QUARANTE ET UNIÈME FAMILLE
CÉRAMBYCIENS. CERAMBYCII. E. Blanchard, 1845.
Corps généralement allongé, parfois ovalaire; tête plus ou moins grande; antennes filiformes ou sétacées, le plus souvent de la longueur du corps, mais parfois plus longues que lui, tantôt simples dans les deux sexes, tantôt en scie, pectinées ou flabellées dans les mâles; menton court, transversal; languette ordinairement membraneuse, en forme de cœur, échancrée ou bifide; müchoires dépourvues d'une dent cornée au côté interne; lèvre inférieure profondément bilobée; yeux habituellement réniformes, entourant la base des antennes, parfois arrondis, entiers ou peu échancrés; corselet en forme de trapèze ou rétréci en avant dans diverses espèces; pattes souvent allongées, gréles, plus rarement assez fortes; tarses presque manifestement de quatre articles, exceptionnellement de cinq articles : trois premiers articles qar nis de brosses en dessous, deuxième et troisième cordiformes, quatrième ou dernier profondément bilobé et présentant à son origine un petit nodule simulant un article, ce qui a fait indiquer ces Insectes par quelques auteurs comme étant subpentamères et non pas tétramères; abdomen des femelles terminé par un oviducte tubulaire, corné.
Les Cérambyciens constituent l’une des plus nombreuses et en même temps l’une des plus naturelles familles de l'ordre entier des Coléoptères.Gette division renferme aussi les plus beaux Insectes connus, tant sous le rapport de la grande dimension de la plupart d'entre eux que sous celui de leurs formes élégantes, sveltes, variées, que sous le point de vue de leurs couleurs, souvent trèsbelles et très-vives. Les plus grandes espèces, comme le Titanus giganteus, V Acrocinus longimanus, etc., ont plus de 0®,130 de longueur sur 0®,050 de largeur, et les plus petites n'ont pas moins
de 0,005 de longueur sur 0",001 de Jarge; quant à la coloration, si plusieurs espèces européennes sont noires ou brunätres, d'autres, surtout les exotiques, sont parées soit de couleurs éclatantes, soit de teintes agréables et distribuées avec une harmonie remarquable. Presque tous ont des antennes d’une longueur extrême, qui les fait reconnaitre facilement au premier aspect; quoique plus courtes dans les femelles que dans les mâles, la longueur de ces antennes est encore très-considérable : cette particularité a valu aux Insectes que nous étudions le nom de Capricornes (scientifiquement Cerambyx et Cérambyciens), tiré de la comparaison des antennes avec les cornes des Chèvres, et leur a fait aussi parfois donner, d’une manière générale, la dénomination de Longicornes, souvent adoptée par les entomologistes.
L'anatomie intérieure ou proprement dite de quelques Cérambyciens a donné lieu à quelques remarques de divers auteurs. M. Léon Dufour rapporte que, par leur tube alimentaire ainsi que par la disposition des vaisseaux hépatiques, ils ressemblent en général aux Piméliens, et, contre l'opinion de M. Marcel de Serres, il nie l’existence d’un gésier. Le tube alimentaire, le plus souvent hérissé de papilles, est précédé d'un jabot, mais moins ou peu prononcé dans les Lamies et les Leptures, qui, pour presque tous les auteurs, terminent la division. Les testicules sont constitués par des capsules ou des sachets spermatiques, distincts, pédicellés, assez gros, et dont le nombre varie selon les groupes naturels.
Fig. 254. — Piocæderus armatus.
Les Cérambyciens ont un régime exclusivement végétal, et cela aussi bien à leur état de larve qu'à celui d'Insecte parfait. Nous avons exposé sommairement, dans notre caractéristique de la famille, les particularités principales que présente l’Insecte parfait, et nous compléterons ce que nous avons à en dire lorsque nous ferons l’histoire des divisions secondaires, ainsi que celle des genres et des espèces; nous devons seulement rapporter quelques particularités curieuses. Beaucoup de ces Insectes, principalement ceux de la tribu des Cérambycides, produisent un petit son aigu par le frottement du pédicule de la base de leur abdomen contre la paroi intérieure du corselet, lorsqu'ils l'y font entrer et qu'ils le retirent alternativement. Quelques-uns d’entre eux exhalent des odeurs suaves, agréables, et souvent comparables à un faible degré à celle du muse ou de l'essence de rose; tels sont, chez nous, les Aromia moschata, rosarum, suaveolens, les Callichroma, etc., et, en Australie, le Bardistus cibarius, Insecte recherché des naturels de l’île du Roi-Georges, comme devant fournir un mets exquis. On cite également comme aromatiques plusieurs espèces de Priopides d'Amérique, tels que le Stenodontes damicornis, à l'île de Cuba; le Trichoderes pini, au Mexique, et la Macrodontia cervicornis, au Brésil et à Cayenne. La géographie zoologique des Cérambyciens ne nous offre rien de bien spécial, et ces Insectes, comme beaucoup d’autres, suivent les lois générales que nous avons plusieurs fois indiquées; on en trouve dans toutes les régions du globe, et ils sont principalement abondants dans l'Amérique méridionale : tous les climats leur sont bons, quoiqu’ils semblent préférer les régions chaudes aux contrées froides ou même tempérées; l'Europe n’en renferme relativement qu'un nombre assez restreint d'espèces; mais là, contrairement à ce qui a lieu dans d’autres familles, la taille de quelques-unes d’entre elles est encore trèsconsidérable, comme on peut le remarquer dans les Cerambyx où Hammaticherus heros et mules,
dans divers Priomus, ete. C'est sur les trones d'arbres ou les bois coupés, les arbres en décomposition, sur les fleurs, etc., qu'on les rencontre. Presque tous semblent crépusculaires, et peu d’entre eux paraissent franchement diurnes.Si quelques-uns ne volent qu'avec assez de difficulté, et si même certains d’entre eux sont dépourvus d'ailes, d’autres, en plus grand nombre, se meuvent dans l'air avec une grande facilité. C’est principalement pendant les fortes chaleurs de l’été qu'on rencontre les Cérambyciens en Europe; mais, dans les autres parties du monde, ils se trouvent pendant un plus long temps. Par la nature même de leur genre de vie, on comprend que divers Coléoptères de cette famille ont été parfois importés avec des bois étrangers, soit dans nos ports de mer, soit dans les villes où ces bois sont mis en œuvre; on comprend que la Rosalia Alpina, belle espèce essentiellement alpine, et plusieurs autres aient pu être prises accidentellement à Paris. Plusieurs espèces, comme le Clytus arcuatus, le Callidium sanquineum, ete., se sont même propagées partout et sont devenues aujourd’hui cosmopolites.
L'histoire des métamorphoses d'un assez grand nombre de Cérambyciens a été faite, et cela depuis assez longtemps, ce qui se comprend facilement par les dégûts que nous causent parfois les larves, et par leur habitat, qui les font souvent tomber sous notre main. Les détails généraux que nous possédons sur ces larves se trouvent principalement dans l'Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes de Latreille (1802-1805), dans le Die Forst Insecten de Ratzeburg (1839), dans l'Histoire naturelle des Coléoptères de France (Longicornes) de M. Mulsant (1839), dans l’Introduction to the modern classification of Insects de M. Westwood (1839), dans les Archives de Wiegmann, 1842, par Erichson, dans les Annales de la Société entomologique de France, 1844, par M. le colonel Goureau, dans les mêmes Annales, 1845 et 1856, par MM. Léon Dufour et Éd. Perris, dans le Cutalogue des lurves des Coléoptères, par MM. Chapuis et Candèze, ete. Toutes les larves sont molles, allongées, blanchâtres; leur corps est presque quadrilatère, dilaté et déprimé à la partie antérieure, et ayant une forme qui rappelle celle d’un prisme à six pans, dont les arêtes seraient obtuses : il se compose, outre la tête, qui est plus ou moins échancrée dans le corselet, de douze segments, dont le premier ou prothorax surpasse les suivants en grandeur: quelques-unes de ces larves sont apodes, ayant des mamelons ou élévations tuberculeuses, rétractiles, qui varient pour le nombre et la position, et servent à la progression; d’autres sont pourvues de six pieds écailleux, très-courts, disposés par paires à la partie inférieure des trois premiers anneaux, et, dans la plupart de ces dernières, la brièveté des organes du mouvement est encore suppléée par divers mamelons. D'après Erichson, ces larves peuvent être caractérisées ainsi qu'il suit : Tête cornée, déprimée, en partie rétractile dans le segment prothoracique, à bouche portée directement en avant, et formée de parties dures; ocelletantôt nuls ou bien petits et peu distincts, tantôt au nombre de un à quatre de chaque côté; antennes extrêmement petites, presque cachées dans un repli du bord antérieur et latéral de la plaque sus-céphalique, formées de trois ou quatre articles, avec une petite soie terminale, et pouvant se rétracter à la volonté de l'animal; chaperon distinct, parcheminé; lèvre supérieure cornée, ciliée sur son bord antérieur, formant, avec le chaperon, l'espace qui sépare les mandibules; celles-ci courtes, puissantes, dures, inermes; mächoires articulées, très-près du menton, composées d’une pièce cardinale immobile, d’une pièce basilaire courte et large, d'un lobe maxillaire développé ét hérissé de poils, et de palpes maxillaires assez courts, cylindriques, de trois articles; lévre inférieure formée d'un menton charnu, de pièces palpigères développées et le plus souvent soudées, de palpes labiaux biarticulés, et enfin d’une languette recouverte de poils à son extrémité; segments thoraciques au nombre de trois, souvent peu distincts des segments abdominaux : d’autres fois, le prothorax très-gros, recouvert en dessus et en dessous d’un écusson presque corné, et offrant à sa face inférieure un bourrelet transversal étroit et charnu : ce bourrelet, situé au bord postérieur de l'arceau ventral, supporte les pattes, lorsqu'elles existent, et, celles-ci, parfois nulles ou extrêmement petites, coniques, arquées, écartées, très-courtes, articulées latéralement à la face inférieure des trois segments thoraciques, sont formées d’une hanche courte, d'une cuisse, d’une jambe et d’un ongle simple; les segments abdominaux sont au nombre de neuf, chacun nettement séparés les uns des autres par des sillons profonds, souvent protégés en dessus et en dessous par des plaques dures et coriacées; l'anus est saillant, simulant un dixième segment, ne servant pas à la progression, et l'ouverture anale est constamment en forme d’Y; les stigmates sont au nombre de neuf paires, dont huit sont placées sur les huit premiers segments abdominaux, situés latéralement, mais un peu plus
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près de la région dorsale que de la face opposée : la neuvième paire est composée de stigmates plus grands, et elle est située latéralement, tantôt sur le mésothorax, tantôt dans le sillon qui sépare ce dernier du prothorax. On connaît déjà un nombre assez grand de larves de Cérambyciens, se rapportant, comme nous le dirons, aux genres Spondulis, Prionus, Criocephalus, Ergates, Cerambyx, Xystrocera, Hylotrupes, OEdilis, Callidium, Asemum, Clytus, Gracilia, Parmena, Lamia, Monohammus, Morimus, Leiopus, Astyomus, Pogonocherus, Saperda, Agapanthiu, Rhagium, Leptura, Strangalia, Grammaptera, et à quelques autres groupes. Erichson et plusieurs entomologistes ont essayé d'indiquer quelques-unes des différences qui distinguent ces larves entre elles. Mais on doit avouer qu'elles se ressemblent beaucoup et ont été formées sur un plan uniforme : elles ont aussi, au premier aspect, une physionomie qui rappelle assez celle des Buprestiens; mais la présence des palpes labiaux, la disposition arrondie ou elliptique des stigmates, celle de l'ouverture anale, ete., serviront toujours suffisamment pour différencier les deux divisions, et, en outre, les larves des Buprestiens ont la tête plus enchatonnée dans le corselet que celle des Cérambyciens, leurs palpes maxillaires n’ont que deux articles au lieu de trois, ete. La forme des galeries de ces deux sortes de larves diffère également assez pour qu'on puisse les distinguer, même sans voir les larves; celles des larves des Buprestiens qui vivent sous les écorces sont très-sinueuses, assez uniformément en rapport avec le diamètre des larves, et les détritus ainsi que les exeréments que celles-ci refoulent derrière elles y sont disposés par petites couches concentriques, et les larves de cettemême famille qui plongent dans l'épaisseur du bois y creusent des galeries à section très-surbaissée à cause de l’aplatissement de leur corps; les larves des Cérambyciens, au contraire, rongent les couches inférieures de l'écorce très-irrégulièrement et sur de larges surfaces, et les détritus ou excréments qu'elles laissent après elles ne présentent d’autre caractère que d’être fortement pressés, et les galeries de celles qui pénètrent dans le bois sont à section elliptique, mais sensiblement plus renflée.
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Fig. 255. — Ergates faber. (Larve.) Fig. 206. — Hylotrupes bajulus. (Larve.)
Les larves de Cérambyciens, désignées par M. C. Duméril sous les noms de lignivores ou de æylophages, qui peuvent parfaitement leur être appliqués, vivent toutes aux dépens des végétaux : elles habitent l'intérieur des arbres ou des plantes dont la durée est assez longue pour entretenir leur propre existence. Plusieurs se contentent de ronger l'écorce en rampant sur l'aubier; la plupart entament les souches ligneuses en s’y enfoncant profondément, et d’autres s'attaquent exclusivement à la substance médullaire. Les unes creusent les branches et les rameaux: les autres le tronc et les racines, ou bien rongent, jusqu'à les mettre en poussière, les souches abandonnées dans la
“terre. Elles réduisent souvent à une très-faible épaisseur la couche qui les sépare de l'extérieur, et, au lieu de rejeter au dehors le détritus de leurs aliments, elles en garnissent les galeries anciennes, qu'en s'avançant plus profondément elles laissent derrière elles. Si la matière ligneuse est solide, la vermoulure produite remplit à peu près ces canaux; si la substance doit, comme la moelle, être réduite, par le travail de la digestion, en un volume peu considérable, ils restent plus ou moins vides, et fournissent aux larves en cas de besoin, une sorte de moyen d'échapper à leurs ennemis, en leur permettant de chercher un refuge au côté opposé à celui de l'attaque. Quelquefois ces larves vivent solitaires dans les tiges de certaines plantes, mais elles habitent toujours en nombre plus ou moins grand un voisinage rapproché. Leur éloignement réciproque sur le même végétal n’est soumis à aucune règle : ordinairement les distances qui les séparent sont cependant proportionnées à la nourriture nécessaire à chaque individu, jusqu’à son accroissement complet. Néanmoins cette loi
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semble parfois mise en oubli, et, quand la matière à ronger devient moins abondante et que les larves, trop nombreuses, traversent les conduits contigus aux leurs, des combats ont lieu, dont la suite est la mort pour l’un des champions, et ces larves se déciment ainsi jusqu’à ce que leur nombre soit réduit à des proportions convenables.
Avant d'arriver à l’état de nymphes, ces larves changent plusieurs fois de peau. La durée de leur vie, sous leur première forme, est ordinairement d'un à trois ans; mais cette durée est variable jusque dans les individus d’une même ponte, soit par suite de leur position particulière, d'accidents imprévus, de causes atmosphériques, ou dans un but secret de la nature pour conserver et perpétuer plus sûrement chaque espèce. M. Éd. Perris, à la suite de nombreuses observations personnelles, assure que les larves des Cérambyciens parasites du pin maritime ne vivent, dans le midi de la France, qu'une année au plus, à l'exception de celle de l'Ergates, qui met deux ans à se transformer. Un fait qui doit êtresignalé, c’est que plus ces larves ont été retardées dans leur développement, plus les individus parfaits qu'elles produisent sont petits : il en est de même quand les larves ne meurent pas lorsque l’on a tué l'arbre qui leur servait de retraite, et l’on a vu des Cerambyx cerdo, qui avaient ainsi souffert sous leur état de larve, sorties de bûches déposées dans des caves, et qui n'avaient pas plus de la moitié de leur taille ordinaire. Immédiatement avant de se transformer, la plupart des larves agrandissent leur demeure et se pratiquent une sorte de niche ovoïde; celles qui babitent les tiges des plantes ferment, avec un bouchon serré, les deux extrémités du tuyau où elles doivent s'arrêter; certaines espèces désertent les écorces etse creusent une couche dans les parties l1gneuses; d’autres, qui avaient poursuivi leurs travaux jusqu’au cœur des arbres, se rapprochent au contraire de l'extérieur. Sous la forme de nymphes, elles présentent toutes les parties propres à l'Insecte parfait; mais toutes n’ont pas encore acquis, au commencement de leur transformation, tous les développements qu’elles sont susceptibles d'acquérir, et, comme le fait remarquer M. Éd. Perris, au travail duquel nous renvoyons pour plus de détails, le passage de l'état de larve à celui de nymphe n’est pas brusque et immédiat : il existe un état intermédiaire, une sorte de forme de transition parfaitement distincte et participant évidemment de la larve et de la nymphe : état qui se manifeste à une époque rapprochée de la transformation définitive en nymphe, qui a été signalée par Réaumur dans un Diptère, la Calliphora vomitoria, ei qui doit peut-être se retrouver chez tous les Insectes. Cet état transitoire une fois passé, la nymphe a encore besoin de se compléter avant d'être entièrement formée : d’abord ses élytres sont raccourcies et déhiscentes; sa tête est infléchie; ses antennes sont couchées et recourbées sous la poitrine; ses pieds repliés en dessous ou saillants anguleusement sur les côtés. Quelquefois l'abdomen des nymphes complètes est terminé par des espèces de crochets destinés à donner, plus tard, à l’animal la faculté de se cramponner, afin de se dépouiller avec plus de facilité de son enveloppe. Elles restent dans une sorte de léthargie assez complète, mais, cependant, si on les inquiète, elles font mouvoir avec facilité leurs segments abdominaux. Huit ou quinze jours suffisent à presque toutes pour se métamorphoser enfin en Insectes parfaits. Lorsque ces derniers s'occupent à se frayer un chemin pour arriver au jour, il arrive dans quelques cas que la sécheresse a durci tellement les parties qu’ils ont à perforer, qu'ils s’épuisent en efforts inutiles et périssent dans leur trou; en effet, on doit remarquer que les mächoires des larves sont beaucoup plus puissantes que celles des Insectes eux-mêmes, quoique, chez ces derniers, ces organes soient encore assez forts, puisque, dans un Insecte aussi petit que le Callidium sanquineum, ils peuvent perforer jusqu'à de petites plaques de plomb, comme nous l'avons fait observer ailleurs. Quelques Cérambyciens, éclos trop tard dans l'automne, attendent le printemps pour sortir. Les espèces tout à fait nocturnes rentrent, pendant le jour, dans les trous où elles ont pris naissance, et les autres les quittent pour toujours.
