‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 4 sur 42 · VINGTIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME FAMILLE

LAMPYRIENS. LAMPYRII. Castelnau, 1840.

Corps mou, aplati, dépourvu de vésicules; tête sans étranglement à la partie postérieure, découverte dans les uns et cachée presque complétement dans les autres par le corselet, antennes variables; mandibules entières ouunidentées; palpes plus gros à l'extrémité qu à la base : les maxilloires géné-

Fig

— Leiodes casluneus

Fig. 2. — Hyphidrus varieqatus

D. — Hydroporus duodecimpunclatus

COLEOPTÈRES. 9

ralement plus longs que les labiaux; élytres molles, bien développées chez les mûles, pouvant manquer chez certaines femelles; les segments abdominaux souvent phosphorescents.

Cette famille, à peu près aussi nombreuse que la précédente, renferme des espèces qui présentent souvent entre elles des différences très-notables; aussi, dans ces derniers temps, a-t-on cru devoir y former une très-grande quantité de genres, s'élevant au nombre de près de cent, et dont les deux plus connus, devenus des tribus particulières, sont ceux des Lampyris et Lycus. Ces Insectes sont répandus sur toute la surface du globe; mais les régions méridionales renferment surtout le plus d'espèces et surtout les plus grandes et les plus belles par leur système de coloration.

Les métamorphoses de plusieurs Lampyriens, principalement du genre typique, sont connues, ainsi que nous le dirons bientôt. Les larves se trouvent dans les bois morts, humides et plus.ou moins décomposés, sur la terre, dans les forêts et les prairies, ete. Les deux sexes offrent parfois des différences très-remarquables, et, de même que nous l’avons observé chez certains Drilus, les mâles sont ailés, tandis que les femelles sont entièrement aptères et conservent la forme des larves. Un particularité très-curieuse que présentent ces Coléoptères, c’est leur phosphorescence si vive, que tout le monde à pu observer, et qui, chez nous, offre, dans les chaudes soirées de l'automne, une sorte d'illumination dans les herbes de nos bois.

Anatomiquement les Lampyriens présentent quelques particularités qui doivent être notées. Le tube intestinal a une fois et demie la longueur du corps; il est revêtu de tuniques minces et diaphanes; l’æsophage se renfle en un jabot oblong séparé par une valvule annulaire du ventricule chylifique; celui-ci est lisse, droit, membraneux; l'intestin grêle est filiforme, flexueux, avec quel-

- ques rides transversales près du cœæcum, qui est allongé; le rectum est peu marqué. Les vaisseaux biliaires sont au nombre de quatre : deux en avant et deux en arrière. Chaque ovaire est composé d'une vingtaine de glandes très-courtes; l'oviducte s'enfonce sous le rectum dans un étui commun, et il est terminé par deux appendices courts, biarticulés. Mais cette description générale ne peut s'appliquer à toutes les espèces de la famille; c’est ainsi, pour ne citer qu’un seul exemple, que dans le Lampyris splendidula, le canal alimentaire a deux fois la longueur du corps, que l'œsophage est d’une telle brièveté qu'il ne devient presque plus distinct, qu'il se dilate subitement en une sorte de jabot court et qu’il est séparé par un étranglement du ventricule chylifique, que ce dernier es très-long, que l'intestin grêle, au contraire, est très-court, flexueux, offre un renflement cœcal et se termine par un rectum allongé, que les vaisseaux biliaires, insérés de mème que ceux des Carabiques, ne sont plus qu'au norabre de deux, et que les ovaires sont composés d’une-trentaine de gaines biloculaires. s

Les Lampyriens sont des Insectes chez lesquels l'éclat des couleurs vient se joindre à la bizarrerie des formes; leurs élytres, parfois très-élargies et défendant le corps, offrent des particularités intéressantes à étudier. Quand ils se croient menacés de quelque danger ou quand on veut les saisir, ils replient aussitôt leurs antennes et leurs pattes contre le corps et restent immobiles dans cette position; plusieurs espèces recourbent alors leur abdomen en dessous. Les uns se tiennent à terre, les autres fréquentent les arbres et les fleurs; tous paraissent être carnassiers, mais ils le sont cependant peut-être moins que les Téléphoriens. La taille de ces Insectes est habituellement moyenne ou assez petite.

