TRENTE-NEUVIEME FAMILLE
CUCUJIENS, CUCUJIT. Blanchard, 1845.
Corps déprimé, parallèle, allongé; antennes assez allongées, parfois aussi longues ou plus longues que le corps, de la méme grosseur ou plus gréles vers l'extrémité, filiformes ou sétacées, gréles ou assez épaisses, à articles en nombre variable suivant les genres; mandibules découvertes, toujours saillantes; languette bifide ou échancrée; palpes courts; labre très-distinct, court, transversal ou n'existant pas; lèvre inférieure bilobée, parfois presque en forme de V; corselet à peu près carré; pattes plus où moins longues, fortes; tous les tarses de quatre articles entiers, et l'avant-dernier nullement bilobé.
Cette famille, qui est une des plus restreintes de l’ordre des Coléoptères, est cependant l’une des plus naturelles, et ce qui semble le démontrer, c’est que depuis longtemps elle a été formée à peu près telle que l’admettent aujourd'hui les entomologistes. Latreille (2° éd. du Règne animal, 1829) la créa sous le nom de Prarysoes (Platysoma), et il y placa les genres Cucujus, Dendrophagus et Uleiota (Brontes), jadis pour lui des Xylophages: le genre Passandra n'y fut pas rapporté et resta lié avec les Trogosites, et celui des Passandra fut placé avec les Prioniens parmi les Cérambyciens. Erichson indiqua la même division sous la dénomination de Cucujipes, et il y comprit les Prostomis
ce 37
et les Sylvanus, que M. Blanchard (Hist. des Ins., 1845) ne mit pas dans ses Cucujiens. Le genre typique de la famille est celui des Cucujus de Fabricius; les autres genres sont ceux des Brontes du même auteur, Passandra de Dalman, Parandra de Latreille, et quelques autres plus récemment fondés.
Les Cucujiens ont des rapports assez manifestes avec les familles créées aux dépens des Xylophages, mais en même temps ils se rapprochent manifestement des Hypocéphaliens, famille des plus curieuse, et qui ne renferme qu'un seul genre, composé lui-même d'une seule espèce; mais, d’un autre côté, ils se lient principalement par la conformation des larves, au moins pour la plupart des genres, à la tribu des Ipsides, que l’on place, suivant les auteurs, avec les Nitidulaires ou avec les Érotyliens, et un genre, celui des Parandra, offre aussi de l’analogie avec les Cérambyciens. Ce n’est que quand on connaîtra plus complétement ces Insectes, ainsi que les métamorphoses d'un grand nombre d’entre eux, que l’on pourra se prononcer positivement sur la question de savoir si plusieurs d’entre eux doivent être réunis aux Ipsites, et si les Parandrides seuls doivent former une famille spéciale. Quoi qu'il en soit, les Cucujiens et les Érotyliens, comme M. Émile Blanchard comprend cette dernière famille, ont entre eux les plus grandes affinités : leurs longues antennes filiformes sont un trait qui leur est commun, et qui paraît aussi les rapprocher des Hypocéphaliens.
