VINGT-QUATRIÈME FAMILLE
ÉLATÉRIENS, ELATERII. Eschscholtz. 1899.
Bouche rarement inférieure; languette sans paraglosses; mâchoires lamelliformes ciliées, à deux lobes: labre distinct; tête penchée; antennes insérées près du bord antérieur des yeux, de onxe ou douxe articles, dentées ou flabellées, rarement linéai res; pattes non fouisseuses, à cavités cotyloïdes des antérieures ouvertes en arrière, à hanches antérieures et intermédiaires presque globuleuses, postérieures lamelliformes, canaliculées en arrière; trochanters nuls; jambes linéaires, à éperons très-petits ou non distincts; tarses de cinq articles, souvent munis de lamelles en dessous; abdomen ayant cinq segments distincts; prosternum présentant habituellement une mentonnière en avant :
sa saillie postérieure très-variable, comprimée, se mouvant librement dans une cavité du mésosternum quand elle y pénètre.
Telle que nous l'avons caractérisée, d'après M. Th. Lacordaire, cette famille est la plus ronsidé-
Fig. 1
- Adelocera fasciata
Fig
— Tetralobus cinereus
2 Ocucus limbatus
— Hemirhipes l'airmairet
Pl re
kr
COLÉOPTÈRES. o]
rable de l’ancien groupe des Sternoxes, de Latreille, et, si elle ne renferme pas des genres qui peuvent rentrer parmi les Euenémiens, elle comprend plusieurs divisions secondaires dés Cébrioniens. Elle se distingue des Buprestiens par l'absence des trochanters à toutes les pattes, des Eucrémiens par la présence du labre et le mode d'insertion des antennes; des Cébrioniens par la forme linéaire des jambes et la petitesse des éperons qui les terminent, et des Throscides, petite division que nous y réunirons, par la forme et la mobilité de la saillie prosternale dans la cavité du mésosternum. En outre, dans le plus grand nombre des cas, elle se différencie de toutes les familles que nous avons nommées, par la faculté saltatoire de la plupart des espèces, quoique cette faculté, lorsqu'elle existe, ne puisse donner qu'un caractère illusoire, puisque les conditions dont elle dépend, c’est-àdire la mobilité du corselet sur l’arrière-corps, la forme de la cavité mésosternale et celle de la saillie du prosternum, varient à un degré extraordinaire.
Les Élatériens, qui portent dans la plupart des ouvrages le nom d'Élatérides, sont des Coléoptères de taille ordinairement moyenne et rarement grande ou petite. Leur corps est elliptique ou ovalaire, parfois linéaire, toujours déprimé. La tête est horizontale, avancée ou simplement penchée : elle est petite. La bouche présente un menton carré, une languette allongée, des palpes courts, à dernier article souvent sécuriforme : labiaux composés de trois articles, et maxillaires de quatre; des mâchoires de forme ordinaire; des mandibules habituellement courtes, en demi-cerele; un labre bien développé, arrondi en avant. Les antennes varient beaucoup et ne fournissent que rarement des caractères génériques: dans un même groupe naturel elles peuvent être dentées ou pectinées, flabellées où même biflabellées. Les yeux sont grands, arrondis, médiocrement convexes. Le corselet, en trapèze allongé, est rebordé latéralement et plus ou moins prolongé en pointe aux angles postérieurs. Le prosternum se termine en pointe. L'éeusson, qui existe toujours et est souvent logé dgns une dépression de la base des élytres, est constamment médiocre et offre la forme d’un ovale allongé. Les élytres, de la largeur du corselet, sont généralement très-allongées, plus ou moins rétrécies en arrière, striées dans le plus grand nombre des cas, et leur extrémité est fréquemment spiniforme, plus rarement échancrée. Les pattes sont courtes, comprimées, en partie contractiles, unies, sans épines, avec les tarses filiformes et à articles entiers.
Les habitudes de ces Insectes sont assez diverses; cependant la majorité des espèces se trouvent sur les fleurs et sur les feuilles, d'autres se rencontrent sur les troncs des arbres; il en est qui habitent sous les écorces ou dans le bois pourri, et il en est aussi qui se rencontrent à découvert sur le sol. Si beaucoup sont diurnes, quelques-uns, comme les Pyrophores américains et quelques espèces européennes des genres Athous, Elater, ete., sont crépusculaires ou nocturnes. Pendant très-longtemps on a admis que leur régime était exclusivement phytophage; mais, d’après quelques observations faites en France par MM. le docteur Laboulhène et L. Fairmaire, et en Allemagne par M. Kawall, 1 semblerait probable que, dans certains cas du moins, il serait plutôt carnivore. Quelques espèces exotiques sont, de même que les Lampyriens, phosphorescentes dans l'obscurité, et cela à un assez grand degré : c’est ce que l’on remarque chez les Pyrophorus.
Les Élatériens volent avec une assez grande facilité, mais, comme les Buprestiens, ils ne peuvent prendre leur essor à l'instant où on les saisit : l'extrême brièveté de leurs pattes ne leur permet pas non plus d'échapper par la course aux recherches de leurs ennemis, et, quand par quelque accident ils sont renversés sur le dos, il ne leur est pas possible de se replacer dans leur position naturelle avec l’aide seule de leurs pattes. En sorte que de tous les Coléoptères ils seraient peut-être les plus mal partagés dans les moyens de fuir et de repousser les attaques dirigées contre eux, si la nature n'y avait remédié par une organisation particulière, qui leur donne la faculté, dans la presque unanimité des cas, de disparaître dans l'instant même où le danger est le plus imminent et où son ennemi s’y attend le moins. Le corselet de l’Insecte, en effet, ne peut se mouvoir que dans un seul sens sur l'abdomen, c’est-à-dire de haut en bas, car ses angles postérieurs, terminés en pointe et appuyés en quelque sorte sur la base des élytres, empêchent tout mouvement latéral; en dessous du corselet et dansson milieu, vers le bord postérieur, est une partie cornée, élevée, pointue; en forme de stylet et dirigée vers la poitrine : celle-ci présente, à l'endroit vers lequelarrive la pointe du corselet, une cavité assez profonde, dont les bords sont très-lisses, et dans laquelle s'enfonce l'extrémité de la pointe en question, quand l'Élatéride est dans sa position naturelle, c'est-à-dire lorsqu'il est placé sur le ventre, et que son corselet et son abdomen ne font pas d’angles entre eux.
