‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 137 sur 633 · LAURUS. Tournefort. (LAuRIER · texte numérisé non relu

LAURUS. Tournefort. (LAuRIER

Périanthe à (ue divisions égales, décidues. Douze étamines, dont celles de la série extérieure alternent avec les divisions calicinaies. Anthères oblongues. Fleurs femelles : deux à quatre rudiments d'étammes. Stigmate capité. Baie monosperme, reposant sur la base persistante du périanthe.

Le Laurus nobilis, L. (Laurier commun, Laurier d’Apollon, L. france, L. à jambon), est un arbre toujours vert, d’un beau port et haut de vingt à vingt-cinq pieds environ. Originaire du Levant et de la Grèce, il est depuis longtemps naturalisé dans la France méridionale, où il fleurit en mars et avril. Son bois, quoique tendre, est souple et se rompt difficilement. On emploie les jeunes rameaux à faire des cerceaux pour les petits barils. Ses feuilles, en brûlant, se décrépitent et répandent une odeur agréable qui purifie l'air. Cet arbre fait un très-bon effet dans les jardins et les bosquets d'hiver; mais il craint les fortes gelées, quoiqu'il ait très-bien réussi en Bretagne au bord de la mer. Peu de végétaux ont été aussi célèbres que celui-ci. Consacré par les anciens à Apollon, qui l’adopta pour son arbre favori lorsque, poursuivant Daphné, elle fut changée en Laurier, on en ceïgnait le front des vainqueurs et des poëtes. Quelques érudits cependant pensent que les couronnes distribuées par l'antiquité à ses héros et à ses écrivains étaient faites avec le Laurier alexandrin (Ruscus hypophyllum). Son odeur pénétrante et aromatique lui donnait la réputation de communiquer l'esprit de divination et l’enthousiasme poétique. À Rome, il était l'emblème de la gloire et de la puissance. On croyait qu'il n’était jamais frappé de ia foudre, et, d’après Pline, Tibère en portait des couronnes dans les temps d'orage. La confiance qu'inspiraient ses propriétés médicinales le faisait employer pour orner les statues d'Esculape. Au moyen âge, le Laurier est la récompense de la jeunesse studieuse. Dans les universités, on le décerne aux poëtes, aux savants, aux artistes distingués, aux médecins, et ses rameaux tressés et garnis de leurs baies sont une preuve authentique de savoir. De cette coutume dérivent les mots PR bachelier (bacccæ laurew, baies de laurier).

Les feuilles et les fruits de cet arbre sont toniques; ils ont une saveur aromatique et chaude, une action fortifante sur l’estomac et aident à la digestion. L'huile fixe et concrète qu’on en extrait a été considérée comme résolutive et propre à apaiser re douleurs. Malgré ces diverses propriétés, on n’emploie guère aujourd'hui le Laurier, excepté dans l’économie domestique, où on se sert fréquemment de ses feuilles comme assaisonnement dans la préparation d’un grand nombre de mets.

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