D’après le genre de vie des Cérambyciens, on comprend que ces Insectes sont nuisibles aux forêts, et Ratzeburg le montre parfaitement dans son célèbre ouvrage. S'ils sont beaucoup moins à redouter que les Postrichiens, Scolytiens, Curculioniens, ete., parce qu'ils sont moins nombreux individuellement, ils peuvent aussi parfois produire des dégâts plus considérables, car ils sont beaucoup plus gros, et leurs galeries ont un diamètre beaucoup plus grand, ainsi qu’on pouvait le constater il y a peu d'années encore dans nos environs, sur les vieux trones des énormes chênes séculaires qui entouraient la mare d'Auteuil au bois de Boulogne : troncs qui étaient percés d'énormes trous produits par le Cerambyx heros et le Prionus coriarius. Quand ils s'attaquent à des arbres adultes, ils les
font considérab'ement souffrir, mais sans les faire périr; il n’en est pas de même lorsqu'ils s’en prennent à de jeunes arbres, car ils peuvent alors parfois causer leur mort. Les arbres abattus ne sont pas à l'ab'i de leurs dégâts; souvent, dans les chantiers, ils se propagent avec une énorme facilité : c’est ce qui faisait tant rechercher jadis l’île Louviers comme terrain très-convenable pour les recherches des entomologistes. M. Éd. Perris dit que les Cérambyciens sont très-peu dangereux pour les forêts, car ils ne pondent ordinairement leurs œufs, rapporte-t-il, que sur les arbres décidément morts ou sur les parties mortes des arbres vivants, et même dans ce dernier cas ils n'occasionnent pas la mort des arbres; ils se contentent de perforer le bois de galeries qui, lorsqu'elles ne sont pas excessivement nombreuses, ne semblent pas aggraver sensiblement leur situation, comme on le voit pour les peupliers, dont l’Anerea carcharias attaque la base, et ils sont en cela bien différents des Melanophila tarda, des Pissodes, des Hylurgus et des Tomicus, véritables fléaux des arbres malades, qui deviennent inévitablement leurs victimes. « Mais, ajoute le savant entomologiste de Mont-de-Marsan, si les larves dont nous nous occupons sont à peu près inoffensives pour les forêts, puisqu'elles respectent les arbres vivants et même les arbres malades, ou ne leur occasionnent que de faibles dommages, on ne peut en dire autant pour les bois en grume déposés sur le sol forestier et pour les bois ouvrés appropriés à l’usage de l'Homme; plusieurs vivent dans l’intérieur de ces bois, elles y creusent des galeries larges et profondes, les minent en tous sens, rendent accessibles à l'humidité leurs couches internes, et en diminuent notablement la résistance et la durée. On conçoit, en effet, les ravages que peuvent exercer ces larves volumineuses d’Ergates, les larves innombrables de Criocephalus, de Spondylis, de Leptura, ete., et l'on verra à quel état de délabrement et de ruine celles des Hylotrupes conduisent les bois de charpente. Il y a même ceci de particulier, que plusieurs d’entre elles n’ont pas absolument besoin que les troncs soient revêtus de leur écorce, comme cela est nécessaire pour d’autres, ainsi que pour les larves des Xylophages, car l'Ergates et la Leptura pondent indifféremment sur les bois dénudés. »
Linné (Systema naturæ, 1755), qui ne connaissait qu'un nombre excessivement restreint d'Insectes de la famille que nous étudions, ne les placait que dans trois genres particuliers, ceux des : Cerambyx, Leptura et Necydalis. Mais, aussitôt que le nombre des espèces fut devenu plus considérable, la quantité des genres augmenta dela même manière : Geoffroy, Fabricius, Dalmann, Latreille, Lepelletier de Saint-Fargeau et Audinet Serville, Dejean et d’autres entomologistes y eréèrent beaucoup de coupes génériques, et décrivirent ou indiquèrent des milliers d'espèces. Malgré cela, comme le fait remarquer Latreille, avant de donner l'exposition des genres de cette famille dans le Règne animal, on pouvait facilement remarquer alors l'insuffisance des caractères qui signalaient ces genres et le désordre qui régnait encore dans plusieurs d’entre eux. C’est à ce mal que chercha à remédier Audinet Serville, en publiant une révision générale de la famille dans les Annales de la Société entomologique de France, années 1832, 4833, 1854 et 1855. Peu d'années après, M. Mulsant, dans les Longicornes de son Histoire naturelle des Coléoptères de France, 1839, passa en revue toutes les espèces francaises, indiqua d’utiles rectifications à introduire, et créa des coupes génériques peutêtre trop nombreuses. M. Émile Blanchard, de son côté, dans son Histoire naturelle des Insectes de l'éditeur Didot, 1845, présenta le tableau général de tous les groupes connus, ou tout au moins de tous ceux fondés sur de bons caractères. Depuis cette époque, quelques monographies, des travaux de détails, des genres créés ou rectifiés, de nombreuses espèces décrites, ont été donnés par un trop, grand nombre d’entomologistes pour que nous puissions les nommer tous : aussi nous borneronsnous à citer à ce sujet MM. Newman, É. Blanchard, L. Buquet, Chevrolat, Castelnau, Leach, Gray, Vigors, Eschscholtz, Dupont, Falderman, Guérin-Méneville, Germar et Léon Fairmaire, ete. De tous ces travaux, il résulte qu'aujourd'hui la famille des Cérambyciens comprend de cinq cent cinquante à six cents genres et plus de cinq mille espèces. On comprend que nous n'avons pas la prétention de donner en quelques pages la caractéristique de tous ces genres : nous nous bornerons à faire connaître les plus importants d’entre eux, et nous citerons la plupart des autres coupes génériques, plus particulièrement celles admises par Audinet Serville et par M. É. Blanchard, et surtout les groupes propres à notre pays. Avant de passer à cette énumération, il nous semble essentiel d'exposer brièvement les méthodes des deux naturalistes que nous venons de nommer, et de dire également quelques mots des classifications de Latreille et de M. Mulsant.
L'auteur de la partie entomologique du Règne animal partage ainsi les Cérambyciens, qu'il
Fig. 1 — Stenopterus femorutus.
Fig. 3. — Saperda ciliata (grossi
Fig. 4. — Tmesislernus marmoralus Fig. D. — Molorchus scoparius.
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COLÉOPTÈRES. 301 nomme Longicornes : A" division : ceux à yeux soit fortement échancrés ou en croissant, soit allongés et étroits; à téte parfois verticale, S'enfoncant jusqu'à ces organes dans le corselet, sars en ètre distinguée par un rétrécissement brusque et formant une espèce de cou; partagés : en À, espèces à dernier article des palpes conique ou en triangle renversé, ou bien cylindrique et tronqué au bout; à lobe terminal des mâchoires droit; à tête avancée ou simplement penchée; à corselet souvent trèsinégal ou carré, rarement cylindrique, subdivisées en deux tribus : 1° Priomexs, Prionii, à labre nul ou peu distinct; mandibules fortes, très-grandes, surtout dans les mâles; mächoires à lobe interne nul ou très-petit; antennes insérées près de la base des mandibules ou de l'échancrure des yeux, non entourées par eux à leur naissance; corselet trapézoïdal ou carré, crénelé ou dentelé latéralement : Genres : Parandra, Spondylis, Prionus. 2° Cerausyons, Cerambycini, à labre trèsapparent, s'étendant dans toute la largeur de l'extrémité antérieure de la tête; mächoires à deux lobes très-distincts, saillants; mandibules de grandeur ordinaire, à peu près semblables dans les deux sexes; yeux toujours échancrés; antennes de la longueur ou plus lonçues que le corps; cuisses, au moins les antérieures, en massue ovoïde ou ovalaire, rétrécies en pédicule à la base : Genres : Cerambyx, Lissonotus, Megaderus, Dorcacerus, Trachyderes, Lophonocerus, Ctenodes, Phænicocerus, Callichroma, Acanthoptera, Hammaticherus, Callidium, Obrium, Necydalis, Distichocer«, Tmesisternus, Trogocerus, Leptocera; B ou % tribu, Lamiuires, Lamiariæ, espèces à tête verticale; palpes filiformes ou quère plus gros à leur extrémité et terminés par un article plus où moins ovoide, allant en pointe; mächoires à lobe externe un peu rétréci au bout et se courbant sur la division interne; antennes le plus souvent sétacées et simples; corselet, abstraction faite des tubercules ou des épines des côtés, à peu près de la même longueur partout ; Genres : Acrocinus, Lamia, Saperda. 2 division, Lerrurères, Lepturelæ, à yeux arrondis, entiers ou à peine échancrés; antennes insérées en avant ou tout au plus à l'extrémité antérieure de la faible échancrure ovalaire; tête presque toujours penchée, prolongée postérieurement derrière les yeux ou brusquement rébrécie en sorte de cou à sa jonction avec le corselet; celui-ci conique ou trapéxoidal; élytres allant en se rétrécissant graduellement. Genres: Desmocerus, Vesperus, Rhagium, Rhamnusium, Toæotus, Stenoderus, Leptura.
Audinet Serville, tout en maintenant les quatre tribus de Latreille, n’y fait pas entrer tous les genres du collaborateur de G. Cuvier, et en a créé surtout un grand nombre d’autres, ainsi que nous le dirons lorsque nous exposerons l’histoire des genres de Cérambyciens, ce qui nous dispense d'entrer actuellement dans des détails à ce sujet.
M. Mulsant partage les Longicornes en trois groupes principaux, savoir : 1° les ProcÉPHALIDES, dont la tête est penchée en avant, partagés en trois familles : Spondyliens, Prioniens et Cérambycins; 2° les CinocÉPHALIDES, à tête verticale ou inclinée, partagés en deux familles: Lamiens et Saperdins, et 3° les DÉrÉcÉPuALIDES, à fête séparée, par une sorte de cou, du corselet, qui est rétréci en avant : partagées également en deux familles : les Rhagiens et les Lepturiens. Chaque famille est ensuite subdivisée en branches, elles-mêmes renfermant les genres. Cette méthode, qui a encore beaucoup de rapport avec celle de Latreille, ne peut être suivie dans un ouvrage général comme le nôtre, car elle ne s'applique qu'aux genres français de la famille et ne peut pas toujours convenir aux genres exclusivement exotiques.
Enfin M. E. Blanchard, dont nous suivrons en grande partie la classification dans l'exposition des genres, partage la famille des Cérambyciens en six tribus : 4° Sroxpyunes, à tous les tarses de cinq articles distincts, cylindriques; 2° Tricrénorommes, à tarses antérieurs et intermédiaires de cinq articles : postérieurs de quatre, tous cylindriques; 3° Prionines, à tarses seulement de quatre articles distincts : l'avant-dernier fortement dilaté; 4 Céramsvenes, à labre très-distinct, occupant toute la largeur de lu tête; palpes à dernier article plus ou moins élargi; tête à peu près horizontale; 5° Lamunes, à labre large, bien développé; tête verticale, aplatie en avant; palpes à dernier article ovoide, pointu; 6° Lepruries, à labre grand; tête rétrécie postérieurement à sa jonction avec le corselet; antennes insérées en avant des yeux.
Ceci posé, nous passerons à la partie descriptive.
1e tribu, Priones, Prionidæ, ayant pour caractères : Labre nul ou très-petit et peu distinct: mandibules fortes, ordinairement plus petites dans les femelles que dans les mâles, et souvent ausst
très-grandes chez ces derniers; mâchoires à lobe externe nul ou très-petit; antennes insérées près de la base des mandibules ou de l'échancrure des yeux, mais non entourées par eux à leur naïssance; tête avancée où penchée, non perpendiculaire ni aplatie en devant; palpes à dernier article en cône ou en triangle renversé, quelquefois presque cylindrique, toujours tronqué au bout; corps allongé, grand, ailé ou aptère.
Cette tribu, créée par Latreille, adoptée par Audinet Serville et par tous les entomologistes, correspond à l’ancien genre linnéen des Prionus; elle renferme aujourd'hui une soixantaine au moins de genres, dont les premiers devront probablement plus tard servir de types a des tribus particulières, et déjà même on s'accorde généralement pour en distraire les Parandra, que Latreille y réunissait, et que l’on reporte, comme nous l'avons fait, dans la famille des Cueujiens.
Les Prionides sont presque tous de grands Coléoptères xylophages, se trouvant dans les trous qu'ils se forment dans les arbres ou dans les tas de tan accumulé au pied des vieux végétaux, et qui ne sortent guère que le soir ou la nuit de leurs retraites, dans lesquelles ils restent cachés pendant le jour. La forme générale et les caractères de ces Insectes sont très-variables suivant les groupes, et, sous ces divers rapports, on observe de grandes différences entre les Psalidognathes, les Mallodons, les Priones, les Anacoles etles Prionaptères, par exemple, et encore plus entre tous ces genres et les Spondyles et les Tricténotomes. Le nombre des espèces est assez considérable, et on en rencontre dans toutes les parties du monde, surtout en Amérique, tandis qu'il y en a très-peu en Europe. On connaît l'histoire des métamorphoses de quelques espèces des quatre genres Spondylis, Prionus, Ergates et Prinobius : ces dernières dues à M. L. Fairmaire.
Nous admettons, avec M. É. Blanchard, trois divisions naturelles dans cette tribu : celles des Spondylites, Tricténotomites et Prionites.
4e division, Sronpyuires, à t@rses de cinq articles distincts, cylindriques à toutes les pattes.
Peu de genres et d'espèces entrent dans cette division, et le groupe typique est le :
Genre SPONDYLE, Spondylis, Fabr., à corps convexe, assex court; antennes courtes, presque moniliformes, de la longueur du corselet, de onxe articles un peu aplatis, légèrement obconiques à partir du troisième article, excepté le dernier, qui est ovale, très-aplati : le premier plus grand que les autres et le deuxième petit; mandibules avancées, arquées, pointues à l'extrémité, échancrées intérieurement à la base; corselet presque globuleux, arrondi latéralement, tronqué antérieurement et postérieurement, convexe, non rebordé, à côtés mutiques; écusson en triangle curviligne; élytres presque linéaires, étroitement rebordées extérieurement et à angle sutural à peine unituberculé; jambes très-finement denticulées tout le long de leur côté antérieur; tarses ayant leur dernier article plus grand que tous les autres pris ensemble. Les Spondyles, dont la dénomination a été prise du nom de Zrovdvan, employé par Aristote pour désigner un Insecte qui nous est inconnu, sont des Prionides de médiocre taille, et sont remarquables par leur forme ramassée et ayant quelque rapport avec celle de certains Buprestiens; on n’en connaît qu’une seule espèce, le Spondylis buprestoides, Fabr., long de 0%,014 à 0%,020, et entièrement noir, assez répandu dans toute l'Europe boréale, peu rare dans les montagnes du midi de la France, principalement dans les bois de pins. MM. Ratzeburg, Westwood et Éd. Perris se sont occupés des métamorphoses de ce Cérambycien. La larve, longue d'environ 0,035, sur une largeur de 0",007, est blanche, charnue, ferme, cylindrico-tétraédrique, avec un corselet roussâtre postérieurement et l'abdomen très-finement velu sur les côtés; la nymphe est blanche, à tête lisse avec quelques soies également blanchâtres et trèscourtes sur le labre, à corselet muni d’épines éparses, et à dernier segment abdominal tronqué et terminé par deux épines un peu divergentes et arquées en dedans. La femelle pond. ses œufs au mois de juillet, principalement dans l'écorce des souches des vieux pins récemment abattus. Les œufs sont d'un beau blanc, très-lisses, ellipsoïdaux. Les larves, écloses quinze où vingt jours après la ponte, traversent l'écorce et vivent quelque temps entre celle-ci et le bois; puis elles pénétrent plus ou moins profondément dans l'aubier, et y creusent des galeries à section elliptique; aux approches de la métamorphose, c'est-à-dire en mai ou juin, elles reviennent vers la surface de l'arbre dans lequel elles vivent, se transforment dans leur galerie dilatée en cellule, et deviennent Insectes parfaits en juin et juillet. Ces larves, d'après M. Mulsant, sont très-faciles à élever.
Les autres genres de la même division sont ceux des : Canrnarocnemrs, Serv , à antennes courtes. presque moniliformes, corselet uniépineux latéralement; jambes tridentées au côté externe, ete. : une seule espèce (C. spondyloides, Serv.) du Sénégal. — Svrirus, Guérin, à antennes en dents de scie; corselet mutique; jambes sans dents : de Bolivie. — AnorLonerma, Guérin, à antennes presque filiformes, à peine dentées; mandibules longues, étroites, très-courbées; corselet mutique, large : ne comprenant qu'une seule espèce, propre également à la Bolivie.
2° division, TricrÉNoromiTEs, à tarses antérieurs et intermédiaires de cinq articies : postérieurs de quatre, tous cylindriques.