Les Gueujiens sont propres à toutes les parties du monde; les espèces européennes sont en général assez petites, tandis que celles des pays chauds sont parfois de taille assez grande. Leurs couleurs ne sont pas brillantes; et, le plus habituellement, ils sont d’un beau noir foncé. La forme aplatie et allongée de leur corps indique à priori leur genre de vie; en effet, c'est sous les écorces des arbres qu’on les rencontre; mais quelques-uns se trouvent dans les fourmilières et dans les divers autres endroits propres à l’habitat des espèces précédentes. Leur régime n’est pas bien connu : on ne sait s'ils se contentent pour leur nourriture de matières végétales, ou plutôt, ce qui est plus probable, s'ils ne vivent pas aux dépens des Insectes qu'ils vont chercher dans leurs retraites. =
Les larves de la plupart des genres de la famille sont connues, et Erichson en a donné la caractéristique générale qui suit: Corps allongé et déprimé; tête et segment terminal cornés, les autres segments tantôt parcheminés, tantôt recouverts d’une peau mince et molle; tête dirigée en avant; ocelles au nombre de cinq de chaque côté ou nuls; antennes médiocres, de quatre articles; plaque sus-céphalique sans chaperon distinct; lèvre supérieure soudée au front, limitée seulement par une suture; mandibules se recouvrant mutuellement; mâchoires avec un lobe coudé; lèvre inférieure présentant une languette peu saillante; pattes assez longues, articulées sur les côtés des segments thoraciques, terminées par un ongle simple; dernier segment abdominal petit, muni d’une paire de cornes arquées; anus saillant, rétractile; dans la partie située entre le huitième et le neuvième sesment, du moins dans plusieurs des grandes espèces, se trouvent en dessus et en dessous des appendices, dont les uns sont semi-articulés et les autres biarticulés. Ces larves vivent sous les écorces des arbres, probablement de la même manière que les Pyrochroa, qui, comme elles, sont trèsaplaties.
Quelque peu nombreux que soientles Cureujiens, leurs genres diffèrent tellement entre eux, que l'on doit former dans cette famille quatre tribus particulières, celles des Cucujides, Brontides, Passandrides et Parandrides.
L. Dans les Cucusnes, à antennes plus ou moins moniliformes, moitié moins longues que le cor ps et à labre très-distinct, court, transversal, se trouve surtout le genre typique des CUCUJES, Cucujus, Fabricius. Ce genre a pour caractère : Corps extrémement plat, beaucoup plus large que dans les Passandra; antennes insérées devant les yeux, moniliformes, composées de onxe articles : premier long, carré : suivants coniques : second moitié plus court que le premicr et le troisième aussi long : suivants jusqu'au dixième d'égale dimension : dernier aussi court que les autres, renflé à la base, pointu à l'extrémité; mandibules saillantes, cornées, fortes, déprimées; labre avancé entre les mandibules, membraneux, arrondi, entier à sa partie antérieure; palpes presque coniques renflés à l'extrémité, tronqués; mächoires ayant un lobe interne; corselet court, plus large que long; élytres carrées, très-plates, plus larges que le corselet et trois fois aussi longues; pattes courtes; cuisses en massue. Ge groupe, qui rentrait dans le genre Cantharis de Linné, médiocrement nombreux et presque exclusivement propre à l’Europe, a pour type le Cucujus depressus, Fabr., long
éha
d'environ 0,005, sur une largeur d'à peu près 0,001 seulement, à corps excessivement plat, entièrement glabre, noirâtre, et se trouvant principalement en Allemagne et en Suêde. La larve d’une espèce de ce genre, celle du Cucujus hæmatodes, Erichs., petite espéce propre à l'Allemagne, a d'abord été figurée par M. Assman, et ensuite décrite complétement par Erichson. Cette larve, assez longue, est très-déprimée, à peu près de la même largeur partout, d'un blanc jaunûtre, et recouverte de téguments consistants, parcheminés; sa tête est cornée, de la largeur des segments abdominaux, à bords latéraux un peu relevés en arrière; les ocelles sont au nombre de cinq de chaque côté et disposés en deux séries transversales un peu irrégulières; les antennes sont assez longues, de quatre articles; la plaque sus-céphalique, sans chaperon distinct, est un peu dirigée en avant entre les mandibules; la lèvre est cornée; les mandibules arquées, à extrémité bidentée et: bord interne simple; les mâchoires à lobe soudé avec la pièce basilaire; palpes labiaux courts, de trois articles; lèvre inférieure formée d’un menton quadrangulaire, de pièces palpigères soudées entre elles, de palpes labiaux petits de deux articles, et d’une languette cornée, courte, arrondie en avant; les segments thoraciques sont plus étroits que la tête et que les segments abdominaux; les pattes sont médiocrement courtes, rormées d’une hanche très-courte, d’un trochanter un peu plus long, d’une cuisse et d’une jambe d’égale longueur, et d’un tarse consistant en un ongle simple, faiblement recourbé; il y a neuf segments abdominaux; l'anus est tubuleux, rétractile; les stigmates sont au nombre de neuf paires.