Cet instrument ainsi indiqué, voici comment l’Insecte sait s’en servir: celui-ci, placé sur fe dos, baisse la tête et le corselet vers le plan de position, et par ce mouvement la partie du corselet est retirée de la cavité de la poitrine où elle est engagée dans l'état ordinaire; ensuite, après avoir ramené ses pattes le long de son corps, l'animal, rapprochant vivement le corselet de l'abdomen en dessous, pousse avec force et rapidité contre le bord de la cavité la longue pointe qui retombe comme un ressort en y rentrant; le corselet et la tête heurtent fortement contre le plan de position, et concourent par leur élasticité à faire élever le corps en l'air. Par ce procédé, l’Insecte saute perpendiculairement et souvent à une hauteur égale à dix ou douze fois la longueur de son corps, et la vigueur du saut varie en raison de la solidité du plan de position. L Élatérien exécute cette manœuvre chaque fois qu'il se croit en danger, se laissant tomber à terre et se cachant aussitôt dans l'herbe. Quand il lui arrive, en sautant, de retomber sur le dos, il recommence de suite sa manœuvyre jusqu’à ce qu'il se trouve sur les pattes et qu'il puisse fuir. Cette faculté saltatoire, sur laquelle nous venons de nous étendre, a été'étudiée par un grand nombre d'auteurs, tels que Geoffroy, de Géer, Olivier, Erichson, Duponchel, MM. Straus-Durekheim, Burmeister, Th. Lacordaire, et, malgré tant de travaux, il y a encore quelque chose à faire principalement sous le point de vue physiologique. Cette particularité a fait donner à ces Insectes le nom de Scarabées à ressorts par les premiers observateurs qui les ont étudiés; ils portent aussi dans quelques provinces les dénominations de Maréchaux et de Taupins, probablement à cause de la manière dont ils frappent le corps qui les soutient avec leur tête et leur corselet au moment où ils sautent.
Ces Insectes, au moins dans nos climats, ne sont pas revêtus de brillantes couleurs; leur livrée est généralement uniforme, brunätre ou noirâtre, jaune ou rougeûtre, voilée en quelque sorte par des poils gris ou jaunâtres, couchés, et d’autres fois par des écailles; cependant les espèces exotiques sont souvent plus belles que les nôtres : elles peuvent avoir des teintes métalliques, et il en est qui, sous ce rapport, peuvent presque rivaliser avec les Buprestiens.
Quelques observations ont été publiées relativement à l’organisation des Élatériens, et M. Léon Dufour a surtout donné des remarques intéressantes sur ce sujet. Leur tube digestif a une fois ct demie à peu près la longueur du corps; l'æsophage est très-court et renflé en un jabot conoïde, lisse extérieurement. Le ventricule chylifique est allongé, presque droit, terminé brusquement par un bourrelet, autour duquel s'implantent les vaisseaux biliaires. L'intestin grêle est filiforme, flexueux : il se renfle en un cœcum oblong, et dégénère en un rectum également filiforme. Les organes génitaux sont très-compliqués, surtout dans les femelles.
Les métamorphoses d’un grand nombre d'Élatérides sont actuellement connues, et MM. Lucas (Ann. Soc. ent. de Fr., 1852), et Candèze et Chapuis (Mém. de la Soc. des sc. de Liége, t. NI), ont indiqué les auteurs qui ont publié des travaux sur les larves de ces Coléoptères. C’est ainsi que, en suivant l’ordre zoologique, M. Lequin a fait connaître, sous le nom d'Anthia seægutlata, la larve de l'Agrypnus fuscipes; MM. H. Lucas et Perris, celle de l'Adelocera atomaria; Blisson, celle de l'Adelocera varia; MM. Westwood et É. Blanchard, celle du Lacon murinus; MM. Chapuis et Candèze, celle de l’Alaus oculatus; M. Aug. Sallé, celle de l'Alaus nobilis: de Géer, celle de l'Athous undulatus; MM. L. Dufour, Perris et Curtis, celle de l'Athousrhombeus: MM. Chapuis et Candèze, celle de l’Athous hirtus; M. Perris, celle de l'Athous rufus; M. Giraud, celle du Limonius Bructeri; M. Bouché, celle du Cratonychus niger; M. Bouché, celle du Cratonychus rufipes; MM. Bouché et Perris, celle de l'Elater sanguineus; M. Bouché, celle de l'Elater fulvipennis; MM. Curtis et Heeger, celle de l'Elater pomorum; Blisson, celle du Ludius ferrugineus; de Géer et plusieurs entomologistes récents, celle des Agriotes segetis et lineatus; M. Kollar, celle de l'Agriotes sputator; MM. Chapuis et Candèze, celle du Campylus mesomelus, ete.