Les deux tribus admises dans cette famille, qui est tellement voisine de la précédente qu'on la confond souvent avec elle, sont celles des Lycides et Lampyrides.

4e tribu, Lycuves : antennes insérées supérieurement entre les yeux où en avant, presque toujours à peu près contigués, plus où moins larges, dentées ou flabellées; mandibules très-gréles, petites, inermes; labre distinct; tête recouverte par le corselet qui est pelit, rétréci en avant, foliacé sur les côtés, fovéolé où aréolé en dessus; pattes comprimées : à trochañters placés dans l'axe des cuisses, et à hanches intermédiaires distantes; prosternum très-court; abdomen de sept segments en dessous.

Les Lycides sont de beaux Coléoptères d'un faciès particulier dû à la petitesse de leur tête et de leur corselet, et à l'ampleur ainsi qu'à la structure de leurs élytres. On les trouve sur les fleurs, les broussailles, et c’est principalement les bois qu'ils habitent. On ne sait rien de bien positif relative-

ment à leur régime; mais, d'aprés la faiblesse de leurs organes buccaux, 1l est probable qu'ils doivent ne se nourrir que de matière végétale. Latreille, et surtout Erichson et M. Ed. Perris, ont fait connaître les métamorphoses du Dictyopterus sanguineus; la larve, qui a beaucoup de rapport avec celle des Lampyris, dont elle diffère principalement par sa tête non contractile, est allongée, trèsdéprimée, revêtue de téguments coriaces, avec la tête cornée, très-petite : elle est, sur le dessus du cerps et les pattes en entier, d'un beau noir mat, et d'un blanc livide, avec cinq rangées de petites taches noires en dessous; cette larve vit sous les écorces des chênes morts, où elle fait la chasse aux diverses larves qui s’y trouvent, et n’est pas très-rare dans le midi de l’Europe.

Ces Insectes, assez nombreux, se trouvent principalement dans les régions méridionales du globe, où, en Amérique et en Afrique surtout, ils sont très-abondants; l’Europe n’en comprend qu'un petit nombre.

Les Lycides étaient iadis confondus avec les Lampyris, et Fabricius, le premier, créa cette division en formant le genre typique des Lycus; Geoffroy en distingue les Omalisus, et Latreille les Dictyopterus. MM. Guérin-Méneville (Voyage de la Coquille, Ent., 1830), de Castelnau (Soc. ent. de Fr.., 4855, et Rev. de Silberman, 1836), Newmann (Entomological Magasin, 1. IV, 1839), Erichson (Archiv. de Wieygmann, 1847), Dejean (Cat. des Col., 1833), ete., sont les auteurs qui ont fondé la plupart des autres genres que nous allons citer.

Fig. 9, — Pleroplatus variabitis. Fig. 10. — Lycus latissimus.

