‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 30 sur 42 · TRENTE-HUITIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

TRENTE-HUITIÈME FAMILLE

MYCETOPHAGIENS, MYCETOPHAGII. Nobis, 1859.

Corps assez petit, ovalaire ou plus ou moins allongé; tête petite; antennes, quère plus longues que la téte, insérées sous ses bords, de onze articles très-distinets : les trois ou quatre derniers formant la massue, ou le dernier étant plus grand à lui seul que les précédents réunis; mandibules recouvertes ou très-peu saillantes; corselet en général plus large que long; élytres un peu plus larges que le corselel; pattes assez peu développées; jambes non contractiles, assez grèles; tarses de quatre articles.

Cette famille répond au grand genre des Mycetophagus de Fabricius, indiqué comme groupe plus élevé dans le Règne animal de Latreïlle, à la division des Mycétophagites de MM. Castelneau et Blanchard (Hast. des Ins. de l'éditeur Duménil), et presque complétement aux familles des Latri-

Fig. 1 — Campsia cuprea Fig. 2 — Cistela fumosa

Pie. 3 — Cyllidium seminulum

Fig. 4. — Bostrichus punctatus Fig. D — Mycetophagus quadriquitatus.

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diens et Mycétophagides, ainsi qu'en partie à celle des Colydiens et même des Dermestiens d'Erichson. Elle est voisine des subdivisions que nous venons d'étudier et de celle qui va suivre, et faisait partie des Xylophages. Fabricius y indiquait les genres Mycetophagus et Colydium, Herbst celui des Latridius, Latreille ceux des Sylvanus et Meryx, et quelques autres auteurs divers groupes que nous mentionnerons bientôt.

Les Mycétophagiens sont assez nombreux en espèces pour la plupart européennes. Presque tous sont de petite taille, et ce n’est qu'exceptionnellement que quelques-uns d’entre eux atteignent une grandeur moyenne. Leur système de coloration est loin d'être brillant, et leurs teintes sont noirâtres ou d’un brun plus ou moins foncé. Leur habitat est à peu près le même que celui des Monotomiens : on les trouve sous les écorces ou au pied des arbres, dans les champignons, sous les débris des végétaux, dans le sol, etc. Leur régime semble être végétal dans la grande majorité des cas; mais, dans quelques circonstances, il est également carnivore.

On connaît les larves d’une quinzaine d'espèces de cette famille, et ces larves se rapportent à cinq genres particuliers, ceux des Colydium, Mycetophagus, Triphyllus, Latridius et Corticaria. Ces larves différent trop les unes des autres pour que nous puissions en donner une caractéristique générale, et nous croyons préférable d'en parler lorsque nous ferons l’histoire de chaque groupe générique plutôt que de le faire actuellement.

Les genres des Mycétophagiens peuvent être partagés en quatre petites tribus, qui correspondent à des divisions naturelles d'Erichson, que nous aurions considérées comme des familles distinctes, si nous n'avions craint d'augmenter trop considérablement le nombre des divisions primaires, et que nous désignerons sous les noms de Colydides, Mycétophagides, Latridides et Sylvanides.