Erichson et M. Th. Lacordaire ont cherché à indiquer les caractères généraux de ces larves. Toutes ont une forme à peu près semblable à celles des Tenebrio, vulgairement désignés sous le nom de Vers de farine; mais cette ressemblance n’est que superficielle, car la tête et les organes buccaux de ces dernières sont très-différents. Ces larves sont allongées, tantôt grêles et presque eylindriques, tantôt plus ou moins déprimées, et couvertes, sur les segments qui suivent la tête, d’éeussons cornés, légèrement plus étroits en dessous qu’en dessus. La tête, de forme variable, est cornée; il n'y a pas de palpes; les mandibules sont médiocres, munies d'une dent médiane et simples au bout; les mâchoires et le menton, soudés ensemble, sont allongés; lesstemmates semblent
manquer; les antennes sont courtes et composées de quatre articles. Les segments thoraciques, saut celui qui constitue le corselet et qui est un peu allongé, ne différent pas des abdominaux. Les pattes sont courtes, robustes, rapprochées et composées de trois pièces, dont la dernière porte un crochet simple. Le dernier segment abdominal est souvent plus grand que les autres, d'une consistance plus cornée, variable dans sa forme, et porte en dessous un prolongement anal. Il y a neuf paires de stigmates. Presque toutes ces larves vivent dans le bois vermoulu et décomposé de diverses espèces d'arbres, se nourrissent de ces détritus, et probablement aussi des larves qui s’y trouvent. Celles de l’Agriotes segetis, qui ressemblent aux larves d’Helops, d'après de Géer, dévorent les re eines des céréales, et d’autres larves du même groupe s'en prennent aux racines des plantes fourragères et des légumes, et sont ainsi très-nuisibles par ce genre de vie.
Fig. 2%, — Melanotus rufipes. (Larve.)
Les nymphes ne présentent rien de particulier, si ce n’est quelques soies rigides dont elles sont munies sur divers points du corselet et à l'extrémité de l'abdomen.
Les espèces d'Élatériens sont très-nombreuses, car on en a la description d'au moins douze à quinze cents, et l’on en connaît au moins autant d'inédites dans les collections. Elles sont répandues par tout le globe, et l’on en trouve jusque dans les régions polaires; mais les plus grandes et les plus belles n’habitent que dans les pays chauds, et nos contrées tempérées ne possèdent presque que des espèces dont les couleurs sont assez sombres, quoique nous ayons cependant quelques jolies espèces, comme les Elater sanquineus et cruciatus, et d'autres, comme le Sfeatoderes ferrugineus, dont la taille est assez grande.
La famille qui nous occupe correspond à l’ancien genre Elater, de Linné, vulgairement désigné sous la dénomination de Taupin. Ce n'est qu’assez tard, en 1817, dans le Règne animal de Cuvier, que Latreille en a fait une tribu particulière de sa division des Sternoxes. Vingt ans après à peu près, Eschscholtz (Thon entom. Archiv., t. II, 4829, et Revue ent. de Silberman, t. IN, — ce dernier travail publié après la mort de l'auteur par M. de Castelnau), est le premier auteur qui ait essayé de diviser le genre Elater. Latreille, encore dans une œuvre posthume (Ann. Soc. ent., 1834), a donné un travail général sur tous les Sternoxes, excepté les Buprestiens, et a passé en revue la division que nous étudions. Depuis plusieurs genres ont été formés aux dépens des groupes démembrés des Elater de Linné; Germar et Erichson (Zeitschr fur der entom., ete.), ont surtout publié des travaux sur quelques groupes difficiles. M. Le Conte, de son côté, s'est occupé des espèces de l'Amérique du Nord, de telle sorte qu'on connaît aujourd'hui une centaine de genres d'Élatériens. Enfin il y a deux ans, M. Th. Lacordaire, dans le tome IV de son Genera des Coléoptères, a caractérisé tous les groupes génériques de la famille indiqués jusqu'alors, et M. le docteur Candèze a commencé la publication d’une monographie complète de ces Insectes.
Dans le résumé que nous allons présenter, nous ne pourrons pas suivre l'ouvrage de M. Candèze, car un volume seulement en est publié jusqu'ici, mais nous nous servirons de la classification de M. Th. Lacordaire qui, d’après l’ensemble de plusieurs caractères, y forme huit tribus spéciales, celles des : Agrypnides, Mélanactides, Hémirrhipides, Chalcolépidides, Oxynoutérydes, Tétralobides, Elatérides, Camylides : auxquels nous joindrons les Throscides.
4" tribu, Acrypnipes : {éte petite ou médiocre, penchée, plus ou moins concave; front aplati ou concave, presque toujours dépourvu de carènes transversales en avant; antennes habituellement courtes; mandibules échancrées, dentées ou bifides; corselet muni en dessous de rainures formées par l'écartement des lèvres de la suture prosternale et destinées à recevoir les antennes au repos; bords de la fossette mésosternale ordinairement déclives; mentonnière du prosternum très-saillante; tarses munis en dessous de brosses de poils, de pelotes ou de lumelles; pattes courtes, con-
sf
tractiles, pouvant le plus souvent se loger dans des replis, de telle sorte qu'elles s'effacent complétement quand l'Insecte les tient appliquées contre le corps.
Les Agrypnides sont en général des Coléoptères de taille moyenne, quoique quelques-uns soient assez grands et d'autres, au contraire, très-petits. On en connaît environ deux cents espèces que M. le docteur Candèze répartit en quatorze genres, et qui sont répandues sur tout le globe depuis l'Europe jusqu'aux iles de l'Océanie. Les plus belles espèces viennent de Madagascar et du Brésil; mais les Indes orientales sont la patrie du plus grand nombre : on les trouve sur ou au pied des arbres, dans les bois morts, sous les écorces et les pierres, etc. Leurs téguments sont, à peu d'exceptions près, rugueux et opaques, habituellement revêtus d’écailles où de poils squammiformes roides; peu d'entre les Agrypnides sont parés de couleurs brillantes, qu'ils doivent alors à leur vestiture, et l’on n’en connaît aucun qui ait les téguments métalliques.
