POLYGONUM. Linné. (Renovée
Périanthe à cinq (rarement trois ou quatre) divisions profondes, persistantes. Cinq à huit étamines. Ovaire comprimé ou trigone, uniloculaire, uniovulé, surmonté de deux ou trois styles soudés par la base et terminés par autant de stigmates capités. Achaine triangulaire, monosperme, recouvert par le calice accrescent. À
Les Polygonum sont des plantes annuelles, vivaces, herbacées ou sous-frutescentes; quelquesunes sont volubiles. On les rencontre sur toute la surface du globe et plus particulièrement dans les contrées tempérées. On en compte au moins cent trente espèces. — Le Polygonum tinctorium, Lour. (Renouée tinctoriale), contient dans ses feuilles une certaine quantité d'indigo que l’on extrait par la macération, la digestion, l’infusion ou l’ébullition. Originaire de la Chine, elle fut introduite dans la Grande-Bretagne par John Blake, en 1776; mais ses propriétés tinctoriales y restèrent inconnues, et ce n'est que dans ces derniers temps que de nombreux essais et des expériences réitérées ont démontré surabondamment la précieuse qualité de cet intéressant végétal, qui pourra doter notre pays d’une nouvelle culture des plus productives. — Le Polygonum orientale, L. (Renouée d'Orient, PBätonsaint-Jean, Monte-au-ciel), plante annuelle haute de six à neuf pieds, originaire de l'Orient et de l'Inde, est cultivée dans les jardins comme plante d'ornement. — Le Polygonum bistorta, L. (Bistorte), doit son nom vulgaire à sa racine plusieurs fois repliée sur elle-même, et croit dans les contrées tempérées de l'Europe, les pâturages des montagnes peu élevées, les prairies. Cette racine renferme du tannin, de l'acide gallique, de l'acide oxalique, de la fécule. On l’emploie comme astringent, tonique, et associée avec la Gentiane pour le traitement des fièvres intermittentes. — Le Polygonum hydropiper, L. (Poivre d’eau), se distingue à sa saveur piquante, qui lui a fait donner le nom sous lequel il est communément connu. Cette espèce, qui habite les fossés humides, le bord des ruisseaux, les lieux aquatiques, s’avance au nord jusqu’en Suède et en Norwège. On la dit astringente et détersive. — Le Polygonum persicaria, L. (Persicaire), ressemble au précédent. Il croît dans les lieux humides et est réputé astringent et vulnéraire. On l'a recommandé pour nettoyer les plaies et arrêter les progrès de la gangrène. — Le P. lapathifolium, L., est à peine différent de la Persicaire. — Le P. amphibium, L., habite ordinairement les eaux et élève au-dessus de leur surface ses épis d’un rouge agréable à l'œil. — Le P. aviculare, L., connu sous les diverses dénominations de Renouée lrainasse, tirasse, centinode, ete., croît partout dans les champs secs et stériles. — Le P. maritimin, L., charmante espèce dont les longues tiges articulées sont garnies de nombreuses bractées
d’un blanc argenté, se rencontre dans les sables maritimes depuis l'entrée de la Manche jusqu'en Barbarie, — Le P. viviparum, L., petite plante à épi grèle et à fleurs blanches, croît sur les sommités des Alpes et des Pyrénées. Ses racines, réduites en farine, sont employées par les Samoyèdes et les Tartares pour faire une espèce de pain. — Le P. fagopyrum, L. (Fagopyrum esculentum, Moench), est une plante appelée vulgairement Blé noir, Sarrasin. On la cultive en grand dans diverses contrées et surtout en Bretagne, où ses graines donnent une farine blanche dont on fait des yains noirs, gras, indigestes et d’une qualité médiocre. — Le P. tataricum, L. (Fagopyrum tataricum, Gaertn), connu dans les campagnes sous le nom de Surrasin de T'artarie, est également employé à des usages alimentaires. Il est plus précoce que le Sarrasin ordinaire, moins sensible ay froid et donne une plus grande quantité de graines. — Les P. convolvulus, L., et dumetorum, L., espèces volubiles propres à nos climats, se rencontrent, la première dans les champs secs, et la seconde dans les haies et les buissons un peu couverts.
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Fig. 49. — Raisinicr,