Le genre Lexorntxus, qui vient après celui des Cucujus, et qui n’en est qu’un démembrement, a été créé par Dejean, caractérisé pour la première fois par M. de Castelneau, et se distingue surtout par ses antennes aussi lonques que le corps, beaucoup plus filiformes, avec le premier article renfié à l'extrémité, le second presque aussi long, et par ses élytres à peine plus larges que le corselet et guère plus qu'une fois plus lonques, ayant leurs angles antérieurs beaucoup moins saillants et leur extrémité plus pointue. Ce sont de très-petits Insectes ayant les mêmes habitudes que les Cucujus. M. Westwood a dit quelques mots de la larve du L. ater, Oliv. Comme type, nous nommerons le L. monilis, Fabr., à corps très-plat, glabre, entièrement noir; se trouve en France.
vs Fig. 250. — Cucujus mandibularis. Fig. 251. — Torneutes pallidipennis. Fig. 252, — Passandra Brasiliensis (Grossi du double.)
IL. Dans les Broxribes, à antennes aussi lonques ou plus longues que le corps, et, comme les Cueujides, à labre très-distinct, court, transversal, on distingue principalement le genre BRONTES, Fabricius, que Latreille désignait sous le nom d'Uleoiota, et dont les espèces étaient rangées par Linné avec les Cerambyx, et par Herbst et Olivier avee les Cucujus, caractérisés par un corps très-plat, assez étroit; des antennes au moins aussi longues que le corps et souvent plus lonques, composées d'articles
ylindriques, très-allongés : le troisième aussi long que le suivant; des palpes mazxillaires ayant leur dernier article gréle et aigu à son extrémité, et des palpes labiaux filiformes; des mâchoires à lobe corné; un labre ayant une large échancrure; un corselet presque carré, un peu plus large que
la tête antérieurement et habituellement denticulé latéralement; des élytres plus larges que le corselet et deux fois aussi longues avec leurs bords latéraux rabattus; des cuisses en massue; des tarses de quatre articles, très-courts, et les deux derniers augmentant légèrement de taille. Les Brontes sont de jolis Coléoptères ayant l'aspect général de petits Cérambyciens; tous sont assez rares et surtout européens. On peut prendre pour typele B. flavipes, Fabr., sur lequel M. Léon Dufour a donné quelques détails anatomiques; cet Insecte est long de 0%,004 à 0%,005, son corps est brun ou noirätre obseur; ses antennes plus roussâtres; ses pattes jaunâtres: il se trouve sous les écorces des arbres morts dans une grande partie de l'Europe et même auprès de Paris. Erichson a décrit la larve du B. planatus, Linné, espèce qui n’est pas rare en Allemagne. Cette larve est allongée, étroite, très-déprimée, avec chaque segment protégé en dessus comme en dessous par un écusson corné; la tête ressemble beaucoup à celle du Cucujus hæmatodes; ses antennes sont assez courtes, deux fois aussi longues que la tête, de cinq articles; les mandibules offrent une extrémité courbée en faucille, obtusément bidentée; les palpes maxillaires n’ont que trois articles; la lèvre inférieure est composée de palpes labiaux de deux articles, petits, et d’une languette cornée, arrondie en avant, dépassant à peine les palpes; les segments thoraciques ont la même largeur que la tête et que les segments abdominaux; le dernier segment abdominal est tubuleux.