Les genres admis dans cette tribu sont les suivants : Agrypnus, Eschscholtz, in Thon entom. Archiv., t. II, 1859 (œyourvoc, qui veille), groupe typique (A. fuscipes, Fabr.), renfermant une trentaine d'espèces répandues dans les régions chaudes de l’ancien et du nouveau continent, principa- ‘ement des Indes orientales et du sud de l’Afrique, et dont deux seulement s'avancent en Amérique assez loin en dehors de la zone tropicale; on doit y joindre le genre Amaurus, Castelnau, qui n’en diffère réellement pas.— Scaphoderus, Candèze (espèce unique, S. Riehlii), de Natat.— Adelocera, Latreille, qui comprend une trentaine d'espèces disséminées sur toute la surface du globe, et dont les plus belles sont propres à l'Amérique; parmi nos espèces européennes nous citerons les À. atomaria, Linné; fasciata, Linné; conspersa, Gyll.; varwa, Fabr., ete. — Dilobitarsus, Latr. : une dizaine d'espèces très-voisines de celles du groupe des Adélocères, et propres à l'Amérique méridio-
ale. -Ochneus, Cand., fondé pour une espèce (0. limbatus), du Brésil. — Optaleus, Cand., voisin des Lacons, et particulier à l'Amérique équatoriale. — Lacon (Awzww, nom mythologique), Cast., Rev. ent. de Silbermann, 1856 : genre renfermant une centaine d'espèces répandues sur toute Ja urface du globe : l'Europe n’en comprend que trois, les L. murinus, qui se trouve partout; kokelli, Küster, de l'Allemagne, et crenicollis, Ménétries, qui, propre au Caucase, devrait probablement être rangé parmi les espèces asiatiques; beaucoup d’entre elles proviennent de l'Afrique et des Indes orientales, et ce sont des espèces revêtues d’écailles de couleurs variées; plusieurs des espèces australasiennes, chinoises et même américaines, ont habituellement une coloration sombre et uniforme.
- Meristhus, Cand.: quelques espèces propres à l'Asie et à l'Afrique, et dont le type est le M. lemdotus, Pal. de Beauv,, de Benin et de Nubie. — Agræus, Cand., une espèce (Munnerheimi), de Java. — Pericus, Cand., une espèce (nitidus), des Indes orientales. — Myrmodes, une espèce (M. akidiformis), de la Nouvelle-Hollande. — Tilotarsus, Germar, ayant pour synonyme le genre Conoderus, Klug : groupe dont on décrit une dizaine d'espèces particulières à l'Afrique et surtout à l’île de Madagascar. — Æidolus, Cand., ne comprenant que l'E. linearis, du Brésil. — Hemicleus, Cand., ayant pour type et espèce unique l’H. caffer, propre aux environs du cap de Bonne-Espérance.
2e tribu, Mécanacnines : corps déprimé, large, glabre ou revêtu de poils écailleux; tête penchée; front concave en avant, dépourvu de carène transverse; labre transversal; mandibules dentées, bifidées; antennes peu allongées, composées d'articles triangulaires, aplatis, dentées en scie duns les deux sexes, libres au repos; mésosternum habituellement horisontal, à bords saillants; tarses offrant en dessous des lamelles ou revétus de poils courts formant une brosse ou des pelotes, parfois très-élargis. .
Les Mélanactides renferment sept genres seulement d'Élatériens, qui tous ont un faciès qui leur est propre, sont d'assez grande taille, se rapprochent en même temps des Agrypnides et des Hémirhipides, et appartiennent au cap de Bonne-Espérance, à Madagascar, à l'Amérique et à l'Australie. Ces genres sont ceux des: Melanactes, Le Gonte, sept espèces, toutes américaines, ayant des rapports avec les Ludius et les Alaus, et que Germar indiquait sous le nom générique de Pristolophus. — Aphileus, Cand., deux espèces australiennes rappelant la forme des Carabiques ou des Lucanides. — Melantho, Cast., ou Crepicardus, Dej., comprenant une espèce curieuse (M. Klugü), de Madagascar.— Anaissus, Gand., une espèce (tarsalis), de la Nouvelle-Grenade, ayant un peu l'aspect
Fig. 1. — Chalcolepidius Eschscholzii Fig. 2. — Alaus rudis
Fig 3. — Cladophorus dimidiatus
Ci 4 — lycoreus trioculatus Fig. 5. — Megalurhipis validicornis. |Mäle.) I 8 ÿ {l
d'un Pyrophore. — Tibionema, Solier, fondé avec l'Alans abdominalis, Guérin, du Chili, et correspondant peut-être au genre Oxycleidius, d'Eschschotz. — Ischius, Cand., espèce unique, 1. Gerstaeckeri, de la Guyane. — Aliteus, Cand., deux espèces du cap de Bonne-Espérance (Alaus Reicher, Dej., et E. adspersus, Herbst.), ayant un peu l'aspect des Adelocera.
Fig. 25. — Melanactes piceus. Fig. 26. — Agryprus lacertosus. Fig. 27. — Alaus Senegalensis
3° tribu, Héminurpmes : corps glabre ou revêtu de poils squameux; tète penchée, plus ou moins concuve antérieurement; front sans carène transversale en avant; labre habituellement transverse; mandibules simples; antennes courtes, parfois flabellées dans les müles, souvent revues an repos dans des canaux du corselet; mentonnière saillante; mésosternum allongé, à bords saillants, horizontal, rarement déclive, séparé du métasternum par une suture très-distincte; tarses revêtus en dessous de poils courts formant une brosse continue ou des pelotes, mais jamais munis de lamelles.
