‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 132 sur 633 · CAMPHORA. Nees, (Camper · texte numérisé non relu

CAMPHORA. Nees, (Camper

Périanthe à six divisions, et à limbe décidu. Quinze étamines, dont les neuf extérieures fertiles. Ovaire uniloculaire, uniovulé. Stigmate discoïde. Baie monosperme.

Camphora officinarum, Bauh; Laurus camiphora, L. (Camphrier). Arbre d’un port élégant, à écorce raboteuse sur le tronc, et verte et luisante sur les jeunes branches. Cette espèce, dont toutes les parties répandent une odeur de camphre lorsqu'on les froisse, croit au Japon et dans plusieurs contrées de l'Asie. Son bois est blanc, odorant, à tissu lâche, présentant des ondes roussâtres. En vieillissant, il acquiert une teinte plus colorée, et sa surface prend un aspect poreux, par suite de la volatilisation du camphre contenu dans les cellules. Le climat des pays où l’on rencontre le Camphrier se rapproche sensiblement de celui de la Provence, ce qui ferait penser qu'il serait facile de l’acclimater dans cette partie de la France. Le Camphrier est connu en Europe depuis la moitié du dix-septième siècle. Vers 1674, Guillaume, médecin de l’empereur du Japon, en fit passer un rameau desséché, sans fleurs ni fruits, à Jacques Rhyne, Breynius, qui le fit graver dans ses Centuries. En 1780, un jeune pied vivant, envoyé à J. Commelyn, fut cultivé dans le jardin botanique d'Amsterdam. C’est le premier qu’on ait vu en Europe, où il fleurit rarement. Le premier exemple de la floraison du Camphrier dans nos elimats a été remarqué dans la marche de Brandebourg, en 1749. Le Jardin des Plantes de Paris en offrit un autre en 1805. Le camphre nous vient du Japon, de la Chine, des îles Gotho, de Sumatra et de Bornéo. Il est blanc, ou blanc bleuâtre, solide, cristallin, cassant, gras au toucher, très-volatile et combustible, d'une saveur âcre, chaude et très-aromatique, d’une odeur particulière, forte et pénétrante. D’après les idées de M. Raspail, le camphre, joint à quelques substances simples et toujours faciles à se procurer, pourrait fournir une excellente matière médicale propre à remédier aux différents maux dont l'humanité est affligée. Sans attribuer à cette substance la vertu d’une panacée universelle, reconnaissons toutefois qu'on peut en tirer de précieux avantages, et, quoique ses qualités soient encore généralement mal définies, nous pouvons dire qu’il est employé comme antispasmodique, stimulant, diaphorétique, céphalique, diurétique, anthelmintique, et surtout comme antiseptique. Administré à trèsfortes doses, il peut déterminer des accidents graves, et son usage exige beaucoup de modération chez les personnes faibles.

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