On n'y range que le singulier genre des TRICTENOTOMA, Gray, ayant un corps épais; des antennes à trois derniers articles comprimés, en dents de scie; des mandibules robustes, un peu arquées; un corselet unidenté latéralement; des élytres se rétrécissant beaucoup de la base à l'extrémité, ete., et ne renfermant que le seul T. Childrenti, Gray, belle espèce propre a l'ile de Java. (Introduction, tome [°', fig. 3.)
9° division, Prionires, à tarses seulement de quatre articles distincts : l'avant-dernier fortement dilaté; labre très-petit, peu apparent.
Cette division comprend presque tous les genres de Prionides, et peut être partagée, ainsi que l’a proposé M. É. Blanchard, en quatre groupes, qui ont pour types les genres Notophysis, Cyrtognatha, Psalidognathus et Prionus : ce dernier autour duquel se placent aujourd’hui un grand nombre de coupes génériques.
4° groupe, Noropuysires, à tête courte; mandibules droites; jambes canaliculées, très-finement denticulées en dessous.
Le seul genre NOTOPHYSIS, Serv., à antennes presque filiformes; mandibules aussi lonques que la tête, arquées, denticulées intérieurement; corselet unidenticulé latéralement, entre dans ce groupe, et ne comprend lui-même que le seul N. lucanoides, Serv., jolie espèce, rappelant un peu les Lucanus par son faciès, et qui a été trouvée dans l’île des Kanguroos, en Australasie.
2e groupe, CxrrocnaTaites, à tête très-lonque, beaucoup plus étroite que le corselet; antennes à articles dilatés, en dents de scie; mandibules longues, courbées en dessous.
Deux genres principaux entrent dans ce groupe; ce sont ceux des GYRTOGNATHUS, Dej., Falderman, à prosternum mutique, ayant pour types les C. rostratus, Dej., Fabr., espèce longue de plus de 0,05, entièrement glabre, d'un noir brunètre brillant, et qui est propre aux Indes orientales, et paradoæus, Fald., de la Perse, et Donxsruenus, à prosternum muni d'une forte dent obtuse dirigée en avant, qui ne comprend que des espèces propres aux [ndes orientales.
Parmi les autres Prionides qui entrent dans le même groupe, nous citerons encore les genres DissorrerNus, Hope, et Baranera, Waterhouse, Guérin, formés avec de grandes et remarquables espèces des pays chauds.
3° groupe, Psarinocxatuites, à tête courte; palpes maæillaires une fois plus longs que la tête; jambes antérieures des mûles dilatées, creusées en cuiller, et garnies de poils intérieurement : celles des femelles un peu comprimées, cintrées seulement à l'extrémité.
Ge groupe ne renferme que le seul genre PSALIDOGNATHUS, Gray, qui, outre les particularités que nous venons d'indiquer, a encore pour caractères : mandibules croisant l'une sur l'autre, fortes, courbées en dessous et dentelées en dedans; corselet muni latéralement de quatre épines; corps assez allongé dans les mâles, plus court et plus ovalaire dans les femelles; pattes assex longues, ete.; ces Insectes, tous remarquables par leur grande taille et leur belle couleur, sont propres à la Colombie et au Pérou, et ne renferment qu'un nombre très-restreint d'espèces. Le type est le P. Friendüi, Gray, long de 0,040 à 0,045, à corps d’un superbe vert doré, pouvant parfois passer au bleu. Le P. Grantii est figuré tome I pl. XV, fig. 9.
304 ITISTOIRE NATURELLE.
4e groupe, PrioniTes rROPREMENT pis, à tête courte; palpes maxillaires à peine plus longs que la téte; jambes simples, non dentelées. à
Les Cérambyciens de ce groupe sont très-abondants en espèces et répandus dans toutes les parties du globe : ils sont d'assez grande taille, et c’est parmi eux que l’on rencontre les Prionus par excellence et nos espèces indigènes. Les caractères des larves des trois ou quatre espèces qui ont été observées peuvent être formulés ainsi d'après MM. Candèze et Chapuis : tête grosse, déprimée, presque de la largeur du corselet; celui-ci portant un bourrelet charnu en arrière de l’arceau inférieur; segments thoraciques munis de petites pattes; première paire de stigmates placée sur le mésothorax. Latreille dit que l’on mange la larve du Prionus cervicorne, qui vit dans le bois du fromager. Les genres en sont très-nombreux, et, quoique nous ne les citions pas tous, nous en indiquerons cependant une cinquantaine.
Genres : Macrovonrra, Serv., à mandibules très-lonques, dentées intérieurement, un peu courbées vers l'extrémité; antennes presque filiformes, avec le premier article épais; corselet épineux latéralement; jambes mutiques; tarses très-courts : les trois premiers articles allant en augmentant de longueur, le troisième profondément échancré, et le quatrième plus long que les précédents réunis; corps grand, très-déprimé : le type est le Cerambyx cervicornis, Linné, très-grand Insecte, car sa longueur peut varier de 0®,07 à 0,15, sur une largeur de 0%,025 à 0,030, à corps d’un brun roussàtre marqué de taches noires sur les élytres, habitant l'Amérique méridionale, principalement les environs de Cayenne, et se trouvant dans les plantations, sous les écorces et au pied des arbres, ne produisant aucun bruit, ayant un vol lourd, peu élevé au-dessus du sol, de courte durée et n'ayant lieu que le soir. — Tiranus, Serv., à mandibules épaisses, plus courtes que la tête, dentées en dedans; antennes à peu près filiformes; corselet tridenté latéralement; jambes ayant deux rangées d'épines; corps excessivement aplati : le type est le T. giganteus, Linné, long de 0,12 à 0%,16, sur 0®,05 de largeur, entièrement d’un brun foncé, particulier à Cayenne. — Cre- NoscELIS, Serv., à mandibules plus courtes que la tête, dentées; antennes à peu près filiformes; corselet crénelé latéralement; jambes ayant deux rangées d'épines : quelques espèces de l’Amérique méridionale, se trouvant sous les écorces, et quelquefois courant à terre le long des chemins dans les bois, volant à l'entrée de la nuit, et produisant un bruit assez fort en frottant leurs pattes de derrière contre le bord de leurs élytres, et dont la principale espèce est le Prionus acanthopus, Germer, long d'à peu près 0%,06, à corps assez long, déprimé, d'une couleur brune foncée, et à tête rugueuse antérieurement.
ERGATES, Serv., à mandibules très-courtes, dentées; antennes presque filiformes; corselet crénelé latéralement; jambes inermes; tarses longs. à premier article aussi long que les deux suivants réunis; élytres peu convexes, rebordées antérieurement, dépassant un peu l'abdomen dans les mâles, et laissant son extrémité à découvert dans les femelles; corps assez long : le type de ce genre est le C. faber, Linné (serrarius, Panz.; obscurus, Oliv.); d'abord compris parmi les Cerambyx, puis parmi les Prionus, et dont le nom générique actuel, epyaras (ouvrier), est la traduction grecque de la dénomination spécifique : cet Insecte, long de 0",030 à 0%,048, sur une largeur de 0,010 à 0%,020, est brun ou d'un brun rougeàtre en dessus, à antennes simples, grêles, avee le premier article renflé, à élytres rugueusement ponctuées, chargées de deux lignes longitudinales, le plus souvent indistinctes : il apparaît en juillet et en août, et se trouve en Allemagne, dans la France méridionale, surtout dans les parties montagneuses, et a même été pris dans la forêt de Fontainebleau. Les métamorphoses de ce Coléoptère ont été étudiées d'abord par M. Mulsant, et plus complétement depuis par MM. H. Lucas et Ed. Perris; la femelle pond ses œufs de la mi-juillet à la mi-septembre, dans l'épaisseur des écorces des souches, ainsi que des tiges plus où moins récemment mortes des pins gros et moyens; ces œufs ont 0,003 de long : ils sont ellipsoïdaux, d’un blanc sale, marqués sur toute leur surface d'une réticulation saillante, grise, formée de mailles hexagonales d'un joli effet, et ressemblent à ceux de la Geometra cratægaria et du Satyrus cyæria; les larves naissent quinze jours environ après la ponte, prennent une rapide croissance, et parviennent à une longueur de 0,060 à 0,065 : elles sont blanchâtres, assez grosses, pourvues de six pieds très-courts, avec les quatrième à dixième anneaux du corps garnis de larges mamelons marqués chacun d’une impression en forme de trapèze transversal; le dernier segment est terminé par une sorte de bouton faiblement rétractile; le bord antérieur de la tête est quadridenté; les palpes
maxillaires sont de trois articles, et les labiaux de deux: les antennes en ont quatre : ces larves sont très-agiles pour des larves de Cérambyciens, elles perforent de profondes et nombreuses galeries et se rapprochent de l'écorce à l'époque de leur transformation en nymphes : celles-ci sont très-remarquables par les tubercules épineux et cornés disséminés sur le dos du corselet et sur l'anneau dorsal des segments abdominaux, et qui font de la région dorsale du corps une sorte de ràpe.
Awazcorones, Lequien, à mandibules plus courtes que la tête, dentées; antennes courtes, assez épaisses; corselet dilaté aux angles antérieurs et épineux; jambes antérieures n'ayant que quelques éjines : les autres une double rangée; corps large, assez aplati; élytres ovalaires : une seule espèce, Amallopodes scabrosus, Lequien (Acanthanodorus Cumingü, Hope; Prionus Mercurialis, Erich., Burm.), assez grand, d'un brun presque noir, propre au Chili. — Marconeres, Dupont, à mandibules au moins aussi longues que la tête, arquées, pointues; corselet offrant latéralement une forte pointe recourbée; jambes mutiques : également du Chili, et ayant pour type le M. macrocephalus. — Axcisrnorus, Serv., à mandibules plus courtes que la tête, dentées, terminées en pointe; antennes très-longues; corselet avec les angles antérieurs dilatés et biépineux; jambes ayant deux rangées d'épines : espèce (A. hamaticollis, Serv.) particulière au Brésil; une autre espèce est l'A. Servillei, Blanch., propre au Chili, où elle est très-rare. — Exorrocenus, Serv., à mandibules courtes, dentées; antennes très-longues, couvertes d'aspérités dans les mâles; corselet quadridenté latéralement; jambes mutiques : antérieures rugueuses : type, C. armillatus, Linné, des Indes orientales. — Horuiperes, Serv., à mandibules courtes, très-recourbées; corselet échancré en arrière et pourvu de cinq épines latérales; jambes mutiques : des espèces de Madagascar, type, H. spinipennis, Serv. — Acanrnoruonus, Serv., à mandibules très-lonques, dentées; antennes ayant chaque article dilaté en une petite épine à partir du troisième; corselet triépineux latéralement: on connaît quelques espèces propres à l'ancien continent, dont la plus connue est le Prionus serraticornis, Oliv., long de 0,08 à 0,10, d'un brun noirâtre, de Pondichéry.
Fig. 257. — Spondylis buprestoides. Fig. 258. — Prionus coriarius Fig. 259. — Anacolus sanguineus
PRIONE, Prionus, Geoffr., Serv., à mandibules courtes, muliques; antennes ayant chaque article plus où moins dilaté, quelquefois comme flabellées; corselet triépineux latéralement; pattes courtes; robustes; tarses courts, larges; corps court, assex large. Ge groupe, démembré de celui des Cerambyx de Linné, et correspondant lui-même aujourd'hui à tous ceux de la tribu, a Heu le UC porte du grec xp» (scie), par allusion à la disposition des antennes : Je type est le PRIONE ARE Cerambyx coriarius, Linné, variant en longueur de 0,026 à 0,050, d une couleur de poix en dessus, avec les élytres rugueusement ponetuées et chargées de trois lignes élevées presque effacées : la larve de cette espèce a été décrite par Rœsel; Latreille et MM. Westwood et Mulsant en ont cr lemonteIl quelques mots; ces larves vivent principalement dans le chêne : elles ont la tête d'un Ban char l'anneau prothoracique couleur de safran, et le reste du corps blanchâtre : | Insecte parfait se ". contre quelquefois pendant le jour contre le tronc des arbres, et plus souvent à leur pie ï d Te = tas de tan qu'on y remarque parfois, habite l'Allemagne et le midi de la E rance, ‘ de aussi, quoique rarement, dans les environs de Paris. Les métamorfhoses d une espèce pou ae de ce genre, le P. damicornis, de l'Amérique du Sud et des Antilles, ont été indiquées par made-
= ou gs
moiselle de Mérian et par M. Brown. — Serville ne range parmi les Prionus que les espèces ayant plus de onze articles aux antennes, tandis qu’il fait, sous le nom de Closterus (type, C. flabellicornis, Chevr., de Madagascar), un genre spécial pour les espèces ayant les antennes de onze articles et plus, dilatées : ce qui les rend plus flabellées. — Le genre Prinosius, dont M. Chevrolat à donné récemment une courte révision, en es! très-voisin : les espèces proviennent du nord de l'Afrique.
Porxoza, Serv., à mandibules très-courtes, aiqués; antennes aussi longues que le corps dans les mâles, avec chaque article dilaté en un long rameau; corselet ayant deux petites épines latérales rapprochées; corps assez élancé : une espèce, P. Lacordairei, Serv., du Brésil. — PorxarranoNn, Serv., à mandibules presque aussi longues que la tête, unidentées à la base; antennes multiartieulées : chaque article supportant deux lames divergentes dans les mâles : type, P. pecticornis, Fabr., du Sénégal. — Prionarrerus, Guérin, à mandibules plus courtes que la tête; antennes faiblement dentées en scie et diminuant de grosseur vers l'extrémité; corselet un peu dilaté latéralement; élytres courtes, ne couvrant pas entièrement l'abdomen ; pas d'ailes; corps mou, assez court : le type est une jolie espèce, petite pour un Prionide, car elle ne dépasse pas 0,03 de long : c’estle P. flavipennis, Guérin, à corps noïrätre, comme enfoncé, et à élytres d’un beau jaune tirant sur le fauve, avec des reflets soyeux; une seconde espèce est le P. staphylinus, Guérin, à corps entièrement d’un noir mat: tous deux sont de Cordova.— Anacozus, Latr., à mandibules denticulées; antennes fortement dentées en scie; corselet large, uniépineux latéralement; élytres élargies vers l'extrémité; corps court, assez large, un peu incliné en avant : ce joli genre, dont M. L. Buquet a donné une monographie, se distingue surtout du précédent par la présence d'ailes et par ses antennes plus pectinées : il renferme encore d'assez petites espèces, propres à l'Amérique méridionale (type, A.sanquineus, Lep. et Serv., à corps entièrement d’un rouge de sang).— CnanEa, Serv., à mandibules très-petites; antennes courtes, pectinées; corselet diluté, uniépineux sur les côtés; élytres élargies vers l'extrémité; corps court, ramassé : une espèce (cyanea, Serv., de Cayenne).
TRAGOSOMA, “ej., Serv., à mandibules courtes, mutiques; antennes filiformes, assez gréles; corselet dilaté, unidenté latéralement; cuisses légèrement renflées à la base; corps court, large : la seule espèce de ce genre est le C. depsarium, Linné, long de 0%,055, brun de poix rougeàtre en dessus, d’un rouge ferrugincux en dessous, ainsi que sur les antennes et les pattes; corselet hérissé et bordé de poils fauves; élytres rugueusement ponetuées et chargées de lignes élevées : se trouve surtout en Suëde et en Allemagne, et a été rencontré par M. Myard dans les Alpes francaises, à peu de distance des frontières de la Savoie. — M. É. Blanchard réunit tantôt à ce genre, tantôt à celui des CEgosoma, le genre Mrcoms, Dej., Serv., qui se distingue surtout par son corselet court, transversal, arrondi latéralement, pubescent, et par ses élytres très-lonques, et qui a pour type le A1. mutica, Dej., Serv., de l'ile de France. — On en rapproche aussi les Movopesnus, Dej., Serv., à mandibules courtes; antennes de la longueur du corps, en dents de scie, corselet unidenté; corps allongé : type, M. callidioides, Serv., de l'île de Cuba.
ŒGOSOME, OEgosoma, Dej., Serv., à mandibules courtes, coudées; antennes filiformes, épineuses dans les mâles; corselet mutique, élargi postérieurement; pattes plus robustes dans les mâles que dans les femelles : le genre OEgosoma, l’un des groupes européens peu nombreux de la tribu des Prionides, ressemble beaucoup à celui des Tragosoma, par la forme allongée et élancée de son corps, mais il s’en distingue surtout par ses palpes, qui sont beaucoup plus longs et moins tronqués, et par son corselet plus large en arrière qu’en avant, et non épineux sur les côtés. Le type est le P. scabricorne, Scop., long de 0,027 à 0,048, sur une largeur de 0,010 à 0,017; brun jaunâtre ou couleur de rouille en dessus, à corselet en cône tronqué, avec les angles postérieurs relevés, subépineux; élytres chargées au moins de deux lignes longitudinales peu élevées et réunies avant d'arriver au sommet. La larve de cette espèce, dont la description n’a pas encore été donnée, habite, selon M. Mulsant, les troncs caverneux des tilleuls, des marronniers, des sycomores, des ormes, etc.; l'Insecte parfait habite surtout la France orientale et méridionale, et n’est pas rare, dit-on, à l'approche de la nuit, à Lyon et dans ses environs, pendant le mois de juillet, sur les arbres de la place Louis-le-Grand et sur ceux qui bordent la route de Paris. Une autre espèce de ce genre est l'OE. affine, Dej., de l’île de Java. — Serville range iei le genre Cneronow, Latr., surtout caractérisé par ses mandibules dilatées à la base externe, qui présente une épine courte, obtuse, et par son corselet cylindrique, à côtés parallèles : ivpe P. cinereus, Gliv., du Sénégal.