Les Hémirhipides sont de grands Élatériens surtout remarquables en ce que leur corps est revêtu de poils ressemblant à de petites écailles allongées, de diverses couleurs, formant des marbrures ou des nébulosités sur les téguments. Propres au nouveau comme à l'ancien continent; une espèce seu lement, l'Alaus Pareyssii, Steven, est européenne et a été signalée en Crimée. D'après M. Candèze, on doit ranger huit genres dans cette tribu, savoir : les Hemirhipus, dont les dix espèces de forme allongée, parées de poils veloutés ou offrant des reflets satinés, sont toutes américaines : types, H. lineatus et fascicularis, Fabr., assez communs au Brésil.— Tetrigus, Cand., voisin du groupe précédent, et ne renfermant que deux espèces : parallelus, du Bengale, et ater, de Colombo. — Euphemus, Cast., une espèce (quadrimaculatus, Fabr.), du Brésil. — Ctenicera, Latr., renfermant trois espèces : deux de Madagascar et une de Mozambique. Alaus, Eschs., genre typique dans lequel entrent de belles espèces propres à toutes les contrées du globe, parées d’écailles pilifères variant du blanc au noir et du jaune au cendré, quelquefois tellement serrées qu'elles peuvent cacher la coloration des téguments, mais n'ayant jamais l'aspect métallique; on en décrit une trentaine d'espèces, parmi lesquelles l'Elater speciosus, Linné, de l'île de Ceylan, l'espèce la plus anciennement connue. — D'autres genres, ceux des Lycoreus, Cand. (Iphis, Cast.), et Calais, Cast. (Oophorus, Dej.), doivent être regardés comme de simplessubdivisions des Alaus.— Il n’en est pas de même du genre Chiulcopedis, Cand., espèce unique (C. Luczotii), de Cayenne, qui, avec les caractères des Alaus, ressemble beaucoup aux Chalcolepidius.
4 tribu, Cuarcozérronnes : corps glabre ou revélu de poils squamiformes; tête penchée, concave; mandibules simples ou dentées; antennes souvent libres, mais parfois recues au repos dans de courts canaux du corselet; mentonnière très-saillante; mésosternum et métasterrum confondus ensemble et formant par leur réunion une espèce de fourche; tarses comprimés, munis de brosses ou de lamelles en dessous.
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Les Chalcolépidiides renferment de nombreuses espèces propres aux régions intertropicales du nouveau monde, presque toutes remarquables par l'élégance de leur forme, la richesse de leur coloration et l'éclat de leurs téguments, et dont plusieurs rivalisent, sous ces divers rapports, avec les plus beaux Buprestiens. Les genres qu'on admet dans cette tribu ne sont pas très-considérables : ce sont les suivants : Chalcolepidius, Eschs. ::M. Candèze, après Erichson, qui en a donné une monographie, en décrit une trentaine d'espèces particulières à l'Amérique intertropicale, et surtout répandues au Mexique, à la Colombie, à la Guyane et au Brésil; toutes sont de couleur uniforme quant aux téguments, lisses ou parées de petites écailles serrées, d'une teinte vive assez souvent métallique : beaucoup sont ornées en outre de bandes latérales et de stries produites par des poils squamiformes diversement colorés: nous citerons comme type l’Elater striatus, Linné, très-répandu dans une assez grande partie de l'Amérique du Sud. — Semiotus, Eschs., groupe antérieurement créé par Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, sous le nom de Pericallus : dénomination qui n’a pas dû être conservée comme ayant été plus anciennement employée par Mac Leay pour un genre de Carabiques; on y réunit le genre Eucamptus, Chevr., qui n’en diffère réellement pas; les cinquante espèces qui entrent dans cette division sont toutes américaines : elles ont une forme élancée; presque toutes sont d’un jaune plus ou moins teinté de rouge, toujours d'une belle nuance, avec des soies ou des bandes longitudinales noires; les Æ. ligneus, Linné; suturalis, Fabr., etc., en sont les types spécifiques. — Oistus, Cand., groupe ne renfermant que deux espèces du Mexique ressemblant à des Ludius, et offrant des caractères intermédiaires au genre précédent et à celui qui va suivre. — Campsorternus, Latr., dont on connait une vingtaine d'espèces des Indes orientales et de la Chine, de grande taille, presque toutes d’un vert métallique brillant, cuivreux ou bronzé : quelques-unes ayant des taches rouges sur les côtés du corselet : type, E. fulgens, Fabr., de la Chine.
Fig. 28. — Semiotus suturalis. Fig. 29. — Telralobus rotundifrons. Fig. 50, — Chalcolepidius viridipiles. (Mäle.)
La ñ NT né T Mme ] 3 ) 2, 1 3 1
9° ribu, OxyNoprÉRIDES : Corps pubescent; tête penchée, très-concave; front déprimé; mandibules saillantes, simples, recourbées; palpes longs; antennes flabellées dans les mâles; mentonnière médiocre; mésosternum et métasternum distincts: tarses sans lamelles.
Les Oxynoptérides ne renferment que sept espèces encore assez peu connues et réparties au moins en quatre genres : Oxynopterus, Hope, ayant pour espèce unique l’Elater mucronotus, Oliv., de Java, l'un des plus grands Élatériens connus, et qui a été placé dans le genre Tetralobus. — Megalorhipis, Lacord., correspondant au genre Elasmocerus, Bohem., et probablement à celui des Leptophyllus, Hope, ayant pour type le M. validicornis, Bohem.., magnifique espèco, répandu en Afrique depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au Sénégal. — Pectocera, Hope, deux espèces
(Cantorii et Mellyi), de l'Hindoustan. — Beliophorus, Eschs. (Diacanthus, Bohem.), deux espèces de l'Afrique australe.
Ge tribu, Térrazomnes : corps revêtu de poils couchés; tête petite, penchée; front très-épais antérieurement, formant une plaque nasale; mandibules dentées; antennes très-fortement flabellées dans les mâles; mésosternum distinct du métasternum et déclive; tarses munis de pelotes et de lamelles en dessous.
Les Tétralobides sont les géants des Élatériens, et ils peuvent parfois atteindre jusqu'à 0",30 ou 0%,40; ils sont pour la plupart originaires de l'Afrique, mais quelques-uns habitent l'Australie; les espèces, au nombre d’une vingtaine, sont de couleur uniforme et sombre, jamais métallique, variant entre le noir et le brun rougeätre, souvent voilée par une couche épaisse de poils fauves ou gris. On ne doit y ranger que le seul genre Tetralobus, Lepelletier et Serviile, car, comme le fait remarquer M. Candèze, le genre Phyllophorus, Hope (Charitophyllus, Lacord.), n’en est pas distinct : le type est l’Elater flabellicornis, Linné, du Sénégal, ete.