I. Dans les Cozvnies, à corps linéaire; corselet à peu près de la largeur de la tête etdes élytres, le genre principal, unique encore pour beaucoup d'entomologistes, est celui des COLYDIES, Colydium, Fabricius, à corps long, linéaire; tête très-obtuse en devant; antennes un peu plus longues que la tête, insérées sur les bords de ses côtés, composées de onxe articles : les deux premiers beaucoup plus gros que les suivants, ceux-ci très-courts jusqu'au huitième, enfin les trois derniers formant une massue perfoliée, assez développée; labre très-petit, raccourci, transverse, entier; pulpes courts, terminés en massue : maæillaires une fois plus longs que les labiaux; mächoires ayant deux lobes : l'externe petit et dentiforme; corselet en carré, plus ou moins long, de la largeur de l'abdomen; tarses de quatre articles : Le premier et le dernier allongés, les intermédiaires courts. Les Colydies sont des Insectes de taille moyenne, dont on connaît une dizaine d'espèces en Europe, et qui toutes vivent sous les écorces des arbres : comme type nous citerons le Colydium elongatum, Fabr., long de 02,003 à 0®,004, à corps étroit, noir, ponctué, avec les antennes et les pattes d’un brun marron : se trouve en France, aux environs mêmes de Paris, dans les vieux bois, et spécialement sous l'écorce des chênes morts. Les larves de plusieurs espèces sont connues. Erichson a surtout décrit avec beaucoup de soin celle du Colydium filiforme, Fabr., espèce assez commune en Allemagne. Cette larve, qui est petite, blanchâtre, recouverte d'une peau molle et de forme tout à fait cylindrique, allongée, orêle, a la tête arrondie, un peu dirigée en avant, les ocelles sont au nombre de cinq de chaque côté, disposés derrière les antennes en deux séries transversales : l’intérieure formée de trois, la postérieure de deux, et tous petits, arrondis; les antennes ont quatre articles : le premier très-court, le deuxième et le troisième plus longs, et ces trois articles devenant graduellement plus grêles : le quatrième petit, sétacé, offrant à la base un petit article supplémentaire; la plaque sus-céphalique est de consistance écailleuse, assez dure, sans chaperon distinct, présentant deux lignes longitudinales enfoncées; la lèvre supérieure est saillante, semi-cireulaire; les mandibules ont l'extrémité cornée, bidentées; les mâchoires sont charnues, à lobe coudé et muni de petites soies sur les bords; les palpes maxillaires, ne semblant formés que de deux articles, en ont trois en réalité : les labiaux ont trois articles plus distinets; la lèvre inférieure est charnue; la languette est arrondie en avant; les segments thoraciques sont semblables aux abdominaux; les pattes sont assez courtes, formées d’une hanche un peu allongée, épaisse, dirigée obliquement : d'un trochanter court, soudé à la cuisse: d’une jambe plus petite, plus grêle, et d’un tarse composé d'un ongle simple, corné à son extrémité; les segments abdominaux offrent en dessus et en dessous des poils épars, dressés : le segment terminal est muni à son extrémité de deux pointes cornces, recour-

bées en haut; l'anus est tubuleux, rétractile, et sert à la progression; les stigmates sont au nombre de neuf paires. Ratzeburg et Sturm ont parlé de la larve du Colydium elongatum, Fabr.; et Mac- Leay de celle du C. castaneum.

Erichson a formé, sous la dénomination d'Auconiun, un genre particulier pour le Colydium sulcatum, Olivier : espèce longue d’à peu près 0",004, entièrement d'un roux ferrugineux, que l’on trouve dans presque toute l'Europe sous les écorces des arbres.