Enoneres, Dej., Blanch., à mandibules très-courtes; corselet presque globuleux, crénelé, terminé par une épine aux angles postérieurs; pattes garnies de rangées d'épines : une grande espèce. — Tricaoperes, Chevr., à mandibules courtes, antennes gréles, filiformes; corselet biépineux latéralement; paltes inermes : fondé également sur une seule espèce. — Ruapmioponus, Serv., à mandibules courtes, dentées; antennes filiformes; corselet multiépineux latéralement; cuisses comprimées, épineuses en dessous; jambes munies d'épines placées irrégulièrement; corps un peu convexe : une seule espèce (R. suturalis, Serv.) de l'île de Bornéo. — Macroroma, Dej., Serv. (Remphanus, Waterh.), à mandibules courtes, dentées; antennes filiformes, ayant leur troisième article allongé; corselet multiépineux latéralement; pattes longues; jambes avec deux rangées d'épines; élytres lonques, presque linéaires, arrondies à l'extrémité: on en connaît plusieurs espèces, presque tontes propres à l'Afrique australe, et dont le type est le Prionus palmatus, Fabr., du Senégal.—Navosowa, Blanch., à mandibules courtes, dentées; antennes presque filiformes; corselet très-large, mutique, arrondi latéralement; pattes inermes : des espèces américaines. — Auracorus, Serv., à mandibules courtes; antennes filiformes; corselet multiépineux; jambes mutiques : une seule espèce (4. reticulatus, Serv., du Sénégal) assez voisine des Macrotomes sous beaucoup de rapports. — Orruosoma, Serv., à mandibules dentées; antennes filiformes, moins longues que le corps; corselet tri ou quadriépineux; jambes mutiques; pattes et tarses longs; élytres très-longues, étroites, rebordées latéralement et arrondies à l'extrémité : comprenant quelques espèces américaines, dont Serville faisait trois genres distincts : Orruosoma, à corselet armé latéralement de trois épines; mandibules courtes (type, C. unicolor, Drury, de l'Amérique boréale); Sricrasomus, à corselet armé également de trois épines sur les côtés, mais à mandibules allongées (type, S. semi-costatum, Serv., de Cayenne), et Onrnomecas, à corselet armé latéralement de quatre épines (type, P. corticinus, Oliv., de Cayenne). — Drrozracuus, Dej., Serv., à mandibules courtes, dentées; antennes courtes, filiformes; corselet court, triarticulé latéralement; jambes mutiques; pattes de grandeur moyenne; élytres longues, rebordées latéralement; corps assez déprimé : un petit nombre de grandes espèces américaines, dont la principale est le D. brevicollis, Serv., de Géorgie. —Anacanraus, Serv., à mandibules courtes; antennes filiformes; corselet mutique, déprimé, presque orbiculaire; jambes mutiques, aplaties : une espèce de taille moyenne, d’un beau noir luisant, propre au Brésil, qui se trouve sous les écorces, et est lourde dans ses mouvements. —Srenononres, à mandibules plus lonques que la tête; antennes filiformes; corselet crénelé latéralement; corps grand, assez déprimé : quelques espèces de l'Amérique méridionale, pouvant être partagées, avec Serville, en SreNoDoNTEs PROPRES, à Antennes ayant le premier article droit, et le corselet à angle sutural muni d'une petite épine (type, P. exsertus, Oliv.), et Basrraxus, à antennes ayant le premier article épais, arqué, et le corselet à angle sutural sans épine distincte (type, B. armatus). — Marronox, Serv., à mandibules à peine aussi longues que la tête, très-éparsses, laineuses intérieurement; corselet crénelé sur les côtés : genre assez nombreux en espèces, mais se trouvant dans des pays éloignés les uns des autres, telles sont les Af, Australis, Boisd., de la Nouvelle-Hollande, et Limæ, Guérin (gracilicornis, Buq.; Macrotoma melitæ-eques, Blanch.), assez répandue dans une grande partie de l'Amérique, et qui n'est pas rare au Chili en automne. — Micrornonus, Blanch., ayant queique analogie avec les Mallodons, et dont les types sont les M. Magellanicus, Blanch., du détroit de Magellan, et castaneus, Blanch., des provinces Sud du Chili.— Prarvexaruus, Dej., Serv., à mandibules comprimées latéralement dans les miles, creusées longitudinalement en dessus; corselet carré, mutique; corps allongé, très-déprimé : ayant pour type le P. octangularis, Oliv., de l'ile de France. — Horrosceus, Serv., à mandibules épaisses, mutiques; antennes courtes, un peu dentées en scie; corselet unidenté latéralement; jambes élargies à l'extrémité, ayant quelques longues épines; corps robuste : espèce principale, H. lucanoïides, Serv., espèce noire, de taille moyenne, et propre au Sénégal. — Corroneres, Serv., à mandibules aussi longues que la tête dans les mûles, arquées et échancrées à l'extrémité; corselet sinué latéralement; jambes mutiques, légèrement dilatées à l'extrémité; corps un peu convexe : type, C. Caffer, Serv., du cap de Bonne-Espérance, long de 0%,05, y compris les mandibules, glabre, d'un noir brillant.— Cacrirocon, Serv., à mandibules plus lonques que la tête dans les mûles, dentées, recouvertes d'un duvet très-épais; corselet en carré large, finement crénelé; corps long, se rétrécissant fortement de la partie antérieure à la partie postérieure : le type est le magnifique Prionus hamatus, Fabr., propre au Mexique. — Pyrones, Serv., à mandibules courtes; antennes
filiformes; corselet en carré très-large, crénelé, muni d'une forte dent; écusson grand; pattes lonques, comprimées; élytres molles, souvent chagrinées; jambes mutiques; corps ovalaire, un peu déprimé : les espèces de ce groupe sont assez nombreuses, et de taille moyenne, propres au nouveau continent, surtout à l'Amérique méridionale, et pour la plupart de brillantes couleurs, vertes ou bleues, avec des reflets métalliques dans quelques-uns; on peut, avec Serville, y former deux genres particuliers, les Prnones propres, à écusson grand, triangulaire, tout à fait glabre : un assez grand nombre d'espèces de l'Amérique méridionale, dont le type est le P. speciosus, Oliv., variant de taille depuis une longueur de 0,03 jusqu'à une longueur de près de 0,04, d'un vert doré métallique, mais parfois obscur, très-commun au Brésil et dans une grande partie de l'Amérique méridionale, et les Marrasris, à écusson grand, très-large, très-velu, triangulaire et pointu : type, P. scutellaris, Oliv., long de 0%,05 à 0,06, d’un brun verdâtre et bleuâtre métallique, de Cayenne. — Socenoprera, Serv., à mandibules courtes; antennes comprimées; corselet crénelé, échancré postérieurement; écusson petit; élytres molles; corps assez large, plus allongé que dans les Pyrodes : types, P. Thomæ, Fabr., d'un brun noirâtre, de l’île de Saint-Thomas, et P. vittatus, Oliv., élytres d’un beau jaune, offrant chacune deux lignes longitudinales noires, probablement des Indes orientales. — DErancisrrus, Serv., à mandibules crochues; antennes courtes, comprimées; corselet excavé au milieu, muni latéralement de deux fortes pointes crochues; élytres se rétrécissant de la base à l'extrémité; corps un peu allongé, déprimé : type, le P. elegans, Pall. de Beauv., d'un jaune de rouille, avec les élytres marquées de deux bandes longitudinales d'un noir brillant, décrit d'après un seul individu trouvé à Saint-Domingue. — Merosceucus, Serv., à mandibules courtes, larges; antennes filiformes; corselet plan, tridenté latéralement; élytres laissant à découvert l'extrémité de l'abdomen; corps très-déprimé, dépourvu d'ailes au moins dans les femelles : espèce unique, M. violaceus, Serv., corps d’un noir mat violacé, habite le Brésil. — Cueconenus, Gray, à mandibules très-petites, mutiques; antennes filiformes, assez courtes; corselet ayant ses angles épineux et une large dilatation latérale relevée; jambes avec des épines à l'extrémité; corps long, épais : la seule espèce connue est le C. Childreni, Gray, magnifique espèce, de grande taille et d'un vert doré, propre au Chili, où il est fort rare. — Oxypecrus, Blanch.: ce genre, voisin du précédent, ne comprend également qu'une seule et superbe espèce, l'O. quadrispinosus, d'un beau vert métallique couvert d'une pubescence grisètre, et qui se trouve dans les forêts subandines de Chillon, à 1,600 mètres d’élévation, au mois de décembre, vit sur une espèce de hêtre, et vole facilement sous l'influence d’un soleil ardent. — Arvocerus, Serv. (Tropidosoma, Perty), à mandibules petites; antennes de douxe articles, et non de onze, comme chez les autres Prionides, ur peu dentées en scie; corselet large, sinueux, mutique, ainsi que les jambes; corps étroit, presque linéaire : l'espèce unique de ce groupe est l'A. Spencei, Kirby, variant sa longueur de 0,03 à 0%,07, à corps d'un roux testacé, propre au Brésil, où on le rencontre sous les écorces des arbres. — Merorocorus, Dej., Serv., à mandibules courtes, épaisses; antennes courtes, un peu en dents de scie : le onzième article ayant une dent latérale ressemblant à un douxième article; corselèt presque carré, unitüberculé latéralement; corps long et linéaire : type, M. maculicollis, Serv., du Présil, de taille moyenne; tête d'un jaune ferrugineux, avec une grande tache noire au milieu; corselet jaune, avec deux taches noires ovalaires; élytres jaunâtres. — Tracocenus, Boisd., à mandibules courtes, mutiques; antennes filiformes, plus courtes que le corps; corselet étroit, mutique; jambes umiépineuses; corps long, aplati : espèce unique, T. Australis, Boisd., d'un beau noirâtre brillant : se trouve à la Nouvelle-Hollande. — Tuyersia, Dalm., à mandibules courtes, bidentées; antennes renflées au milieu, velues; corselet mutiqe, très-large; corselet oblong, de peu de consistance : type et espèce unique, T. lateralis, Dalm., du Brésil. — Pæœcrropercus, Dalm., à mandibules courtes, mutiques; antennes filiformes, plus longues que le corps; corselet épineux ou tuberculeux sur les côtés; jambes mutiques; pattes assez gréles; corps peu allongé, un peu élargi : ce groupe, quoique peu nombreux en espèces, a été partagé par Serville en deux genres : PæciLosows, à corselet lisse en dessus, avec les angles antérieurs sans épines : type, P.ornatus, Dalm., jolie espèce brésilienne, et STERNACANTHUS, à Corselet tuberculé dans son malieu, avec les angles antérieurs dilatés en une épine obtuse : type, P. undatus, Oliv., de Surinam. — Crerocrenus, Serv., à mandibules courtes, bidentées; antennes pectinées, moins longues que le corps, épaisses; corselet large, uniépineux latéralement; jambes mutiques, comprimées, ainsi que les cuisses; corps court, assez large, très-
Fig. 4. — Distichocera maculicollis Fig. 2
Fig. 3. — Prionus crsertus
Vis. 4. — Trogosoma depsariom Fig. 5. — Stibara tetrospilota
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glabre, brillant : type, C. abdominalis, Serv., petit Prionide ne dépassant pas une longueur de 0%,03, du Brésil. — Doncasouus, Serv., à mandibules courtes, mutiques; antennes beaucoup plus courtes que le corps, eten dents de scie; corselet cylindrique, uniépineux latéralement; élytres linéaires, parallèles; corps glabre : type, Cerambyx ebulinus, Fabr., ou Stenocorus testaceus,Oliv., long d'environ 0,03, d'un bleu noirâtre, du cap de Bonne-Espérance. — Carocomus, Serv., à mandibules courtes, pointues, unidentées; antennes en longues dents de scie; corselet large, crénelé, umidenté latéralement; corps court, large, plat : une seule et belle espèce, propre à Cordova, le Prionus Desmarestii, Guérin (Calocomus hamatiferus, Serv.), elle est longue d'environ 0,05, son corps est d'un noir brillant; ses élytres sont noires, ayant leur partie antérieure chagrinée, comme le corselet, et le reste de leur étendue lisse, offrant chacune une tache réniforme d’un jaune orange et une bande de la même couleur sur le bord externe.
2° tribu, Cérameyeines, ayant un labre très-distinct, occupant toute la largeur de la tête; palpes à dernier article plus ou moins élarqi; tête horixontale; corps ailé; élytres assex longues.
Cette tribu, la plus nombreuse de toute la famille, est excessivement abondante en espèces répandues dans toutes les parties du monde, et plusieurs sont particulières à l'Europe: on rencontre parmi elles des espèces de grande taille, mais, dans la grande majorité des cas, elles sont de taille moyenne. Ce sont les Cérambyciens, Capricornes ou Longicornes par excellence, c'est-à-dire ceux de tous les Coléoptères dont les antennes ont une plus grande longueur; leur taille habituellement svelte, élancée, les belles couleurs dont ils sont souvent parés, ete., en font les plus jolis de tous les Coléoptères. D'après les travaux de plusieurs entomologistes, et principalement de Serville et de MM. Dupont et Mulsant, on devrait admettre une centaine de genres dans cette tribu; mais M. É. Blanchard en a assez considérablement diminué le nombre, quoiqu'il en ait créé plusieurs. Les larves que l'on connaît, et qui se rapportent aux genres Cerambyx, Xystrocera, Callidium, Asemum, Clytus, Gracilia, ainsi qu'à quelques autres, tout en étant bâties sur le plan de toutes celles de la famille, ont pour caractères spéciaux : une tête petite; un corselet portant en dessus et en dessous un bourrelet transversal charnu, placé en arrière de la plaque cornée; des pattes peu développées aux segments thoraciques; la première paire de stigmates placée sur le mésothorax. Nous formerons dix groupes dans cette tribu : Distichocérites, Trachydérites, Éburites, Phoracanthites, Xystrocérites, Malacoptérites, Cérambycites, Callichromites, Rhopalophorites et Callidites.
4 groupe, Disnicnocérires, à antennes ayant dans les mâles, chaque article, à partir du quatrième, prolongé en deux rameaux, l'un supérieur et l'autre inférieur, dentées seulement dans les femelles.
Un seul genre, celui des DISTICHOCERA, Kirby, surtout remarquable par ses caractères antennaires, que nous avons indiqués, et par son corps étroit; ses élytres plus larges à la base que le corselet et se rétrécissant beaucoup des angles luméraux à l'extrémité; par ses pattes grèles, ete., entre dans ce groupe, et ne comprend lui-même qu’une seule espèce (D. maculicollis), longue de moins de 0",02, et propre à la Nouvelle-Hollande.
2e groupe, TracuypémiTes, à antennes simples ow seulement dentées; palpes à dernier article très-épais, un peu atténué à l'extrémité; mäâchoires à lobes courts.
Ce groupe, assez riche en espèces pour la plupart parées de couleurs vives et très-variées, exelusivement propres à l'Amérique méridionale, a été étudié surtout par MM. Dupont et Serville, et ce dernier y a créé un nombre considérable et même peut-être trop grand de genres que nous citerons pour la plupart, insistant principalement sur les principaux. Ces Insectes, d’après A. d'Orbigny et M. Th. Lacordaire, se trouvent sur les troncs d'arbres, où ils se tiennent fixés, les antennes ramenées sur le dos, ou bien encore autour des plaies d'arbres; mais ils ne vont jamais sur les feuilles et sur les plantes basses, et, quand on veut les saisir, ils s'envolent aussitôt ou se laissent choir.
Genres : Snrmius, Buquet, à antennes à premiers articles coniques : sixième à dixième trèslarges, presque carrés, et le dernier petit, échancré aux angles; corps long : une belle et assez
grande espèce. — Facurniun, Serv., à antennes à articles très-élargis et en dents de scie à partir du cinquième : quatrième légèrement prolongé; mésosternum muni d'une pointe : type, R. nigritu, Serv., entièrement d'un noir brillant, du Brésil. —Jussoxorus, Dalman, à antennes ayant des articles irès-élarqis, en dents de scie à partir du troisième : premier gros, deurième très-court; mésosternum mutique; corps glabre, luisant : ce genre est nombreux et renferme des espèces à corps lourd, antennes très-épaisses, généralement noires, et surtout particulières au Brésil : types, L. spadiceus, Dalm.; flabellicornis, Germ.; biguttatus, Dalm. — Garissus, Dupont, à antennes filiformes; corselet mutique; prosternum en forme de tubercule: mésosternum un peu déprimé : quelques espèces de médiocre grandeur. — Mrecanenus, Serv., à antennes filiformes, courtes : huitième, neuvième et dixième article un peu en dents de scie; corselet très-large, mutique; corps peu allongé : ee groupe, qui, par la forme de son corps, se rapproche assez de celui des Calocomus parmi les Prionites, a pour type le Cerambyx stigma, Linné, qui a les élytres d’un noir brillant, ayant chacune deux lignes longitudinales peu élevées et vers le milieu une bande transversale oblique, jaune: assez commun au Brésil.
Fig 260. — Megaderus sligma.