Le genre principal est celui des LYQUES (Lycus, Fabr., Systema Eleutheratorum, 1787) (Auxoe, Loup) : tôte prolongée en un rostre grêle, plus où moins conique et plus long que le vertex et le front réunis; antennes insérées à la base du rostre, à premier article médiocre, gros, cylindrique, deuxième très-court, transversal, troisième du double moins long que le suivant, quatrième à ditième larges, décroissant peu à peu, faiblement dentés, onsième plus long; élytres, tantôt dilatées dans les mâles et simples dans les femelles, tantôt semblables dans les deux sexes, parallèles ou un peu élargies en arrière. Ce genre renferme d'assez nombreuses espèces, presque exclusivement propres à l'Afrique, mais dont quelques-unes proviennent de l’Amérique et des Indes orientales; ce sont des Insectes assez grands, parés de brillantes couleurs, et offrant des lignes ou des taches qui tranchent notablement sur la couleur du fond des élytres. On peut prendre pour type le Lycus rostratus, Fabr., long de 0%,02, d'un jaune orangé, avec le disque du corselet, une très-large bande sur la base de chaque élytre, noirs; commun aux environs du cap de Bonne-Espérance. — Le genre le plus important des Lycides, après celui que nous venons d'étudier, est celui des Dicrvoprenus, Latr., ou Lycisroprenus, Dejean, qui se distingue principalement des Lycus par la brièveté relative et la forme robuste du rostre : V'espèce typique est le D. sanguineus, Fabr., petite espèce européenne qui se trouve, quoique rarement, auprès de Paris : elle est d'un noir très-foncé, luisant, avec les bords latéraux du corselet et des élytres d’un rouge sanguin; les espèces qu'on y joint sont toutes américaines.

Les autres genres, à téte prolongée en rostre, sont ceux des : Cerrasis, Cast., renfermant une grande et belle espèce (mirabilis) de Colombie; Porrosroma, Cast., formé d'espèces propres à l'Australie, et Mernionmyneuus, Guérin, de l'Australie et de la Nouvelle-Guinée.

Parmi les autres groupes, dans lesquels la tête n'est pas prolongée en rostre, on remarque principalement les Cazoprerus (Calopteron, Cast.) (x50c, beau; #:p0v, élytre), dans lesquels la tête est en partie recouverte par le corselet, prolongée au-devant des yeux en un très-court et large museau; les antennes, insérées sur le front, sont longues, plus ou moins larges et dentelées, s'élargissant graduellement à leur extrémité; ce groupe, qui a pour synonymes ceux des Digrapha, Newman, et Charactus, Dejean, renferme une centaine d'espèces, dont quelques-unes sont remarquables parla forte dilatation des élytres en arrière; ces espèces abondent surtout dans les deux Amériques, mais l’on en connaît aussi de l'Afrique australe et de l'Australie (type, L. reticulatus, Fabr., de l'Amérique du Nord. — Les autres genres sont ceux des : Cænia, Newm., propres à l'Amérique du Nord et à Madagascar, et qui ont été partagés en Cænia propres et Celetes; Cranopnorus, Guérin, de la Nouvelle-Guinée; Empvecrus, Erichson, de l'Amérique du Sud; Eros, Newm. (Anarhynchus, Guérin, et Pyropterus, Mulsant), ayant surtout le deuxième artcle des antennes pyriforme, au moins aussi long que large, renfermant de petites espèces, dont une dizaine, telles queles E.aurora et minuta,Fabr., sont européennes, tandis que le plus grand nombre proviennent de l'Amérique du Nord, et qu’une (E. Woodlarkianus, Montrouzier) est particulière à l'ile Woodlark, dans la Polynésie. À ces genres nous pourrions joindre des groupes qui ne sont pas suffisamment connus ou qui n'ont pas été ca ractérisés; tels sont ceux des: Eurycerus, Dej.; Temnostoma, Coptorhinus, Odontocerus et Anurhynchus, Guérin; et peut-être Lycoides, Montrouzier.

Fig 11. — Dictyopterus sangumeus. Fig, 12. — Omalisus suturalis. Fig. 15. — Lycus aurora.