Te tribu, Écarérines : corps allongé, à côtés souvent parallèles; tête penchée, verticale; front caréné antérieurement; mandibules fendues ou échancrées au bout; antennes plus longues que le corselet, rarement flabellées dans les müles, toujours libres au repos; mésosternum déclive, parfois horixontal, constamment distinct du métasternum, celui-ci acuminé en avant et à parapleures étroites; tarses revétus d'une vestiture véritable en dessous ou de lamelles.
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Les Élatérides sont composés de la grande majorité des espèces de la famille, et renferment beaucoup de genres, dont la subdivision en groupes primaires, à l'exception de deux, semble impossible en raison des caractères si variés qui différencient les genres d’une manière parfaite, mais qui, en même temps, montrent qu'ils ne peuvent pas être rangés dans une série linéaire. Ces Insectes se distinguent des Agrypnides par l'absence de sillons du corselet pour la réception des antennes pendant le repos, des Chalcolépidiides par leur mésosternum non soudé au métasternum, des Hémirhipides par la disposition du mésosternum chez ces derniers, des Oxynoptérides par la brièveté des palpes et des mandibules, des Tétralobides par létroitesse et la forme des parapleures métathoraciques, et des Campylides par leur mésosternum non acuminé en avant : ce qui donne aux hanches intermédiaires un écartement assez notable.
On connaît un très-grand nombre d'Élatérides propres à toutes les parties du monde, et beaucoup d’entre eux se trouvent en Europe, où ils habitent sur les feuilles, dans l'intérieur du bois pourri, sous les écorces, etc. Ils sont généralement de taille moyenne ou petite, et rarement assez grands.
Les cinquante ou soixante genres de cette tribu ont été subdivisés en deux groupes par M. Th. Lacordaire, d’après la forme du front, caractère qui lui a semblé meilleur que celui tiré par Eschschotz de la disposition des lamelles des tarses. Ces deux groupes sont ceux des ÉcarÉrires, ayant le front caréné en avant, avec une pièce nasale d'épaisseur variable, et les Lupures, à front non caréné en avant et fortement déprimé chez presque tous, sans plaque nasale. Ces deux groupes ne paraissent pas faire directement suite l’un à l’autre, mais ils semblent plutôt parallèles.
Dans les ÉLaréRiTEs, on: distingue beaucoup de genres, dont le nombre sera encore notablement augmenté lorsque paraîtra le deuxième volume de la Monographie des Élatérides de M. Candèze. D'après M. Th. Lacordaire, les principaux groupes génériques sont les suivants : Piexophyllus, Hope, groupe voisin des Tetrolobus, et ayant pour type le grand T. robustus, de Madagascar. — Æmilius, Latr., formé avec l'Eucnemis gigas, Mannerheim, de l'Afrique australe. — Lobederus, Guérin, groupe tout à fait anormal dans la famille : une seule espèce, l'Elater appendiculatus, Perty (L. mobilicornis, Guérin), du Brésil. — Heterocrepidius, Guérin, auprès duquel on doit grouper, sinon réunir, les genres des : Dicrepidius, Eschs.; Dipropus, Porthmidius et Heteropus, Germar; Cyathodera et Terielasmus, Blanch.; Blantes, Le Conte, qui ne se distinguent entre eux que par le nombre des lamelles tarsiennes; ce groupe naturel renferme un grand nombre d'espèces polymorphes, à livrée d’un brun noirâtre ou d'un fauve uniforme, sans dessins, toutes (à une exception près, le Porthmidius fulvus, Redtenbacker, d'Autriche) étrangères à l'Europe, et surtout répandues dans l'Amérique méridionale. — Atractodes, Germar (Atractosomus, Lacord.) : quelques espèces brésiliennes. — Pomachilius, Eschs., propres à l'Amérique du Sud.—Physorhinus, Eschs.-
ñ8 HISTOIRE NATURELLE.
