‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 7 sur 42 · VINGT-TROISIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME FAMILLE

CÉBRIONIENS, CEBRIONII. Erichson. 1855.

Bouche rarement inférieure; pas de paraglosses; mächoires inermes, à un ou deux lobes; labre distinct; tête penchée; antennes de onxe articles, filiformes, insérées près des yeux; pattes fouisseuses, à cavités cotyloides des antérieures ouvertes, à hanches antérieures ‘et intermédiaires globuleuses, trochanters nuls, jambes dilatées avec des éperons bien développés, et à tarses pentamères parfois munis de lamelles; abdomen formé de cinq à six segments bien distincts; prosternum sans mentonnière, la saillie postérieure recourbée en arrière des hanches antérieures et plus ou moins \recue dans une cavité mésosternale.

Les Cébrioniens constituent une famille assez peu nombreuse et renfermant quelques espèces européennes, et surtout un nombre plus considérable d'espèces exotiques. Ce sont des Coléoptères . de taille généralement moyenne, assez difficiles à trouver, rares dans les collections, dont quel-

Dischirius gibbus

Fig. 3

— Oplonus Germanus

D — Calascopus lateralis

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ques-uns ont été confondus avec les Eucnémiens et les Élatériens, et qui ne se distinguent de ces derniers que parce qu'ils sont privés de la faculté saltatoire et que les pattes sont organisées pour fouir la terre. Ce sont des Insectes à forme allongée, à téguments souvent mollasses, ce qui les rapproche des familles précédentes. Les femelles sont plus robustes que les mâles dans toutes les parties de leur corps : leurs antennes sont différentes, leurs élytres ne recouvrent pas complétement l'abdomen, et elles sont privées d'ailes; aussi, d’après ces différences sexuelles, n’a-t-on souvent pas pendant longtemps su rapporter les femelles à leurs mâles, et les a-t-on même quelquefois placées dans des genres différents.

Les mœurs et le développement successif des Cébrioniens sont peu connus, et l’on n'a quelques détails que sur une espèce du genre typique qui a été étudiée en Europe dans ces derniers temps sous ces deux points de vue.

Olivier, Farines, Audouin, d'après M. Guérin-Méneville, MM. Mittre et Graells, ont donné en effet des détails sur les mœurs du Cebrio gigas, et ont confirmé l'opinion que s'étaient formée à priori les anciens entomologistes, qui pensaient avec raison que la femelle de cet Insecte, entièrement privée d'ailes, ne pouvait avoir les mêmes habitudes que le màle qui est pourvu d'ailes bien organisées. Olivier avait dit que les mâles n'apparaissent qu'à la suite des pluies, surtout le soir, et qu'on les voit voler avec impétuosité de côté et d'autre. On sait aujourd’hui, par les observations des naturalistes dont nous avons cité les noms, que les deux sexes, après avoir passé leurs premiers états dans le sein de la terre, ont besoin, pour en sortir, après qu'ils sont arrivés à leur état parfait que celle-ci soit humeetce afin qu'elle leur offre une résistance moindre, et que les mâles apparais sent alors en grand nombre, tandis que les femelles restent dans l'intérieur du sol, à la surface duquel elles ne présentent que la partie postérieure de leur corps, attendant dans cette position les approches du mäle, qui vole à leur recherche et se précipite vers les lieux où elles se trouvent. L'apparition du Cébrio a lieu surtout en automne, et varie, quant à son moment, selon l’état sec ou pluvieux de l'atmosphère; cependant, lorsque la terre est ramollie par des pluies continues, elle se fait successivement de même que cela a lieu pour la plupart des autres Insectes.