IL. Dans les Mycéropnacines, à corps ovale, avec le corselet élargi en arrière, on comprend surtout le genre MYCÉTOPHAGE, Mycetophagus, Fabr., à corps ovalaire; antennes de onze articles, se r'enflant en massue dès le sixième ou septième article, et le dernier allongé, presque ovoide; corselet beaucoup plus large que long, ayant ses angles postérieurs un peu en pointe; élytres légèrement plus larges que le corselet, un peu carrées, une fois plus longues que larges; abdomen ovalaire; tarses de quatre articles : le premier très-long, le deuxième court et entier, et le dernier un peu plus long que te second, mais plus petit que le premier; tarses de cinq articles. Les Mycétophages, qui étaient des Tritoma pour Geoffroy, se trouvent, ainsi que l'indique leur nom, dans diverses espèces de champignons; ils sont assez nombreux spécifiquement, et n’ont guère été signalés qu'en Europe. Comme types, on peut indiquer : 1° le Mycetophaqus multipunctatus, Helwig, long d'environ 0%,003, à corps roux, antennes et pattes brunes, tête et corselet noirs et sans aucune tache, élytres un peu striées, couvertes de nombreux petits points roussâtres : habite les bolets, et n’est pas rare dans les environs de Paris; 2° M. quadrimaculatus, Linné, plus grand que le précédent, à corps d’un brun ferrugineux : se trouve communément en Europe dans les champignons des arbres; 3° A1. fulvicollis, Fabr., très-petit, noirâtre, de nos environs. Erichson a étudié la larve du M. multipunctatus, et M. Waterhouse a dit quelques mots de celle du M. quadripustulatus; M. Éd. Perris, de son côté, a fait complétement connaître la larve d’une espèce d’un genre voisin, celle du Triphyllus punctatus, et l'on peut, d'après MM. Candèze et Chapuis, résumer ainsi qu'il suit les caractères des unes et des autres. Tête assez petite, arrondie, un peu penchée : plaque sus-céphalique légèrement impressionnée à sa partie antérieure; ocelles au nombre de cinq de chaque côté derrière l'insertion des antennes, pelits, arrondis; antennes courtes, tantôt formées, dans le M. multipunctatus, de trois articles, dont le premier très-court, et le dernier muni d’une soie à son extrémité, tantôt de quatre articles, dans le T. punctatus, avec un article supplémentaire à l'extrémité du troisième; chaperon séparé de la plaque sus-céphalique par une ligne transversale peu profonde; lèvre supérieure distincte, arrondie; mandibules petites, assez fortes, non saillantes, bifides à leur extrcmité, sans surface molaire à leur base; mâchoires courtes, présentant un lobe coudé recouvert de soies à son extrémité, des palpes maxillaires de trois articles, dont le deuxième court, le troisième allongé, grêle, muni de quelques soies à son extrémité; lèvre inférieure charnue; languette tantôt arrondie, tantôt échancrée; palpes labiaux courts, biarticulés, ne dépassant pas la languette; segments thoraciques présentant de chaque côté un point corné; pattes assez courtes, avec les hanches peu allongées et dirigées en dehors; tarses consistant en un petit ongle simple, corné à son extrémité, segments abdominaux, au nombre de neuf, offrant sur les côtés plusieurs petits points cornés et chacun un petit tubercule arrondi : le terminal plus petit que les autres et muni en dessus de deux pointes redressées, légèrement dentelées; stigmates au nombre de neuf paires. Ces larves ont le corps presque cylindrique, sont recouverts de téguments minces et parsemés de quelques poils : chaque arceau dorsal présente une bande presque coriacée, transversale : ces larves offrent quelques analogies avec celles des Mélyrides, des Nitidulaires, des Colydides, des Cryptophagiens d'une part, et des Dermestiens de l’autre; elles se distinguent de ces dernières par leur corps presque glabre, et des autres par leur tête arrondie et un peu penchée.

Le genre TRIPHYLEUS, Meg., Latr. (Phlæophilus, Stéph.), se distingue de celui des Mycetophagus, dont il est démembré, par son corps aplati; ses antennes à mussue peu ou point perfoliée, plus courte, brusquement formée et composée seulement de trois articles, dont le dernier est presque globuleux; corselet plus étroit que l'abdomen, au moins postérieurement; élytres légèrement convexes; abdomen oblonq; tarses de cinq articles, ayant leur premier article de la longueur du suivant, ou-très peu plus long. De même que les Mycétophages, les Triphylles se rencontrent dans les champignons, mais quelques-uns d’entre eux vivent aussi sous les écorces des arbres; tel est le Æ,

bifasciatus, Fabr., que Herbst considérait à tort comme un Cryptophagus; très-petit, noiràtre, commun auprès de Paris. Le T. punctatus, Fabr., dont la larve est connue, est d’un brun noirûtre, et se trouve dans les champignons, surtout dans le midi de la France.