Germ., des espèces américaines, dont le type est le P. erythocephalus, Fabr. — Anchastus, Le Conte, deux espèces : l’une de Pensylvanie et l'autre de Californie. — Brachycrepis, Le Conte, voisin du groupe précédent, et ayant pour espèce unique le B. bicarina, de la Géorgie. — Monocrepidius, Eschs., riche en espèces de l'Amérique et de l'Océanie. — Conoderus, Eschs., qui ne se distingue peut-être pas du précédent et est formé d'espèces propres au Brésil. — Pityobius, Le Conte, une rare et grande espèce (Athous anguinus, Dej.), des États-Unis. — Athous, Eschs. (Anathrotus, Stéph.), groupe renfermant une cinquantaine d'espèces, généralement de forme allongée, ornées de bandes flexueuses transversales sur les élytres, et, à peu d’exceptions près, exclusivement propres aux régions froides et tempérées de l'hémisphère boréal, surtout à l’Europe; parmi ces dernières nous citerons les Elater rufus, vittatus, hœæmorrhoidalis, Gÿl., qui ne sont pas rares aux environs de Paris, et rhombeus, Fabr., ce dernier type du genre Eschscholtzia, Cast. — Pedetes, Kirby, groupe peu distinct du précédent, et ne renfermant plus, d'après M. Le Conte, que des espèces de l'Amérique septentrionale. — Limonius, Eschs., de nombreuses espèces européennes (type, E. nigripes, Gyl., de Paris) et de l'Amérique du Nord; toutes de taille moyenne, à livrée d'un noir, d’un bronzé ou d'un violet obseur uniforme, et offrant rarement, comme dans le bipustulatus, Fabr., une petite tache rouge sur chaque élytre. — Gamerinus, Le Conte, groupe propre aux Etats- Unis, et ne différant probablement pas du précédent. — Cratonychus, Dej., Lacord.,-ayant pour synonyme le genre Melanotus, Eschs., et auquel on doit réunir, suivant M. Th. Lacordaire, les groupes des Perimecus, Dillwyn; Ctenonychus, Melsheim, et Priopus, Cast.; on en décrit de nombreuses espèces (quarante, d'après la monographie d’Erichson), qui ne sont pas de couleurs remarquables, et habitent exclusivement l'hémisphère boréal, tant dans le nouveau que dans l’ancien monde; les espèces communes dans toute l’Europe, comme les E. niger, Fabr.; rufipes, Herbet, etc. sont crépusculaires, et, pendant le jour, se réfugient sous les écorces et dans les trones d'arbres vermoulus, — Pachyderes, Guérin, une seule espèce (ruficollis), du Bengale, caractérisée par son corselet plus large que les élytres, et à angles postérieurs très-grands, divergents, carénés. — Æolus, Eschs., groupe presque tout à fait américain, quoique renfermant des espèces africaines et même européennes (comme l’OE. crucifer, Rossi), et curieux par son système de coloration consistant en taches linéales ou bandes noires sur un fond jaune ou vice versa. — Eudactylus, Sallé, groupe américain voisin du précédent, dont le type est l'E. Wapleri, d'Haïti. — Elater, Linné (Systema naturæ, douzième édition, 1748) (zrnp, qui chasse devant soi, écuyer); groupe typique de la famille, connu vulgairement en France sous la dénomination de Taurin, se distinguant de tous ceux de la même division par sa fête plus ou moins petite, régulièrement convexe, avec les cavités antennaires grandes, par ses hanches postérieures dilatées dans leur moitié interne en une lame transversale, par ses tarses gréles, filiformes, ciliés ou finement villeux en dessous, et par son écusson oblong-ovalaire, ainsi caractérisé, ce genre doit, selon M. Th. Lacordaire, renfermer comme synonymes les genres Ampedus, Meg ; Melanoxæanthus, Eschs.; Heteroderes, Latr ; Ischnodes, Germ.; Deromecus, Grammophorus et Mecothorax, Solier; on en connaît au moins cent espèces (dans sa monographie, Germar n'en a décrit que quarante et une), de taille moyenne ou petite, de forme variable, et dont le système de coloration est tantôt uniforme, tantôt plus ou moins varié : la plupart des Élaters habitent l'hémisphère boréal dans les deux continents; les espèces d’Europe, de même que les E. sanguineus, Linné; ephippium, Fabr.; sinuatus, Germ., etc., se rencontrent sur les feuilles ou les fleurs ou se trouvent dans le détritus des arbres vermoulus. — Cryptohyprus, Eschs. (Hypolithus, Eschs. Olim.), auquel on peut réunir les genres Drasterius et Oophorus, Eschs., et Hypnoidus, Stéph.; on range dans ce groupe les plus petits Élatériens connus, tels sont les minutissimus et liliputanus, Germ.; ils se rencontrent particulièrement dans l'hémisphère boréal, et habitent sous les mousses, sous les pierres et dans le sable sur les bords des ruisseaux. — Cardiotarsus, Eschs., quelques espèces de l'Amérique du Sud. — Cardiophorus, Eschs., groupe trés-nombreux en espèces, car on en signale près de cent cinquante, propres à toutes les parties du monde, auquel on doit réunir les Aptopus, Eschs., et comprenant de petits Insectes à forme allongée, à livrée d'un noir ou d'un fauve uniforme, mais dont quelques-uns ont le corselet, en totalité ou en partie, d'un beau rouge sanguin, ou des taches de même couleur sur les élytres; types européens, ruficollis, Linné; equiseti, Herbst; thoracicus et biguttatus, Fabr. — Crepidophorus, Mulsant et Gedart, fondé sur une espèce française (anthracinus). — OEdostethus, Le Conte, une
Fig. 1. — Rhipiceru marginata (Mâle. Pig. 2. — Rhipicera marginata. (Femelle
Fig. 3. — Tetralobus gigas. (Mâle.)
Fig. 4. — Ophileus lucanoides Fig. D. — Lacon leprosus
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espèce (femoralis), des États-Unis. — Coptostethus, Wollaston, une espèce trouvée sous les pierres dans une caverne basaltique de Madère.
Fig. 31. — Elater sanguineus. Fig. 32. — Pyronhorus noclilucus Fig. 33.— Pachyderes ruficollis.
