PLATANUS. Tournefort. (Pcaranes
Fleurs monoïques disposées en chatons globuleux. Fleurs mâles nombreuses et formées d’écailles linéaires et d’étamines à anthères oblongues, tétragones. Femelles : ovaires en pyramide renversée, surmontés d’un style persistant, allongé, subulé, à stigmate crochu, et entremélés d'écailles courtes, pubescentes. Fruits coriaces, entourés d’une aigrette à leur base, monospermes. Graines rétrécies et velues inférieurement, renflées dans leur partie moyenne et acuminées au sommet.
Le Platanus vulgaris, Spach. (Platane commun), est un arbre d’un port majestueux, décoré d’un feuillage superbe et dont les branches et les rameaux forment une cime ample et arrondie. Son tronc est droit, uni, épais, égal et recouvert d’une écorce grise qui se détache l'été en grandes plaques minces. Ses feuilles sont amples, coriaces, palmées et portées par des pétioles caverneux à la base. Cet arbre, qui se plaît dans les sols profonds, frais et humides, supporte les hivers de nos climats. 1 redoute les terrains argileux, compactes et les lieux élevés et découverts. Son bois, agréablement veiné, n'est pas très-dur. Il est élastique, présente un grain fin et serré. Frotté avec de l'huile et poli avec soin, il imite assez bien le Noyer. Il n’est pas attaqué par les insectes et a été employé pour le charronnage. En Orient, on s’en sert pour la menuiserie, la charpente et les construc-
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tions civiles et navales. Les habitants du mont Athos, au dire de certains voyageurs, en font des barques d’une seule pièce. On en fabrique aussi de jolis ouvrages d’ébénisterie, et, en Suisse surtout, il est mis en œuvre concurremment avec l'Érable pour la confection de coffrets, de vases et d’une foule de menus objets, qui sont ensuite répandus sur les divers marchés de l’Europe. Le Platane est un des arbres les plus propres à former de belles avenues dans les pares. IT était connu dans l'antiquité, et, lors de la guerre de Troie, on en abrita le tombeau de Diomède. Les jardins de l’Académie d'Athènes en étaient plantés, et de la Grèce il passa en Italie, où les Romains en ornaient leurs campagnes et leurs maisons de plaisance. Pline nous a conservé l’histoire d'un pied célèbre qui existait en Lycie, et dont le tronc creusé par les ans présentait à l'intérieur une espèce de grotte de soixante-quinze pieds de circonférence dans laquelle le consul Licinus Mutianus passa la nuit avec dix-huit personnes de sa suite. Un autre Platane, qui se trouvait aux environs de Velitres et dont les branches formaient une large enceinte de verdure, servit de salle de festin à Caligula, qui y dina avec quinze convives. Cet arbre, dont la hauteur dépasse rarement quatre-vingts pieds, présente souvent à la base une expansion considérable d'un diamètre double et triple de celui du tronc. Ainsi, aux environs de Constantinople, on rencontre des sujets dont la base à cent cinquante pieds de circonférence, et Olivier rapporte que, lorsque le Platane meurt de vétusté, il arrive parfois que des rejetons poussent tout autour de sa souche et forment de nouveaux arbres. C'est, dit-il, ce qui est arrivé au fameux Platane que l’on voit dans la vallée de Buyukdéré, à deux lieues de distance de la mer Noire. Sept ou huit de ces arbres, d’une grosseur énorme, adhérents par leur base, s'élèvent circulairement et laissent au milieu un espace considérable où des Grecs, des Arméniens et des Turcs se réunissent les jours de fête. Malgré la réputation dont cette espèce a joui depuis un temps immémorial, elle fut longtemps ignorée sur le continent. Les Anglais la cultivèrent pour la première fois vers le milieu du seizième siècle, et ce n’est seulement qu'en 1754 que Louis XV le fit venir en France. Un inconvénient fàächeux attaché à sa culture a été signalé dans ces derniers temps par M. Morren. Toutes ses parties présentent, lorsqu'elles sont jeunes, des poils nombreux, roides, tombant plus tard, et qui alors, enlevés et charriés par l'air, peuvent s’introduire dans les voies respiratoires de l’homme et des animaux, et y déterminer des accidents funestes et des maladies dangereuses.
50" FAMILLE. — BÉTULINÉES.
Arbrisseaux et arbres à feuilles simples alternes et dentées. Fleurs unisexuées en chatons. Les mâles groupées trois par trois dans l’aisselle de bractées peltées, qui sont munies chacune de deux bractéoles. Quatre, six, huit ou douze étamines insérées à la base d’une écaille unique ou opposées à quatre écailles verticillées simulant alors un calice. Fleurs femelles nues, réunies au nombre de deux ou trois, sessiles comme les mâles, accompagnées d’écailles accessoires manquant quelquefois et placées sous autant de bractées entières ou trilobées. Deux ou trois ovaires, libres, à deux loges dont chacune renferme un ovule d’abord dressé, puis pendant. Deux stigmates styliformes, terminaux, anguleux, larges, cylindriques. Le fruit est un cône dont les écailles ligneuses ou seulement cartilagineuses portent chacune deux ou trois nucules membraneuses sur les bords et monospermes par avortement. Graine pendante à tégument mince; embryon dépourvu d'endosperme.
Division de l’ancienne famille des Amentacées, les Bétulinées sont formées de deux genres que Linné réunissait en un seul. Elles stationnent surtout dans les climats tempérés et s’avancent vers le Nord, où elles sont d'une grande utilité pour les peuples qui vivent dans ces contrées désolées.