On en rapproche les Dexpnoruaëus, Gyll., à corps oblong, très-déprimé; antennes presque aussi longues que le corps, à troisième article plus court que le suivant, et à palpes labiaux terminés en massue. Ce genre a pour type le Cucujus crenatus, Payk., un peu plus grand que le Brontes flavipes, à corps déprimé, d'un noir brunâtre, découvert en Finlande sous les écorces des arbres morts.
C'est iei qu'Erichson place le genre Sylvanus, que nous avons eru, à l'exemple de la plupart des entomologistes, devoir ranger dans notre famille des Mycétophagiens.
HT. Dans les Passanpripes, à antennes épaisses, avec les articles globuleux et à labre non visible, on ne range habituellement que le genre PASSANDRA, Dalman. Ce sont des Insectes à corps déprimé, étroit, assex allongé, presque linéaire; yeux très-grands; mandibules épaisses, plus courtes que la tête, proéminentes, simples à leur extrémité; palpes maxillaires ayant leur dernier article très-long, s'amincissant à l'extrémité; antennes moniliformes, très-épaisses, plus longues que le corselet, composées de onze articles : premier gros, assez long, second moitié plus petit, troisième et suivants jusqu'au dixième inclusivement d'égale dimension, dernier beaucoup plus grand et plus gros que tous les autres, arrondi à l'extrémité; lèvre inférieure presque en forme de V; corselet carré, de la même largeur que la tête; élytres une fois plus longues que le corselet, arrondies à l'extrémité; tarses de quatre articles : les trois premiers courts, allant en diminuant de grosseur et le dernier plus long que les précédents réunis. Les Passandres sont des Insectes de taille moyenne, d'un noir très-brillant; aucun d’entre eux ne se trouve en Europe, et ils habitent les parties les plus chaudes du globe, et principalement le continent asiatique, ainsi que les îles. Nous nous bornerons à eiter comme type le Passandra bistriata, Fabr., long de 0,015 environ, d'une belle couleur bronzée, et qui n’est pas rare à Java.
Erichson place dans le même groupe le genre Prosromis de Latreille, que nous n'avons pas cru devoir éloigner des Trogosita, et que nous avons rangé dans la famille des Nitidulaires (tome I‘, page 274). La larve de l’espèce typique de ce groupe, le P. mandibularis, Fabr., a été décrite par Erichson, et, comme nous n’en avons pas parlé précédemment, nous croyons devoir en dire quelques mots. Cette larve, qui a été trouvée dans le bois de chêne en décomposition, en compagnie de la Formica brunnea, a le corps recouvert d’une peau molle, avec la bouche, les antennes, à partir du dernier article, et les extrémités des ongles cornés; sa forme est aussi allongée, aussi étroite et aplatie que celle des Cucujus : chaque segment est arrondi sur les côtés et un peu rétréci près des articulations; elle est d’une couleur blanchâtre, et la couleur noire du canal digestif se voit par transparence.
IV. Dans les Paranpripes, à antennes courtes, composées d'articles aplatis ou linéaires; lèvre inférieure très-courte, extrémement large; labre non visible, on place un nombre assez restreint d’espèces, qui toutes sont grandes, d’un brun noir brillant, et étrangères à l'Europe. Ces espèces sont
assez difficiles à classer, et, comme cela se remarque dans tous les groupes de transition, on voit qu'elles ont en même temps des caractères propres aux groupes qui précèdent et à ceux qui suivent : c’est ainsi qu'elles ont été rangées par Latreille avec les Cérambyciens, et que d’autres entomologistes, comme M. Émile Blanchard, les réunissent aux anciens Xylophages. Si quelques-uns de leurs caractères les rapprochent des Cérambyciens, et surtout des Prioniens, ils s’en éloignent notablement par leur languette cornée et en cerele très-court, transversal, ainsi que par un appendice portant deux raies situées entre les crochets des tarses postérieurs, et par leurs antennes relativement courtes, ete, et ils se lient par d’autres particularités aux Cucujiens que nous venons d’étudier; d’un autre côté, ils ont d'assez grands rapports avec la famille suivante.
