM. Montandon, Rouzet, etc., et constaté dans plusieurs autres contrées.

Le genre ANGMMATUS, Wesm., à yeux nuls ou oblitérés; à antennes de dix articles, avec la massue globuleuse, d'un seul article, ete., a, par son manque d'organes de vision, quelque rapport avec les Langelandia, mais par l’ensemble de ses caractères se rapproche davantage des Monomata et des Cerylon : l'espèce unique est l'A. terricola, qui, comme l'indique son nom, se trouve dans la terre.

Un autre genre, également voisin des Lyctes et des Bitomes, est celui des Dionesma, Meg., Dej., Latr., à antennes de la longueur du corselet; corps ovale-oblong, convexe, avec le corselet presque demi-orbiculaire, et l'abdomen à peu près ovalaire : type, D. subterranea, Dej., d'Allemagne.

Les derniers genres que nous venons de passer en revue tendent à établir le passage des Monotomiens aux Mycétophagiens, surtout par leurs antennes ayant onze articles bien distincts, dont les deux derniers forment la massue, etc.

C’est probablement dans la même famille, et auprès des Cérylons, qu’on doit mettre les genres peu connus des Bothryderus et Pycomerus, Erichson.

Quant au genre Rhyzxophagus, que Latreille mettait entre les Cérvlons et les Monotomes, il est bien reconnu aujourd'hui qu'il comprend des espèces pentamères, et qu’il doit faire partie de la famille des Nitidulaires, dans laquelle nous l'avons compris.

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