Deux genres de la même tribu diffèrent tellement des autres, que M. Th. Lacordaire a eru devoir en faire deux sous-tribus spéciales; ce sont : 1° les Carocnromus, Guérin, à mandibules assez robustes, saillantes; labre non distinct; tête tout à fait dégagée du corselet; antennes filiformes, déprimées; corselet non foliacé latéralement; pattes comprimées : à hanches intermédiaires peu distantes; abdomen de sept segments en dessous, ces Insectes (espèce unique, C. glaucopterus, de la Nouvelle-Guinée) se rapprochent des Téléphores par leur forme, et ont la livrée des Lycus; et 2° les Osausus, Geoffroy (Hist. des Ins., 1764), que depuis Illiger on indique généralement sous le nom d'Homalisus; à mandibules très-courtes, assez épaisses à la base; à tête dégagée du corselet; à antennes filiformes, corselet non foliacé; pattes gréles, avec les jambes arrondies et les hanches intermédiaires presque contiqués; à abdomen de six segments, etc. : ces Insectes, de taille médiocre, noirs, avec les slytres d’un rouge sanguin plus ou moins vif, ayanten même temps des rapports avec les Lycides, les Téléphorides et les Malachiens, sont tous européens; on n’en connaît que trois espèces dont le type est l'O. suturalis, Fabr.; une autre espèce (affinis), est le type du genre Pyropterus.

2e tribu, Lampyrines : antennes insérées sur le front, presque contiqués, un peu distantes; palpes très-robustes; mandibules très-gréles, simples; tête presque toujours recouverte par le corselet; celui-ci latéralement foliacé, habituellement prolongé, arrondi en avant; pattes comprimées, avec les hanches intermédiaires contiqués, les trochanters situés à l'intérieur des cuisses, et les tarses ayant le quatrième article bilobé; abdomen de sept segments, rarement de six, souvent pourvu d'un appareil phosphorescent.

Les Lampyrides ont encore plusieurs caractères importants analogues à ceux des Lycides, mais leur faciès est très-différent. A l'exception des Phosphènes, les mâles sont toujours ailés, mais, dans

la grande majorité des espèces, les femelles sont tout à fait privées d'ailes et ne possèdent que des rudiments d’élytres qui ne se retrouvent même pas chez plusieurs : dés lors ces femelles ressemblent beaucoup à des larves. Les élytres peuvent affecter deux formes principales : tantôt elles ont la disposition d'un bouclier elliptique ou ovalaire, débordant plus ou moins [ abdomen, tantôt elles sont parallèles, de même que celles des Téléphoriens. L abdomen est le siége d'un appareil phosphorescent particulier, qui a rendu ces Insectes célèbres depuis un temps déjà reculé; cet appareil, dont beaucoup d'auteurs se sont occupés, n’a guère été bien connu qu'assez récemment, et grâce surtout aux travaux de MM. Matteusi sur le Lampyris italica (Leçons sur les phénomènes physiques des corps organisés, 1843) et Peters (Archiv. de Muller, 1841), qui ont donné de bons détails sur cet organisme, ainsi Que SUT sa structure. Mais si cet appareil est très-important sous le point de vue de la physiologie, il ne peut être d'un grand secours pour l'arrangement systématique des espèces. En effet, comme le fait remarquer M. Th. Lacordaire, non-seulement il manque complétement dans un assez grand nombre d'espèces; mais, dans une foule de cas, ses limites, dans les deux sexes ou dans l'un d'eux seulement, sont si incertaines, qu'on ne peut préciser exactement les segments abdominaux qu'il occupe, ct, en outre, il varie considérablement dans des espèces voisines d'un même groupe naturel. À une exception près, ces Insectes sont nocturnes ou crépusculaires : et pendant le jour ils se tiennent cachés sous les pierres ou dans les herbes. C'est principalement à l'entrée de Ja nuit qu'ils se font remarquer par leur lumière phosphorique, parfois trés-brillante, surtout pendant les fortes chaleurs et principalement dans les régions intertropicales. C’est alors qu'ils volent dans les airs, se dispersent sur les plantes, et que les mäles vont à la recherche des femelles. A leur état parfait, ils se nourrissent de substances végétales. On a cru pendant longtemps que les larves avaient un cenre de vie semblable; mais, comme l’a dit le premier M. Arsène Maille, on sait positivement aujourd’hui qu'elles sont, au contraire, excessivement carnassières, et qu'elles dévorent surtout les Mollusques terrestres.