Le genre typique est celui des PARANDRES, Parandra, Latr. (Isocerus, Wig.), à corps déprimé, plan, en carré allongé; mandibules très-fortes, bidentées à leur côté interne; palpes maxillaires ayant le dernier article ovalaire; mächoires à un seul lobe; labre crustacé, transverse, court, avec le bord supérieur arqué, entier; antennes courtes, n'atteignant pas la partie postérieure du corselet, de onxe articles : premier gros, court, second très-petit, globuleux, troisième plus gros, et de même forme que le précédent, suivants à peu près d’égale dimension, fortement déprimés, presque carrés, dernier étroit, plus long que tous les autres, finissant en pointe; corselet carré, bordé, toujours inerme; jambes à bord externe dépourvu d'épines. Ces beaux Insectes proviennent presque exclusivement de l'Amérique; le type est le P. maæxillosa, Fabr., long de 0",04 à peu près, d’un brunätre marron, brillant, et qui est commun au Brésil.
Un genre voisin, découvert dans ces derniers temps et comprenant déjà plusieurs espèces, qui toutes sont propres au centre de l'Amérique méridionale, est celui des Torneures, Reiche, dans lequel principalement les antennes sont filiformes, sétacées, au lieu d’être à articles un peu élargis, aplatis, comme celles des Parandra. Le type est le T. pallidipennis, Reïche, grande espèce pouvant atteindre de 0°,07 à 0,09 de longueur, à corps blanchâtre, et provenant de l'Uruguay.
QUARANTIEME FAMILLE.
HYPOCEPHALIENS. HYPOCEPHALIL. Blanchard, 1845.
Corps ovalaire, allongé; tête inclinée, retombante; antennes allongées, légèrement comprimées; mandibules recourbées inférieurement, ne semblant pas étre susceptibles de se mouvoir transversalement comme celles des autres Coléoptères; corselet très-long, voûté; élytres courtes, soudées ensemble, embrassant un peu les côtés du corps; pas d'ailes proprement dites sous les élytres; pattes très-grosses : postérieures très-renflées; tarses de toutes les pattes de cinq articles.
Cette famille ne renferme qu'un seul genre des plus remarquables, et ce genre lui-même ne comprend qu'une espèce unique; mais cette espèce, dont les habitudes et les métamorphoses nous sont totalement inconnues, ne ressemble à aucun autre Coléoptère, et, dès lors, comme il est impossible de la placer naturellement dans une famille quelconque de l’ordre que nous étudions, on a dû en former une division spéciale. Cependant, en 1832 (Mag. de Zoologie, tome Il), quand A.G. Desmarest créa le genre Hypocephalus, la méthode tarsienne de Latreille était généralement suivie en France, et l’auteur que nous venons de nommer a dù chercher à faire rentrer son groupe nouveau dans l’une des divisions indiquées dans le Règne animal. « Ce genre singulier, dit A. G. Desmarest, rentre dans les Pentamères, à cause de ses cinq articles à tous les tarses; les palpes, au nombre de quatre, l’éloignent de la famille des Carnassiers; il ne peut rentrer dans les Brachélytres, tant à cause de la longueur de ses élytres que de la forme de ses antennes; ce dernier caractère, qui l’empêche de faire partie des Serricornes, le porte parmi les Clavicornes, où l’on peut le placer auprès des Nécrophores, dans la tribu des Silphales. » Néanmoins, si l’on considère l’ensemble des caractères des Hypocephalus, on voit que, par quelques particularités importantes, ce genre semble se rappro-
cher d'autres Coléoptères; c’est ainsi que leurs antennes, assez allongées et un peu comprimées, tendent à les faire ranger auprès des Spondylis, l’un des premiers genres des Cérambyciens, mais les parties constitutives de leur bouche en sont notablement différentes; quoique, toutefois, d’après l'examen de ces caractères anatomiques externes, M. Guérin-Méneville (Rev. s001., 1841) n'ait pas balancé à les placer dans la famille même des Cérambyciens que nous venons de nommer. Les entomologistes anglais partagent à peu près la dernière opinion que nous venons d'indiquer, et ils laissent les Hypocéphales intermédiairement entre les Xylophages et les Spondyles. M. Émile Blanchard, le premier (Hist. nat. des Ins., de l’éditeur Didot, 1845), en a fait une famille particulière, celle des Hypocéphaliens, que nous adoptons, et que, comme lui, nous plaçons entre celle des Cucujiens et celle des Cérambyciens.