Les métamorphoses complètes du Gebrio gigas ont été données par M. Lefebvre de Cérisy (Rev. et Mag. de Zool., 4853). La larve est très-allongée, cylindrique, tout d’une venue; sa tête, entièrement cornée, est un peu convexe, penchée, partiellement enfoncée dans le corselet; il n'y a pas de labre; les mandibules sont minces; les mächoires sont terminées par deux lobes libres, et le menton est corné, allongé; il n’y a pas de stemmates; les antennes, insérées près des mandibules, peuvent se loger dans un canal de ces dernières; le corselet est plus long que les deux segments thoraciques suivants, tronqué obliquement en dessus, et revêtu en dessous d’un écusson médian; le mésothorax et le métathorax sont courts; les pattes, rapprochées de la ligne médiane, sont courtes, très-épineuses, et composées de quatre pièces, dont la dernière est munie d’un crochet petit, simple; les neuf segments abdominaux, égaux entre eux, sauf le dernier qui est beaucoup plus long que les autres, arrondi, dépourvu de prolongement anal, sont revêtus d'écussons résistants, un peu plus larges en dessus qu’en dessous; les stigmates, au nombre de neuf paires, sont ovalaires. Ces larves vivent dans les terrains secs, et semblent se nourrir des racines des plantes: on croit qu'il leur faut trois années pour opérer tout leur développement, et, quand elles ont acquis toute leur croissance, elles se pratiquent dans la terre une loge destinée à protéger la nymphe. Celle-ci n'est pas complé-

tement connue, quoique M. Luniani ait dit quelques mots d’une nymphe de Cébrio qui se rapporte probablement à cette espèce.

Ces autres Cébrioniens dont on n’a pas décrit les premiers états vivent probablement de la même manière que le Cebrio gigas, ou habitent les arbres en voie de décomposition.

On n’a pas de travaux généraux sur les Cébrioniens, à l'exception toutefois du résumé qu’en a donné M. Th. Lacordaire. Les genres principaux sont dus à Olivier, MM. Fischer de Waldheim, Le Conte, etc.

Dans les uns, les Césrionines de M. Th. Lacordaire, les sexes sont dissemblables; les palpes longs, gréles, rigides; les segments abdominaux au nombre de six; les téquments flexibles, ete. On y range deux genres naturels principaux : 4° CÉBRION (Cebrio) (Ke6ptovns, nom d’un géant de l'antiquité), Olivier, 1790. Entom. de l'Encycl. méthod., chez lesquels les antennes sont filiformes, presque aussi longues que le corps dans les mâles, et courtes, moniliformes, terminées en massue

dans les femelles. Leach (Zoolog. Journ., t. 1, 4824), a cru devoir distinguer dans ce groupe les genres Analestesa (Selenodon, Latr.), Boscia, Tibesia, Dumerilia, Brongniartia, mais les trois premiers sont établis sur des mâles, qui n’offrent pas des caractères bien tranchés, et les deux derniers, ainsi que le genre Hammonia, Latreille, créés sur des femelles, ne doivent pas être adoptés; un autre genre, celui des Trigonoderus, Chevrolat, n’est pas admis par M. Th. Lacordaire. Les Cébrions sont des Insectes de taille moyenne, et don? le système de coloration se borne à deux nuances, le jaune ferrugineux et le noir brunâtre, tantôt seuls, tantôt combinés de différentes manières, mais ne formant pas de dessins. Les mâles sont recouverts d’une fine pubescence; les femelles sont presque entièrement glabres. On connaît vingt-cinq espèces de ce genre, et elles semblent propres à la faune méditerranéenne, à l'Afrique australe, à l'Amérique, principalement septentrionale et à l'Australie : comme type nous nommerons le C. gigas, Oliv., qui habite l'Europe méridionale, etest l'espèce du groupe le plus généralement répandue. 2° SCAPTOLENUS, genre différant de celui des Cebrio surtout par la forme des jambes antérieures et la longueur des éperons qui les terminent, et dont on a décrit deux espèces mexicaines.

Fig. 22, — Cebrio fuscus. Fig. 25, — Physodactylus Henniagii.

Dans les autres, les Physodactylides, Lacord., les sexes sont semblables; les palpes courts, assez robustes; les segments abdominaux au nombre de cinq seulemeut; les téquments solides, ete. On n'y range que le genre PHYSODACTYLUS, Fischer de Waldheim, dont on connaît huit espèces propres an Brésil, et auxquelles on doit réunir le genre Drepanius, de Perty.

On place dans la même famille quelques genres qui doivent entrer dans la division des Eucnémiens; un groupe, Syxcazyera, Dilwynn in Hope, très-incomplétement connu, et le genre Isosom, Falderman, qui ne renferme qu'une seule et grande espèce (1. elateroides), de la Russie transcaucasienne, qui, comme le fait remarquer M. Th. Lacordaire, est probablement un Élatérien voisin des Dicronychus.

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