Le groupe typique est celui des TRACHYDERES, Dalman, à antennes filiformes, une fois plus lonques que le corps dans les mâles, avec les articles aplatis, un peu élargis vers le bout; palpes très-cowrts; corselet grand, très-tuberculeux, noduleux à sa surface et sur ses côtés; écusson er triangle allongé; élytres assez lonques, convexes; pattes courtes, robustes; prostermun muni d'un tubercule; corps glabre, brillant, plus allongé que dans les Lissonotus : ce genre, abondant en espèces, mais parmi lesquelles on en a fait beaucoup de nominales, parce qu'elles varient considérablement dans un même type, est répandu dans l'Amérique du Sud; on y à formé beaucoup de coupes génériques, dont plusieurs y sont réunies par M. E. Blanchard; ce sont les suivants : Dexpromus, Dup., Serv., à #1andibules des mâles très-avancées, longues, bifides à l'extrémité; corselet couvert d'excavations et avec ses bords latéraiæ armés chacun d'une longue épine : type, D. mandibularis, Serv., à corps d'un brun rougeûtre, du Mexique.—Dicranonenes, Dup., à mandibules des mäles lonques, bifides à l'extrémité; corselet ayant deux larges épines : type, T. annulatus, Dup., à élytres d'un noir brillant, à reflets blancs, avec deux lignes longitudinales blanchâtres, peu distinctes, du Brésil. — Tracuyoeres, Dup., Serv., à mandibules de même lonqueur dans les deux sexes; corselet couvert d'excavations : espèces, Cerambyæ succinctus, Linné, à élytres brun rougeûtre, traversées dans leur milieu par une bande transversale jaune plus ou moins large et trèsvariable, très-commun; C. morio, Fabr., à élytres vertes, plus rare que le précédent, ete. — XyLocanis, Serv., à corselet couvert d'excavations; prosternum ayant entre l'articulation des cuisses uñe proéminence peu prononcée : type, X.oculata, Serv., de Buénos-Ayres.—Crrarinores, Dup.,Serv., à corselet couvert de tubercules; écusson en triangle allongé, deux fois aussi long que large; élytres à extrémité mulique; antennes de douxe articles : type, C. fasciatus, de la capitainerie des Mines, dans l'intérieur du Brésil. — Puxninus, Dup., Serv., à corselet couvert de tubercules; écusson au moins une fois aussi long que large; élytres à extrémité ayant une petite épine; antennes de onxe articles : type, P. tricolor, Dup., jolie espèce de Cayenne.— Axcxrosrenxus, Dup., Serv., à corselet
à peine excavé; élytres à angle sutural armé d'une épine; prosternum échancré profondément : et ayant pour espèce unique le C. scutellaris, Oliv., dont la patrie n’est pas connue. — Oxysenus, Dup., Serv., différent du groupe précédenten ce que le prosternum est sans échancrure apparente : type, T. basalis, Dalm., du Brésil. — D’autres groupes, créés par M. Dupont, sont ceux des Crenonus, Crioprosopus, ete.
D'autres genres, différant davantage des Trachydères, sont les suivants : Crypromus, Serv. (Nosophlæus, Dup.), à antennes glabres, assez longues, gréles; corselet gibbeux, muuri de tubercules sur sa surface et de deux à chaque bord latéral; pattes longues, gréless élytres parallèles, longues, arrondies à l'extrémité, ayant chacune deux petites épines à cette partie; corps parallèle, plus gréle que dans les Trachydères : une seule espèce (C. coccineus, Serv.; N. concinuus, Dup.), noire et orange, du Brésil. — Srexasris, Serv. (Oxodera, Dup.), à antennes quère plus longues que le corps, souvent plus courtes, à articles plats, à peine élargis au bout; corselet plan, tuberculé; corps glabre, fortement dépr'imé : ayant pour espèce unique le S. verticalis, Serv., jolie espèce brésilienne. — Desuonerus, Dup., Serv., à antennes plus longues que le corps, ayant chaque article à partir du troisième muni d'une épine aiqué; corselet convexe, très-tuberculeux; tête courte, glabre; élytres à extrémité mutique : type, D. variabilis, Dup., Serv., à corps d'un brun rougeûtre, du Brésil, où il est rare. — Dorcacerus, Serv., à antennes plus longues que le corps, ayant chaque article, à partir du troisième, muni d'une épine; corselet large, bidenté latéralement, tuberculé en dessus; tête longue, velue; corps convexe, légèrement velu : type, le C. barbatus, Oliv., grande espèce à corps d'un brun foncé, en grande partie recouvert d’un duvet soyeux de couleur jaune doré claire, assez commun au Brésil, où il se trouve sur les feuilles et les trones d'arbres, et volant pendant le jour, en produisant un son aigu avec son corselet. — Lopnocerus, Latr., à antennes filiformes, très-lunques, inermes, plus où moins qarnies de poils; corselet tuberculé; élytres déprimées : ce groupe, voisin du précédent, a été partagé par Serville en Lopnocerus, à prosternum saillant, cunéiforme. à pointe très-avancée : type, C. barbicornis, Latr., ayant le corps presque glabre, varié de jaune et de noir, de Cayenne, où il n’est pas rare, et vit sur le courbaril, et CeraGENIA, Serv., à prosternum peu saillant, portant une faible pointe entre les deux premières cuisses : type, C. bicornis, Fabr., ayant le corps soyeux, jaune doré, de l'Amérique du Sud. —Srnæxornecus, Dup., à antennes filiformes, très-lonques; corselet cylindrique, mutique; élytres atténuées vers le bout, un peu tronquées : quelques espèces du Mexique.
Enfin le genre Leptocera, Latr., vient peut-être se placer ici, à moins qu'il ne doive former un groupe spécial, qui serait caractérisé par ses palpes terminés par un article long et très-gréle.
3° groupe, Erurires, à antennes simples, sans dent; palpes ayant le dermer article non élargi; mächotres à lobes courts; lèvre inférieure médiocrement échancrée; mandibules généralement peu saillantes.
Ce groupe, qui n’est pas très-nombreux, renferme de jolies espèces qui semblent, à quelques exceptions près, exclusivement propres à l'Amérique méridionale, et qui se font remarquer, pour la plupart, par leur taille élancée, ainsi que par la teinte jaune ou café au lait plus ou moins claire de leurs élytres, qui sont, en outre, marquées de taches ou lignes habituellement blanches imitant l'ivoire. Ces Insectes vivent sur les troncs et les feuilles des arbres.
Les genres principaux de cette division sont ceux qui suivent : AmPnipesmus, Serv., à antennes à peu près fihformes; corselet tuberculé latéralement; élytres arrondies; cuisses mutiques : espèce unique, l'A. quadridens, Serv., du cap de Bonne-Espérance. — Propoxria, Serv., à antennes lonques dans les mâles, avec des urticles noueux à l'extrémité, assez courtes et aplaties dans les femelles, légèrement dentées en scie; corselet presque cylindrique; mandibules très-saillantes; élytres rebordées latéralement; corps long, un peu aplati : une espèce (dimidiata) du Brésil. — Preropcarus, Buq., à antennes qarnies de bouquets de poils, avec leurs cinq derniers articles glabres; corselet petit; cuisses en massue; élytres élargies postérieurement : ee groupe renferme quelques espèces américaines qui, par la forme de leur corps, ressemblent assez à des Lycus. — EBURIA, Serv., à antennes filiformes; corselet denté latéralement; cuisses simples : postérieures terminées par deux épines; élytres ayant deux petites épines à leur extrémité; corps plus ou moins allongé : ce groupe, assez riche en espèces répandues dans presque tout le midi de l'Amérique, est
subdivisé par Serville en Eguria propres, ayant le corselet avec aeux tubercules sur son sommet et deux pointes à chaque côté; élytres assez convexes, n'ayant qu'une seule épine à leur extrémité : types, Cerambyx quadrimaculatus, Linné, et Stenocorus sex-maculatus, Fabr., du Brésil; Ceraspuonus, Serv., à corselet sans tubercule sur son sommet, et à côlés n'ayant qu'une seule épine dans leur milieu; élytres convexes, terminées chacune par deux épines : type, S. gargonicus, Fabr., du Mexique, et Cuzontpa, Serv., à corselet un peu dilaté latéralement, à côtés ayant chacun deux pointes assez fortes; élytres allongées, parallèles, rebordées latéralement, avec des côtes longitudinales, saillantes, sans taches couleur d'ivoire : espèce principale, C. festivus, Linné, à élytres d'un vert glauque, bordées de jaune entièrement. — Eurymenrus, Serv., à antennes très-longues; corselet mutique, assex long, aplati; pattes longues; cuisses élargies, très-comprimées; élytres ayant deux épines à l'extrémité : une seule espèce, l'E. eburioides, Serv. — Hérénors, Blanch., à antennes lonques, filiformes; corselet muni d'une dent latérale; cuisses postérieures terminées par deux épines; élytres tronquées, mutiques : une seule espèce américaine.
4° groupe, Pnoracanruires, à antennes ayant plusieurs de leurs articles (principalement du troisième au seplième) munis d'une épine; palpes assez longs, avec le dernier article sécuriforme.
Les Insectes de cette division sont très-voisins des Éburites, peu nombreux spécifiquement et génériquement, à l'exception d'un genre propre à l'Australie, sont tous de l'Amérique.
Les genres que l'on place dans cette division sont ceux des : Oricea, Dej., Blanch., à élytres larges, biépineuses à l'extrémité; corselet arrondi, avec une pointe latérale; cuisses assez longues, cylindriques. — Tricuopnorus, Serv., à élytres tronquées, avec les angles épineux; corselet déprimé, mutique; cuisses peu renflées : type, Cerambyx lippus, Linné, de l'Amérique méridionale. — Erapminion, Serv., à élytres légèrement déprimées, tronquées, avec deux épines à l'extrémité; corselet court : quelques espèces brésiliennes, dont le type est le C. irroratus, Linné. —SPnæRion, Serv., à élytres tronquées, ayant une seule épine médiocre; corselet déprimé; cuisses en mussue globuleuse : type, S. cyanipenne, Serv., du Brésil. — Mazocera, Serv., à élytres longues, uniépineuses à l'extrémité; cuisses longues, grèles : postérieures terminées par une épine; corselet étroit, mutique : plusieurs espèces de l'Amérique et de la Nouvelle-Hollande, type, M. glauca, Serv., du Brésil et de Cayenne. — Marrasoma, Serv., à élytres oblonques, mutiques, un peu tronquées; corselet arrondi, mutique; cuisses inermes, renflées. — PHORACANTHA, Newm., à élytres épineuses; corselet unituberculé latéralement; cuisses inermes, peu ou pas renflées : type, P. biguttata, Donovan, de l'Australie.
o® groupe, XysrrocÉRiTEs, à antennes rugueuses; mächoires ayant un seul lobe très-gréle; palpes à dernier article très-élargi.
Ce groupe, très-restreint en espèces, ne renferme que trois genres propres à des pays très-éloignés les uns des autres. Ce sont surtout les XYSTROCERA, Serv., à cuisses en massue; jambes comprimées, arquées; corps allongé, fortement déprimé : quelques espèces du Sénégal, de Madagascar et de l’île de France; l’une d'elles, qui a cette dernière patrie, le X. globosa, Oliv., a été étudiée par M. le docteur Coquerel sous le rapport des larves. — Les autres genres sont ceux des Œwe, Newm. (Sclerocerus, Dej.), dont M. L. Buquet vient (octobre, 1859) de présenter la monographie à la Société entomologique de France, et Temnoris, Serv.
6° groupe, MaLacoprÉniTes, à antennes très-épuisses, mutiques; mâchoires à lobes courts; palpes assez longs; pattes très-comprimées.
Un seul genre, celui des MALACOPTERA, Serv., à corselet arrondi, mutique; élytres molles, longues, linéaires, arrondies, mutiques à l'extrémité; type, le C. pavidus, Germ., du Brésil.
7° groupe, Cérampycrres, à antennes filiformes, parfois épineuses; mächoires à lobes courts; palpes à dernier article peu élargi; lèvre inférieure très-divisée en deux lobes assez longs; mandibules assez saillantes.
Cette division comprend un assez grand nombre d'espèces répandues presque partout, et qui a des représentants de grande taille en Europe, plusieurs sont assez nuisibles à nos bois.
Les genres admis par les auteurs, au nombre d'une quinzaine, sont les suivants : Prexicocenus, Serv. (Psygmatocerus, Perty), à antennes des mûles, à partir du troisième article, prolongé en un grand rameau ou éventail : celles des femelles ayant seulement leurs articles légèrement dentés; corps allongé, cylindrique, parallèle : type, P. Dejeanii, Latr., grande et belle espèce des bords du fleuve des Amazones, au Brésil. — CAPRICORNE, Cerambyx, Linné, à antennes très-lonques, à articles souvent renflés à l'extrémité ou prolengés en pointe; corselet très-rugueux ou plissé transversulement; élytres lonques, se rétrécissant ordinairement des angles huméraux à la partie postérieure; pattes robustes; corps allongé, épais, un peu convexe : les Insectes de ce genre sont presque tous européens, et, dans nos contrées, passent aux yeux du vulgaire pour les femelles des Cerfs-volants (Lucanus cervus), ce qui leur fait parfois donner le nom de Biches; malgré la couleur noirätre dont ils sont tous revêtus, ils plaisent aux yeux par leur forme assez élégante; nos grandes espèces vivent sur les chênes, où elles recherchent le fluide qui découle des plaies de ces arbres, et, quand on veut les saisir, surtout lorsque le soleil est ardent, elles s’envolent avec facilité ou se laissent tomber de branche en branche; les métamorphoses de plusieurs d’entre elles sont connues. Plusieurs naturalistes ont proposé d'appliquer à ces Insectes la dénomination d'Hammuticherus, de telle sorte que le nom linnéen de Cerambyx disparaîtrait tout à fait de la science; mais Serville, à bon droit, laisse la dénomination de Cerampyx à nos espèces indigènes, tandis qu'il donne le nom d'HammarrcnERus, à une espèce de l'Amérique méridionale à son H. Bellator, et il nomme XESria un groupe qui en est au moins très-voisin (type, À. spinipennis, du Brésil). Les Cérambyx proprement dits, dont le nom vient des mots grecs z:0x:, corne; Bos, Bœuf, les seuls dont nous voulions parler, comprennent surtout les espèces qui suivent : C. velutinus, Dej., Brullé, long de 0,042 à 0,060, d'un châtain noirûtre ou brunâtre en dessus, revêtu d’un léger duvet : se trouve dans le midi de la France; C. heros, Scopoli, long de 0,038 à 0,056, glabre, noir, plus ou moins brunätre, commun dans toute l'Europe; sa larve, étudiée par Frisch, Pasult, MM. Ratzeburg et Westwood, vit dans les vieux chênes, dont elle hâte la décomposition en perforant de longues et larges galeries : elle est d'un blanc jaunâtre, avec des plaques de rugosités sur chaque anneau; C. miles, Bonelli, long de 0%,032 à 0w,053, noir ou d’un noir marron, du midi de l’Europe; cerdo, Fabr., long de 0,020 à 0%,027, entièrement noir en dessus, avec les élytres garnies d'un léger duvet blanchâtre : d’après MM. Chapuis et Candèze, la larve, qui se trouve sous les écorces de plusieurs espèces d'arbres morts, notamment du cerisier, du pommier et du chêne, ne diffère que par la taille de celle du C. heros. — Tracnerra, Serv., à antennes lonques, un peu aplaties; corselet lisse, bituberculé postérieurement, mulique sur les côtés; cuisses en massue; corps linéaire, très-glabre, très-brillunt : types, T. pustulata et muculicornis, Serv., du Brésil. — Crionow, Serv., à antennes longues, filiformes, velues; corselet mutique; cuisses larges, un peu ayplaties; corps allongé, élargi : espèce principale, C. tomentosus, Serv., de taille moyenne, et semblant remplacer nos Cérambyx au Brésil. — Acnnysow, Serv., à corselet n'ayant pas de point inégal ni rugueux en dessus, allongé, plus long que la téte; élytres avec une épine médiane très-distincte : type, Stenocorus circumflexus, Fabr., de l'Amérique méridionale. — Eurycepnasus, Dej., Cast., à antennes simples, peu longues, surtout dans les femelles; tête très-large dans les mâles; cuisses en massue; mésosternum unituberculé; corps à forme assez ramassée : ce genre, assez voisin du suivant, a pour type une espèce des [Indes orientales, le Cerambyx mazxillosus, Fabr. — Porruricenus, Serv., à antennes gréles, asses longues; cuisses un peu dilatées à l'extrémité; mésosternum mutique; corps velouté, presque linéaire : ce sont de jolis Insectes européens, ordinairement de couleur noire ou rouge, ou plutôt pourpre (d’où a été tiré leur nom du latin purpura), se trouvant assez fréquemment sur les plantes de la famille des Ombellifères, et produisant un bruit aigu avec leur corselet : Serville les partage en Punpuricenus Pro- PRES, renfermant particulièrement les P. Budensis, Gœthe; globulicollis, Muls., et Kæhleri, Fabr., qui, tous trois se trouvent en France, mais dont le dernier seul n’est pas très-rare, et dont les dessins noirs qui ornent le fond rougeâtre de son corps varient considérablement, et Anoruistes, ayant pour espèce unique le C. ephippium, Oliv., particulier à la Russie méridionale. — Rosazra, Serv., à antennes très-lonques, avec des articles munis d'une hounpe à partir du cinquième; cuisses en massue allongée; jambes comprimées; mandibules unidentées extériewrement; élytres dépassant l'abdomen, presque linéaires, arrondies et mutiques à l'extrémité; corps assez allongé, fortement déprimé : peu de Gérambyeiens sont dans le cas de lutter de grâce et de beauté avec l'espèce unique
ce 40
de ce genre; cette espèce est le Cerambyx alpinus, Linné, long de 0,025 à 0,040, d'un cendré bleuâtre velouté en dessus du corps, avec une tache noire, également veloutée, près du bord antérieur du corselet, et trois autres taches de même couleur sur les élytres : celle du milieu occupant soute leur largeur : c’est dans les plus hautes montagnes de l'Europe que l’on trouve cette espèce, et, en France, elle habite dans les Alpes, les Pyrénées, les montagnes de la Lozère et de quelques autres départements du centre : quelquefois on l'a rencontrée dans les chantiers de nos villes, où elle arrive transportée, à l'état de nymphe ou de larve, dans les bois enlevés aux froides contrées qu’elle habite; la larve, dont on n’a pas donné la description, vit, d’après M. Mulsant, dans le hêtre et le sapin. — Porxemisis, Serv., à antennes de seixe articles, en dents de scie à partir du quatrième; cuisses antérieures renflées : postérieures aplaties, avec les jumbes et les tarses poilus; corps déprimé : type, C. hirtipes, Oliv., de Cayenne. — Orruosrowa, Serv., à antennes longues, gurnies d'une frange de poils en dessous; cuisses peu renflées; jambes aplaties; mandibules unidentées à l'intérieur; corps court, très-déprimé : espèce principale, €. abdominalis, Schœænh., du Brésil. — Comrsocenus, Serv., à antennes longues, munies de touffes de poils; cuisses assez gréles; mandibules un peu avancées, mutique ; type, Saperda barbicornis, Oliv., du Brésil.