Les larves de quatre espèces bien déterminées ont été décrites par les auteurs; ce sont celles des Lampyris noctiluca et Luciola italica, que de Géer a fait connaître dans ses immortels mémoires; du Phosphænus hemipterus, dont s’est occupé M. P. W. J. Muller (in Iliger Mag., t. IN), et de l'Apidosoma candelaria, mentionnée par M. le colonel Goureau (Ann. Soc. ent. de Fr., 1846). En outre, quelques larves ont été indiquées d’une manière générale par MM. Westwood, Perty et Lacordaire. Dans ces larves, le corps est très-déprimé et recouvert de plaques cornées; la tête est trèspetite, complétement cachée par le corselet; les organes buccaux ne se composent que de deux mandibules, de deux màchoires et d'un menton privé de languette; il y a un ocelle de chaque côté de la tête; les trois segments thoraciques ne sont pas plus larges que les abdominaux, mais ils sont plus longs; l'abdomen, s’atténuant peu à peu en arrière, est pourvu à son dernier segment d'un prolongement anal peu saillant; les pattes sont robustes; les neuf paires de stigmates sont placées inférieurement à quelque distance des bords latéraux. Dans nos climats, ces larves passent l'hiver sous celte forme, y restent encore pendant presque tout l'été, et ne se métamorphosent qu'au commencement de l'automne en nymphe : état qui n’a qu’une courte durée. Les nymphes ne présentent rien de particulier dans les mâles, et, dans les femelles aptères, elles conservent la forme de la larve.

Les Lampyrides, de grande taille dans les régions chaudes, et de taille moyenne chez nous, se trouvent en assez grand nombre dans tous les pays du monde. Néanmoins l'Amérique est surtout riche en espèces et en individus; et, à elle seule, elle en possède plus que tous les autres pays réunis. En Europe, on ne signale que trois genres spéciaux, et l'Afrique, les Indes orientales et l'Australie ne sont guère mieux partagées qu'elle sous ce rapport.

Geoffroy est le créateur du genre Lampyris, qui cependant ne fut réellement bien circonserit que par Fabricius. Quelques genres en ont été séparés par Hoffmansegg et Gray; mais, assez récemment, deux auteurs, MM. de Castelnau (Ann. Soc. ent. Fr., 1853) et Motschoulsky (Études entomologiques, année 1), ainsi que Dejean (Cat. des Coléoptères, 1833), qui a proposé beaucoup de divisions sans les caractériser, ont partagé ce genre, devenu tribu ou famille, en un grand nombre de groupes génériques, au point que le dernier entomologiste que nous venons de citer y admet soixante-quatre genres fondés, pour la plupart, sur des caractères très-peu importants; enfin, M. Le Conte a donné

un Synopsis des espèces d’une partie de l'Amérique du Nord; M. Solier a fait connaître des espèces du Chili, ete.

Dans les uns, la sous-tribu des Lampyrides vrais de M. Th. Lacordaire, la téte est très-courte, sans aucune trace de cou en arrière, très-recouverte par le corselet et tout à fait rétractile dans la cavité de ce dernier.

Parmi ces derniers on peut encore former deux divisions particulières, ayant pour types les deux groupes naturels des Lucidotites, à ailes et élytres complètes dansles deux sexes, et les Lampyrites, à ailes et élytres rudimentuires dans les femelles au moins.