Dejean en sépare à juste raison les espèces chez lesquelles la massue antennaire n’est formée que par deux articles : ce sont ses Biryzuvs. Ce groupe est placé par Erichson dans les Cryptophagiens, auprès des Atomaria, et M. Ed. Perris (Ann. Soc. ent. Fr., 4851) a fait connaitre la larve du Biphyllus lunatus, Fabr., petite espèce qui se trouve dans presque toute l'Europe. Cette larve, longue de 0w,006, linéaire, d'un blanc roussâtre, a été trouvée dans la Sphæria concentrina, production cryptogamique des souches du frène; son corps est formé de douze segments, dont le premier est le plus grand de tous; la tête est saillante, presque de la largeur du corps, arrondie, un peu cornée; il y a cinq ocelles de chaque côté; les antennes ont quatre articles; l'épistome court, trapézoïdal; le labre cilié, semi-discoïdal; les mandibules assez fortes; les mâchoires à lobe assez allongé, eylindrique; les palpes labiaux de deux articles; les pattes assez fortes, hérissées de quelques soies et terminées par un ongle peu erochu. C’est en terre que cette larve se transforme en nymphe.

Trois autres genres, également de petite taille, propres en général à l'Europe, vivant presque exclusivement dans les champignons, et chez lesquels les tarses sont toujours hétérogènes : antérieurs et intermédiaires de cinq articles ct postérieurs de quatre, sont les suivants : —Terrarowa, Herbst, à massue des antennes de quatre articles. — Tirues, Kirby, à massue des antennes de trois articles, oblongue. — Srmxous, Chevr., à massue des antennes de trois articles, grande, perfoliée.

Fig. 247, — Latridius liliputanus. Fig, 248. — Dasycerus sulcatus. Fig, 249. — Biphyllus fagr. (Grossi.) (Grossi.) (Grossi.)

HI. Dansles Larninines, à corps oblonq, avec la téte et le corselet plus étroits que le reste du corps, on range quatre ou cinq genres, dont le plus connu est celui des LATRIDIES, Latridius, Herbst, à corps oblong, déprimé; tête avancée antérieurement en pointe obtuse, ayant une ligne enfoncée; antennes un peu plus lonques que le corselet, avec la massue de trois articles : basilaires plus épais que les suivants, second plus grand que le troisième, celui-ci et les suivants beaucoup plus gréles; mandibules non ressorties; palpes très-courts, terminés en, pointe aiguë; abdomen presque carré ou ovaluire, beaucoup plus large que le corselet et que la tête; corselet plus large que long, ou presque isométrique. Les Latridies sont de petits Coléoptères que l’on trouve assez communément presque partout, se rencontrant principalement sous les écorces, dans les détritus végétaux, dans les champignons, et même, comme le Latridius minutus, dans nos habitations; leur régime semble être animal; leur coloration est assez sombre, brune, rougeàtre ou noirâtre. Les larves de trois espèces ont été décrites; de Géer et M. Westwood ont parlé, mais brièvement, de celles du L. lardarius, Linné; Kvber et Mannerheim, de celles du L. porcatus; Herbst et M. Ed. Perris surtout, ont fait connaître complétement celles (Ann. Soc. ent. de Fr., 1852) du L. minutus, Linné. Les caractères de cette dernière larve sont les suivants: tête ovale, légèrement creusée sur les côtés, au-dessus et au-dessous des antennes, peu bombée en dessus, d’un blanchâtre livide, avec une bordure antérieure brune, une petite tache de cette dernière couleur de chaque côté du vertex; antennes, non pas de trois articles, comme le pensait de Géer, mais de quatre : l’article basilaire et le suivant courts, égaux, troisième une fois et demie aussi long que les deux précédents réunis, un peu plus étroits à la base qu’à l'extrémité, qui porte un petit article supplémentaire, quatrième filiforme, surmonté d'un long poil délié; épistome trapézoïdal; labre assez saillant, eilié; palpes : maxillaires allongés, de trois articles : Jabiaux semblant ne pas exister; il n'y aurait également pas de mandi-