8° groupe, CazcicHromiTEs, à antennes filiformes ou simplement dentées; mâchoires ayant leur lobe externe très-gréle, long, terminé par une houppe de poils assez large; mandibules allongées.
Ce groupe est le plus nombreux de tous ceux de la famille, et comprend près de trente coupes génériques répandues à peu près partout. Ce sont des Insectes élégants à antennes souvent assez longues, et tous de taille moyenne.
Fig. 262. — Callichroma (Aromia) Fig. 265. — Stenopterus luridus. Fig. 264 — Necydalis (Molorchus) moschata. major.
Les genres généralement admis sont les suivants : Carysorrasis, Serv., à antennes pubescentes, de la lonqueur du corps dans les femelles, et plus lonques dans les mûles, à articles peu aplatis; pattes postérieures beaucoup plus lonques que les autres; tarses longs, gréles; écusson petit; élytres se rétrécissant légèrement vers l'extrémité; corps court, presque glabre : les Insectes de ce genre sont de petite taille, ayant des couleurs brillantes et métalliques, vertes ou dorées; leur corps est habituellement pointillé, et chaque point donne naissance à un petit poil couché, visible à la loupe seulement : ils sont assez nombreux, et paraissent propres aux régions méridionales du nouveau monde, où on les rencontre sur les feuilles, les trones d'arbres, ou volant pendant le jour dans les plantations; Serviile les distingue en Carysoprasis PROPRES, à corselet mutique latéralement; écusson arrondi postérieurement : type, C. festiva, de Cayenne, et Derrasris, Serv., à corselet unituberculé de chaque côté; écusson triangulaire (C.auro-marginata, du Mexique).— Sreirocasrer, Dej., Blanch., à antennes plus longues que le corps, presque filiformes; élytres arrondies à l'extrémité; cuisses renflées : une espèce du cap de Bonne-Espérance. — Eurvarrarum, Blanch., à antennes plus courtes que le vorps, à articles très-élargis, en dents de scie à partir du sixième; cuisses peu renflées; élytres larges, déprimées, terminées chacune par deux épines : une seule espèce rapportée de l'île de Singhapore. l’E. albo-cinctum, Blanch., entièrement noir, avec une étroite ligne transversale
blanche sur les élytres. — Pacuyrenia, Serv., à antennes à peine aussi lonques que le corps, avec les articles légèrement en dents de scie à partir du cinquième; corselet unituberculé; cuisses un peu renflées; élytres arrondies : type, P. fasciatus, Fabr., des Indes orientales. — CorpyLomera, Serv., à antennes plus longues que le corps, ayant leurs troisième à sixième articles munis chacun d'une épine aiqué; cuisses en massue; élytres terminées par une épine : type, Cerambyx spinicornis, Fabr., du Sénégal. — CALLICHROMA, Latr., à antennes lonques, filiformes; corselet unituberculé latéralement; cuisses peu renflées; jambes postérieures comprimces, élargies à l'extrémité; élytres mutiques; corps assez élancé : Insecte de taille moyenne, généralement d’un vert plus ou moins brillant, se trouvant habituellement dans les bois, vivant sur les feuilles ou les troncs d'arbres, exhalant pour la plupart une odeur de rose plus ou moins forte, et se trouvant non-seulement dans les contrées chaudes de l'Amérique, de l’Afrique et de l'Asie, mais aussi en Europe; parmi les espèces nombreuses de ce groupe, Serville distingue les genres des : lornonpes, à mandibules courtes, légèrement arquées : type, I. formosa, Serv., du Sénégal; Cazcicunoma PRoPRE, à mandibules longues, rétrécies et effilées vers l'extrémité; jambes postérieures élargies : type, C.suturalis, Fabr., de Cayenne et Surinam; C. femoralis, Oliv., de l'ile de France, et Aromra, à mandibules courtes, assez fortes; élytres se rétrécissant très-peu de la base à l'extrémité : type, Cerambyx moschatus, Linné, long de 02,028 à 0,037 sur une largeur de 0®,0075 à 0,010; corselet unicolore, d'un vert métallique; élytres de même couleur, chargées de deux lignes longitudinales peu élevées; cet Insecte se trouve assez communément sur les saules, dans toute l’Europe, pendant les mois de juin et juillet, et il exhale une odeur agréable de rose, qui acquiert plus de force à l'époque de l'accouplement; une autre espèce signalée en France, quoique rarement et exclusivement, dans les Pyrénées, est le C. ambrosiaca, Steven, se distinguant du précédent par son corselet d’un bleu verdâtre métallique. — Laropus, Serv., à antennes plus longues que le corps dans les mâles, plus courtes dans les femelles, avec le premier article terminé par une petite épine; cuisses en massue; corselet large, mutique; élytres arrondies; corps long, presque linéaire : espèce unique, L. violaceus, Serv., du Cap. — Proueces, Serv., à antennes filiformes dans les males, épaissies vers le bout dans les femelles; cuisses peu renflées; élytres étroites, arrondies à l'extrémité : type, Cerambyx longipes, Fabr., jolie espèce du Cap, remarquable par la grande longueur de ses pattes postérieures, — Pozyzonus, Dej., Cast., ne se distinguant surtout des précédents que par ses palpes beaucoup plus longs, et comprenant l'ancienne Saperda fasciata, Fabr., de Sibérie. — Coosus, Serv., à antennes un peu en dents de scie à partir du troisième article; corselet tuberculé latéralement, et surtout caractérisé par ses élytres très-courtes, trianqulaires, ne couvrant que le tiers antérieur des ailes : fondé sur le Cerambyx hemipterus, Oliv. (Stenocorus, Fabr.), propre à l'ile de Java. — Herisæsmion, Newman, à antennes gréles, filiformes; corselet étroit, tuberculé; élytres rétrécies au-dessous des angles huméraux en une lanière presque aussi longue que l'abdomen ; pattes gréles : une dizaine d'espèces du Chili; type, À. ocreatus, Newm. — Caruisruyris, Newm., à antennes filiformes; élytres moitié plus courtes que le corps, rétrécies en lanières au-dessous des angles huméraux; pattes postérieures très-grandes; cuisses épaisses, garnies de poils, ainsi que les jambes : cinq espèces, d'après M. Fairmaire, toutes particulières au Ghili, et dont la plus anciennement connue est le C. macropus, Newm. — Sieycia, Thomson, à antennes assex gréles, comprimées; corselet ayant une épine de chaque côté; élytres plus larges à la base que le corselet, assex lonques, déhiscentes dès le milieu : espèce unique, €. Cæmeterii, Thoms., des forêts subandines de Chillon au Chili. — Anarpus, Fairmaire et Germain, à antennes s'épaississant vers l'extrémité, moins longues que le corps; corselet court; élytres déhiscentes depuis la base; pattes courtes : trois espèces du Chili; type, À. crassicornis. — D'autres genres, particuliers au Chili, et qui n’appartiennent peut-être pas tous à ce groupe, sont ceux des: Prarynocera, Necyparopsis, HaLaprerus, créés par M. E. Blanchard dans la partie entomologique de l'Histoire naturelle du Chili de'M. Gay. — Anrerus, Blanch., à antennes ‘filiformes; élytres moitié plus courtes que le corps, rétrécies en lanière au-dessous des angles huméraux; pattes postérieures très-petites, glabres; tarses à premaer article très-court : de la Nouvelle-Hollande. — Tonorrerus, Serv., à antennes assez courtes, élargies graduellement vers l'extrémité à partir du troisième article; élytres extrémement courtes, tronquées carrément; pattes postérieures simples : une seule et remarquable espèce du Bresil, le T. staphylinus, Serv. — NÉCYDALE, Necydalis, Linné, à antennes filiformes, plus ou moins longues,
mais dépassant de beaucoup l'extrémité des élytres; yeux de moyenne grandeur; corselet un peu globuleux, mutique latéralement; élytres extrémement courtes, arrondies à l'extrémité, h'ansformées en de petites écailles, et laissant plus des trois quarts des ailes à découvert; écusson très-petit; patles à cuisses en massue; tarses postérieurs à premier article aussi long que les suivants réunis : ce genre a été fondé par Linné sous le nom de Necydalis, adopté par Olivier, par Serville, ete., mais a été changé par Fabricius en celui de MOLORQUES, Molorchus, dénomination adoptée par Panzer, et assez généralement suivie, quoiqu'à tort, si l’on veut rigoureusement suivre l’antériorité de création, difficulté que M. Mulsant a trouvé le moyen de tourner en admettant un genre Necydalis et un genre Molorchus, caractérisés par des particularités antennaires assez secondaires; les Nécydales sont des Cérambyciens de taille moyenne, de couleur brunâtre, remarquables par leurs élytres très-courtes, et par leurs ailes jaunâtres à reflets dorés : on en connaît plusieurs en Europe, et même en France; telles sont les Necydalis major, Linné (Molorchus abbreviatus, Fabr.), à corselet noir, tuberculeux en dessus, ayant un duvet doré sur son pourtour; élytres ferrugineuses; ailes noires vers l'extrémité; longueur de 0,095 à 0w,035; espèce crépusculaire, mais apparaissant aussi le jour, ressemblant beaucoup par ses teintes, sa forme, etc., à un grand Ichneumon, et se trouvant sur le peuplier, le mürier, et surtout l’orme, sur lequel nous l'avons souvent pris, principalement sur les boulevards extérieurs de la rive gauche de la Seine à Paris; N. salicis, Dupont (Molorchus populi, Buttner), différant très-peu du précédent, et se trouvant sur le saule et le tremble; N.minor, Linné (M. dimidiatus, Fab.), ayant des antennes sétacées et des élytres d’un ferrugineux brun, ornées un peu au delà du milieu d’une ligne blanche oblique : fréquente les fleurs en ombelles dans les hautes montagnes de la France, et a été surtout signalé à la Grande Chartreuse; N. umbellatorum, Linné, à élytres brun ferrugineux, un peu plus päle sur la partie antérieure de leur disque, long de 0%,0005 à 0,001, surtout du nord de la France, sur les haies et les fleurs; quelques espèces exotiques du même groupe ont recu de M. Newman les noms génériques de Hecromanes et de Esruesis. — Srenoprenus, Illiger, à antennes courtes, filiformes; élytres presque aussi longues que l'abdomen, rétrécies graduellement; cuisses renflées, les postérieures longues : ce genre, que Linné confondait avec celui des Necydalis, nom que quelques auteurs lui appliquent encore aujourd'hui, ne renfermant que des espèces de petite taille, et propres à divers pays : chez nous on signale surtout le S. rufus, Linné, à élytres roussâtres, subulées, chargées d'une côte longitudinale, long de 0,010 à 0,015, commun partout pendant l'été sur les Ombelliféres; d'autres espèces sont le S. præustus, Fabr., du midi de la France, et ustulatus, Dej., pris une fois aux environs de Perpignan. — Onoxrocera, Serv., à antennes courtes, assex épaisses, en dents de scie à partir du cinquième article; élytres guère moins longues que l'abdomen, linéaires dans la moitié postérieure; cuisses en massue; tête avancée : ce groupe, auquel on peut réunir celui des Acypnooeres, Serv., renferme des espèces propres à l'Amérique du Sud, et assez analogues à nos Nécydales européens. —RuninorraGus, Serv., différant du groupe précédent par ses élytres déprimées, peu rétrécies en arrière, hronquées à l'extrémité, et sa tête en museau, et au moins très-voisin des Oregostoma, Serv., renferme de petites espèces de l'Amérique méridionale. — Troris, Newm. (Ægorhinus, Dej.), à antennes filiformes, aussi longues que le corps; élytres parallèles, arrondies à l'extrémité; cuisses simples; tête un peu avancée : d'Amérique. — Derus, Serv., à antennes courtes, presque filiformes, avec les neuvième et dixième articles en dents de scie; élytres linéaires, munies d'une petite épine à l'extrémité; cuisses en massue : une seule espèce (Callidium fugax, Fabr.), d'un gris verdâtre bronzé, long de 0,008 à 0,010, se trouvant dans le midi de la France, principalement sur le Genista scoporia. — Coremia, Serv., à antennes un peu renflées vers l'extrémité; tête légèrement avancée; pattes postérieures d'une longueur démesurée, d'une ténuité extréme, avec les cuisses en massue à l'extrémité, et les jambes garnies de poils vers l'extrémité : quelques espèces de taille petite. et particulières au Brésil et à Cayenne; type, Saperda hirtipes, Oliv.
9 groupe, Ruoracopnontes, à antennes simples; mächotr'es à lobes très-cowrts, palpes à deuxième article ovoïde; cuisses en mussue.
Ce groupe, semblant établir le passage des Callichromes aux Callidies, renferme un nombre restreint d'espèces, toutes de taille assez petite, et à peu près toutes spéciales à l'Amérique du Sud.
Le type est le genre RHOPALOPHORA, Serv., à antennes sétacées, un peu frangées en dessous,
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> pe | | LAS ;
Fig, 1. — Pyrodes speciosus Mig. 2 — Ophoptera Tollii
(°{ de gr. nat
Ki. 4. — Malloderes microcephalus Fig. D. — Cerambyx heros
r. na.)
plus lonques que le corps; corselet long, un peu rétréci antérieurement; élytres ‘très-déprimées; cuisses longues : quelques espèces de forme élégante et de couleurs vives, variées, se tenant sur les feuilles et les troncs d'arbres, volant pendant le jour: type, R. sanguinicollis, Serv., du Brésil. -— Lisrrortera, Serv., à antennes courtes, à articles ramassés; élytres très-élargies; cuisses trèsgréles : type, Callidium tenebrosum, VFabr., de Cayenne. — Axcyrocena, Serv., à antennes à articles longs, surtout dans les mûles, un peu en dents de scie à l'extrémité; corselet long, parfuitement cylindrique, moins large que La tête; corps linéaire, très-allongé : types, Cerambyx cardinalis, Dalm., du Brésil; Saperda bicolor, Oliv. (Gnoma rugicollis, Fabr.), de l'Amérique boréale. — Cyexonerus, Serv., à antennes longues, filiformes, gréles, avec les premiers articles velus en dessous; corselet très-long, très-étroit, cylindrique, un peu atténué en avant : type, C. tenuatus, Serv., du Brésil. — Cosmisoma, Serv., à antennes filiformes, plus ou moins qarnies de bouquets de poils; corselet assez long, un peu étranglé en avant; corps assez court : tÿpe, Saperda scapulicornis, Kirby, du Brésil. — Disaurax, Serv., ne différant guère du précédent que par son corps étroit, assez allongé : type, Saperda hrsuticornis, Kirby, belle espèce brésilienne. —- Ozones, Serv., à antennes filiformes, ciliées en dessous; corselet 4 derculé, rétréci en avant et er arrière; cuisses courtes, renflées au milieu; corps déprimé : espèce principale, 0. nodicollis, Serv., du Brésil. — Euronvs, Serv., des Indes orientales.
C'est peut-être ici ou dans le groupe suivant que viennent se placer les genres propres au Chili que M. É. Blanchard indique sous les noms de Srexornopazus, AmernoceriaLa, Ticomorpira, Car- LIDERIPHUS, GRAMMICOSUM, ANCYCLODONTA, Puynarionerus, etc. Le genre Cumius, Newin. (Plectromerus, Dej.), à cuisses dilatées, munies d'une épine, appartient aussi à ce groupe.
40° groupe, Cazcires, à antennes simples, gréles; mächoires à lobes très-courts; palpes également courts, avec le dernier article très-sécuriforme.
Ce groupe, beaucoup plus nombreux que le précédent, est répandu sur tout le globe, mais principalement en Europe et en Amérique; il renferme de jolis Insectes de taille moyenne, se trouvant sur les troncs d'arbres, sur les feuilles, et parfois même sur les fleurs. On y forme une vingtaine de genres, dont les plus anciennement décrits sont ceux des Clytus et des Callidium.
Fig, 265, — Obrium canthaurineum. Fig. 266. — Calliduum violaceum. Fig. 267. — Clytus floralis.
Les genres nombreux de ce groupe sont les suivants : Srenvera, Serv., à articles un peu aplañis: cuisses renflées; corselet gibbeux, presque aussi large que les élytres; corps étroit, linéaire, allongé : quelques espèces de l'Amérique méridionale, dont le type est le S. tricolor, Serv., commun au Présil.—Iminron, Serv., à antennes gréles, avec les articles très-cylindriques; cuisses renflées; corselet étroit; corps étroit, allongé, presque linéaire : des espèces brésiliennes, toutes décrites par Serville (comatum, signatum, sexquttatum), restant habituellement immobiles sur les feuilles des arbres. — Carrazzum, Meg., Serv., à antennes courtes, filiformes, à premier article très-épais cuisses en massue; corselet court, unituberculé sur les côtés; corps étroit, un peu moins allongé que dans les Stényres : une seule espèce, le Callidium ruficolle, Fabr., à élytres d’un bleu ou d’un vert métallique, long de 0%,008 à 0%,010, propre à l’Europe méridionale, apparaissant dès le mois d’avril, et se trouvant sur les fleurs. — Osriuw, Meg., Serv., à antennes gréles, pubescentes, assez longues, à premier article peu épais; cuisses renflées brusquement en massue; corselet étroit, multituberculé latéralement; corps peu allongé : deux espèces françaises, le C. mathurinus, Fabr., d'un
testacé ferrugineux, de la Grande Chartreuse, et Saperda brunnea, Fabr., d’un brunàti serrugineux, plus petit que le précédent, et n’atteignant pas plus de 0",006, pris plusieurs fois auprès de Versailles. — Gracicra, Serv., à antennes filiformes, qlabres; cuisses très-épaisses, renflées presque dès la base; corselet cylindrique; corps déprimé : ce genre renferme de jolies petites espèces propres à l'Europe, dont le type est le G. pygmæa, Fabr., long de 0,004 à 0,006, d’un brun noirâtre ou rougeñtre, se rencontre presque partout, mais assez rarement, quoique parfois on le prenne en grande abondance; c'est ainsi que M. Naudot a observé aux environs de Dijon, et pendant plusieurs jours de suite, vers dix heures du matin, des individus de cette espèce en tel nombre, que leur multitude noircissait l'angle d'une maison, et, vers midi, ils disparaissaient simultanément; une autre espèce (fimida, Ménétrier), découverte dans la Russie méridionale, a été rencontrée dans les montagnes du Pilas, près de Lyon; quant à la Gracilia brevipennis, M. Mulsant en fait le type de son genre Lerrinra; la larve de la Gracilia pygmæa à été étudiée d'une manière complète par M. Schmidt (Entom. Zeit., 1845), et, avec la forme et l’organisation générale de celles des autres espèces de la famille, présente des pattes tellement petites, qu'elle forme réellement le passage des Gérambycites aux Lamites.
