‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 30 sur 633 · SALIX. Linné. (Saure · texte numérisé non relu

SALIX. Linné. (Saure

Fleurs dioiques. Les mâles en chatons allongés; écaille entière portant une glande nectarifère à sa base; une à cinq étamines (ordinairement deux) à filament allongé, filiforme. Anthères arrondies, glabres. Fleurs femelles; ovaire surmonté d'un style à deux stigmates. Capsule uniloculaire, bivalve, polysperme. Graines aigrettées.

Ce genre considérable ne comprend pas moins de cent cinquante espèces, dont cent dix croissent en Europe. Elles sont assez difficiles à déterminer, par suite de la facilité avec laquelle elles se croisent. Un autre embarras non moins grand résulte souvent de l'apparition des fleurs avant les feuilles, et, lorsque celles-ci sont entièrement développées, les premières ont complétement disparu. Les propriétés des Saules sont très-variées. Nous mentionnerons surtout l’astringence de leur écorce et la vertu fébrifuge qu'elle possède dans certaines espèces et qui a souvent été appliquée avec SUCCÈS.

Le Salix alba, L. (Saule blanc), qui atteint environ trente pieds, porte des feuilles lancéolées, dentées, acuminées, d’un vert glabre en dessus, blanches en dessous et répandant un éclat argenté et soyeux. Il est très-commun en France et dans une partie. de l’Europe. Le bois du Saule blanc est très-léger et propre à des ouvrages de menuiserie commune. Les grosses branches servent à faire des cercles pour les tonneaux et du charbon pour la fabrication des crayons. L’écorce, qu'on peut utiliser pour le tannage des cuirs, est amère et donne une couleur rouge, sanguine. Elle peut être substituée, ainsi que celle du Saule Marceau, au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes.— Salix vitellina, L. (Saule osier, Osier jaune.) Arbre peu élevé, à rameaux jaunes prenant une teinte orange en hiver; commun dans les marais et les fossés. Les jeunes rameaux de cette espèce, ainsi que ceux du S. helix, sont employés de préférence pour la plupart des ouvrages de vannerie, tels que paniers, corbeilles, etc. On a tenté d'utiliser les aigrettes de ses semences en en fabriquant des tissus grossiers; mais leur manque d’élasticité a rendu cette application impossible ou peu profitable. On en a fait aussi un papier de qualité inférieure. — Salix fragilis, L. (Saule cassant.) Arbre d'une vingtaine de pieds, dont les rameaux brunâtres et glabres se cassent facilement près de leur insertion; habite les bois humides, le bord des rivières, les aseraies, etc. — Salix Babylonica, L. (Saule de Babylone, Saule pleureur.) Arbre de vingt-cinq à trente-cinq pieds, dont les branches étalées portent des rameaux longs, grèles, pendants; croît dans le Levant et est cultivé dans presque tous les jardins paysagers. On le plante aussi sur les tombeaux. — Le Salix amygdalina, L. (Saule amandier), haut de trente pieds, croit en France et se trouve dans les lieux humides. Son bois souple sert aux mémes usages que celui du Saule blanc. — Salix pentandra, L. (Saule à cinq étamines.) Arbrisseau de douze à quinze pieds, à rameaux lisses, noirâtres. Habite une partie de l'Europe, le long des ruisseaux et des fossés humides. On le cultive sur le bord des vignes pour faire des liens. — Salix capræa, L. (Saule Marceau.) Arbre à feuilles grandes, pétiolées, ovales; croît en Europe dans les lieux sees et sablonneux. — S. aurita, L. (Saule à oreillettes.) Arbre moins élevé et plus étalé que le précédent, dont il diffère aussi par ses feuilles plus ridées, crépues, et ses stipules persistantes.

Nous citerons encore le Saule à feuilles aiguës (S. acutifohia, Willd.), des bords de la mer Caspienne ; le Saule à trois étamines ($. triandra, L.) et le Saule des rives (S. riparia, Willd.), communs le long de nos cours d’eau; les Osiers blanc (S. viminalis, L.), pourpre (S. purpurea, L.) et rouge (S. rubra, Huds.), fréquemment employés dans les ouvrages de vannerie; et enfin, le Saule des

sables ($. arenaria, L.) et le Saule rampant (S. repens, L.), cultivés avantageusement dans les lieux sablonneux, notamment sur les dunes, où leurs racines contribuent à fixer le sol.

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