07°) bules, et à leur place on voit deux petits corps charnus, mous, cornés, à peu près triangulaires, non

articulés, paraissant attachés entre les mâchoires; les yeux seraient remplacés par cinq ocelles contigus, disposés en are de cercle, tandis que la larve du L. lardarius serait pourvue, au rapport de de Géer, de deux petits yeux; corps elliptico-cylindrique, d'un blanc un peu sale et livide en dessus, plus pâle en dessous, formé de douze segments bien distincts : thoraciques plus grands que les autres; pattes au nombre de six, longues, grêles, munies de quelques soies courtes, terminées par un ongle assez long, presque droit; tête et corps hérissés de poils mous, longs, surtout visibles le long des flancs; stigmates au nombre de neuf paires. Ces larves se fixent ordinairement par la partie postérieure du corps pour subir leur transformation en nymphe. De Géer, ayant trouvé la larve du L. lurdarius sur une vessie de Pore desséchée, on est tenté d'en conclure que les larves de Latridies en général sont carnivores; mais, néanmoins, M. Éd. Perris incline à croire que celle du L. minutus se nourrit de productions cryptogamiques ou plutôt des exeréments et des dépouilles des Insectes qui vivent sur elles. Le type générique est le Latridius minutus, que Linné rangeait dans le genre Tenebrio, Fabricius dans celui des Dermestes, et Olivier parmi les ps. Cet Insecte atteint à peine à 0,001 de longueur, et il est d’un brun noirätre obseur, glabre : commun partout. Une autre espèce, qui n’est pas rare dans nos environs, est le L. serratus, Payk., du double plus grand que le précédent et d'un brun ferrugineux.

Mannerheim a distingué des Latridies le genre ConricariA, qui à pour type une petite espèce européenne, le C. pubescens, Niger, dont M. Éd. Perris a décrit la larve, qui, sauf quelques différences dans la forme et la disposition des poils qui recouvrent les segments, présente complétement l’organisation de celle du L. minutus.

C’est ici qu'on doit ranger le genre Meryx, Latr., à corps long, étroit; antennes de la longueur du corselet, ayant leurs trois derniers articles un peu plus épais que les autres : neuvième et dixième en forme de triangle renversé, et le dernier ovale; mandibules bifides à l'extrémité; palpes en massue, à dernier article grand : maxillaires avancés; mâchoires munies de deux lobes : interne dentiforme : externe presque triangulaire; yeux assez proéminents; corselet légèrement plus étroit que les élytres, à peu près carré, avec les côtés antérieurs dilatés, arrondis; abdomen en carré long. Espèce unique, B. rugosa, Latr., assez grande espèce propre aux Indes orientales, et qui est très-voisine de celle des Latridius.

Deux autres genres, qui viennent se placer naturellement auprès des Latridius, et qui ne renferment chacun qu’une seule espèce découverte auprès de Paris, et excessivement rares, sont les suivants : Dasycenus, Alex. Brongniart, à corps allongé; téte triangulaire, distincte du corselet; antennes à deux premiers articles globuleux, suivants très-menus, capillaires, velus, et Les trois derniers formant la massue, globuleux et également velus; palpes maxilluires saillants, très-courts, menus, terminés en aléne; corselet et élytres sillonnés; abdomen presque globuleux; tarses de trois articles : une seule espèce. — Psaumæcuus, Boudier (Crypta, Kirby), à corps presque convexe; téte W'iangulaire; antennes de onxe articles, aussi longues que la tète et le corselet réunis; palpes maæillaires plus longs que les labiaux; mächoires à deux lobes; yeux saillants; corselet étroit, presque cylindrique, rétréci en arrière; écusson petit, triangulaire; élytres un peu convexes, recouvrant l'abdomen; pattes courtes, fortes; tarses de quatre articles : le type et espèce unique est l’Anthicus bipunctatus, Fabr., long de 0®,009, allongé, à tête noire et élytres fauves : propre aux environs de Paris, et signalé auprès de Versailles et de Montmorency.