Un genre typique est celui des CLYTES, Clytus, Fabr., à antennes filiformes, assez épaisses, de moitié plus courtes que le corps; cuisses oblongues, peu renflées; pattes postérieures beaucoup plus longues que les autres; corselet rond, convexe, mutique; élytres linéaires, légèrement convexes, arrondies, tronquées où épineuses à l'extrémité; corps assez long, à peu près cylindrique : les Clytus, de taille moyenne, sont répandus partout, surtout en Europe et en Amérique, dans les forêts et les bois, et sont généralement remarquables par l'élégance de leur parure : les uns, sur leurs élytres de couleur jaune, portant des points ou des bandes d’ébêne, plusieurs, sur un fond obscur, montrant des espèces de signes hiéroglyphiques, des lignes courbes ou flexueuses, des chevrons ou des croissants d'argent, et les autres, sur leur corps de jais, semblant chamarrés de galons d'or; ils se trouvent sur les fleurs, principalement sur celles des Ombellifères, sur les troncs d’arbres et sur les feuilles, volant avec facilité, et produisant un son aigu par le frottement de leur corselet; M. Perris a déerit complétement (Soc. ent. de Fr., 1847) la larve du Clytus arietis, et dans l'Entomological Magazine, 1. E* et t. IV, on trouve la description de celle du C. arcuatus : ces larves ressemblent à des Vers mous, allongés, elles ont six pattes écailleuses presque imperceptibles, et leur bouche est armée de fortes mandibules, qui leur servent à creuser des galeries dans l’intérieur des arbres dans lesquels elles vivent; on connait une vingtaine d'espèces françaises, les seules dont nous voulions parler, de Clytus, et M. Mulsant les répartit en trois genres : Prarynorus, à corselet en ovale transversal; antennes sétacées, épaisses, presque épineuses extérieurement au sommet de leurs articles : type, C. arcuatus, Linné, long de 0,012 à 0,020, dessus du corps couvert d’un duvet velouté noir; corselet avec deux bandes jaunes; écusson jaune; élytres offrant deux points vers la base, trois bandes arquées sur le disque et une ligne oblique à l’angle sutural également jaune : commun partout, principalement dans les chantiers; une autre espèce est le C. detritus, Lin., plus méridional et plus rare; Crvrus, à corselet presque globuleux ou oblong, ou ovalairetransversal; antennes courtes, mutiques; cuisses postérieures faiblement et graduellement renflées : type, C. arietis, Linné, corps revêtu en dessus d’un duvet noir velouté; corselet ayant antérieurement une bande jaunätre; élytres offrant vers l'épaule une ligne transversale et trois bandes également jaunâtres : très-commun partout, dans les mêmes lieux que le précédent; les autres espèces, dont quelques-unes se trouvent auprès de Paris, sont les : C. floralis, Pallas: tropicus, Panz.; arvicola, Oliv.; lineatus, Linné; antilope, Niger; gaxella, Fabr.; Massiliensis, Linné; Duponti, Dej., Muls.; plebejus, Oliv.; ruficornis, Oliv.; trifasciatus, Fabr.; ornatus, Fabr.; verbasci, Fabr.; quadripunctatus, Fabr., et Anaciyrrus, se distinguant surtout du groupe précédent par ses cuisses postérieures en massue : type, C. mysticus, Linné, petit, à corps noir; élytres d’un rouge brun à la base, et dans leur milieu trois raies courbes blanchätres : assez abondant dans les provinces septentrionales; une autre espèce du même groupe est le C. gibbosus, Fabr., rare en France.
Des genres intermédiaires entre ceux des Clytus et des Callidium sont ceux des : Enpuus, Serv., à antennes courtes, assex épaisses, avec Jes articles un peu aplatis; cuisses à peine rgnflées; corselet globuleux, muni d'un petit tubercule latéral; corps presque cylindrique : ce groupe, propre au nouveau monde (E. Mexicanus, Serv.), ne se distingue guère des Clytus que par la forme de son
uvrselet et le grand développement de ses pattes postérieures. — Acnrxsox, Serv., à antennes plus lonques que le corps, filiformes; cuisses légèrement aplaties; corselet cylindrique, mutique; élytres umépineuses à l'extrémité; corps allongé, un peu aplati : type, le Stenocorus circumfleæus, Fabr., de Cayenne. — Srromarium, Serv., à antennes filiformes, plus longues que le corps; cuisses comprimées; corselet arrondi, mutique; élytres arrondies au bout; corps allongé, pubescent, assez robuste : type, Callidium barbatum, Fabr., assez commun à l’île de France, aux Indes orientales, ete.
Le genre typique par excellence de ce groupe est celui des CALLIDIES, Callidium, Fabr., à antennes assez courtes surtout dans les femelles, sétacées ou méme filiformes, à articles mutiques ; un peu aplatis, cylindrico-coniques; palpes courts, à dernier article triangulaire; corselet un peu plus large que la tête, arrondi sur les côtés, parfois anquleusement dilaté ou épineux latéralement; écusson arrondi en arrière; élytres aplaties, presque linéaires, ayant l'extrémité arrondie, mutique; pattes robustes, avec les cuisses allongées, renflées subitement en une mussue peu comprimée; tarses à trois premiers articles courts, assez larges, t'iangulaires, et le dernier aussi long que les deux précédents réunis; corps presque linéaire, fortement déprimé. Les Callidies, tous de taille moyenne, comme le rapporte M. Mulsant, sont des Insectes faits pour attirer les regards par leur beauté : plusieurs brillent d'un éclat métallique et le disputent parfois au saphir par la vivacité de leurs teintes : il en est qui semblent avoir emprunté au feu la couleur ardente de leur manteau de satin : d’autres paraissent avoir le corps ceint d'une ou deux écharpes blanches par l'effet des bandes lactées dont les élytres sont parées. Tous sont diurnes : on les voit dans les bois, parfois immobiles, mais ordinairement courant sur les vieux arbres ou sur les troncs renversés, avec une agilité toujours plus vive, sous les feux d’un soleil ardent; souvent on les rencontre dans les chantiers, soit qu'ils y soient nés, soit que le besoin d’y déposer leur ponte les y attire; mais on les trouve rarement sur les fleurs, et parfois ils pénètrent jusque dans les maisons. Ces Insectes sont remarquables par leur corps déprimé, et surtout par leurs cuisses, même les postérieures, rétrécies en pédicule à la base et renflées d’une manière assez brusque, habituellement au delà du milieu; ils font entendre un bruit aigu produit par le frottement de leur corselet contre la base de l’écusson. Les femelles sont munies d’une tarière qu'elles font sortir de l'abdomen, et dont elles se servent pour percer le bois dans l'endroit où elles déposent leurs œufs. Les larves de plusieurs espèces sont connues et ressemblent beaucoup par leurs mœurs et leur organisation à celles des autres Cérambyciens; Ratzeburg a décrit celles du Callidium luridum; Kirby celles du C. violaceum, et M. Éd. Perris a surtout fait connaître complétement celles du Callidium (Hylotrupes) bajulus, qui vit dans le bois des Conifères. Un grand nombre d’espèces font partie de ce genre et habitent toutes les parties du monde, surtout l'Amérique et l'Europe; on comprend que d’après cela on a dû y former un nombre assez considérable de coupes génériques dans les Callidium de Fabricius; Serville a eru devoir en créer surtout parmi les types exotiques, et M. Mulsant exclusivement d’après ceux qui se trouvent en France. D'après ce dernier entomologiste, auquel nous renvoyons pour plus de détails, on doit admettre les genres : Rorauopus; espèces : 2nsubricus, Liegl., des Alpes; clavipes, Fabr., du midi de la France, et dont la larve vit dans les saules et même dans la vigne; femoratus, Linné, assez rare, du Midi; Cazcinium; espèces : violaceum, Linné, jolie espèce d'un beau bleu violet, propre aux montagnes du Beaujolais et aux Alpes, et dont les larves vivent dans les troncs des sapins; dilatatum, Payk., des Alpes; sanguineum, Linné, d’un rouge soyeux, assez petit, commun partout, et dont la larve que nous avons observée, et dont M. Goureau a parlé, vit dans le chêne; unifasciatum, Rossi, propre à la vigne; alni, Fabr., espèce printanière, commune; rufipes, KFabr., assez rare, vivant sur le prunier sauvage; Paymarones; espèces : variabilis, Linné, commun partout, et qui, comme l'indique son nom, est excessivement variable dans son système de coloration; {horacicus, Dej., trouvé à Bordeaux, mais rare; humeralis, Dej., du même pays que le précédent; Semanorus; espèce unique : undatus, Linné, à élytres offrant deux bandes blanches ondées; HyLo- TRUPES, Serv., ne comprenant que lé bajulus, Linné, assez grand, noirâtre, avec une bande velue, blanchätre, ondée, assez commun, vit sur le sapin; Oxvrceurus, une jolie espèce, svelte, brunätre, découverte aux environs de Draguignan, et ayant recu de M. Mulsant le nom d'O. Nodieri; Crio- MORPHUS, ayant pour type et espèce unique le C. aulicus, Fabr. (C. luridus, Linné), variable pour la couleur, se trouve presque partout.
Un genre démembré des Callidies, et partagé en plusieurs subdivisions, est celui des ASEMUM,
Esehscholtz, à antennes courtes, assez épaisses; corselet mutique, grand, un peu convexe où globuleux; élytres à angle sutural entier; cuisses comprimées, non brusquement renflées en massue chez ceux qui ont le corselet peu convexe; corps généralement allongé : ces Insectes, crépusculaires ou nocturnes, à coloration sombre ou peu brillante, se trouvent dans les mêmes lieux que les précédents et ont les mêmes mœurs; la larve de l’Asemum striatum, trouvée dans une souche de pin, a été décrite par MM. Chapuis et Candèze, et celle d’une espèce que l’on rapporte au nouveau groupe des Criocephalus, le Cerambyx rusticus, Linné, a été longuement indiquée par M. Éd. Perris dans Son Histoire des Insectes du pin maritime. Selon M. Mulsant, on doit former dans ce groupe les genres suivants: Asemum, ayant pour type l'A. striatum, Linné, noir, long de 0,045 à 0,020, se trouvant sur les pins dans une grande partie de l'Europe; Criocepæauus, type, C. rusticus, Linné, d'un brun fauve, des pays de montagnes sur les pins; Socenornonus, ayant pour espèce unique le strepens, Fabr., exclusivement méridionale; Hespenopnanes, espèces : sericeus, Fabr.; nebulosus, Oliv.; pallidus, Oliv. (mixtus, Fabr.), des régions méridionales de la France. Serville formait le genre AnuopaLus avec les espèces qui composent les Solenophores et Hespérophanes, Muls.
Un genre distingué des Callidium par Serville est celui des Sapmanvs, à antennes assez longues, avec des articles faiblement dentés à l'extrémité; pulpes très-grands; corselet arrondi, muni d'une pointe latérale : renfermant comme type le C. spinosus, Fabr., propre à l'Autriche et à la Hongrie. D'autres groupes sont les genres Isarrron, Dej.; Temnorrs, Serv.; Traciniun, Serv., etc., tous exotiques. Nous pourrions aussi y joindre quelques genres propres au Chili, tels que ceux des CaLLIDEreuus, Gramnicosun, ANcyLOnoNTA, Pnymaronenus, tous créés par M. É. Blanchard.
Le genre exotique des Tuesisrernus, Latr. (Ichthyosoma, Boisd.), offre quelques rapports avec les
Callidites, mais ses palpes ont leur dernier article ovoïde, comme dans les Lamides, et il devra probablement former un groupe particulier.
3° tribu, Lamipes, ayant pour caractères : labre large, bien développé; antennes sétacées; tête verticale, aplatie en avant; palpes à dernier article ovoide, pointu; corps ailé ou aptère.
Les Insectes de cette tribu sont au moins aussi nombreux que ceux de la précédente, et renferment des espèces à forme élégante, svelte, ou moins gracieuse que celle des autres Cérambyciens, et que l’on trouve dans toutes les parties du globe : l’Europe n’en comprend cependant qu'une assez petite quantité, et surtout des espèces de moyenne taille. On peut y former sept groupes, ceux des : Acanthocinites, Mésosites, Stellognathites, Lamites, Pétrognathites, Tétrophthulmites et Saperdites.
Les larves de plusieurs espèces, principalement des genres Parmena, Lamia, Morimus, Leiopus, Astyomus, Pogonocherus, Saperda et Agapanthia sont connues, et offrent d'une manière générale les caractères suivants : tête petite; segments thoraciques dépourvus de pattes; première paire de stigmates placée dans le pli qui sépare le corselet du mésothorax.
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Fig. 268. — Morimus (Lamia) lugubris Fig. 269. — Onychocerus scorpio.
1er sroupe, ACANTHOGINITES, à lvre inférieure presque currée, profondément échancrée en avant; machoires à lobe interne très-petit, beaucoup plus court que l'externe.
Ce groupe renferme des espèces de grande ou de moyenne taille, rarement petite, se trouvant sur les trones ou sous les écorces des arbres, très-peu vives dans leurs mouvements, réparties actuellement en une vingtaine de genres, et paraissant presque exclusivement propres à l'Amérique méridionale et à l'Europe.
Le genre le plus remarquable est celui des ACROCINES, Acrocinus, Iliger (Macropus, Thunb.), à pattes assez fortes: antérieures considérablement plus longues que les autres, principalement dans les mûles; antennes longues; corselet muni d'un tubercule latéral porté sur un mamelon mobile; élytres linéaires, très-déprimées, tronquées à l'extrémité, avec les angles armés d'une épine; corps très-déprimé, velouté : toutes les espèces habitent l'Amérique du Sud; le type est l'Arsequix DE CayEenxe (A. longimanus, Linné), long de 0®,050 à 0,080, paré de belles couleurs noires et rouges sur un fond gris, agréablement distribuées, qui se trouve toujours sur le tronc des arbres, dont la démarche est très-lourde, la stridulation forte, et qui vole mal. Deux autres espèces, assez semblables à la précédente par la teinte générale, mais qui sont beaucoup plus petites, sont les À. accentifer, Oliv., et trochlearis, de Géer. — D’autres genres, également américains, et surtout des contrées chaudes, sont les suivants : OrronERA, Serv., à pattes antérieures guère plus longues que les autres; corselet avec un tubercule latéral peu saillant : type, Cerambyx glaucus, Linné. —- Axisopus, Serv., à pattes postérieures beaucoup plus lonques que les autres, à cuisses renflées à l'extrémité; corselet offrant une petite épine près des angles postérieurs : type, À. arachnoïdes, Serv. — Parvraoris, Serv., à pattes égales, avec les jambes légèrement élargies à l'extrémité; corselet ayant une longue pointe latérale; élytres presque parallèles : type, Lamia horrida, Fabr., grisâtre, avec les élytres ornées d'épines éparses, nombreuses, de Cayenne. — Mecapasis, Serv., à pattes équles, simples; corselet avec une pointe latérale relevée; élytres épineuses à la base, atténuées vers l'extrémité : type, Acanthorinus speculifer, Perty. — Drvocrexes, Serv., à pattes égales, avec les cuisses en massue, et les tarses antérieurs seuls très-larges, ciliés; corselet unidenté latéralement; mandibules grandes, aplaties : type, D. caliginosus, Serv., espèce brunâtre, se trouvant dans les plantations au Brésil. — Srerrasroma, Serv., à pattes égales, avec les cuisses un peu renflées et les tarses élargies, ciliés; corselet bituberculeux sur les côtés; mandibules longues, étroites : type, S. depressa, Fabr., commun et nuisible aux arbres en Amérique.