Les Lucidotites renferment de très-nombreuses espèces, toutes exotiques et le plus habituellement de grande taille; c'est parmi elles surtout que l'on a formé un très-grand nombre de genres, assez peu caractérisés, et remarquables par le développement de leurs antennes, qui sont longues, trèslarges ou flabellées, au moins dans l’un des sexes, et souvent chez les mâles : cependant dans quelques groupes, ces organes s’affaiblissent considérablement, en même temps que les yeux grossissent. Les genres principaux de ce groupe, genres qu’il ne nous est pas possible de caractériser, et que nous nous bornerons à nommer, sont les suivants : 4° Lampnrocera, Cast. (Sels, Dej.), que l'on peut subdiviser en Lamphocera et Lucio, Cast.; comprenant de grands et beaux Insectes de l'Amérique du Sud (L. Latreillei, Kirby). 2 Hyss, Cast. (Ange, Dej.; Deraspis, Blanchard), du même pays que le genre précédent et que le suivant. 3° Nycrocreris, Motseh. (Nyctocharis, Dej.; Cladodes et Rhipidophorus, Solier). 4° Drvprozvrrs, Cast., une seule espèce de Cayenne (D. Cayennensis, Cast , ou Nyctocharis phyllogaster, Dej.). 5° Carvproceruazus, Gray (Psilocladus, Blanch.; Pollaclasis, Newm.; Polyclasis, Le Conte; Actenista, Dej.), de l'Amérique, tant méridionale que septentrionale. 6° Eruna, Cast. (Cladophorus, Gray; Eucladisus, Westw.; Vesta, Cas., Blanch.); de l'Amérique du Sud et de Java (Vesta Chevrolatii, Cast ). T° Lucernura, Cast., Motsch., du Brésil, des Indes orientales et de la Chine. & Luciora, Cast. (Lychnuris, Dej.), groupe typique, riche en espèces, toutes de taille grande ou moyenne, répandues dans presque toute l'étendue de l'Amérique, caractérisées essentiellement par la longueur et la forme plus ou moins large des antennes; en général noires, avec les bords latéraux du corselet et une bande presque marginale sur chaque élytre de couleur blanche, et qui ont été partagées par M. Motschoulsky en huit genres particuliers, ceux des: Lychnuris, Trilychia, Dilychria, Mesolampis, Lychnogaster, Pseudolychnuris, Pachylychnia, Lucidota : auxquels on peut joindre les Pyractomena, Solier. 9 Azrerox, Cast., ne comprenant qu’une espèce, propre à l’île de Cuba (4. dorsalis), qui ressemble assez à une Casside par sa forme générale. 10° Puausis, Le Conte, une espèce (brevicornis), de Géorgie: 11° Pnornus, Cast., groupe excessivement nombreux en espèces, loutes américaines, et dont on a voulu distinguer plusieurs genres, tels que ceux des: Erythrolychnia, Ellipolampis, Microlampis, Lamprodes, Robopus, Callopisma, Pyropyga, Pyrectosoma, Motschoulsky; Pygolampis, Ellychnia, Pyrectomena, Dejean. 19° Craro- Noworruus, Motseh., de l'Amérique du Sud. 13° Asrinoma, Cast. (Nyciophanes, Dej.; Aspidosoma, Lacordaire); espèces répandues dépuis le Mexique jusqu'à Buénos-Ayres.

Les Lampyrites ne comprennent pas beaucoup d’espèces, toutes ou à peu près propres à l’ancien continent, ayant presque généralement des antennes courtes et grêles et des yeux remarquables par leur énorme développement. Toutes les femelles sont aptères, tellement semblables à des larves, qu'on les a souvent confondues avec elles, et jouissent à un degré beaucoup plus fort que les mâles de la propriété phosphorescente. La taille de ces Insectes est moyenne; le corps est à peu près parallèle, d'une couleur générale d’un testacé flavescent ou brunâtre, avec une teinte plus ou moins livide. On n'y distingue que trois genres : 4° LAMPYRE (Lampyris, Linné, Systema naturæ, 1735), dénomination qui n’est que la reproduction du nom grec (Taurupz), de ces animaux dont le nom vulgaire français est celui de Ver Lursanr, ce genre a pour caractères : MALES, antennes insérées entre les yeux, de lu longueur du corselet, filiformes, de onxe articles courts, grenus; palpes très-courts; tête petite, cachée sous le bord antérieur du corselet; yeux très-gros; corselet rebordé, arrondi, tronqué en arrière; écusson petit, triangulaire; élytres parallèles, aplaties; pattes courtes, à tarses filiformes; abdomen à segments terminés sur les côtés en angles aigus; FEMELLES, aptères où n'ayant plus que des fragments d'élytres. On connait une cinquantaine d’espèces de Lampyres, presque toutes propres à l’ancien continent, mais dont quelques-unes appartiennent à l'Amérique; tous répandent une lumière phosphorescente, dont le siége est dans les derniers segments abdominaux de leur corps : comme espèces typiques nous citerons les Lampyris noctiluca, Fabr., qui se trouve dans toute l’Europe, et n’est pas rare aux environs de Paris; splendidula, Fabr.,