Fig. 295. — Hypocephalus armatus. (Profil.)
Le genre unique de cette famille est celui des HYPOCÉPHALES, Hypocephalus, À. G. Desmarest (loco citato), que M. Gistl a indiqué sous le nom de Mesoclatus : dénomination qui n’a pas dû être adoptée. Les caractères génériques principaux de ce genre sont les suivants : antennes de onxe articles : le premier le plus long de tous, à peu près cylindrique, légèrement plus gros à l’extrémité, second plus court, troisième presque carré, suivants un peu plus coniques, dernier assex aplati, obtus à l'extrémité; palpes maxillaires de quatre articles, les deux premiers assex longs, cylindriques, un peu renflés à l'extrémité, le troisième plus court, le quatrième aplati, presque sécuriforme; palpes labiaux de trois articles, le premier le plus long, assez gréle, un peu renflé à l'extrémité, second moins long, de même forme, dernier aplati, arrondi; mandibules très-épaisses, triangulaires, obliques au côté externe, droites au côté interne, avec une arête supérieure suillante, qui se prolonge jusqu'à l'extrémité; labre petit, triangulaire; lèvre grande, plane, entière. — La forme de l’Insecte a quelques rapports avec celle du Taupe-Grillon, à cause de la grande étendue du corselet comparée à celle des élytres; tout le corps est ovoïde, terminé en pointe assez obtuse. La tête est très-infléchie, le front plan, muni de deux échancrures de chaque côté, et avancé pour l’insertion des antennes et des mandibules. Le corselet est presque aussi large que les élytres, ovalaire, peu bombé, plus large vers les deux tiers postérieurs, légèrement échancré en avant, sinué en arrière, faiblement bordé sur les côtés; le sternum est creusé en gouttière dans son milieu; la poitrine est très-large. L'écusson est très-petit. Les élytres sont séparées du corselet par un espace demicirculaire assez grand, qu’elles recouvrent et embrassent totalement : ces élytres paraissent soudées entre elles, excepté à leur extrémité, et ne recouvrent pas d'ailes; elles ont la forme d'un bouclier ovalaire-allongé, pointu à l'extrémité, elles embrassent l'abdomen sur les côtés, et sont surmontées d’une côte latérale en carène qui suit leur bord à peu près parallèlement, mais s’en rapproche beaucoup plus en arrière qu’en avant. Les pattes antérieures ont les cuisses assez longues et grosses, simples : les intermédiaires ont les cuisses un peu plus comprimées, avec une arête inférieure et oblique dans toute leur longueur : les postérieures présentent des cuisses très-grosses et robustes, renflées, un peu comprimées, munies de deux épines courtes, dont l'extérieure se termine par une arête qui va gagner le trochanter, et l'intérieure se rend au contraire vers la jambe. Les trochanters postérieurs sont spiniformes. Les jambes antérieures et intermédiaires sont munies de deux dents au côté externe : les postérieures plus longues, très-arquées, surmontées en dehors d’une arête peu
Fig. l. — Notoxus quadrimaculalus Fig. 2 — Callidium latum
Fig. 4 — Tetrophthalma maculata Fig. D. — Tragocerus bifasciatus
“ANR