Vient ensuite un genre nombreux, composé d'espèces d'une coloration grisàtre, à antennes parfois peu longues, et qui a des représentants aussi bien en Amérique qu'en Europe; c'est le genre ACANTHOCINUS, Latr., ou ACANTHODERES, Serv., dont Dejean a cru devoir distinguer plusieurs groupes génériques, tels que ceux des Hebocerus, Lagocheirus et OEgæmorphus, et qui a pour principaux caractères : paltes égales, courtes, fortes, cuisses renflées ; jambes légèrement élargies à l'extrémité ; tarses souvent un peu ciliés; corselet unituberculé latéralement; mandibules petites, aplaties; corps robuste, peu déprimé : comme type des espèces de l'Amérique du Sud, nous nommerons l'A. areneiformis, Linné, long de 0,020, d'un brun soyeux; la seule espèce européenne connue, qui se trouve dans la France tempérée et méridionale, et dont la larve vit dans le peuplier, est l'A. varius, Fabr., long de 0®,011 à 0,016, d'un gris cendré duveteux en dessus, mélangé de taches fauves ou brunes formant presque des bandes transversales et parsemé de points très-marqués. —Deux autres genres, également américains et européens, sont : 4° celui des Asryxomus, Dej., Cast. (Ædilis, Serv.), à pattes égales, avec les cuisses peu renflées; corselet unituberculé latéralement; mandibules courtes, épaisses; tarière des femelles saillante; antennes très-lonques; corps allongé, déprimé : groupe renfermant des espèces remarquables par leur forme légère et gracieuse, dont on peut citer pour type l’A. odosus, Fabr., de l'Amérique septentrionale, et surtout nos À. ædilis, Linné (Ædilis montana, Serv.), long de 0,015 à 0,020, revêtu d'un duvet uniforme gris cendré, avec les élytres presque nébuleuses, marquées de deux bandes obliques brunâtres, habitant les Alpes et les hautes montagnes de l'Europe, et dont la larve, qui vit et fait assez de dégâts dans les pins, a été étudiée par MM. Ratzeburg et Éd. Perris, A. atomarius, Kabr., et A. griseus, Fabr., des Alpes; et celui des Lrropus, Serv., à pattes égales, avec les cuisses peu renflées; corselet muni d'une petite épine latérale; mandibules petites, aiguës; élytres ovaluires, inermes : plusieurs espèces brésiliennes (L. varipennis et pogonocheroides, Serv.) et une européenne, se trouvant même dans nos environs, c'est le L. nebulosus, Linné, long de 0%,006 à 0,008, entièrement revêtu d'un duvet cer’iré, et dont la larve, signalée par M. Westwood, vit dans le charme et dans quelques autres de
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nos arbres. — Un genre Enrryranus, Dej. (type, £. signaticornis, Dej., Blanch.), du Brésil, est formé aux dépens des Astynomus, et l’on en rapproche aussi les groupes américains des Microplia, Serv., Alcidion, Amnistus, Cosmotoma, Deij., etc.
Une petite division, assez voisine des genres précédents, est formée par les trois genres européens des POGONOCHERUS, Serv., à pattes égales, avec les cuisses un peu renflées; corselet avec un tubercule latéral; élytres tronquées à l'extrémité, épineuses; antennes pubescentes : ces Insectes, petits, assez allongés, sont nombreux, et M. Mulsant signale en France les ovalis, Gyll.; fascicularis, Panz.; Perroudi, Muls.; pilosus, Fabr., et hispidus, Oliv., ce dernier long de 0,007 à 0®,008, grisâtre; la larve du pilosus, décrite par M. Bouché, comme propre au chêne, a été trouvée par M. L. Fairmaire dans le gui de lacacia, et par MM. Chapuis et Candèze dans les tiges sèches du lierre. — Srexasoma, Muls., surtout distinct des Pogonochères par son corps linéaire, et ayant pour espèce unique le S. Foudrasi, Muis., découvert aux environs de Bordeaux. — Exocenrrus, Dej., Cast., à pattes égales, avec les cuisses peu renflées; corselet muni d'une petite pointe auprès des angles postérieurs; élytres parallèles, arrondies à l'extrémité; antennes pubescentes : type, E. balleatus, Fabr., long de 0,005 à 0,006, d'un rouge brunâtre, se trouvant sur le tilleul dans le midi de la France : une autre espèce, trouvée à la Grande Chartreuse, est l'E. cinereus, Muls.
Enfin les derniers genres, qui par leur port se lient les uns aux autres et en même temps s’éloignent assez de ceux qui précèdent, sont les suivants : CLonocerus, Dej., Cast., à pattes égales, pubescentes, avec les cuisses non renflées; corselet unituberculé latéralement; élytres longues, parallèles, arrondies au bout; antennes en rameaux à partir du quatrième : espèce unique, la remarquable Lamia hystrix, Fabr., du cap de Bonne-Espérance. —Desmipnora, Serv., surtout distinct du genre précédent par ses antennes filiformes assez courtes : quelques belles espèces de l'Amérique méridionale, type, Lamia fasciculata, Fabr., à corps noir, du Brésil. — Pnacerocera, Dej., Cast., à élytres parallèles, déprimées : type, P. scapulicornis, du Brésil. — Anisocerus, Serv., à corselet court, large, unidenté sur les côtés; élytres arrondies, convexes, courtes; antennes sétacées : formé sur la L. scapulifera, Germ., du Brésil. — Onvcnocerus, Serv., à jambes offrant des expansions ou des dents irrégulières; corselet large, tuberculé, unituberculé latéralement; élytres courtes, larges, convexes, tuberculées : type, la Lamia scorpio, Fabr., qui, ainsi que l'indique son nom, a très-grossièrement l'aspect général des Scorpions.
2° groupe, Mésosires, à lévr'e inférieure en forme de losange, pointue en avant, à peine ou rallement échancrée.
Ce groupe, formé d'une quinzaine de genres créés aux dépens des anciennes Lamia, comprend des espèces de taille moyenne ou petite, et répandues presque sur tout le globe. D'après M. Émile Blanchard, on doit ranger les genres ainsi qu'il suit : PLarysrennus, Dej., Blanch., à pattes égales, avec les cuisses renflées; corselet large, à côtés longuement prolongés en pointe; antennes plus longues que la tête, Simples, gréles : une espèce (L. hebræus, Fabr.) de la Guyane. — Coprors, Serv., à pattes égales, avec les cuisses peu renflées; corselet unituberculé latéralement; antennes peu prolongées, pubescentes : type, L. ædificator, Fabr., de l’île de France. — Cruscarus, Serv., à pattes égales, avec les cuisses sans renflement; corselet unidenté près des angles postérieurs; antennes garnies en dessous d'une frange de poils : fondé sur une espèce (plumicornis) du Sénégal. — Sruenias, Dej., Cast., à pattes égales, courtes, épaisses; corselet cylindrique, mutique; antennes courtes, épaisses, pubescentes; élytres parallèles : espèce unique, la L. grisator, Fabr., des Indes orientales. — Lasropacryius, Dej., Blanch., à pattes égales, longues, avec les cuisses renflées et les tarses antérieurs larges, ciliés; corselet ayant latéralement un fort tubercule; antennes très-longues, avec le premier article très-gros : du Sénégal. — Axcyroxorus, Dej., Cast., à pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres, avec les jambes courbées, crénelées, munies d'une épine, et les tarses larges, ciliés; corselet tuberculeux; antennes très-lonques : type, L. tribulus, Fabr., également du Sénégal. — MESOSA, Meg., Serv., à pattes égales; corselet cylindrique, mutique; élytres ovalaires, arrondies; antennes longues, gréles, après le premier article : ce genre, exclusivement européen, renferme de jolies petites espèces qui se trouvent habituellement sur les bois coupés dans l’intérieur des forêts, et M. Mulsant, par suite de quelques considérations tirées de la forme des antennes et des élytres, y forme trois petits groupes génériques : Mesosa, espèces : M. curculio-
noïdes, Linné, et nubila, qui se rencontrent surtout dans le Midi, mais que l’on a pris parfois aux environs de Paris; Nipnoxa, ayant pour unique espèce le N. pecticornis, Muls., découvert aux environs de Draguignan; Axæsrueris, type, À. testacea, Fabr., qui habite la France tempérée et septentrionale, et dont la larve vit dans le chêne, dans le saule, ete. — Tracuysoma, Serv., auquel on peut réunir les Hypsiona du même auteur, à pattes massives : antérieures un peu plus longues que ies autres; corselet cylindrique; antennes très-rapprochées à la base, à troisième article courbé : de l'Amérique du Sud.— Ruvrrpnona, Serv., à pattes égales, simples; corselet mutique, cylindrique, plissé; antennes assez écartées, droites, pubescentes en dessous : ayant pour type, comme le genre précédent, une espèce propre à l'Australie. — Penrura, Dej., Cast., à pattes égales, courtes, massives; corselet court, large, bituberculé sur les côtés; antennes écartées, épaisses, courtes. — Cérarires, Serv., à pattes assez longues, surtout les antérieures, avec les tarses larges, très-ciliés dans les mâles; corselet unituberculé sur les côtés; antennes écartées à la base, assez longues : type, C. jaspidea, Serv., du Sénégal. — Ceropzesis, Serv. (Diastocera, Dej.), à pattes antérieures longues, avec les tarses larges; corselet unituberculé latéralement; antennes lonques, très-rapprochées à la base : quelques grandes et belles espèces parées de vives couleurs, de Java, du Sénégal et du Cap (types, æstuans, Oliv.; æthiops, Fabr., etc.). — Paymasrerna, Dej., Cast., à pattes égales, avec les cuisses peu renflées; corselet unituberculé sur les côtés; antennes écartées, gréles, lonques : espèce unique, M. lacteo-guttatus, de Madagascar.
3° groupe, SrELLOGNATHITES, à lèvre inférieure trilobée : le lobe médian très-long; mächotres ayant les lobes très-gréles, très-longs; labre profondément échancré.
Ce groupe ne comprend que le seul genre STELLOGNATHA, Dej., Cast., qui, outre les caractères précédemment indiqués, a les palpes très-longs; les mandibules dilatées extérieurement dans les méles; les pattes, surtout les antérieures, longues; les antennes très-longues, et le corps épais, robuste : espèce unique, Cerambyx maculatus, Oliv., belle espèce qui habite Madagascar.
4e groupe, LamiTes, à lèvre inférieure évasée vers le bout, plus ou moins échancrée; mâchotres ayant le lobe interne long, presque aussi large que l'externe.
Le plus considérable des groupes de la tribu, les Lamites renferment de nombreuses espèces grandes, moyennes ou pelites, se trouvant dans toutes les parties du monde, et ayant beaucoup de représentants en Europe. Presque toujours de couleurs sombres, brunes ou noires, ces Insectes sont assez massifs, et peu actifs. Les larves de quelques-uns d’entre eux sont connues.
Les genres principaux sont les suivants : Zv6raruus, Dej., Cast., à antennes très-lonques; corselet très-court, large, unidenté; sternum simple; corps épais, atténué postérieurement : type, le Lamia oculator, Fabr., long de 0,040 à 0,050, d’un noir brillant, propre au Cap. — Srerxoromis, Percheron (Sternodonta, Dej., Cast.), à antennes très-longues; corselet large, unidenté; sternum avancé en sorte de palette; corps atténué en arrière : types, les Lamia regalis, Fabr., et ornatus, Oliv., du Sénégal. — TracocEepnaLa, Dej., Cast., à antennes plus courtes que le corps; lèvre inférieure arrondie; corselet large, unituberculé; sternum saillant; corps long, parallèle : espèce principale, Lamia nobilis, Fabr., du Sénégal. — Cacuiamna, Dej., Blanch., à antennes assez longues; corselet unituberculé; mésosternum très-saillant; lèvre inférieure arrondie; corps parallèle : de belles et grandes espèces également de l'Afrique méridionale. — Ceuosrerna, Dej., Blaneh. (Oplophora, Hope), à corselet muni d'une forte pointe latérale; mésosternum tuberculiforme; corps oblong : des Indes orientales. — PLecrronera, Dej., Blanch., à lèvre très-évasée, ciliée; corselet muni d'une forte pointe latérale; corps cblong : type, la L. scatator, Fabr., de l'Amérique boréale. — Barocera, Serv., à lèvre unidentée de chaque côté, étroite, non ciliée; corselet muni d'une forte pointe lalérale, mésosternum plan, corps convexe, allongé, robuste : ce groupe renferme de grandes espèces propres à la Chine et aux Indes orientales, et le type est le Barocëre roux, B. rubus, Linné, long de 0,050 à 0,070, entièrement d’un gris brunâtre, se trouve à l'ile de France, ainsi que dans diverses parties australes de l'Asie : sa larve et sa nymphe ont été figurées (Hist. des Ins., pl. XL, fig. 5 et 6) par M. É. Blanchard. — MONOCHAMUS, Meg., Dej., Serv. (Monohammus, Muls.), à antennes très-longues, mandibules fortes, lèvre à lobes arrondis, corselet unidenté laté rvalement, mésosternum plan, corps long, cylindrique, convexe en dessus, ailé : ce genre ne ren -
ferme que des espèces européennes habitant les forêts d'arbres verts, à forme assez svelte pour des Lamites : les espèces francaises sont les suivantes : M. sutor, Linné, long de 0,020 à 0®,095, d'un brun bronzé en dessus, avec les élytres marquées de taches d'un duvet jaunâtre, se trouve dans les Alpes et le Jura; sartor, Fabr., dans les mêmes pays, mais rare; gallo-provincialis, Oliv., espèce assez commune dans les forêts de Conifères du midi de la France, et dont M. Ed. Perris a étudié la larve, qui vit dans les tiges des pins morts de tout âge. —Tzæntores, Serv., ne différant du groupe précédent que par des caractères de peu d'importance, tels que la lèvre anguleuse de chaque côté; le mésosternum tuberculiforme; les tarses presque glabres dans les mâles au lieu d'être velus, et tous de l'Amérique méridionale, type, Cerambyæx pulverulentus, Fabr. — Prycnones, Serv., auquel on peut joindre les Pecarconerus du même auteur, à mésosternum en forme de tubercule; corselet mutique, cylindrique; pattes antérieures plus longues que les autres; corps long, élancé : des espèces du Brésil (trilineatus, Linné) et de Java (uittatus, Serv.). — Goma, Fabr., à mésosternum à peine saillant; corselet mutique, très-grèle, très-long; pattes de devant très-longues; corps convexe, trèsallongé : genre très-remarquable par sa forme élancée et étranglée, et particulier aux Indes orientales et à la Nouvelle-Hollande (type, Cerambyx giraffa, Schreib., belle espèce d’un noir bleuâtre). — Preropuus, Serv., à mésosternum plan; corselet court, tuberculeux; élytres acuminées : des espèces brésiliennes (acuminatus et nodifer, Serv.). — MORIMUS, Serv., à antennes longues; mandibules épaisses; corselet unidenté latéralement; cuisses longues, simples, non en massue; corps aptère, convexe, un peu pubescent : ce genre renferme des Insectes nocturnes, ayant des couleurs tristes, noires, des élytres d’une dureté souvent rapprochée de celle de la corne, et qui se trouvent dans les contrées méridionales de l'Europe; les trois espèces qui habitent la France sont les funestus, Fabr., long de 0,017 à 029, vivant sur le cyprès et le figuier; lugubris, Fabr., long de 0,020 à 0,030, dont la larve, observée par M. le colonel Goureau, habite le peuplier, le sapin, etc., et tristis, Fabr., long de 0,098 à 0,033, propre au cyprès. — AceLasra, Newm., diffé rant principalement des Morimus par son corselet large et son corps court, large : propre aux Indes orientales. — LAMIE, Lamia, Fabr., à antennes peu allongées, avec le troisième article court; corselet large, unidenté; élytres presque parallèles; corps épais, ailé : ce genre typique, auquel on réunit les Pachystola et Phryneta, Dej., renferme un assez grand nombre d'espèces propres à divers pays, et dont le type est la Lamia textor, Linné, qui se trouve dans presque toute l'Europe, et n'est pas très-rare en été sur les saules, dans les environs de Paris; cette espèce, longue de 0,090 à 0,030, est entièrement d’un brun ou d’un noir grisätre, et est excessivement lente dans ses mouvements; sa larve, étudiée par MM. Chapuis et Candèze dans le Salix vitellina, est longue de 0,040, sur une largeur de 0,008 à 02,010 : elle est blanchâtre, et son corps à une forme prismatique. — DORCADION, Dalm., à antennes très-courtes, glabres, avec le troisième article également fort court; mésosternum plan; corselet cylindrique, unituberculé latéralement; écusson triangulaire, très-petit; pattes égales, courtes, très-robustes; corps assez court, convexe en dessus, aptère, glabre où n'ayant que quelques poils courts et couchés, et souvent recouvert d'un duvet velouté : ce genre est nombreux en espèces d'assez petite taille, pour la plupart européennes, mais dont quelques-unes sont asiatiques, de couleur noirâtre, brune ou grise, ou qui, comme le dit M. Mulsant, semblent avoir un habit de deuil chamarré de galons d’argent, habitant les lieux secs et se trouvant sur les troncs d'arbres, ou même plus souvent sur le sol, d'où leur manque d'ailes les empêche de s’éloigner : le type, et en même temps l'espèce que l’on trouve communément dans une grande partie de l’Europe, et qui n’est pas rare aux environs de Paris, est le Dorcadion fuliginator, Linné; à élytres couvertes d’un duvet cendré, velouté, blanchâtre, avec une bordure blanche à la suture et en dessous le long du côté externe, et qui parfois varie pour la teinte générale et présente des lignes
blanches : les autres espèces françaises sont le D. fulvum, Herbst; meridionalis, Dej., Muls.; pyre-
neum, Dej., Muls.; lineolum, Wlig.; Donxeli, Muls.— Cazropreryx, Newm. (Dorcacephalum, Dej.), à antennes courtes; corselet unituberculé; cuisses en massue; corps ovale, aptère : genre qui, au Mexique, semble remplacer nos Dorcadions. — Ceræcinion, Boisd., à antennes longues, rapprochées à la base; corselet plus long que large; corps ovalaire : espèce unique, C. horrens, du nord de la Nouvelle-Hollande. — Punyssoma, Dej., Cast., qui a surtout de longues antennes et des cuisses simples, et dont le type est la Lamia crispa, Fabr., du Cap. — Coupsosoma, Serv. (Eusphærium, Newm.), à antennes très-écartées, pubescentes; mésosternum plan; corselet très-large, unidenté;
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F 5 Fig, 4 — Cosnisoma spi culifer 1
Fig. 4. — Eccoplia polyspita
Fig. 3. — Batocera rubus
Fig.
— Loremia hirt pes