et Zenkeri, Brullé, principalement du midi de la France, etc. Par quelques caractères d'assez peu d'importance, M. de Motsehoulsky a formé plusieurs groupes (Diaphanes, Lychnebius, Lampronetes, Lamprotomus, Lamphorixa) dans ce genre naturel. 2° PHOSPHÆNUS, Cast. (Geopyris, Dej.), à élytres beuucoup plus courtes que l'abdomen dans les mâles, et manquant dans les femelles; d'après cette caractéristique, on voit que le mäle, de même que la femelle, ne peut voler, il se tient sur le sol entre les plantes basses : le type est le P. hemipterus, Fabr., petite espèce que l'on trouve, mais rarement, dans nos environs; M. de Motschoulsky a désigné une espèce (brachypterus) de la Pologne et de la Russie. 3° LAMPRIGERA, Motsch., surtout caractérisé par la forme des antennes, et renfermant des espèces propres aux Indes orientales (type, L. Boyei).

Fig. 14. — Jznpyris splendidula. Fig. 145. — Lampyris Savignyi. Fig. 16. — Lampyris splendidul (Mâle.) (Femelle)

Dans les autres, la sous-tribu des Luciolides, de M. Th. Lacordaire, la tte est imparfaitement recouverte par le corselet; les ailes et les élytres sont complètes dans les deux sexes.

Parmi les groupes peu nombreux placés dans cette division, deux doivent surtout nous occuper : À. Genre Lucroa, Cast., ayant des antennes plus ou moins courtes, gréles, filiformes, graduellement atténuées; à tête en grande partie découverte, ete. On connait près de cinquante espèces de ce genre : aussi a-t-on cherché à le subdiviser, c’est ainsi que Dejean indique les groupes des Curtos et Colophotia, et M. de Motschoulsky ceux des Delopyrus et Delopleurus. Ce sont des Lampyriens de taille moyenne, exclusivement propres à l'ancien continent, d’un brun noirâtre ou d’un fauve testacé plus ou moins jaunâtre; ils se multiplient à un point vraiment prodigieux, et, dans quelques parties de l'Italie; ils présentent, pendant les nuits d’été, un des spectacles les plus curieux que l'on puisse voir, car l’air est éclairé d’une multitude d’étincelles ou de petites étoiles errantes qui y forment une trés-jolie illumination; le type est la L. italica, Fabr. Deux genres assez voisins de celui des Lucioles sont ceux des Mecarorarnazuus, Gray (Rabdota, Dej.) : quelques espèces de l'Amérique méridionale, et Anvorres, Hoffmansege, groupe propre au même pays que le précédent. B. Pnorünts, Dej., Le Conte (Telephoroïdes, Cast.), surtout distingué par sa tte rétrécie en arrière, et par son labre non distinct; groupe assez nombreux en espèces qui paraissent répandues dans toute l’étendue du continent américain, et dont M. de Motschoulsky a cherché à distinguer les groupes

M pUregester, Bicellonycha, Triplonycha, Blattomorpha, Platystes, Dryptomorphus et Tetrayermua,

Aux groupes nombreux de Lampyrides que nous avons indiqués, nous pourrions encore ajouter quelques genres; tels sont, par exemple, ceux des : Atela, Dadophora, Nematophora, Spenthera, Dej.; Cassidomorphus, Lychnacris, Platylampis, Strogqulus, Strongylomorphus, Motseh., ete.

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