Dans les Lupures, M. Th. Lacordaire indique les genres dont les noms suivent: Asaphe, Kirby (Hemicrepidius, Germ.), remarquable, comme le genre suivant, parce qu'il n'y a que deux lamelles sous les tarses; quelques espèces de l'Amérique du Nord. — Dima, Ziegler, deux espèces: Dalmatina, Küster et elateroides, Toussaint-Charpentier. — Penia, Cast., une seule espèce (Eschscholt:ü), du Népaul, ressemblant beaucoup à une Nebria.— Allotrius ou Senodonia, Cast., espèce unique, À. quadricollis, de Java, n'ayant pas l'aspect d'un Élatéride. — Hypodesis, Latr., ayant beaucoup de rapport avec les Eucnémiens, et comprenant seulement l'H. sericea, du Mexique. — Cardiorhüvus, Eschs., une quinzaine d’espèces, presque toutes brésiliennes, ayant pour type le C. bilineatus, Fabr., et se faisant remarquer, pour la plupart, par leur coloration uniformément noire, avec les bords du corselet ou des bandes rouges ou fauves. — Tomicephalus, Latr., ou Mecacnemius, Eschs., une seule et belle espèce (sanguinicollis), du Brésil et de la Colombie. — Pyrophorus, Illiger, groupe auquel on peut, avec M. Th. Lacordaire, joindre les genres Stilpnus et Belania, Cast.; Hypsiophthalmus, Latr., et Phanophorus, Solier; on en connaît plus de cent espèces particu- Jièrement propres à l'Amérique, et répandues depuis les États-Unis jusqu'à Buénos-Ayres et au Chili : elles sont d'assez grande taille, uniformément noires, couvertes de poils brunâtres, offrant pour la plupart des vésicules phosphorescentes qui, au Brésil surtout, les rendent la nuit lumineuses à la manière des Lampyris : type, P. noctilucus, Linné. — Orthostethus, Lacord., assez voisin du groupe précédent. — Ludius, Latr., qui correspond en tout ou en partie, comme le fait remarquer l’auteur du Genera des Coléoptères, aux genres Aphanobius et Steatoderes, Eschs.; Crigmus, Le Conte, et Ectinus, Dej., comprenant un assez grand nombre d'espèces de taille moyenne, à livrée uniforme, noire, brune ou ferrugineuse, quelquefois avec des dessins, propres à l'Europe et aux deux Amériques; type, S. ferrugineus, Linné, grande et belle espèce que l’on prend parfois auprès de Paris dans les arbres pourris. — Corymbites, Latr., groupe qui, pour M. Th. Lacordaire, doit renfermer les genres : Ctenicera, Pristilophus, Prosternon, Diacanthus, Latr.; Selatosomus, Stéph..; Aphatistus, Kirby; Bedresia, Olotelus, Solier; Atractopterus, Le Conte, et renferment plus de cent espèces surtout particulières aux contrées froides et tempérées de l'hémisphère boréal, et dont un petit nombre sont propres aux régions tropicales des deux continents : leurs couleurs sont variées et souvent métalliques; en Europe, on les trouve sur les fleurs et les feuilles, souventsur les Graminées. — Crepidomenus, Erichson, groupe voisin du précédent et particulier à la Tasmanie. —Cosmesus, Eschs., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Synaptus, ayant pour type et peut être pour espèce unique l'E. filiformis, Fabr., très-répandu dans l'Europe moyenne et méridionale. — Agriotes, Eschs. (Ectinus, Eschs.; Cataphagus, Stéph.); d'Europe et d'Amérique, comprenant une trentaine d'espèces, parmi lesquelles les E. pilosus, Fabr.; segetis, Borch.; aterrimus, Linné, communs dans les environs de Paris, peuvent être pris pour types. — Sericosomus, Dej., Redt., qui renfermerait les deux genres Sericus et Dolopis, Eschs., et dans lequel entreraient quelques
espèces européennes assez petites, dont l'E. marginatus, Linné, est le type. — Acroniopus Erichs., fondé pour un petit nombre d'espèces de Tasmanie. — Adrastus, Eschs., correspondant presquo complétement aux Esthesopus, du même auteur, et eemprenant de très-petits Élatérides particuliers à l'Europe et à l'Amérique. — À la suite de ces genres, on doit probablement placer le genre Trichophorus, Mulsant et Godart, qui ne renferme qu'une espèce découverte aux environs de Narbonne, et les genres: Ovépalpus, Nemasomu, Anucantha, Podonema, Genomecus, Somanecus, Amblygnathus et Dysmorphognaihus, Solier, formés d'espèces particulières au Chili, et qui sont loin d’être assez complétement connues pour être admises sans nouveau contrôle.
8° tribu, Camryuwes: mandibules saillantes, droites à la base et recourbées au bout; palpes maxtillaires à dernter article ovalaire ou presque cylindrique; yeux souvent saillants et dégages du corselet, métasternum acuminé antérieurement; prosternum sans mentonnière; mésosternum déclive; hanches intermédiaires contiguës où presque contigués; tarses dépourvus de lamelles, fixement pubascents.
Les Campylides sont des Élatériens de taille moyenne ou petite, répandus dans toutes les contrées du globe, excepté dans l'Amérique du Sud, et offrant d'assez grands rapports avec les Cébrioniens pour qu'on ait quelquefois rangé plusieurs d’entre eux dans cette famille. Ils différent assez notablement pour leur faciès suivant les groupes génériques.
Les gcnres les plus distincts sont les suivants: Campylus, Fischer de Waldheim (Exophthulmus, Latr.), une quinzaine d'espèces répandues en Europe, en Asie, dans l'Amérique septentrionale et dans l'Afrique australe, de petite taille, et parmi lesquelles on peut prendre pour type l'E. linearis, Linné, assez commun dans nos environs, et chez lequel le mâle et la femelle diffèrent assez pour qu'on les aitregardés à tort comme étant des espèces distinctes.— Pleonomus, Ménétries, groupe qui se rapporte peut-être à la tribu précédente, et qui a pour type une espèce découverte en Russie. — Dicronyehus, Eschs., quelques espèces de l'Afrique australe. — Oxysternus, Latr., ou Plectrosternus, Lacord., des Indes orientales. — Hemiops, Eschs., du même pays que le genre précédent.— Isosoma, Faldermann, ne renfermant qu'une seule espèce (elateroïdes), de la Russie transcaucasienne.— OEstodes, Le Conte, fondé pour deux petites espèces propres à l'Amérique septentrionale. — Cylindroderus, Eschs., ayant pour type le Cebrio femoratus, Germar, commun auprès de Rio-Janeiro. — Macromalocera, Westwood, deux ou trois espèces australasiennes; — Plastocerus, Schaum, groupe propre à la Turquie d'Europe, à l'Asie Mineure et au nord de l'Amérique, et ayant pour type le Callirhipis angulosa, Germar. — Euthysanus, Le Gonte, qui ne comprend que l'E. lautus, grande espèce propre à la Californie. — Aphricus, Le Conte, ne renfermant également qu’une espèce californienne. G