IV. Dans les Syzvanines, à corps linéaire, déprimé, on ne comprend que le seul genre des SYL- VAINS, Sylvanus, Latr., à corps allongé, étroit, presque linéaire, excessivement déprimé; téte avancée antérieurement; antennes un peu plus lonques que le corselet, à massue de trois articles, tous les articles très-courts, le second et les suivants jusqu'au huitième éqaux et en forme de triangle renversé; mandibules déprimées, avec leur extrémité bifide; palpes très-courts, ayant le dernier article grand, cylindrique : maæillaires un peu plus longs que les labiaux; mächoires bilobées; élytres très-déprimées, un peu plus larges que le corselet; abdomen assez large, ovalaire. Ces Coléoptères, que l’on rangeait jadis parmi les Dermestes, Ips et Colydium, et qu’Erichson place avec les Cucujiens auprès des Brontes, sont d'assez petite taille, habitent sous les écorces des arbres, et l’on en connaît des espèces européennes et des espèces exotiques. Les métamorphoses du Sylvanus sexdentatus, Fabr., ont été assez complétement étudiées : M. Westwood, sous le nom de S. Surina-

mensis, Linné, a décrit aussi une larve et une nymphe qu'il avait trouvées dans du sucre et dans du son; Erichson s’en est également occupé; Blisson (Ann. Soc.ent. Fr., 1849) a fait complétement connaître celte larve et cette nymphe d'après les individus trouvés dans du riz venant de la Caroline, et enfin M. le docteur Ch. Coquerel en a dit aussi quelques mots d'après des individus rencontrés dans des boîtes de figues apportées d'Europe aux Antilles, et qui se nourrissaient non du fruit lui-même, mais du sucre qui le recouvrait. La larve, d'après Blisson, est longue de 0%,0035, à 0,004, sur une largeur de 0,00075; son corps est allongé, arrondi, d'un blanchätre brillant; la tête est dégagée, cordiforme, aplatie, presque plane en dessus, coriace, d'un blond obseur ou marron; les antennes sont arrondies, longues, hispides, composées de onze articles, ayant la forme d’un plumet; les màâchoires sont allongées, coniques; les palpes de quatre articles; l’épistome arrondi antérieurement; les pattes sont longues, très-apparentes, terminées par une petite pièce mobile, courte, conoïde, courbée en dedans, pointue. La nymphe est allongée, linéaire, déprimée en dessous, faiblement convexe en dessus, couleur blanc argenté. Ces larves vivaient dans le riz, en compagnie d’autres larves de Calandra oryxæ et de Cryptophagus, et y faisaient beaucoup de dégâts, se dévorant entre elles quand la matière végétale venait à manquer; pour se transformer, eHes se formaient une sorte de coque. Ce Sylvanus sexdentatus, qui, comme beaucoup de Xylophages, se trouve dans des localités très-différentes et qui se nourrit de substances très-diverses, est long d'environ 0,002, à corps entièrement d’un brun grisâtre, et se trouve quelquefois dans nos environs sous les écorces des arbres. Une autre espèce, également signalée auprès de Paris, est le S. unidentatus (Dermestes), Fabr., un peu plus petit que le précédent, à corps d’un ferrugineux testacé, ponctué, glabre.

C’est intermédiairement entre les derniers Insectes que nous venons d'étudier et les Passandra et Cucujus que Latreille plaçait une petite division caractérisée par son corps généralement étroit, allongé, déprimé, et ses mandibules entièrement découvertes, saillantes, robustes, et composée des Trogosita, Oliv. (Platycerus, Geoffr.), dont le type est le T. Mauritanicus, Lin., qui, à l'état de larve, attaque le grain et est connu en Provence sous le nom de Cadelle, et des Prostomis, Latr., qui ne sont qu'un démembrement du groupe précédemment nommé. Mais, d’après les observations des entomologistes modernes, les Trogosites et Prostomis doivent faire partie des Ipsites, tribu tantôt rangée avec les Nitidulaires, comme nous l'avons fait, tantôt avec les Érotyliens, pour les Trogosita, et avec les Cucujiens pour les Prostomis, comme nous le dirons bientôt.

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